| Philip K. Dick interview 1977 [part 3] |
| 07/05/2010 - THE BOOKMAKER |
Well, Vive la France, non ?
Sérieusement.
Glory to PKD !!!
La paranoïa de Dick arrangeait bien le gauchistes de l'époque, Berkeley la Rouge, USA fascistes, état policier, dans le contexte, ça ne pouvait qu'attirer les libertaires de Fluide Glacial. L'intérêt des français qui ont lu Philip K. Dick à l'époque était essentiellement politique. Pour eux, Dick, c'était une sorte d'icône de la contre-culture des années 60. Le problème, c'est que la parano de Dick débordait très largement le seul contexte politique et social des USA, pour intégrer une sphère métaphysique, Phil le laisse entendre à la fin de cette troisième vidéo. Deux jours après cet interview, il devait prononcer le fameux discours de Metz qui a remis tous ces hippies communistes à la place qui était la leur. Jugez plutôt la réaction de Yves Frémion :
"J'AI VU PHILIP K. DICK DE MES YEUX. L'honnêteté m'oblige à dire qu'il m'a aussi vu de ses yeux, et que, bon, nous en resterons là. Nous a dit des choses très bien en privé dans un magnéto. Deux jours plus tard, il a enfilé des conneries pendant sa conférence. S'était mysticisé entre temps, contaminé par l'air de la ville et la présence obsédante de cette cathédrale plutôt sale qui est le seul point de repère de loin. Devenu mystique, saint Dick. Mystique et mysticon. Sont dans un bateau. Le même. Mystique tombe à l'eau. Reste con. Dick pourtant est ce que l'Amérique a de meilleur. Qu'est-ce que ça doit être le reste. Tout déjà mité. Mythé. Et Mythé rend président, c'est bien connu. Con comme. Dommage."
Dick était vivant, ils étaient déjà morts.
Evan Ard : mise en contexte éclairante, merci.
Ce Frémion qui pique sa crise c'est très drôle, et ça rappelle furieusement les réactions dans une interview récente de James Ellroy sur France Inter (google: Ellroy Demorand) sauf qu'Ellroy a tout de suite mis les pendules à l'heure pendant l'interview (je suis chrétien, de droite et capitaliste) mais quel dépit chez l'autre, son coeur a dû saigner, lui qui vénère (ou vénérait) Ellroy pensant sans doute avoir affaire à un dissident antiaméricain.
La culture littéraire de Dick apparaît bien, même si en bon américain il en fait des tonnes pour dire aux gens du pays où il se trouve qu'il les adore, qu'il sait que ce sont ses meilleurs lecteurs... Une vraie Rock Star !!!
Mais on voit aussi bien sa schizo-paranoïa et certains de ses prétextes : un cambriolage, Nixon, etc...
Tout ceci est brillamment remis en perspective, y compris l'incompréhension de ses fanatiques français quand ils ont rencontré le VRAI P. K. Dick et sa croix pectorale, par la biographie d'Emmanuel Carrère, "Je suis vivant et vous êtes morts", que je recommande chaudement.