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Séduction du conspirationnisme : Umberto Eco

SURLERING.COM - THE BOOKMAKER - par Pierre-André Taguieff - le 18/03/2011 - 22 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

Entretien avec Pierre-André Taguieff (propos recueillis par Paul-François Paoli)

Philosophe, politologue en historien des idées, Pierre-André Taguieff, qui prépare un nouveau livre sur les variétés de l’antisionisme contemporain, analyse l’impact du roman d’Umberto Eco et répond à quelques questions sur l’actualité politico-littéraire.


1) En tant qu’historien des idées et spécialiste des Protocoles des Sages de Sion, et plus largement de la culture conspirationniste, que vous inspire le dernier roman d’Umberto Eco, Le cimetière de Prague ?



PAT. D’une façon générale, dans l’œuvre d’Umberto Eco, talentueux touche-à-tout, je préfère les écrits de l’essayiste à ceux du romancier. Le Nom de la rose, mélange de virtuosité et d’érudition, m’avait amusé et parfois captivé. Mais le lecteur des romans de ce séducteur professionnel est parfois pris d’un certain ennui, assommé par les avalanches d’allusions et de références cryptées. Eco n’est jamais aussi passionnant que dans ses essais, où il explore, analyse et décrypte avec ironie, jubilation et savoir les croyances et les stratégies, les rumeurs et les mythes du monde moderne. Depuis longtemps, Eco a exprimé dans ses essais son intérêt pour les histoires de complots, souvent liées à la fabrication de faux et à des manipulations policières, dans lesquelles les faits historiques tendent à se confondre avec des fictions romanesques. Ce qui est le cas des Protocoles des Sages de Sion, l’un des faux les plus célèbres de l’histoire occidentale, auquel il consacre quelques pages dans Le Pendule de Foucault (1988) - plongée dans l’univers bariolé de l’ésotérisme qui représente pour moi une éblouissante réussite.  On en trouve aussi une brillante évocation dans l’essai intitulé « Protocoles fictifs » (Six promenades dans les bois du roman et d’ailleurs, Grasset, 1996), où il revient sur les origines du mythe de la conspiration juive ou judéo-maçonnique internationale dont les Protocoles des Sages de Sion sont le principal vecteur depuis leur publication en Russie à la fin de l’été 1903. Comme Eco, je m’intéresse aux « faux qui créent de l’histoire », provoquent des événements, souvent catastrophiques, et l’on doit lui rendre hommage d’avoir attiré l’attention sur la force causale de ce que certains esprits étroits rejettent dans les poubelles de ce qu’ils nomment « irrationalisme ». Mais ce qu’il en a fait dans Le cimetière de Prague ne m’a ni accroché ni convaincu. Ma déception vient peut-être du fait que je connais trop bien les matériaux symboliques et historiques sur la base desquels Eco a construit son dernier roman. Depuis le début des années 1990, dans le sillage de Léon Poliakov et de Norman Cohn, j’ai consacré en effet plusieurs ouvrages à l’étude de la mythologie conspirationniste moderne et contemporaine, à l’analyse des divers récits et thèmes d’accusation mêlant l’antimaçonnisme à l’antisémitisme, où les faux politico-littéraires ont joué un rôle décisif. Mon objectif était d’identifier les fonctions des mythes politiques modernes qui marchent. Eco s’est promené pour son compte dans les caves et les souterrains de la culture conspirationniste, curieux de tout, mais pour le plaisir avant tout. Avec ce roman, Eco donne dans la littérature de divertissement : des histoires à foison, mais pas de style. On sent qu’il s’est lui-même beaucoup amusé à l’écrire. Quant au produit, de mauvais esprits diraient que c’est du Dan Brown sophistiqué et bien documenté, du Dan Brown pour Bac + 2 ou 3.

2) La polémique qui s’est développée dans la presse italienne vous semble-t-elle justifiée, et en quoi ?

PAT. Il faut confronter les intentions de l’auteur avec le résultat et surtout l’effet produit. Eco a déclaré avoir voulu se « confronter longuement et ouvertement avec les clichés antisémites, pour les démonter ». L’ennui, c’est qu’il les expose en long et en large avec complaisance et un grain de complicité ironique, installé dans la zone d’ambiguïté où il mélange avec jubilation le vrai et le faux, le vraisemblable et le certain, l’hypothétique et le vérifié,  les faits historiques et les rumeurs, les légendes, les récits mythiques. Son roman ressemble à une compilation de textes antijuifs, qui font oublier les intrigues. La fiction narrative se prête mal à la critique et au démontage. Et la fascination d’Eco pour la préhistoire des Protocoles est contagieuse. On peut dès lors craindre que son roman fonctionne, pour les lecteurs naïfs, comme un manuel d’initiation au conspirationnisme antijuif et antimaçonnique, et, pour les adeptes de la pensée conspirationniste, comme un aide-mémoire. Empiler et répéter des accusations délirantes, des rumeurs malveillantes et des mythes répulsifs dans un roman, c’est prendre le risque de les rendre vraisemblables. « Le mélange du vrai et du faux est plus faux que le faux », disait Valéry. Eco, en virtuose, jouant lui-même les faussaires et les plagiaires,  conduit le lecteur à imaginer le grand complot juif et le laisse seul juge de sa réalité. Plutôt qu’à un décryptage et un démontage des accusations mensongères et des stéréotypes antijuifs, c’est à un renforcement des préjugés et des croyances préconstruites qu’il risque d’avoir contribué, du moins pour une partie de son lectorat.  Peut-être le plaisir de jouer avec le feu est-il plus fort que tout.  

3) Est-il vrai que les Protocoles des Sages de Sion sont considérés encore aujourd’hui comme authentiques dans certains pays musulmans ?

PAT. Je ne connais pas un pays musulman où les Protocoles ne soient pas régulièrement invoqués dans les médias pour justifier la thèse du « complot sioniste mondial » et inciter en conséquence au jihad contre Israël en particulier, et contre les « sionistes » ou les « Juifs » en général. Depuis les années 1950, c’est dans le monde arabo-musulman que les Protocoles ont été le plus souvent réédités, préfacés, commentés ou cités par des hommes politiques de premier plan, ainsi que des journalistes ou des écrivains réputés. En Égypte, en Syrie ou au Liban, ces rééditions ne se comptent plus. Dans un État islamique non arabe comme l’Iran, les Protocoles sont régulièrement réédités depuis 1985.  Dans le film documentaire dont j’ai été le co-scénariste, « La Vérité est ailleurs, ou la véritable histoire des Protocoles des Sages de Sion » (2008), la réalisatrice Barbara Necek a interrogé l’un des jeunes dirigeants du Hamas, Fawzy Barhoum, son porte-parole à Gaza, qui a été fort clair : « Nous, au Hamas, considérons que les Protocoles ont été écrits par les Juifs, parce que les Juifs sont des fauteurs de trouble partout dans le monde, dans les pays arabes, dans les pays musulmans, en Europe et aux États-Unis. C’est tout le temps la même chose : là où il y a un Juif, il y a un problème. » Les Protocoles sont souvent cités pour expliquer la marche chaotique des événements. Hamid Chabat, maire de Fès et député influent de l’Istiqlal, parti conservateur et nationaliste qui a gagné les législatives de 2007, a expliqué début mars 2011, lors d’une réunion des militants de son parti, que les révolutions arabes étaient inscrites sur l’agenda des Protocoles : « Auparavant, le colonialisme et le protectorat assuraient leur suprématie grâce à la force militaire et à l’invasion. Aujourd’hui, c’est avec les idées, Facebook et le progrès scientifique. Et cela est expliqué dans un livre que connaissent bien les chercheurs, il s’agit des Protocoles des Sages de Sion. » Le célèbre faux est ainsi utilisé pour prouver l’existence d’un « complot sioniste mondial ». Chabat affirme que ceux qui ont pris le pouvoir en Tunisie et en Égypte sont « issus de la nomenklatura, ce qui confirme les prédictions des Protocoles des Sages de Sion : lorsque les événements arrivent à un seuil déterminé, les sionistes, sur instructions de leur organisation mondiale, désignent ceux qui doivent nous gouverner ». La carrière des Protocoles est loin d’être terminée.

4) Eco évoque longuement la figure de Toussenel, auteur du pamphlet Les Juifs, rois de l’époque (1845). Peut-on dire que les grands thèmes de l’antisémitisme contemporain sont nés à gauche, et où situez-vous un polémiste comme Drumont sur le plan politique ?

PAT. L’antisémitisme politique moderne, tel qu’il s’est fixé doctrinalement dans les vingt dernières années du XIXe siècle, notamment en France et en Allemagne, a une double origine ou, si l’on préfère, deux lieux de naissance au cours de la première moitié du prétendu « siècle du Progrès » : d’une part, dans le cadre du traditionalisme catholique et de la pensée contre-révolutionnaire ou « réactionnaire », et, d’autre part, dans les milieux de l’anticapitalisme révolutionnaire, au sein des multiples mouvances du socialisme et du communisme. Le cas Drumont est intéressant, en ce qu’il met en évidence les échanges de croyances, de thèmes et d’arguments entre le pôle contre-révolutionnaire/antirépublicain et le pôle révolutionnaire/anticapitaliste, voire une certaine communauté de valeurs et de représentations, impliquée par toute critique radicale du monde moderne. Les charges de Drumont contre les oligarchies financières plaisaient beaucoup aux socialistes de l’époque, dont l’imaginaire révolutionnaire était centré sur la démonisation de la famille Rothschild, « le roi des Juifs », « le roi de l’époque » ou « le roi de la République ». À partir de son best-seller, La France Juive (1886), Drumont se situe à la croisée de la  critique socialiste et de la critique tradionaliste catholique de la société libérale et individualiste, dominée par les puissances d’argent. Le polémiste antijuif incarne l’effacement des frontières entre nombre d’acteurs d’une droite révolutionnaire et d’une gauche réactionnaire, qui communient dans la dénonciation des « féodalités financières » régnant au sein de la « société bourgeoise ». Il me semble que, mutatis mutandis, des convergences de ce type sont observables aujourd’hui.

5) Que vous inspire la récente polémique sur Céline ? Faut-il ou non autoriser la publication de ses pamphlets ?

PAT. Il faut reconnaître le dilemme, qu’on pressent derrière le choc récurrent des positions contradictoires : 1° défendre par principe, au nom de la liberté d’expression, la publication des pamphlets, en risquant de diffuser dans l’espace public un mélange explosif de propagande antijuive d’une extrême virulence et de talent pamphlétaire sans pareil, ce qui paraît irresponsable ; 2° interdire la  publication de ces pamphlets qui transfigurent les stéréotypes en fournissant des flots de diffamation attrayante et de calomnies distrayantes,  ce qui revient à ne pas faire confiance aux citoyens supposés éclairés et responsables d’une société démocratique, et ainsi à justifier la censure.  Pour sortir du dilemme, il n’est qu’une voie possible : une édition critique. Mais, pour la réaliser sérieusement, il faudrait que s’y consacrent des historiens de la classe d’un Philippe Burrin, ainsi que divers spécialistes des théories raciales françaises et allemandes, des courants eugénistes et bien sûr de l’antisémitisme dans ses versions savantes et populaires, où l’on retrouve la dimension conspirationniste. Les célinologues littéraires, qui sont à peu près tous des célinophiles, sont mal placés pour mener à bien une édition scientifique supposant une véritable compétence d’historien, des connaissances encyclopédiques et une distance minimale à l’égard de cet écrivain inventif doublé d’un propagandiste sans scrupules. Le fait est que les études céliniennes sont aux mains d’hagiographes professionnels, libraires, éditeurs, journalistes et même universitaires, d’érudits locaux, d’esthètes mondains, d’amateurs plus ou moins éclairés, de bibliographes, de collectionneurs d’autographes, de lettres et de bibelots célinomorphes. Tous admiratifs, tous empathiques, à de rares exceptions près (Philippe Roussin, André Derval, et, en version modérée, Henri Godard). Et, en guise de culture savante, une curiosité d’amateurs d’anecdotes. Dans le petit commerce céliniste, outre les judéophobes de toutes les générations, on ne compte plus les bébertologues , les lucettologues, les montmartrologues et les meudonologues. Dérisoire. Les céliniens, voilà l’obstacle.

6) Le philosophe Alain Badiou publie ces jours-ci un livre avec Eric Hazan intitulé « L’antisémitisme partout.  Aujourdhui en France ». Qu’en pensez-vous?

PAT. Il s’agit d’un libelle reprenant laborieusement, dans un style de commissaire politique,  tous les clichés et les slogans de la nouvelle propagande judéophobe, centrée sur la démonisation d’Israël et du « sionisme » dans une perspective néo-communiste. Les co-auteurs de ce libelle sont des représentants caricaturaux des intellectuels marxistes qui, au cours des vingt dernières années, ont substitué au mythe du Prolétariat exploité celui du Palestinien martyr. Après le verbiage marxisant autour de la « cause du peuple », la pensée-slogan autour de la « cause palestinienne », érigée en nouvelle cause universelle. Pour donner consistance au mythe victimaire qu’ils exploitent, l’un comme auteur, l’autre comme éditeur (et co-auteur), Badiou et Hazan doivent impérativement nier l’existence de la plus récente vague antijuive, celle qui a commencé en octobre 2000, peu après le lancement de la deuxième Intifada. Ils ne s’embarrassent pas de chiffres, de comparaisons internationales fondées sur des enquêtes d’opinion ou des statistiques portant sur les diverses formes de violences antijuives. Nos deux propagandistes « antisionistes » s’élèvent avec indignation contre la « traque » de « l’antisémitisme », qui selon eux « n’existe plus que comme résidu fantomatique dans la partie la plus arriérée et nostalgique de la bourgeoisie française ». Ils nous assurent qu’il n’existe pas dans « la jeunesse française noire et arabe » des « quartiers populaires ». Ils peuvent ainsi poursuivre leur causerie sur d’insignifiantes querelles médiatiques, en dénonçant les intellectuels qu’ils n’aiment pas, les « sionistes », comme les nouveaux « inquisiteurs » dont ils seraient les « victimes ». C’est là un nouveau topos de l’argumentation judéophobe, qu’on a vu surgir sur le Net ces dernières années, venant de milieux propalestiniens et islamistes, ou de sensibilité « Indigènes de la République » : la dénonciation de la « lutte contre l’antisémitisme » comme une forme de « chasse aux sorcières », et comme une tactique de diversion pour dissimuler le seul vrai racisme, celui qui touche les « Africains » et les « Arabes », ou « les musulmans » (« islamophobie », disent-ils). La plupart de ces dénonciateurs de l’anti-antisémitisme sont convaincus que la France est victime d’un « complot sioniste » qui l’a transformée en « zone d’occupation sioniste », où l’idéologie dominante – sioniste - serait imposée à travers l’action convergente et permanente d’« intellectuels communautaires » (Alain Finkielkraut, Alexandre Adler, etc.) bénéficiant de statuts privilégiés dans les médias. L’historien « antisioniste » Dieudonné a résumé leur pensée profonde dans Rivarol, le 11 mars 2011 : « On a eu pendant la guerre l’occupation allemande ; aujourd’hui c’est l’occupation sioniste. » Et le politologue alternatif Dieudonné a bouleversé les fondements de l’analyse politique en affirmant : « Je crois avoir saisi la ligne de fracture dans le paysage politique français : c’est le sionisme et l’antisionisme. » Dieudonné « résiste » à « l’occupation sioniste ». Si les « sionistes » gouvernent la France, les anti-antisémites peuvent dès lors se prendre eux-mêmes pour des Palestiniens (« Nous sommes tous des Palestiniens »), victimes, résistants et « martyrs ». Badiou et Hazan tiennent à se démarquer des négationnistes et de Dieudonné : ils ont en effet des raisons de le faire. Car ils suggèrent qu’en France sévirait ce que des polémistes d’extrême droite appellent une « judéocratie », dont les membres haïssables se serviraient de l’accusation injustifiée d’« antisémitisme » pour exercer leur tyrannie. Plutôt comique. Mais les idéologues et les propagandistes ne se soucient pas de la réalité sociohistorique, ils visent à imposer leur prêt-à-penser et leurs slogans. D’où ce méchant « Rebonds » déguisé en livre. Dans ce pamphlet gentiment haineux, les judéophobes convaincus n’apprendront rien. Les naïfs de bonne volonté et les demi-savants formés par les professionnels de la sous-culture médiatique seront impressionnés par la signature du lacano-maoïste pédant nommé Badiou, curiosité touristique parisienne qu’ils prennent pour un « grand philosophe » (comme disent les animateurs de débats télévisés).  De nombreux  journalistes « culturels » pressés seront ravis d’avoir à lire un pamphlet aussi bien-pensant mais surtout aussi court.   

7) Préparez-vous un ouvrage ayant trait à ces questions ?

PAT. Je termine en ce moment un petit livre, à paraître aux éditions Les provinciales, sur les voies de la réinvention d’une « question juive » à partir de la démonisation d’Israël et du « sionisme ». Cet essai, qui analyse les diverses manières d’être « antisioniste » aujourd’hui, représente une suite « allégée » à deux récentes études volumineuses : La Judéophobie des Modernes (Odile Jacob, 2008) et La Nouvelle Propagande antijuive (PUF, 2010).  Cet essai sera lui-même suivi par trois ouvrages concernant des personnages  ayant donné, à des degrés et sur des modes différents, dans l’antisémitisme : Wagner, Johann von Leers et Céline. Ce qui m’intéresse particulièrement, ce sont les entrecroisements de l’antisémitisme culturel et de l’antisémitisme politique, au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe. Avec l’apparition d’une culture médiatique mondiale, véhicule de la vision « antisioniste » du monde, la haine des Juifs a pris de nouvelles formes qu’il s’agit d’étudier sans supposer une parfaite continuité du passé au présent. J’y consacre une partie de mes recherches.   

Brève présentation de Pierre-André Taguieff  

Philosophe, politologue et historien des idées, Pierre-André Taguieff, né à Paris le 4 août 1946, est directeur de recherche au CNRS, rattaché au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF, Paris). Il a publié une trentaine d’ouvrages. Sur la judéophobie et les théories du complot : La Nouvelle Judéophobie (Mille et une nuits, 2002), Les Protocoles des Sages de Sion. Faux et usages d’un faux (Berg International/Fayard, 2004), Prêcheurs de haine. Traversée de la judéophobie planétaire (Fayard, 2004),  La Foire aux « Illuminés ». Ésotérisme, théorie du complot, extrémisme (Mille et une nuits, 2005), L’Imaginaire du complot mondial. Aspects d’un mythe moderne (Mille et une nuits, 2006), La Judéophobie des Modernes (Odile Jacob, 2008), La Nouvelle Propagande antijuive (PUF, 2010).


Toutes les réactions (22)

1. 18/03/2011 13:03 - andr

andrP.-A. Taguieff nous livre une excellente approche de la methode d' U. Eco. Particulierement penetrante la reponse de Taguieff a la deuxieme question, ou il pointe un vrai danger: "On peut des lors craindre que son roman [d' Eco] fonctionne, pour les lecteurs naifs, comme un manuel d' initiation au conspirationnisme antijuif et antimaconnique, et, pour les adeptes de la pensee conspirationniste, comme un aide-memoire."

2. 18/03/2011 16:17 - deathlikesilence

deathlikesilenceLaissons les naïfs prendre leurs responsabilités, ils en ressortiront grandis. Les naïfs sont inoffensifs. Le danger n'est nul part.

3. 18/03/2011 17:25 - andr

andrAssurement, mais quand la permissivite generalisee devient une ideologie, les naifs deviennent, a leur tour, grandis et parfois complotistes...

4. 18/03/2011 21:27 - TitOeuf

TitOeufTaguieff Eco, doit-on choisir ?

5. 18/03/2011 21:39 - andr

andrLa lucidite de Taguieff et son courage intellectuel.

6. 19/03/2011 13:06 - Pasolini

Pasolini"Ce pays mérite notre haine: ce qu'il a fait à mes parents fut bien plus violent que ce qu'il a fait aux Africains. Qu'a fait ce pays aux Africains? Que du bien." Alain Finkielkraut, Haaretz, 17 novembre 2005
"Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au magazine Time, et aux autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque quarante ans. Il aurait été pour nous impossible de développer notre projet pour le monde si nous avions été exposés aux lumières de la publicité durant ces années. Mais le monde est aujourd'hui plus sophistiqué et préparé à l'entrée dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d'une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l'autodétermination nationale des siècles passés. " David Rockefeller, Commission Trilatérale, 1991
"Le monde est dirigé par des personnages très différents de ce que peuvent imaginer ceux qui ne sont pas dans les coulisses." Benjamin Disraeli
"Je ne suis qu'un banquier faisant le travail de Dieu." Lloyd Blankfein, PDG de la banque Goldman Sachs

Mr Taguieff pourrait également nous parler de l'AIPAC, de la Zionist Organization of America (ZOA), de l'Israel Policy Forum, de l'Anti Defamation League, de l'American Jewish Commitee (plus centrée sur les intérêts juifs qu'israéliens), du CRIF en France etc

« Quand nous disons que les Arabes sont les agresseurs et que nous nous défendons, ce n’est qu’à moitié vrai. En termes de sécurité et de vie quotidienne, certes, nous nous défendons. [...] Mais cette lutte ne représente qu’un aspect du conflit, qui est en substance d’ordre politique. Et en termes politiques, nous sommes les agresseurs, et eux se défendent. » Ben Gourion en 1938, cité par Benny Morris
Victimes (Righteous Victims, 1999), 2003, page 731.

« Le colonialisme de peuplement a deux caractéristiques principales. Premièrement, il est gouverné par une logique d’élimination. Les colons viennent pour rester. Leur mission première n’est pas d’exploiter les autochtones mais de les remplacer. Deuxièmement, l’invasion n’est pas événementielle, mais structurelle. Au-delà de la violence fondatrice de l’expropriation territoriale, les autochtones qui ont survécu sont soumis à une variété de stratégies au moyen desquelles la société coloniale cherche à les éliminer », selon les termes de Patrick Wolfe, chercheur en Histoire à l’Université La Trobe (Australie). D’après lui, le paradigme du colonialisme de peuplement, habituellement utilisé pour les Etats-Unis et l’Australie, peut également s’appliquer à Israël. Pour Wolfe, le sionisme n’est pas seulement « un autre racisme » ou « une autre forme de colonialisme » : « le sionisme porte en lui l’élimination des autochtones ».

(…) le sionisme, colonialisme de peuplement, porte en lui la négation des droits des Palestiniens. Il est en ce sens illusoire d’imaginer la possibilité d’un « partage » ou d’un compromis acceptable entre les droits des Palestiniens et la survivance de l’État d’Israël tel qu’il s’est constitué au milieu du 20ème Siècle. La décolonisation de la Palestine implique une désionisation de l’État d’Israël : tant que ce dernier prétendra être « l’État des Juifs », il n’y aura pas de solution juste et donc durable.
« Les Israéliens et les Sionistes sont nés d’un mensonge, ils vivent dans un mensonge, ils croient qu’ils peuvent s’en tirer avec des mensonges et de la tromperie, et cette triste vérité doit être dite. » Gilad Atzmon
Voilà et j'ajouterai que le complot politique fait partie de l'histoire, a fait l'histoire de tout temps, c'est un fait indéniable et ça ne fait pas de moi un admirateur des Protocoles des Sages de Sion!

7. 19/03/2011 13:34 - andr

andrEt voila la judeophobie pure et simple, la vision policiere de l' histoire, la paranoia explicative. Tout a ete dit et explique dans quelques lignes. Ils sont tres heureux tous ceux qui detiennent la cle de l' Histoire. Taguieff, encore une fois, a raison: l' antisionisme est la nouvelle forme de l' ancien antisemitisme racial, et la "theorie du complot" est une nouvelle ideologie dominante.

8. 19/03/2011 14:38 - Pasolini

PasoliniOù est la paranoïa? Je ne fais que rapporter des citations aisées à retrouver.

9. 19/03/2011 14:46 - Mézigue

Mézigue Cet entretien est intéressant à lire pour bien connaître les positions les plus récentes de Taguieff sur le conspirationnisme.

Il faut passer les piques qu'il lance à Umberto Eco. PAT encense l'essayiste pour mieux critiquer le romancier. Ce n'est pas très honnête de sa part. PAT sait parfaitement que les deux domaines, l'essai et le roman, sont, en très grande partie exclusifs l'un de l'autre. Je veux dire qu'on ne peut pas les attaquer pour les mêmes raisons.

Sur la célinolâtrie, il est déjà beaucoup plus intéressant ... et amusant. Je pense, tout comme lui, qu'à l'heure où les mythomanes antisémites ont déjà accès à un des textes qui conforte leurs délires, faut qu'existe une sérieuse édition critique des pamphlets.

Mais c'est dans la troisième partie qu'il est le plus convainquant. A travers son attaque contre Badiou, il démonte les mensonges de "l'antisionisme" militant le plus borné - que ce dernier soit d'extrême-droite (il suffit de penser à un pamphlétaire illuminé qui chauffe du "bonnet" ) mais hélas aussi d'extrême-gauche ...

10. 19/03/2011 15:01 - andr

andrSuite et fin

"Les adeptes de la 'theorie du complot' croient que le cours de l' Histoire ou le fonctionnement des societes s' expliquent par la realisation d' un projet concerte secretement, par un petit groupe d' hommes puissants et sans scrupule (une super-elite internationale), en vue de conquerir un ou plusieurs pays, de dominer ou d' exploiter tel ou tel peuple, d' asservir ou d' exterminer les representants d' une civilisation. Point de complot sans manipulations secretes qui, dues a des individus lies entre eux ou a des organisations, engendrent des evenements ou des series d' evenements. Le 'vaste complot' ou la 'grande conspiration' sont percus comme la force motrice de l' Histoire, la principale cause productrice des evenements. Telle est la representation centrale de ce que Richard Hofstadter a caracterise comme le 'style paranoiaque' ou 'paranoide' ('paranoid styl') dans le champ politique. (...) Croire a la grande conspiration, c' est croire qu' on possede les moyens de 'tout expliquer jusqu' au moindre evenement en le deduisant d' une seule premisse' (H. Arendt)."
Pierre-Andre Taguieff, "L' Imaginaire du complot mondial. Aspects d' un mythe moderne", Paris, Mille et une nuits, 2006, pp. 54-55.

11. 19/03/2011 15:05 - Pasolini

PasoliniJe n'explique pas l'histoire par le complot, je dis juste qu'il en fait partie et qu'il la fait avancer parfois (incendie du Reichstag par exemple). Mais libre à vous de vivre dans le monde de oui-oui si ça vous rassure...

12. 19/03/2011 15:11 - andr

andrVotre position est "un soupcon infini" (Taguieff, op. cit, p. 45).

13. 19/03/2011 15:16 - Pasolini

PasoliniEcoutez mon grand l'histoire est une matière idéologique écrite par les vainqueurs et donc soumise à la critique et au débat.

14. 19/03/2011 15:20 - andr

andrEt le hasard, mon petit?

15. 19/03/2011 15:26 - Pasolini

Pasolini Je parlerai plutôt de providence

16. 19/03/2011 15:30 - Mézigue

Mézigue@ Pasolini ("Pasolini", rien que ça ... MDR)
Si vous n'arrivez pas bien à lire et comprendre Taguieff, je vous indique une conférence qui traite de ce sujet :
http://paresia.wordpress.com/2011/03/07/elements-figures-et-esquisse-d%E2%80%99un-historique-de-la-pensee-conspiratoire/

17. 19/03/2011 15:55 - andr

andrLe complot providentiel, voila la paranoia!!!

18. 20/03/2011 01:24 - Wox Pipoli

Wox PipoliMichel Drac : comique d'extrême droite, ignare, ridicule et confus, ex proche d'Ali Ben Soral. Quelle classe dans vos références Pasolini, quelle classe. Ne serais tu pas l'ultra comique Jean Robin ?

19. 20/03/2011 08:49 - Mézigue

Mézigue@ Vox Pipoli
Bonjour,
Veux-tu dire que tu soupçonnes que derrière le pseudo de "Pasolini" se cache Michel Drac ou peut-être même le crét[censuré] Jean Robin ?
Possible ... (Bien que généralement le second assume ses débilités ...)
En tous cas, si tu veux t'amuser, va lire les commentaires de ces deux clowns ici :
http://www.scriptoblog.com/index.php?option=com_content&view=article&id=659:debat-je an-robin--michel-drac-sur-qla-crise-causes-et-solutionsq&catid=34:actualite-des-amis-du-site &Itemid=53
Même Ali Ben Soral peut se permettre de les mépriser, c'est dire !

20. 29/03/2011 11:48 - Nach Mavidou

Nach MavidouJe n'ai évidemment pas encore lu "Le cimetière de Prague", mais je comprends aisément la portée du propos de M. Taguieff. La méthode d'U. Eco transparaît suffisamment dans ces précédents ouvrages. Peut-être que l'auteur s'est brûlé les ailes en s'attaquant à un thème extrêmement périlleux, bien que je ne crois pas une demi-seconde qu'il puisse être antisémite.

Les similitudes avec "Le pendule de Foucault" ont l'air fortes, peut-être trop fortes alors que le second roman d'U. Eco s'attaquait à des thèmes sensibles, en se perdant un peu par moments dans le mélange très érudit entre vrai et faux ; déjà. Les voies étaient néanmoins ouvertes pour une lecture rationnelle, la portée de l'attaque envers les religiosités ésotériques florissantes ne faisait aucun doute... tellement bien qu'on pouvait y voir aussi un coup de griffe envers les religions mieux établies et apparemment moins sujettes aux fadaises.

En matière de jeu entre vrai et faux, je recommanderai par contre sans réserves son "Baudolino".

21. 28/06/2012 18:45 - Sinclair

SinclairM. Taguieff est un érudit (voir l'épaisseur de ses livres, et le nombre de notes) mais pourquoi faut il qu'il ignore la souffrance du peuple palestinien?

22. 11/07/2013 21:28 - meta

metaAndr..donc la shoah, les guerre mondiales, la colonisation, toutes strategie de rapport de force pour dominer un autre groupe seraient donc le fruit du hazard? nous sommes des atomes qui s entrechoquent...mon gars tu diras ca au victime des camps que leur sort est le fruit du hasard. ou bien existe il une exception a la règle pour ce cas precis?

Ring 2012
Pierre-André Taguieff par Pierre-André Taguieff

Écrivain, essayiste, historien des idées politiques. Ring Wall of Fame.

Dernière réaction

P.-A. Taguieff nous livre une excellente approche de la methode d' U. Eco. Particulierement penetrante la reponse de Taguieff a la deuxieme question, ou il pointe un vrai danger: "On peut des lors...

andr18/03/2011 13:03 andr
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