Sur le RING

Teresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent Gallaire

SURLERING.COM - CULTURISME - par David Kersan - le 01/12/2010 - 8 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

Ancien bras droit d'Antoine Gallimard, Teresa Cremisi est depuis 2005 PDG de Flammarion. Éditrice de Michel Houellebecq, la numéro 2 du groupe Corriere Della Sera répond aux questions soulevées par l'affaire initiée par Florent Gallaire. Réaction apaisée d'une femme déjà passée à l'action judiciaire. Exclusivité Ring.


1.    Que pensez vous de la justification 'économique' de la culture du gratuit, selon laquelle seules les ressources rares ont un prix ? Le livre, la musique... sont ils devenus, ou en train de devenir des ressources abondantes?"

Il y a je pense une confusion : ce qui fait la valeur d’une œuvre c’est son contenu quelque soit le support. La démultiplication des supports n’y change rien.
Il n’y a pas plus d’abondance dans le numérique que dans le papier. Le travail de l’auteur reste le même, celui de l’éditeur aussi. C’est la création qui doit être rétribuée.

2.    Pensez-vous que le support numérique puisse réellement concurrencer le support papier ?

Aujourd’hui le marché du numérique étant très faible, nous ne constatons pas de concurrence. Avec le développement du marché du livre numérique on peut penser qu’il y aura une concurrence voire une cannibalisation partielle entre les offres papier et le numérique. Mais nous sommes aussi nombreux à penser qu’il pourrait y avoir un accroissement du nombre de lecteurs est possible et c’est là le véritable enjeu.

3.    - Même en cas de victoire judiciaire, le préjudice reste. Et comme des petits malins peuvent imiter Gallaire, la lutte parait infinie. N’importe qui peut scanner un livre avec reconnaissance de caractères, le passer en PDF et le mettre à disposition du public via Emule. Pensez-vous obtenir une condamnation suffisamment dissuasive, à la hauteur de la brèche ?

Les condamnations seront sans doute dissuasives, il existe un dispositif légal qui s’est renforcé ; mais la peur du gendarme est une chose, la qualité de l’offre numérique légale en est une autre et c’est un axe de développement aussi important. Nous mettons en place cette offre dans le cadre d’Eden (un partenariat avec Gallimard et La Martinière-le Seuil) tant au niveau éditorial qu’au niveau commercial avec les sites des librairies numériques, c’est aujourd’hui notre priorité.

4.    - Quand nous tapons « terminator megaupload » sur google, nous trouvons immédiatement le moyen de nous procurer illégalement le film. En 15 minutes, nous pouvons le visionner. Avec l’e-book, les livres risquent de subir le même style de traitement. Un fichier acheté légalement, une fois les codes débloqués, peut être diffusé sur des sites pirates ou en peer to peer et ainsi offrir, grâce aux tablettes type Ipad, un fichier parfaitement lisible par tous. Est-ce une raison pour y être réfractaire, ou pas ?

Avec la loi Hadopi, le transgresseur court le risque de perdre toute connexion à Internet en procédant comme vous le dites. On peut aussi sans doute imaginer que bon nombre de lecteurs souhaitent respecter les droits d’auteurs et dans le domaine de la musique, après la période du tout gratuit et du piratage systématique,  les sites payants voient maintenant régulièrement leurs ventes de fichiers MP3 croître.

5.    - Comment comptez-vous vous adapter aux nouveaux enjeux d’une confrontation de la propriété littéraire aux NTIC ? Certaines recherches juridiques étudient le sujet. Cela va-t-il vous obliger à étendre le service juridique de votre maison ? Autrement dit, à rendre plus procédurière ou, disons, commerciale, l’activité d’édition ?


La meilleure réponse que nous puissions apporter, c’est une offre légale attractive et nous nous attelons à cette tâche. Nous prenons naturellement des mesures de protections légales ou techniques pour protéger les droits. Les moyens d’actions sont variés mais nous souhaitons aussi privilégier la mise en place d’une offre légale attractive.

6.    - Pensez-vous que ces problèmes de pillage de la propriété intellectuelle appellent sa refondation ? Loin de nous de songer à une rémunération des artistes comme le souhaitait Proudhon – même si certaines subventions d’Etat pourraient nous interroger. Mais faut-il attendre un changement de paradigme ? Vers une littérature-réseau, rhizomatique?


Nous ne sommes malheureusement pas certains que le débat soit actuellement à ce niveau, aujourd’hui, le téléchargement illicite n’offre aucune rémunération ni aucun droit aux auteurs.
Nous sommes aujourd’hui dans la continuité de l’exploitation du papier. C’est le sens du travail effectué par l’inter-profession sur la définition du livre numérique, sur les négociations pour obtenir un prix de vente unique quels que soient les réseaux et sur celui fait sur la TVA afin d’obtenir une TVA à 5,5 %.

7.    - Michel Houellebecq en personne vous soutiendrait-il dans une action en justice ? On voit souvent les rapports entre l’éditeur et l’écrivain comme parfaitement solidaires. Ce genre d’affaires pourrait-il remettre en cause cet intérêt collectif ?

Nous avons pour mission, en tant qu’éditeur, de prendre la défense de nos auteurs et faire en sorte de lutter avec eux contre le piratage. La communauté d’intérêt entre l’auteur et l’éditeur est encore renforcée par les pillages que vous évoquez. Et, s’agissant de Michel Houellebecq, je suis certaine de sa solidarité.

8.    - Protéger une œuvre littéraire contre le piratage est-il à mettre sur la même  fréquence radio que la défense des droits d’auteurs sur un album ou un film ? Si non, comme on peut le supposer, faut-il dissocier le pillage de livres dits "supérieurs" de celui de livres dits "commerciaux" ? Moralement, s’entend ? Parce qu’on peut penser que voler Michel Houellebecq est plus abject que de voler un album de Britney Spears, ou sa biographie… ?

De façon générale, le droit d’auteur doit être respecté sans discrimination de mérite, sans discrimination de support. Il s’agit de protéger la création sous toutes ses formes. Il n’y a pas en cette matière de distinction à faire entre « supérieurs » et « commerciaux ». Distinction que je trouve par ailleurs absurde dans tous les domaines.

9.    Michel Houellebecq a pastiché, voire repris Wikipedia. Comme d’autres avant lui le faisaient avec des encyclopédies. Le raisonnement absurde de ce blogueur stupide, s’il ne tient pas debout juridiquement (droit de citation etc.), vous semble-t-il, aussi et surtout, "très grave" sur le plan littéraire ? Que révèle-t-il de l'époque ?

Le raisonnement du blogueur n’a vraiment pas de sens, ni juridiquement, ni littérairement, ni d’ailleurs pour les représentants de Wikipédia qui se sont exprimés sur la question.

10.    De nombreux auteurs se posent une question qui fâche : sachant qu’il n’y a pas de frais d’impression ni de frais de mises en place, pourquoi l’auteur continue de toucher ses 10 ou 12% de droits d’auteurs sur un e-book pourtant bien moins cher à mettre à la disposition du public ?


Contrairement à une idée préconçue, la mise en place d’une offre numérique légale, dans le respect des droits d’auteurs, entraîne aussi des coûts. A ce stade, on constate que le livre numérique entraîne des coûts fixes de fabrication (la  conversion des fichiers adéquats, les DRM), de distribution, de stockage alors que le revenu généré reste faible compte tenu des ventes.
Aujourd’hui pour les éditeurs, c’est plus un investissement pour l’avenir, qu’une source de revenus pour nos bilans... D’autre part l’incidence de la TVA, si lourdement défavorable pour le livre numérique par rapport au livre papier, ralentit le démarrage de ce nouveau marché.  Voilà un  combat à mener aux côtés de nos auteurs.

Propos recueillis par la rédaction du Ring



Toutes les réactions (8)

1. 01/12/2010 21:52 - klics

klicsJ'espère que Ring offrira la même tribune à Florent Gallaire.

2. 02/12/2010 09:48 - Nathanael

NathanaelClassieuse la PDG. Mais j'ai lu une news ce matin qui indiquerait que Florent Gallaire aurait retiré le fichier de son blog. Donc Flammarion ne va pas porter plainte ? Sauf que grâce à Gallaire, le fichier est partout maintenant, la preuve, je l'ai téléchargé ce matin. (je précise que je l'ai acheté dès sa sortie).

3. 02/12/2010 10:12 - TitOeuf

TitOeufLa « valeur » d'une oeuvre littéraire est uniquement l'écho qu'elle obtient au sein du lectorat, c'est donc une symbiose parfaite et une union de grâce entre l'auteur et ses lecteurs, un mariage en quelque sorte, bref cela n'a pas de valeur en tant que tel, car cela va bien au-delà de ce simple paramètre, alors que la "valeur" que l'éditeur attribue à cette même oeuvre est exclusivement une valeur dite "économique".

De même, à mon sens, qu'il ne faut pas confondre le métier d'écrivain avec celui d'éditeur, et c'est bel et bien là que le bât blesse. L'éditeur est stricto sensu (et pas sangsue...lol) un agent économique comme un autre, un intermédiaire, qui évalue, enregistre et imprime à foison et à raison économique. Un constructeur de maison individuelle et un épicier font exactement la même chose au jour le jour, à savoir, ni plus, ni moins que du commerce.

Sauf que l’éditeur de livres, à l’image de son ami éditeur de disques (avant bien entendu, la toute récente vague qui a balayé toute sa politique de prix « fixes » via le téléchargement numérique, désormais accepté et redéfini en concertation avec les grandes majors elles-mêmes) n’a jamais souhaité admettre le postulat général et fondement même de tout marché économique libéral dit « ouvert », à savoir que l’augmentation d’une « demande » doit immédiatement agir en diminution du prix de « l’offre » lorsque l’on se trouve sur un segment de production « illimitée », tel que l’est bien un « livre fini ».

Je reste convaincu pour ma part, que le créateur premier, à savoir l’écrivain, préférerait nettement être lu par 15 millions de personnes à 6€ l’unité, que par seulement 1 million de personnes à 20€, d’un point de vue strictement économique cela tombe déjà sous le sens commun, et d’un point de vue strictement culturel cela entame évidemment l’inadmissible position de rente, hors compétition économique donc, sur laquelle est assis depuis bien longtemps l’intermédiaire dont il s’agit, à savoir l’éditeur.

Cette position de rente affaiblit de facto le marché sous deux angles, le premier étant la difficulté d’apparition et l’émergence de nouveaux concurrents, nouveaux compétiteurs économiques, jeunes éditeurs, dont l’existence même revitalise tout secteur économique, le second étant bien entendu le maintien dans le prix fixe de l’odieuse « prime de risque », à savoir le lissage par l’éditeur dans la constitution de son prix, du coût de ses propres pertes en ayant misé sur des « nanars » et d’infâmes daubes, que chaque client final doit bel et bien supporter, alors qu’il n’en a jamais exprimé le souhait et qu’il n’est nullement « actionnaire » de la maison d’édition et ne perçoit donc aucun "dividende" (cela peut d’ailleurs s’apparenter à du vol pur et simple, car aucun agent économique en marché libéral n’a à faire supporter de "garantie", sur la valeur ajoutée, de son propre risque de compétiteur économique, c’est du communisme pur et simple, donc à combattre toujours selon moi, et de la manière la plus vigoureuse qui soit).

Lors du procès à venir, si procès il y a, j’espère que les Juges entendront bien en la plaidoirie de la défense, que « les particules élémentaires » de « l’extension du domaine de la lutte », loin de n’être que la simple « possibilité d’une île » pourront enfin faire redescendre quelque peu l’éditeur de livres, de sa « plate forme » financière de confort……A suivre donc.

Car j'ai aussi fait mon petit calcul perso, si le prix unitaire du livre baisse, je peux m'en acheter plus et comme je n'aime pas lire sur un écran d'ordinateur, ça tombe plutôt bien et cela pourra faire travailler plus de monde. C'est Toubon, comme dirait Jacques, et pour la culture aussi.

4. 05/12/2010 09:47 - Berthe

Berthe@TitOeuf ... Parce que vous pensez sincèrement qu'un livre qui a 1 million de lecteurs à 20 € en aura 20 millions parce qu'il ne coûte plus que 6 €? Il faut aimer lire - et on lit de moins en moins - et il faut avoir le temps de lire ... Il existe une grande différence entre le téléchargement de la musique (rapide consommation) et celui de la littérature.

5. 10/12/2010 00:29 - Donjipez

DonjipezTrès drôle cette pensée d'un vieux monde... Et bonne initiative que de diffuser le plagiaire bien que, même gratuit, on peut se demander qui pourrait avoir l'envie de se farcir les pénibles lignes du désormais scribe officialisé du régime.

6. 10/12/2010 18:58 - spow

spow@Donjipez

Ce que vous écrivez sonne bien musicalement, mais c'est tout car vos arguments sont d'une rare médiocrité. Vous devriez vous mettre au plagiat.
Vous avez raison, mais qui peut bien avoir envie de lire Houellebecq ? En attendant, les chiffres des vente de ce roman sont excellents et il est prévu de le traduire en 30 langues.
Si je m'en réfère à l'icône de votre pseudo, vos références à vous c'est plutôt Jean Roucas et Stéphane Collaro ; je confirme, Houellebecq, c'est vraiment pas fait pour vous ;-)) mdr.

7. 28/12/2010 21:43 - waax

waaxC'était pourtant une bien innocente question, enfin...

8. 28/12/2010 22:48 - popup

popupFlorent Gallaire : http://rutube.ru/tracks/3854273.html?v=8b1604ddc68c8022619503a19ba1301d

réagissez, commentez, publiez, vous êtes sur le ring



Veuillez saisir le code Anti-Robot, ce code sert à vérifier que vous n'êtes pas un Robot.
Ring 2012
David Kersan par David Kersan

Rédacteur en chef de Ring.

Dernière réaction

J'espère que Ring offrira la même tribune à Florent Gallaire.

klics01/12/2010 21:52 klics
MgDantec
Articles les plus lus
  • Pour Sarkozy, avec ferveurPour Sarkozy, avec ferveur

    NB : Cette tribune libre n'engage pas l'ensemble des chroniqueurs de Surlering.com.Aux « déçus » du sarkozysme.En France, nous avons toujours eu la gauche la plus nulle et la plus fourbe du monde...

  • Satellite Sisters : suite de la sirène rouge, des racines du mal et de Babylon babiesSatellite Sisters : suite de la sirène rouge, des racines du mal et de Babylon babies

    Le manuscrit Satellite Sisters, suite de la Sirène rouge, des racines du mal et de Babylon Babies, est dans les airs entre Cape York et Paris, direction les éditions Ring. Le site officiel des...

  • Qu’est-ce que la Résurrection ?Qu’est-ce que la Résurrection ?

    « Mais si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi. » (1 Co 15, 14)  Encore une fois, Benoît XVI a tout dit. Sans...

  • Richard Wagner, un antisémite maître spirituel de Hitler ?Richard Wagner, un antisémite maître spirituel de Hitler ?

    À propos du livre de Pierre-André TAGUIEFF, Wagner contre les Juifs (Berg International, 2012)Définir aussi précisément que possible l’antisémitisme de Wagner, sans tomber dans...

  • Réflexions sur la tuerie antijuive de ToulouseRéflexions sur la tuerie antijuive de Toulouse

    (propos recueillis par Christophe Ono-dit-Biot) pour Le Point, 22 mars 2012, pp. 54-57 ; texte publié avec quelques coupes sous le titre : « Israël joue le rôle du diable ». Cet entretien a...

  • "Finance pousse-au-crime" : la preuve, enfin"Finance pousse-au-crime" : la preuve, enfin

    Cela devait arriver. Car de longue date, toute loyauté raillée, toute fidélité abolie, les requins de Wall Street ne nagent plus que « dans les eaux glacées du calcul égoïste » (dixit Karl...

  • Qui ?Qui ?

     Assassinats. Militaires. Petits enfants. Montauban et Toulouse. Ecole juive. 11,43 et 9mm. Indignation, compassion, consensus. Campagne suspendue par le PS. Une minute de silence dans les écoles...

  • Carnets de campagneCarnets de campagne

    Les campagnes électorales sont des périodes d'extrême saturation des ondes et des conversations, un peu comme aux César ou aux Victoires de la musique, où les animateurs-fonctionnaires s'agitent...

  • A l’école de l’antimodernitéA l’école de l’antimodernité

    Puisque nous sommes en début d’année, puisque cette année sera politique ô combien, puisque, on me permettra cette très vaniteuse remarque, ma troisième saison au Ring commence aujourd’hui,...

  • Les étoiles 2011 de DantecLes étoiles 2011 de Dantec

    "Il vaut mieux attraper la peste que rencontrer certaines personnes ; à l'inverse, on ne pourrait vivre en passant à côté de certaines rencontres" ("Manuel de survie en territoire zéro").Maurice...

  • Le superbe top 50 des FrançaisLe superbe top 50 des Français

    Puisqu'on vous dit que vous les aimez. "TOP 50 : contre la crise, rire, métissage et proximité", voilà comment on nous présente le "sondage-événement" du JDD, censé établir la liste...

  • Rachida Dati creuse son FillonRachida Dati creuse son Fillon

    Que le Premier ministre me pardonne ce jeu de mots sur son nom pour le titre de ce billet mais il est vrai qu'il convient de ramener à sa juste mesure la guerre que depuis quelque temps Rachida Dati...

  • Sécurité routière : l'arnaque extra-largeSécurité routière : l'arnaque extra-large

    Puisque dans ce domaine, la répression règne sans partage sur la prévention, sans que ça n'indigne personne, pas même Stéphane Hessel. Rééquilibrons les choses en faisant un peu de...

  • Poudlard for everPoudlard for ever

     A Raphaël Juldé, dernier arrivé à Poudlard mais premier reçu aux buses et aux aspics (maison Poufsouffle), et qui, d’après le professeur Trelawney rencontrera plus tôt qu’il ne le croit...

  • Rokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumainRokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumain

    « Non seulement les races n’existent pas, mais en plus, elles sont toutes égales » (proverbe de Jalons)Je viens de finir Racisme : mode d’emploi de Rokhaya Diallo, et je sais désormais que je...

  • Séduction du conspirationnisme : Umberto EcoSéduction du conspirationnisme : Umberto Eco

    Entretien avec Pierre-André Taguieff (propos recueillis par Paul-François Paoli)Philosophe, politologue en historien des idées, Pierre-André Taguieff, qui prépare un nouveau livre sur les...

  • Les révoltes arabes, les intellectuels français et la pensée "complexe"Les révoltes arabes, les intellectuels français et la pensée "complexe"

    Voici deux mois, le jeune Mohamed El-Bouazizi décédait l’hôpital de Ben Arous, et la Tunisie s’embrasait, entraînant à sa suite nombre de pays arabes. Voilà un mois, un étrange débat...

  • Faces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rockFaces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rock

    Foi profonde, révélation, référence culturelle inévitable, sujet de plaisanterie, de provocation, démarche commerciale, la figure, ou plutôt Les figures du Christ sont une source...

  • In Xto Rege : à la recherche du Jésus historiqueIn Xto Rege : à la recherche du Jésus historique

    Le premier thema Ring 2011 se déploiera sur neuf textes articulés autour des questions centrales posées par la matérialité de Jésus de Nazareth, la Passion, les reliques, leurs valeurs...

  • Le suaire de Manoppello révèle le visage du ChristLe suaire de Manoppello révèle le visage du Christ

    On connaît le linceul de Turin, ce grand morceau de lin sur lequel l’image du corps entier du Christ mort est incrustée. On connaît l’histoire de la photographie de 1898 révélant que...

  • Ainsi parlait ZaraDebbouztraAinsi parlait ZaraDebbouztra

    Presque par bonheur, on l'avait oublié. Le revoilà. Jamel Debbouze a choisi l'Express (c'est de circonstance, il y a vraiment quelque chose de ferroviaire dans cet entretien) pour exercer son...

  • Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?

    Le texte qui prévoyait de légaliser l'euthanasie, examiné mardi au sénat, a été supprimé par deux amendements. S'il y avait bien quelque chose à supprimer, c'était ce texte, n’importe...

  • Céline rattrapé par la mémoireCéline rattrapé par la mémoire

    Sors d'ici, Louis-Ferdinand ! La République a choisi : l'ignoble sera au dessus du grand, pour l'éternité. Il ne faut pas célébrer le génie, parce qu'il est parfois antisémite. Oui, Céline...

  • Broadcast : the dream is overBroadcast : the dream is over

    Chanteuse et icône du groupe, Trish Keenan n’est plus. La grande sœur idéale s’en est allée planer au dessus des nimbus qui plombent Birmingham. Avant que de sombrer dans l’oubli, laissons...

  • Benoît XVI - Un cœur intelligentBenoît XVI - Un cœur intelligent

    Lecture de Lumière du monde, un entretien de Benoît XVI avec Peter Seewald :  Lumière des siècles contre siècle des lumières.Les communistes avaient tenté de se débarrasser de Jean-Paul II...

  • Robert Brasillach : le procès expédiéRobert Brasillach : le procès expédié

    Il en va de certains écrivains comme des maladies vénériennes. Tout le monde les connaît mais personne n'en parle. Ainsi de Robert Brasillach dont il suffit de prononcer le nom au beau milieu...

  • Du bon et du mauvais usage de l’indignationDu bon et du mauvais usage de l’indignation

    Il est sympathique ce Stéphane Hessel avec sa gueule du vieux qui sait et son histoire héroïque de grand résistant,  grand bourgeois, grand lettré,  grand amoureux des femmes (il en a eu cinq...

  • Terreur et martyre : il était minuit à AlexandrieTerreur et martyre : il était minuit à Alexandrie

    Il était minuit à Alexandrie.« Le martyre est l’expression absolue de notre amour » Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk Alexandrie, Egypte. 2010 vit ses derniers instants, tels ces...

  • Assises islamisation : c'est la lutte prime-timeAssises islamisation : c'est la lutte prime-time

    La jurisprudence Marine Le Pen est passée par là : se demander si les musulmans peuvent être "trop", sous des latitudes où il faut bien reconnaitre qu'ils se sont séculairement contentés...

  • Chemins de traversChemins de travers

    « Voici un étrange monstre », aurait (re)dit Corneille. La pièce que nous donne à lire Ariane Chemin dans son article sur le souper Houellebecq-Sarkozy du 14 novembre, pour être somme toute...

  • PS : les intermittents de la réalité en tournéePS : les intermittents de la réalité en tournée

    Même si Benoît Hamon doit en être à sa quarantième boite de Valium, il faut reconnaitre qu'il n'y a que le PS pour égayer ainsi nos froides soirées d'hiver. Tout d'abord, l'ineffable...

  • "Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe.""Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe."

    Biographe de Bashung, chroniqueur historique des Inrockuptibles, l'écrivain Marc Besse est aussi l'un des rares spécialistes de Noir Désir. Proche du groupe, cet écorché vif ne pouvait rester...

  • Blondeincendiaire.com : the murder chat roomBlondeincendiaire.com : the murder chat room

    (reportage vidéo à ne pas louper en fin de chronique)Au moment où Wikileaks relance le débat sur la place de la transparence dans la vie démocratique avec ses soit-disantes « révélations »...

  • Cantona : quand wall street veut casser la banqueCantona : quand wall street veut casser la banque

    Cantona, qui envisage désormais la lucarne de l'Elysée, avait créé la polémique en 2011 avec sa première tentative de "révolution". Retour, avec Laurent Obertone, sur le premier coup de poker...

  • Quelques traces de rouge à lèvres…Quelques traces de rouge à lèvres…

    Et si Alain Bashung avait trouvé dans l’art de la reprise, un sens pour sa propre musique ? Voilà la relecture de l’œuvre que propose « Osez Bashung », un double album compilatoire qui met...

  • Teresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent GallaireTeresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent Gallaire

    Ancien bras droit d'Antoine Gallimard, Teresa Cremisi est depuis 2005 PDG de Flammarion. Éditrice de Michel Houellebecq, la numéro 2 du groupe Corriere Della Sera répond aux questions soulevées...

  • Exil(s) ExpressExil(s) Express

    Géraldine Woessner a été reçue au domicile de Maurice G. Dantec à Montréal. Une conversation autour de l'exil, du Québec, de l'hexagone et ses écrivains, du roman qu'il prépare pour 2011 et...

  • Et si les chômeurs ne chômaient plus ?Et si les chômeurs ne chômaient plus ?

    Faire travailler les chômeurs, voilà "une joyeuse bonne idée", comme dirait Jolitorax, dans Astérix chez les Bretons. Bon, dans l'absolu, c'est n'est pas nouveau. Parait que François Mitterrand...

  • Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"

    Précisions : sur qui s’appuyer pour faire la révolution ?Comme dernier avatar après bien d’autres (on le verra plus bas), le bas clergé académique, tendance « sociologie critique », nous...

Offrez-vous le dernier Taguieff