Story Musgrave : le destin d'un hommeSURLERING.COM - OUTREMONDE - par Iowan - - le 01/07/2010 - 8 réactions -
"L'exploration, c'est juste aller au delà. C'est aller du connu vers l'inconnu, de l'ordinaire à l'extraordinaire. Quitter les chemins tranquilles. Juste aller de l'avant, je pense que c'est ça l'exploration."Story Musgrave
Story Musgrave est né le 19 aout 1935 aux États-Unis, dans une ferme du Massachusetts. « Je viens d'une famille incroyablement tordue, pleine de violence et d'alcoolisme. Il est difficile de dire ce qui motive un enfant de trois ans, mais je pense que j'avais le sentiment que la nature était ma seule consolation, et que la nature était un endroit dans lequel il y avait la beauté, dans lequel il y avait de l'ordre ». Story parcourait seul les forêts autour de la ferme à l'âge de trois ans, et à cinq ans, il explorait les rivières sur un radeau de sa propre conception. Il conduisait des moissonneuses au même âge. Il conduisait des camions et des tracteurs dans les champs éloignés du domaine familial à dix ans et les réparait lui-même à treize ans. « Je pense qu'il y a là d'énormes leçons, pour les jeunes qui commencent dans la vie aussi bien que pour d'autres personnes. C'est-à-dire de prendre la responsabilité de votre propre vie. Seulement vous, et seulement vous, êtes responsable du cours que prend votre vie. Vous ne pouvez pas dire, " Je suis passé par ceci " ou " Il m'est arrivé cela dans mon passé, j'ai donc le droit d'échouer." Si vous le voulez, faites-le. Peu importe ce qui est arrivé, vous avez la responsabilité de la direction de votre propre vie. »
Story s'est construit en interaction avec son environnement immédiat, ce qu'il percevait de la vie, les animaux de la ferme, les machines, la forêt et le ciel. « La nature était ma maison. C'était la maison dans laquelle je me suis trouvé moi-même au lieu d'avoir une vie sociale. Comme il est bien connu dans le monde du développement de l'enfant, la plupart des enfants se définissent eux-mêmes, se trouvent eux-mêmes et se forment une personnalité dans la vie sociale. Je n'avais pas de vie sociale. Aucune. »
Mais pendant ce temps, Story commence à réfléchir à son avenir, et il entend parler de la possibilité de poursuivre des études grâce a son engagement dans les Marines, à l'Université de Syracuse de New York. Il se lance et, après presque deux ans passé chez les Marines, commence alors ce qui devait être un long et fructueux voyage dans le monde des études. A Syracuse, il obtient un Bachelor of science en mathématique et statistique, en un temps record. Il enchaîne avec un Master of Business d'analyse et de programmation informatique, à l'UCLA de Los Angeles. Il fut fasciné de l'évolution des ordinateurs et de leurs rapports avec le cerveau humain. A partir de ce moment, il devint clair qu'il allait étudier plus en détail le cerveau humain. « Je suis entré dans les ordinateurs et j'ai dû immédiatement faire la même chose avec le cerveau humain… Je suis revenu au corps et à l'être humain. La recherche opérationnelle et les ordinateurs, au troisième cycle d'université à l'UCLA, m'ont mené dans les champs de l'intelligence artificielle, de la neurophysiologie et de l'esprit… J'ai toujours fait ça, c'est-à-dire atteindre un certain niveau de compétence dans une discipline, et alors voir les ponts et les voies qui me mènerait à la prochaine étape. » Il retourne donc à New York, mais à l'université de Columbia cette fois, à l'école de médecine, après avoir obtenu un Bachelor of Arts en chimie, au Marietta College, dans l'Ohio. Nous sommes en 1960, il a 25 ans et s'apprête à passer quatre ans à New-York, au College of Physicians and Surgeons de Columbia. Story se maria et eu trois enfants durant cette période. Vivant dans un petit appartement doté d'une petite chambre, la famille goûta les charmes de la grande ville américaine. « C'est juste un endroit énorme, de toutes les manières dont vous voulez la regarder, mais nous ne l'avons pas trouvée envahissante, nous l'avons juste trouvée fantastique. Elle était amusante ; elle était merveilleuse. Cette expérience fut juste très, très riche ». Après ces quatre merveilleuses années, Story chercha un endroit pour commencer son internat de médecine. Il fut impressionné par l'équipe de l'Université du Kentucky, à Lexington. Il aimait les fermes environnantes, le charme des maisons, les merveilleux champs verdoyants, qui lui donnèrent l'impression de rentrer chez lui, et emportèrent finalement la décision de s'installer dans cette partie de l'Amérique. Un amour qui ne fera que grandir les années suivantes, si bien que la jeune famille, agrandie bientôt à sept membres, s'installa dans une grande maison avec beaucoup de terrain, pour que les enfants puisse y courir. « J'ai une très bonne relation avec les animaux, et avec les enfants. Je me mets à leur niveau. Je tente d'appréhender la manière dont un enfant voit le monde, c'est énormément différent. La manière dont les autres créatures voient cet environnement est énormément différente. Nous regardons ce qui nous entoure et nous pensons que ce que nous voyons est la réalité, et ce n'est pas vrai. Cet environnement – cette pièce où vous vous trouvez – n'est pas la réalité, c'est la manière dont vous êtes conçu pour la percevoir. » Parallèlement à ses études, Story obtient ses premières qualifications sur avion. En 1964, il lit un article où est mentionné que la Nasa et l'Académie Nationale des sciences considèrent d'employer des astronautes scientifiques qui seraient en outre entraînés comme pilotes de chasse sur avions à réaction. « J'ai lu dans un journal que l'Académie des Sciences et la NASA allaient explorer le fait de faire voler des personnes autres que des pilotes d'essais… Au moment où j'ai lu cet article j'étais un homme de l'espace; C'est moi ! De mon éducation dans l'aéronautique à la médecine, j'ai vu immédiatement que tout ce que j'avais fait dans la vie, je pouvais l'appliquer à ce nouveau travail ». Il décide alors d'interrompre son internat et de plutôt se concentrer sur la physiologie en milieu aérospatial, un champ d'étude dont il sent qu'il pourrait être bénéfique pour une future carrière dans l'espace. Tout en étudiant la physiologie et obtenant un Master dans cette discipline, Story prend quelques cours d'ingénierie aéronautique et continue de voler, devenant instructeur. Il devient pilote de ligne à temps partiel et transporte des passagers à travers les États-Unis. C'est aussi à cette époque qu'il s'adonne à la chute libre, avec plus de huit cent sauts dont une centaine pour étudier l'aérodynamique du corps humain. La Nasa décide finalement de recruter des scientifiques comme astronautes, avec un premier groupe sélectionné en 1965. Story est accepté en aout 1967. « Si je n'avais jamais volé dans l'espace, je ne l'aurais pas regretté. La seule chose que je pourrais regretter serait de ne pas saisir une opportunité. Si on me fait la passe du siècle, et que je ne cours pas après elle, je le regretterais. Parce que c'est une occasion perdue, un manque de courage ou d'énergie pour aller de l'avant. » La famille se déplace donc pour la base aérienne de Reese, au Texas. Story doit achever une partie obligatoire de l'entraînement des astronautes de cette époque : un an d'entraînement sur avion de chasse. Il tombe amoureux de l'avion sur lequel il est entraîné. Il détient le plus grand nombre d'heures de vol sur cet avion qui est encore le jet d'entraînement de la Nasa. En tout, Il totalise près de 18 000 heures de vol sur 160 appareils différents, allant du jet supersonique au planeur. Il termine cette formation avec la note la plus élevée jamais obtenue sur la base de Reese.
Story participe au développement des équipements de sortie dans l'espace devant équiper la navette : les combinaisons des astronautes, les systèmes vitaux, le sas et un véhicule de sortie autonome. Il devient responsable des sorties extra véhiculaires. Mais un autre projet était en cours à la Nasa dans les années 1970, la conception du télescope spatial Hubble. L'intention première de la Nasa était de produire un télescope qui puisse être réparé. Story eu la tache de trouver comment rendre ces opérations possibles. Il conçoit pas moins de 300 outils différents à cet effet. Certains ont été utilisés par les astronautes chargés de la dernière mission vers Hubble, en mai 2009.
Entré à la Nasa en 1967, Story devra attendre seize années avant de partir dans l'espace. C'est ce qui arrive le 4 avril 1983, sur le sixième vol d'une navette et le premier de Challenger. Un problème lié aux combinaisons des astronautes avait empêché la première sortie dans l'espace à partir d'une navette sur le vol précédent. La chance sourit à Story, qui effectua lui-même la première sortie avec la combinaison qu'il avait contribué à mettre au point. « Il y avait des éléments de la combinaison que j'avais conçu, je me suis dit que ferais donc un bon travail en les testant. Mais cela impliquait également la chance. C'est une de ces choses où tout arrive en même temps. » Le second vol de Story eu lieu au cours d'une mission mémorable partie le 29 juillet 1985 sur Challenger. Au bout d'un peu plus de trois minutes de vol, deux des trois moteurs de la navette s'arrêtent. Mais l'altitude et la vitesse de l'engin furent suffisantes pour atteindre l'orbite et mettre en œuvre les expériences prévues. L'une d'elles visait à vérifier si les astronautes pouvaient boire deux soda-cola emblématiques de l'époque engagés dans une guerre commerciale. Mais la faible pression dans la cabine fit entrer les deux boissons en une féroce effervescence. Cette mission fut appelée « gangbuster payload » par le commandant tant la charge de travail était énorme. Les vraies expériences ont couvert les sciences de la vie, la physique des plasmas, l'astronomie, l'astrophysique des hautes énergies, la physique solaire, la physique atmosphérique et de la recherche technologique. L'équipage se rappelle tendrement cette mission pour le travail d'équipe et l'amitié partagée. « Cette mission m'est chère. Vraiment très chère et aussi difficile que la mission vers Hubble, et elle représente plus pour moi que celle-là ». L'accident de Challenger six mois plus tard et la perte de l'équipage est ressentie profondément dans la communauté de l'espace. « La dernière fois que j'ai vu chacun d'eux face à face, je garde cette mémoire avec moi. » C'est à cette époque que Story entreprend des études en littérature, il décroche un Master of Art dans cette discipline en 1987. Il se met à écrire des poèmes et de court textes évoquant son expérience dans l'espace. « Depuis que j'ai le privilège de voler dans l'espace, j'ai la responsabilité de mettre ça en perspective, avec la psychologie, l'histoire, la philosophie, et d'examiner ce que ça veut dire. Pourquoi faire ça ? Comment l'exprimer ? Comment cela transforme-t-il l'humanité. […] Je crois que l'expérience de l'espace doit se communiquer en terme qui évoque ce qui se passe dans la tête et le cœur de chaque individu. La majeur partie de notre histoire dans l'espace n'est communiquée qu'en terme d'action – ce que les gens font, une liste d'évènements chronologiques – à l'opposé de l'expérience humaine d'avoir accompli ces choses.»
En 1989, Story se retire du monde médical. Depuis 1967, il assurait la fonction de chirurgien à temps partiel à l'Hôpital Général de Denver et également de professeur à temps partiel de physiologie et de biophysique à l'université du centre médical du Kentucky. La même année, il embarque pour son troisième vol, une mission classifiée pour le compte du département de la défense. Il note dans son journal peu avant le vol : « Je suis clairement terrifié par le lancement d'une navette. Je dois vivre avec ce cauchemar depuis que le concept a été lancé en 1972. La mort rôde partout... Nous sommes désormais le numéro trois dans la ligne de mire pour le départ le 10 aout. L'Amérique veut une vie sans risques – mais si quelque chose tourne mal, quelqu'un est responsable et quelqu'un doit payer. » La nuit précédant le lancement, il se rend sur le pas de tir avec deux compagnons de vol. Ils sont accueillis avec un réel enthousiasme par les ouvriers et les gardes présents sur le site. « Une expérience primitive, primale, inoubliable – être accueillis par tout le monde. Cette machine apparaissant indistinctement dans les lumières. Jupiter au dessus de nos têtes… Une lune montant de l'horizon de l'Océan. Le brouillard se déplaçant autour de Discovery - tellement d'images… Les lumières, Discovery et nous dans les lumières. Quelle joie de vivre exubérante ! Quelle beauté, quelle puissance. » En 1991, Story embarque de nouveau pour un vol dédié à la défense. Le passage de la station russe Mir avec l'éclat d'une comète très brillante, à 42 km d'Atlantis, reste un moment mémorable de la mission.
Un an plus tard, c'est un vol historique qui s'apprête à décoller de Cape Canaveral. « Quelle merveilleuse mission, me voilà de retour dans mon monde des sorties dans l'espace. Quelle chance de faire une sortie significative pour ouvrir nos yeux sur l'Univers. Ce Story, ce petit garçon de Linwood, ce renvoyé de l'école St Mark – arrive à faire ce qui est toujours un rêve. Je ressens quelque chose de très profond à l'égard de Hubble. J'ai fut très ému en tant que CAPCOM lors son de déploiement dans l'espace. » Un entraînement intensif fut nécessaire pour régler les cinq sorties dans l'espace nécessaires à la confection de lunettes pour le télescope spatial. Il impliqua littéralement des milliers de personnes de l'industrie spatiale. Story subit de graves engelures durant un test des outils, à une température de – 170 °. Il ressortit de 13 heures de simulation avec sept doigts noirs. Il parvint à retrouver toutes ses facultés pour achever le programme d'entraînement et part dans l'espace redonner la vue à l'instrument scientifique le plus extraordinaire jamais construit par l'homme. Peu de temps avant un lancement, Story ressent toujours quelque chose de très particulier. « J'ai un besoin urgent de m'immerger dans la nature avant un vol spatial. L'Océan en est une part incroyablement puissante. C'est littéralement une immersion que de s'étendre à la surface de l'Océan, et de boire l'Océan. C'est aussi de cela dont il est question dans le vol spatial. Je regarde toujours les satellites passer. Je fais cette géométrie dans ma tête. L'Océan ici, et je suis étendu dessus non loin de la plage et les satellites vont d'ouest en est, et quand je regarde vers la gauche, il y a mon vaisseau spatial. Vous voyez la vitesse des satellites et vous savez que demain vous serez l'un d'entre eux. » Le 2 décembre 1993, Endeavour illumine la nuit sur cette côte de Floride. Et, pendant une semaine, les astronautes donneront le meilleur d'eux-même pour corriger la myopie de Hubble. « C'est davantage comme une ballerine le soir de la première. Vous faites ce que vous devez faire. Quand vous sortez, le but est d'atteindre parfaitement l'objectif qui a été fixé. Vous ne pensez pas au futur de l'entreprise, vous ne pensez pas à votre futur, vous ne pensez pas aux critiques, c'est vous et l'atteinte de cet objectif. » Mais ce vol revêt également une dimension politique pour la Nasa. Si cette mission devait échouer, la capacité de la Nasa de construire la nouvelle station spatiale serait remise en question. Le vol fut un succès total. Hubble allait enfin produire les images incroyables dont nous sommes depuis lors familiers.
Story devra attendre trois années pour retourner dans l'espace, pour sa dernière mission, à l'âge de 62 ans. Encore une fois, cette mission allait être l'occasion de « premières fois » mémorables pour Story. D'abord parce qu'il est à l'époque le premier astronaute à voler à un âge aussi avancé. « Je suis meilleur maintenant à la soixantaine, en tant qu'astronaute, qu'à la quarantaine, parce qu'il s'agit d'affaires très complexes dans lesquelles l'expérience et la perspective jouent un grand rôle. Vous tendez à savoir quel temps cela va vous prendre pour apprendre à réaliser un certain travail. Il ne s'agit pas d'un manche et d'un palonnier, ce n'est pas une chose instinctive. Vous ne pouvez pas juste saisir les choses de façon intuitive, il vous faut les étudier. Et ce sont des affaires très complexes dans lesquelles l'expérience compte. Je donne beaucoup d'espoir à certaines personnes parce qu'elles voient, en fait, que je suis non seulement meilleur à la soixantaine, mais que j'éprouve également plus de plaisir. Ils voient une vie plus riche. Et je suis moi-même stupéfié. Je suis stupéfié que la vie soit tellement meilleure à 60 ans qu'à 20 ans ». C'est aussi la mission la plus longue jamais effectuée par une navette, avec 18 jours en orbite. Story entre souvent le dernier dans la navette lors d'un lancement, ce qui lui laisse tout le loisir d'observer les alentours du pas de tir. « Quand je vais sur le pas de tir, je regarde autour du vaisseau spatial, dehors, vers l'océan. Je recherche les alligators, les oiseaux, la nature, je prends du recul et je pense à la technologie humaine. Je pense aux amphibiens, et comment la vie est sortie de l'océan pour aller vers la terre. Et nous sommes comme les amphibiens, nous bondissons hors de notre milieu d'origine. C'est un moment extraordinaire et magique. C'est aussi bon que d'être dans l'espace lui-même. » Avec ce vol, Story devient le seul homme à avoir volé sur les différentes versions de navettes du programme, ce qui reste vrai aujourd'hui. Ce fut une très belle mission en raison de deux jours supplémentaires passés à bord de Columbia, le mauvais temps sur les deux sites de retour empêchant la navette de revenir de l'espace. Ce fut l'occasion d'observer la Terre à travers les hublots. L'équipage fut témoin d'un événement inhabituel. Story ne tire aucune conclusion pendant que les ufologues prennent feu. « Dire que l'univers dans son ensemble est différent de ce que nous percevons ici n'a aucun sens logique. Parce que cela est vu à travers le filtre de l'ère anthropocentrique. "Je suis le centre de l'Univers, l'Univers tourne autour de la Terre, et moi." Une fois que vous avez dépassé ça, alors le sens commun dit que la création et l'évolution de la vie en des créatures complexes et intelligentes est probablement un impératif cosmique. [...]Mais les hommes ne sont pas prêt à rencontrer des espèces extraterrestres. Ils ne le sont pas, et cela n'arrivera pas. Quoi que ce soit de si avancé, et qui soit en mesure de voyager entre les étoiles – avec les milliards de planètes qui peuvent supporter la vie, il y a des voyages interstellaires à cet instant –, cette chose ne voudrait pas venir ici, nous ne sommes pas prêt. Nous ne sommes pas prêt parce nous ne sommes pas prêt à rencontrer les membres de notre propre espèce. Je veux dire par là qu'il y a soixante guerres en ce moment sur Terre. Ainsi, si nous ne sommes pas préparés à rencontrer - à embrasser - les membres de notre propre espèce, encore moins les autres créatures ou d'avoir un comportement correct envers la terre. Nous ne seront pas assez avancés dans notre globalisation et dans notre présence dans l'espace tant que nous ne nous penserons pas nous-mêmes en tant que créatures galactiques, en route ensemble dans le même voyage. Non, nous ne sommes pas prêt à les rencontrer, et nous ne leur souhaiterions pas la bienvenue. Nous enverrions les armes en premier. Ce serait une question de sécurité nationale, à l'opposé d'une question de communication. »
Mais le vol n'était pas terminé, le 7 décembre 1996, au crépuscule, Story allait devenir le premier et le seul homme à effectuer une rentrée atmosphérique à bord d'une navette... debout sur ses deux jambes, se tenant aux sièges du commandant et du pilote. « Sur S.T.S. 80, mon dernier vol en 1996, après 18 jours en orbite, je n'avais aucune responsabilité technique pendant la rentrée. J'ai eu ainsi l'occasion de simplement me tenir debout, avec tout mon équipement dans le poste de pilotage et de regarder dehors par la fenêtre. D'environ mach 23 à mach 10, la quantité de feu dans lequel vous êtes englouti est telle que vous ne pouvez pas croire que vous n'allez pas vous évaporer instantanément. Mais ce qui est étonnant, c'est que vous êtes absolument enveloppé dans cette flamme, la flamme peins vos ondes de chocs. Et ainsi la flamme est un médium, et vous y voyez les ondes de chocs supersoniques. Vous voyez cet éclair bleu venir du nez alimenter cette flamme entièrement. Toutes les fois qu'un jet de moteur de correction de la trajectoire, un jet de pilotage, sort de la navette, la chose entière se dissipe et revient immédiatement. Et je l'ai fait, debout, je pouvais tenir un caméscope devant la fenêtre, enregistrer cela et le montrer à mes membres d'équipage sur un petit moniteur. »
Story quitte la Nasa un an plus tard et s'occupe, depuis lors, d'une Palmeraie sur son terrain de Floride où il a également aménagé une réserve naturelle. Dans le même temps, il est consultant pour de grandes entreprises comme Disney. Il est aussi professeur de Design à l'Art Center College of Design in Pasadena, en Californie. Il donne des conférence sur les thèmes qui lui sont chers et n'hésite pas à partager sa vision de la conquête spatiale. « Je pense que la prochaine étape devrait être l'accès peu coûteux et fiable à l'espace. Alors l'espace sera pour tout le monde. Nous n'avons accompli aucun progrès dans ce sens en 40 ans. C'est le même prix maintenant qu'il y a 40 ans. Nous avons amélioré certains missiles qui étaient des véhicules militaires mais, sur plus de 40 ans, nous n'avons pas fourni de nouveau lanceur, dont le but est l'accès peu coûteux et fiable à l'espace. […] L'ISS ne fait rien pour personne et ne l'a jamais fait. Le prix de la Station Spatiale équivaut à 300 engin de la classe des Voyager. Nous pourrions disposer de Voyagers multiples atterrissant ou flottant dans l'atmosphère de chaque planète et de chaque lune de chaque planète. C'est ce à quoi nous avons renoncé quand nous sommes arrivé à ce programme pour l'emploi, ce que la station est. Et c'est une erreur tragique. Et oui, je suis quelqu'un du programme de vol habité, mais écoutez-moi. C'est ce que nous pourrions offrir au public. Si vous envoyez dans l'espace un robot équipé de dispositifs multimédia, les gens seraient incroyablement excités sur le fait d'aller dans ces endroits. Et nous pourrions aller PARTOUT. Mais nous avons fait le choix de rester en orbite basse et de lancer ce programme pour l'emploi parce que nous n'avons aucune imagination. […] Ce qui doit être fait est de combiner le programme robotique avec le programme humain. Tous les programmes auraient du être le même depuis le début, et ils auraient du s'aider mutuellement. Je pense que le vol spatial humain doit être mis en hibernation pour un temps. Vous continuez à développer les possibilités, mais envoyez les robots d'abord. Ils sont non seulement là en premier pour trouver les matériaux mais nous montrent comment vivre hors de la terre. Par eux-mêmes, dans leur exploration, ils soulèveraient la question : devons-nous envoyer des humains et, si oui, où les envoyons-nous ? Les robots prépareraient le terrain, et répondraient à nos questions. Mais ce n'est pas ce que la Nasa fait. Nous parlons toujours de programme humain.[…] Dans les années 1960, nous ne savions rien, nous n'avions pas la technologie, nous n'avions pas la connaissance, nous n'avions pas les infrastructures. On nous a dit vous allez sur la Lune, et nous sommes revenu avec un lanceur lourd en quatre ans. Et que propose l'administration actuelle ? Il est question de réfléchir à un moteur pendant cinq ans et alors de prendre une décision à propos de ça. 50 ans plus tard, alors que nous connaissons la technologie, que nous avons les infrastructures et que nous disposons de tout, nous allons nous assoir pendant cinq ans et alors viendra quelque décision ? Si vous regardez tous les aspects des propositions de cette administration pour l'espace, c'est effrayant. C'est effrayant de dire des choses pareilles, c'est effrayant de ne rien faire. Nous n'allons rien lancer, nous n'allons rien construire, nous n'allons rien faire. Nous avions peur il y a 50 ans, mais nous avions la volonté et le courage d'aller de l'avant. Ce fut simplement : faites-le. Et nous l'avons fait. »
Merci à Anne Lenehan, auteur de Story, The Way of Water et A Passionate Life. Toutes les réactions (8)1. 01/07/2010 21:53 - Murielle Lucie Clément
2. 01/07/2010 22:02 - Iowan Thoraval
3. 02/07/2010 01:54 - AvengerRedSix
4. 02/07/2010 02:57 - Seya
5. 02/07/2010 09:37 - Evan Ard
6. 02/07/2010 11:43 - Louis-Alexandre A
7. 02/07/2010 12:59 - Ju
8. 03/07/2010 12:07 - oncle_sancho
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Dernière réaction
Une histoire extraordinaire! Le premier paragraphe est une véritable leçon pour tous. Merci pour ce fabuleux article. Une joie dans ma résidence estivale !! ![]() Articles les plus lus
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