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SURLERING.COM - LES PAGES ROUGES - par Maurice G. Dantec - le 17/03/2002 - 0 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

Il ne reste que peu d'hommes

Isaïe - Apocalypse




On me demande d'écrire un texte sur le nihilisme. Bien. Premier constat, assez froid : qui suis-je vraiment pour en parler ? Quelle est la parole qui pourrait m'habiter pour y parler, alors que, comme nous tous, je suis le fruit paradoxal de ce champ totalisé du discours qui désormais asservit toute forme de vie à son étrange économie ?


Deuxième constat, c'est à dire l'évidence d'une interrogation : peut-on encore écrire sur le nihilisme ? le nihilisme n'exerce-t-il pas désormais surtout sa présence dans le santuaire même du Logos, ce que de tous temps, on avait appellé « la littérature » ? Le nihilisme n'est-il pas précisément ce moment où l'Avénement de la Parole est renvoyé au simple régime du langage discursif, c'est-à-dire vers le non-lieu de la technique ?

On comprendra dés lors un peu mieux le doute qui m'étreint au moment même où j'écris ces mots.

Dernier constat : Quelque chose - justement - travaille si je puis dire en profondeur les quelques traces écrites que je laisserais derrière moi, lors de mon passage sur cette planète. Depuis plus d'un an je suis engagé sur un projet de roman-monde, qui se développera sur plusieurs volumes, et la rédaction de son premier « volume » m'a conduit à établir ceci : Ce n'est qu'en le terminant que je me rends compte, précisément, à quel point il s'agit d'un roman sur le nihilisme. Car on n'écrit pas sur cette question en se disant un beau matin : ‑tiens si j'écrivais un chouette petit roman sur le nihilisme et ses figures contemporaines, ne serait-point là l'occasion d'esbaudir le lecteur et de satisfaire du même coup les attentes de ma maison d'édition ?

Une telle tentative, on le comprend, est vouée à l'échec par quelque bout qu'on la prenne. Pour écrire sur la dé-création du monde, sur sa dévolution programmatique, il faut en passer par l'expérience. Le nihilisme traverse nos têtes et pour en réchapper certains cerveaux tentent de développer en secret une autre économie. À ce moment là c'est le nihilisme en tant que structure invertie du langage, en tant que volonté impuissante, et impuissance toujours volontarisée, sous l'ordre de la « Mobilisation Générale » - comme le disait Ernst Jünger‑, qui vient s'y inscrire dans toute la vide immortalité de sa figure, et il prend alors les formes dont le roman sera la matrice, et le roman prendra la structure du processus même de l'émergence de la conscience du phénomène.

Si le règne désormais global de la marchandise a pu ainsi étendre sa domination sur nos vies c'est parce que nous ne faisons toujours pas assez attention à ce que nous en ont dit les rares penseurs qui se sont posés la question de sa généalogie. Nous continuons de faire semblant de ne pas comprendre que la marchandise est un rapport, et mieux encore un « rapport de rapport » soit une équation proportionnelle entre la valeur d'échange, la valeur d'usage, le discours et la chose. Nous continuons de ne pas vouloir admettre que le capitalisme n'est pas tant fondé sur la fabrication en masse et en série d'objets, ni même d'objets-signes, que sur un mode de production ontologique qui a transformé les relations entre les humains en choses. En choses-discours. En mass-medias. En publicité intégrale.

Il existe une géophysique du nihilisme. Je veux dire qu'elle reste encore à inventer mais si la phénoménologie est balbutiante, le phénomène lui, ne nous a pas attendu pour recouvrir le monde de sa signalétique-noumène, je veux dire de ce discours-chose qui ne voile que sa simple représentation indifférenciée, autant dire ses faux mystères.


Le nihilisme n'est pas une idée abstraite, ou je ne sais quelle « idéologie », il est plutôt l'idéologie en tant que structure absolue de re-présentation du monde conduite à son dernier terme, le moment où elle révèle son vrai visage, celui de l'Idolâtrie moderne, qui est aussi celui du terroriste-publicitaire, celui qui détruit le monde au nom du Bien Universel, et qui dissous le Langage dans la technique, c'est-à-dire, sans doute, dans ce qui lui tient lieu de néant métacentral, et vide.


La mort des Idéologies est la plus grande blague que le terrorisme de la marchandise globale a inventé depuis que le socialisme s'est effondré sur ses propres décombres. La soi-disante « mort des idéologies » masque, cache, (dé)voile une vérité bien plus abominable : C'est l'idéologie pan-planétaire de la mort qui règne, ou plutôt l'idéologie en tant que phénomème immédiat, authentique spectre hantant le faux monde dont il dévoile l'apparition, « phénomène des phénomènes » donc, voire même « noumène de sa propre apparition » - puisque précisément cette « idéologie »ce sont les mass-médias ‑ c'est-à-dire ce métacode sociopsychique qui enferme à l'avance toute prise de parole, la prive de tout possible, de tout pouvoir. Ce qu'on pourrait en effet dénommer, avec l'accord des gens de Ligne de Risque : le facteur d'involution thanatique.

La Mort règne parce qu'elle reste invisible, elle entend rester un mystère, un au-delà irreprésentable, et dont l'image naturelle se doit donc d'être partout et toujours sur-représentée sous la forme d'une idole parfaitement transparente, voire même de l'idole de la transparence, instituant l'économie générale de l'échange-marchandise; au mieux on saura nous la décrire comme un «territoire » d'outre-tombe d'où les morts viendraient nous parler sur cassettes Sonychrome.


C'est vrai, comme le constate Épicure, que la Mort ne nous concerne en rien, puis que nous ne sommes plus là, lorsque elle « est » là. Mais si elle ne nous concerne pas, il semble désormais établi qu'elle nous a circonscrit.Car plus la Technique-Métaphysique assoit sa domination sur les esprits et les corps, plus la mort devient le régime absolu de tout ce qui fonde la vie séparée d'elle-même par la transparence de la marchandise. Et plus la Mort ainsi étend son emprise, et plus nous recherchons dans la technique une solution, une ouverture vers l'Immortalité. La boucle est bouclée. La marchandise-vampire se régale.

Elle se substitue ainsi en douce à l'Éternité. La Mort n'existe pas, mais comme la Kabbale le signale déjà depuis 2000 ans au moins, le Diable, pour exister, a précisément besoin de faire croire à son existence. Ainsi une fois que l' homme lui ouvre la porte de son existence, par l'invocation, il n'existe pourtant toujours pas, sinon au titre d'invocation, et il peut continuer ainsi à faire croire qu'il n'existe jamais, et il incite alors les hommes à reprendre sans fin son invocation, ad aeternam...


La mort-marchandise assoit sa fausse réunification sur le terrain même conduit par la séparation thanatique. Il importe donc de prendre les devants, et de considérer toute séparation « métacritique » comme le mode d'involution de l'involution, comme le moment où c'est la séparation qui devra être conduite sur le terrain de la réunification de l'Être avec l'Esprit.


Ainsi, histoire de donner quelques sueurs aux « critiques » de la néo-bourgeoisie culturelle qui ont vu en moi je ne sais quel Raëlien d'extrême-droite, j'oserais dire que nous voilà en fait replongés aux sources de notre civilisation, lors des grands conciles de l'Église primitive. Nous sommes face aux mêmes hérésies, et nous devons continuer à expliquer comment l'unique prosopon du Créateur ne peut se concevoir sans la Sainte Trinité des hypostases, au delà de tous les dualismes, et de tous les con-fusionnismes. Nous devons continuer d'expliquer comment l'union des natures divines et humaines dans le Christ, fruit de l'intercession du Logos, rend cette union non hybride, non miscible, et comment la divinité du Christ est consusbstantielle à celle du Père, et son humanité à celle du Fils, c'est à dire nous, les hommes, mais nous parmi ceux-ci qui auront bien voulu que la grâce d'une telle liberté créatrice puisse se faire jour en nous-mêmes, pour dissoudre les mauvaises combinaisons mécanistes qui empoisonnent nos têtes depuis 5 siècles.


La Mort a ceci de limitée qu'elle n'est que le reflet spéculaire d'elle-même, soit le néant. Blanchot avait raison d'y voir « l'impossibilité de tous les possibles ». Mais est elle aussi par voie de conséquence l'impossibilité de tous les impossibles, ce n'est donc pas une fermeture, même infinie, car cela necessiterait qu'il puisse au moins exister l'occurrence une fois possible d'une ouverture, une ouverture vers et depuis l' extérieur de l'ensemble ainsi globalisé,au contraire, elle se « présente » comme un enfermement de la fermeture sur elle même, et donc en fait comme son propre anéantissement. Car dans l'impossibilité de tous les impossibles, il y a donc la possibilité, unique, mais proprement poétique, d'un possible : celui, précisément du monde incompossible avec les autres. Le monde créé. Le monde du Narrateur. Celui qui défait l'impossibilité.

Jeannous le rappelle dans le tout début de son Évangile :


Et la lumière luit dans les ténèbres

Et les ténèbres ne l'ont pas saisie.


Le nihilisme n'a pas d'autre issue que de régner sur le social. C'est là sa niche écologique. Il fait des cerveaux des appendices critiques de la marchandise-discours qui désormais domine tous les aspects de la vie des sociétés et des individus qui la composent. Sans lui, jamais une telle aberration n'aurait osér prendre le nom de « réalité ». Le nihilisme n'est donc pas une « maladie », au sens d'un dysfonctionnement même général du métabolique. Il est la négation de tout métabolisme, sa négation invertie, celle qui propose sans cesse de nouvelles modalités de destruction de la vie, qu'on appelle « modes de vie ».


La nihilisme est d'une certaine facon, et d'une facon certaine, la négation active de toute transcendance. Il est l'Idéologie, en tant qu'opération de (dé)voilement de la Marchandise-Discours. Le problème, on le comprend, c'est que cette opération de (dé)voilement ne renvoie plus qu'à elle même. Il n'y plus ni lueur ni ténèbres. Il fait jour, toujours, en tous points de l'espace et du temps,et la nuit n'est plus en mesure de révéler la lumière.


Le nihilisme a ceci de particulier qu'il tire sa force de la volonté humaine lorsque, épuisée, et ne désirant plus rien, elle en vient, par sa dynamique inextinguible à désirer le rien. On ne reviendra pas sur le fait que la « volonté de puissance », pour le marcheur-penseur de Sils Maria, ne revêtait certes pas la signification que sa morue de frangine ( la dinde antisémite - comme la surnommait Lou-Andréas Salomé) allait donner, on sait comment, à cette locution. Tout le monde je crois peut admettre qu'elle signifie en fait « volonté de la volonté », il s'agit donnc d'un rapport, à placer certainement en relation à son tour avec celui que formerait un hypothétique pôle de la « puissance de la puissance », avec donc au final, là encore, une structure proportionnelle et dynamique. Lorsque cette énergie dynamique épuise la volonté dont elle a fait son instrument, elle continuera à rechercher son expression, par tous les moyens imaginables. Si la volonté vient à manquer, la volonté de la volonté se chargera en retour de trouver, disons de produire sa figure dialectique, et elle s'appuiera sur l'énergie dégagée par l'inversion pour réassoir son emprise sur l'individu.


C'est ainsi que Nietzsche avait il me semble circonscrit le problème, et sa définition me semble toujours pertinente un bon siècle plus tard. Mais ils est clair que son analyse n'était encore qu'un prolégomène, le monde dont il a tenté de décrire l'avénement, ou plutôt sa dé-création, c'est bien le nôtre, et ce qui à l'époque ne régnait encore que partiellement sur les esprits, quoique la tendance était largement amorcée, est aujourd'hui devenu le mode industriel de la fabrication de la « pensée ».

La « Mort des Idéologies » - c'est à dire le masque renvoyant à l'Idéologie de la Mort - s'est vue accompagnée d'une pléthore de discours « critiques » dont la connivence ne peut être analysée en dehors du jeu de séparation qu'ils instituent entre eux, puisque dans l'ère de l'indifférenciation générale, la volonté de l'homme ne peut plus s'exprimer que par une différentiation « individuelle » parfaitement isotopique avec le processus déterritorialisé de la nouvelle machine sociale universelle.


La « société du Spectacle » - déchiffrée désormais par des « médiologues » , anciennement touristes en Amérique subtropicale, et futurs Académiciens -, se reconstitue, se révolutionne, se modernise sans cesse chaque jour un peu plus, elle est devenue à son tour un trompe l'oeil, le trompe l'oeil d'elle même et ce, grâce aux multitudes de ritournelles « situationnistes » qui ne cessent de répéter en  rond ce que des pensées singulières avaient tenté de décrypter trois ou quatre décennies auparavant. Les situationnistes l'avaient deviné ‑ Heidegger aussi : L'ultime moment du nihilisme démocratique serait celui où le concept lui-même serait aplani par la masse du discours public/itaire.


Quand je parle de géophysique, geophysis, je devrais aujourd'hui, en cette ère de spécialisation classificatrice, préciser : anthropologique. La géophysique du nihilisme pourrait être considérée comme une sorte de première approche cosmogonique de l'homme. Autant dire le retour d'une pensée outrageusement politique. Car précisément elle indiquerait rapidement pourquoi l'idéologie-marchandise se déguise en produit-discours et comment cette boucle vampirique nous interdit de penser l'homme autrement que comme une collection de non-organes au service d'une non-organisation générale, disons de l'entropie sociale comme horizon destinal, ce qui devrait nous conduire à au moins sabrer un millésime grand cru avant qu'il ne soit trop tard.


Il faut aussi oser reprendre l'histoire du nihilisme avant que celui-ci n'en empêche toute généalogie par sa gestion commémorative de la mémoire-amnésie. Depuis Nietzsche, le XXe siècle s'est écoulé etce qu'il avait prédit est survenu, en pire.


Désormais c'est sa pensée même qui est reprise par de petits professeurs de philosophie multicartes qui tentent d'en faire une sorte de guru hédoniste new-age avant la lettre.

La pensée d'Heidegger elle-même est désormais offerte aux vautours de l'université post-moderne, qui déploient des efforts inimaginables pour se l'approprier, sans oser - on les comprend - en entreprendre la critique.


Car tout devrait pouvoir toujours et sans cesse être l'objet de la critique. C'est à dire de l'accomplissement de toute Oikonomia par la schize narrative de son régime. Et surtout les penseurs critiques les plus importants. Husserl, par exemple, devrait aujourd'hui être au plus vite relu avec les lunettes de Raymond Abellio, et non plus celles, largement astygmates, de Sartre, qui nous auront coupé de toute la richesse de ce fabuleux métaphysicien de l'homme.


D'autre part, et au risque de me fâcher avec bien du monde, si je considère la pensée de Heidegger comme la pointe la plus avancée de la métaphysique occidentale, j'y discerne aussi une forme d'impossibilité « ontologique »; je veux dire celle que justement il ne cessera de mettre en lumière dans ses écrits, mais dont son existence tracera le contours d'ombre : Ses magnifiques et terribles conférences d'après-guerre, où il tente d'expliquer à un monde qui n'a pas encore compris ce qui vient de se produire, que le régime de la métaphysique-technique a désormais produit une société basée sur la production industrielle de cadavres, ce qui est sans doute un des résumés les plus férocement lucides jamais portés sur l'Événement, et sa « trame historiale » (comme le rapporte fort justement Gérard Guest dans le numéro 77 de l'Infini) doivent aussi être mises en parallèle avec le fait que Heidegger était au centre même de la machine de production des mots-choses qui allaient conduire à cette abomination. Il faut bien l'admettre une bonne fois pour toutes : ce ne pouvait être que du centre même de la machine universitaire sociale en cours d'universalisation et, à l'époque, au coeur du dispositif intellectuel du régime nazi, qu'une telle vérité pouvait se faire jour. Il fallait, bien sûr, qu'un Heidegger se trouve là. Mais je crois en la prescience et en la prédestination divine.


Aussi, me voyant parvenu au terme de cet édicule d'exposé, je me rends compte de l'impossibilité d'un tel acte. Mon cerveau ne parvient à la lumière que par l'obscurité de la narration qui se dévoile peu à peu à elle-même. Seul la fabrication d'un monde, et de son anti-monde, me paraissent en mesure d'en tracer une topologie correspondante, car il est vrai que le nihilisme est notre monde en voie d'im-mondisation, dans sa totalité totalement fragmentaire. Il est sa propre mondialisation, et son anti-mondialisation, qui ne forment que les termes prétendûment antagoniques d'une seule et unique dialectique mortifère.

 

Aux gnostiques dévoyés qui répandaient la doctrine docétiste extrême des « patriciens » ou des « marcionites » pour lesquels la chair n'était que matière démoniaque et le Christ une pure créature pneumatique, Irénée avait répondu en termes clairs et précis : l'homme véritable est de chair, le vrai créateur du monde n'est pas un démiurge, mais il a voulu la pensée comme un régime singulier de l'incarnation. Homo Vero e Caro. L'homme vrai est chair. Mais, pour Irénée, la Chair n'est pas une collection d'organes, elle est l'habitat de l'Esprit, elle le lieu d'où l'homme parle, le lieu où la vérité du langage, le Verbe Créateur, se déploie. Irénée, aujourd'hui sanctifié, écrivait au IIe siècle après Jésus-Christ. Ses paroles sont à mettre en parallèle avec les discours du christianisme conservateur d'aujourd'hui, comme avec ceux qui prétendent que les Évangiles ont commencé avec Vatican-II.


Aussi sans vouloir faire la moindre profession de foi, mais avec au contraire la volonté d'engager l'ultime dialogue philosophique que je ne suis absolument pas en mesure de conclure, je dirais ceci :

Si le nihilisme a envahi toute la machine productrice de discours, si le monde n'est plus qu'une économie politique du signe, si l'homme ne se concoit plus que comme horizon destinal de sa propre extinction, et de son remplacement imminent par des créatures artificielles plus « intelligentes » que lui, c'est que le primate doué de parole n'a pas su se séparer du langage pour retrouver le Verbe, baignant désormais dans le réseau acéphale des humanoïdes périphériques de leurs propres droits, il vaque tranquillement par grands troupeaux aveugles à la destruction de son monde, de lui-même, et de tout ce qu'il pourrait être.


Sa liberté, jamais, n'a été aussi garantie, et aussi impossible.

Sans la grâce, au sens propre comme au figuré, elle devient le bourbier où l'homme s'enlise aussitôt.

Elle devient le moment où un éleveur de cochons peut donner plus de 50 femmes à manger à ses animaux.


La production industrielle de cadavres mise en lumière par Heidegger débouche alors sur le Soylent-Green du serial-killer démocratique : non content de nous transformer en cadavres les uns les autres, nous avons décidé d' y adjoindre l'anthropophagie culturelle et générale. Nul besoin de chambres à gaz et de crématroires désormais, c'est par nous mêmes que nous disparaîtrons.


Le prochain Prion sera d'origine humaine, et nous l'aurons acheté en boîtes de conserves.


Un vaccin sera à l'étude.


M.G. Dantec

Montréal

Le 17 mars 2002



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Maurice G. Dantec par Maurice G. Dantec

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