Du corps de Raphaël Tisserand
SURLERING.COM - LES PAGES ROUGES - par Frédéric Gajaray - le 13/01/2011 - 17 réactions -
Réflexions sur l’Etat, les putes, les handicapés, etc.

Vous souvenez-vous des railleries de Maurras sur un Etat qui se préoccupe de la fabrication d’allumettes, et qui ne parvient à produire que des bâtonnets ininflammables ? Si, comme moi, vous avez poussé un éclat de rire à la lecture de ce sarcasme, ébaubi, saisi par un instant de vérité, libérateur : regardez-vous, regardez le monde. Constatez que c’était nous, les sortis du réel. Voyez plutôt : on songe maintenant à faire de l’Etat une maquerelle. Ou plutôt, on souhaite qu’il règlemente une fonction que l’on serait bien en mal de définir : celle d’assistant sexuel. Mais, grâce à Wikipédia, tout s’éclaire : « L'accompagnement sexuel est assuré par des hommes et des femmes, quelle que soit leur orientation sexuelle, pratiquant la prostitution ou exerçant dans les milieux paramédicaux, sociaux et médico-sociaux. Cela peut aller du simple corps à corps à la pénétration, en passant par la masturbation. Il n'y a généralement pas de baisers afin d'éviter qu'il y ait une connotation trop sentimentale. Pour instaurer un climat apaisant et de confiance, l'assistant sexuel peut utiliser de la musique d'ambiance, des bougies ou encore des huiles. En Suisse ce service est rémunéré entre 100 et 150 euros, quelle que soit la nature de la prestation fournie. Les assistants sexuels son sélectionnés et reçoivent obligatoirement une formation. »Comme il est question d'handicapés, et d’un objet de questionnement intellectuel absolument inouï, interrogeons un livre récent qui prend pour matière une vie… d’handicapé. Parce que la littérature, même si elle n’est pas tout à fait le reflet d’une époque, mérite tout de même le pouvoir de réflexion qu’un Marcel Proust lui prêtait, non ? Et lorsque ce n’est pas de la très haute littérature, c’est encore plus frappant, n’est-ce pas ? Exemple d’handicapé : La fée BenninkovaL’intrigue du dernier livre en date du très prolifique Franz Bartelt peut être dite retorse. Le narrateur, un invalide bien vermoulu, du nom de Clinty, voit entrer chez lui une fée. Pourchassée par des lutins noirs, elle prend refuge dans son appartement. L’handicapé lui raconte alors l’épouvantable histoire qu’il a vécue : éperdument amoureux de la caissière du quartier, il lui avait proposé de monnayer certaines « prestations » de sa part. Les premiers jours, le paiement se faisait en kilos de sucre. A terme, Clinty n’a plus un sou, obligé non seulement à vendre son appartement, mais aussi, jusqu’au « cochon qu’on [lui] a offert le jour de [sa] communion ». A mesure qu’il se mettait à nu financièrement, la contrepartie de la caissière se faisait érotique, puis franchement sexuelle. Aveuglé par l’assouvissement de son désir d’elle, il perd tout : la caissière s’enfuit avec son petit ami garagiste – comprenez le gorille stupide et violent du coin –, et, chose encore plus infâme, elle a tout simplement orchestré avec ledit garagiste une extorsion de fonds pour financer son mariage. Clinty a été doublement victime. Théâtralités abjectes et grossières viennent jalonner l’ensemble du livre. La fée est ulcérée par l’immoralité du comportement de ces deux crétins immondes, et par la faiblesse d’un handicapé, incapable de rétorquer aux actes orduriers perpétrés. Aussi, pour venger Clinty, elle utilise ses pouvoirs magiques sur les deux affreux. Puis elle disparait. Et il se trouve que sa baguette, abandonnée au sol, à une étrange forme de fusil mitrailleur, et que, finalement, caissière et garagiste sont tout à fait abîmés, dans le genre cervelle sur le béton. On peut dire que l’antagonisme névrosant entre misère sexuelle de Clinty, et comportement bestial et immoral des êtres humains ordinaires et vivants, top vivants – pas comme nous, salopards de littéraires – a engendré chez lui une schizophrénie, une folie qui lui a fait inventer une fée, et accomplir un massacre. Franz Bartelt nous fait entrer dans cette tragédie de la misère sexuelle. Tragédie pourtant bien ordinaire : à de rares exceptions, les belles femmes finissent toujours dans les mains des sagouins de garagistes ignares, et jamais dans celles d’un handicapé, fût-il le plus tendre des hommes. Et, plus généralement, la femme préfère un bellâtre d’italien à son boulanger de mari. A qui la faute ?Tout d’abord : la faute à personne. Parce que, disons, si jamais l’homme à l’état de nature a existé, on peut tout à fait imaginer que sa libido ne se fonde pas sur des critères bien différents de ceux d'un faisan. Le plus beau l’emporte : loi universelle du vivant. Combien de mariages forcés ont été détruits en littérature parce que mademoiselle préférait le plus jeune, plus beau, plus loquace ? Et à l’inverse, combien d’écrivains ont tenté de dénoncer les madrigaux creux, pour rendre gorge à cette tradition animale, sans succès? Ça a commencé avec Zeus et Aphrodite, cette vérité : les dieux ne couchent qu’avec les plus belles créatures. Que ce soit Europe ou Adonis, c’est toujours la petite oie blanche qu’ils préfèrent. Et il est tout à fait normal que dans une société où tout un chacun est devenu le dieu de l’olympe qu’il a toujours rêvé d’être, les hommes et les femmes procèdent à une sélection sexuelle au taux marginal le plus à même de satisfaire leurs désirs voraces. Et si nous trouvions tout de même une responsabilité quelque part. Et si c’était là, que nous trouvions la clef : « En système économique parfaitement libéral, certains accumulent des fortunes considérables ; d’autres croupissent dans le chômage et la misère. En système sexuel parfaitement libéral, certains ont une vie érotique variée et excitante ; d’autres sont réduits à la masturbation et la solitude. Le libéralisme économique, c’est l’extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c’est l’extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. » (1) ? L’œuvre de Michel Houellebecq ne nous a-t-elle pas montré qu’il existait des Raphaël Tisserand, c'est-à-dire, des invalides du sexe, condamnés à la nuit malgré le feu des spots de discothèque ? Et si c’était cette Terreur sur les normes sexuelles, sur le discours sexuel dominant, sur l’esthétique sexuelle commune ; et si c’était cette parfaite éradication de tous nos paradigmes, disons même, ce délitement de notre inconscient collectif, dans un sens Jungien, qui fait que nous n’avons plus de femmes au bras des handicapés, ou plutôt, prêtes à assumer le poids d’un fauteuil roulant ? Parce qu’on peut se le demander : où est la Gervaise de l’Assomoir qui s’occupe de son mari, inquiète, y compris dans ses dégradations, pour le meilleur et pour le pire ? Où est, même, la sœur du narrateur des Bienveillantes, qui reste aux côtés de son éclopé d’époux ? Il fallait bien qu’elle soit la plus parfaite des femmes dans l’imaginaire de Max Aue pour qu’elle existe, celle là ! ObjectionMais c’est là que cette hypothétique loi voudrait pallier le problème, après tout. Cette civilisation amoureuse est morte : désormais, on se constitue mari et femme avec une option divorce. Et d’ailleurs, on ne choisit même plus le mariage, non : on préfère le contrat de PACS, ni vu ni connu, je t’ai vu, je te vois plus. Avez-vous déjà affirmé devant des jeunes gens modernes que l’amour et lié à la mort, qu’on ne comprend pas Eros sans Thanatos ? Vous verrez ce que vous allez prendre si vous tentez le coup ! Toutes ces choses là sont devenues des antiquités. « C’est un fait », comme dirait l’autre. Et l’extension du domaine de la lutte, non plus libérale, mais cette fois-ci marxiste, ce serait la prise en charge par l’Etat de la sexualité des misérables, des anéantis par la lumineuse liberté sexuelle ; ce serait la protection des faibles là où ils se trouvent en premier lieu : chez les handicapés. Et puis, on verra pour les autres, après : c’est ça, le sens de l’histoire, et même, le progrès. RéponseIl y a pourtant une solution beaucoup plus évidente, que personne ne veut voir dans cette affaire : la réouverture des maisons de passe. Ah ça, on ne peut pas tolérer la prostituée dans son temple, non, certainement pas, ce serait beaucoup trop ce sacré de l’impur, ce serait même très beaucoup attentatoire à la dignité des femmes, comme l’a soulevé Roselyne Bachelot (2) – comme si c’était le seul argument pertinent que l’on puisse opposer. Et puis, vous les avez entendues parler les putes ? On a l’impression qu’elles sortent toutes d’un film de Michel Audiard ! Ce n’est pas acceptable. Voilà ce que l’époque pense, au fond, des bordels : on ne va pas laisser ce genre de mal là se développer. On ne va pas laisser les gens dire « pute » avec une réalité derrière ce mot – comme ça, tout le monde sera pute, et personne ne sera méchant. Il vaut bien mieux substituer au mot pute, et à ce qu’elles sont, le terme « assistant sexuel », et éventuellement, prévoir une directive communautaire d’harmonisation de leur statut, pour l’import export. Clairement, on sait ce que ça nous donne, un régime où la loi se substitue à la culture, à son tumulte, à ses bouillonnements, et où elle prend en charge ce qu’il y a de plus privé. Quand l’Etat se subroge à la civilisation, avec le grand outil d’acier qu’est la loi, nous entrons tout bonnement dans ce qui s’appelle le totalitarisme. Ou en tout cas, nous faisons un premier pas. Parce qu’en effet, si ces discours en faveur de l’instauration d’un statut pour une prostitution paramédicale ne semblent pas chercher à imposer un homme nouveau, ou en tout cas, un homme nouveau idéologique, consciemment souhaité, il n’empêche qu’il s’agit bel et bien d’encadrer les individus du berceau à la tombe, comme le voulait Mussolini. Et de couper toutes les touffes d’herbes qui dépassent. Mais ne vous inquiétez pas citoyens, l’Etat va s’occuper de vous ! Frédéric GajarayFranz Bartelt, La fée Benninkova, Le dilettante, 158p. 11,4€ (1) Michel Houellebecq, Extension du domaine de la lutte, réf. éd. J’ai lu, p100.
Toutes les réactions (17)
1. 13/01/2011 09:41 - Marlow
en effet, les putes me semblent être une meilleure solution qu'un assistanat sexuel organisé par un Etat qui ne doit pas s'occuper de tout, en tout cas pas de cela. Les péripatéticiennes et péripatéticiens sont une solution qui fonctionne plutôt bien, une solution qui a fait ses preuves si l'on considère le temps depuis lequel ce métier est exercé…
Oui, ré-ouvrons plutôt les maisons closes. Les putes parlent comme des dialogues de Michel Audiard ? Mais j'en redemande moi, j'aime beaucoup les dialogues de Michel Audiard ! Allez, Roseline, regardez donc les tontons flingueurs et la pute responsable d'une maison, Mado je crois qu'elle s'appelle, écoutez là autour de la table, face à Nino Ventura qui lui demande de faire le bilan de son activité,…quel verbe ! et quelle intelligence !
2. 13/01/2011 10:21 - HP
Article intéressant, autre éclairage que celui de M. Obertone, mais a-t-on dejà eu des handicapés au bras des plus belles ?
Ce que j'a iadoré surtout dans la définition wikigogol : "Il n'y a généralement pas de baisers afin d'éviter qu'il y ait une connotation trop sentimentale". Le sexe hygiénique, médicalisé et matérialiste. Je sais pas comment ils vont réussir à bander !
Triste monde en effet...
3. 13/01/2011 13:32 - Nach Mavidou
La réouverture des maisons closes est une fausse bonne idée. Elle n'est imaginée qu'à l'avantage des clients au détriment des personnes prostituées. Elle favorise lourdement la traite des êtres humains par des réseaux criminels. Ceux-ci y trouvent d'ailleurs un moyen de blanchir une partie de leurs activités. Derrière les montages légaux et réglementaires conçus en croyant garantir un exercice libéral de la prostitution, il y a des personnes qui font x passes par jour avec des inconnus pour acheter de quoi se nourrir ET couvrir les frais qui leur sont imposés (location de chambre, frais de transports depuis le pays d'origine).
Du point de vue sanitaire, ce sont encore les clients qui sont grands bénéficiaires de cet encadrement mais nullement les personnes prostituées. Une fois la chtouille ou le SIDA dépistée, la personne prostituée malade ne sera plus autorisée à exercer afin de protéger les clients mais elle, elle restera malade (en plus d'avoir perdu son emploi !). Le système n'offre aucun moyen supplémentaire de protection sanitaire à la personne prostituée mais seulement à ses clients.
L'autre soir "Enquête Exclusive" a illustré le sujet d'une très bonne manière, style télévision mais instructive pour qui ne connaîtrait pas la réalité de l'exemple choisi, dans un coin de l'Europe qui se prétend depuis longtemps à la pointe de la civilisation et du progrès…
Vous pouvez donc deviner ce que je pense de "l'assistanat sexuel".
4. 13/01/2011 16:13 - Léo Wada
" Elle n'est imaginée qu'à l'avantage des clients au détriment des personnes prostituées. Elle favorise lourdement la traite des êtres humains par des réseaux criminels "
N'est-ce pas déjà le cas ? avec un système de prostitution à la volée sur la voie publique ou dans les bois tout le monde est désavantagé et beaucoup plus glauque.
La traite des être humains n'a jamais été aussi forte, le manque d'encadrement est la légère tolérance à l'égard d'une prostitution discrète nourrit un marché noir beaucoup plus intense.
5. 13/01/2011 20:28 - Ellroy
Finalement on pourrait dire que si cette idée se "matérialise" en politiques publiques nous assisterions à une extension du domaine de la pute.... ( dont le proxénète serait l'Etat donc indirectement nous autres citoyens de ce beau pays )
6. 14/01/2011 11:16 - Marlow
@Nach Mavidou : vous pensez donc que l'assistanat sexuel pourrait être une bonne solution au regard de tous les problèmes d'exploitation et de crime qu'entraîne la prostitution ? L'assistanat sexuel permettrait aussi de protéger celle ou celui qui exerce le métier de personne prostituée comme vous dites ?
Honnêtement, je ne sais pas, je ne suis pas sûre que ce soit le coeur de cette idée d'"assistanat sexuel".
Si l'on souhaite vraiment réglementer le métier de prostitué et les établissements qui permettraient son exercice, cela devrait être possible d'imposer un cadre réglementaire, tant pour les questions de conditions de travail que pour les questions comptables. Comme n'importe quelle entreprise de droit privé ou public dans un pays d'Europe comme la France. Qu'en pensez-vous ?
7. 14/01/2011 15:14 - paracelse
" Mais ne vous inquiétez pas citoyens, l’Etat va s’occuper de vous ! "
ça fera deux ! Déjà le tout-économie libérale et maintenant l'état. Alors que j'ai toujours détesté les nourrices.
8. 14/01/2011 20:13 - Nach Mavidou
@ Léo Wada : La prostitution à la sauvette dans une impasse est glauque, mais elle ne disparaît pas du simple fait que les bordels sont autorisés. Les deux coexistent. On croit bien faire en permettant aux "pauvres filles qui font le trottoir" de travailler au chaud, tout en nettoyant les rues de leur présence visible et encombrante. Mais les tenanciers de boxons ne recrutent pas celles qui ont des années de trottoir derrière elles. Ils utilisent plutôt les réseaux de trafic humain ou recrutent de jeunes personnes encore fraîches, si j'ose l'écrire. Les autres resteront dans la rue, par exemple les "intermittents" qui se prostituent pour boucler quelques fins de mois ou celles qui préfèreront continuer à travailler au noir, sans payer de redevance à un proxo ou de location de chambre, sans impôts, sans contraintes d'horaires ou de cadence.
De plus, Internet a favorisé l'éclosion d'une prostitution plus discrète qui n'a pas pour autant fait disparaître la forme traditionnelle des rues mal famées.
La traite des êtres humains est forte y compris en France et y compris pour la prostitution. Toutefois la pénalisation du proxénétisme et l'absence d'autorisation notamment les maisons closes complique la tâche des proxénètes, confinés dans l'illégalité. Le régime actuel permet donc de réprimer le proxénétisme (quand on veut bien agir, nous sommes d'accord) sans sanctionner les personnes prostituées. Ce dispositif pénal protège donc ces dernières, mais il devrait s'inscrire dans une action politique et sociale plus large pour les aider à s'en sortir. Ce volet manque actuellement.
@ Marlow : Non non, je suis bien hostile à "l'assistanat sexuel", et opposé également à une solution réglementariste cf. ma réponse à Léo. Mais vous serez sans doute curieux d'apprendre qu'en France, une fois condamnés, les proxénètes se voient également poursuivis par le fisc pour la TVA. Et ça douille.
9. 15/01/2011 00:16 - Mika-L
Bonsoir à tous,
Je me permets d'intervenir afin de corriger plusieurs erreurs à propos des finalités de l'assistant sexuel et des fantasmes qui en découlent. Monsieur Gajaray, votre article est fort bien rédigé mais vous vous êtes manifestement très peu documenté. Wikipédia n'étant pas suffisant. Et puis prendre un bouquin pour vous renseigner sur ce que peut vivre une personne handicapée est très curieux. Sortez donc un peu de chez vous, allez prendre l'air.
- Les assistants sexuels accompagnent sensuellement et sexuellement les personnes en situation de handicap qui le désirent expressément. En aucun cas il n'est prévu qu'ils s'occupent de la tranche des miséreux sexuels à la Tisserand. Ils devront se débrouiller avec leur mains, puisqu'ils le peuvent contrairement à certaines personnes, qui, du fait de leur handicap (moteur ou psychique) ne peuvent se décharger de tension sexuelle.
- L'Etat Français est loin d'accepter cette mesure, l'assistanat sexuelle est promu par un ensemble d'association de personne d'handicapée, pas par les politiques. Marcel Nuss, atteint d'un handicap physique important, est une des figures de proue du mouvement pour l'assistance sexuel, je vous laisse consulter une de ces interviews pour un réel apport au débat :
http://www.handirect.fr/fr/rubriques/actualite.html?actu_id=3013
- Il est important de bien faire le distinguo entre une assistante sexuelle et une prostituée :
L'assistant sexuel : est une personne ayant reçu une formation et été sélectionné pour pouvoir prodiguer des actes sexuelles vers un public porteur d'un handicap. Elle est aussi formée pour accompagner des couples vers l'acte sexuel qui le désirent et apprend également l'acte de masturbation à des personnes ne le maîtrisant pas. Elle est obligée d'avoir un emploi en plus, et ne doit pas vivre uniquement de l'argent de l'assistance sexuelle. Ainsi, rien à voir avec les prostitués.
- Monsieur Gajaray, vous proposez la formule "maison close" au lieu de l’assistance sexuel. Peut-être mais pas pour un public de personnes handicapées. Ou alors vous les rendez accessible pour des personnes sur un fauteuil, et des personnes porteuses de troubles psychiques (autisme, déficience mentale etc.).
Non, ce qui peut être vraiment bénéfiques à des personnes porteuse d'un handicap leur empêchant l'accès à de la sexualité, ce sont des professionnels pouvant se déplacer, ayant des connaissances sur le handicap, et n'étant sous le joug d'aucun mac, seulement de leur volonté.
La France est encore en retard sur ses voisins de ce point de vue là.
J’espère avoir été constructif et regonflé le débat.
Bonne continuation à tous.
PS : Encore un lien très pertinent sur l'assistance sexuel
http://www.liberation.fr/societe/0101584842-assistante-sexuelle-un-homme-comme-les-autres
10. 15/01/2011 16:14 - Frédéric Gajaray
Je vous remercie pour vos interventions.
Mika, je pense que vous êtes une gentille personne. Mais vous n'avez pas le monopole du cœur comme dirait l'autre, c'est trop facile. Du reste, les prostituées ne s'interdisent pas certaines catégories de clients ; ce sont des êtres capables de donner beaucoup d'amour, finalement, peut-être plus qu'un androïde humain tout droit sorti d'un établissement de formation. Et vous ne pouvez pas nier que ce projet procède d'une logique qui a vocation à s'étendre. Parce qu'enfin, c'est bien du corps en son entier dont il est question : quand on assimile sexualité, hygiène, bonheur et médecine ; quand on s'intéresse en premier lieu aux anormaux du corps, on arrive à un stade où on ne pourra plus en rester là.
J'ajoute que permettre l'ouverture des bordels, c'est aussi lutter contre ces albanaises droguées qui trainent dans le caniveau, dans l'horreur. On ne la fait pas, ou moins, à une maquerelle dans son château.
11. 15/01/2011 21:38 - Une femme comme les autres
Mika L je vous rejoint completement sur votre vision de l'assistant sexuel. Ce n'est pas un vulgaire livre traitant le délire skyzophénique d'une hypothétique PERSONNE handicapée qui permettra de traiter la question de la sexualité chez les PERSONNES déficientes.
J'entends par déficient une personne qui ne se suffit pas à elle meme, une personne qui a besoin d'un accompagnement global. C'est à dire vers l'ouverture aux autres, au monde . Le handicap ne nuit en rien à la reproduction et encore moins aux pulsions sexuelles.
L'assistant sexuel traite un besoin humain, propre à nous pauvres hommes et pauvres femmes. Alors pourquoi interdire ce service à la personne? A l'heure de Meetic et autres sites proposant des rencontres n'ayant parfois qu'un but, celui de se décharger sexuellement, pourquoi ne accepter que des professionnels donnent un coup de main aux citoyens handicapés?
A moins que la représentation que porte Mr Gajaray sur les handicapés (je ne fait que vous citer) soit encore très violente, voire bestiale. Comme l'explique tres bien Simone Sausse dans le Miroir brisé, la vision que porte le citoyen lamda sur la sexualité de l'handicapé est très péjorative "l'ange ou la bête?", quelqu'un qui n'a pas de sexe ou alors quelqu'un qui ne gère pas sa sexualité comme un humain!
Désolé mais pour moi cet article n'a aucune valeur, il ne fait que dire et renforcer les représentations que peuvent porter les littéraires sur un monde qu'il ne connaissent pas ou peu....
une petite recherche-action sur ce public permettrait peut etre de mieux comprendre ce qu'ils vivent au quotidien et à quel point il est complexe de vivre son désir au travers un corps meurtri.
12. 16/01/2011 22:03 - Léo WADA
"Désolé mais pour moi cet article n'a aucune valeur, il ne fait que dire et renforcer les représentations que peuvent porter les littéraires sur un monde qu'il ne connaissent pas ou peu....
une petite recherche-action sur ce public permettrait peut etre de mieux comprendre ce qu'ils vivent au quotidien et à quel point il est complexe de vivre son désir au travers un corps meurtri."
Je pense que vous n'avez pas bien compris l'article ou dans un autre sens.
Cet article défend justement les handicapés, une sexualité épanouie, mais si vous creusez plus profondément, cet article défend les hommes dans leur globalité pour un droit généralisé au sexe sans barrières politiques, moralisatrices, ou idéologiques sur le corps humain qui est au demeurant, assez bestial.
La misère sexuel est un problème d'envergure national.
13. 16/01/2011 22:06 - Léo Wada
Sans faire preuve de cynisme, les maisons de passe peuvent apporter quelques deuniers à l'Etat.
Beaucoup de français partent déjà en Belgique ou en Espagne dans les maisons de passe pour une "simple" fellation.
14. 17/01/2011 15:08 - HP
Il est certain que ne pas avoir accès à la jouissance sexuelle est une chose terrible. Mais, est-ce vraiment possible de retirer du plaisir d'une relation si administrative et technique ? Je n'affirme rien, je pose la question. C'est un peu comme si le médecin conseil de la cnam venait chez vous pour vous faire jouir... Finalement, du point de vue de la relation humaine, les prostituées ne seraient pas pires, et même peut-être plus humaines (avec tout ce que cela sous-entend) car elle ne seraient pas planquées derrière un enseignement théorique et des barrières moralo-hygiéniques peu compatibles avec l'amour physique.
15. 17/01/2011 20:31 - Frédéric Gajaray
Oui, et puis, Une femme comme les autres, votre pseudonyme trahit bien vos idées. Je n'ai pas en goût la " petite recherche-action" parce que je ne sais pas ce que cela veut dire.
16. 17/01/2011 21:11 - HP
ça veut dire faire une étude marketing ;-)
17. 30/01/2011 20:55 - une femme comme les autres
cf francois chobeaux ou patrick decleck pour les recherches actions aupres d'un public, eh non ce n'est pas une etude marketing car on ne parle pas de client mais d'usager!
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Dernière réaction en effet, les putes me semblent être une meilleure solution qu'un assistanat sexuel organisé par un Etat qui ne doit pas s'occuper de tout, en tout cas pas de cela. Les péripatéticiennes et...  13/01/2011 09:41 Marlow
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