| Woerth : "la faute du web" [revue de presse des déclarations] |
| 08/07/2010 - FRANCE |
Quelle que soit la vérité sur l'affaire Woerth, je trouve que la diffusion de la rumeur a pris le pas sur le travail d'investigation du journaliste. Il n'y a plus vraiment de déontologie puisque l'information peut-être diffusée par tous grâce aux moyens offerts par l'Internet. Il ne se passe plus une journée sans qu'il y ait une nouvelle polémique portée à la gloire du buzz. Certaines chaînes de radio et de TV ont même fait de ce thème une émission quotidienne, histoire de ne pas rester en marge. Il y a quelques années, on montrait du doigt les tabloïds britanniques pour leurs méthodes racoleuses auxquelles nous n'avons plus rien à envier. C'est la curée quotidienne, un jour c'est un homme politique, un jour c'est l'affaire d'Outreau. Peu importe la vérité pourvu que ça saigne ; nous vivons une époque de peur et de déconstruction.
Quitte à écrire du populairement incorrect, j'en ai un peu marre de ces raisonnements binaires qui consistent à dire qu'un homme politique est forcement pourri ou qu'une personne riche doit nous refiler son fric, comme au bon vieux temps des révolutions communistes. Un homme politique ou une grande fortune abusent un peu du système ? Probablement. J'en suis même convaincu puisque nous le faisons tous un petit peu à notre niveau et ça me semble humain tout simplement.
Mais que retenons nous de leurs actions positives ? Les équipes dirigeantes de la V° république, de gauche ou de droite, ont toujours faits de leur mieux pour faire avancer le pays. Pour preuve la position de la France dans le monde.
Quant aux chefs d'entreprises, puisqu'on parle de Liliane Bettencourt, n'oublions pas qu'ils redistribuent déjà largement leurs richesses au travers des taxes professionnelles, de l'impôt sur les sociétés (33% du résultat...), des cotisations sociales sur leur salaire (env. 23 %, largement supérieur à ce qu'ils pourraient prétendre bénéficier en retour) et enfin à l'impôt sur le revenu (jusqu'à 50 % de ce qui reste). Sans parler des emplois créés, ce qui dans le cas de l'Oréal se chiffre à plus de 67000 emplois directs.
Mais bon, puisque c'est ce que demande le peuple : qu'on leur coupe la tête ! Après c'est sûr, ça ira mieux. Et ça fera surtout un bon buzz.