Sur le RING

Cold Wave is not dead : le zéro absolu du rock

SURLERING.COM - SOUNDTRACKS - par Gaël Giovannelli - le 14/01/2011 - 34 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

La Cold Wave, cette déferlante qui vient ronger comme l’azote liquide les piliers du post-punk balbutiant et tentaculaire, emporte les âmes au cœur de l’hiver thermonucléaire. Balade suicidaire au clair de lune, entre cimetière et centrale, avec les gardiens du diamant noir nommé Cold. Un long dimanche à Tchernobyl…



Quand on veut établir un constat général, il faut du recul. Celui que prennent les tueurs à gages quand ils ajustent la cible. Ainsi nous allons faire le sale boulot, le prendre à bras le corps. Et tirer dans la nuque du mythe à bout portant. En ayant pleinement conscience que la matière nous éclaboussera, et que l’arme peut nous sauter à la figure. Du tueur, il faut aussi le sang-froid. Hyper froid en l’occurrence.

Isolation

Joy Division et The Cure avec la Trilogie Seventeen Seconds/Faith/Pornography avaient ouvert en même temps que P.i.l, Killing Joke, Siouxie & The Banshees, Cabaret Voltaire et tant d’autres une boîte de Pandore. Les enfants de l’hiver 78-79, malingres et égarés tortillaient un vague-à-l’âme du bout de leurs doigts arqués sur des lignes de basses à l’énergie tellurique et négative, des guitares faméliques comme des chats harets. A l’heure du réveil, des milliers d’ados se sont rués sur les accords mineurs, histoire de bien commencer la journée. La glace pilée en reniflette. Voir la vie en retirant les roses lunettes du paradis promis par les aînés-eh, c’est pour quand la vie !? Et la psyché répond, tel le corbeau de Poe : « jamais plus ».

Pour sûr, les années 80, et surtout les années 90 ont tôt fait de balayer, sous le tapis des nouveaux courants-et nouvelles modes-ladite Cold. En plein revival hippie-baba (jamais pilosité ne fut aussi généreuse), via les célébrations des chers disparus de la shooteuse (Jim, jimmy, Janis,…Ex-fan des sixties…) et la fin de la Guerre Froide, la noirceur et sa frangine la froideur sont cruellement montrées du doigt, et renvoyées dans le caveau-pour la paix des âmes. Par le biais du trip-hop (Mezzanine de Massive Attack), du Big Beat électronique de The Prodigy et les syncopes guitaristiques des Smashing Pumpkins (Adore l’admirable, Machina/The Machines of God) voletaient certes, de-ci de-là quelques poussières dans le halo, indiquant le raie de lumière originel qui les irisait et les inspirait.




New Ice Age


Et puis, ambiance fin de siècle, tour du cadran millénariste, 11 septembre…On a rebranché les guitares, coupé les tifs et, habillé straight but cool, on a redescendu la Grand ‘rue de la City, humé le béton et la nuit urbaine, voir si le désespoir était toujours en activité sur le boulevard.

Men in Black impeccables, Interpol (Le nom, en ces temps d’anti-fliquage, voilà ce qu’on appelle avoir le sens de son époque), fut une bombe assurément plus mortelle que n’importe quel Molotov sur le scratch d’un rappeur. Influence d’influences, Interpol entrait peu à peu par les pores de la peau, répandait un virus vicieux et lent, de corps en corps, et contaminait la Planète Rock. C’est jusqu'à l’excès qu’on les a qualifiés d’héritiers de Joy Division. Un bien lourd fardeau en vérité, mais comment bouder son plaisir avec de tels invités à votre party ? Et puisque le monde est moche, et gris, et pourri, et foutu, avec délectation de nouveaux groupes plongèrent dans ce bain de jouvence, eau saumâtre plus poisseuse et noire que les lacs pétrolifères souterrains d’Irak. Retour de l’inspiration au ras du bitume. Le slang d’Interpol comme poésie d’asphalte. Ils donnèrent le la, d’autres allaient le nuancer de tous leurs bémols.
Editors, groupe de Birmingham, n’eut qu’à se retourner légèrement pour glaner dans la jachère new-wave britannique : batteries sismiques, basse herculéenne et surtout le chant puissant de Tom Smith. Un Interpol britton, quelle ironie : les Yankees faisant la leçon aux Anglois en matière de Cold, mais où va-t-on ? Avec In This Light And On This Evening, Editors effectue le virage électro avec brio et intelligence, et s’il rogne sur les murs de guitares habituels, la tension des compositions n’en devient que plus palpable (The Boxer, The Big Exit). Interpol tourne en rond et s’ennuie, au risque de se faire déposséder de leur titre de gloire.


Aujourd’hui la blague fait long feu, et tout groupe de rock qui tente sa chance hurle, à se rouler par terre, que Joy Division est sa référence première. C’est très souvent vrai. C’est le grand mal, le bât qui blesse, mais toute ligne de basse trop appuyée ou jouée lead…et shoegaze !, toute guitare cristalline trop perçante ramène les auditeurs à Joy ou The Cure. La rançon du génie, c’est bien le cliché. Parmi cette cohorte, des caractères bien trempés se distinguent.

All Sparks

Pour le son, I Love You But I’ve Chosen The Darkness sort en 2006 chez Secretly Canadian Fear Is On Our Side.  Intense et profond comme les nuits sans lune, même chambre d’écho que feu The Sound, guitares liquides made in Robert Smith…Toute ressemblance est pardonnée, et tout est digéré sur ce modèle du genre (The Ghost, The Owl, If It Was Me), pièce unique rapportée du fond de la chambre froide, mélodique et épique. Authentique.





L’attitude est incarnée par These New Puritans sur Hidden. La sécheresse de désert blanc et la forme théâtrale des titres oscillent entre The Fall (I Am Kurious Oranj) ou P.i.l. (suffocant Flowers Of Romance). Grandiloquent et pharaonique parfois, mais sachant être délicat (White Chords), mêlant les échantillonnages, les traitements synthétiques ainsi que cordes et cuivres réelles, l’album à l’ambition de la musique totale. Une  « Stockhausenpop » gonflée, à dimensions variables, mais dont le cœur du réacteur frôle dangereusement le zéro absolu.





La fidélité appliquée de She Wants Revenge est une fleur de métal synthétisée, à deux pas de Sisters Of Mercy, à qui ils ont subtilisé le Doktor Avalanche, boîte à rythmes folle. Ils ont cependant choisi le bon côté obscur de la force. Le respect studieux de la lettre leur sied fort bien. Les cubes de glace, taillés à même l’iceberg dead-disco asphyxiant que sont leurs deux albums siamois (She Wants Revenge/This Is Forever), sont les pôles magnétiques d’un monde givré.
Et puis, et puis, il y a cette croix blanche sur fond noir- comme quoi tout est question de contraste -livrée par des angelots d’à peine 20 ans, gominés et tranquilles. The XX. Plus qu’un hommage, c’est une refonte, un reboot total de la Cold Wave que XX a produit. Au-delà de la prolongation-reproduction du geste, ils transcendent par un dépouillement et un assèchement brutal et radical le cahier des charges bien effrayant de la Cold. L’émotion est d’autant plus vive qu’elle est nue. Retour donc au soma cotonneux et au coma codéiné de Faith. Retour à la brume humide des étranges contrées intérieures. Gouttelettes de rosée sur la toile de l’épeire diadème d’Adore.

Intro, by The XX :



Dans des styles différents les Français Colder et The Hacker jouaient la carte de l’électronique. Colder avec Heat installait un tempo imparable et répétitif tout en chutes de tensions et voix monocorde. Aujourd’hui silencieux il avait toute sa place dans la nébuleuse de l’espace froid. Michel Amato alias The Hacker fusionnait dans un même temps Kraftwerk, Cabaret Voltaire ou Deutsch-Amerikanische Freundschaft dans l’endless night des rave-parties (The Next Step Of New Wave).

Faith

On aura remarqué une touche heighties dans un pan musical contemporain : Bloc Party, Twin Shadow, The Strokes (et bien d’autres feu-follets du one shot) mais cela semble confiné à l’exploitation d’un son d’Epinal, allant du gimmick à la caricature. A contrario, la Cold Wave est l’objet d’une référence avérée depuis une dizaine d’année. A son époque elle était un genre musical underground, témoignant d’un inconscient collectif, exprimant un malaise social et culturel rampant, une faille émotionnelle flagrante. Les musiciens contemporains l’affirment comme une source d’inspiration, en se l’appropriant et la revisitant sans cesse. De ce fait même, et bien que les mots soient des armes chargées, la Cold Wave n’est-elle pas devenue une forme musicale classique ?

Gaël Giovannelli



Toutes les réactions (34)

1. 14/01/2011 10:01 - Chris

ChrisBon article. Mais en bon chieur je tiens à me plaindre de l'absence de NIN et de Ministry, ainsi que de Radiohead. Ces groupes ont vraiment su voir la Cold Wave en héritage, avec le regard conscient que pouvait avoir Schönberg pour Wagner quand il sentait en composant sa Nuit Transfigurée la fin du tonal. J'ajouterai également A Perfect Circle, dans lequel joue d'ailleurs un ancien Pumpkins, et Deftones qui est le seul groupe affilié (à tort) néo métal à être en fait un groupe de rock traumatisé par la Cold Wave (voir également le projet du chanteur, Team Sleep, qui est l'aboutissement du genre selon moi, niveau de lecture/sampling/déterritorialisation du chant)
Et franchement Editors, j'y arrive pas, c'est viscéral.

Sinon je fais un peu de pub pour moi, je trouve qu'on a bien su dépasser notre héritage nous aussi ^^ :

http://www.myspace.com/liedgroup

En tout cas toujours un plaisir de vous lire Gaël, et merci pour l'article sur Pärt ! La 4ème est vraiment surprenante par rapport au reste de son oeuvre !

2. 14/01/2011 14:33 - Cerealeskiller

CerealeskillerGénial l'article on sent le connaisseur. Vraiment un grand bravo.

3. 14/01/2011 16:53 - Orchidée

OrchidéeIdem pour moi avec Editors. Grand plaisir de vous lire mr Giovanelli.

4. 14/01/2011 22:04 - olivierD

olivierDLe sujet était pour le moins savonneux. Vous avez réussi à ne pas tomber dans l'écueil de l'encyclopédisme. Je me joins aux voisins du dessus pour les éloges... d'autant que vous me faites découvrir She Wants Revenge. Au plaisir de vous lire.

5. 14/01/2011 22:54 - Nach Mavidou

Nach MavidouC'est effectivement une très bonne synthèse qui porte le constat essentiel pour comprendre le Rock de ces dernières années. Sincèrement, j'attendais ces propos sur la place prise par Joy Division depuis longtemps. Naturellement il fallait faire des choix de présentation et se garder de l'encyclopédisme pour une meilleure clarté, mais les exemples choisis sont les bons et la démonstration ainsi faite rend bien compte de la réalité. Un néophyte aura une vision juste de ce qui s'est passé d'une époque à l'autre à travers un fossé d'une trentaine d'années.

Le terme "Cold Wave" n'est pas beaucoup employé par les anglo-saxons, que je sache, qui lui préfèrent celui de "Post-Punk" qui est encore plus attrape-tout et savonneux. Mais la "Cold Wave" a fait florès en France, en référence à un certain nombre de groupes de chez nous qui faisaient du Rock dans ce genre et qui étaient bons.

Après, je dois avouer que tout en me félicitant de ce retour de mode, par goût personnel je reste assez insensible à la nouvelle génération… Bravo quand même pour avoir mentionné She Wants Revenge, moins connu qu'Editors ou Interpol. Il y en aurait d'autres.

6. 14/01/2011 22:58 - Gaël Giovannelli

Gaël GiovannelliTant de chaleur après toute cette Cold, c'est trop, merci.
Chris,
Eh bien moi j'aime bien les chieurs. J'ai effectivement exclu NIN et Ministry, pour la simple raison qu'ils ne se revendiquent pas de la Cold Wave mais de l'Indus-Coil avent tout pour Trent Reznor, voir ses réactions à l'anonce du récent décès de Seezy. Mais les styles, et les personnes, sont poreux. Je ressens la froideur de l'indus comme étant mécaniste, technologique, la Cold est toute organique et sensorielle...humaine trop humaine aurait dit le marcheur de Sils Maria. Radiohead m'a glissé entre les doigts, si vous pensez à la période Amnesiac et Kid A, vous avez raison de le rappeler.
Ach! Editors! Beaucoup ont du mal, je suis plutôt admiratif. Au vu des progrès qu'ils font d'album en album, je pense qu'ils peuvent devenir énormes.
Bien a vous.

7. 14/01/2011 23:01 - Gaël Giovannelli

Gaël Giovannelliles doigts glacés, j'ai tapé Seezy; c'est Sleazy of course!

8. 14/01/2011 23:10 - Ch-Uy

Ch-UyParler des courants musicaux, ou de la musique tout court, reste un exercice littéraire. Un peu comme expliquer un livre avec des parfums...ou de la musique, tiens.
La musique est, et restera, viscérale.
Heureusement.
The rest is silence.

Merci Chris pour Radiohead, que j'ai eu le plaisir de voir à Buenos Aires en 2009.

9. 14/01/2011 23:22 - Gaël Giovannelli

Gaël GiovannelliCher Nach,
Merci, cela fait des années que je défend l'underground français qui à une réelle légitimité et tient la distance avec ses homologues anglo-saxons (et les autres: allemands, bataves, espagnols, Israeliens...), que ce soit pendant la période punk, la New-wave et la Cold-néologisme français you're right, mais fort approprié- (Trisomie 21, Marquis de Sade, Opposition...). Difficile en France de faire entendre certaines voix quand le Rock s'appelle Johnny...

10. 15/01/2011 11:18 - funky5

funky5pour le versant électronique je rajoute the chromatics,pour le chant détaché......mais bon il y a tant de groupe qu'on pourrait qualifié (inspiré joy division/cold wave).
Je dois dire que j'ai un peu de mal à situer ce qui est cold wave/new wave dark truc dark machin...

11. 15/01/2011 11:21 - funky5

funky5ecoutez the chromatics http://www.youtube.com/watch?v=nwuppsLGZWs&feature=related

12. 15/01/2011 13:38 - Chris

ChrisA Gaël, effectivement vu comme ça je vous suis complétement ^^

A Ch-Uy : "the rest is silence" , cela me rappelle un slogan qu'on trouvait sur la tournée d'Ulver dans les projections du spectacle, amateur ?
D'ailleurs Gaël je me demandais si vous connaissiez cet excellent groupe Norvégien, influencé à part égales par Patton, Aphex Twin et Dead Can Dance; leurs albums sont à chaque fois une surprise. Ils ont joué l'année dernière dans un de leurs opéra nationaux, chose assez inconcevable en France ^^... http://www.jester-records.com/ulver/

Bonne journée !

13. 15/01/2011 14:03 - kim

kimEtrange article...un peu brouillon, ca fait tres sous-Technikart...baisse de qualite sur le Ring?

La Cold Wave c'est une invention francaise. D'ailleur la plupart des themes se referrant a la deprime et tout le malaise post ado que vous evoquez sont des sous produits, des sous branches des thematiques du Post Punk Anglais. C'est ce qui se vendaient le mieux a l'epoque a l'etranger, apres la mort de Ian Curtis et celle de Sid Vicious, le coup marketing le plus rentable pour les labels independant c'etait The Cure, c'etait un peu comme A-Ha, un produit commercial un peu branche, mais pas trop derangeant. Il y aura toujours des ados perturbes pour s'imaginer que le gros Bob sait de quoi il parle avec ses paroles a 2 sous.
En France dans les annees 80, les petits jeunes prefereaient ecouter The Cure, ou le barnum ridicule et pompeux de Sister of Mercy plutot que les sales chansons paranoiaques de Killing Jokes, les experimentations des Residents, ou les violences sonores d'Einsturzende Neubauten. Cabaret Voltaire, the Normal, Coil, Minimal Compact, Gang of Four etaient ignores parceque ne deversant pas le spleen ado. On a prefere Indochine, Trisomie 21, ou the Cure a Kas Produkt et Marquis de Sade ou Charles de Goal. C'etait plus facile, plus abordable, le Grand Bleu pour les branches.....

25 ans plus tard on nous refait le coup. Meme Kings of Leon nous la fait Post punk...et les jeunes baillent, sont peperes dans le plan Marketing retro 80. The Kooples devient la marque de fringue post punk branche et tout le monde prend sa nostalgie au serieux...meme vous apparement.

Personnellement je suis assez d'accord avec Chris, ce que vous definissez comme la Cold Wave, c'est surtout une version tres Pop du Post Punk, les vrais Cold Wave, en France, c'etait principalement Kas Produkt, qui etaient plutot orientes Indus, Coil. Pour une reelle comprehension de ce qu'est la Cold Wave, je vous conseille une tres bonne compilation:
SO YOUNG, SO COLD: UNDERGROUND FRENCH MUSIC 1977-1983
http://zambonisoundtracks.wordpress.com/2008/09/09/so-young-so-cold-underground-french-music-1977-1983-2004-compilation/


L'atmosphere de l'epoque etait franchement tout sauf deprimante. La plupart des corbeaux ne se prennaient pas vraiment au serieux, on se maquillaient surtout pour aller draguer au Gibus et ceux qui deprimaient etaient plus souvent les boudins ou les gamins se prennant trop au serieux. Au contraire a l'epoque la plupart des jeunes branches devoraient des livres a la librairie Parallele, allaient de concert en concert, n'hesitaient pas a danser sur Talking Heads, Tones on Tail, Pil, meme Afrika Bambataa.
25 ans plus tard on prefere nous vendre le mythe sur-exploite de Ian Curtis et de la deprime, pour fructifie le fond de commerce de quelques artistes peripherique de l'epoque. Meme the Kills (Boys band rock pseudo reincarnation post punk) fait du Joy Division...On a oublie que le post punk c'etait surtout un foisonnement de styles differents, de tres fortes individualites...

C'est deprimant et caricaturale...Merde il faut quand meme comprendre que Peter Murphy ne faisait pas deprime les Londoniennes; ils les faisaient rire et mouillees au contraire, c'etait Ziggy Stardust Post modern, pour de rire...Il n y a que les Francais pour avoir pris Bauhaus au serieux.... !!!

14. 15/01/2011 22:10 - Gaël Giovannelli

Gaël Giovannelli@Kim,
Je comprends ce que vous dites. Je me suis concentré sur l'héritage musical d'aujourd'hui de la cold, et non pas un historique complet-j'ai déjà relevé dans un commentaire précédent l'origine toute frenchy du terme.
Je ne confond pas les délires adolescents qui traversent les cerveaux et les corps en emoi à l'age de la puberté et la création d'authentiques musiciens adultes-ou tout juste-qui ne font pas qui du punk, qui de la new wave, mais de la musique. Le fait est qu'a l'ecoute, même si l'on danse avec la coldwave, c'est sur des émotions a vif et des accord mineurs: la violence des textes de Killing Joke par exemple, et il faut bien se rendre compte de quoi parlait Curtis. Cela ne remet pas en cause la créativité musicale de l'époque, mais lisez les propos de Peter Hook (Manchester Music City de John Robb): Manchester, dans les années 70, c'était vraiment...à se pendre. Et c'est bien cette situation particulière qui les a poussé à créer ce style si particulier. Si tant de groupes ont émergé a cette époque, c'est qu'il n'y avait rien à faire d'autre, et rien d'autre a espérer. Vous voyez pointer le désespoir? Demandez aux personnes qui ont un jour assisté à un concert de Joy Division leur impression. "je n'ai jamais eu aussi froid, en-dedans"fut la réponse d'un ami.
Hélàs, ce n'est pas moi qui ait inventé ce mot-Cold Wave- et il est aujourd'hui rentré dans le langage-d'où la conclusion sur son classicisme éventuel. Mais d'accord, on pose ici la question de l'etiquettage des styles musicaux, la formation d'un communautarisme musical, chacun son clan, ses couleurs et sa musique, c'est cela pour moi qui est déprimant. Un tout autre sujet de discussion.
Concernant la Curemania qui déferla en France, elle n'a eu lieu qu'en 85-86, c'est-a-dire avec The Head On The Door (Close To Me, oui c'est de la pop, mais Smith ne s'en est jamais défendu, comme il ne s'est jamais accordé avec les gothiques), et après le split d'avec Simon Gallup, provoqué par l'accumulation d'energie négative lors de la création de Pornography-et il faut aussi voir l'accueil réservé à ce cauchemar sublime par la presse de l'époque!
Les corbeaux sont arrivés après, fort peu nombreux en réalité, s'accoutrant par nécessité de se rattacher à un mouvement indéfini-le batcave donc, encore une étiquette- et parmi eux, un bon nombre d'"usurpateurs"...qui draguaient au Gibus comme vous le dites!
Je connais cette compilation So Young But So Cold, et les groupes que vous citez, je suis un grand admirateur de Kas...Oui la New Wave française est à redécouvrir. Je crois qu'en France on n'aborde pas avec le même "sérieux" la musique que dans les pays Anglo-saxons. En France, la musique reste un appendice, elle n'a pas eu l'importance que le Punk à eu en Angleterre (et pourtant, le punk en France!), le Rock'n'Roll aux Etats-Unis, elle n'a pas joué le rôle quasi-politique qu'elle y a joué dans ces pays (et je ne parle pas du LSD dans les 60's!). Evidement que Kas Product est passé à la trappe, comme tout un tas de groupes de qualité, ce sera toujours comme ca, en France, la musique c'est pour se marrer.
Et non, The Kills ne fera jamais DU Joy Division-Dieu merci. Et je suis d'accord encore avec vous: le marketing autour de Joy Division et la caution que certains s'achètent en les citant est ridicule, voir choquant. We're only in it for the money!
Bien à vous.

15. 15/01/2011 22:46 - olivierD

olivierDGaël, vous faites référence au rôle politique de la musique. Très bien. Il me semble que Kim n’y voit qu’artifices ou jovialité.


@Kim : La distance, que rendent possible la pixellisation et l’alias, nous permet beaucoup. Je vous prends donc au mot et, au vécu qui se dégage de vos propos, vous suppose être un vieux « con » d’une cinquantaine d’années… Etant un con « middle age », j’allais me coucher quand vous sortiez rue Faubourg du temple. Vous la connaissez donc cette ambiance du XIème et puis parisienne et puis française et puis de l’Ouest… :
« L'atmosphere de l'epoque etait franchement tout sauf deprimante. »
Une remarque : nous parlons bien de cette période qui suit les deux crises pétrolières, qui vit la montée du chômage, qui fut marquée par deux grands poètes de la politique : Thatcher et Barre…
Je vous crois bien volontiers lorsque vous assurez du climat festif des soirées de ce temps-là comme j’espère que mon petit-fils comprendra les éclats de rires et les moments adolescents d’une légèreté sans nom qui purent se vivre à un concert d’NTM ou de Minister Amer ou de Booba ou de… Quelle belle et quiète époque nous vivons.
Bien évidemment que les jeunes gens bientôt modernes ne chialaient pas en découvrant chaque matin le Gilette et le Bic ! Bien sûr qu’il y a eu une posture. Bien entendu que les morgues n’ont pas été submergées. Le Khôl de R. Smith était markerting ? Peut-être, mais dans ce cas, toute tentative de création d’identité scénique se réduit à cela.
Que P. Murphy baisa en backstage… ah bon ? c’est ça le rock alors…

A trop vouloir aborder les choses sérieusement, on finit par se mordre la langue en mangeant. Mais la posture festive d’une quête absolue du léger et du rire me rend circonspect. Tous ceux que vous citez et qui sont d’un accès plus « ardu » que les Cure - de quelle période parlons-nous ?- ou Sister of Mercy (Killing Jokes, Einsturzende Neubauten. Cabaret Voltaire, Coil, Minimal Compact, Kas Product etc…) n’en sont pas moins les vecteurs d’une époque qui accusait le coup. Quel boute-en-train ce Jaz Coleman ! Quel clown ce Frank Tovey ! Et Sleazy avec les rigolos du COUM… (Au XVIIème siècle, on riait énormément pendant la Fronde. Les Mazarinades avaient un succès étonnant).

Pour terminer, je ne suis pas un adepte du total look… mais j’ai dernièrement acheté une fringue chez Kooples. C’est grave docteur ?!

16. 16/01/2011 00:20 - Stavroguine

StavroguineUn beau ramassis de puriste par ici!

"Joy Division fait déprimer", donc Joy Division c'est mauvais. "Joy Division est cité par un nombre grandissant de personnes comme une référence importante", donc faut plus écouter ce groupe commercial qui fait de l'argent sur du clichton. Mais ç'est que ça soulève de la fonte comme réflexion! Vous faites un répertoire du snobisme pour oreilles bouchées ?

Allez un no-nosse quand même, pour vous faire les oreilles: "There must be a hole in your memory, but i can see a distant victory". http://www.youtube.com/watch?v=L3jmdIQfpZ8

17. 16/01/2011 02:26 - Tristan

TristanCe débat est intéressant ; qui peut à l'heure actuelle se revendiquer de la Cold Wave ou du Post-Punk pour mieux plaire à certains? La Cold Wave est elle déprimante? Est-elle un style de musique sectaire regroupant des personnes marginales, déprimées , habillées de noir de la tête aux pieds? C'est grave docteur?Ou bien ne symbolise telle pas tout simplement l' époque ou on aimait faire la fête la nuit tombée pour mieux oublier la fadeur et la laideur des années 80?

A mon humble avis, la Cold Wave est "eternal"; elle est née au Royaume-Uni au début des années 80 à Manchester; Joy Division a véritablement créé un style musical singulier et de là découle la Cold Wave. Maintenant cet état d'esprit existe et il inspire et inspirera encore et encore.

Je pense que la Cold Wave se rapproche d'un état d'esprit ; c'est une sensation que l'on a envie de ressentir à un moment donné et elle est unique en son genre ; c'est un style musical qui à la fois vous remue les tripes et vous rend en même temps mélancolique.
Ecouter que çà rend complétement dingue !
Passer à côté serait vraiment dommage !

Pour moi la COLD WAVE, c'est : Synthétiseurs( qui rappelle les battements du coeur)
une voix qui glace le sang ou cloue au sol par sa beauté
une basse monotone (qui rappelle la journée)
et des guitares frénétiques.

J'adhère donc tout à fait dans le sens de l'article de Gaël qui en partant de la source a réussi à remonter jusqu'à aujourd'hui en citant les principaux acteurs de ce genre musical. Pas mal!
Bien aussi d'avoir repéré "Mezzanine"de Massive Attack.
Il faut ne pas oublier le travail accompli par le label indépendant 4AD qui a beaucoup oeuvré en faveur de la Cold.
And Also The Trees, Clan of Xymox et Cocteau Twins dans leur début étaient pas mal non plus mais ne sombrons pas dans l'encyclopédisme..."la fête triste" de Trisomie 21 mais je m'arrête là parce qu'il faut que j'aille me coucher.
Bonsoir

18. 16/01/2011 11:49 - Aide-Calfat

Aide-CalfatPour un Joy Division et un Cure, combien de Capitaines Igloos compassés ? La nostalgie ne peut pas toujours excuser les fautes de goût ; il est quand même difficile d'être ému aujourd'hui par ces pouêt-pouêt en huit bits, ces pauvres accords mineurs et ce manque total d'humour (sans parler des guitares sans tête).. à la fin Christian Death ont presque failli me détourner de la christian life. Foin de sociologie, les gars ( parce que je ne pense pas que la moindre fille se soit jamais intéressé au sujet, ce qui est significatif) : la cold wave, ça craint grave.

19. 17/01/2011 06:41 - kim

kimMerci Gael pour votre tres belle reponse!
Non, Olivier D, l'epoque n'etait pas a la deprime, mais au bouillonement creatif. C'est parceque le Punk declarait son nihilisme a tout vent qu'il fallait au Post Punk declarer l'imbecilite de ce manifeste bacle. Le mouvement Post Punk etait fait de position cynique, naives, parradoxale. Il faut reecouter le groupe de MG Dantec, Etat d'Urgence, ou bien Gang of Four, Talking Head, PIL, Pere Ubu et le superbe "warm leatheret" de The Normal (inspire de Crash de JG Ballard) pour comprendre l'etendue culturelle de l'epoque.

Je n'ai pas du tout parler de l'envie de Festif de l'epoque, mais au contraire du desir de creer un nouvelle modernite au debut des 80. Oui on s'amusait, oui on riait, Les Jeunes Gens Modernes de l'epoque ne voulait plus se laisser abattre par les Crises, la Guerre Froide, le Mur, l'Islamisme montant, les babyboomers! On ne peut pas reduire le Post-Punk a la deprime de Joy Division, sinon on ne peut pas comprendre New Order et son influence sur la musique contemporaine (du Dubstep, a la Techno de Detroit). C'est vaste mais c'est ce qui s'est passe politiquement et esthetiquement en GB post-Joy Division, ne plus se laisser abattre, mais aller de l'avant!
C'est le Gothic rock qui prit une envergure enorme en France, c'est de la que la Cold Wave se dilua en caricature grandgnilosque pour romantique attarde. C'est de la que la France enterra sa vraie originalite creative, pour suivre le moule trop etroit et commercial de the Cure. On oublia End of Data, Etat d'Urgence, Marquis de Sade, Baroque Bordello, Parabellum, La Souris Deglinguee, Front 242, pour le cirque sponsorise par Tonton et l'Humanite, on balaya l'eclat originale, pour le Festif ridicule des Beruriers (reveles au publique hexagonale par NRJ!!!), Indochine, Ludwig von 88, la betise crasse de Gogol 1er... et Manu Chao.

Oui vous etes une fashion victim Olivier D, mais je vous pardonne, vous avez tres bon gout!!!

20. 17/01/2011 14:36 - Stavroguine

StavroguineKim vous me faites penser, par analogie, à la préface de Guignol's Band et à l'agacement de Céline face à ce pauvre Denoël qui s'excitait contre Shakespeare parce que sa vision de la vie était trop sombre, qu'on allait droit au désastre avec ce genre de bouquin etc, etc... J'ai envie de vous dire la même chose quand je vous lis, "je vous apporterais Joy Division qu'vous y verriez que de la dépression", Qu'est-ce que vous voyez vous dans l'existence ? Qu'est-ce que vous entendez dans la musique ? Pas grand chose d'autre que vos petits idéaux personnels j'ai l'impression. Faut que çà aille de l'avant quoi, vous êtes pas bien compliqué, "allez de l'avant" ça vous suffit, c'est votre ultima ratio perso, votre grand critère final, quant au reste, à la musique elle peut bien se faire mettre...
Et puis qui a oublié Marquis de Sade mon cher ? J'ai 23 ans, mon Marquis de Sade je le connais sur le bout des doigts ainsi que pas mal de gens divers et varié autour de moi. Vous pouvez continuer à diviser les mélomanes entre ceux qui "connaissent" et ceux qui ne "connaissent pas" mais ca vous emmènera pas bien loin ce beau paradigme...

21. 17/01/2011 16:23 - Nejma

NejmaGG Dur quand le rock s'appelle Johnny, vous plaisantez!
Johnny depuis les confins de mon enfance n'a jamais représenté que la voix d'une certaine chanson populaire.
Trisomie 21 j'adorais, j'écoutais cela quasi en transe sans savoir à quel genre musical c'était.
C'est drôle je ne me suis jamais intéressée aux articles critiques évoquant les courants musicaux et leur classification mais là j'avoue que votre verbe et analyse me plaisent beaucoup. D'une part cela me cultive vraiment, car comme 90 pour cent des français je n'ai aucune culture musicale autre que classique,d'autre part la mélancolie est un des mots les plus beaux de la langue française.

22. 17/01/2011 21:02 - kim

kimStavroguine, je suis desole de touche a votre idole, "Joy Division", a votre "bon gout", si delicat. Et oui, comme on a tendance a condenscer les 70s aux pattes d'eph, a ABBA, Joe Dassin, Pompidou, Giscard, Foucault, au peace and love, en oubliant le terrorisme gauchiste, les boat people, le Krautrock, le heavy metal, le rockabilly, le skinhead; la nostalgie cree une caricature des annees 80.
La deprime manchunienne a laisser place, dans le milieu des annees 80, a un enorme elan artistique crossculturel.
La Cold Wave fut un minuscule sous genre dans le Post-Punk.
Oui, on etait etre en colere, noir, plein de paradoxes, plein de contradictions, sans etre forcement deprime, melancolique. Il y avait une enorme energie creative, et surtout le sentiment que l'on pouvait trouver des munitions partout dans la litterature, la peinture, la philosophie l'architecture du passe, partout, sans se limiter a ses codes esthetiques, pour forger ses armes contre le monde que nous preparaient les babyboomers. Ce que j'essaye de faire passer c'est que l'on ne peut pas comprendre d'ou vient Maurice G Dantec et ses premiers romans si riches en sources si diverses, et d'autres figures de cette epoque comme Daniel Darc, si on se borne a simplifer l'apport culturel du post-punk des 80 a Joy Division et la deprime de Ian Curtis, meme si elle fut plus marquante efficace, et violente que les glaviots de Sid Vicious.
@ Gael, desole j'ai confondu the Kills que j'adore, avec les Killers...que je vomis.

23. 17/01/2011 21:22 - Tristan

Tristan@Nejma
Nietzche a dit un jour et c'était loin d'être un imbécile :"Une vie sans musique serait un exil".
Je m'autoriserais bien de rajouter qu'il ne faut pas hésiter à aller voir plus loin que le bout de son nez et qu'il ne faut surtout pas se cantonner dans un unique genre musical ; la vie est trop courte!
A plus forte raison Colwave et musique classique ne sont pas incompatibles. Loin s'en faut!
Personnellement j'aime autant Joy Division , Marquis de Sade ou Trisomie 21 que Bach ou Beethoven bien que ces derniers aient parfois dans leur répertoire des morceaux "déprimants" ou qui "craignent grave"...Coucou Aide-Calfat!
La mélancolie fait partie intégrante de la Cold comme dans la musique classique. Les groupes cités par Gaël, OlivierD et Kim sont tous très bon et constituent une excellente anthologie de la Cold.

@Kim
Loin de moi l'idée d'attiser la"querelle"qui t'oppose à OlivierD mais il y a quand même des choses qui me dérangent dans ce que tu rapportes; l'époque était à la déprime et la Coldwave a été une réaction à cette déprime. C'était un cri assourdissant face au mutisme grandissant de la société; dans les quartiers populaires et les barres HLM ,la jeunesse avait besoin d'assouvir sa haine, de s'endurcir et la Cold des années 80 ravigotait et rassemblait les jeunes comme le Rap le fait de nos jours.On en revient toujours au rôle social de la musique mais il avait son importance et il ne faut pas le négliger sous prétexte qu'on s'est bien marré certains soirs...

24. 17/01/2011 22:21 - olivierD

olivierD@Kim "La deprime manchunienne a laisser place, dans le milieu des annees 80, a un enorme elan artistique crossculturel. " Vous êtes encore en train de déplacer le curseur: nous voici au milieu des années 80 maintenant!
"(...)pour forger ses armes contre le monde que nous preparaient les babyboomers." Mais qui avait 20 ans en 79?... Savez-vous que le babyboom s'étend de 1942-43 à 1965?
"(...) Ce que j'essaye de faire passer c'est que l'on ne peut pas comprendre d'ou vient Maurice G Dantec et ses premiers romans si riches en sources si diverses(...)" Que ferions-nous sans vous? Au fait, c'est qui ce Maurice G Dantec?...

25. 18/01/2011 06:58 - Aide-Calfat

Aide-Calfat@Tristan : je reconnais volontiers que l'argument était un peu court... cela étant, la période me semble globalement prétentieuse et peu inspirée, et incapable de faire quelque place à Nikki Sudden ou aux Spacemen 3, qui, pour le coup, le sont (inspirés).
En outre le rock n'a pas, n'a jamais eu de rôle social, autre que négatif, i.e. de permettre à des loosers de justifier leur existence (je sais de quoi je parle). Merde aux quartiers populaires et aux barres HLM, merde aux dépressifs et aux analyses sociales : le rock'n'roll est un phénomène spirituel, ou rien du tout.

26. 18/01/2011 11:03 - Nejma

NejmaAide-Calfat et la dépression vous savez de quoi vous parlez?
Tristan quel pseudo évocateur! Je connais et apprécie beaucoup Nietzche, je lui préfère toutefois Spinoza. Voyez comme tout se recoupe Kim vomit les Killers et adore les Kills.
La musique nous parle différemment à tout moment parfois même une chanson ringarde pourra évoquer tant de poésie et de mélancolie dans notre mémoire.Même dans mes moments les plus sombres jamais je n'ai renoncé à la musique.
C'est vrai ce que vous dites effectivement je n'ai jamais sans doute osé approfondir le rock, la Cold parce que cela faisait peuple, la musique classique me permettant de m'éloigner de ma condition sociale d'enfant d'immigré, car naïvement je pensais qu'aimer le classique cela ne me ferait qu'aller vers des personnes pouvant m'apporter cela s'est avéré. N'en déplaise à sieur Calfat il y a quelque chose de social dans le rock.
Ce genre d'article permet d'ouvrir son empan musical je vais donc aller à la conquête des groupes cités par Gaël.

27. 18/01/2011 17:20 - j.ax

j.axEternelle et puis quoi encore? La Cold Wave est archi-morte et je ne vois pas l'intérêt de retourner à ces musiques à part la nostalgie... tendance Radio Nostalgie pour jeunes (?) gens modernes... sauf si on en fait quelque chose de nouveau.
Et puis pourquoi monter des statues... Ian Curtis a fait une connerie, il doit le savoir d'où il est, sa mort c'est d'ailleurs presque plus un accident qu'un suicide; j'ai dans l'idée qu'il aurait préféré continuer à vivre que mourir à 20 ans. Robert Smith est un gros nounours qui aime le foot et la bière. Andrew Eldrich n'a plus rien à dire et ne pense qu'au cul...

28. 18/01/2011 17:54 - Wölfli

Wölfli@j.ax: Le problème est que la musique actuelle est morte avant même d'exister; elle n'a plus aucune réalité à décrire et encore moins à sublimer.
Pour ce qui est des bons vieux Joy Division, Suicide, Devo etc.., les mélomanes n'écoutent pas ces musiques par amour du temps passé mais tout simplement pour ne pas mourir d'ennui (même si la nostalgie peut découler de cette attitude je suis d'accord).

29. 18/01/2011 20:33 - kim

kimReduire la Cold Wave, sous courant du Post Punk, a Joy Division est un peu court, chere Olivier D. Pour rappel Ian Curtis s'est pendu en mai 1980.
Le mythe "Ian Curtis", s'est construit avec le temps, et l'impact du groupe ne grandit surtout qu'a l'arrivee commerciale de the Cure en France (mid 80), et Depeche Mode aux USA au debut des 90s avec le succes underground de NIN, Ministry et Marylin Manson.

Les artistes du debut annees 80 etaient extremement experimentaux et individualistes. Meme si Joy Division eu un modeste impact avec ses 2 seuls albums et ses quelques concerts, la deprime ne fut pas un vecteur commun, ce fut au contraire le cynisme, la froideur et le detachement qui furent les emotions communes.

On se deguisait en surjouant les robots (Kraftwerk), les hommes d'affaires, les BCBG, chirurgiens, les nerds allumes, les fils de bonne famille, les mannequins de mode, pour enerver les punks, les hippies, les baba cools encore present et mainsteam.

Meme si je connaissais tout Joy Division et the Cure, a l'epoque j'ecoutais surtout Minimal Compact, Siouxsie, Front 242, Echo and the Bunnymen, Cocteau Twins, This Mortal Coil, Xmal Deutschland et the Cramps...quand on est gamin, on se cherche dans un spectre assez large d'emotions et de directions, je ne pouvais me contenter d'etre congeler par Joy Division dans une eternel deprime. Mais il faut aussi tourner la page, non? tout ca c'etait avant hier....

La musique actuelle est tout sauf morte, il suffit parfois d'etre curieux et de comprendre un peu mieux ce qui anime profondement chaque courants...bonne peche sur Youtube!!!

30. 18/01/2011 23:01 - olivierD

olivierDQui a prétendu réduire le Cold à Joy Division ?! Vous vous battez contre des moulins à vent Kim. Relisez l'historique des réactions.
Je descends en marche, le panneau Dead End vient d'être dépassé.

31. 18/01/2011 23:40 - Tristan

Tristan@Nejma
Ma préférée de Spinoza, c'est:" Il faut avoir le pessimisme de la raison
et l'optimisme de la volonté."
Je continue à penser qu'il y a du bon partout et que le plus dure c'est de le trouver dans tout ce fourbi; avoir des goûts hétéroclites permet entre autres de s'offrir une kyrielle de casquettes que l'on peut enfiler au gré de son humeur du jour.

@Wolfli
Je partage ton avis; comment se fait-il qu'il y aient autant de reprises dans les succès actuels?

@j.ax
C'est bien un suicide et non pas un banal accident domestique en étendant son linge propre!

@Kim
Je ne sais pas par ou commencer...
"Joy Division eu un modeste impact avec ses 2 seuls albums et ses quelques concerts"
1976 Création du groupe. A partir de ce moment, ils n'arrêtent pas une minute ; ils travaillent chacun de leur côté pour gagner leur croûte et le weekend ils jouent à droite et à gauche. Je tiens à rappeler qu'il n'y avait aucune promotion publicitaire et que le concert était leur seule façon de se faire connaitre. On rapporte que les prestations scéniques valaient le déplacement...
1980 Curtis meure.
Ces mecs n'ont pas arrêter de tourner pendant quand même un sacré bout de temps! La myriade d'enregistrements pirates de JD le prouvent. Ils ne faisaient aucun compromis pour obtenir gloire ou argent ; ils se donnaient à fonds dans ce qu'il aimait par-dessus tout : la MUSIQUE.
Unknown Pleasures et Closer sont des albums remarquables dans lesquels il n'y a rien à jeter!
N'oublie pas Still non plus!
Enfin sache que closer atteignit la modeste place de sixième dans les charts anglais!
Love Will Tears Us Apart cinquième place des classements Indies...
Tourne la page si tu veux; oublie même le groupe si çà te fait plaisir ; mais, s'il te plait, arrête de parler d'eux comme çà! Ils ne le méritent pas!
Bonne nuit et sans rancune !

32. 19/01/2011 03:25 - kim

kim@ Tristan,
Je n'ai pas dis que Joy Division n'etait pas un bon groupe, au contraire. J'ai juste dis que Joy Division n'etait connu que d'un cercle restraint de personne a l'epoque, le mythe a fait le reste. Il n'y a pas eu des milliers de personnes a leur concert, et les ventes de Closer, Unknown Pleasure et Still ont surtout ete enorme apres la mort de Curtis. Joy Division fut un groupe culte dans les annees 80, parcequ'une minorite avaient ete marque par les performances de JD. C'est comme Big Star ou les Velvet Underground ou maintenant Yo la Tengo qui peut vraiment dire qu'il a vu vraiment Joy Division en live???
@ Olivier D, c'est l'article qui en parle, c'est vrai, pas vous. Vous m'attaquez plutot sur le fait que je ne considere pas que "la deprime" fut un vecteur commun aux artistes de l'epoque.
Je ne vous attaque pas d'ailleur, je critique la formule commerciale actuelle: resumer la Cold Wave, ou le Post Punk a Joy Division, en oubliant toute la richesse de l'epoque, en multipliant les clones de Ian Curtis, avec quelques emprunts a the Chameleons ou And Also the Trees, eux meme tres bons suiveurs de Joy Division.
Je trouve cela triste...tout comme Gael dans son article et sa reponse. Les disquaires ont creer des genres et des sous genres ont mis des boites, la ou dans les annees 80 il n'y avait principalement que de l'experimentation. Le plan marketing maintenant pour certains comme the Killers ou Green Day, c'est le clonage...
Je prefere encore Trent Reznor jouant avec Peter Murphy en live....

33. 19/01/2011 16:27 - Fanga

FangaLa Cold Wave est morte, pourquoi s'acharner à vouloir fabriquer sa résurrection ?

34. 29/07/2011 16:37 - JeanFé

JeanFéDésolé pour le déterrage, mais je viens de tomber sur cet article par hasard en lisant un texte de Dantec..
Je suis, pour ma part, assez surpris de ce que je viens de lire ; j'ai grandi au son de ce qu'on apellait la "Cold" : Norma Loy, Ptose, Clair obscur, Charles de Goal, Vox Populi!, la compil Out Of Nowhere, les articles d'Emanuelle Debaussart dans Best, And Also the Trees à la Loco, Feedback sur France Inter, etc etc
J'avoue tout d'abord ne pas bien comprendre l'affiliation avec Joy Division.. Bien sûr que tout le monde aimait Joy à l'époque. C'est d'ailleurs encore vrai plus de 20 ans après, mais même en 83 ça sonnait déjà vieux ! On peut, à la rigueur, considérer le travail de Hannett sur leurs albums comme ayant influencé la scène en France.. mais pas plus que celui qu'il a effectué avec New Order par exemple.
Et j'avoue ensuite être assez estomaqué par la playlist proposée : Editors, Interpol, The XX ??!! Pas de quoi s'habiller en noir et se gaver de Dinintel ou de Mercalm, tout ça..
Il existe pourtant une scène ENORME actuellement ! Qu'on appelle ça Witch House, Glo-Fi, Zombie Rave, Chillwave, Dream Pop ou ce qu'on veut, on ne peut pas dire que la "Cold/Darkwave" soit un genre disparu en 2011.. RDV au concert de Zola Jesus en septembre au Point Ephémère si vous voulez en être convaincus ;D
Pour les plus acharnés, ou les plus nostalgiques, une excellente compilation de groupes bretons : V/A Le Son de la Vague - Cold Wave & Post-Punk Rarities/1980-1985 (SuperHeights Prod.), qu'on trouve sur le net en cherchant un peu, et qui est bien plus représentative de l'époque que celle d'Ivan Smagghe.
Je vous laisse quelques liens, autrement plus 10's et bandants qu'un single d'Editors.. On est au XXIème siècle, bordel !
http://www.youtube.com/watch?v=an2rBx3HxBc (celui là est d'époque.. All-Time Fave)
http://vimeo.com/23618270
http://www.youtube.com/watch?v=ypwpDSbfMfY
http://www.youtube.com/watch?v=ygEJ67ve41I (Radiohead x Salem)
http://www.youtube.com/watch?v=zSjpBPSTgCo
http://www.youtube.com/watch?v=BezBRW69jQQ
http://www.youtube.com/watch?v=q1PFAcQP9vA

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Gaël Giovannelli par Gaël Giovannelli

Directeur littéraire. Ring Wall of fame.

Dernière réaction

Bon article. Mais en bon chieur je tiens à me plaindre de l'absence de NIN et de Ministry, ainsi que de Radiohead. Ces groupes ont vraiment su voir la Cold Wave en héritage, avec le regard...

Chris14/01/2011 10:01 Chris
MgDantec
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