Villa Médicis : tout va très bien, Madame la Marquise…
La nouvelle a fait beaucoup de bruit cette semaine dans le petit monde de la musique contemporaine : la Villa Médicis va bientôt accueillir une chanteuse de variété et un jazzman. "Quelle honte ! Scandale ! De quoi s’agit-il ?"
Cette "vénérable" institution française à Rome accueille dans un cadre magnifique et pour des résidences de longue durée des artistes français, et notamment des compositeurs, mais aussi des plasticiens, des écrivains… En ce qui concerne les compositeurs, elle proposait autrefois le Grand Prix de Rome, qui sut remarquer Berlioz ou Ravel, mais qui préférait surtout les créateurs qui s’illustreront plus tard dans l’opérette ou les manuels didactiques (Marcel Dupré et son Traité du contrepoint ou Théodore Dubois et son Manuel d’harmonie).
Il fallait pour obtenir un prix s’enfermer en loge et écrire, seul face au papier à musique, une cantate, dans les règles de l’art. Redoutable épreuve. Puis en 1968, André Malraux supprima le concours, pour le remplacer par une candidature sur dossier. Et c’est là que les choses commencèrent à se gâter. Il était désormais bien plus important de posséder un solide carnet d’adresses qu’un bagage technique. Ce n’est d’ailleurs pas propre à cette institution, car la quasi-totalité des prix, bourses, résidences de musique contemporaine s’attribuent ainsi. Il faut donc s’inscrire dans un courant, une mode, dans une chapelle constituée autour d’un compositeur en vue.
Il vaut mieux avoir suivi le bon parcours académique et scolaire pour ainsi se retrouver pris en charge par l’État pendant 18 mois. Pourquoi pas… On inventa même la Villa Médicis hors les murs, qui offre des résidences au Japon et ailleurs. La soupe y est si bonne que les artistes (compositeurs mais aussi écrivains, plasticiens, vidéastes…) ne sont pas les seuls à en bénéficier : on y recase régulièrement à la direction les amis du pouvoir temporairement à la ramasse (Frédéric Mitterrand, Pierre-Jean Rémy), des créateurs médiatisés (Richard Peduzzi), ou d’obscurs écrivains-fonctionnaires, spécialité bien française (Bruno Racine, Jean-Marie Drot), qui bénéficient d’un traitement à la Christine Boutin (environ 10 000 euros par mois plus hébergement dans un somptueux appartement et tous frais payés).
On remarquera tout de même qu’exceptionnellement, elle sut repérer et honorer de vrais artistes pour la diriger (Ingres, Jacques Ibert et enfin Balthus).
On le voit, on évolue dans un monde très bourgeois, et l’idée de partager ce fromage fait bien évidemment grincer les dents : inviter une chanteuse et un jazzman, ça fait quand même mauvais genre. Ce qui parait le plus gênant dans cette affaire, ce n’est pas d’ouvrir cette vénérable institution à la culture populaire, mais surtout de vouloir en faire bénéficier des artistes déjà bien soutenus.
Ainsi Claire Diterzi, chanteuse de variété-rock : son nom ne vous dit probablement rien, mais la demoiselle, auteure d’œuvrettes un peu bricolo mais sympatoches crypto-marxistes (un concept album sur Rosa Luxemburg, assassinée par les Freikorps à Berlin en 1919 lors de la révolution spartakiste !), sort ses disques chez Naïve, la maison de disques fondée par l’ancien directeur de Virgin France Patrick Zelnik (ami du Président Sarkozy, de puissants du monde de l'édition littéraire parisienne tel Richard Ducousset, chargé d’une mission sur l’offre légale de contenus culturels sur Internet et sur la rémunération des créateurs et le financement des industries culturelles), et qui produit Benjamin Biolay.
Claire Diterzi est également programmée au très bon Théâtre du Rond-Point. Donc, pas vraiment une débutante. Et c’est là ou l’affaire devient intéressante : pourquoi vouloir soutenir quelqu’un déjà très bien implanté dans le milieu ? Ne pouvait-on pas aider un/e jeune chanteur/chanteuse issu(e) du Centre National des Variétés, et qui pouvait ainsi avoir brusquement accès à une reconnaissance ? Notons également que le flûtiste jazz Magic Malik, second bénéficiaire hors académie de la bourse Médicis de cette promotion a également enregistré une fois pour Naïve (l’essentiel de sa production passe par Label Bleu, maison de disque fonctionnant sur deniers publics).
Curieux pays que la France, où même la chanson, supposée populaire, a besoin des deniers publics pour exister. Que se passe-t-il donc ici ou plus aucun artiste ne peut envisager de s’exprimer sans passer par la case subvention ? Ne serait-ce point un symptôme d’une certaine, non pas décadence, mais incompréhension entre les créateurs et leur public ?
Alors les compositeurs contemporains gueulent, eux qui voient chaque année leur soutien étatique se raréfier (les régions assurent l’essentiel des subventions artistiques en France… quoi, elles sont majoritairement de gauche ? Allons, allons, pas de mauvais esprit, n’y voyez pas un obscur lien de cause à effet…). Ils n’ont pas envie de partager. Et bien sûr, tout cela est enrobé de grandes envolées messianiques sur l’abandon par l’État des artistes contemporains, de la trahison du Ministère de la Culture, de l’absence de la musique contemporaine dans l’éducation, bref de toutes les vieilles lunes qu’ils nous servent inlassablement depuis les seventies. On pourrait rire de ce combat d’arrière-garde s’il n’était symptomatique de la situation de l’art en France (il ne faut d’ailleurs pas dire art, trop élitiste, mais culture, plus vague et qui n’engage à rien). En effet, n’y a-t-il pas d’autre alternative que ce choix entre quasi-fonctionnaires académiques et variéteux ? Ne pourrait-on imaginer un système d’encouragement à la création qui soit ouvert à tous les professionnels, et qui tiennent compte de la réalité de leur pratique ? Cela vous semble utopique ? Pourtant cela existe déjà : on appelle ça les intermittents du spectacle !
Ce système, financé essentiellement mais pas uniquement par les cotisations sociales des employeurs et employés, repose sur des critères simples : vous bossez ? Vous pouvez en bénéficier pendant un an, avec remise à niveau des compteurs tous les dix mois et demi. Vous touchez un complément Assedic tous les mois proportionnel à vos gains. Voilà : si vous assurez 507 heures ou 43 cachets, vous y avez droit. En-dessous, non. Que vous soyez chef d’orchestre, clown, chanteur des rues ou spécialiste du violon baroque. C’est le seul système de subvention artistique qui ne repose pas sur le copinage et les réseaux. Il n’est pas parfait, loin de là, son statut est régulièrement remis en cause, il a donné lieu à d’innombrables abus (les plus gros utilisateur de ce filet de protection anti-précarité étant des institutions aussi fragiles que Canal +, FR3 ou l’Opéra de Paris…), mais il a le mérite de ne pas juger avec des critères esthétiques forcément fluctuants et sujets à caution.
Il est aussi très largement déficitaire. Mais son égalitarisme réel, son pragmatisme mériterait de servir d’exemple pour une refondation des aides publiques aux créateurs. Ce qui ne sera pas le cas, rassurez-vous, pointer du doigt les intermittents dans les médias étant beaucoup plus porteur que d’étendre ce statut...
On le voit donc, ce "conflit" (tempête dans un verre d’eau, tout de même) cache bien plus qu’une simple querelle musique académique/musique de variété et illustre plutôt l’ampleur de la privatisation des moyens de l’État par un clan sans scrupule et sans imagination.
Et pendant ce temps-là, la musique française disparaît progressivement de la scène internationale, les artistes et créateurs se dirigent lentement et sûrement vers le RSA (à moins qu’ils ne soient déjà profs en ZUP)… Les "artistes" en ont vu d’autres, autrefois soumis à l’Église et à la noblesse, aujourd’hui aux fonctionnaires et aux politiques, ils continuent leur chemin, car le talent (ou le génie parfois) n’ont jamais pu être décrétés…
Alain Jamot
Toutes les réactions (20)
1. 15/06/2010 11:43 - thierry bruno
Une remarque sur les pauvres artistes autrefois soumis à l'Eglise et à la noblesse. L'Eglise et la noblesse se comportaient en mécène, exigeant certes parce que responsable de ses deniers. Et que de génies ce système n'a-t-il pas fait éclore dont beaucoup étaient d'ailleurs profondément chrétiens et donc l'Eglise, pas forcément un fardeau. Je cherche les génies à partir de 1945, je n'en trouve pas mais c'est sûrement à cause de mes oreilles plus sensibles à la musique de Scarlatti, Mozart, Puccini et autres Verdi qu'à la cacophonie bien-pensante.
2. 15/06/2010 12:48 - neither
Merci Thierry Bruno de cette réaction.Car il s'agit là de propos réactionnaires Messiaen, Boulez, Stockhausen, Ligeti, Murail, Scelsi, Romitelli etc., c'est quoi ? J'apprécie réellement "Scarlatti, Mozart, Puccini et autres Verdi" (et Machault, Desprez, Jannequin, Vivaldi, Haendel, Bach... Stravinsky... Webern... etc...), mais est-il possible de composer comme on composait il y a mille ans. Quel intérêt. Tout les compositeurs que j'ai (et que vous avez) cités ont étudié leurs prédécesseurs. Croyez vous que Stockhausen, par exemple, ait été incapable de composer une fugue dans le style de Bach ? Si Mozart et Haydn et Bethoven avaient pensé comme vous, à l'époque, nous en serions restés à la musique baroque...
3. 15/06/2010 13:04 - Jérôme Combier
La musique cacophonique cher monsieur, (et la "bien-pensée" )
chacun la sienne ...
Jérôme Combier
4. 15/06/2010 14:09 - thierry bruno
Je suis désolé d'avoir contrarié un compositeur moderne. J'ai une question à poser aux légitimes défenseurs de la musique "moderne" : pourquoi un musicien compose-t-il ? Etes-vous sûr que nos musiciens "chercheurs" actuels "pensent" comme Beethoven ? Béotien que je suis, humble amateur n'y trouvant que mon égoïste plaisir, j'attends d'abord qu'une oeuvre, écoutée une première fois, accroche mon oreille, la retienne. Après, il y aura plusieurs écoutes, il y aura une démarche moins "primaire". Mais il faut d'abord que cette musique me retienne. Et là, désolé mais la musique style Stockhausen, je n'y arrive pas : mon oreille implore grâce. Sont-ils capables, ces compositeurs, d'écrire du Bach ? Probablement mais d'être Bach sans le copier, là est le hic, non ? Mais en art je vous le concède, je suis un affreux réac' primaire qui s'émeut de la poésie d'un tableau de Renoir et s'ennuie devant Picasso, dévore Bernanos, Mauriac, Kessel ou Gary pour citer des auteurs du XXème et se bat pour finir un Goncourt de ces vingt dernières années , et en histoire, je préfère lire René Grousset à Benjamin Stora ; ils ont tellement plus de choses à me dire.
Alors, je retire "cacophonie bien-pensante " et reconnait humblement que la modernité n'a pas grand chose à me dire, ce qui ne signifie pas évidemment qu'elle ne parle pas à d'autres.
5. 15/06/2010 17:39 - Alain Jamot
@thierry bruno @neither : désolé Messieurs, mais vous enfermez trop la "musique moderne" (contemporaine) dans les affres franchouillo-européens. L'opposition musique-d'autrefois-audible/musique-d'aujourd'hui-cacaphonie ne tient pas/plus.
Vous nous parlez de l'avant-garde de nos papys et mamys, cela fait belle lurette que Stockhausen ne fait plus école (même si conceptuellement certaines de ses oeuvres, comme celles de Scelci ou Xenakis, valent le détour. En terme de pièce écoutable, c'est autre chose !).
Beaucoup de compositeurs ne se soucient plus des oukazes de la place Igor-Stravinsky (l'Ircam et les poteaux de Pierrot-le-dictateur) depuis des lustres, et écrivent (ou ont écrit, certains sont déjà morts hélas) une musique actuelle pertinente, sexy, moderne et qui bouge.
Des noms: Philip Glass, Steve Reich, John Adams, Bang On A Can, John Gibson, Gorecki, Penderecki, Arvö Part, votre serviteur, Connesson, Escaich, Zavaro, Pecou, Zappa, Nancarrow... plus tous les petits (?) compositeurs pas connus qui publient leurs oeuvres sur Youtube. Allez voir Kasper Toeplitz par exemple, ses oeuvres ont plus à voir avec Einstürzende Neubauten ou les Swans qu'avec le sérialisme chiant.
Faudrait réviser vos sources, on dirait que vous vous arrêtez aux années 80 et nos sinistres derniers staliniens sonores comme Cohen, Grisey, les spectraux et autres rigolos pontifiants à la Sciarrino...:-)
La musique est vaste, la computer music permet à tous de créer leurs pièces, le marché des commandes d'Etat s'effondre, bref c'est un univers complexe, foisonnant, où les imposteurs côtoient les génies, les arrivistes les méritants, et les passéistes ceux qui tout simplement, comme John Cage le demandait, s'efforcent d'être contemporains de leur propre époque...
6. 15/06/2010 17:56 - neither
"pourquoi un musicien compose-t-il ?"
Répondre à cette question demande un trop long développement. Je m'abstiendrai donc... Et puis la différence musicien / compositeur également (la frontière peut être mince ou épaisse selon l'angle de vue)
"Etes-vous sûr que nos musiciens "chercheurs" actuels "pensent" comme Beethoven ? "
Etes vous sûr que Beethoven pensait comme Bach ?
"j'attends d'abord qu'une oeuvre, écoutée une première fois, accroche mon oreille, la retienne. Après, il y aura plusieurs écoutes, il y aura une démarche moins "primaire". Mais il faut d'abord que cette musique me retienne"
Pour moi, ça dépend beaucoup de l'oeuvre en question et du moment de sa découverte. Il y a des oeuvres de Stockhausen, par exemple, qui m'ont marqué immédiatement, comme Stimmung, Trans, Hymnen, Oktophonie et d'autre, comme les Klavierstücke qui m'ont demandé plusieurs écoutes, de même que Professor Bad Trip de Fausto Romitelli, pour commencer à être "retenu", voir d'analyser la partition. Mais c'est pareil pour Mozart... Certaines oeuvres sont faciles d'accès pour certaines personnes à certains moments, d'autres non... Cela ne signifie pas forcément pour moi une supériorité des unes sur les autres...
"Sont-ils capables, ces compositeurs, d'écrire du Bach ?"
ça dépend desquels (il n'y a pas que Bach). Mais on passe souvent par l'analyse et l'écriture dans le style de avant de réaliser des pièces personnelles...
J'apprécie par ailleurs le fait que vous reconnaissiez "que la modernité n'a pas grand chose à [vous] dire, ce qui ne signifie pas évidemment qu'elle ne parle pas à d'autres".
Pour le côté réactionnaire de votre message, me dérangeaient autant l'idéalisation du clergé et de la noblesse de l'époque que l'affirmation qu'il n'y a pas de génie en musique après 45 et cette expression de "cacophonie bien-pensante " que vous avez retiré.
Cordialement.
7. 15/06/2010 19:28 - Musiques-en-vrac-Blog
Vous pouvez signer une pétition adressé à M. Le Ministre de la Culture et au Directeur de la Vilal Médicis, ici :
http://musiques-en-vrac.blogspot.com/
Musiques en vrac
Blog de réflexions sur la situation actuelle de la création musicale contemporaine en France et ailleurs...
8. 15/06/2010 21:09 - Alain Jamot
Pour répondre au message précédent, les commentaires pour une fois sur ce blog laissent entendre toutes les tendances (les pour, les contre, les "qui savent pas très bien") avec des signatures parfois connues et très peu de dérapages: à noter et à encourager, le débat réellement démocratique se faisant rare de nos jours !
Pour lire les commentaires: http://musiques-en-vrac.blogspot.com/2010/06/lettre-ouverte-au-ministre-de-la.html?showComment=1276621521897#c7204377050692519024
9. 15/06/2010 22:13 - neither
Pour répondre@Alain Jamot
"@thierry bruno @neither : désolé Messieurs, mais vous enfermez trop la "musique moderne" (contemporaine) dans les affres franchouillo-européens. L'opposition musique-d'autrefois-audible/musique-d'aujourd'hui-cacaphonie ne tient pas/plus."
Ou avez-vous vu que je fais une "opposition musique-d'autrefois-audible/musique-d'aujourd'hui-cacaphonie" ????
"Vous nous parlez de l'avant-garde de nos papys et mamys, cela fait belle lurette que Stockhausen ne fait plus école (même si conceptuellement certaines de ses oeuvres, comme celles de Scelci ou Xenakis, valent le détour. En terme de pièce écoutable, c'est autre chose !)"
Stockhausen, même s'il est mort il y a peu de temps, était effectivement de la génération de mes grand-parent (quoiqu'un peu plus jeune), mais où avez vous lu que je parlais uniquement du dernier cri de l'avant-garde (terme que je n'aime pas beaucoup) actuelle ? Je répondais à l'affirmation qu'il n'y avait rien après 45 faite par le 1er commentateur... J'ai donc cité des compositeurs d'après 45, rien de plus !
Votre avis sur Stockhausen n'est pas le mien... Je suis passé longtemps à côté de ce compositeur, avec le préjugé courant : Stockhausen est un intégriste du sérialisme intégrale dont la majorité des oeuvres, même si elles défrichaient un terrain étaient trop absconses pour être appréciées. Mais j'ai révisé mon (pré)jugement après des écoutes d'oeuvres qui m'ont bouleversé à la première écoute. Il faut dire pour ma défense qu'il a été difficile d'accéder à des enregistrement de nombre de ses oeuvres à une période). Et ce qui m'intéresse chez des compositeurs comme Stock, Scelsi et Xenakis, c'est le fait qu'il y a un travail incroyable sur la matérialité sonore, plutôt que sur le concept. Ce ne sont pas des musiques conceptuelles pour moi. Et je suis désolé, mais pour moi, c'est de la musique écoutable, contrairement à la soupe que nous ressert continuellement un P. Glass (né 9 ans après Stockhausen ! Il a plus de 70 ans maintenant), par exemple (ses premières oeuvres étaient correctes mais après, c'est de la vieille recette éculée, des clichés, et une machine à faire du fric sans jamais se remettre en cause).
10. 15/06/2010 22:15 - neither
"Beaucoup de compositeurs ne se soucient plus des oukazes de la place Igor-Stravinsky (l'Ircam et les poteaux de Pierrot-le-dictateur) depuis des lustres, et écrivent (ou ont écrit, certains sont déjà morts hélas) une musique actuelle pertinente, sexy, moderne et qui bouge."
Mais tant mieux pour eux ! Et je n'ai jamais dit que tout ceux qui passaient par l'IRCAM étaient des génies... Quand à Boulez, j'apprécie sa musique, mais ce n'est pas mon compositeur préféré de la période des "vieilles lunes", comme vous dites. Mais je n'aime pas vraiment le bonhomme non plus (et Stockhausen, en tant que personne non plus d'ailleurs. C'est sa musique qui m'intéresse).
"Des noms: Philip Glass, Steve Reich, John Adams, Bang On A Can, John Gibson, Gorecki, Penderecki, Arvö Part, votre serviteur, Connesson, Escaich, Zavaro, Pecou, Zappa, Nancarrow... plus tous les petits (?) compositeurs pas connus qui publient leurs oeuvres sur Youtube. Allez voir Kasper Toeplitz par exemple, ses oeuvres ont plus à voir avec Einstürzende Neubauten ou les Swans qu'avec le sérialisme chiant."
Là je suis impressionné ! Votre liste est plus longue que la mienne... Plus sérieusement, Stockhausen est né env. 26 ans après Nancarrow (que j'apprécie beaucoup, par ailleurs...), pour ce qui est des vieilles lunes... Et Penderecki est de la même génération à 5 ans près... Pour moi, sa musique est contemporaine de celle de Stockhausen et Ligeti. Et si ses oeuvres d'avant la fin des années 70 sont pour moi des pièces majeures de la production d'après 45, ce qu'il a fait ensuite m'ennuie au plus haut point... J'aime beaucoup Zappa aussi. Pour le reste, la plupart sont plus vieux que le dernier que j'ai cité (Romitelli),... s'il était encore vivant, je vous le concède...
11. 15/06/2010 22:20 - neither
"Faudrait réviser vos sources, on dirait que vous vous arrêtez aux années 80 et nos sinistres derniers staliniens sonores comme Cohen, Grisey, les spectraux et autres rigolos pontifiants à la Sciarrino...:-)"
Encore une fois, mon objectif n'était pas du tout de lister les compositeurs les plus récents. Le "etc..." était d'ailleurs là pour marquer le manque. Rien que parmi ceux que vous traitez de vieilles lunes, j'aurai pu en citer des tonnes d'autres. Mais même faire une liste des compositeurs d'entre 1945 et 1980 n'était pas mon but... Par un heureux (?) hasard, d'ailleurs Romitelli est un compositeur des années 1990-2000 : vous voyez que je peux franchir la barre des années 80...
Le minimalisme a également plus que vécu , contemporain de la musique spectrale que vous semblez détester. Et pour ce qui est de nos goûts respectifs, Philip Glass, John Adams, Arvö Part et Steve Reich, ça m'ennuie au plus haut point , contrairement à quelqu'un comme Morton Feldman, par exemple, qui n'est pas revenu à un matériau simple, frisant parfois le cliché (surtout chez Glass et Adams : retour à la tonalité ou à la modalité la plus éculée, utilisation d'accords à 3 sons, en tierce ou inclusions de maniérismes typés 19e siècle...), mais a vraiment travaillé dans et sur le son. Entendons nous bien : je peux apprécier des oeuvres comme The Desert Music, Different Trains, City Life et certains aspects de sa musique sont intéressant. Mais le reste de ce que je connais de cet ancien élève de Luciano Berio m'ennuie assez vite. Pour les autre, il y a ceux pour lesquels j'ai déjà dit mon admiration. Et d'autres que je ne connais pas ou trop peu pour juger. Toeplitz, j'aime bien, mais il est passé à l'IRCAM, il me semble...
"La musique est vaste, la computer music permet à tous de créer leurs pièces, le marché des commandes d'Etat s'effondre, bref c'est un univers complexe, foisonnant, où les imposteurs côtoient les génies, les arrivistes les méritants, et les passéistes ceux qui tout simplement, comme John Cage le demandait, s'efforcent d'être contemporains de leur propre époque..."
Là, je ne peux qu'être d'accord avec vous... (Il y a rarement, à mon avis des imposteurs, dans le monde de la musique "contemporaine", mais des compositeurs médiocres, oui...)
12. 15/06/2010 22:26 - neither
Une dernière chose : je ne comprends pas votre procès en stalinisme des "spectraux" (comme Murail, Grisey, par exemple, ou même Jonathan Harvey, qui a consacré un de ses ouvrages à Stockhausen : il y aurai donc des admirateurs de Stock la génération suivante !)
A noter je joue du jazz
Cordialement.
13. 16/06/2010 11:38 - thierry bruno
Je n'imaginais pas susciter autant de réactions qui sont, et c'est heureux comme le fait remarquer Alain Jamot, d'excellentes tenues. Je précise à neither que je n'idéalise absolument pas le clergé, ni la noblesse. Je rappelle simplement qu'ils se comportaient en mécène, ce qui n'allait pas sans accrochage féroce avec les compositeurs j'imagine. J'ai beaucoup aimé le film "Amadeus" mais je ne suis pas convaincu que le portrait de Mozart soit conforme à la réalité.
Cela étant, je confirme que je peux être catalogué dans la catégorie "passéiste" mais pas par principe mais parce que, pour reprendre la catégorisation de M. Jamot, je ne suis sensible qu'à une musique qui m'est audible. Et dans les modernes, je suis effectivement sensible à Penderecky - dans sa période audible-, Arvö Part mais aussi Barber, Britten ou Tavener.
Une dernière question concernant "ceux qui essaient d'être contemporains de leur époque" : l'artiste, quel que soit son art ne doit-il pas plutôt essayer de transcender son temps ?
14. 16/06/2010 12:41 - Alain Jamot
Je ne sais pas ce que veut dire "transcender son temps", je ne connais que "l'ici et maintenant" , de Nietzsche à Deleuze, et la musique moderne ne peut être qu'immanente me semble-t-il ... ce qui constitue aussi son drame, je vous l'accorde !
15. 16/06/2010 15:10 - thierry bruno
Je vous accorde aussi que nous n'allons pas nous engager dans des discussions philosophiques, d'autant que Nietzsche et Deleuze ne sont pas spécialement "ma tasse de thé". Mais peut-être neither n'est-il (elle ?) pas d'accord avec le caractère immanent de la musique moderne ? Et si ce caractère est effectivement immanent, alors oui, cela est dramatique pour cette musique, et même désespérant j'imagine pour les compositeurs.
16. 26/06/2010 19:33 - Un mélomane
Je ne comprends pas très bien sur cette video ce que cette artiste (Claire Diterzi) a de musicalement intéressant..;Elle prend la place d'un musicien, non? (pourquoi ne la fait-on pas rentrer avec les écrivains, si les paroles sont intéressantes. Brassens est un chanteur génial, mais pas pour la musique -il le reconnaissait lui-même ?).
De plus, il existe de multiples résidences pour les artistes de la scène, de même que le statut d'intermittent du spectacle. les compositeurs n'ont aucun statut, aucune rentrée d'argent (rares droits d'auteur), peu de résidence. Qu'on laisse la Villa medicis (lieu de repos pour ceux qui travaillent à la table et seule) à ceux qui peuvent y travailler.
Dernier point: vous mélangez dans votre article les pensionnaires, rentrés sur concours, avec les directeurs, rentrés sur piston politique. Le scandale n'est-il pas là? Les compositeurs contemporains que je connais n'ont rien de bourgeois ou de mondain ou de politiques. C'est les autres qu'il faut dénoncer: pistonés, peu doués, pas reconnus pour leur travail.
Enfin, un Grisey ou un Romitelli sont tout de même plus uniques et reconnus à l'étranger que des musiciens comme Escaish, certes doués, mais totalement interchangeables avec des centaines de compositeurs de ce type dans d'autres pays (musique d'accompagnement).
17. 28/06/2010 23:25 - Alain Jamot
Ah oui Romittelli, Grisey, les abonnés de l'Intercomp ! Reconnus à l'étranger? Comme en France, un public national de 3000 personnes, 80 auditeurs en concert dont 75 invitations... une grisaille perpétuelle, une incompréhension fondamentale de la pulsation, une rebéllion de façade et de connivence, un académisme ircamien soporifique... Si vous aimez cela, ne vous en privez pas, mais svp "kein Werbung !"
18. 04/07/2010 16:26 - un melomane
C'est votre coeur qui parle. Mais circulez dans le monde et demandez à des étudiants en composition des noms de ceux qui ont apporté quelque chose "d'irréversible". Schönberg, Cage, Messiaen, Ligeti et plus récemment Grisey ou Lachenmann (joués partout) sont nommés (même si détestés ; mais on connait leur oeuvre singulière). Avez-vous vu que "prof. bad trip" de Romittelli a été joué il y a cinq jours à New York, par un ensemble américain, au festival "bang of the can", avec un succès immense (1500 personnes dans le public)? Il y a des compositeurs "échangeables", reproduits en milliers d'exemplaires dans le monde, et ceux plus uniques, qu'on aime ou non, mais qu'on se doit de protéger, et connaitre.... Donc, n'hésitez pas à voyager, et voir ce que les gens aiment et désignent en dehors des cercles "culturels de leurs amis" (que ce soit l'Ircam ou le CNSMDP, d'ailleurs...) -:)
19. 18/07/2010 19:04 - Philippe Schoeller
hey! .. ..
Monsieur Thierry Bruno!... tenez.... voilà!... vous n'avez qu'a appuyez là...
oui... ici... très bien.
Appuyez bien fort!.
parfait.
c'était parfait!
La gachette marchait très bien.
Vous vous êtes fort bien supprimé.
Merci.
Bon débarras.
Amen.
20. 22/08/2010 17:44 - thierry bruno
Monsieur Philippe Schoeller,
je viens de lire avec effarement votre sympathique message. Pour votre gouverne, sachez que l'endroit sur lequel vous me conseillez d'appuyer bien fort s'appelle une queue de détente mais absolument pas une gâchette. De plus, il n'est pas nécessaire d'appuyer fort. Non content d'être vulgaire, vous êtes ignorant.
Je suis heureux de constater que la musique adoucit les moeurs, à moins qu'implicitement vous admettiez que les bruits que vous commettez n'ont qu'un lointain rapport avec la musique. Plutôt que de proposer à ceux qui ne sont pas sensibles à vos créations - d'ailleurs, c'est l'inverse : j'ai les oreilles trop sensibles pour supporter plus de 10 secondes vos méfaits"- de se suicider, enfermez -vous dans votre tour d'ivoire payée aux frais du contribuable, drapez-vous dans votre dignité de créateur outragé, cela aura plus d'allure que cet appel au meurtre. "Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse"; qu'un simple quidam comme ait la faiblesse de répondre, soit mais qu'un génie tel que vous s'y abaisse, je suis confus.
Allez, je vais faire un effort et écouter "Il primo omicidio" d'Alessandro Scarlatti. Je sais, ça n'évoque pas "vagues, flux des vents dans les roseaux, dans les futaies, vols d'étourneaux, nuages ou galaxies d'événements de la nature vivante", ça n'évoque que de la musique.
En passant, je crois que Alain Jamot se trompait en parlant de "très peu de dérapages". D'ailleurs, pourquoi ne pas lui avoir fait la même proposition à lui qui est beaucoup plus sévère que moi. Manque de courage ? Je crains que oui.
réagissez, commentez, publiez, vous êtes sur le ring
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Que le Premier ministre me pardonne ce jeu de mots sur son nom pour le titre de ce billet mais il est vrai qu'il convient de ramener à sa juste mesure la guerre que depuis quelque temps Rachida Dati...
Puisque dans ce domaine, la répression règne sans partage sur la prévention, sans que ça n'indigne personne, pas même Stéphane Hessel. Rééquilibrons les choses en faisant un peu de...
À côté d'un journal moderne, même le candidat du NPA devient enthousiasmant. Et pour cause : être ennuyeux, c'est ce qu'on demande aux journalistes. Aux journalistes régionaux en particulier...
A Raphaël Juldé, dernier arrivé à Poudlard mais premier reçu aux buses et aux aspics (maison Poufsouffle), et qui, d’après le professeur Trelawney rencontrera plus tôt qu’il ne le croit...
Il y a un peu plus d'une semaine, Samy, adolescent de 15 ans de la cité des Courtilles à Asnières, succombait à une blessure à l'arme blanche qui lui avait été infligée par une bande rivale...
« Non seulement les races n’existent pas, mais en plus, elles sont toutes égales » (proverbe de Jalons)Je viens de finir Racisme : mode d’emploi de Rokhaya Diallo, et je sais désormais que je...
Entretien avec Pierre-André Taguieff (propos recueillis par Paul-François Paoli)Philosophe, politologue en historien des idées, Pierre-André Taguieff, qui prépare un nouveau livre sur les...
Dans un monde arabe en pleine tempête, un pays d’irréductibles baathistes résiste aux bourrasques de la revendication 2.0. La Syrie de Bachar Al-Assad prête le flanc à la critique mais ne plie...
En dehors d'avoir été une excellente occasion pour descendre MAM et quelques ambassadeurs, ce qui se passe en Tunisie, en Égypte, en Libye et dans une moindre mesure (pour l'instant) dans...
Voici deux mois, le jeune Mohamed El-Bouazizi décédait l’hôpital de Ben Arous, et la Tunisie s’embrasait, entraînant à sa suite nombre de pays arabes. Voilà un mois, un étrange débat...
Douze thèmes principaux, autant d'heures de bobine, 27 spécialistes, les ovations de toute la bonne presse française. Corpus Christi, série de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, ressemble à...
Foi profonde, révélation, référence culturelle inévitable, sujet de plaisanterie, de provocation, démarche commerciale, la figure, ou plutôt Les figures du Christ sont une source...
Le premier thema Ring 2011 se déploiera sur neuf textes articulés autour des questions centrales posées par la matérialité de Jésus de Nazareth, la Passion, les reliques, leurs valeurs...
Ecrits en avril 2004, ces trois textes au lyrisme parfois naïf constituèrent mon entrée dans la blogosphère littéraire. Malgré leurs évidents défauts, ils me semblent encore pouvoir...
On connaît le linceul de Turin, ce grand morceau de lin sur lequel l’image du corps entier du Christ mort est incrustée. On connaît l’histoire de la photographie de 1898 révélant que...
La tombe du Christ en Inde ? À Talpiot ? Peu importe, on veut bien y croire, pourvu qu'elles démentent les Évangiles. Retour sur les nouveaux X-files à la mode autour du Jésus historique.Le...
"Je crois qu'il est temps de tourner la page sur les politiques du passé qui ont échoué". Quelques mois après Angela Merkel, c'est au tour de David Cameron de donner un gros coup de pioche dans...
Sa Majesté n’en revient pas, Bond en perd son flegme, et Danny Wilde son humour. Le toujours élégant John Barry a joué lui-même son œuvre ultime: sa propre mort. Si ce n’est pas cela, le...
Depuis ses débuts, Red Flag a entraîné les pilotes à survivre à leurs
dix premières missions de combat. Toutefois, plus les opérations
aériennes sont devenues complexes, plus la pression...
Mardi après midi, la terrible nouvelle est tombée : une tête a été retrouvée dans un étang de 20 mètres de profondeur, à Lavau-sur-Loire. Selon les premières constatations, cette tête...
Presque par bonheur, on l'avait oublié. Le revoilà. Jamel Debbouze a choisi l'Express (c'est de circonstance, il y a vraiment quelque chose de ferroviaire dans cet entretien) pour exercer son...
Le texte qui prévoyait de légaliser l'euthanasie, examiné mardi au sénat, a été supprimé par deux amendements. S'il y avait bien quelque chose à supprimer, c'était ce texte, n’importe...
Finalement, qu’est-ce qu’on s’en fout que Céline ne fasse pas partie des commémorations officielles de 2011 ! Que vaudrait d’abord un écrivain célébré par la République dont les...
Sors d'ici, Louis-Ferdinand ! La République a choisi : l'ignoble sera au dessus du grand, pour l'éternité. Il ne faut pas célébrer le génie, parce qu'il est parfois antisémite. Oui, Céline...
Ben Laden menace la France. On a envie de dire que c’est trop d’honneur ! Se voir hissé au niveau des grandes puissances qui menacent sa petite entreprise flatte notre ego d’anciens...
Chanteuse et icône du groupe, Trish Keenan n’est plus. La grande sœur idéale s’en est allée planer au dessus des nimbus qui plombent Birmingham. Avant que de sombrer dans l’oubli, laissons...
Pour les politiques, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est que le Diable a pris sa retraite. La mauvaise, c'est qu'il a une fille, que cette fille lui ressemble et qu'elle a pris...
L’histoire n’est pas finie. Telle est l’antienne récitée par les média français contempteurs tardifs du régime de Ben Ali. L’improbable « Révolution du jasmin », par sa force...
Alors que Marine Le Pen vient de remporter, sans surprise, les « primaires » du FN en succédant à son père à la présidence du FN avec 67% des suffrages, balayant d'un revers de main son...
Myard, Morano, Gaudin, Longuet, Frêche, Fabius, Siné, Vals, Mélenchon, Zemmour, Pagny, Guerlain, Séguela, Ménard, Hortefeux, etc. Leur point commun ? Ils ont dérapé. Attachez vos ceintures,...
Lecture de Lumière du monde, un entretien de Benoît XVI avec Peter Seewald : Lumière des siècles contre siècle des lumières.Les communistes avaient tenté de se débarrasser de Jean-Paul II...
La Cold Wave, cette déferlante qui vient ronger comme l’azote liquide les piliers du post-punk balbutiant et tentaculaire, emporte les âmes au cœur de l’hiver thermonucléaire. Balade...
Vous avez raté les articles de Libé et Rue89 sur le procès d’Eric Zemmour ? Pire ! vous les avez lus mais êtes restés sur votre faim ? Les pingres ! Même pas un « pétainiste », ni même un...
Il en va de certains écrivains comme des maladies vénériennes. Tout le monde les connaît mais personne n'en parle. Ainsi de Robert Brasillach dont il suffit de prononcer le nom au beau milieu...
Six morts, douze blessés. C'est le terrible bilan de la fusillade qui a éclaté samedi dernier, dans l'Arizona, lors d'une réunion politique. Parmi les blessés, la parlementaire démocrate...
Faut-il des assistants sexuels pour "soulager" les handicapés ? C'est la question que posent a priori sérieusement certains députés, en particulier Jean-François Chossy, de l'UMP. Notre époque...
Il est sympathique ce Stéphane Hessel avec sa gueule du vieux qui sait et son histoire héroïque de grand résistant, grand bourgeois, grand lettré, grand amoureux des femmes (il en a eu cinq...
Cela faisait quelque temps que j'avais l'intention de consacrer un billet à cette interrogation : La défense est-elle morale ? Elle a été formulée à la rentrée du Jeune Barreau du Val d'Oise...
Il était minuit à Alexandrie.« Le martyre est l’expression absolue de notre amour » Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk Alexandrie, Egypte. 2010 vit ses derniers instants, tels ces...
La jurisprudence Marine Le Pen est passée par là : se demander si
les musulmans peuvent être "trop", sous des latitudes où il faut bien
reconnaitre qu'ils se sont séculairement contentés...
Lou Reed voulait que son bijou, Berlin, soit « un film pour les oreilles ». Avec ce recueil sobrement intitulé Joy Division, Kevin Cummins nous offre le son pour les yeux. Entrez dans la...
« Voici un étrange monstre », aurait (re)dit Corneille. La pièce que nous donne à lire Ariane Chemin dans son article sur le souper Houellebecq-Sarkozy du 14 novembre, pour être somme toute...
«Je réitère qu’un certain nombre de territoires, de plus en plus nombreux, sont soumis à des lois religieuses qui se substituent aux lois de la République. Oui il y a occupation et il y a...
Même si Benoît Hamon doit en être à sa quarantième boite de Valium, il faut reconnaitre qu'il n'y a que le PS pour égayer ainsi nos froides soirées d'hiver. Tout d'abord, l'ineffable...
Parce que Wikileaks s’opposait à l’ordre établi, on l’a cru de gauche. Pour autant, l’entreprise est-elle révolutionnaire ? Oui, autant que Montesquieu peut l’être. Mais son alliance...
Biographe de Bashung, chroniqueur historique des Inrockuptibles, l'écrivain Marc Besse est aussi l'un des rares spécialistes de Noir Désir. Proche du groupe, cet écorché vif ne pouvait rester...
(reportage vidéo à ne pas louper en fin de chronique)Au moment où Wikileaks relance le débat sur la place de la transparence dans la vie démocratique avec ses soit-disantes « révélations »...
Cantona, qui envisage désormais la lucarne de l'Elysée, avait créé la polémique en 2011 avec sa première tentative de "révolution". Retour, avec Laurent Obertone, sur le premier coup de poker...
WikiLeaks, avec la publication scandaleuse d'une multitude de dépêches de la diplomatie américaine, a fait passer au second plan le résultat de la "votation" suisse qui a approuvé par...
Et si Alain Bashung avait trouvé dans l’art de la reprise, un sens pour sa propre musique ? Voilà la relecture de l’œuvre que propose « Osez Bashung », un double album compilatoire qui met...
Les faits démontrent l'immense écart entre l'affolement politico-médiatique et la débandade djihadiste.Vers la fin d’une finale de championnat d’échecs, le connaisseur, jusqu’alors...
Ancien bras droit d'Antoine Gallimard, Teresa Cremisi est depuis 2005 PDG de Flammarion. Éditrice de Michel Houellebecq, la numéro 2 du groupe Corriere Della Sera répond aux questions soulevées...
Géraldine Woessner a été reçue au domicile de Maurice G. Dantec à Montréal. Une conversation autour de l'exil, du Québec, de l'hexagone et ses écrivains, du roman qu'il prépare pour 2011 et...
Nous sommes de plus en plus tristes. Gallup. C'est Gallup qui le dit – le plus grand imposteur statistique que la terre ait jamais enfanté. En tout cas les anglais semblent pas très heureux. 52%...
Une rare unanimité associative et journalistique devrait aussitôt éveiller les soupçons. On entendait parler "d'avancée", de "pas en avant"… On entendait des associations "saluer" les propos...
Faire travailler les chômeurs, voilà "une joyeuse bonne idée", comme dirait Jolitorax, dans Astérix chez les Bretons. Bon, dans l'absolu, c'est n'est pas nouveau. Parait que François Mitterrand...
Précisions : sur qui s’appuyer pour faire la révolution ?Comme dernier avatar après bien d’autres (on le verra plus bas), le bas clergé académique, tendance « sociologie critique », nous...
Droit de réponse d'Yves Bernanos à Pierre Cormary.Un article très récent de Pierre Cormary, publié dans Ring, vient de porter atteinte à la mémoire de mon grand-père, Georges Bernanos. J'en...