
Dans les profondeurs empoisonnées du cadavre français, notre première expiration consistait à poser une bombe dans la sale ambiance humaniste.
Porte-paroles, altermondialistes, rappeurs, rebellocrates, trotskistes, sociaux-démocrates, khmers verts, féministes, néo-situs, antiracistes/antisémites, intermittents du spectacle, conspirationnistes, babos, rastas, artistes sans oeuvre, salonnards parisiens, liste non exhaustive, ces pacifistes, comme l'écrivait la brute Charles Bukowski, sont les êtres les plus doués qui soit pour la haine et, de source officielle, à pousser vers les falaises.
Un carnage pur et simple dans les gencives germanopratines ne nous a jamais effleuré l'esprit. Au profond de la séparation des mondes, il fallait opposer à ces fantômes l'humeur heureuse d'un grand incendie, une liste de noms, d'affranchis. Dandys sanguinaires, folles de Dieu, dealers d’Oxygène, punks apocalyptiques, excentriques à l'esprit vengeur, anonymes ou consacrés, iconoclastes furieux, bikers millénaristes, voyageurs solitaires, collectionneurs d'orgasmes et nihilistes sculpteurs d'eux-mêmes : voici les monstres, chers lecteurs, qui hantent les pages de Ring. Parmi eux, certains sont l’histoire du magazine, par leur talent, leur abnégation. Ils sont leur propre définition du Ring.
Sa légende. Son Wall of Fame.
David Kersan, Londres, février 2010.
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