Sur le RING

Taguieff contre Super-Résistant

SURLERING.COM - OUTREMONDE - par Loïc Lorent - le 29/06/2011 - 29 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

Directeur de recherche au CNRS, auteur d’une trentaine d’ouvrages, Pierre-André Taguieff a été récemment l’objet d’une « polémique » à la fois risible et passionnante. En s’en prenant, sur Facebook, à Stéphane Hessel, il a brisé l’unanimité, par définition douteuse, qui se faisait autour de l’ancien diplomate. Surveillé depuis que, dans le cadre de ses travaux sur l’antisémitisme, il a osé affirmer que ce « socialisme des imbéciles » recrutait bien en dehors des cercles « populistes », se voyant accusé d’islamophobie, il persiste et signe. Et tire à boulets rouges sur les hérauts du « palestinisme ». 

 

Connaissez-vous la famille Fogel ? Non ? Vous êtes sûrs ? C’est bizarre. En général, en France, on n’aime rien plus que les assassinats pour ouvrir les JT. La « séquence » dure deux jours, puis elle est remplacée par un fait-divers sordide qui « relance le débat » qu’on avait bien souvent oublié quand on n’ignorait pas carrément son existence, ou par une « polémique » suscitée par le « dérapage » de quelque député de l’invincible Lozère (du genre : « Le député Alain Pupleu déclare que Jeanne Ronouille ne vit pas à Mende : le PS dénonce des relents pétainistes »).

C’était à Itamar, Judée-Samarie (ou Cisjordanie), dans la nuit du 11 au 12 mars. Ce soir-là, deux Palestiniens se sont introduits dans cette implantation (ou colonie) israélienne. Ils y ont égorgés durant leur sommeil les cinq membres de la famille Fogel : le père, la mère et les trois enfants. L’annonce de ce fait d’armes a provoqué des scènes de liesse dans certaines cités contrôlées par l’Autorité palestinienne. Vous n’en avez pas entendu parler ? On croyait pourtant que les médias français étaient à la solde du « lobby juif ». Un tel crime aurait dû logiquement déclencher leur colère, déclinée en reportages à la gloire de l’Etat hébreu. Non ?

 

Quiconque s’est un jour intéressé à l’antisémitisme (sa vie, son œuvre) a une dette énorme envers Pierre-André Taguieff. Parce qu’il fut le premier, à l’orée d’un XXIe siècle dont les débuts furent, chacun en conviendra, spectaculaires, à tenter de mettre des mots (précis) sur ce phénomène observable avant même le commencement de la seconde Intifada : le réveil de l’antisémitisme. Sous d’autres formes. C’est pourquoi Taguieff proposait un changement de paradigme. Rien de moins. Nous avions grandi avec des professeurs qui enseignaient que l’antisémitisme était, aujourd’hui comme hier, comme toujours en fait, le jouet préféré et exclusif de l’extrême-droite et, avant elle, mais c’était un peu la même chose, du catholicisme. De saint Louis à Le Pen, en passant par Drumont et Darquier de Pellepoix, c’était la même longue histoire d’un rejet débouchant sur une haine capable de bien des crimes. Il était parallèlement fort peu question de l’antisémitisme d’extrême-gauche, celui qui poussait des socialistes bon teint à exécrer « la banque juive » à l’aube d’un XXe siècle qui, on nous le concèdera, commençait en fanfare sur la Marne et à Gallipoli. Il était pourtant, cet antisémitisme-là, étudié dans nombres de livres. Il était une vérité historique démontrée. On pouvait même dater son déclin de l’affaire Dreyfus, même si, dans les années 1930 encore, par « peur biologique » d’une guerre avec l’Allemagne (mais pas que), il était possible d’entendre « Je ne marche pas pour la guerre juive » dans un Congrès de la SFIO. Sans jamais nier que l’antisémitisme old school – qu’il a d’ailleurs longuement examiné – séduise encore certains nationalistes ou nazillons nostalgiques d’un Reich dans lequel ils auraient sûrement fait, au mieux, office de supplétifs – les races latines, n’est-ce pas… –, antisémites de souche violents à l’occasion, mais aussi et surtout vedettes d’associations antiracistes qui les traquent avec autant d’ardeur qu’elles peinent à en dénicher plus que quelques grappes, ce qui les conduit inévitablement à en inventer, Taguieff sonde la nature de cette judéophobie qui tantôt refuse de se nommer, tantôt brandit l’étiquette antisioniste.

Appelons un chat un chat. Jusqu’à preuve du contraire, jeter un voile pudique sur un problème n’a jamais aidé à le résoudre. Aujourd’hui en France, l’immense majorité des actes antisémites, agressions verbales ou physiques, est le fait de « jeunes issus de la diversité ». De, pas des. Ces actes ont pour moteur un conflit israélo-arabe dont le traitement politique et médiatique peut, en Europe, laisser pour le moins dubitatif. Qui occupe un espace démentiel dans ce « débat » permanent que sont désormais nos démocraties d’opinion. Cet antisémitisme irréductible aux catégorisations anciennes, Taguieff l’appela judéophobie. Depuis une dizaine d’années, il ne cesse de remuer, corriger, enrichir ce concept. L’actualité l’y aide beaucoup, malheureusement. L’hypothèse de Taguieff, c’est que la critique d’Israël, non seulement permise mais encouragée, dissimule plus ou moins adroitement une judéophobie tout aussi dangereuse, à terme, que l’antisémitisme de grand-papa. Pourquoi ? Parce que « cette « question israélienne » est devenue une « question juive » avec l’islamisation du discours antisioniste, qui mêle les arguments de type nationaliste ou ethno-nationaliste (l’Etat juif dénoncé comme un phénomène colonial sur des terres arabes ou palestiniennes) aux thèmes politico-religieux du fondamentalisme musulman (la présence juive « souille » une terre islamique). La mise en question du droit à l’existence d’Israël constitue le thème central de la nouvelle « question juive ». » 

Taguieff sait combien l’expression « question juive » est lourde de sens. Car elle reste à jamais attachée à ceux qui en ont fait la clef de voûte de leur entreprise criminelle, les nazis. Et quand ils la posaient, il était entendu qu’ils connaissaient la réponse. Aussi, qu’elle ait été fonctionnelle ou intentionnelle, soit la conséquence des victoires des armées allemandes ou une condition nécessaire à ces mêmes victoires, la « solution finale » était, dans les deux cas, fatale, ou si l’on préfère, consubstantielle au national-socialisme. En choisissant d’intituler son livre ainsi, Taguieff nous invite donc d’emblée à prendre la mesure des risques qui pèsent sur les Juifs. Aujourd’hui.

Les temps ont changé. La judéophobie, nous dit-il, est un lieu commun partagé par des masses entières, et par des élites qui y puisent cette « juste cause » sans laquelle elles donnent l’impression de ne pouvoir respirer. La tribune de l’ONU se transforme en tribunal d’Israël. Dans une part conséquente du monde arabo-musulman, les poussées islamistes vont de pair avec une obsession anti-juive (et anti-chrétienne). Israël est le coupable au carré : parce qu’il se revendique comme Etat-nation à l’heure de la gouvernance mondiale ; parce qu’il est majoritairement composé de juifs dans une région ou l’islam est la règle et où les minorités religieuses sont toutes, à des degrés divers, persécutées ; parce qu’il doit sa survie à la force des armes et qu’il continue donc à croire en elles quand d’autres, surtout en Occident, prônent le désarmement intégral ; parce qu’il fait face à l’enfant chéri des « belles âmes », la victime multidimensionnelle, Super-Résistant : le Palestinien. Ici, on demande aux Juifs de se désolidariser d’Israël. Là-bas, on demande aux Israéliens de ne plus se définir comme Juifs.

Première cible de Taguieff : les « néo-communistes ». Héritiers en ligne courbe des hégéliens de gauche qui, dès les années 1830, exigeaient des Juifs qu’ils se « déjudaïsent », les philosophes « néo-communistes » (Badiou, Balibar, Bensaïd, etc.), grands contempteurs des identités, voient en Israël un Etat de type colonial et font de son ostracisme un préalable à toute discussion. Leur « antisionisme radical fonctionne dans le cadre d’un messianisme politique centré sur la « libération » du peuple palestinien, imaginé comme promesse de la libération finale du genre humain. » Grâce au Palestinien, cheminons tous ensemble vers le communisme de demain ! La route passe par le démembrement d’Israël, appelé à se fondre dans un Etat binational. On pourra d’ailleurs s’amuser de ce que ces intellectuels internationalistes, qui aperçoivent du pétainisme (« rampant » ou non) derrière chaque drapeau français, s’accommodent fort bien du très viril nationalisme palestinien. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes : est-ce vraiment à travers cet idéal venu d’un autre siècle que nous pouvons espérer gagner en humanité et bâtir une société égalitaire parfaite ? Idéal qui sent le sapin, voire le moisi. Aussi, habituellement peu portés sur la religion, sauf pour l’accabler, ces philosophes pro-palestiniens (ce qui est leur droit le plus strict) refusent d’admettre la composante islamiste du « palestinisme ». Sur ce dernier point, Taguieff évoque même une « ré-islamisation croissante » de la « cause », la victoire électorale et symbolique du Hamas sur le Fatah et la popularité du Hezbollah dans la région accréditant, entre autres faits et signes, cette thèse – thèse qu’on pourra cependant contester, Taguieff s’appuyant beaucoup trop à notre goût sur les enquêtes d’opinion. Et quand il n’est pas balayé d’un revers de la main, l’islam est considéré comme l’ecsta du peuple, son unique bouclier moral contre la rapacité des colons juifs, avant-garde de l’Occident capitaliste. (On retrouve là une constante des travaux récents de Taguieff : la description de « l’islamo-gauchisme ».)

Mais ils ne sont rien, ou si peu, comparés à la star de l’année 2010, l’ancien diplomate Stéphane Hessel. Rancunier – on le serait à moins –, Taguieff lui consacre un chapitre dévastateur. Il faut dire que le succès colossal de son petit livre, Indignez-vous !, interpelle à plus d’un titre. Revêtant lui aussi, à l’instar des « néo-communistes » ou d’un Noam Chomsky, les habits de l’antisionisme, Hessel se penche sur un planisphère et ne voit plus qu’Israël. Le vaste monde fourmille de conflits, petits ou grands. Ils ne méritent pas l’expertise du sage, encore moins son indignation. Soutien exalté de la campagne de boycottage – quelle horreur, ce mot – de l’Etat hébreu (alias BDS) et du Tribunal Russell, ce « sémillant nonagénaire » se fait depuis deux ans l’attaché de presse de Richard Goldstone, juge sud-africain, auteur d’un rapport édifiant sur l’Opération Plomb Durci de 2008. L’armée israélienne y était accusée de crimes de guerre. Les attaques en provenance du Sud-Liban y étaient relativisées. Tant pis si, comme le raconte Taguieff, Richard Goldstone est revenu dès septembre 2009 sur les conclusions de ce rapport fondé « sur des données fausses et falsifiées », concédant avoir été baladé par ses interlocuteurs, tous issus d’un seul camp – on s’étonnera de ce qu’aucune publicité n’ait été faite autour de cette volte-face quand la publication de l’implacable sentence avait rempli écrans et colonnes pendant des semaines.

 Estimant qu’ « il n’y a actuellement pas de cause plus émouvante », Hessel perpétue en outre une certaine tradition de la diplomatie française. Inaugurée avant même le fameux discours du Général sur « le peuple sûr de lui et dominateur », en 1967, la politique arabe de la France s’accompagne d’une méfiance de principe à l’égard d’Israël. Des gouvernements peuvent bien déplacer légèrement le curseur – selon l’expression consacrée –, la « vision » reste. A des intérêts géostratégiques et économiques, défendables dans l’absolu, s’ajoute aujourd’hui « ce juridico-moralisme coloré de repentance » qui « est l’expression même de l’impolitique qui domine dans la « communauté internationale ». » (On regrettera d’ailleurs que, dans ce volume en tout cas, Taguieff n’ait pas davantage insisté sur ce « juridico-moralisme ». A nos yeux, comme on le verra plus loin, il compte bien plus que la judéophobie dans le traitement médiatique du conflit israélo-arabe.) Cette communauté internationale, les politiciens français – et plus largement européens – y croient, comme ils crurent jadis en la SDN (les mots qui expriment leur foi sont les mêmes). Ils en sont, avec d’épais bataillons d’intellectuels – mais en France, il est fréquent que les deux activités se confondent –, d’infatigables promoteurs. C’est acquis : l’Occident doit payer. Civilisation criminelle et consciente de l’être – on ne répétera jamais assez, avec Finkielkraut, que la repentance est un narcissisme –, le Palestinien le tourmente. Fait-il assez pour lui ? Non !, répondent en chœur Hessel, « néo-communistes » et l’ensemble des pro-palestiniens, y compris de rétifs au manichéisme pourtant constitutif de cette cause – comme de la plupart des causes. Super-Résistant est aussi Super-Pauvre. Qu’on nous comprenne bien : il ne s’agit pas de nier les souffrances des Palestiniens. Mais d’abord, comme le rappelle salutairement Taguieff, le tragique dans l’histoire n’est pas une blague. Ensuite, on aimerait bien comprendre pourquoi les mêmes qui parlent de « droit de retour » pour les Palestiniens ne le font pas pour, disons, et pour ne pas quitter l’Europe, les centaines de milliers de Grecs qui ont dû fuir l’Asie mineure pendant et après la guerre gréco-turque. Ce n’est pas beaucoup plus vieux. Et ils y étaient installés depuis fort longtemps. Si c’est le colonialisme qui les choque, que pensent-ils de l’Irlande ? C’est très intéressant, l’Irlande. Non ? Enfin, il y a les chiffres : « Loin d’illustrer le type de la victime maximale, les Palestiniens apparaissent bien plutôt comme les privilégiés de l’aide humanitaire internationale (…) Ou encore : les Palestiniens mobilisent près de 80% de l’aide humanitaire internationale (…) Il existe une agence spécialisée à l’ONU pour les seuls Palestiniens, l’UNRWA (créée en 1948 pour une année), qui compte entre 22 000 et 25 000 employés, et bénéficie d’une aide américaine annuelle de 190 millions de dollars.. Le budget alloué à l’UNRWA est d’un montant annuel variant entre 400 et 500 millions de dollars. A la mi-décembre 2010, la Commission européenne accordait une aide financière de 100 millions d’euros « à la Palestine », dans le cadre du budget 2011. » Cette manne sert notamment à payer les fonctionnaires, dont des professeurs d’histoire qui, nous apprend Taguieff, ont refusé en avril 2011 d’enseigner la Shoah à leurs élèves – et à qui on a donné raison. Alors la question s’impose : quelle est donc cette secrète hiérarchie des douleurs qui bloque tant de brillants esprits sur les rives du Jourdain ?

Changeons d’échelle. L’ONU fait de la lutte contre le racisme l’une de ses priorités. Rappelons que, pendant vingt ans, elle a édicté que le sionisme était un racisme. La résolution qui tissait ce lien douteux est morte. Mais au sein de l’organisation, Israël continue de jouir d’un statut très particulier. Condamnation du mur de séparation, dit « mur de la honte » – dont l’efficacité est pourtant patente. Condamnation des représailles contre des chefs terroristes. Condamnation des implantations en Judée-Samarie (ou Cisjordanie). Condamnation lorsqu’un groupuscule islamiste turc tente de forcer le blocus de Gaza à l’aide d’une pseudo « flottille humanitaire ». L’ONU, c’est aussi des conférences. Celles dédiées au racisme font salle comble. On pense évidemment à Durban I (2001), à l’occasion de laquelle Israël fut assimilé à l’Afrique-du-Sud de l’apartheid et tancé en des termes que l’on n’a pas l’habitude d’entendre dans la bouche de diplomates. Grâce à Durban I et ses suites, on a également appris que la critique de l’islam était un racisme. Ça porte un nom : l’islamophobie. A Durban II, on prend les mêmes et on recommence. Concomitamment, on accule aussi l’Occident. Voyez comme en Europe on stigmatise les immigrés. Ailleurs ? Non. Et Taguieff de remarquer que l’antisémitisme ne fait dorénavant plus « partie de l’inventaire de la lutte antiraciste » selon l’ONU. De même qu’il a disparu du MRAP (Antisémitisme remplacé par Amitié). Réjouissons-nous : Durban III, c’est pour la fin de l’année.

Mais faut-il conclure que tous les pays qui participent à ces conférences sont animés par une profonde judéophobie ? On comprend aisément que cet acharnement profite à certains Etats arabes. Pour eux, Israël est une divine surprise – après avoir été le révélateur de leurs carences. Influence islamiste ou non, il suffit d’errer quelques heures sur les chaînes arabes pour constater que des mythes vieux comme Hérode ont encore un bel avenir devant eux. L’un des plus délirants, c’est le crime rituel, d’enfant si possible. Vous qui avez feuilleté des exemplaires de La Croix de la fin du XIXe siècle, vous atterrissez en terre connue. Biberonnés aux clichés les plus monstrueux qui puissent exister sur les Juifs dès leur plus jeune âge, motivés par des prêcheurs qui leur répètent que Juifs et chrétiens sont des « chiens », sujets d’une Autorité palestinienne qui récompense les familles des « martyrs », il ne faut pas s’étonner que des Palestiniens commettent des crimes du genre de celui d’Itamar. Là, on ne peut plus parler de judéophobie, mais bel et bien d’antisémitisme.

Au « juridico-moralisme » dont parle Taguieff, nous pensons pouvoir ajouter ce dolorisme compassionnel hors duquel, désormais, aucun événement un tant soit peu « dramatique » ne saurait être analysé ou plutôt raconté. Les médias en raffolent, certes, mais tout le monde y consent. Cette common pleurnicherie, qui égalise joies et peines, qui fait qu’on usera du même mot, « émotion », pour parler des résultats du bac, de la victoire de Vesoul en Coupe de France de ping-pong, ou de la mort d’un homme. On ignore d’où elle sort, mais il est clair que scénaristiquement, elle présente de gros avantages. Et c’est d’abord à l’aune de cette mode que nous lisons l’affaire du jeune Mohamed al-Dura, pour reprendre un exemple cher à l’auteur. Que les médias consomment goulument des « juifs antisionistes », que Taguieff qualifie d’ « Alterjuifs », c’est exact. Souvent, on ne voit qu’eux. La plupart des journalistes partagent-ils leurs thèses ? Nous en doutons. Le propre d’un lieu commun, c’est qu’il n’a pas besoin d’être démontré. Il ne repose sur rien. Il est, point. Pourquoi aller chercher plus loin ? Et puis il y a la guerre. Hessel dit : « Tsahal a délibérément tiré sur des femmes et des enfants ». Le commun des joueurs de ping-pong (très ému par la victoire de Vesoul en Coupe de France) entend : « Guerre ». Paradigme contre paradigme : la manière de raconter le conflit israélo-arabe dans les médias français a évolué en même temps que ces médias. Ce qui ne revient ni à cautionner le manichéisme évident des reportages qu’on nous montre, ni à relativiser l’influence des intellectuels pro-palestiniens, les deux contribuant à la perception d’Israël comme menace fondamentale pour cette « paix dans le monde » qui passionne tant d’Européens, les premiers pouvant effectivement passer pour les « idiots utiles » des seconds, et les seconds pour les « idiots utiles » d’islamistes pour qui la destruction d’Israël demeure un objectif prioritaire. 

Nonobstant ces quelques réserves, qui ne s’opposent d’ailleurs en rien à l’analyse générale que Taguieff fait de l’extension de la judéophobie à travers le monde, on sera frappé par la gravité de ce livre. Maître en l’air délicat de l’ironie, il semble ne plus y croire. Ne plus croire en un sursaut ici, en France, en Europe, en Occident. Il observe : Israël est marginalisé sur la scène internationale. Et si Israël était finalement vaincu par les apôtres, combattants et sympathisants du jihad, parions que les Juifs auraient alors le choix entre la valise et le cercueil. Horizon qui oblige l’Etat hébreu, ce sublime anachronisme, à se battre, tandis que des armées d’intellectuels sans Histoire espèrent sa mort. Jusqu’à nouvel ordre, Israël maintient. On souhaite qu’il n’oublie jamais cette belle formule extraite de ce livre précieux : « Mieux vaut souffrir de n’être pas aimé que de disparaître sous les applaudissements de ses ennemis.

Loïc Lorent


Israël et la question juive, 281 pages, 22 euros.

Signalons également la parution, aux Provinciales itou, de La Guerre de Six-Jours de Pierre Boutang. Volume réunissant six articles écrits juste après ladite guerre.



Toutes les réactions (29)

1. 30/06/2011 09:05 - Giora

GioraMerci de l'avoir si bien ecrit .
Dire du bien de P.A. Taguieff peut causer des "ennuis".
Bravo pour le style et le courage .

2. 01/07/2011 02:47 - Arpege

ArpegeMerci à vous d'honorer P.A. Taguieff de ce long article. Il est un des rares intellectuels honnêtes de ce pays, qui ne vend pas son intelligence au plus offrant (contrairement aux Caroline Fourest et consorts) et n'hésite pas, au prix de l'ostracisme dont il est victime, à appeler un chat un chat. Son engagement dans "Raison garder" en est une preuve, parmi bien d'autres.
Je suis heureuse de le voir honorer ici, au "pays" de Maurice Dantec.

3. 01/07/2011 10:13 - gobbi

gobbi"Israël ne peut pas s’appuyer sur le terme de « Terre promise » figurant dans la Bible pour « justifier le retour des juifs en Israël et l’expatriation des Palestiniens ». C’est ce qu’a déclaré samedi le Vatican qui explique qu’il « n’est pas permis de recourir à des positions bibliques et théologiques pour en faire un instrument pour justifier les injustices »."

Au Vatican, le 23 octobre 2010. Reuters/Osservatore Romano

4. 01/07/2011 16:22 - Bibi

BibiExcellent article.
Ca change des adeptes de Soral et Dieudonné qui nous expliquent que les médias et les intellectuels sont tous sionistes...

5. 02/07/2011 07:12 - alain nessim

alain nessimbel article; il fallait l'écrire, tout simplement parce que personne n'avait osé le faire en y pensant pourtant très fort (moi le premier).
à suivre, bien sûr

6. 03/07/2011 18:42 - Maimonide

MaimonideMerci pour cet article. Merci à P.A. Taguieff, dont le dernier livre "Israël et la question juive" est maintenant disponible. Pourriez-vous commenter la photo qui illustre votre article ?

7. 03/07/2011 19:23 - Maimonide

MaimonideToute la culture d’après–guerre de l’Occident – du monde même – était orientée dans cette direction : « Plus jamais ça ». Au–delà de la détermination qu’il ne devrait plus jamais y avoir un autre Holocauste, vint la Déclaration des Droits de l’Homme des Nations Unies, le concept de « crime contre l’humanité », l’idée que le racisme est un vice, le mouvement du dialogue interconfessionnel, et le changement historique de la Chrétienté connu sous le nom de Vatican II, Nostra Aetate. Comment alors l’antisémitisme revient–il dans les nations mêmes qui ont promis de ne jamais le réitérer ? La réponse cynique est qu’il n’est jamais mort, il est seulement devenu souterrain. Il y a un filet de vérité en cela, mais très ténu. Comme ligne de raisonnement, c’est profondément trompeur. Car le nouvel antisémitisme est seulement dirigé en second lieu contre les Juifs en tant qu’individus. Sa véritable cible, ce sont les Juifs comme nation – en Israël. Le nouvel antisémitisme n’est pas dirigé contre les Juifs comme individus, mais contre les Juifs comme nation. Il ne se répand pas par des moyens conventionnels, mais par les nouvelles technologies de communication. Son attaque la plus brillante, et même diabolique, a été d’adopter comme armes les plus puissantes les défenses mêmes créées contre le vieil antisémitisme. Il accuse Israël des cinq pêchés cardinaux suivant l’Holocauste : racisme, apartheid, crimes contre l’humanité, nettoyage ethnique et tentative de génocide. C’est une attaque contre Israël là où il est le plus vulnérable, à savoir parmi les classes qui forgent l’opinion d’Europe. Ce n’est pas non plus une bataille qui peut être menée par les Juifs seuls. Sans alliés, les Juifs et Israël perdront. L’antisémitisme est toujours un symptôme de quelque chose de plus pénétrant, une tension irrésolue au sein d’une culture, qui commence par cibler les Juifs mais ne s’arrête jamais avec eux.

8. 04/07/2011 14:37 - simon

simonà gobbi
j'utilise votre argument pour vous poser la question de savoir qu'est ce qui fait que le vatican est le vatican !!!???

9. 06/07/2011 12:00 - gobbi

gobbi@simon
D’une superficie d’à peine 44 hectares, l’État de la Cité du Vatican est le plus petit État indépendant du monde tant par son nombre d’habitants que par son étendue territoriale.
L’État est délimité par ses murs, mais aussi, sur la place Saint- Pierre, par la bande en travertin
qui relie les deux ailes de la colonnade...
(Portail Institutionnel)
http://www.vaticanstate.va/FR/homepage.htm
(Webcam)
http://www.vaticanstate.va/FR/Monuments/webcam/index.htm

10. 06/07/2011 20:39 - Jean-François

Jean-FrançoisL'inquiétude grandit autour du conflit israélo-palestinien, depuis qu'une opinion publique internationale s'est rangée du côté des, soi-disants, plus faibles. C'est assez naturel et compréhensible de vouloir défendre l'opprimé. Mais c'est l'expansion du soutien aux palestiniens qui inquiète le plus, d'après ce que je comprend.
Elle serait l'indicateur d'une gangrène d'antisionisme à travers le monde, donc d'antisémitisme d'après l'auteur. Comme si être anti-indépendantiste, par-exemple, serait en fait une forme de racisme envers les indépendantistes. Tous les mouvements contestataires attirent à eux une proportion non négligeable de personnalités extrêmistes à tendances meurtrières. Le Front National, Dieudonné, les Ecologistes, le Communisme...Ils sont tous plus ou moins obligés de faire du ménage dans leurs rangs. Les antisionistes n'auraient qu'à faire de même, où est le problème?

Mr Taguieff accuse nombre d'intellectuels et d'instances internationales de pencher du côté palestinien. Et alors? Quel est le problème? De quoi avons nous peur? Est-ce que ces élites, aux discours pro-palestiniens, ont un message antisémite? Non.

Donc je sens que la peur de Mr Taguieff se situe en fait sur l'interprétation crasse que peut faire le bas peuple de tels combats idéologico-politiques. Bien sûr le risque existe toujours. Mais en ce moment le bas peuple m'a plutôt l'air prompt à tuer du banquier ou du pédophile.

Le risque d'antisémitisme latent doit-il interdire tout mouvement critique de la communauté juive et israélienne?

Ce qui m'intéresse le plus c'est la fin du commentaire de Maimonide quand il/elle dit: "L’antisémitisme est toujours un symptôme de quelque chose de plus pénétrant, une tension irrésolue au sein d’une culture, qui commence par cibler les Juifs mais ne s’arrête jamais avec eux."

Ca me fait penser à René Girard qui parle de la recherche constante d'un bouc-émissaire pour régler les problèmes de l'humanité. Ces boucs émissaires seront toujours des minorités. Le problème des minorités, à mon avis, c'est que leurs individus n'assument pas totalement ce qui les différencie de la masse et ils ont alors besoins de se regrouper. C'est tristement naturel mais cela en fait des minorités visibles donc facilement condamnable par la vindicte populaire.

11. 07/07/2011 17:51 - Minoritévisible

Minoritévisible@ Jean-François
J'emmerde la vindicte populaire depuis Beer Shéva, Israël, où je réside. Nous ne serons plus vos boucs émissaires, et si les flottillards pro-palestiniens ne sont pas contents, c'est le même prix. (C'est dommage qu'on ne les ait pas laissés venir ici faire leur cirque pour les caméras, ces zumanitaires à la manque: ça m'aurait fait marrer de les voir tourner en rond avec leur gouvernail bloqué...)
Concernant Israël il ne s'agit jamais de "mouvement critique" mais de jalousie haineuse, et contrairement à ce que vous dites P-A Taguieff n'a pas "peur", c'est un historien et n'est motivé que par le désir de comprendre et de faire comprendre les mécanismes de l'imbécile "pensée" des antisionistes, c'est à dire des antisémites.

12. 08/07/2011 14:18 - skostiss

skostiss@minoritévisible
D'accord avec vous sur le sort à réserver aux flotillards et je suis pour ma part viscéralement attaché au droit d'Israël à se défendre et à celui d'exister, largement gagné par ses productions politiques, techniques etc...Mais si l'antisionisme relève d'une pensée limitée je vous l'accorde, je pense qu'il s'agit surtout d'une haine de la puissance Israélienne, tout à fait comparable à celle de la puissance américaine ou de l'ancien puissance européenne. Si bon nombre d'antisémites se dissimulent derrière le vocable antisioniste, l'égalité établie par minoritévisible et Taguieff entre les 2 termes me posent au moins 2 problèmes:
1- égalité discutable: je me fritte allègrement avec bon nombre d'amis sur la souveraineté d'Israel sans pour autant déceler d'anti sémitisme, même si je ne partage pas leur point de vue. Et mine de rien, même si les orthodoxes juifs anti sionistes amis de Kemi Seba ne comprennent rien à l'Histoire, leur existence donne à penser
2- La focalisation sur l'antisémitisme (qui existera toujours) masque le vrai problème de l'anti occidentalisme, et de l'auto flagellation des ex grandes nations européenne à laquelle Dieu merci Israel échappe encore. En rapprochant anti-sionisme et antisémitisme j'ai peur que Taguieff ne finisse par condamner moralement les contempteurs d'Israël (qui ont après tout bien le droit d'exister comme pour moi l'arabie saoudite est un pays de merde) et à liquider de fait les arguments de ceux qui défendent cette belle nation.

13. 08/07/2011 14:27 - HP

HPIl faudrait donc préciser :

antisionisme = antisémitisme pour la palestine et les autres pays arabes.

et

antisionnisme = autoflaglélation/autolyse/intérêts économiques de la part des pays occidentaux.

14. 09/07/2011 14:05 - Tolstoy

TolstoyExcellent article.
Mais que d'analyses...de justifications...d'explications...que de débats devenus insupportables par leur inutilité tant il est notoire que la haine du Juif s'alimente (c'est son caractère vampirique) par cette inclination masochiste du juif à vouloir "parler à l'autre" en son "humanité".
En fait, il suffit de lire les pamphlets de Céline pour comprendre que l'antisémitisme est une maladie sexuelle, esthétiquement transmissible !....l'antisionisme, une forme de retour du refoulé, comme dirait l'autre.
Alors je me fous royalement que l'on m'aime (Taguieff a raison), que l'on m'accepte, me reconnaisse ou me comprenne. Je me fous des "alterjuifs" qui devaient avoir peur des coups dans leurs cours de récréation. Je ne veux même pas savoir ce que "le monde" pense de moi ou de ce je fais.
Deux mille ans m'ont appris à ne compter que sur ma puissance de feu.....même si j'ai tort, même si je relègue aux oubliettes mon "humanisme" gentillet et mon universalisme blablabla, je préfère être israélien avec tanks et avions de chasse que petit juif coincé dans une cave en attendant que l'Hessel en question s'indigne de ma disparition.

15. 10/07/2011 16:42 - buiduidan

buiduidanQuel joli concerto. Qui aurait la mauvaise idée de seulement imaginer, l'interdiction faite à Celine par le lobby Juif, et plus récemment, le remaniement subjectivement orienté d'un manuel scolaire FRANCAIS ayant eu le tort de déplaire par l'emploi d'un mot Palestinien déplaisant aux oreilles Israëliennes. Ingérences inacceptables dans un état de droit, la france.
Qu'on arrête de nous faire chier avec les états-d'âmes du lobby Juif, je propose une minute de silence pour les enfants Palestiniens de la bande de Gaza dont les snipers Israëliens ont fait exploser la tête au fusil à lunette. Oui oui. C'est pas bien grand, la tête d'un gosse de 3 ans.

16. 10/07/2011 22:40 - Tolstoy

TolstoyRigolo buiduidan. Mais merci de me donner raison....inconsciemment certainement !

17. 10/07/2011 22:50 - Tolstoy

TolstoyEh! au fait...buiduidan...tu proposes combien d'heures de silence pour les enfants chrétiens du Darfour, pour les syriens massacrés sous tes yeux chaque jour, pour les iraniens violés dans les prisons, pour les petites filles vendues en Arabie, au Soudan, au Yemen, pour les berbères qu'on égorge en Algérie...? J'arrête là, sinon il va falloir que tu gardes le silence jusqu'à la fin de tes jours.

18. 11/07/2011 12:39 - B.Kiddo

B.KiddoTolstoy = 1
Buiduidan = 0

19. 11/07/2011 19:05 - Jean-François

Jean-François@Minoritévisible
Vous avez bien raison d'emmerder la vindicte populaire. En même temps, elle est hors de votre contrôle et ça notre histoire, dont Mr Taguieff est un spécialiste, l'a bien montré.

Mr Taguieff se garde bien d'exprimer sa peur avec son discours factuel. Certes, mais alors à quoi sert son travail? N'est-ce pas une mise en garde contre un danger?
Après les expressions commençant par "anti", on a aujourd'hui celles terminant par "phobie".
La peur est à l'origine de tous les maux. "N'ayez pas peur" a dit tout simplement Jean-Paul II. Le sionisme est un nationalisme. Le nationalisme est fortement lié à la xénophobie.

Ni Israel, ni sa politique, ni son peuple n'ont a être des boucs émissaires, pas plus que n'importe quel pays occidental que je juge autant coupables d'ingérences (pour être gentil) dans la vie des nations plus faibles. La responsabilité de tout ça se situe en chaque être humain. Mais, quelque part, ici-bas, tout le monde à ce qu'il mérite. Cela vaut pour les individus, les groupes sociaux, les nations, etc. Il semblerait que certains cherchent le sang. Celui des autres, d'abord, puis le sien, inévitablement. Tuer pour exister. C'est la même malinterprétation que celle du Djihad. Alors, de mon point de vue, ce ne sont ni des juifs, ni des musulmans.

@Tolstoy, je vous cite: "Deux mille ans m'ont appris à ne compter que sur ma puissance de feu.....même si j'ai tort, même si je relègue aux oubliettes mon "humanisme" gentillet et mon universalisme blablabla, je préfère être israélien avec tanks et avions de chasse que petit juif coincé dans une cave en attendant que l'Hessel en question s'indigne de ma disparition."

Votre dernière phrase est révélatrice de quelque chose: "l'israélien" est celui qui se défend par la force tandis que celui qui est coincé dans sa cave est un" juif". Vous vous sentez alors plus Israélien que Juif? On voit bien que le projet Israélien (je pourrais parler de projet Français) n'a plus rien de spirituel, c'est un projet nationaliste qui entraine ses citoyens dans la peur. Je ne suis pas en faveur des êtres coincés dans leurs cave. Je crois qu'il existe une troisième attitude permettant de rester Juif sans utiliser la force. Mais pour cela il faudrait revenir au sens profond du judaisme.


"Tu ne prendras point le nom de l'Eternel, ton Dieu, en vain ; car l'Eternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain."

"Tu ne tueras point."

"Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain"

(Exode 20/3-17)

20. 11/07/2011 22:08 - Tolstoy

Tolstoy@Jean-François.
J'ai écrit: "je préfère" ! On ne me laisse pas le choix. " Entre la justice et ma mère, c'est ma mère que je choisis" (A.Camus)....Vous comprenez ?

J'ai marché des dizaines de fois, et pas seulement à Tel-Aviv, pour la paix...pour un Etat Palestinien...jusqu'au jour où je me suis dit "stop" !....personne, jamais, en face, n'use ses semelles pour vivre tranquillement à mes côtés. Personne, jamais, en face, ne manifeste son dégoût des pères qui bénissent leurs fils qui viennent se faire exploser au milieu de nos enfants....Au contraire, je les ai entendu pousser des youyous sur leurs terrasses lorsque l'on a défenestré deux jeunes soldats israéliens (et juifs!) désarmés.
Je n'ai pas entendu, non plus, mes "amis de gauche" (ni ceux de droite, d'ailleurs) s'émouvoir devant les cercueils reçus du Hezbollah en échange d'un assassin d'enfant. D'un barbare qui a fracassé à coups de pierre le crâne d'une fillette de 5 ans !

Israël est le pays d'un peuple qui, partout ailleurs, est accusé de lobbyisme lorsqu'il détient quelque pouvoir que ce soit....comme s'il n'y avait pas un lobby arabe des banlieues (arithmétique certes!) beaucoup plus insidieux et ravageur que tous les CRIF du monde réunis.

Pour le reste : citez-moi un seul passage du Coran où il est question de Jérusalem...Pas 2 ! UN SEUL ! Il n'y en a pas....Vous en voulez combien dans nos écrits ?

Citez-moi un seul article, ou même UNE SEULE PHRASE prononcée avant 1967 par un Palestinien où il est question d'un Etat...à Gaza ou en Judée-Samarie ou même sur la Lune....ne vous fatiguez pas, il n'y en a pas un seul. Il n'est question que de détruire le mien.
La haine d'Israël est l'unique programme de ces gens-là ! Leur obsession !

Alors, même si je ne suis pas particulièrement fier d'être si fort en tant qu'israélien, je dis que je préfère, en tant que juif, ne plus être sans défense. N'en déplaise aux antisionistes...je veux dire aux antisémites impuissants...à ceux qui voulaient jadis ma destruction, comme à ceux qui voudraient, à nouveau, m'avoir sous leur protection.

21. 13/07/2011 00:37 - Naibed

Naibed@Jean-François

Désolée, mais il n'est mis nulle part ni dans l'Exode, ni dans le Deuteronome "Tu ne tueras point."
Pour le reste, vos principes immondes et abjects de pacifisme et de non-violence, je vous laisse deviner ce que vous pouvez en faire....

22. 13/07/2011 21:16 - Jean-François

Jean-François@Tolstoy
Si la "mère" de Camus sert à justifier la vengeance, cette citation pourrait aussi bien être reprise par des Palestiniens.

Vous êtes face à une agression. Je comprend votre besoin instinctif, humain, de vous protéger. La violence faite au nom de la Palestine est réelle. Vous parlez de l'obsession des Palestiniens, leur envie de déstruction d'Israel. Êtes-vous certain que tous les palestiniens aient cette volonté? Certes, les sacrifices d'enfants par les familles et communautés palestiniennes sont une horreur totale et effrayante. Mais c'est un drame immense pour les deux pays quand un de ces enfants explose. D'un côté, la mort de civils Israéliens (peut-être eux-même en désaccord avec la politique Israéliennes) de l 'autre, un acte que je ne s'aurais qualifier tellement il m'épouvante, l'utilisation de son enfant comme explosif, le tout nimbé d'un martyrisme malhonnête.

Situation Panique! Folie! Psychose collective!

Si Dieu a encore une place dans tout ça - mais j'en doute beaucoup à entendre les discours des deux parties - il faudrait essayer de prendre un peu de hauteur sinon chacun sera capturé dans sa propre psychose. Faudrait faire un peu de systémie par exemple. Se demander pourquoi on en est là sans chercher LE coupable mais en examinant vraiment le partage des responsabilités. C'est ce que dieu veut et ce que tous le monde veut au fond. Quelle est la volonté de dieu maintenant?

J'ai le souvenir de Yasser Arafat déssinant un mélange d'une ménorah, d'une croix, et d'un croissant de lune étoilé. C'était, je crois, sa réponse à la question: qu'elle est votre rêve?

Je vous conseille d'arrêter de croire à l'antisémitisme, même si ça existe. Y croire donne plus d'existence à ce concept vide de sens. Se défendre face à une menace basé sur un faux intellectuel qui ne cache que du pulsionnel aveugle c'est légitimer le mensonge qu'on nous fait. Libre à chacun de faire perdurer l'obsession. Chacun la porte en lui ou s'en défait pour embrasser plus large.

Ouvrons nos coeurs, nos bras, nos frontières et que chacun puisse trouver sa place dans le grand vaisseau.


@Naibed
On a pas les même sources alors. Je voudrais bien voir votre version des dix commandements!

23. 14/07/2011 07:42 - Naibed

Naibed@Jean-François: je ne vous ai jamais parlé d'une «version» du texte, je vous parle du texte lui-même : לֹא תִרְצָח

24. 14/07/2011 07:45 - Naibed

NaibedJean-François: «je crois [...] Je vous conseille d'arrêter de croire »

Faudrait vous décider, coco !

25. 14/07/2011 12:08 - Jean-François

Jean-FrançoisNaibed: Alors pouvez-vous me faire une traduction fidèle de ce passage?

Je conseille d'arrêter de croire à quelque chose de particulier et négatif. Je conseille d'arrêter de donner de l'importance à une idée qui n'est qu'un leurre à mon avis. Et même si je préfère la connaissance à la croyance, il m'est moi aussi difficile d'échapper aux croyances, mais j'y travaille.

26. 14/07/2011 15:51 - Tolstoy

Tolstoy@Jean-François
Combien de millers de textes voulez-vous que je vous cite d'européens aussi humanistes que vous (je sais que vous l'êtes réellement) qui, dans les années 30, et jusqu'en 1939, ont "conseillé" aux Juifs d'ouvrir leur coeur, de croire à l'homme et tutti quanti ?
Chat échaudé craint l'eau froide, dit-on...dans notre cas cette eau a eu le temps de se glacer !!
J'avais oublié de répondre à votre question : alors, oui, je ne crois pas qu'un seul palestinien soit disposé à accepter, en son âme et conscience, de vivre en paix avec un Etat DEFINITIVEMENT Juif.
Ceux qui le disent pensent....."oui...transitoire"...
Et surtout ne me dites pas que le fait que cet Etat d'Israël soit Juif n'a pas d'importance en soi. Ou alors il faudrait commencer par abolir la nature musulmane, voire islamique, de dizaines de pays et Chrétienne de dizaines d'autres.
Quant à devenir, une fois de plus, le laboratoire de la démocratie intégrale et de la concorde universelle.....ok, je suis pour : mais j'attends qu'un autre commence !!!!!

27. 19/08/2011 19:33 - buiduidan

buiduidan@ Tolstoy : hey, je passe par là, je te répond avec beaucoup de retard, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire, : oui, on peut compter les victimes partout dans tous les camps, oui. Mais, tu bottes en touche, un peu. Quand les Palestiniens auront leur Etat, si l'envie les prend d'agresser Israël, alors Israël aura toute légitimité à se défendre. En attendant ce jour inéluctable, sont-ce les Israëliens qui sont parqués derrière des check-points, ou les Palestiniens ? ( pour faire très court ). Ne sont-ce point des Israëliens qui persistent à installer des colonies là où ils ne sont de fait pas chez eux, etc etc. Bref, les choses sont simples, et il est si facile d'entretenir l'ennemi quand il vous est tellement utile, n'est-ce-pas ? Pour résumer, que deviendrait Israël sans ses ennemis ?

28. 26/08/2011 23:23 - BD

BDChers tous.

Tandis qu'Hitler montait en Allemagne dans les années 30, dans l'autre camp on théorisait sur un "Etat juif"... Israël est donc un projet racialiste/nationaliste (tous deux créations d'un artificiel, c'est dire leur pertinence ontologique!), et c'est véritablement ce qui me gêne.
De la même manière, je dirais rejeter les Etats religieux musulmans, en ce qu'ils sont à l'instar d'Israël ou de tout autre Etat religieux, les premiers fossoyeurs de leur propre croyance.
Le lapsus est d'ailleurs révélateur. J'ai dit croyance et non spiritualité. L'Etat religieux a tué la spiritualité puisqu'il est un "projet" réalisé selon le cahier des charges d'une croyance...
Je suis athée (pour l'instant...!), or je dois dire qu'un Etat qui me laisse libre de mes croyances stimule ma spiritualité, et donc m'encourage à parcourir sans cesse ce va-et-vient passionnant entre ce qui est et ce que j'entends être...

Veuillez me pardonner cet écart...

Tout ça pour dire que, ainsi que le préconisait un célèbre auteur de SF, que la solution est bel et bien thermonucléaire, cependant me dois-je d'ajouter, "pour les deux camps". Un peu de ménage dans cet région du monde permettrait de mettre fin à cette entreprise bilatérale de lobbying de la croyance...

Bien à vous

29. 11/09/2011 18:59 - silversamourai

silversamouraiBonjour Loïc,

merci pour cet article clair et équilibré à propos de cette "problématique question" .
Je me permet de vous signaler les écrits de D.Sibony sur ce sujet, en particulier:
"L'énigme antisémite".
Ouvrage où il travaille à éclairer la puissance des ressorts symboliques qui traversent les textes fondateurs et comment les identités des membres des trois monothéismes en sont affectés.

Cordialement

Ring 2012
Loïc Lorent par Loïc Lorent

Loïc Lorent est romancier et pamphlétaire.

Dernière réaction

Merci de l'avoir si bien ecrit . Dire du bien de P.A. Taguieff peut causer des "ennuis". Bravo pour le style et le courage .

Giora30/06/2011 09:05 Giora
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