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  <title>Surlering.com</title>
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<item rdf:about="http://www.surlering.com/article/article.php/article/ring-communique-officiel">
    <title>Communiqué officiel</title>
    <link>http://www.surlering.com/article/article.php/article/ring-communique-officiel</link>
    <dc:date>2012-01-27T00:00:00+00:00</dc:date>
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    <content:encoded><![CDATA[
<div align="justify"><p><img align="bottom" width="500" height="247" src="/sites/make-ai/-library-/images/usr_29358/4i54512.jpg" /><br />Chers lecteurs &amp; lectrices du Ring,<br /><br />En cours d’emménagement dans nos locaux officiels du quartier Mouffetard au coeur du 5ème arrondissement de Paris, l'activité du média Ring reprendra début mars sur nos nouveaux serveurs. La nouvelle URL des éditions Ring, maison d'édition traditionnelle de création littéraire, vous sera dévoilée fin février 2012. <br /><br />Suivez les dernières informations Ring sur <strong><a href="https://twitter.com/#!/surlering" target="_blank">notre twitter.</a></strong><br /></p><p><strong>La direction</strong><br />

</p></div>
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</item><item rdf:about="http://www.surlering.com/article/article.php/article/-la-tragedie-de-1915-genocide-en-superdiscount">
    <title>"La tragédie de 1915", génocide en superdiscount</title>
    <link>http://www.surlering.com/article/article.php/article/-la-tragedie-de-1915-genocide-en-superdiscount</link>
    <dc:date>2012-01-26T00:00:00+00:00</dc:date>
    <dc:creator>par Maximilien Friche</dc:creator>
    <description></description>
    <content:encoded><![CDATA[
<div align="justify"><h3>En 1987, le Conseil de l'Europe a reconnu une première fois le génocide arménien, en 2001, il y a eu la loi mémorielle à l'initiative de Jean-Claude Gaudin, maire de la ville à la plus grande communauté arménienne de France, et maintenant, nous avons la loi votée par le sénat le 23 janvier 2012 qui condamne le négationnisme du génocide arménien.<br /><br /><img align="bottom" width="500" height="375" src="/sites/make-ai/-library-/images/usr_29358/ogggg.jpg" /><br /></h3>&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br />Un : il n'y a aucun doute sur le fait que les Turcs ont organisé un génocide des arméniens de 1915 à 1917.<br />Deux : les députés français de l'UMP et du PS n'ont rien à dire là-dessus, les pieds englués qu'ils ont dans la boue des cadavres de la République.<br />Trois : le gouvernement turc en vociférant conduit son peuple à nous prouver qu'il serait capable de recommencer.<br />Quatre : les petits malins qui s’opposent à la loi mémorielle sont des collabos qui s’ignorent.<br /><br /><strong>L'évidence des génocides</strong><br /><br />Ce génocide est présenté par les Turcs, mimant des mines affligées, comme une cruelle conséquence de la guerre, ils l'appellent avec générosité « la tragédie de 1915 ». Il ne s'agit pas pour eux d'un acte volontaire et formalisé, éléments nécessaires à la qualification de génocide. Il faudra leur expliquer que même les massacres ne sont pas des homicides involontaires. Bref, les Turcs plaident pour un massacre. Pour ce faire, ils minimisent le nombre de victimes. 500 000 contre 1 500 000. Ils ne se rendent pas compte que cette arithmétique parle aussi. Comme si 500 000 était trop peu pour parler de génocide. Et pour un acte non volontaire et non formalisé, il a été étrangement méthodique et efficace : déportation, séparation des hommes des femmes et enfants, massacres par salves. Et, spontanément, la même méthode est appliquée dans l'ensemble des sept provinces occupées par des populations arméniennes. Nier la préméditation devient difficile face au déploiement des méthodes typiques des génocides, sur plusieurs territoires, et permettant d’obtenir&nbsp; une destruction de la masse avec l’efficacité d’un&nbsp; largage de bombes. Le dernier argument utilisé par les opposants à la qualification de génocide des événements de 1915 est un retournement de la culpabilité vers les Arméniens eux-mêmes. Technique bien connue de nos magistrats français : la victime a bien mérité de mourir au regard de la provocation qu’était son existence pour le bourreau. Pinailler sur les chiffres de morts, invoquer la main invisible dans le déploiement de méthodes d’extermination et enfin reporter la faute sur le peuple martyrisé, voilà bien, l’argumentaire toujours identique des négationnistes. Ce triptyque renforce une fois encore l’évidence du génocide.<br /><br />La première loi mémorielle pour la reconnaissance du génocide a été votée par la France en 2001. Jusqu'à ce jour, seule la négation du génocide contre les Juifs pendant la seconde guerre mondiale était pénalisable. La proposition de loi de Valérie Boyer votée par les députés le 22 décembre 2011 et approuvée par le Sénat le 23 janvier dernier, vise à condamner également pénalement la négation du génocide arménien. La loi sera promulguée par l’Elysée sous quinzaine.<br /><br /><strong>L'hôpital qui se fout de l'infirmerie</strong><br /><br />La France fidèle à son destin d’éducatrice des peuples s’autorise donc à légiférer sur l’histoire d’autrui dans le but de faire la morale, d’être à l’origine de la morale du monde. Survivance pathétique du projet des coupeurs de têtes qui fondèrent notre démocratie républicaine, caricature dérisoire de la grandeur passée d’une patrie phare. Disons-le sans détours, le France n’est évidemment pas crédible dans ce jeu de dénonciation des génocides des autres. Elle qui s'est fondée en 1789 sur la haine d’elle-même, voudrait inculquer au monde entier la haine de soi comme principe dévolutif à l’efficacité garantie. La République n'a pas de leçons à donner car elle incarne le premier système totalitaire de l'ère moderne. Et il se pourrait même fort bien qu'elle ait servi de modèle aux Turcs aussi. Souvenons-nous que la première loi de la première assemblée élue démocratiquement en France a été la loi de lancement du génocide vendéen. Le 1er août 1793, l’extermination et l’anéantissement des Vendéens (contre-révolutionnaires ou même révolutionnaires) fut votée. La machine infernale des droits de l’Homme se mit en marche pour le bonheur du reste de l’humanité. Ce génocide n’a bien sûr pas été reconnu ni par des lois, ni par des monuments quelconques. Cela remettrait en cause les fondements même de la République. En dehors du chemin de la mémoire du parc du Puy du Fou, il faut lire pour se souvenir. Et le pire réside dans le fait que les lois de 1793, elles mêmes, n'ont pas été abrogées, elles font encore partie du corpus législatif.<br /><br />Le génocide vendéen fut la synthèse par avance de tout le XXième siècle, la répétition générale. En Vendée, tout a été testé : les gaz, les noyades par paquet à Nantes (appelées déportations verticales),&nbsp; les tanneries de peau humaine et l'utilisation de la graisse humaine pour les lampes des émailleurs. Le catalogue des horreurs fut constitué et mis à disposition de tous les humanistes contraints à la violence pour imposer le paradis démocratique.&nbsp; <br /><br />Aujourd’hui même, dans notre pays évolué, dans notre territoire quadrillé d’humanistes, on trouve tout de même une ribambelle de petits profs d'histoire, d’universitaires luisants et de journaleux malins pour déployer leur négationnisme du génocide vendéen avec les mêmes arguments de toujours : minimisation des chiffres, négation de la préméditation et renversement de la culpabilité sur les victimes. Nos profs d’histoire n’ont décidément rien à envier aux nazillons turcs. Reynald Secher, spécialiste de la Vendée, évoque désormais l’idée d’un mémoricide (1). C’est ainsi qu’il qualifie la manière que l’on a de perpétuer et de renouveler un crime en le niant.<br /><br />Le cercle vicieux est là. La France ne peut avoir cette mission civilisatrice droit de l’hommiste si elle reconnaît le premier crime des droits de l’Homme. C’est là un dilemme inextricable. Elle s’oblige à avoir la mémoire courte pour voir au loin. Elle est contrainte de s’appuyer sur un génocide pour dénoncer ceux de ses voisins inspirés du sien. Voici le destin absurde et cyclique de notre patrie idéologique.<br /><br /><strong>Les turqueries négationnistes</strong><br /><br />L’intérêt de la loi française est de révéler la réelle nature de la Turquie, de ce pays qui frappait bien poliment et bien cravaté à la porte de l’Europe. La réaction des Turcs, leur arrogance à nous balancer leur package négationniste, leurs insultes à notre égard, nous feraient voter la loi à rebours. Presque.&nbsp; Cela donnerait envie en tous cas de leur rafraîchir la mémoire régulièrement. Imaginez si l'Allemagne niait la shoah aujourd’hui... Ca énerverait un peu.<br /><br />On peut discuter longtemps sur le bien fondé d’une loi mais, constater l'excitation obstinée des Turcs suffit à prouver que quelque chose est nécessaire. Manifestement, Patrick Ollier, le ministre des Relations avec le Parlement, n’a pas tort de d’évoquer la nécessité de purger le poison négationniste (2). Et la Turquie en est envahie. En niant ce génocide, Erdogan et son peuple&nbsp; ne s'aperçoivent même plus qu'ils crient leur haine des Arméniens et on a du mal à imaginer qu'ils n'auraient pas commis ce qu'ils seraient prêts à recommencer. Comme dit Taner Akçam, sociologue et historien turc : &quot;En niant ce qui s'est passé en 1915, la Turquie reproduit les institutions, les relations sociales, et la mentalité qui ont abouti à 1915.&quot; (3) Tiens cela rappelle le mémoricide de Reynald Secher… Chaque fois qu’Erdogan nous traite de raciste, il renouvèle le génocide arménien. Ce n’est pas que de la dialectique. Pas uniquement.<br /><br />Dans son attitude à financer des études historiques pour rassembler des pseudo preuves niant le génocide, le gouvernement turc se rapproche sensiblement des méthodes de Mahmoud Ahmadinejad en Iran avec ses colloques négationnistes de la shoah. La Turquie veut rentrer dans l'Europe unifiée ? Elle veut rentrer dans l’Europe des Robespierre et Hitler sans doute. Refuser l’entrée de la Turquie, c’est commencer à faire sécession de Bruxelles, c’est revenir un peu sur l’idée révolutionnaire à l’origine de nos institutions, c’est briser le cycle pervers de notre histoire.<br /><br /><strong>Pour Toi Arménie</strong><br /><br />Pour François Bayrou, la pénalisation de la négation du génocide arménien est une faute contre la loi et contre la France (4). Grande et belle formule pour un homme qui veut s’emparer des arguments de l’intelligence. De la même manière, Alain Duhamel s’excite avec une passion toujours intacte et toujours surjouée contre la France illégitime à dénoncer son génocide alors même qu’elle nie le sien, celui des Vendéens (5). – Surprise !- Ce dernier cherche en vain l’intérêt et la stratégie de faire voter cette loi qui rassemble UMP et PS et qui donc ne profiterait à aucun camp de la présidentielle. Certains députés radicaux de gauche et UMP cherchent à saisir le Conseil Constitutionnel. « Ce n’est pas aux parlements d’écrire l’histoire » ; « Cette loi est liberticide » ; « C’est à la Turquie de faire ce travail de mémoire » Comme c’est confortable d’avoir raison ! Et que feraient ces gens face à une Allemagne qui continuerait à nazilloner encore aujourd’hui, qui nierait officiellement et massivement la Shoah ? Que la France ne soit pas la mieux placée pour moraliser c’est une chose. Mais laisser la Turquie enferrée dans sa négation du génocide serait faire acte de complicité. La France devrait reconnaître non seulement le génocide vendéen, mais que ce génocide est ontologiquement lié à la révolution et aux droits de l’Homme. Pour s’en rendre compte, il lui faut encore au moins un siècle de psychanalyse en continuant à faire la morale au monde.<br /><br />Quant à la stratégie politique, chère à Alain Duhamel, il convient de noter l’adhésion du PS à cette loi. Cela permet de le rendre solidaire de l’hostilité à l’entrée de la Turquie dans l’Europe. Il s’agit d’un point essentiel, au cas où Hollande soit élu grand mamamouchi de France, quand on connaît la propension des modernistes à ouvrir nos portes sans condition au monde entier. Avec un regard un peu torve et nationaliste on pourrait même y voir un intérêt pervers à cette loi : un&nbsp; prétexte pour arrêter tous les Turcs de notre territoire. Faisons attention, les Allemands pourraient nous l'envier.<br /><br />Mais François Bayrou et Alain Duhamel auraient sans doute préféré mobiliser les chanteurs pour faire rien qu'une chanson pour eux (les arméniens) intitulée : &quot;Une Loi Pour Toi Arménie !&quot; chantée par les ténors de la majorité ou un chœur humaniste fait de Charles Aznavour, BHL, Guédiguian, Onfray, Klarsfeld etc.<br /><br />[YOUTUBEZxHFPbtpiGE][650,300]<br /><br /><strong>Maximilien Friche</strong><br /><strong><br />(1) Du génocide au mémoricide - Reynald Secher - Editions du Cerf - ISBN-10: 220409580X<br />(2) France Soir - 23/01/2012<br />(3) Taner Akçam, sociologue et historien turc, professeur au centre d'Etudes de l'Holocauste et des génocides à l'Université Clarke (Minnesota) aux Etats-Unis. Interview du 20/01/2012 Le monde.fr - au fil de la blogosphère<br />(4) RTL - 24/01/2012<br />(5) RTL Chronique du 24/01/2012</strong><br /></div>
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</item><item rdf:about="http://www.surlering.com/article/article.php/article/le-president-ne-doute-pas-il-fait-semblant">
    <title>Le président ne doute pas : il fait semblant</title>
    <link>http://www.surlering.com/article/article.php/article/le-president-ne-doute-pas-il-fait-semblant</link>
    <dc:date>2012-01-26T00:00:00+00:00</dc:date>
    <dc:creator>par Philippe Bilger</dc:creator>
    <description></description>
    <content:encoded><![CDATA[<div align="justify"><h3>Le président de la République, au cours d'une soirée en Guyane, paraît-il en off, a distillé des confidences à plusieurs journalistes. La réalité de cet épisode à l'initiative de Nicolas Sarkozy, n'a été connue que grâce à la volonté de transparence de Libération.<br /><br /><img align="bottom" width="650" height="441" src="/sites/make-ai/-library-/images/usr_29358/h201201h24.jpg" /><br /></h3>&nbsp;<br />Immédiatement on a déduit de cette séquence que Nicolas Sarkozy envisagerait l'échec, serait en proie au doute et, si sa défaite advenait, ferait autre chose que s'occuper d'une quelconque section UMP (Le Monde).<br />&nbsp;<br />Je ne parviens pas à analyser cette péripétie et ces propos comme l'expression d'une spontanéité s'offrant enfin le droit d'être débridée. J'y vois plutôt une tactique habile qui vise à faire d'une apparente sincérité une arme redoutable pour le début d'une campagne dont Nicolas Sarkozy perçoit les difficultés à venir mais qui ne l'effraie pas. Le candidat enfoui sous le président maladroit et décevant bout d'impatience et n'a probablement qu'une hâte, c'est de ressurgir dans sa plénitude. Les doutes de Nicolas Sarkozy relèvent à l'évidence de la même opération que ses allégations constantes sur le fait qu'il sera président de la République jusqu'au bout. Il est aussi peu incertain pour la joute présidentielle qu'il est clairement candidat depuis des mois.<br />&nbsp;<br />Il est d'autant plus essentiel, pour lui, de laisser apparaître ces hésitations, ce trouble, ce vague pessimisme qu'ils ne feront que conforter, de l'autre côté, le sentiment d'avoir déjà gagné caractérisé notamment par les déclarations répétées de Pierre Moscovici qui s'obstine à marteler que Nicolas Sarkozy ne peut plus vaincre. Ce qui est, à la fois, inepte et, en profondeur, démobilisateur. Par ailleurs, en dépit de la prestation brillante de François Hollande au Bourget et des réactions faibles de l'UMP, il n'est pas sûr que l'inélégance avec laquelle le candidat socialiste a &quot;zappé&quot; politiquement et humainement Ségolène Royal, sans doute à cause de la présence de sa compagne aux côtés de Mazarine Pingeot, ne laisse pas une trace négative. Que le PS s'enfonce dangereusement dans cette impression d'une victoire avant l'heure, si elle est dévastatrice pour lui, est, en revanche, porteuse d'espérance pour Nicolas Sarkozy qui n'aspire qu'à être plus que jamais un &quot;outsider&quot;, presque un virtuel vaincu qui appelle moins de ressentiment qu'une constatation apaisante.<br />&nbsp;<br />Croit-on véritablement que c'est par hasard - avec une divulgation inévitable - que le président s'est abandonné, en ce moment précis, à la manifestation d'états d'âme qui dans tous les cas, à les supposer authentiques, surviennent trop tardivement pour imposer une alternative alors que, plus précoces, ils auraient risqué de susciter une exigence de primaire ? A nouveau, dans le constat, ce sont les lettrés qui voient juste et les spécialistes qui selon moi se trompent. Rien de plus faux, en effet, que de minimiser l'incident comme le fait Roland Cayrol qui y voit &quot;juste une vérité du moment&quot;, que de le dramatiser comme Christian Salmon qui le nomme &quot;le signe de la fin&quot;. Seul Patrick Rambaud devine le piège: &quot;Si c'est une ruse, elle est idiote&quot;.<br />&nbsp;<br />Peut-être pas si &quot;idiote&quot; que cela. Ce qui manque absolument au président, c'est d'être aimé. Davantage peut-être encore : qu'on désire l'aimer, qu'on ait envie, une seconde, d'éprouver à son égard une empathie qui, faisant fi de l'arrogance vulgaire qu'on lui prête, s'attacherait à ses faiblesses, ses failles, au possible désastre qui le guette. En ce sens, l'exercice auquel il s'est livré devant des journalistes trop heureux des confidences intimes pour les questionner politiquement, va plus loin que le &quot;je suis le moins mauvais&quot; qu'on entendra sans cesse lors de la campagne. Il signifie qu'il est, lui aussi, capable de &quot;fendre l'armure&quot;, d'offrir ses blessures, son for intérieur, et de quémander un amour qui lui est si chichement octroyé, même par ses partisans inconditionnels, qui collent à lui mais comme à une bouée de sauvetage. On est bien obligé de feindre de choyer le capitaine pour éviter le naufrage !<br />&nbsp;<br />Enfin, la scène guyanaise ressemble à un encouragement qu'il s'adresse à lui-même après avoir, un temps, déstabilisé ses troupes. Nicolas Sarkozy appartient à cette catégorie de &quot;bêtes&quot; politiques qui ont besoin de l'odeur, du souffle, de la proximité du pire prévisible pour bander leurs forces et remonter à la surface, vers la victoire. Il a heurté délibérément du pied le fond de la piscine et, dans l'élan, il se projette vers demain.<br />&nbsp;<br />Le président ne doute pas : le candidat fait semblant. Qu'on ne compte pas sur lui pour être atteint par la peur de gagner !<br />&nbsp;</div>]]></content:encoded>
</item><item rdf:about="http://www.surlering.com/article/article.php/article/hollande-voyage-dans-l-intellect-d-un-fromage-en-maturation">
    <title>Hollande, voyage dans l'intellect d'un fromage en maturation</title>
    <link>http://www.surlering.com/article/article.php/article/hollande-voyage-dans-l-intellect-d-un-fromage-en-maturation</link>
    <dc:date>2012-01-26T00:00:00+00:00</dc:date>
    <dc:creator>par Laurent Obertone</dc:creator>
    <description></description>
    <content:encoded><![CDATA[
<div align="justify">
  <h3>Mais un fromage à 60%, tout de même. Ça y est, François Hollande a mis des mots sur son « programme ». Un 
programme en deux points : rêve et égalité. Sérieusement, qui François 
Hollande fait-il rêver ? </h3><p><br /><img align="bottom" width="650" height="406" src="/sites/make-ai/-library-/images/usr_29358/eee8.jpg" /><br /><br />
    D'après lui, un modeste 99% des gens. Les 
Indignés quoi. Si vous n'avez pas suivi, Hollande a reçu l'extrême 
onction, pardon l'adoubement, de Stéphane Hessel himself. D'après les 
sondages, aux dernières nouvelles, au moins 30% des Français. En tout 
cas au minimum 20 000 personnes venues acclamer leur charismatique 
champion au Bourget (dont certains étaient munis de ce fantastique 
apport culturel que sont les vuvuzelas). Pour les personnalités, c'est 
délicat de donner des noms, parce que normalement dans un meeting 
socialiste, ces 20 000 là étaient tous rigoureusement égaux, même si 
certains ont eu le privilège du premier rang. Dans le détail, l'ancien 
de l'UNEF François Hollande a enthousiasmé l'autre ancien de l'UNEF 
Bruno Julliard (preuve que les blocages de fac étaient utiles, au moins 
d'un point de vue carriériste), il a aussi enthousiasmé Laurianne 
Deniaud, la déjà si agaçante présidente des jeunes socialistes, mais 
aussi Montebourg, Jospin, les crispées Royal et Aubry... et Mazarine, et
 Pape Diouf (???). Il y avait aussi sa compagne à Hollande, celle qui a 
nom d'eau minérale alsacienne. Il a même enthousiasmé Efa Choly, à 
distance, fallait le faire. <br /></p>
  <br />
Oui, Hollande est un candidat qui rassemble. La preuve, d'entrée de jeu :
 il rassemble un chanteur très riche mais qui est venu pieds nus, pour 
pas trop écraser les pauvres en godasses. C'est ça l'égalité, chacun 
fait des efforts. Et pourtant, l'équation était périlleuse : Yannick 
Noah est riche et n'aime pas la justice, François Hollande n'aime pas 
les riches et aime la justice. Mais c'est pas grave, parce que les 
Français aiment Yannick Noah. Si si, quand on leur présente 50 cartons 
avec Daniel Auteuil ou Mimi Mathy dessus, ils choisissent souvent 
Yannick Noah. <br />
  <br />
Sarkozy avait son Faudel, Royal avait son Jamel. Hollande pense que ça 
doit faire jeune d'avoir un mec cool pour chanter pieds nus « aux arbres
 citoyens ». Qui va sérieusement se dire : « tiens, ils dansent avec 
Yannick Noah, je vais aller voter pour lui » ? Ça fait bien plus proche 
du ridicule que des Français, mais bon c'est la tradition politique, ça 
ne se discute pas.<br />
  <br />
Alors, sur le fond, pour juger, il faudrait l'avis des autres, 
mais évidemment ils sont aussi objectifs que des syndicalistes après un sommet
 social. Même si on s'y attendait un peu, le contenu de la chose n'a pas
 enthousiasmé Jean-Luc Mélenchon, ni Marine Le Pen, ni l'UMP. Ils l'ont 
tous dit : on attendait un projet, et on ne voit qu'Hollande qui 
poudroie et le PS qui verdoie. Au fond, ils savent très bien que le 
projet d'un candidat socialiste n'a aucune importance, précisément parce
 que c'est un candidat socialiste. Donc son projet c'est l'égalité, la 
justice, la République, l'espoir, moins de pauvres et moins de riches, 
donc plus de moyens. Le but de l'égalité n'est pas de viser tel ou tel 
niveau, c'est de le partager. Tous pauvres, plus d'envieux, c'est 
parfait. <br />
  <br />
À propos d'un programme électoral du PS on ne peut décemment pas parler 
de réalisme, autant parler de philosophie à BHL. Même chose au sujet du 
programme chiffré, prévu pour jeudi. Ça n'a aucune importance, les rêves
 n'ont pas de prix. Ce qui est important, c'est « comment il était ? ».<br />
  <br />
Ça tombe bien,<em> lui-même</em>, c'était le centre de son discours. Le premier 
rêve qu'il a tenté de vendre aux Français, c'était lui. On a appris des 
choses passionnantes sur François Hollande, notamment qui était de 
gauche depuis longtemps, mais qu'il n'était pas né comme ça. Un accident
 alors ? Non, François Hollande a bien précisé qu'il n'était pas né de 
gauche, comme la plupart des artistes, mais qu'il était devenu un type 
de gauche plus ou moins grâce à son père conservateur (faites des 
gosses...). En réalité personne n'a bien compris ce passage père-fils, 
mais Gérard Miller est sur le coup. <br />
  <br />
En fait, Hollande a hérité de la standardisation idéologique à la 
française. Parce que se taper le cursus HEC-IEP-ENA sans devenir un 
parfait homme de gauche ou de droite parlementaire, ce n'est pas 
possible. C'est un peu comme les journalistes, dont la formation 
garantit qu'ils n'écriront plus jamais rien d'intelligent. Pour être 
formaté, il est formaté le François. Et ce n'est pas facile à gérer : 
depuis qu'il a été élu, il doit parler fort, donner l'impression qu'il a
 les moyens de ses rêves. Perdre du poids ne suffit pas. Il l'a joué 
solennel, c'est toujours moins risqué que ce que tenta Ségolène au 
Zénith, mais à force les militants ont tendance à lui reprocher son côté
 employé des pompes funèbres. Là encore, pas la moindre vanne. Alors que
 tous les médias nous expliquaient ces derniers temps que François 
Hollande était LE comique qui montait. Eh bien au Bourget, il était 
sérieux. Presque trop. Avec le slogan chiant type : « le changement, 
c'est maintenant ». Un thème inédit. Changer quoi ? On sait pas. Mais 
si, Yannick Noah l'a dit dans sa chanson, <em>il faut changer les hommes</em>... 
C'est exactement ce qu'a dit Hollande en fin de discours, à propos des 
jeunes : « Changer leur vie serait pour moi la plus grande des fiertés 
». Doucement, François, tu serais Président de la République, pas coach à
 domicile. Explique-t-on suffisamment aux candidats qu'ils n'auront 
aucun pouvoir réel, surtout quand ils n'auront plus le droit de 
s'endetter ?<br />
  <br />
Passons aux annonces. La première a deux jours d'avance sur la discours,
 mais elle est très bonne. C'est le Point qui le dit : « <em>Hollande 
souhaite développer l'enseignement artistique à l'école, de la 
maternelle à l'université. Une priorité qu'il rattachera au Premier 
ministre, avec un budget spécifique, signe de l'importance qu'il y 
attache. Il veut faire de l'histoire de l'art une discipline à part 
entière, au même titre que le français, les maths, etc. &quot;Avec ses 
concours de recrutement&quot;, précise-t-il</em> ». Quand on « contemple » une « 
œuvre » contemporaine, en général on dit souvent « mon enfant serait 
capable d'en faire autan t ». Et bien grâce au candidat Hollande, votre 
enfant en fera autant, dès la maternelle, il sera un artiste, et vous 
pourrez être fier de lui quand il mangera des fœtus ou qu'il laissera 
des chiens mourir de faim, pour le concept. <br />
  <br />
Autres mesures : 60 000 postes de créés dans l'éducation nationale. 
Youpi. 150 000 emplois jeunes. Hourra. Obliger les mairies à construire 
20% de logements sociaux, sous peine de sanctions « multipliées par cinq
 ». La solidarité et le vivre-ensemble, c'est obligatoire, au cas où 
vous n'auriez pas encore compris... Tout ça n'est guère innovant. Pour 
le reste, Hollande est surtout le candidat qui rassemble la majorité des
 sondés. Hein, quoi, vous voulez retirer nos soldats ? Je m'y engage. 
Hein, quoi, l'essence est trop chère ? Je la bloquerai. Voilà pour les 
rêves. Passons à la deuxième partie du programme. Au Bourget, Hollande a
 dit ceci : « <em>L'égalité, c'est ce qui a permis à un enfant, orphelin de 
père, élevé par une mère pauvre, sourde et illettrée, de devenir prix 
Nobel de littérature. Il s'appelait Albert Camus</em> ». Albert Camus a-t-il 
bénéficié de la moindre mesure égalitaire lui permettant d'en arriver là
 ? Non. Le problème fondamental de l'égalité version PS, c'est de croire
 qu'il y a un Albert Camus en chaque enfant, tragiquement empêché de 
s'exprimer par Nicolas Sarkozy. Hollande confond la justice du mérite et
 l'injustice de l'assistanat, il confond la démerde individuelle et 
l'État collectiviste, il confond les capacités intellectuelles d'Albert 
Camus et celles de tous les Français. C'est ça, l'égalité. Et c'est rien
 moins que l'âme de la France, selon Hollande. Le problème, c'est qu'en 
dépit d'un accès sans précédent au savoir, la majorité des Français ne 
sait pas écrire. Ce qu'exige l'égalité devant un tel constat, c'est une 
discrétion décente des éventuels futurs Albert Camus, pour ne pas qu'ils
 écrasent trop les autres. <br />
  <br />
L'égalité, pour que l'on comprenne bien, ne consiste pas du tout à aider
 ceux qui ne réussissent. Ça consiste à pénaliser ceux qui réussissent. 
Hollande s'est engagé pour les droits des homosexuels (mariage et 
adoption), pour les droits des femmes (parité), pour les droits des 
étrangers (vote). <br />
  <br />
Or, ces trois catégories ont aujourd'hui <em>exactement les mêmes droits que
 les autres.</em> Un Français caucasien hétérosexuel n'a pas le droit de se 
marier avec un partenaire du même sexe, pas plus qu'il n'a le droit de 
voter ici et ailleurs, pas plus qu'il n'a le droit d'être élu davantage 
que les femmes. Ce que propose Hollande, ce sont des lois pour pénaliser
 une catégorie sociale précise : le Français caucasien hétérosexuel. 
L'envie comme unique programme politique. « <em>Votez pour moi, vous aurez 
droit à ce qu'ont les autres, tous ces salauds qui vous narguent du haut
 de leur statut social supérieur</em> ». Comme à peu près tout le monde à 
quelqu'un au-dessus de lui, la base électorale est vaste... Décalogue : «<em>
 Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain, tu ne convoiteras 
point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son
 bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain </em>». <br />
  <br />
Hollandologue : « <em>De ton prochain tu convoiteras tout </em>». L'égalité, 
c'est la légitimation des turpitudes, la promotion de la convoitise, le 
culte des ratés et des envieux. Le slogan ? Faut faire payer les riches.
 <br />
  <br />
« <em>Mais le petit bourgeois sourd et aveugle reste, bouffon sans le 
savoir, encore invariablement à l’aise dans ses grasses prairies 
d’occident. Il crie, en louchant sur son propre voisin : «...faites 
payer les riches !..». ....Mais enfin, le sait-il seulement que ce riche
 c’est lui, que ce cri de justice, ce cri de révolte, hurlé par des 
milliards de voix, c’est contre lui et contre lui seul que bientôt il 
s’élèvera ?</em> » Jean Raspail. <br />
  <br />
Tous ensemble, mais contre l'ennemi commun, le possédant, celui d'en 
haut, l'affameur. Hollande dit vouloir s'en prendre aux privilèges. Pour
 lui la richesse est un privilège. Le mérite sur le même pilori que 
l'hérédité, à bas la réussite ! Ce n'est pas un hasard si le troisième 
mot clé du discours, c'est la justice. Le candidat a dit qu'il se 
demanderait toujours si ce qu'on lui propose est juste ou non. Compas 
dans l'oeil, balance intégrée, François Hollande aurait donc un côté 
Saint-Louis, la justice serait la base de sa redistribution égalitaire. 
En gros, celui qui possède est dans l'injustice, donc il doit rendre à 
ceux d'en dessous. Voilà qui va motiver les entrepreneurs. À une époque,
 on appelait ça du communisme. <br />
  <br />
Qu'a-t-il dit d'autre ? Qu'il n'avait pas d'ennemi, à part <em>la finance</em>. 
Faudrait définir, François, parce que c'est bizarre de dire ça. On sait 
bien qu'un discours électoral n'est plus censé être cohérent depuis 
Jacques Chirac, mais quand même... Il aurait tout aussi pu dire, 
l'ennemi, c'est l'école, ou la santé, ou la diplomatie... Mais la 
finance, c'est bien. Parce qu'il sait que les gens ont des finances de 
merde, et qu'au lieu de s'en prendre à eux-mêmes ils préfèrent exiger 
des autres. Si eux n'y arrivent pas, c'est qu'on les a empêché. <br />
  <br />
Il aussi dit qu'il fallait battre celui qu'il ne nomme plus, qu'il aime 
les gens, que les Français veulent choisir entre la gauche et la droite,
 que l'argent ne fait pas le bonheur, et que l'extrême droite c'est pas 
bien...<br />
  <br />
Pour mesurer la banalité d'un propos, il faut l'inverser. Imaginez qu'un
 candidat déclare : « <em>Il faut revoter pour l'autre, je n'aime pas les 
gens, les Français ne veulent plus de nous, la cupidité est mon moteur, 
l'extrême droite, pourquoi pas ?</em> »<br />
  <br />
Bref, tout ça fait un peu léger, surtout face à un Président qui annonce
 à peu près une mesure par jour, pour noyer ses adversaires sous le 
flux. Je fais ça, je promulgue ça, je décrète ça, je décide ça, et 
attention on pourra parfaitement le vérifier dans quarante ans. 
Hollande, lui, ne peut que dire <em>je ferai</em>. Et pour l'instant il dit 
plutôt <em>il faudrait.</em> Ou<em> la finance, c'est pas bien.</em> Ou <em>il faudrait songer
 à battre ce Sarkozy.</em> Pourquoi ? Ben... parce qu'il faudrait. Sur le 
terrain, les deux bonhommes se tirent la bourre : après la visite de 
Hollande en outre-mer, Sarkozy y a posé son avion à son tour, le temps 
de faire quelques promesses spécial dédicace, tout en consolant Chatel 
de l'autre main. Il paraît que le discours du Président aux ultra-marins
 était tellement magnifique que Christiane Taubira a dû changer ses 
sous-vêtements. <br />
  <br />
Alors, 2012, après le marchand de sable Sarkozy, le marchand de rêves 
Hollande ? L'affaire est loin d'être pliée. S'il a de l'avance dans les 
sondages, Hollande a du retard sur la mécanique entubatoire. On sent 
qu'il a encore des scrupules à se lâcher complètement. Il se dit qu'il 
peut s'épargner de trop gros mensonges en prolongeant son discours 
abstrait. Mais ça ne se passe pas comme ça : depuis que l'État 
intervient partout et tout le temps, pour vous expliquer comment manger 
ou soulager vos mycoses, il faut leur promettre du lourd, aux Français, à
 chaque Français, 65 millions de programmes. De quoi il aura l'air 
Hollande, avec sa cargaison de rêves face aux Français sur TF1, quand on
 lui demandera ce qu'il compte faire exactement pour les vétérinaires 
anesthésistes du Périgord ? Hollande part avec un handicap majeur : il 
n'est pas beau du tout. Quand même, ça joue, surement bien plus qu'un 
programme. S'il est resté si longtemps le guichetier de son parti 
(imaginez l'amour-propre quand on reste dans l'ombre de Jospin !), s'il 
n'a pu devenir candidat qu'en affrontant un personnage aussi peu 
enthousiasmant (euphémisme optimal) que Martine Aubry, c'est qu'il y a 
de bonnes raisons à cela. <br />
  <br />
Montebourg disait vrai : le plus grand problème de Ségolène Royal, 
c'était François Hollande. Aujourd'hui le plus grand problème de 
François Hollande, c'est toujours François Hollande. Niveau look, un 
côté Giscard en plus bovin, niveau voix, un côté Pascal Duquenne en plus
 caprin, niveau charisme, un côté rongeur en plus batracien, niveau 
projet, un côté troupeau en plus ovin. Les solides références de 
Hollande, à part lui-même, ce sont Jospin et Mitterrand. Même si l'un 
comme l'autre ont refusé de le nommer ministre quand ils en avaient 
l'occasion, Hollande est convaincu d'être leur héritier. <br />
  <br />
Décidément, ça sent un peu le sapin, ce rêve. Ou l'Île de Ré. <br />
  <br />
  <strong>Laurent Obertone </strong><br />
  <br />
</div>
]]></content:encoded>
</item><item rdf:about="http://www.surlering.com/article/article.php/article/etta-da-ama-rique">
    <title>Etta d’Amérique</title>
    <link>http://www.surlering.com/article/article.php/article/etta-da-ama-rique</link>
    <dc:date>2012-01-26T00:00:00+00:00</dc:date>
    <dc:creator>par Gaël Giovannelli</dc:creator>
    <description></description>
    <content:encoded><![CDATA[
<div align="justify"><h3>Encore une star de moins sur le walk of fame. C’est à croire que des étoiles qui constellent notre ciel, ce sont les plus petites qui brillent le plus. Et celles dont on oublie le nom. Un petit coup de blues ? Remettez-nous ça.<br /><br /><img align="bottom" width="650" height="650" src="/sites/make-ai/-library-/images/usr_29358/hfjg.jpg" /><br /><br /></h3><br />La grande Etta James est muette. <em>Soleil cou coupé</em> dirait Apollinaire. La voix d’Etta était comme sa vie : cabossée et vivante, sans retenue, généreuse, avec un background qui ne s’invente pas. <br /><br />De père inconnu, la petite Jamesetta était une graine de voyou : balancée de foyer en foyer, livrée à elle-même et à la rue, les quartiers glauques, elle à échappé plus d’une fois aux maisons de redressement. Sur le chemin de l’Eglise Baptiste de sa banlieue californienne, sa voie se trace et sa voix se place, en accord parfait, sur les chants gospel du dimanche matin. Etta a du coffre, et de la personnalité ; elle a déjà un groupe à 12 ans, les Peaches-parce qu’on la surnomme ainsi, pour la forme, mais aussi pour son fond, son dynamisme- et à 16 elle saute littéralement sur Johnny Otis, le&nbsp; premier&nbsp; Parrain de la Soul (décédé il y a peu lui aussi). Celui-ci l’à déjà repéré. Il lui fait enregistrer son premier single <em>Roll With Me Henry</em>, qui sera un beau succès de l’année 1955. D’une certaine manière, elle se fait voler ce succès par Georgia Gibbs qui en fera une mièvrerie et un tube à millions, « <em>Dance With Me Henry </em>». Ce genre de vexations qui va jalonner la carrière d’Etta, et celle de la plupart des artistes de l’époque : usurpation, vol par « reprise », spoliation... <em>We’re only in it for the money !</em><br /><br />[YOUTUBEDDwKeEzy72Q][650,300]<br /><br />Elle réitère avec son deuxième single, <em>Good Rocking Daddy</em>, autre succès rythm’n’blues, mais déjà le vent de liberté qui soufflait depuis la Prise du Palais d’Hiver par les pionniers du rock’n’roll s’éloigne, les pères la morale ont tôt fait de boucler cette « menace de premier ordre », devant l’alcool et la drogue, et de renvoyer la jeunesse turbulente et mal coiffée en taule, en garnison, à la maison. Et pour les jeunes libertaires afro-américains, c’est la dégringolade. La fin des années 50 est un cauchemar de conventionalité en technicolor. Il faudra attendre l’année 64 et que les Stones urinent sur un mur pour recommencer à se marrer un peu, puis que la musique redécolle.<br /><br />En 59, Etta est à la rue, une fois encore, sans un sou et junkie complète : la grande sœur des volontés brisées, Sister morphine, veille. Ce sera la grande traversée du désert, les cures et les rechutes, l’armée du salut, les mauvais mariages, l’alcoolisme banal de l’artiste abandonné part le milieu, vous savez, cette grande famille du show-business. Another american tragedy. Billie Holiday ne s’en est pas mieux sortie, cela ne l’a pas empêché de graver son Lady In Satin.<br />A Chicago elle rencontre Harvey Fuqua, ex-Moonglows, devenu producteur chez le classieux label Chess, qui la fait signer cher Argo. Elle y restera quinze années, le temps de créer ses classiques, des standards soul qui vont patiner ses étranges années 60 où tous les styles vont se succéder à la vitesse d’une comète, jusqu’au grand crash de 67 et la pyrotechnie à la Fender de Hendrix. Autodafé, mort et résurrection. <em>Something’s Got A Hold On Me</em>(1962), <em>All I Could Do Was Cry </em>(1960), <em>Stop The Wedding </em>(1962). )<br /><br />[YOUTUBElnnoqNW-bHg][650,300]<br /><br /><em>At Last </em>(1961) sera son hymne personnel, celui qui va l’incarner toute sa vie. Magnificence des archers qui coulent sur la piste de danse, le pizzicato de rigueur qui annonce la cadence, et … « <em>At Last </em>» déroule son velours, un peu râpé, de la gorge d’Etta…Irrésistible, une guimauve, une madeleine de Proust, un Chambertin. Tous les artistes rêvent de cela, et tous le redoutent : être immortel pour une chose, ne l’être que pour une seule.<br /><br />[YOUTUBE_1uunRdQ61M][650,300]<br /><br />Mais bon sang ! Elle avait une force incroyable, dans une attitude tranquille, un peu gauche, mais bouillante, et une ascendance évidente, il n’y a qu’a voir ses prestations : cette petite boulotte, trop fardée pour ne pas être honnête, petite black peroxydée ou coupe afro d’Angela Davis, scotche son auditoire par ses solo, sa seule voix suffisant à porter la chanson, elle était la chanson.<br /><br />[YOUTUBEWzibSiJv8hc][650,300][650,300]<br /><br />&nbsp;Même au cœur de slows déchirants, sa plainte douce-amère gardait un côté solaire, un battement de vie qui surpasse la peine. Janis Joplin certainement avait retenu la leçon, la comparaison n’est pas osée. Même gouaille, même problèmes à assumer son physique, même toxicomanies. Peut-être pas le même organisme, et sans doute pas le même désespoir. Etta panse, Janis tranche. On était laids, mais on avait la musique *…<br />C’est précisément en 1967, alors que la soul est annoncée comme officiellement décédée par faire-part-Otis Reding vient de mourir dans un crash d’avion- que Etta est expédiée par Leonard Chess aux studios Muscle Shoals, le labo soul implanté en Alabama. Paumé au milieu de rien dans le grand terrain vague qu’est cet état de l’Amérique <em>deep south</em>, Muscle Shoals à toujours été un lieu de renaissance et de ressourcement pour musiciens au creux de la vague ou en pleine tempête : les Stones, encore, y ont enregistré <em>Sticky Fingers </em>après la titanique année 1969 et ses morts, par noyade (Brian Jones) ou arme à feu (Altamont). Etta James y enregistre SON album, <em>Tell Mama</em>, sous la houlette de Rick Hall, le producteur maison. Cet album est une pure perle, à la fois détenteur des clefs d’or du Royaume de Soul Englouti et annonciateur des futures mutations que le genre va subir. <em>I’d Rather Go Blind, Don’t Loose Your Good Thing, Security, Tell Mama…</em><br /><br />[YOUTUBEYApNirMC9gM][650,300]<br />[YOUTUBE3KT5P24O79I][650,300]<br /><br />C’est ni plus ni moins un des plus grands albums de soul de toute l’histoire de la musique populaire. Les cuivres sont clinquants et rutilants, la voix d’Etta, largement mise en avant, swing comme un cul sur le boulevard, il ne manque que <em>Fritz The Cat</em>. C’est magistral, et malheureusement très mal connu de ce côté-ci de l’Atlantique. En 1968, en Europe, on a un peu oublié de faire de la musique.<br />Les années 70 seront plutôt noires pour Etta, l’héroïne ne la lâche plus, et malgré de bons, très bons disques-<em>Etta James </em>en 1973, nommé aux Grammy, <em>Etta Is Better Than Evha</em> en 1977- son contrat avec Chess arrive à terme. Elle signe alors avec Warner et se fait coacher par le limier Jerry Wexler-celui-là à qui nous devons le terme&nbsp; « <em>rhythm and blues</em> ». Il lui produit <em>Deep In The Night</em>, qui renferme de surprenantes reprises des Eagles, <em>Take It To The Limit</em>, et d’Alice Cooper, <em>Only Women Bleed.</em><br /><br />[YOUTUBEq1lKp6x9b08][650,300]<br /><br />De tout aussi étonnants et détonants duos et trios naîtrons, le temps de shows Tv : Dr John, Stevie Ray Vaughan et B.B. King, Chuck Berry…Ils démontrent aussi à quel point cette femme était largement reconnue par cette bande de mecs, machos du manche de la six cordes : d’égal à égale.<br /><br />[YOUTUBEg7GEdiGtWvI][650,300]<br />Etta, usée,&nbsp; que l’on surnomme depuis un moment le « gros tas sonore », décide de raccrocher les gants de la shooteuse pour de bon, et entame une définitive cure de désintoxication. Durant les années 1980 à 1986, elle se contente de réenregistrer ses anciens succès. Puis elle remonte sur scène en compagnie de Shuggie Otis à la guitare et Brother Jack MacDuff, organiste. Deux Live en découleront, <em>Blues in The Night (Early Show et Late Show). </em>Mais c’est en 1988 qu’Etta renoue avec la qualité soul de ses années de gloire, deux albums plutôt anachroniques dans les eighties, <em>Seven Year Itch</em>, et <em>Stickin’ To My Guns</em> en 1990. Le très bluesy <em>The Right Time</em> (1992) la réinstalle comme la grande chanteuse soul et R’n’B qu’elle ne cessa jamais d’être.<br /><br />[YOUTUBERN5fMpMoP38][650,300]<br />[YOUTUBEkPfwGXcT7QY][650,300]<br /><br />&nbsp;Le succès commercial n’est pas vraiment au rendez-vous, mais sa notoriété est restaurée, sa stature de patronne au vocabulaire fleuri, version hardcore de la délicieuse Aretha Franklin, rétablie. Clean enfin ; les années 90 vont continuer sans elle, sans pour autant qu’elle n’en disparaisse. Elle est simplement une artiste accomplie, elle fait ce qu’elle sait faire de mieux, chanter le blues et la soul, de tout son cœur. La « nouvelle génération », les Adèle, les Duffy, Amy Winhouse, toutes tiennent plus de Etta James que de Franklin : ce côté pop, immédiat, la voix naturellement posée, le chant sans excès ni retenue. Le chemin le plus simple de l’expression de l’âme.<br /><br />Amy Winhouse a eu le destin qu’Etta James aurait pu avoir au même âge, là encore question de karma. Encore. Pour chanter la soul, et le blues, il faut avoir du noir à broyer, <em>back to black</em>, <em>black and blue</em>, des bleus et des bosses…<br />Mais pour chanter encore, il faut surtout survivre. Etta James est une figure semi-tragique, car sa vie de charybde en scylla n’est pas son destin. Elle est décédée d’un cancer à un âge vénérable, et malgré les excès et l’Alzheimer. Pétrie d’arthrose et gavée d’antidouleurs. Pas dans un accident de Ferrari, pas dans des chiottes sordides, aiguille fichée dans le bras, les veines nouées de cyanose. Elle est morte comme une vieille personne qui à eu sa vie, et quelques bonheurs, entourée des siens. En a poursuivie une autre vie, la sienne, celle de Jamesetta Hawkins. Le chant plus fort que la mort. La vie plutôt que la mort. <br /><br />Il lui arrivait de la ramener encore. Dernièrement, elle avait promis de « botter le derrière » de Beyoncé&nbsp; qui avait usurpé sa personne en chantant, postiche platine sur la tête, <em>At Last </em>à l’investiture dansante d’Obama.&nbsp; Rien que pour ca, merci Etta.<br /><br /><strong>Gaël Giovannelli</strong><br /><br />*<em>Chelsea Hotel</em>, Leonard Cohen<br /></div>
]]></content:encoded>
</item><item rdf:about="http://www.surlering.com/article/article.php/article/a-la-a-cole-de-la-antimodernita-">
    <title>A l’école de l’antimodernité</title>
    <link>http://www.surlering.com/article/article.php/article/a-la-a-cole-de-la-antimodernita-</link>
    <dc:date>2012-01-26T00:00:00+00:00</dc:date>
    <dc:creator>par Pierre Cormary</dc:creator>
    <description></description>
    <content:encoded><![CDATA[
<div align="justify"><h3>Puisque nous sommes en début d’année, puisque cette année sera politique ô combien, puisque, on me permettra cette très vaniteuse remarque, ma troisième saison au Ring commence aujourd’hui, il n’est peut-être pas inutile de s’interroger sur les fondements qui nous poussent à participer à cette glorieuse revue, et pour reprendre l’énoncé d’un lien que l’on peut trouver en bas d’écran, répondre à la question : qui sommes-nous ? <br /><br /><img align="bottom" width="630" height="250" src="/sites/make-ai/-library-/images/usr_29358/94yyy65.jpg" /><br /></h3><p><br />Oui, qui sommes-nous ? De petits réacs hargneux à la sauce néoconservatrice, comme disent ceux que l’on énerve ? De fort toxiques consanguins en manque d’autorité et qui flirtent avec l’inflirtable, comme certains ennemis en font courir le bruit ? De surréalistes littérateurs en devenir qui rêvent de fight comme accusent ceux qui font tout pour nous imiter et nous parasiter ? La nébuleuse Dantec &amp; Houellebecq ? Voilà qui va mieux. Valeureux compagnons de route de Philippe Muray, Pierre-André Taguieff et Benoît XVI ? Avec plaisir. Antimodernes décomplexés et flamboyants qui n’aiment rien tant, et jamais plus que cette année, que la danse et l’apocalypse ? Ce n’est pas à nous de le dire. Dandys anarchisants qui font du moonwalk sur les étoiles ? Oulouloulou ! Polémistes stylés de tous les chemins qui mènent à Rome ? Et comment ! Mais de quel droit prends-je la parole au nom des autres ? Et qu’est-ce que c’est que cette autoglorification insensée que même Kim Jong-il n’aurait pas osé&nbsp; ? Non, ce qui m’intéressait pour ce premier post de l’année, c’était de revenir un instant sur cette notion d’antimoderne qu’Antoine Compagnon lança naguère pour sa gloire et celle, éventuellement, de l’université, et que nous sommes quelques uns, je crois, à partager ici. Et pour cela, puiser notre inspiration dans ce bel essai publié l’an dernier aux Classiques Garniers, <em>La polémique contre la modernité, Antimodernes et réactionnaires</em>, une somme d’études réunies par Marie-Catherine Huet Brichard et Helmut Meter. Qui sommes-nous donc, antimodernes, si nous le sommes ?<br /><br />De bien tristes sires. En effet, d’après Antoine Compagnon, un antimoderne est d’abord un moderne qui n'a pas bonne conscience. Un antimoderne est une sorte de moderne malheureux. Quelqu’un qui déteste la modernité et va le dire sur Facebook. Ou qui déteste Facebook et va le dire sur Tweeter. Ni réellement conservateur ou traditionaliste, ni conformiste ou néo-classique, il est « <em>un moderne divisé, partagé, dans la haine de lui-même </em>». La haine de nous-mêmes ? Oups ! Nous n’en demandions pas tant. Nous aurions plutôt parlé de distance ou de contradiction avec soi-même (qui est, disait Kiekegaard, la marque de la liberté), de paradoxe, de mise en abîme, de fêlure, de blessure, c’est-à-dire de conscience de soi et du monde. L'antimoderne aurait les tares (ou les valeurs) de son temps mais il ne s'en féliciterait pas pour autant. Il (se) déprimerait tout seul. Il dirait oui mais non. Une sorte de mondain antimondain en quelque sorte, très cultivé mais très anticulturel, qui aurait traversé de fond en comble son époque mais qui en serait sorti dégoûté (et non indigné – l’indignation étant, comme chacun sait, le fait du moderne militant.) Car contrairement au réactionnaire ou au traditionaliste, l’antimoderne arpente la modernité. Il connaît le monde comme Proust connaissait les salons avant d’écrire la Recherche ou comme Nietzsche fut tenté par le nihilisme avant d’en être le contempteur. L’antimoderne serait en ce sens un repenti de la modernité dans laquelle il verrait parfois une forme de décadence -&nbsp; « <em>car, mis à part le fait que je suis un décadent, j'en suis aussi le contraire </em>», écrivait Nietzsche. Mais peut-être plus que la modernité en tant que telle, ce serait l’engouement pour celle-ci qui dégoûte l’antimoderne. Non pas la fête en soi mais la fête comme seul mode d’être. Non pas Disneyland mais le monde réduit à Disneyland et ravi de l’être, en redemandant. L’antimoderne apparaîtrait alors, tel Philippe Muray pour l’éternité, moins comme celui qui veut liquider la modernité que comme celui qui veut l’exorciser – lui arracher ses démons narcissiques, la corriger de son autocélébration permanente, la guérir de son onanisme sociétal.<br /><br />Mais ne pas rendre grâce aux choses dont on profite comme tout un chacun, dénoncer ce dont malgré tout on ne saurait plus se passer, critiquer ce qui nous contente même secrètement, est-ce bien sérieux&nbsp; ? Cracher dans la soupe - est-ce là la morale douteuse de l’antimoderne ? Comportement paradoxal, incompréhensible et finalement scandaleux pour le moderne et auquel il sera difficile de donner tort. Pour ce dernier, l'antimoderne apparaît en effet comme l’incohérent par excellence (au contraire du réac qui est un ennemi plus repérable) et ses « déchirures » à la fin d’un ridicule intenable. A quoi sert donc de conspuer le progrès si c'est pour quand même en jouir ? Que sert-il d'ironiser sur des valeurs que l'on fait semblant de ne pas adopter - et cette ironie permanente, d’ailleurs, dans laquelle s’enferme ce petit marquis, est-ce là le fait d’un esprit adulte ? Non, bien sûr. Pour le moderne fier de l’être, l'antimoderne fait simplement perdre du temps. C’est un parasite récalcitrant. Un dépressif plein de morgue. Un grincheux inutile. Un misanthrope doublé d’un tartuffe qui tiendrait le point de vue de la restriction mais sans se restreindre lui-même dans son intendance. Bref, un mauvais esprit qui trouve malin de brouiller les pistes. <br /><strong><br />Le littéral, ce n’est plus le barbare</strong><br /><br />Contrairement au centriste qui est à droite pour les gens de droite et à gauche pour les gens de gauche (malicieuse définition de Compagnon) l'antimoderne serait à gauche pour les gens de droite et à droite pour les gens de gauche. La belle affaire ! Il n’y a pas plus pénible, plus infantile attitude. Et ça se réclame dandy ! Pour le moderne, soucieux avant tout de vérité tautologique et qui au fond veut en finir avec les contradictions (c’est-à-dire avec la liberté), l’antimoderne complique inutilement les choses. L’antimoderne invente des problèmes. Or, la spécificité du moderne est d’en finir avec tous les anciens problèmes qui ont empoisonné l’ancienne humanité. Prenez Michel Onfray, moderne parmi les modernes. Pour lui, il n’y a pas de problème ou plutôt il ne devrait pas y en avoir. Il ne devrait pas y avoir de péché originel, il ne devrait pas y avoir de castration, il ne devrait pas y avoir de Croix, il ne devrait pas y avoir d’Œdipe, il ne devrait pas y avoir de résurrection ni de rédemption ni de salut ni de guérison, il ne devrait surtout pas y avoir de réversibilité – cette notion chère à Joseph de Maistre et qui indignera à mort le moderne. Non, pour ce dernier, les choses sont ce qu’elles sont. Les mots disent ce qu’ils disent. Le seul empire admis est celui du bien. Point barre. Le moderne se veut logique, imparable - littéral. La seule vérité qui tienne est tautologique, parménidienne : ce qui est est, ce qui n’est pas n’est pas. Tout le reste est littérature, mensonge, manip. Et si le moderne se sent investi d’une mission, celle-ci consistera à abolir cette croyance en l’équivocité du sens. La littérature en premier lieu. Si Houellebecq a écrit un livre sur le clonage, c’est qu’il est pour le clonage, c’est clair. Si Littell a écrit un livre sur le nazisme, c’est qu’il est nazi lui-même, c’est encore plus clair. J’exagère ? Allez donc consulter <em>De l'extermination considérée comme un des beaux-arts</em>, de François Meyronnis, publié chez Sollers en 2007, l’ouvrage le plus significatif de ces dernières années, et qui explique, avec un sérieux mortifiant, que<em> La possibilité d’une île </em>de Michel Houellebecq et Les bienveillantes de Jonathan Littell sont deux livres toxiques qui ne font que collaborer à ce quoi ils font semblant de résister. Faire un roman du nazisme, et même le plus documenté, le plus historique, c’est complaire au nazisme, ni plus ni moins. Avec Houellebecq et Littell, l’acte d’écrire ne relève plus, selon Meyronnis, que d’un « <em>besoin de disparaître qui s’empare de l’auteur ; et qu’il reporte sur l’espèce humaine dans son ensemble </em>» (p 89). Autant dire de&nbsp; Molière qu’il déteste l’humanité quand il écrit <em>Le misanthrope </em>ou de Shakespeare qu’il veut exterminer tout le monde quand il écrit <em>Richard III </em>! Et d’ailleurs, nul besoin de mettre un point d’exclamation pour exprimer notre consternation, notre Ligneur de Risque l’écrit sans complexe : via Houellebecq, « <em>la littérature s’avère un misérable auxiliaire du crime </em>» (p 162). Il n’y a plus d’écart, plus de métaphore entre ce que l’on écrit et ce qui a été ou ce qui est. Il n’y a plus à distinguer le mot de la chose. Il n’y a plus de possibilité d’un livre. Et encore moins de possibilité d’un film. Pire que la littérature, le cinéma est le lieu de tous les saccages et de tous les mélanges :&nbsp; Charlie Chaplin / Adolf Hitler, même combat – c’est l’hallucinante thèse de Stéphane Zagdanski dans <em>La mort dans l’œil</em>, l’autre essai, publié en 2004, qu’il faut absolument lire si l’on veut comprendre comment la modernité (et la plus pointue, la plus visionnaire, la plus « in »), se pense elle-même, et n’a de cesse, comme l’avait tellement bien vu Houellebecq au début des <em>Particules élémentaires</em>, de vouloir abolir l’univers de la séparation, de la distinction, de la représentation. Pour le moderne à la pointe de la modernité, représenter le mal, c’est le déployer. Et l’image est le mal par excellence. L’image tue l’être. Place, donc, aux êtres sans images. Place aux hommes sans reflet et aux femmes sans ombres. Place à l’humanité sans fêlure. Place à l’humanité abolie.<br /><br />Il est remarquable de constater que les dames patronnesses et autres Ernest Pinard d’aujourd’hui proviennent non plus des bancs réactionnaires, ligues de vertus d’antan ou police des bonnes mœurs, mais bien des laboratoires d’idées les plus intellos et les plus germanopratins, comme <em>Lignes de risque </em>et autres post-sollers clubs. Meyronnis, Zagdanski, et même s’il a l’air de se situer loin d’eux, Onfray – les trois Femmes savantes de l’époque et qui synthétisent le credo du moderne : érudition au service de madame Michu, transparence biographique (si Freud a menti dans sa vie, ça veut dire qu’il a menti dans son œuvre), littéralisme triomphant. Pour le moderne, ce n’est plus le littéral qui est barbare (et comme le disait Adorno), c’est tout ce qui n’est pas littéral, c’est le spirituel. C’est l’esprit qui dialectise, qui plaisante, qui séduit, qui donne du sens, qui donne des sens, qui polémique, qui érotise, qui élève, qui prie – en gros qui embrouille. Or, le moderne ne veut pas d’embrouilles. Le moderne ne veut pas chercher midi à quatorze heure. Le moderne trouve archaïque le perspectivisme. Le moderne veut un monde clair, total, tautologique – totalitaire. Surtout, le moderne ne veut pas avoir honte de lui-même. Le moderne veut chasser la mauvaise conscience immémoriale (nous allions dire « chrétienne ») de la condition humaine. Le moderne veut en finir avec les notions de perversion ou d’aberration. Le moderne veut en finir avec le jugement de Dieu. <br />En ce sens, Maurras, qui n’a jamais eu ni mauvaise conscience ni peut-être même conscience de ses aberrations, et qui, entre autres de celles-ci, se proclamait « catholique mais athée », réapparaît comme un moderne assumé de la pire espèce. Maurras – moderne jusqu’au fascisme, c’est ce qu’il faut explorer.<br /><br /><strong>Maurras, romantique et positiviste</strong><br /><br />S’il y a des penseurs odieux, c’est bien les penseurs qui&nbsp; renient leurs goûts ou leurs penchants au nom de leurs idéaux, qui se castrent au nom de leur vérité. Maurras qui dira de Verlaine qu’il est « <em>le plus mélodieux des poètes modernes </em>» autant qu’ <em>«&nbsp; il se trouve presque toujours à court d’harmonie</em> » (et parce qu’il a la sensibilité bien trop dégénérée, sinon bien trop… féminine), Maurras qui clamera un jour que Raoul Ponchon est le plus grand poète de France (un peu comme Nietzsche déclara naguère, et pour des raisons « philosophiques », « méditerranéennes », préférer Bizet à Wagner), Maurras qui fera de son poète préféré, Baudelaire, son ennemi intime, est de ceux-là. C’est que Baudelaire, dont Maurras disait quand même qu’il était «&nbsp; <em>comme un canton secret de lui-même </em>»,&nbsp; promouvait un sens de l’idéal peu compatible avec celui de L’Action Française. Baudelaire était trop sale pour l’Action Française. Trop sale dans sa manière de sentir, trop complaisant dans sa manière d’exprimer, et surtout trop incohérent dans sa « politique », si tant est qu’il en ait eu une, c’est-à-dire trop antimoderne – car Baudelaire, c’est le génie qui célèbre ce qu’il réprouve, qui honore ce qu’il condamne, celui dont l’esthétique et l’éthique ne vont pas ensemble, celui qui ose la contradiction, l’inconséquence, le paradoxe, la fleur – oui mais « du mal ». Tout cela est insupportable au moderne qui se veut au contraire le plus conséquent possible dans ses choix, sa morale et ses goûts. Mais peut-il l’être ? Peut-on l’être ? Et qu’est-ce qui se passe quand on arrive à l’être ? Mais on devient fasciste bien sûr ! C’est aussi cela le fascisme : une volonté de faire de tout un grand corps sain, ou <em>qu’on forcera à être sain</em>, une obsession d’unir toutes les forces en une seule, et non par des correspondances malsaines où les parfums, les couleurs et les sons se répondraient, non, surtout pas, pas de ténébreuse et profonde unité, pas de parfums corrompus, aussi riches et triomphants soient-ils (les ténèbres, la nuit, la corruption de l’être, c’est précisément ce dont on ne veut plus, vous avez compris ?), mais bien par des mariages, forcés s’il le faut, des emboitements où tout serait dans tout et réciproquement, afin de parvenir à cette totalité sans extériorité dont on rêve (comme le Paradis de Dante), où tout serait concentré dans la cité, le terroir, le camp scout. Pour le moderne comme pour le fasciste (qui n’est rien d’autre qu’un moderne au carré), il s’agit de résoudre tous les problèmes, de surmonter toutes les contradictions (et la Croix en est une qu’il faudra régler fissa), de faire en sorte que toutes les forces s’arrangent dans un même agencement, lui-même mis au pas par un principe premier – à la petite difficulté près que l’on est bien en mal de trouver celui-ci, ce qui est le comble du paradoxe (d’autant plus paradoxal que cette notion de paradoxe fait horreur au moderne !). Un Arché, oui, mais lequel ? Tout le drame de Maurras est là. <br /><br />Comme le note Jean-Yves Pranchère dans son très remarquable article « Un romantisme du positivisme : les ambiguïtés de <em>l’antiromantisme </em>de Charles Maurras », le problème de Maurras est qu'il a voulu penser l'ordre des choses selon un principe fondateur et autoritaire…mais sans jamais être sûr de celui-ci. Comment penser l’ordre du père sans idées mères ? Voilà le hic. Là-dessus, Pranchère est lumineux : chez Maurras, <em>« la notion d’ordre se trouve suspendue à un principe indéterminé, ou du moins faillible : il n’existe aucune norme absolue ou transcendante qui déciderait de la juste hiérarchie des besoins. </em>» Eh bien, dites-moi, ça commence fort, le parti de l’ordre ! Et ça continue pire. Puisque l’on n’est plus sûr d’une légitimation par le haut, mieux vaut alors une légitimation par le bas : la soumission de la sensibilité à la raison, qui est le cheval de bataille de Maurras (car sinon on est une bonne femme comme Verlaine et être une bonne femme, c’est être barbare !), ne proviendrait pas de la raison mais de la condition d’épanouissement de l’animal humain. « <em>Pour être un homme complet, </em>écrit Maurras<em>, il faut être un bon animal. </em>» Miaou. «&nbsp; <em>La justification de la raison, </em>commente Pranchère<em>, n’est pas dans l’inconditionnalité du vrai, mais dans la fonction de l’animalité humaine qu’elle remplit. </em>» La raison au service non du vrai (ou de Dieu) mais au service de la bête. L’action et la grandeur en branle absolue mais sans objectivité supérieure qui la légitime. A la question inévitable <em>« selon quel principe classerez-vous ? </em>» Maurras restera toute sa vie hésitant – <em>« la définition la plus nette qu’il ait jamais donné de l’ordre </em>», explique Pranchère, n’aura été que dans « <em>la conformité d’un être à tous les éléments de sa destinée</em> ». On croit rêver.&nbsp; La hiérarchie exigée et exigeante mais sans que rien ne la légitime vraiment autre que la normativité destinale ! L’absolutisme, oui, mais sur fond d’empirisme ! Voici donc une doctrine qui pose l’ordre comme premier besoin de l’âme selon un credo que n’aurait pas nié Simone Weil, mais qui (contrairement à Simone Weil) est bien en peine d’en dénicher un qui puisse le convenir. Autant devenir alors relativiste, tolérant, social démocrate, moderne bon teint, pourquoi pas ? C’est ce qui est impossible à Maurras trop épris d’idéalisme et de totalité. Dès lors, sa doctrine mêlera sans complexes intégrisme nationaliste et incertitude métaphysique, traditionalisme total et relativisme positiviste, catholicisme d'Etat et athéisme personnel. A la fois classique par défaut (de foi) et par excès (d’intention), réclamant une structure forte et mystique à la cité mais étant bien en peine d'adhérer à telle force ou à telle mystique, se prétendant royaliste mais se révélant totalement indifférente, sinon méprisante, à l'égard de la personne du roi, on&nbsp; comprend que cette pensée ne pouvait que fort mal tourner et faire de son auteur un parangon de fascisme à la française. Car le fascisme est bien ce résultat contre nature entre mysticisme sans Dieu et politisation sauvage de la cité. Qu’est-ce qu’en effet qu’un fasciste sinon un intégriste sans objet, un fanatique qui ne sait pas réellement ce qu’il veut, mais qui veut absolument quelque chose ? « <em>L’homme aime mieux vouloir le néant que ne pas vouloir</em> », écrivait Nietzsche à la toute fin de la Généalogie de la morale. Ainsi Maurras : une sorte de penseur du terroir qui n'en a rien foutre du terroir, un faux traditionaliste qui exalte les traditions, au bout du compte, un esprit violent et confus et dont la polémique,&nbsp; « <em>l'une des plus basses qu'on ait lues </em>» disait Bernanos, en appelle parfois à la liquidation réelle de l'adversaire, faute de pouvoir et de vouloir le convaincre. Comme le dit Pranchère, <em>« il ne s’agit pas pour Maurras,&nbsp; à travers la véhémence de l’injure, de détruire l’illusion des grandeurs humaines pour montrer le grotesque d’un monde asservi au péché ; il s’agit d’exterminer politiquement l’adversaire en niant son appartenance à la communauté nationale ou humaine. </em>»&nbsp; Combien de blogueurs devraient en prendre de la graine ! Combien de sous maurrassiens qui se prennent pour Bernanos ou Léon Bloy et qui corrompent le langage dont ils font mine de faire si grand cas, confondant vitupération et trolling, sainte colère et stalking ! Règle élémentaire de psychologie littéraire : moins on est sûr de soi, de son talent et de ses idées, plus on est méchant.&nbsp; Et c’est pourquoi Maurras est un si débectant personnage. Parce qu'il manque cruellement de charité, soit de générosité, de conviction, soit d’altérité. Parce qu' il prend la politique trop au sérieux (« politique&nbsp; d’abord ») mais que ses valeurs sont celles d’un utilitariste. Parce que sa violence verbale va de pair avec une violence d’état – et qu’en ce sens Pranchère a foutrement raison de noter que dans ses appels au meurtre, il porte « <em>une responsabilité morale dans certains assassinats politiques </em>» (il faudra un jour poser la question chère à Simone Weil de l’impunité littéraire). Parce qu'il a réellement pris parti pour la Gestapo contre les maquisards pendant la Résistance. Parce que sa doctrine est inscrite dans un système d’affects dégueulasses : antisémitisme et essentialisme culturel français d’une part, et pourrait-on dire, absence d’humour, soit absence de distance, de contradiction, de compassion, d’autre part. Parce qu’il est anti-français au nom d’une France idéale qui n’a jamais existé. Maurras, c'est la politisation jusqu'à l'abolition de l'humour, la polémique jusqu'à l’expulsion de l’adversaire comme corps étranger, enfin, le ressentiment nationaliste qui va jusqu’à souhaiter l’invasion étrangère de la nation pour punir celle-ci de ne pas l’avoir été assez. Bigot car incroyant, fanatique car incertain, voulant réunir tous les contraires mais inapte à la conciliation (sauf avec les vrais ennemis) ; n’ayant de cesse de vouloir harnacher ses goûts à ses idées, sa complexion à son idéologie, son romantisme nerveux à son classicisme cérébral, et cela au risque de se nier lui-même ; incapable de se remettre de l’absence de transcendance qu’il a lui-même instauré (ou qu’il s’est lui-même imposé par manque de foi, c’est selon) et encore moins de sublimer le jeu des apparences et du hasard, et cela malgré sa fréquentation fervente de Lucrèce ; incapable d’admettre ni d’affirmer le retour éternel de toutes choses ; incapable, au fond, d’être un épicurien joyeux ou un nietzschéen insouciant,&nbsp; l’anti-antimoderne trouvera de quoi calmer ses angoisses dans cette synthèse improbable de romantisme et de positivisme, de classicisme et de paganisme, de nationalisme et de scientisme.&nbsp; A l’inverse des « <em>antimodernes qui nous fascinent </em>[parce qu’ils] <em>avouent les contradictions qui les traversent</em> [et parce que]<em> leur modernité s’affirme dans l’assomption d’un déchirement ou d’une impossibilité », Maurras est celui qui précisément a voulu « délivrer le pessimisme antimoderne de son passéisme nostalgique pour le mettre au service d’une contre-révolution résolue et dictatoriale. Aveugle à ses propres contradictions, son antimodernité est, elle aussi, moderne – non plus au sens d’une pratique de la distance à soi, mais au sens d’une adhésion immaîtrisée à la modernité positiviste. </em>» Ainsi pourra se définir le maurrassisme et d’une certaine manière la modernité. Une refus de la contradiction inhérente à chacun que permet seule cette « <em>distance à soi </em>». Un refus de la Croix comme condition humaine. Un refus de la tragédie et de l’ombre. Un refus, au fond, de la liberté. La fleur moderne de l’être ne saurait être une fleur du mal. <br /><br /><strong>Et maintenant, les fleurs du bien.</strong><br /><br />Philippe Muray l’avait prédit : «&nbsp; <em>le droit du lecteur à ne lire qu’au premier degré </em>» est devenu un droit imprescriptible, et sera bientôt le devoir de tout un chacun. Pourquoi donc célébrer des fleurs en disant qu'elles sont « du mal » ? C'est bien d'un antimoderne d’enfant gâté, ça ! Non, aux yeux du moderne, si l'on célèbre les fleurs, on les appellera « les fleurs du bien », et basta ! Et si l'on fait l'apologie des paradis artificiels, on militera pour, mais on ne fera&nbsp; pas comme cet antimoderne de Baudelaire qui nous décrit d’abord, et avec quel contentement, les effets du hasch pour finir par dire qu'il est pour sa prohibition. Non, quand on est pour, on est pour, quand on est contre, on est contre. Penser autrement, c’est être hypocrite et le moderne accepte tout sauf l'hypocrisie et les contradictions ineptes. Le moderne ferait aujourd'hui un procès à Baudelaire non parce que celui-ci a parlé complaisamment des péchés du monde, mais parce qu'il parle du monde toujours sous l'angle du péché. Or, le péché, c'est ce qu'il faut abolir. Tout comme la castration. En finir avec le jugement de Dieu, comme nous avons dit, mais aussi avec toutes les instances tragiques qui depuis Sophocle jusqu’à Freud ne cessent de nous empoisonner la conscience. <em>Non, la vie n’est pas tragique</em>, dit le moderne. Il y a certes des malheurs, de la souffrance, des guerres atroces, des gens qui meurent de faim, des enfants qu’on viole et des adultes qui se suicident, tout cela, on ne le nie pas, mais ce que l’on nie, c’est l’explication tragique qu’en font les religions, les mythes et la littérature. Bien au contraire, s’il n’y avait pas ces pensées tragiques, il n’y aurait pas tant de tragédies dans le monde. La pensée tragique, qu’elle relève de la dette, du péché ou de la circoncision, est un mauvaise croyance opératoire qui ne fait qu’ajouter du malheur aux malheurs du monde et qui sous prétexte de trouver du sens aux choses met du sel sur les plaies. La pensée tragique n’est pas un constat du monde mais son exécution. Dès lors, il faut purger le monde de ces influences malsaines. Le défreudiser, le déchristianiser, le désophocliser. Pour le moderne, à la fois relativiste et positiviste, c’est clair : moins de pensée tragique = moins de tragédie dans le monde. Moins de Sophocle = moins d’Œdipe dans les familles. Moins de Shakespeare = moins de Richard III dans l’Histoire. Le mal, c’est à la fois l’Eglise Catholique et la littérature – en un mot, le roman, le « Rome en ». Balzac, Flaubert, Maupassant, Zola, Proust, Céline, qu’ont-ils fait sinon souiller les âmes avec leur pessimisme sadomaso, leur complaisance à la misère et à la cruauté, leur pathétisme lyrique – et cette croyance inique, tirée tout droit de Joseph de Maistre, en la réversibilité des peines et des chagrins ? Non, la souffrance ne rachète personne. Non, le sang des innocents ne sauve pas les coupables. Non, le sacrifice n’est pas ce que chacun doit à chacun. Non, la Croix n’est pas nécessaire. Non, on n’a pas besoin, sauf si on est tordu, d’un Christ qui vient prendre notre place. Non, « <em>tous les êtres ne gémissent pas </em>» contrairement à ce que disait ce fou de Maistre. Non, être homme ne signifie pas avoir peur hors du péril, comme le disait cet autre fou de Pascal. Non, l’inconscient n’existe pas. Il y a certes dans la vie des périls qu’il faut craindre mais il n’y a pas de périls intérieurs que l’on devrait s’inventer pour faire plaisir au Buisson Ardent ou au divan du cabinet de psy. Il faut arrêter avec ça. Il faut que les écrivains d’aujourd’hui et de demain écrivent autre chose que la énième transposition de Job ou de Judas, d’Electre ou d’Œdipe.<br /><br /><em>«… mais nous, artistes d’un autre siècle, que peindrons-nous ? Chercherons-nous dans la pensée de la mort la rémunération de l’humanité présente ? l’invoquerons-nous comme le châtiment de l’injustice et le dédommagement de la souffrance ?&nbsp; Non, nous n’avons pas affaire à la mort, mais à la vie. Nous ne croyons plus ni au néant de la tombe ni au salut acheté par un renoncement forcé, nous voulons que la vie soit bonne, parce que nous voulons qu’elle soit féconde. Il faut que Lazare quitte son fumier, afin que le pauvre ne se réjouisse plus de la mort du riche. Il faut que tous soient heureux, afin que le bonheur de quelques-uns ne soit pas criminel et maudit de Dieu. </em>»</p><p>Est-ce Michel Onfray ou Caroline Fourest qui écrit ces lignes ? Non, c’est George Sand dans le premier chapitre de <em>La mare au diable </em>et qui met en place pour deux siècles et peut-être plus les fondements d’une littérature progressiste et humanitaire. Une littérature qui opèrerait une réforme esthétique et morale en vue du bien-être et de la dignité pour tous. Une littérature qui ne serait plus « littérature du mal » ou « mort à crédit » mais bien amour de la vie, confiance en l’humanité, bonheur des enfants. <br /><br />« <em>Nous croyons que la mission de l’art est une mission de sentiment et d’amour, que le roman d’aujourd’hui devrait remplacer la parabole et l’apologue des temps naïfs, et que l’artiste a une tâche plus large et plus poétique que celle de proposer quelques mesures de prudence et et de conciliation pour atténuer l’effroi qu’inspirent ses peintures. Son but devrait être de faire aimer les objets de sa sollicitude, et au besoin, je ne lui ferais pas un reproche de les embellir un peu. L’art n’est pas une étude de la réalité positive ; c’est une recherche de la vérité idéale, et </em>Le vicaire de Wakelfield <em>fut un livre plus utile et plus sain à l’âme que </em>Le Paysan perverti <em>ou </em>Les Liaisons dangereuses<em>. </em>»<br /><br />Tout est dit : la littérature progressiste, qui fera du bien à l’humanité, qui rendra le sourire aux hommes, forcément de bonne volonté, ce sera celle-là : une littérature de vicaire. Ou de guérisseur.&nbsp; Paulo Coelho. Marc Lévy. Guillaume Musso, et tant d’autres. Voilà des auteurs qui valent ce qu’ils valent mais qui au moins, comme dirait François Meyronnis, ne s’avèrent plus les auxiliaires du crime comme ces salauds de Houellebecq ou de Littel - et au contraire de ces derniers, font l’éloge du réel, le leur comme le nôtre. De même au cinéma avec les Cht’is ou <em>Intouchables </em>célébrés par tout le monde du <em>Monde </em>au <em>Figaro</em>. L’important, pour le moderne, qu’il soit populaire ou intello, réac ou progressiste, ringard ou underground, est de célébrer la vie telle qu’elle se déroule, de glorifier le nouvel être social enfin libéré des anciennes instances culpabilisatrices qu’étaient le péché originel ou l’Œdipe, de redonner confiance dans le Dasein. Que l’on soit patriote avec Maurras, socialiste avec Jaurès, indigné avec Stéphane Hessel, ou festif avec Omar Si, l’essentiel est d’abolir l’angoisse métaphysique. Abolir l’ancienne humanité abolie. Et rendre intouchable la nouvelle. « Touche pas à mon époque ». « Touche pas à mon présent ». « Touche pas à ma fête ». « Touche pas à ma tribu ». « Touche pas à mon pacs. » « Touche pas à mon Paris Plage ». « Touche pas à ma Terre. » « Touche pas à ma citoyenneté du monde. » Voilà ce que répète de toutes ses forces vitalistes et mortifères, mortifères car vitalistes, le moderne et voilà ce contre quoi s’élève l’antimoderne. Pour lui, pour nous, il s’agit donc de tenir toujours prête « l’arrière-pensée », « la pensée de derrière », celle qui osera précisément toucher cet empire du bien, non pas tant pour le démolir (il est indémolissable) que pour l’ausculter et parfois le faire douter de lui-même. Et pour ce faire, trouver les rares lieux qui permettent cette liberté.&nbsp; Le Ring en est un. Le Ring donne le droit à celui qui en est digne d’avoir, comme le dirait Gabriel Matzneff dans son dernier ouvrage, sa « séquence de l’énergumène ». <br /><br />Bonne année antimoderne à tous !<br /><strong><br />Pierre Cormary</strong><br /></p></div>
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</item><item rdf:about="http://www.surlering.com/article/article.php/article/juste-quelques-minutes-a-france-inter-">
    <title>Juste quelques minutes à France Inter...</title>
    <link>http://www.surlering.com/article/article.php/article/juste-quelques-minutes-a-france-inter-</link>
    <dc:date>2012-01-26T00:00:00+00:00</dc:date>
    <dc:creator>par Philippe Bilger</dc:creator>
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    <content:encoded><![CDATA[<div align="justify"><h3>C'est presque rien. De la bonne conscience à pincées. Caroline Fourest et son billet. Patrick Cohen, Thomas Legrand. Dominique de Villepin est l'invité. François Morel, à la fin, offre un esprit qui permet de rire sans honte ni vague sentiment d'injustice, d'inéquité.<br /><br /><img align="bottom" width="650" height="433" src="/sites/make-ai/-library-/images/usr_29358/44564564ggr54654.jpg" /><br /></h3>&nbsp;<br />C'est presque rien. Juste quelques minutes à France Inter où on fait référence au fameux croc de boucher mais où on adore, à sa manière, les crocs de boucher suaves, enrobés, partiaux.<br />&nbsp;<br />C'est presque rien. Caroline Fourest qui attaque - devinez qui ou quoi ! - le FN et Marine Le Pen parce que l'un et l'autre seraient des procéduriers et assigneraient sans mesure, protesteraient sans cesse alors qu'à l'évidence ils seraient traités comme les autres, ce qui précisément est totalement faux. Elle regrette que Marine Le Pen fasse appel à la justice contre Laurent Ruquier et contre elle-même, même si son livre, paraît-il, est plein d'inexactitudes et d'approximations, s'insurge contre Jean-Luc Mélenchon et Anne-Sophie Lapix célébrée parce qu'elle n'a accompli, avec plus de pugnacité que d'habitude, que son métier. <br />&nbsp;<br />Autrement dit, offensée à tort ou à raison, de manière scatologique ou non, Marine Le Pen se voit dépouillée du droit de se défendre en vertu de cette affirmation biaisée selon laquelle elle serait soumise au traitement ordinaire des personnalités politiques. Pour qui de bonne foi examine le paysage médiatique, force est d'admettre que cette assertion est une absurdité. Ce n'est pas parce que Marine Le Pen sait riposter qu'elle doit être naturellement privée de la liberté de ne pas tendre l'autre joue. Comme une guerre avec un adversaire impuissant et sans troupes serait merveilleuse !<br />&nbsp;<br />On retrouve là ce qui, pour certains, fait le charme intellectuel de Caroline Fourest - une subtile et persévérante mauvaise foi légitimée par le progressisme idéologique - et pour moi me la rend insupportable dans ses interventions : il y a toujours quelque chose d'inéquitable et d'injuste. Et d'applaudi par les médias.<br />&nbsp;<br />A l'écoute de Caroline Fourest, on sentait, on entendait l'adhésion de Patrick Cohen qui pourtant, quelques secondes après répondait aigrement à un auditeur, à la place de Dominique de Villepin, parce qu'il avait osé mettre en doute la qualité et l'indépendance de France Inter. Ainsi à peine Marine Le Pen fustigée pour ne pas savoir admettre les critiques, la même attitude était adoptée par Patrick Cohen et, à mon sens, aussi légitimement que par elle.<br />&nbsp;<br />Je continue à apprécier ce journaliste incisif et informé. Une vivacité est quotidiennement offerte aux auditeurs même si - c'est un voeu pieux, j'en ai conscience - je rêverais qu'il sorte un peu de ce corporatisme implicite ou explicite qui le conduit, par une sorte de solidarité facile, à approuver tout ce qui émane de son environnement médiatique. C'est France Inter adorant tout ce qui relève de France Inter et de cette bonne conscience jamais questionnée, à la longue lassante.<br />&nbsp;<br />Surtout, cet animateur remarquable ayant favorisé un faîte d'audience me semble très caractérisque d'un écartèlement propre au journalisme politique français. Partagé entre le souci d'une pratique professionnelle honnête, compétente et pugnace d'un côté, le culte d'une sensibilité de gauche indispensable et la dénonciation constante d'un fascisme fantasmé de l'autre. Ce tiraillement donne souvent aux journalistes de notre pays cette allure de guingois, cette objectivité tordue, cette subjectivité sans fond véritable. Une rectitude de travers.<br />&nbsp;<br />Peut-être Patrick Cohen m'en voudra-t-il si on lui signale ce billet. J'espère que non parce qu'il est des réserves qui signifient plus, et plus d'adhésion, que beaucoup de soutiens mécaniques. Rien ne me semble plus important que d'autopsier, dans la vie médiatique, ces rares moments emblématiques de vertus fortes et de dysfonctionnements évidents. Pourquoi se tait-on en général ? Parce qu'on a peur de ne plus être invité, jamais.&nbsp; C'est l'avantage paradoxal des blogs que de permettre l'expression d'une vérité, qui n'est pas gênée par des lâchetés banales ou de possibles opportunités à ménager.<br />&nbsp;<br />Ces quelques minutes à France Inter valaient la peine d'être dites. Pourtant, c'était presque rien.<br /><strong><br />Philippe Bilger</strong> <br /></div>]]></content:encoded>
</item><item rdf:about="http://www.surlering.com/article/article.php/article/l-editeur-pierre-belfond-vend-ses-dessins-d-ecrivains">
    <title>L'éditeur Pierre Belfond vend ses dessins d'écrivains</title>
    <link>http://www.surlering.com/article/article.php/article/l-editeur-pierre-belfond-vend-ses-dessins-d-ecrivains</link>
    <dc:date>2012-01-19T00:00:00+00:00</dc:date>
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    <description></description>
    <content:encoded><![CDATA[<div align="justify"><h3>L'éditeur Pierre Belfond se sépare de sa collection d'oeuvres graphiques de grands auteurs: Baudelaire, Proust, Apollinaire...<br /><br /><img align="bottom" width="492" height="328" src="/sites/make-ai/-library-/images/usr_29358/ja46.jpg" /><br /></h3>&nbsp;<br />Tous des menteurs? «Oui, tous les collectionneurs mentent, lance Pierre Belfond.Vendre est toujours un déchirement. Une collection est comme un enfant qui quitte un jour la maison.» Pendant quarante et un ans, lui et son épouse Franca se sont passionnés pour les dessins d'écrivains. Une évidence pour cet éditeur qui a vendu sa maison en 1991. Un privilège avec le recul des années qu'il a su partager en accrochant quelques-unes de ses plus belles acquisitions, sur les cimaises de ses bureaux du boulevard Saint-Germain.<br /><br />«Du fait de mon métier, ce thème avait une résonance encore plus grande», confesse-t-il, en pointant du doigt le rarissime dessin d'Arthur Rimbaud que son compagnon Verlaine garda jusqu'à sa mort. Ce croquis de jeunesse à la plume intitulé Jeune cocher de Londres est un l'un des seize dessins connus de l'écrivain. C'est la pièce phare de la vente comprenant 135 lots. Elle est estimée 120.000 à 150.000 €.<br /><strong><br />«Je pleure encore les livres que je n'ai pas pu éditer»</strong><br /><br />«J'ai eu l'impression, poursuit Pierre Belfond,de collectionner des pièces très rares, avec une attirance particulière pour les poètes. L'intime de l'intime de personnalités célèbres. Tous ces dessins étaient comme ma famille. Je n'ai jamais voulu en vendre un seul jusqu'à aujourd'hui où je n'ai plus les moyens d'acheter à mon niveau d'exigence même si les prix sont beaucoup moins chers que pour un Picasso ou un Matisse!»<br /><br />Quand Pierre Belfond a commencé, personne ne s'intéressait au sujet. Son déclic remonte à un jeudi de 1971 à Drouot. Ce jour-là, il veut y acheter un dessin d'André Masson, artiste qu'il affectionne toujours. Mais les enchères flambent. Il loupe l'affaire quand, quelques lots plus loin, il entend le nom de Marcel Proust. En néophyte, il lève le doigt pour demander s'il s'agit bien de l'auteur d'À la recherche du temps perdu. Mais son geste a une autre signification. Adjugé! Le voici propriétaire du lot, sans qu'il l'ait vu. C'est le début d'une folle aventure qu'il serait prêt à recommencer en se faisant davantage violence pour ne pas laisser passer, quitte à s'endetter, ce que l'on peut regretter comme ce dessin d'Antonin Artaud auquel il pense toujours. «C'est comme l'édition, avoue humblement Pierre Belfond, il y a tant de livres que je n'aurais pas dû publier. Je n'y pense plus. Mais ceux que je n'ai pas pu éditer par manque d'audace, je les pleure encore…»<br /><br />Je vous l'ai laissé, mon cher…<br />Sa vie de collectionneur fut mouvementée. Dès ses premiers pas, il découvrit qu'il avait un sérieux concurrent: Christian Bernadac, journaliste et directeur de l'information à TF1. Une guerre a opposé les deux hommes avant qu'ils ne deviennent les meilleurs amis du monde, procédant même à des échanges: un Vigny contre un Sand, un Musset contre un Verlaine. D'autres adversaires de taille lui barrèrent la route tels Pierre Bergé ou Pierre Bérès. Contre ce dernier, Pierre Belfond réussit à emporter un dessin de Saint-Exupéry. Très fier, il lui dit: «Je vous ai eu.» Et le célèbre libraire de lui répondre: «Je vous l'ai laissé, mon cher…»<br /><br />Le fruit de ses années de quête, sous l'œil exigeant de sa femme, est aujourd'hui livré à d'autres passionnés, sous le marteau de son ami Hervé Poulain, à l'exception des dessins que des écrivains ont offerts au couple avec une dédicace. Ils seront déposés à l'Institut mémoires de l'édition contemporaine (IMEC) pour être exposés. Sous la plume de l'expert et libraire Alain Nicolas, le catalogue fait figure de livre de référence avec parfois sept pages pour un seul lot comme cet album magnifique de la Vierge au grand C comprenant 21 caricatures du milieu mondain des Années folles par Cocteau (60.000 à 80.000 €). Sa veine expressionniste égale le trait féroce d'un Otto Dix ou d'un Georges Grosz.<br /><br />Mardi 14 février, 14 h 30, Hôtel Dassault (Paris VIIIe) www.artcurial.com/fr<br />&nbsp;</div>]]></content:encoded>
</item><item rdf:about="http://www.surlering.com/article/article.php/article/somalie-msf-cesse-certaines-activites-">
    <title>Somalie: MSF cesse certaines activités </title>
    <link>http://www.surlering.com/article/article.php/article/somalie-msf-cesse-certaines-activites-</link>
    <dc:date>2012-01-19T00:00:00+00:00</dc:date>
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    <content:encoded><![CDATA[<div align="justify"><h3>L'ONG Médecins sans frontières (MSF) annonce aujourd'hui qu'elle allait cesser environ la moitié de ses activités dans la capitale somalienne Mogadiscio après le meurtre fin décembre de deux de ses employés expatriés.<br /><br /><img align="bottom" width="650" height="433" src="/sites/make-ai/-library-/images/usr_29358/111212ii21.jpg" /><br /></h3><br />&quot;Suite aux tragiques assassinats de nos collègues (belge) Philippe Havet et (indonésien) Dr. Karel Keiluhu à Mogadiscio, en Somalie, le 29 décembre 2011&quot;, MSF &quot;s'est vue dans l'obligation de fermer toutes ses activités dans le district d'Hodan&quot; de la capitale, a indiqué l'organisation dans un communiqué.<br /><br />Sont notamment concernés deux centres de santés de 120 lits chacun fournissant des soins contre la malnutrition, la rougeole et le choléra. MSF souligne ne pouvoir travailler que dans les endroits où &quot;le personnel, les patients et les infrastructures médicales&quot; sont respectés. &quot;Là où ces conditions sont réunies, MSF souhaite continuer ses activités en Somalie.&quot;<br /><br />L'ONG, présente dans le pays depuis 1991, maintient ses programmes dans les autres districts de la capitale ainsi que dans dix autres localités. &quot;C'est difficile d'arrêter de fournir des soins médicaux dans un endroit où la présence de nos équipes médicales permet vraiment de sauver des vies tous les jours&quot;, a déclaré Christopher Stokes, directeur général de MSF, cité dans le communiqué. &quot;Mais l'assassinat brutal de nos collègues à Hodan ne nous permet plus de continuer à travailler dans ce district de Mogadiscio&quot;, a-t-il justifié.<br /><br />Les deux employés de MSF ont été victimes d'une fusillade dans les locaux de l'organisation. L'agresseur était, selon des témoins, un membre du personnel somalien de l'ONG qui s'était disputé la veille avec son employeur.

</div>]]></content:encoded>
</item><item rdf:about="http://www.surlering.com/article/article.php/article/kodak-se-declare-en-faillite">
    <title>Kodak se déclare en faillite</title>
    <link>http://www.surlering.com/article/article.php/article/kodak-se-declare-en-faillite</link>
    <dc:date>2012-01-19T00:00:00+00:00</dc:date>
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    <description></description>
    <content:encoded><![CDATA[<div align="justify"><h3>L'icône du siècle de l'image vient de se mettre sous la protection du Chapter 11 américain sur la la loi américaine des faillites, autrement dit le groupe américain se déclare en faillite. L'entreprise créée par George Eastman en 1880 affirme que cette décision lui permettra de «renforcer ses liquidité aux États-Unis et à l'étranger et permettra au groupe de se recentrer sur ses actifs les plus rentables». Kodak souligne qu'il continuera à payer ses salariés et poursuivra ses programmes de fidélité.<br /><br /><img align="bottom" width="650" height="266" src="/sites/make-ai/-library-/images/usr_29358/411f.jpg" /><br /></h3><br />Le groupe a déclaré des actifs d'un montant de 5,1 milliards de dollars et une dette de 6,8 milliards, selon l'agence Bloomberg. Le niveau des crédits du groupe s'est détérioré en raison de la chute des revenus issus des pellicules traditionnelles. Et l'inventeur de la série d'appareils photo à succès Instamatic, vendue au grand public entre 1963 et 1988, n'est pas parvenu à concurrencer Canon dans le numérique ou Hewlett Packard dans les imprimantes.<br /><br />Aujourd'hui, il ne reste pas grand-chose de l'empire Kodak, à part peut-être son portefeuille de brevets, qui attise les appétits. En poste depuis 2005, Antonio M. Perez, le patron de Kodak, n'a d'ailleurs plus d'autre ambition que de tirer 3 milliards de dollars de la vente des brevets de l'entreprise. Ce dernier a déclaré aujourd'hui que le groupe a pris «un nouveau virage pour permettre à l'entreprise de se transformer».<br /><br /></div>

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