

interviews par David Kersan
Cher Karl, que savais-tu de ton adversaire ?
Pas grand chose à part qu'il était bien plus expérimenté que moi (une vingtaine de combats pro à son actif) et que d'après ses statistiques c'était un puncheur.
Raconte nous ton combat, il a tenu plus de 30 secondes cette fois !
En effet, il a tenu 1min30 cette fois-ci. Mon but n'est pas de gagner en 30 secondes à chaque fois (rires), mais surtout de gagner avec la manière.
La route vers le Pride apparaît encore plus nette.
C'est mon objectif. J'espère y combattre en 2007 et si je m'entraîne sérieusement, j'y arriverai. Contre qui ? Peu importe, je ne crains personne...
On voit ta colère à la fin du match, à qui était destinée cette dédicace très spéciale ?
Cette dédicace était destinée aux bâtards, comme je l'ai si tendrement annoncé. En effet, depuis des mois je me fais violemment critiquer sur le net et ailleurs (mais étrangement jamais en face) par des gens qui me jalousent. Les raisons sont simples : on dit que je suis pistonné par mon frère pour les combats (c'est certain qu'il m'ouvre des portes et je serais idiot de ne pas en profiter) ; il paraît aussi que je suis dopé. N'est-il pas logique d'avoir un physique athlétique et une bonne endurance en ayant pratiqué le judo pendant 17 ans et en se préparant intensivement pour chaque combat ? On a aussi dit que Fightsport avait payé Jacaré, le quintuple champion du monde de ju-jitsu pour qu'il ne me soumette pas, lors d'un combat de grappling. D'ailleurs, lors de ce combat (en France), j'avais été accueilli sous les huées de la foule, alors que mon adversaire brésilien était, quant à lui, acclamé par mes détracteurs... Bel exemple de solidarité patriotique.

Bref, cette dédicace était une manière de dire que je venais de prouver une nouvelle fois ma valeur en tant que combattant et que, quoi qu'on dise, quand on est sur un ring ou dans une cage face à un adversaire qui veut en découdre, il n'y a plus de piston qui tienne. Mais je crois que ça ne suffit encore pas. Comme je l'ai dit lors de cette dédicace, ce n'est que le début, vous allez me voir pendant encore
longtemps. Je vais avoir 21 ans et je sais précisement où je vais. Je sais aussi qui me soutient. Cela dit, je remercie le public qui m'encourage sainement. Je ne les décevrai pas. En revanche, je présente mes excuses auprès des pathétiques batârds du net car je risque de les décevoir et de les rendre très malheureux, les pauvres... Ils n'ont pas fini d'entendre parler de moi. Préparez des mouchoirs car vos larmes vont couler.
Allez, à très bientôt ma petite bande de batârds.




Bonjour Karl, comment vas tu ? As tu récupéré de ta blessure à la main ?
Salut David, tout va pour le mieux. Je n'ai pas complètement récupéré de ma blessure mais ça ne m'empêche pas de m'entraîner. J'ai dû m'armer de patience pour retrouver petit à petit ma meilleure forme physique. Psychologiquement, c'était dur, mais ce genre d'épreuves me rendent plus fort.
Que s'est-il passé dans ta vie de combattant depuis le combat que Ring a médiatisé ?
Je dois dire que Ring m'a fait une bonne publicité ; ça à également permis au public de connaitre quelque traits de ma personnalité.
Raconte nous les derniers jours de préparation avant ton combat en russie, au M-1 (première organisation Russe de free-fight)
J'ai quasiment pris une semaine de récupération avant le combat car je souffrais d'une grosse inflamation aux tibias (periostite) et j'ai subi une infiltration du genou dans la semaine. Je pouvais me le permettre car j'étais prêt, j'ai fait toute ma préparation avec mon très bon ami David Taïeb à l'école de police (un excellent sparring) et bien sur avec mon ami Chong-li avec qui je m'entraîne depuis des années.
Ce Russe était favori ?
Il sortait de 3 victoires par ko au M-1, c'était le type le plus applaudi du tournoi lors de la présentation des combattants. Je l'ai vu à l'échauffement, il savait tout faire, très bon en pied/poing et en lutte, plutôt pas mal au sol. Je me suis dit que ça allait être une longue guerre. Son attitude était glaciale.
Sur la vidéo, on imagine que quelque chose se passe devant l'arbitre, que vos regards ne se lâchent pas. Tu n'as jamais douté ?
Pour être tout à fait franc, j'ai ressenti un doute pendant l'échauffement car j'ai eu mal à la main. En revanche tout doute avait disparu au moment de faire mon entrée sur le ring. Ce n'est pas lui qui m'a fait douter, mais ma main tout simplement. Aucun adversaire ne peut me faire douter, je ne crains absolument personne et pour être tout à fait minimal et réalise, si je veux être le meilleur, je vais devoir battre tout le monde. Quant à son regard... Rien ne peut me faire plus plaisir que ça. Un mec qui veut me mettre la pression, c'est ce qui me met le plus en confiance pour un combat. Pendant ce face à face j'avais un petit sourire maléfique et je me disais: "mon pauvre, si tu savais... Si seulement tu pouvais imaginer ce que tu vas prendre..."
La vidéo a été réalisé par une de tes victimes, tu nous racontes ?
Le terme victime ne correspond pas du tout à ce mec. Il était mon dernier adversaire (celui que vous avez pu voir en vidéo sur Ring, face à moi), Brian Maulany, un mec bien et un vrai samouraï pour qui j'ai un profond respect, on est devenus très amis. C'est lui qui m'a filmé.
Au Japon, j'ai appris que le Pride serait déjà prêt à t'accueillir.
On verra ce que le destin me réserve.
Quel est ton prochain calendrier ?
Un combat au Cage Warriors le 28 avril face à Alex Cook, et un combat le 2 juin face à Piotr Baginsky en Pologne.
Tu as un petit mot personnel à faire passer ?
Je m'entraîne dur et j'ai très faim. Je ne suis pas encore le meilleur à mon poids mais je veux faire savoir ç tous mes adversaires que je le deviendrai bientôt. Une version personne des bons baisers de Russie...
