Jean-Paul II sera béatifié à Rome le 1er mai. On verra un, deux ou trois millions d’hommes et de femmes de bonne volonté, rassemblés dans leur capitale universelle pour prier avec leur pape actuel le pape qu’ils ont connu. Ce sera une date majeure pour l’Eglise de voir rassemblés encore une fois Karol Wojtyla et Joseph Ratzinger dans la ville éternelle. Cette cérémonie présidée par Benoit XVI sera une date majeure pour l’Eglise universelle et, disons-le, pour l’histoire du monde et de son salut. Jean-Paul II a vécu à la fin de sa vie le martyre nécessaire pour fournir l’exemple de son enseignement et, par sa béatification, l’Eglise prouve une nouvelle fois qu’elle est encore dans l’Histoire et la régénère sans cesse.
Un martyr pour le monde moderne
Si la béatification de Jean-Paul II est aujourd’hui programmée, c’est qu’il y a eu un premier miracle reconnu comme tel, c’est que la bien nommée, Sœur Marie Simon-Pierre a été guérie miraculeusement de la maladie de Parkinson après avoir prié avec sa communauté Jean-Paul II d’intercéder pour elle.
Cette maladie, Jean-Paul II l’a éprouvée de son vivant, dans sa chair, en public, tout le temps, sous les yeux de ceux qui, du dehors de l’Eglise, remplis d’un intérêt soudain pour l’institution, le pressaient de démissionner. Jean-Paul II a très tôt placé son pontificat sous l’ambition de réconcilier le corps et l’âme, pour le salut de l’homme. Et ce combat prit de multiples facettes, certaines qui ont plu et d’autres déplu. Sa résistance au communisme a en premier lieu été un combat pour la liberté de culte puis, contre le matérialisme. C’est aussi en réaction au matérialisme mercantile occidental, que Jean-Paul II a érigé une des ses œuvres majeures : la lettre encyclique : “l’Evangile de la vie”. Il y avait là dedans tout un cocktail d’exigences inconciliables avec les lâchetés quotidiennes que la modernité nous inspire. Tout le confort des consommateurs y était remis en cause pour permette l’accès à la vérité : l’avortement, la contraception, l’accueil de la vie, l’euthanasie. Tout y est. Tout ce qui irrite les bienpensants. Cette encyclique ne vient pas justifier nos faiblesses, ne vient pas nous sommer de tirer fierté de notre pêché originel, elle vient placer une exigence digne de nous. Et comme il n’y a pas victoire de la vérité sans surgissement de l’ironie du sort depuis le Christ en croix, sans ce moment où l’arroseur devient arrosé, et bien c’est dans son corps que Jean-Paul II a dû vivre son martyre. Il a dû vivre en grabataire à la tête de l’Eglise aux yeux de tous. Lui qui voulait réunifier corps et âme, a vécu prisonnier dans un corps en déclin. Il constitue donc un exemple pour notre société en chute inexorable, allant d’avortement en euthanasie dans sa logique tyrannique et démocratique. Jean-Paul II apparait dès lors comme le patron de tous les grabataires, de tous les emmurés dans leurs corps, de tous les corps piteux qui restent néanmoins des écrins de la création, dépositaires du souffle de vie. Dans son dernier livre d’entretien, Benoit XVI souligne qu’il est bon de se rappeler que tous les premiers papes sont morts en martyr, que la primauté s’est développée dès le début comme primauté au martyre. (1) En ce sens, Jean-Paul II est un martyre moderne, acceptant sans démissionner la souffrance, la déchéance physique. Et malgré tout, corps et âme de ce pape sont restés unis, pour que l’exemple soit un enseignement. Il est surprenant de se rendre compte une fois de plus, que ce sont ceux qui ont foi en Dieu, ceux qui savent que la mort va les rapprocher de la source, qui aiment le plus la vie, qui y sont le plus attachés. Il est aussi signifiant que Jean-Paul II ait ajouté durant son règne les mystères lumineux au rosaire, à réciter le jeudi. Dans ces mystères lumineux, nous trouvons la transfiguration du Christ, épisode où le Christ manifeste ce que sera son corps glorieux après la résurrection. Jean-Paul II savait que pour combattre le matérialisme occidental, il ne fallait pas hisser le drapeau de la liberté, comme il l’a fait face au communisme. Il savait que pour combattre le matérialisme occidental, il fallait réconcilier le corps et l’âme. L’âme ne peut aimer qu’en acceptant l’incarnation jusqu’au bout et, le corps ne peut être purifié que par l’existence d’une vie intérieure autre que le psychisme à la mode. Un événement de l’Histoire
La béatification de Jean-Paul II est déjà un fait historique majeur de notre époque. Alors que l’Occident est sorti de l’Histoire en rentrant dans son supermarché, en faisant ses travaux de mémoire, en faisant de la psychologie à grande échelle, l’Eglise, elle, reste les deux pieds dans l’Histoire. C’est même ontologique pour l’Eglise, d’être dans l’Histoire. L’Eglise vit de la tradition, de ce qui se transmet de générations en générations, de pape en pape. Il est d’ailleurs miraculeux de se rendre compte qu’aucun concile n’en a contredit un autre, qu’aucune encyclique n’en a contredit une autre, qu’aucun pape, même les mauvais, n’en a contredit un autre. L’Eglise est donc tradition et héritage. Comme dit Scott Hahn, dans son son très puissant témoignage de conversion du protestantisme vers le catholicisme (2), le Christ n’a pas demandé que l’on écrive un livre ou même quatre, il a juste créé une Eglise, l’Eglise, en missionnant Pierre. Le Christ a créé une communauté, dotée d’une hiérarchie et d’une tradition. Comme le Christ est entré dans l’Histoire, l’Eglise est chargée de lui donner un sens. Et pour qu’elle ait un sens, il faut aussi que l’Eglise sache cette vérité implicite, que seule la mort révèle les choses. La mort est le bain qui révèle tout être. Rien d’autre ne peut se substituer à la mort. C’est vrai pour les artistes, c’est vrai pour la sainteté, qui ne peut être éprouvée que par et dans la mort. Ce sont mêmes les morts qui parlent le plus dans l’Eglise, c’est une autre définition de la communion des saints. Ce n’est qu’à la lecture renouvelée des enseignements des papes précédents que l’on découvre leur réel apport pour chaque génération. Ainsi les écrits de Saint Pie X sur la modernité, ou la lettre de Pie XII aux artistes par exemple, représentent pour nos jours une source importante de vérité. La mort est cette marge qui permet le retournement de l’ironie, le moment où l’arroseur arrosé redevient arroseur, où le Christ mort ressuscite. Jean-Paul II, celui que l’on appelait l’athlète de Dieu, est mort sous l’emprise de la maladie de Parkinson. On a cru que Jean-Paul II était un personnage historique parce qu'il avait contribué à la chute du communisme. Le propre d’un homme de Dieu est d’être un personnage historique pour chaque époque jusqu’à la fin des temps, grâce à une éternelle relecture de sa vie. Le 1er mai (3), il sera béatifié et c’est ainsi que l’enseignement de ce pape sera reçu de plein fouet par la société, car on ne peut plus rien objecter à un mort, et encore moins à un mort par qui arrive des miracles. Une béatification est un instant de victoire, une victoire discrète. Rendez-vous donc le 1er mai à Rome pour vivre ce moment de la Gloire de Dieu.
(1) Lumière du monde – Benoit XVI – Editions Bayard – ISBN 978-2-227-48246-3 (2) Rome Sweet Home - De la foi de Luther à la foi de Pierre – Scott Hahn – Editions de l’Emmanuel – ISBN 2-911036-79-4 (3) Angélus de Benoit XVI, Place Saint-Pierre, Dimanche 16 janvier 2011 : “La date choisie est très significative: ce sera en effet le deuxième dimanche de Pâques, qu'il a lui-même dédié à la Divine Miséricorde, et c'est lors de la vigile du Dimanche de la Miséricorde qu'a pris fin sa vie terrestre.”
Toutes les réactions (26)
1. 07/02/2011 13:02 - pharael
" notre société allant d’avortement en euthanasie dans sa logique tyrannique et démocratique. "
Je comprends que vous estimiez qu'une telle société avec ce désir d'émancipation de toute règle, surtout religieuse, vous paraisse au minimum présomptueuse. Un péché d'orgueil certainement, mais la lutte entre l'Église Tortue et la société Lièvre n'a pas lieu d'être. Les propos d'un Paul Virilio m'interpelleront plus facilement qu'une messe. La religion est affaire intime et doit le rester. Qu'elle soit une aide à la conscience et à la prise de liberté de chacun, non pas leur duègne.
2. 07/02/2011 14:14 - Dogann
"On a cru que Jean-Paul II était un personnage historique parce qu'il avait contribué à la chute du communisme. Le propre d’un homme de Dieu est d’être un personnage historique pour chaque époque jusqu’à la fin des temps, grâce à une éternelle relecture de sa vie."
Jean-Paul II, homme-prophète, qui parle pour l'homme capable d'éternité.
Merci et encouragements.
3. 07/02/2011 19:03 - delphine
à Pharaël : la foi n'est pas une "aide à la conscience", elle est la conscience même de l'amour infini de Dieu pour nous les hommes, cet amour qui nous sauve de notre misère. Quand on se rend compte de cela, à un moment dans sa vie (peut-être jamais), on ne peut s'empêcher d'en témoigner, contre vents et marées... et de témoigner de l'importance sacrée de la vie.
4. 07/02/2011 20:16 - pharael
Delphine, merci pour cette précision. Cependant je parlais de la religion et non de la foi qui, comme vous le précisez, ne touche que de rares personnes. Avant de rencontrer celle qui aurait eu l'Illumination, je devrais me coltiner quantité de tartufes. Et quand bien même, témoigner ne suppose pas de s'immiscer.
5. 07/02/2011 20:44 - Maquisart
Delphine,
Vous comprendrez que, pour ma part, je ne pourrai jamais m'empêcher de témoigner la tristesse que j'ai à voir des gens célébrer des "miracles".
Adhérer à la morale chrétienne est une chose que je conçois parfaitement, bien qu'athée. Se réunir à plusieurs millions pour célébrer des guérisons qui seraient le fait de phénomènes surnaturels, c'est prendre les autres pour des misérables. Ou crier haut et for qu'on l'est. Je reconnais que les catholiques ont cela d'appréciable qu'ils n'emmerdent personne plus que de raison.
Bien à vous.
6. 07/02/2011 22:38 - delphine
Pharaël: non bien-sûr, le témoignage est le contraire de l'intrusion, c'est comme le geste du semeur : il ne sait pas à l'avance ce que deviendront ses semailles, mais de cela il ne se soucie pas... il sème.
à Maquisart,
Je crois que je peux me mettre à votre place. Si je ne connaissais pas Dieu, la foi me semblerait un phénomène incompréhensible, opaque, scandaleux, voire horripilant dans ses rassemblements. Mais ce qui est folie aux yeux du monde Dieu l'a choisi pour se révéler, comme dirait l'autre.
Toutefois dans ce cas-ci, il ne s'agit pas de célébrer une guérison mais de béatifier un homme qui fut pape, et quel pape. Ce n'est point prendre les "autres" pour des misérables ce me semble, mais au contraire, proclamer la joie d'avoir eu dans l'histoire un pape tel que Jean-Paul II. En quoi serait-ce condamnable ?
Bonne soirée.
7. 07/02/2011 23:23 - Maquisart
Delphine,
Je ne crois pas avoir parlé de folie, ni tout les adjectifs que vous employez.
Je crois bien au contraire que la portée religieuse est plus terre-à-terre que les communions voudraient le laisser croire. Je crois que la foi est on ne peut plus compréhensible dans sa dimension morale et politique.
Elle aurait cependant tout à y gagner à réformer certaines pratiques moribondes telles que les "miracles", "exorcisme" et autres fantaisies indignes des enjeux majeurs de notre époque.
Pas d'entourloupes sémantiques, s'il vous plait. On attribue à JP II une guérison miraculeuse. Et si je ne suis pas l'avocat de la médecine moderne, qui n'a pas réponse à tout, je ne me ferai néanmoins pas le spectateur crédule de ce qui est une insulte à l'intelligence, malgré toute la haine que certains portent aux vertus rationalistes.
Et puis, merde, ils peuvent pas attendre l'été que les visiteurs profitent du soleil romain!
Bien à vous
8. 08/02/2011 09:46 - delphine
à Maquisart,
Une petite précision, je citais saint Paul, la lettre aux Corinthiens : "ce qui est folie aux yeux des hommes, Dieu l'a choisi..." (à peu de choses près). Donc je ne vous attribuais pas ce mot-là.
Mmh, l'exorcisme est loin d'être une "fantaisie", mais passons.
On ne peut nier que la religieuse ait été guérie de façon inexpliquée. Après, ce n'est pas là le coeur de la foi, je suis d'accord.
9. 08/02/2011 09:47 - delphine
PS : Rome en avril ne doit pas être désagréable non plus !
10. 08/02/2011 09:59 - Maquisart
"ce qui est folie aux yeux des hommes, Dieu l'a choisi..."
C'est ce que je me dis quand je prêche l'hypothèse communiste...
En Avril? Autant pour moi, je croyais que c'était dans les jours prochains...
11. 08/02/2011 19:26 - MF
L'Eglise n'est pas là pour produire de la morale, pour être utile pour la politique de son temps. Elle est là pour permettre le salut de chacun. On ne peut appréhender la foi dans les deux dimensions de notre monde. On ne peut appréhender la foi qu'en rentrant en dialogue avec l'autre absolu qu'est DIEU. C'est cela que l'on appelle la vie surnaturelle. C'est la douce folie qui nous fait aimer passionnément la vie, tout en désirant rejoindre Dieu. C'est ce qui fait des croyants des pessimistes joyeux. Alors comprenez bien qu'adhérer à la morale chrétienne est une phrase qui ne concerne pas la foi. Croire, désirer croire, désirer désirer croire, c'est ça la foi. C'est le mouvement qui correspond au scandale de la mort qu'un homme normalement constitué ne peut accepter. Ne pas être persuadé que l'on et fait pour l'éternité révèle une part de possession.
12. 09/02/2011 10:56 - Maquisart
MF,
Je reste toujours aussi fasciné par la cohérence du discours religieux (je dis cela sans ironie).
Comprenez-bien, cependant, qu'en tant qu'athée ("possédé" me direz-vous!), aussi respectueux du fait religieux que je le peux, je ne peux m'empêcher de constater le caractère profondément politique de l'Eglise. Structurellement, idéologiquement, en terme de communication, de diffusion du dogme,..., l'Eglise est une organisation politique à laquelle on adhère.
De mon désaccord avec le concept même de vie surnaturelle, je choisis d'expliciter (pour moi-même) la démarche des chrétiens en relevant ce qu'elle contient d' humainement, socialement,..., politique!
Mes deux seuls autres options restent de vous prendre tous pour des tarés ou d'adhérer de facto à vos propos.
"C'est la douce folie qui nous fait aimer passionnément la vie, tout en désirant rejoindre Dieu."
C'est mon cas. A la différence près que le communisme (ou plutôt, son éventualité et la foi critique que j'ai dans sa réalisation) me la fait aimer. Et que je ne désire pas rejoindre Dieu. Une fois de plus, si l'amour de Dieu peut amener les gens à cet état de bonheur, j'en suis ravi! Du moment qu'ils s’accommodent des modalités immanentes du débat démocratique; ce qui est le cas en France.
13. 09/02/2011 11:09 - Hantz
Maquisart, pourquoi n'oses tu pas tout simplement admettre que tu es musulman ? Tu fais ta propagange contre l'Eglise, soit mais pourquoi avances tu masqué ? Tu as honte d'être musulman ? Ou tu veux infusé ton discours sur Ring sous un tel pseudo, pour fausser tes "lecteurs" ?
14. 09/02/2011 11:19 - Maquisart
Hahaha une attaque multi-articles! Hantz, qu'êtes-vous? Un garde-fou islamo-pathique?
Je n'attaque pas l'Eglise. Bien au contraire, je pense que c'est la seule entité religieuse qui ait réussi à adapter son mode de fonctionnement (et qui sait, peut être même son dogme un jour?) à la démocratie occidentale.
15. 09/02/2011 20:48 - catherine Y
merci et bravo, cher Maximilien Friche pour cette belle et très émouvante analyse sur Jean-Paul II. Et surtout sur ce parallèle entre la catéchèse qui lui tenait tant à coeur sur le corps et l'âme et la déchéance physique qu'il n'a pas eu honte de montrer, poursuivant ainsi son évangélisation. Peut-être faut-il l'invoquer particulièrement aujourd'hui où l'enthanasie est à l'ordre du jour? On peut, c'est sûr, lui demander de veiller sur les plus faibles, les "blessés de la vie", les "exclus de la vie" (j'entends: ceux à qui on a refusé la vie!).... Merci encore!
16. 09/02/2011 20:50 - Lucie
Je reconnaît Maquisart . Tel Saint-Paul, il est prêt à être foudroyé.
17. 09/02/2011 22:50 - rantanplan
"car on ne peut plus rien objecter à un mort, et encore moins à un mort par qui arrive des miracles. " Ah bon et pourquoi cela?
Jean-Paul II et le rôle politique qu’il a joué en Amérique latine. Il aura été un ardent collaborateur des politiques du Président Reagan, entre autres, dans sa lutte contre le gouvernement Sandiniste et les forces révolutionnaires dans les autres pays de la région. On se souviendra de sa visite au Nicaragua, en 1983, où il s’est présenté comme un véritable chevalier qui allait remettre ce pays sur la voie de la démocratie et de la liberté. Les trois prêtres, participant à ce gouvernement à des postes ministériels importants (éducation, culture, relations extérieures) et cautionnant par leur présence le le caractère soi disant communisme et athéisme de ce dernier, seraient mis au pas. Qui ne se souvient pas de ce ministre de la Culture, ce prêtre poète, Ernesto Cardenal, qui l’attendait à sa descente d’avion? Agenouillé pour recevoir sa bénédiction, il a plutôt eu droit à une remontrance et à une démonstration d’autorité qui ne témoignait pas beaucoup du bon pasteur que nous présente le Jésus des Évangiles. Quant à la célébration eucharistique, devant des dizaines de milliers de personnes, elle ne fut guère mieux. Son discours, inspiré par les opposants au régime, devenait tout autant une insulte pour les partisans et partisanes du gouvernement et qu’une ingérence inacceptable. Il n’a eu aucun mot pour condamner les « contras » cette force de mercenaires, financée par le gouvernement Reagan, cherchant à renverser le gouvernement sandiniste. La veille seize personnes avaient été tuées par ces mercenaires et les mères de ces victimes auraient voulu que le Pape leur dise quelques mots d’encouragement et prie pour leurs fils et leurs filles tombées sous les balles de ces derniers. Il n’en fut rien. La cérémonie s’est terminée dans la confusion et il est vite reparti bredouille prendre son avion. Ces croyants et croyantes n’avaient pas reconnu le messager de l’Évangile, mais celui de Reagan.
18. 09/02/2011 22:52 - rantanplan
Un autre moment fort aura été sa visite à Santiago du Chili, en 1987, toujours sous la direction du dictateur Augusto Pinochet. Le monde était en attente d’un Jean-Paul II capable, comme il l’avait été en Pologne, de parler haut et fort. Il s’attendait qu’il dénonce ces milliers d’assassinats, ces dizaines de milliers de torturés, de prisonniers et d’expatriés. Il a plutôt parlé du respect des libertés fondamentales, une manière bien diplomatique de ne pas entrer dans les détails. Le peuple Chilien s’attendait à ce qu’il parle de la démocratie, bafouée depuis 1973. Il n’en fut rien. Il a réservé une bénédiction spéciale à Pinochet et à ses proches. Dans ses interventions publiques il s’est fait très discret. Si ce n’eut été de cette intervenante, qui, laissant soudainement de côté le texte qu’on lui avait préparé, se mit à raconter au Saint-Père la douleur d’un peuple qui a été victime d’un coup d’État militaire suivi d’une répression sanglante comme jamais auparavant : arrestations arbitraires, assassinats, disparitions, tortures, emprisonnements et des dizaines de milliers d’expatriés. Voilà ce qu’il fallait que le monde sache et que sache Jean-Paul II. Inutile de dire que tous ces beaux personnages sur la tribune d’honneur ne savaient plus où se mettre. Il fallait cette femme toute frêle pour dire ces choses, même au risque de sa propre sécurité.
19. 10/02/2011 10:07 - J.
@18 Chez Castro (soutien d'Allende, et dont le régime, pour rappel, a fait de 10 à 30 fois plus de victimes que celui de Pinochet) votre "intervenante" elle ne se serait même pas approchée à 10 kilomètres de la tribune.
20. 10/02/2011 17:53 - Matriona
@Rantanplan :une petite histoire à méditer sur le bourrage de crâne que l'on nous sert sur certaines démocraties adulées par le système :elle est d'autant plus probante qu'elle fut diffusée sur Canal plus ou Arte je ne sais plus ,à l'époque ou l'émission de Antoine de Maximy "j'irai dormir chez vous" passait sur une de ces chaînes . Sans doute, nul censeur ne s'attendait à un pareil scoop dans une série qui est tout le contraire d'une étude politique !Ce bon Antoine donc rencontre un boulanger à "la Pagnol" qui l'invite à dormir chez lui ,comme c'est le but du voyage. Ils discutent ,sympathisent et déjeunent ensemble et Antoine lui pose la question "tu as toujours été boulanger ",ce dernier lui répond qu'il a fait plusieurs métiers qu'il énumère dont celui d'épicier ,le dialogue continue :"ça ne te plaisait pas épicier" ,si répond l'autre mais j'ai fait faillite ,c'était sous Allende " et Antoine de compatir que c'était une période troublée pour l'approvisionnement avec en plus le coup d'état ,et le boulanger répond :non c'est pas ça du tout mais j'avais pas le droit de servir des clients ,je recevais des listes des autorités avec les noms des gens à qui 'on avait pas le droit de vendre ! Ah bon répond Antoine c'était après le coup d'état alors ,mais non t'as pas compris c'était sous Allende et comme il y en avait beaucoup ,et bien j'ai dû faire autre chose " La machoîre d'Antoine béante valait le détour au point que craignant un lapsus une erreur il se fit répéter le nom des responsables de ces belles mesures démocratiques !Voila je pense que beaucoup de gens peuvent vérifier sur la cassette "j'irai ..au Chili "la réalité des propos ,véritable petit miracle échappant à Big B,c'est pas tout les jours que ça arrive ,à noter que le procédé bien sûr est relevé plusieurs fois par Alexandre Soljénytsyne en URSS qui fut le labo de toutes les trouvailles de ce style !
21. 10/02/2011 19:16 - rantanplan
Matriona, très intéressante la petite histoire. Merci ça me fera mourir moins con.
22. 11/02/2011 10:33 - J.
@Ring
Me réjouis à l'avance de lire votre série à partir du 21 février.
@Maquisart (encore moi, décidément). Personnellement je ne doute pas un instant de la guérison miraculeuse de cette soeur. Les miracles, on cesse de ricaner quand on en a été témoin soi-même. De plus un rationalisme qui se croit au-dessus de tous les mystères de la vie est quelque chose d'éminemment stérile voire de destructeur. Quant au communisme, au cas où vous ne le sauriez pas, c'est un invention du diable. Mais c'est vous qui voyez.
23. 11/02/2011 15:09 - Matriona
je voulais évoquer un sujet moins politique mais reconnaissez que les listes chiliennes donnant le droit ou pas de manger (et autres ) c'est du bien caché ou alors c'est faux mais ça mérite alors une Thèse et sa réalité par contre expliquerait peut être l'écroulement rapide du régime Allende .
Petite questiondonc à certains intervenants "droits dans leurs bottes rationalistes "on ne dit plus trop semble -t-il matérialiste à cause apparemment de la dévaluation effrénée de l'étiquette. Gardons le rationalisme donc et soumettons le aux affirmations ou hypothèses fortes de la Science actuelle : ,Big bang surgi de nulle part mais créant tout ,physique quantique à la recherche de la particule pour le coup élémentaire et ne trouvant plus qu'un champ de force non matérialisable ,(comme cela va arriver aux neurobiologistes matérialistes pris finalement à leur propre jeu , trous noirs dévorant tout ,fontaines blanches , Galaxies s'éloignant à une vitesse proche de la lumière, Réél voilé, la raison classique liée à notre langage vacille , en prend un vieux coup et se heurte à l'incommunicable juste évocable en équations ésotériques ...A côté de toutes ces entorses au bon sens et à la physique du "bon" Berthelot à la recherche de sa brique ultime,(il n'y a plus de mystère décrétait cet humoriste à la fin du XIX°!!) on doit bien reconnaître que ce sont souvent nos limites qui nous font percevoir comme "miracles" tout événement proche échappant à l'analyse de nos sens desquels la fameuse raison fait son miel ,tel Saint Thomas ... A cette énumération j'ai la faiblesse de penser que les écrits religieux ma foi ne sont pas aussi fous que le système dominant veut le faire accroire et que c'est plutôt le "rationalisme " acharné et intolérant (quel plaisir que de pouvoir utiliser ce terme à contre courant )qui prêterait un peu à sourire :Car il y a plus de choses dans le ciel et l'univers .....
24. 24/08/2011 20:01 - un homme sans nom...
+"à Pharaël : la foi n'est pas une "aide à la conscience""
exacte.
si elle n'est qu'une aide : on peut vivre SANS !
Ni autonomie ni hétéronomie.
Mais Théonomie participée. Mystère de Dieu qui vient à la rencontre du mystère de l'homme.
"Dans la vie il ya ceux qui creusent et ceux qui tiennent le pistolet ?" ;)
Dans la vie il y a ceux qui ne croient qu'aux problémes et il y a ceux qui croient au mystère. héhéhéhéé ;)
« Si je suis libre sans Lui [Dieu], pourquoi m’aliéner à Lui ? Si je ne Lui dois pas ma liberté même, ou ma délivrance, s’Il n’est pas plus moi que moi-même qu’Il aille au diable ! »
CLAVEL. Maurice, Dieu est Dieu, nom de Dieu, Ed Grasset et Fasquelle, Paris, 1976, page 201.
La foi n'est pas qu'une aide.
Rien ne se fait sans foi...pas même l'athéisme.
La foi ?
« La foi consiste à assister – aux deux sens du verbe – à sa propre création. On ne peut devoir à Dieu que tout soi-même, y compris sa liberté. Mais en revanche – et pour ainsi dire par réciproque – si une part de moi qui n’est pas le Péché peut exister sans Dieu, c’est à bon droit qu’elle débarrassera de Lui le reste ! »
CLAVEL. Maurice, Dieu est Dieu, nom de Dieu, Ed Grasset et Fasquelle, Paris, 1976, page 200.
Idem pour l'Eglise : « Oui, je suis absolu, puisque si l’Eglise est autre chose que Dieu sur terre, je n’en suis pas. » dit Clavel.
+"Quand on se rend compte de cela, à un moment dans sa vie (peut-être jamais), on ne peut s'empêcher d'en témoigner, contre vents et marées... et de témoigner de l'importance sacrée de la vie. "
Non là par contre :
La foi n'est pas la conscience de quelque chose, d'un cela.
Ce n'est pas une relation "Je-cela".
« le divin n’est pas un objet déterminable qu’on pourrait exprime, définir, et cerner de l’extérieur, c’est une présence telle que le sujet s’y adresse véritablement à un autre, constitué ou saisi dès lors comme toi »
Mais c'est de l'ordre de la parole : de la relation "Je-Tu".
« Dieu chez Buber est le nom donné à la relation absolue, celle qui se donne et qui se crée dans la rencontre, celle qui laisse apparaître avec évidence la seule chose qui importe : la parfaite acceptation de la présence. »
La foi c'est prendre conscience du Tu présent dans chaque être.
25. 24/08/2011 20:56 - un homme sans nom...
+"Structurellement, idéologiquement, en terme de communication, de diffusion du dogme,..., l'Eglise est une organisation politique à laquelle on adhère. "
L'Eglise n'est pas un parti politique. Pour les croyants, c'est une société théoanthropique. Saint Paul définit l'Eglise de Dieu comme là où est vécu l'amour de Dieu.
« Car je les comprends, moi : si nous sommes des hommes, existants par eux-mêmes, librement rassemblés autour d’un certain Jésus, avec une existence, une humanité, une liberté qui ne lui devraient rien au préalable, avec une humanité jugeante et la liberté d’un choix révocable, alors il n’y aura jamais ni Dieu ni Eglise, et cela ne tiendra que par un mélange d’idéologie et de fétichisme, c’est-à-dire d’aliénation, à dissiper par la Science !... » CLAVEL Maurice
De plus on ne parle pas de la même chose...Quand on dit homme, vous pensez : individu. Les chrétiens pensent : personne.
+"De mon désaccord avec le concept même de vie surnaturelle, je choisis d'expliciter (pour moi-même) la démarche des chrétiens en relevant ce qu'elle contient d' humainement, socialement,..., politique! "
L'analyse échoue à définir et matriculiser l'homme...
MISRAHI. Robert, « « L’homme que j’appelle Tu, je n’ai pas de lui une connaissance empirique. Mais je suis en relation avec lui dans le sanctuaire du mot fondamental Je-Tu. C’est au sortir de ce sanctuaire que je le connais de nouveau par l’expérience. L’Expérience est l’éloignement du Tu. » »
Le judaisme existe sans concept d'Ame (concept grec). La Réssurection est une réssurection du corps pas de l'âme.
+"C'est la douce folie qui nous fait aimer passionnément la vie..."
Oui mais pas à n'importe quel prix.
Foucault dit : "La philosophie antique nous apprenait à accepter notre mort, la philosophie moderne la mort des autres." .
Pas au prix d'autrui ! comme le voit Foucault. Il ne s'agit pas d'aimer la vie mais d'aimer la vie d'autrui. (taré et moraliste : toujours taré alors ? )
Croire en Dieu impose de croire dans le Dieu qu'est autrui. (les chrétiens appellent cela : un prochain et ils y reconnaissent même Dieu)
Aimer la vie oui mais d'une manière morale. Pas barbare.
Place au respect d'autrui en tant qu'autrui.
+"A la différence près que le communisme (ou plutôt, son éventualité et la foi critique que j'ai dans sa réalisation) me la fait aimer"
Marx a été dénoncé DES les années contemporaines à Marx (DES 1848 ) :
Nietzsche « Le socialisme se prépare en silence à sa domination par la terreur. »
Flaubert « le socialisme et sa caserne universelle »
Proudhon « votre pensée, Monsieur Marx, me fait peur pour la liberté des hommes. »
" il [Le marxisme] n’aime que le socialisme futur, le collectivisme social. Cet amour de la société, c’est ce que Nietzsche appelait, pour une autre raison, l’amour du « lointain », par opposition à l’amour du « prochain ». Ce lointain, cette société future, est le vampire qui engloutira tout « prochain », toute personnalité humaine, car elle exige des sacrifices illimités. Il n’y a pas de cruauté qui ne soit justifiée en son nom." .
COSTE René, analyse marxiste et foi chrétienne, Les Ed. Ouvrières, Coll. La vie des hommes, Paris, 1976, page 206.
Nietzsche dénonce en Marx « L’amour du lointain » (c‘est à dire un messianisme ) qui s’autojustifie et justifie tout. (par la praxis révolutionnaire)
Révolutionner, la révolution sera votre justification !
Le communisme est un acte de foi...sanglant. Le comununisme invite à éliminer l'"ennemi" avec bonne conscience...
Le conquistador au bout du 30eme enfant commence à avoir la nausée de lui même.
Pas le gentil nazi et gentil coco qui travaille pour des lendemains qui chantent.
Le communisme est une foi qui s'autojusitifie par sa praxis révolutionnaire.
philosophiquement le nazisme et le communisme sont des totalitarismes qui veulent changer la nature de l'homme selon la nature ou l'histoire.
La morale du communisme et du nazisme est immorale...Efficace mais immorale.
ARENDT. Hannah, Les origines du totalitarisme, Le système totalitaire, Ed. Nord Compo, Paris, 1972, page 40.
« Le plus inquiétant dans le succès du totalitarisme, est plutôt l’authentique désintéressement de ses adhérents : il est compréhensible qu’un nazi ou un Bolchevik ne soit pas ébranlé dans ses convictions lorsque les crimes sont commis contre des gens qui n’appartiennent pas au mouvement ou lui sont même hostiles ; mais l’étonnant est qu’il ne cille pas quant le monstre commence à dévorer ses propres enfants, ni s’il devient lui-même victime de la persécution, s’il est injustement condamné, expulsé du parti, envoyé aux travaux forcés ou dans un camp de concentration. Au contraire, à la stupeur de l’univers civilisé, il peut même être prêt à aider ses accusateurs et à fabriquer sa propre condamnation à mort pourvu qu’on ne touche pas à son statut de membre du mouvement. »
Levinas montre que c’est par l’éthique qu’il faut commence : "La première philosophie est une éthique. "
Levinas précise en fait que : « Je ne pense pas qu’on doive définir la révolution d’une manière purement formelle, par la violence ou par le renversement d’un ordre donné. Je ne pense même pas qu’il suffise de la définir par l’esprit de sacrifice. Il y eut beaucoup de sacrifices dans les rangs de ceux qui suivirent Hitler. Il faut définir la révolution par son contenu, par les valeurs : il y a révolution là où on libère l’homme, c’est-à-dire là où l’on arrache au déterminisme économique. »
Le christianisme quand il verse le sens c'est contre sa PROPRE morale.
Le marxisme ne peut pas en dire autant.Relisez Marx. la morale de marx est sa révolution
26. 24/08/2011 21:08 - un homme sans nom...
+"Personnellement je ne doute pas un instant de la guérison miraculeuse de cette soeur. Les miracles, on cesse de ricaner quand on en a été témoin soi-même. "
Excusez moi.
Je ne veux pas vous blessez.
Mais le chrétien ne croit pas au miracles mais au mystère.
Le miracle c'est en rester à une relation Je-cela.
Alors que la vie est lié au Je-Tu (ou parole performative ).
MISRAHI. Robert, Buber, Ed. Seghers, Paris, 1968, page 70.
« Il ne s’agit évidement pas d’un savoir (« que « sait-il » de l’autre ? Mais il n’est plus besoin de savoir »). Il [la relation Je-Tu] s’agit d’une « connaissance », c’est-à-dire d’une sorte de saisie globale intuitive, évidente, définitive et complète de l’autre comme « celui qui me dit quelque chose à moi ». »
S'enorgueillir de mystique ?
Et la morale alors ??
La parole du Publicain et du Pharisien ne vous rappelle rien ?
MISRAHI. Robert, Buber, Ed. Seghers, Paris, 1968, page 120.
« Et, plus encore, parce que Dieu ne s’intéresse pas seulement à ce que nous faisons et ne faisons pas, mais aussi à la manière dont nous faisons ce que nous faisons. »
On sera juger sur l'éthique et non pas sur la mystique :
"Si quelqu’un dit : "J’aime Dieu", alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas." dit l'Ecriture.
réagissez, commentez, publiez, vous êtes sur le ring
" notre société allant d’avortement en euthanasie dans sa logique tyrannique et démocratique. "
Je comprends que vous estimiez qu'une telle société avec ce désir d'émancipation de toute...
NB : Cette tribune libre n'engage pas l'ensemble des chroniqueurs de Surlering.com.Aux « déçus » du sarkozysme.En France, nous avons toujours eu la gauche la plus nulle et la plus fourbe du monde...
Le manuscrit Satellite Sisters, suite de la Sirène rouge, des racines du mal et de Babylon Babies, est dans les airs entre Cape York et Paris, direction les éditions Ring. Le site officiel des...
« Mais si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre
message, vide aussi votre foi. » (1 Co 15, 14)
Encore une fois, Benoît XVI a tout dit.
Sans...
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