Sur le RING

Qui peut comprendre les français ?

SURLERING.COM - FRANCE - par Martin Grassmann - le 30/04/2007 - 0 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B


« Majorité sociologique » et « majorité politique »

Qui peut comprendre les Français ? Il y a quelques semaines encore, ils disaient rejeter à 61 % un second tour stéréotypé Royal / Sarkozy voulu par les media ; ils votent à 56 % pour les deux candidats dont ils ne voulaient pas au second tour.

Il y a deux mois, ils ne se disaient que 30 % à considérer l'économie de marché comme seule économie valable et créatrice de richesses ; in fine ils votent à 49 % pour deux candidats (Sarkozy et Bayrou) qui considèrent l'économie de marché comme seul moyen de créer de la croissance par la relance de l'offre.
Le Pen et Laguillier n'ont jamais été aussi haut dans les côtes de popularité (respectivement 30 et 60 %) et n'ont jamais été aussi bas dans les urnes (respectivement 10 et 1 %).

Les Français disent déplorer le niveau lamentable de la campagne électorale et ne se sont jamais autant intéressés à celle-ci ; ils ne cessent de dire que Royal, Bayrou et Sarkozy, c'est la même chose, et ils votent à 85 %, frôlant un record de participation électorale.

Les exemples de divergences entre les propos des Français et leurs actes, leurs idées et leurs votes pourraient être multipliés à l'infini ; cela ne fait qu'illustrer ce que Mitterrand avait appelé la « majorité sociologique » et la « majorité politique », celle-ci étant plutôt de droite et celle-là franchement de gauche. En somme, le paradoxe français est que le vote ne traduit que fort imparfaitement les idées des votants ; le génie politique de Mitterrand fut d'être capable de rassembler sur son nom les deux majorités, d'étalonner la majorité politique sur la majorité sociologique, étalonnage qui ne s'est jamais reproduit depuis Mitterrand. Inversement, la force de Sarkozy est de parvenir à dissocier ces deux majorités, de faire en sorte que la majorité politique s'affranchisse de la majorité sociologique.

Cet écart, cette brisure se retrouvent encore aujourd'hui lorsque s'observent des libéraux (Yves Michaud, Julliard, BHL, etc.) prêts à voter pour celle qui propose 500 000 emplois tremplins, la généralisation des 35 heures, l'augmentation des dépenses publiques, une politique de la demande, et se gargarisant de recueillir le soutien de Besancenot et Laguillier, tandis qu'en sens inverse se créent des cercles de sarkozystes de gauche tout aussi difficilement compréhensibles. A cela s'ajoute le pilonnage parasitaire de Bayrou où se retrouvent conjointement unis, mais de façon occasionnelle, des électeurs socialistes trouvant Royal consternante, et des électeurs de centre droit auxquels Sarkozy fait « peur », la « peur » étant devenue une « vertu citoyenne » dans notre belle démocratie, comme si s'était créée une force politique étrange de modérés mécontents.

Bayrou transfiguré ou la démocratie méconnaissable

Bayrou justement qui, selon FOG, aurait vu la Vierge lui annoncer qu'il jouerait un rôle de premier plan en 2007 pour sauver la France ; alors il s'y croit le bougre ; au soir du 22 avril, il arrive oreilles au vent, entamant son discours en ces termes : « j'ai une bonne nouvelle pour vous ! » Une « bonne nouvelle », rien que ça ; l'agrégé de grammaire qu'il est, l'helléniste qui sommeille en lui, le bigot béarnais qui l'anime ne peut pas ne pas savoir que bonne nouvelle c'est la traduction française du terme grec « evangelios » dont on retrouve trace évidente dans l'évangile. Mais il ne s'en tient pas là le rebelle centriste, il lance un « en vérité je vous le dis », en plein milieu de sa déclaration du 22 avril, sans que personne ne le relève sinon inconsciemment ; et si vous lui demandez le 27 avril sur quoi il se base pour affirmer que Sarkozy exerce de quelconques pressions médiatiques, la gouaille catho refait surface : « sur des témoignages, des témoignages dignes de foi » ; Bayrou aime accuser Sarkozy de brader la laïcité, mais il ne s'est jamais autant lui-même pensé dans la figure publique du Christ. Bayrou trahi par les électeurs, crucifié sur l'autel des élections, Bayrou martyrisé, « Bayrou aux outrages » aurait raillé Philippe Muray, mais Bayrou ressuscité, Bayrou sorti du tombeau des urnes dès le troisième jour.
 
Et dans son élan résurrectionnel, Bayrou ne vient pas les mains vides : Bayrou en gloire annonce l'UDF transfigurée. Les partis, c'est fini, voici venu le temps de l'union ; l'union en Bayrou, comme l'union en Christ après Pâques. Fini l'éclatement partisan, place à l'union active ; mais il a du mal le Béarnais à en sortir de cette logique des partis qu'il ne cesse de dénoncer : l'union démocratique française (UDF) devient le Parti démocrate (PD) ; il jure vouloir substituer l'union aux partis, et il s'empresse de créer un parti qui expulse l'idée d'union contenue dans l'UDF. Un acte manqué ?

C'est que Bayrou n'en est pas à sa première incongruité : il arrive troisième à l'élection présidentielle ? Peu importe, il veut quand même débattre. Le Christ et la Madone croisent le fer samedi ; pourquoi ? Nul ne le sait vraiment : Bayrou a été éliminé, battu, mais il s'accroche ; celui qui veut redonner vie à la démocratie et qui se plaint des déficits démocratiques ne supporte pas son éviction, ne supporte pas les règles démocratiques ; il a perdu, certes, mais il impose sa vertueuse présence au second tour ; la démocratie oui, mais pas si le verdict des urnes lui est défavorable. « L'essence de Bayrou est la trahison » aime à dire Simone Veil ; la démocratie en est sa première victime.

Bayrou, qui dit préférer Royal à Sarkozy pour des questions d'institutions démocratiques, fait ainsi preuve d'un commun déni de démocratie avec la Madone du Poitou : contre le résultat des urnes, on érige le perdant en gagnant, on l'insère de force là où les Français ont dit qu'ils n'en voulaient pas, bafouant l'idée de second tour à deux ; nul doute, avec Bayrou la démocratie sera rénovée, lavée, nettoyée, rincée, essorée. Le tout pour expliquer que la menace pour la démocratie provient de celui qui respecte les règles du jeu, qui prend acte du vote des électeurs et qui ne considère pas avoir à débattre avec celui auquel l'exercice démocratique a déjà dit non. Mais rassurez-vous braves gens ; cette transgression du résultat des urnes, elle se fera au nom de la démocratie ! Et au nom de la lutte contre le danger pour la démocratie que représente le candidat de l'UMP ; on ira débattre sur BFM mais on expliquera que Sarkozy maîtrise les média financiers ; on débattra à 11 heures comme prévu, mais on lira dans les dépêches, même après 13h00, que le débat n'est pas certain d'avoir lieu... Pour un peu, on ne serait plus vraiment surpris d'apprendre, samedi à 20h00, que « le débat n'a pas eu lieu en-raison-de-pressions-médiatico-financières-du-candidat-de-l'-UMP. » Avec un lien internet sous la dépêche indiquant où télécharger le débat... Le ridicule ne tue plus quand il est question de résistance démocratique.

Quand Ségolène cesse de tourner le dos à François

Quant à Royal, elle qui considérait toute alliance avec Bayrou comme absurde et suicidaire jusqu'à 19h59 le 22 avril, elle qui stigmatisait Bayrou comme « un homme de droite » et qui rejetait avec violence les propos de Rocard et de Kouchner appelant à une alliance (« on ne m'aura rien épargné dans mon camp » se plaignait la Madone), la voilà prête à toutes les compromissions avec le centriste qui, de 19H59 à 20h00, le 22 avril, a accompli l'exploit de se transfigurer d' « homme-de-droite-avec-lequel-on-ne-parle-pas » en interlocuteur respectable, intéressant, charmant ;  au rythme où vont les lâchetés et les déshonneurs, bientôt Royal donnera du « mon ami François » sur les plateaux télés et Jack Lang effectuera volontiers maintes courbettes devant le candidat centriste, passera le balai sur le tapis rouge déroulé sous ses pieds, sourira aux caméras, la main sur l'épaule de « François ».

Alors la Madone débat ; elle s'en découvre tout d'un coup des points d'accord avec le Bayrou ressuscité ; jamais elle n'a autant été d'accord avec lui. Lui qui était « un homme de droite » infréquentable, voilà qu'elle fait l'apologie du dépassement de la logique de bloc ; oublié l'atroce libéral, le centriste qui refoule sa droite, oublié le mot « droite » lancé comme un anathème sur quiconque se présentait comme un ennemi politique ; non, désormais l'heure est au travail de groupe, au rassemblement. D'ailleurs, elle est tellement en osmose avec l'ancien libéral qu'elle refuse de dire qu'elle a débattu avec lui ; non, elle a « dialogué », comme avec un ami, un complice. Elle a même plaisanté sur son prénom, remarquant qu'il était similaire à celui de son compagnon. La salle a ri, elle aussi ; Montebourg, lui, a dû bisquer.

Nervous break down au FN

Pendant que Royal passe donc sous le bureau (pas encore ovale) de Bayrou, que Sarkozy observe avec délectation l'infini déshonneur des socialistes et leur viles manoeuvres, le Paquebot sombre ; c'est nervous break down au FN ; haro sur Marine, Martinez s'enflamme : « il est temps de choisir entre le canal médiatique et le canal historique ! » ; qu'est-ce que c'est que cette Marine qui a « normalisé » nos idées s'indignent les caciques du FN ; à quoi bon être aimé si c'est pour se prendre un tel râteau dans les urnes ! Il n'y a plus guère que les bourgeois de sciences po pour huer le Menhir, regrettent les vieux de la vieille ; Le Pen va en banlieue, pas la moindre bagarre : à peine quelques insultes çà et là. C'est à désespérer de l'utilité du DPS soupire-t-on chez Holeindre. Non non et non ; on veut pas être aimé, on veut des voix ; on ne veut pas pouvoir déambuler en paix dans les marchés du XVème arrondissement, on veut se faire caillasser pour éprouver la joie du réprouvé entré en résistance contre la décadence de la France. Mais se la jouer souriant et rassurant c'est pas le genre de la maison.

Quarante ans de carrière politique de Le Pen où fut chèrement acquise la place de salaud le plus indépassable de la 5ème, loin devant Poujade et Marchais, et le voilà détrôné au fauteuil de l'infamie, en quelques mois, par le candidat UMP. Le Pen ce n'est vraiment plus ce que c'était... L'ancien danger pour la démocratie n'est plus qu'un vieillard « qui fait sous lui » selon ses propres termes ; quarante ans d'antisémitisme assumé pour se voir traiter amicalement par Serge Moati, qui dit éprouver à l'égard du vieux chef de l' « empathie », c'est à vous désespérer des « détails ».

Puis vient le 22 avril : pour la première fois, le FN et Le Pen bénéficient d'une part sociologique qui dépasse la capacité politique ; et pourtant... au moment même où s'envole la cote de popularité du parti, celui-ci s'effondre. Comme si Le Pen n'était audible que dans l'immonde. Comme si Sarkozy, vautré dans la réprobation morale des bien-pensants, avait joui de cette situation de pestiféré sur laquelle Le Pen semblait pourtant avoir posé l'exclusivité ad vitam aeternam. Et les cadres du FN ont regardé, sidérés, leur déchéance électorale et le triomphe du « candidat de l'establishment », sidérés que l'establishment ait pu prendre un des leurs comme cible, en remplacement du vieux Menhir. Du rififi dans la bande des quatre, tel pourrait être le titre du film que le FN regarde impuissant, comme vexé d'être abandonné et délaissé des attaques dont il est habituellement l'objet.

Devant tout cela, Le Pen semble médusé, figé. Un étranger au grand-père juif lui pique sa place de raciste, et s'installe durablement sur le fauteuil de l'infamie. Le vieux feint l'amusement et l'étonnement ; au fond, pourtant, il fulmine. « Bah, et moi ? » semblait-il rappeler de temps à autre, pendant la campagne, comme si sa propre stratégie l'avait enfermé dans un rôle presque sympa, allant jusqu'à se faire applaudir sur le plateau de TF1, à l'issue de sa prestation, privilège dont il détient encore l'exclusivité. Quelques jours avant le 22 avril, il avait craqué ; explosé. « Sarkozy n'est pas français », s'époumonna-t-il écoeuré, sans oser ajouter toutefois qu'il était partiellement juif, alors que c'était là le principal attribut de Sarkozy qui l'horripilait. Sarkozy, c'est de la « racaille politicienne » ajouta-t-il en meeting. Le vieux loup de la politique avait dû le sentir, quelques jours avant le scrutin, qu'il avait perdu ; pendant tant de mois, il s'était retenu, avait joué le jeu de sa fille, s'était présenté cordial et souriant dans la mesure du possible : mais à la fin, à quelques jours du premier tour, il sentait l'échec de la stratégie : il fallait que ça sorte, il fallait que l'injure s'exprime, il fallait expulser : il fallait le voir le quasi octogénaire, navré, chercher dans les derniers jours à tenter désespérément de rappeler que le vrai méchant, - l' « original et non la copie » comme il aime à dire - c'était lui, comme s'il lançait aux Français : « mais le diable c'est moi, pas lui, pas Sarkozy ; Sarkozy c'est de la racaille politicienne, le diablotin c'est moi, moi et moi seul ! » Et plus il se démenait plus il sentait se refermer autour de lui  le piège qu'il avait lui-même élaboré.

Ainsi se crée le paradoxe d'une stratégie initiée par le FN qui a bénéficié à tous sauf ... au FN.  Le PS a trouvé dans ce transfert de satanisme une opportunité inespérée ; renouveler son ennemi, donner un nouveau visage à ses obsessions en la personne de Sarkozy, tout en érigeant face au nouveau monstre une nouvelle rédemption grâce à la Madone. Sarkozy, figé dans la posture du maudit, a su aspirer les électeurs qui cherchaient un vote anti-système et établir un système de vase communiquant avec l'électorat FN, qui a nettement tourné à son avantage. L'extrême-gauche trouve chez Sarkozy l'alliance inespérée de ce qu'elle croit être l' « ultra-libéralisme » et d'un nationalisme conservateur, conservant avec soulagement un monstre auquel s'opposer au second tour.

Sarkozy : du fascisme au magnat

Néanmoins, Le Pen a beau s'être écroulé, ça ne fait pas vraiment les affaires des vertueux ; à 10 %, ce n'est plus vraiment une menace, et encore moins - et là est le drame - un motif d'inquiétude démocratique. On a beau dire, ce Sarkozy, il a étouffé le vieillard clodoaldien ; Sarkozy que l'on accable de tous les maux, c'est le seul à avoir significativement écrasé le bête immonde. C'est ennuyeux. Voire plus. Finies les joies de la résistance démocratique de Libération lorsque Sarkozy disait vouloir se battre pour que Le Pen soit présent à l'élection présidentielle, finies les insinuations sur les arrière-pensées du candidat de l'UMP. Sur quel terrain attaquer celui qui a terrassé le monstre de Montretout ?

La rengaine Sarko-facho aura du mal à passer après cela : alors il va falloir trouver autre chose. Aller voir ailleurs, creuser d'autres infamies. Les milieux financiers, le contrôle médiatique, l'eugénisme, le déséquilibre mental prendront le relais. Bayrou débattra sans aucune raison ni aucune légitimité avec Royal au détriment du temps de parole de Sarkozy, mais on expliquera que Sarkozy empêche le débat par sa main-mise « médiatico-financière » ; on débattra sur BFM, radio boursière, mais on dénoncera quand même la main-mise sarkozyste sur ces milieux... Le Monde, Libération, le Nouvel Observateur, l'Express, Marianne, l'Ouest Républicain, le Canard enchaîné dénonceront à l'unisson le contrôle médiatique exercé par Sarkozy en adoptant la posture de la résistance à l'oppression, chacun se gargarisant d'être le dernier media indépendant. Jamais la presse n'aura autant fait front contre un candidat et jamais autant la presse n'aura dénoncé le contrôle des media par ledit candidat. On dénoncera, on s'indignera, on manifestera, on exprimera ses « peurs » comme pour mieux oublier le ridicule de leurs contenus, le dérisoire de leur expression.

Nul doute, le sens du ridicule a bel et bien fui la France, emportant avec lui son alter ego, le sens de l'honneur.

Martin Grassmann



Soyez le premier à réagir

réagissez, commentez, publiez, vous êtes sur le ring



Veuillez saisir le code Anti-Robot, ce code sert à vérifier que vous n'êtes pas un Robot.
Ring 2012
Martin Grassmann par Martin Grassmann

Chroniqueur France/Culturisme

MgDantec
Articles les plus lus
  • A l’école de l’antimodernitéA l’école de l’antimodernité

    Puisque nous sommes en début d’année, puisque cette année sera politique ô combien, puisque, on me permettra cette très vaniteuse remarque, ma troisième saison au Ring commence aujourd’hui,...

  • Etta d’AmériqueEtta d’Amérique

    Encore une star de moins sur le walk of fame. C’est à croire que des étoiles qui constellent notre ciel, ce sont les plus petites qui brillent le plus. Et celles dont on oublie le nom. Un petit...

  • Hollande, voyage dans l'intellect d'un fromage en maturationHollande, voyage dans l'intellect d'un fromage en maturation

    Mais un fromage à 60%, tout de même. Ça y est, François Hollande a mis des mots sur son « programme ». Un programme en deux points : rêve et égalité. Sérieusement, qui François...

  • "La tragédie de 1915", génocide en superdiscount"La tragédie de 1915", génocide en superdiscount

    En 1987, le Conseil de l'Europe a reconnu une première fois le génocide arménien, en 2001, il y a eu la loi mémorielle à l'initiative de Jean-Claude Gaudin, maire de la ville à la plus grande...

  • Einstein On The Beach : un jeu sur la courbe du tempsEinstein On The Beach : un jeu sur la courbe du temps

    Il est des événements musicaux qui ont la fulgurance et la rareté des phénomènes astronomiques. Aussi ne passez pas à côté du remontage exceptionnel d’Einstein On The beach, apothéose...

  • Les étoiles 2011 de DantecLes étoiles 2011 de Dantec

    "Il vaut mieux attraper la peste que rencontrer certaines personnes ; à l'inverse, on ne pourrait vivre en passant à côté de certaines rencontres" ("Manuel de survie en territoire zéro").Maurice...

  • Le superbe top 50 des FrançaisLe superbe top 50 des Français

    Puisqu'on vous dit que vous les aimez. "TOP 50 : contre la crise, rire, métissage et proximité", voilà comment on nous présente le "sondage-événement" du JDD, censé établir la liste...

  • Rachida Dati creuse son FillonRachida Dati creuse son Fillon

    Que le Premier ministre me pardonne ce jeu de mots sur son nom pour le titre de ce billet mais il est vrai qu'il convient de ramener à sa juste mesure la guerre que depuis quelque temps Rachida Dati...

  • Sécurité routière : l'arnaque extra-largeSécurité routière : l'arnaque extra-large

    Puisque dans ce domaine, la répression règne sans partage sur la prévention, sans que ça n'indigne personne, pas même Stéphane Hessel. Rééquilibrons les choses en faisant un peu de...

  • Dans l'enfer de Gotham magazineDans l'enfer de Gotham magazine

    À côté d'un journal moderne, même le candidat du NPA devient enthousiasmant. Et pour cause : être ennuyeux, c'est ce qu'on demande aux journalistes. Aux journalistes régionaux en particulier...

  • Poudlard for everPoudlard for ever

     A Raphaël Juldé, dernier arrivé à Poudlard mais premier reçu aux buses et aux aspics (maison Poufsouffle), et qui, d’après le professeur Trelawney rencontrera plus tôt qu’il ne le croit...

  • Gennevilliers - Asnières : 1-0Gennevilliers - Asnières : 1-0

    Il y a un peu plus d'une semaine, Samy, adolescent de 15 ans de la cité des Courtilles  à Asnières, succombait à une blessure à l'arme blanche qui lui avait été infligée par une bande rivale...

  • Rokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumainRokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumain

    « Non seulement les races n’existent pas, mais en plus, elles sont toutes égales » (proverbe de Jalons)Je viens de finir Racisme : mode d’emploi de Rokhaya Diallo, et je sais désormais que je...

  • Séduction du conspirationnisme : Umberto EcoSéduction du conspirationnisme : Umberto Eco

    Entretien avec Pierre-André Taguieff (propos recueillis par Paul-François Paoli)Philosophe, politologue en historien des idées, Pierre-André Taguieff, qui prépare un nouveau livre sur les...

  • Joue-la comme BacharJoue-la comme Bachar

    Dans un monde arabe en pleine tempête, un pays d’irréductibles baathistes résiste aux bourrasques de la revendication 2.0. La Syrie de Bachar Al-Assad prête le flanc à la critique mais ne plie...

  • Pour qui les révolutions sont-elles une bonne nouvelle ?Pour qui les révolutions sont-elles une bonne nouvelle ?

    En dehors d'avoir été une excellente occasion pour descendre MAM et quelques ambassadeurs, ce qui se passe en Tunisie, en Égypte, en Libye et dans une moindre mesure (pour l'instant) dans...

  • Les révoltes arabes, les intellectuels français et la pensée "complexe"Les révoltes arabes, les intellectuels français et la pensée "complexe"

    Voici deux mois, le jeune Mohamed El-Bouazizi décédait l’hôpital de Ben Arous, et la Tunisie s’embrasait, entraînant à sa suite nombre de pays arabes. Voilà un mois, un étrange débat...

  • Corpus Christi : douze heures pour tuer le ChristCorpus Christi : douze heures pour tuer le Christ

    Douze thèmes principaux, autant d'heures de bobine, 27 spécialistes, les ovations de toute la bonne presse française. Corpus Christi, série de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, ressemble à...

  • Faces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rockFaces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rock

    Foi profonde, révélation, référence culturelle inévitable, sujet de plaisanterie, de provocation, démarche commerciale, la figure, ou plutôt Les figures du Christ sont une source...

  • In Xto Rege : à la recherche du Jésus historiqueIn Xto Rege : à la recherche du Jésus historique

    Le premier thema Ring 2011 se déploiera sur neuf textes articulés autour des questions centrales posées par la matérialité de Jésus de Nazareth, la Passion, les reliques, leurs valeurs...

  • La Passion du Christ : retour sur un scandaleLa Passion du Christ : retour sur un scandale

    Ecrits en avril 2004, ces trois textes au lyrisme parfois naïf constituèrent mon entrée dans la blogosphère littéraire. Malgré leurs évidents défauts, ils me semblent encore pouvoir...

  • Le suaire de Manoppello révèle le visage du ChristLe suaire de Manoppello révèle le visage du Christ

    On connaît le linceul de Turin, ce grand morceau de lin sur lequel l’image du corps entier du Christ mort est incrustée. On connaît l’histoire de la photographie de 1898 révélant que...

  • Trois tombeaux pour le ChristTrois tombeaux pour le Christ

     La tombe du Christ en Inde ? À Talpiot ? Peu importe, on veut bien y croire, pourvu qu'elles démentent les Évangiles. Retour sur les nouveaux X-files à la mode autour du Jésus historique.Le...

  • Et si le Diable était anglais ?Et si le Diable était anglais ?

    "Je crois qu'il est temps de tourner la page sur les politiques du passé qui ont échoué". Quelques mois après Angela Merkel, c'est au tour de David Cameron de donner un gros coup de pioche dans...

  • John Barry [1933-2011]John Barry [1933-2011]

    Sa Majesté n’en revient pas, Bond en perd son flegme, et Danny Wilde son humour. Le toujours élégant John Barry a joué lui-même son œuvre ultime: sa propre mort. Si ce n’est pas cela, le...

  • La guerre dans le Nevada [dossier spécial]La guerre dans le Nevada [dossier spécial]

    Depuis ses débuts, Red Flag a entraîné les pilotes à survivre à leurs dix premières missions de combat. Toutefois, plus les opérations aériennes sont devenues complexes, plus la pression...

  • On a retrouvé la tête de Laëtitia PerraisOn a retrouvé la tête de Laëtitia Perrais

    Mardi après midi, la terrible nouvelle est tombée : une tête a été retrouvée dans un étang de 20 mètres de profondeur, à Lavau-sur-Loire. Selon les premières constatations, cette tête...

  • Ainsi parlait ZaraDebbouztraAinsi parlait ZaraDebbouztra

    Presque par bonheur, on l'avait oublié. Le revoilà. Jamel Debbouze a choisi l'Express (c'est de circonstance, il y a vraiment quelque chose de ferroviaire dans cet entretien) pour exercer son...

  • Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?

    Le texte qui prévoyait de légaliser l'euthanasie, examiné mardi au sénat, a été supprimé par deux amendements. S'il y avait bien quelque chose à supprimer, c'était ce texte, n’importe...

  • Céline, commémoration pour une autre foisCéline, commémoration pour une autre fois

    Finalement, qu’est-ce qu’on s’en fout que Céline ne fasse pas partie des commémorations officielles de 2011 ! Que vaudrait d’abord un écrivain célébré par la République dont les...

  • Céline rattrapé par la mémoireCéline rattrapé par la mémoire

    Sors d'ici, Louis-Ferdinand ! La République a choisi : l'ignoble sera au dessus du grand, pour l'éternité. Il ne faut pas célébrer le génie, parce qu'il est parfois antisémite. Oui, Céline...

  • Ben Laden choisit la France, et la France son destinBen Laden choisit la France, et la France son destin

    Ben Laden menace la France. On a envie de dire que c’est trop d’honneur ! Se voir hissé au niveau des grandes puissances qui menacent sa petite entreprise flatte notre ego d’anciens...

  • Broadcast : the dream is overBroadcast : the dream is over

    Chanteuse et icône du groupe, Trish Keenan n’est plus. La grande sœur idéale s’en est allée planer au dessus des nimbus qui plombent Birmingham. Avant que de sombrer dans l’oubli, laissons...

  • La fille du Diable est dans la PlaceLa fille du Diable est dans la Place

    Pour les politiques, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est que le Diable a pris sa retraite. La mauvaise, c'est qu'il a une fille, que cette fille lui ressemble et qu'elle a pris...

  • Tunisie année zéroTunisie année zéro

    L’histoire n’est pas finie. Telle est l’antienne récitée par les média français contempteurs tardifs du régime de Ben Ali.  L’improbable « Révolution du jasmin », par sa force...

  • Marine Le Pen : réseaux & paradoxesMarine Le Pen : réseaux & paradoxes

    Alors que Marine Le Pen vient de remporter, sans surprise, les « primaires » du FN en succédant à son père à la présidence du FN avec 67% des suffrages, balayant d'un revers de main son...

  • 2010, l'année des dérapages2010, l'année des dérapages

    Myard, Morano, Gaudin, Longuet, Frêche, Fabius, Siné, Vals, Mélenchon, Zemmour, Pagny, Guerlain, Séguela, Ménard, Hortefeux, etc. Leur point commun ? Ils ont dérapé. Attachez vos ceintures,...

  • Benoît XVI - Un cœur intelligentBenoît XVI - Un cœur intelligent

    Lecture de Lumière du monde, un entretien de Benoît XVI avec Peter Seewald :  Lumière des siècles contre siècle des lumières.Les communistes avaient tenté de se débarrasser de Jean-Paul II...

  • Cold Wave is not dead : le zéro absolu du rockCold Wave is not dead : le zéro absolu du rock

    La Cold Wave, cette déferlante qui vient ronger comme l’azote liquide les piliers du post-punk balbutiant et tentaculaire, emporte les âmes au cœur de l’hiver thermonucléaire. Balade...

  • Zemmour, le dérapeurZemmour, le dérapeur

    Vous avez raté les articles de Libé et Rue89 sur le procès d’Eric Zemmour ? Pire ! vous les avez lus mais êtes restés sur votre faim ? Les pingres ! Même pas un « pétainiste », ni même un...

  • Robert Brasillach : le procès expédiéRobert Brasillach : le procès expédié

    Il en va de certains écrivains comme des maladies vénériennes. Tout le monde les connaît mais personne n'en parle. Ainsi de Robert Brasillach dont il suffit de prononcer le nom au beau milieu...

  • L'Arizona, capitale de la haine ?L'Arizona, capitale de la haine ?

    Six morts, douze blessés. C'est le terrible bilan de la fusillade qui a éclaté samedi dernier, dans l'Arizona, lors d'une réunion politique. Parmi les blessés, la parlementaire démocrate...

  • Requiem pour une sexualité d'EtatRequiem pour une sexualité d'Etat

    Faut-il des assistants sexuels pour "soulager" les handicapés ? C'est la question que posent a priori sérieusement certains députés, en particulier Jean-François Chossy, de l'UMP. Notre époque...

  • Du bon et du mauvais usage de l’indignationDu bon et du mauvais usage de l’indignation

    Il est sympathique ce Stéphane Hessel avec sa gueule du vieux qui sait et son histoire héroïque de grand résistant,  grand bourgeois, grand lettré,  grand amoureux des femmes (il en a eu cinq...

  • Jacques Vergès, Roland Dumas et la moralité de la défenseJacques Vergès, Roland Dumas et la moralité de la défense

    Cela faisait quelque temps que j'avais l'intention de consacrer un billet à cette interrogation : La défense est-elle morale ? Elle a été formulée à la rentrée du Jeune Barreau du Val d'Oise...

  • Terreur et martyre : il était minuit à AlexandrieTerreur et martyre : il était minuit à Alexandrie

    Il était minuit à Alexandrie.« Le martyre est l’expression absolue de notre amour » Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk Alexandrie, Egypte. 2010 vit ses derniers instants, tels ces...

  • Assises islamisation : c'est la lutte prime-timeAssises islamisation : c'est la lutte prime-time

    La jurisprudence Marine Le Pen est passée par là : se demander si les musulmans peuvent être "trop", sous des latitudes où il faut bien reconnaitre qu'ils se sont séculairement contentés...

  • Joy Division par Kevin CumminsJoy Division par Kevin Cummins

    Lou Reed voulait que son bijou, Berlin, soit « un film pour les oreilles ». Avec ce recueil sobrement intitulé Joy Division, Kevin Cummins nous offre le son pour les yeux. Entrez dans  la...

  • Chemins de traversChemins de travers

    « Voici un étrange monstre », aurait (re)dit Corneille. La pièce que nous donne à lire Ariane Chemin dans son article sur le souper Houellebecq-Sarkozy du 14 novembre, pour être somme toute...

  • Occupation des rues : un dérapage collectif ?Occupation des rues : un dérapage collectif ?

    «Je réitère qu’un certain nombre de territoires, de plus en plus nombreux, sont soumis à des lois religieuses qui se substituent aux lois de la République. Oui il y a occupation et il y a...

  • PS : les intermittents de la réalité en tournéePS : les intermittents de la réalité en tournée

    Même si Benoît Hamon doit en être à sa quarantième boite de Valium, il faut reconnaitre qu'il n'y a que le PS pour égayer ainsi nos froides soirées d'hiver. Tout d'abord, l'ineffable...

  • Wikileaks, le napster des ambassades ?Wikileaks, le napster des ambassades ?

    Parce que Wikileaks s’opposait à l’ordre établi, on l’a cru de gauche. Pour autant, l’entreprise est-elle révolutionnaire ? Oui, autant que Montesquieu peut l’être. Mais son alliance...

  • "Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe.""Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe."

    Biographe de Bashung, chroniqueur historique des Inrockuptibles, l'écrivain Marc Besse est aussi l'un des rares spécialistes de Noir Désir. Proche du groupe, cet écorché vif ne pouvait rester...

  • Blondeincendiaire.com : the murder chat roomBlondeincendiaire.com : the murder chat room

    (reportage vidéo à ne pas louper en fin de chronique)Au moment où Wikileaks relance le débat sur la place de la transparence dans la vie démocratique avec ses soit-disantes « révélations »...

  • Cantona : quand wall street veut casser la banqueCantona : quand wall street veut casser la banque

    Cantona, qui envisage désormais la lucarne de l'Elysée, avait créé la polémique en 2011 avec sa première tentative de "révolution". Retour, avec Laurent Obertone, sur le premier coup de poker...

  • Les Suisses sont-ils un exemple ?Les Suisses sont-ils un exemple ?

    WikiLeaks, avec la publication scandaleuse d'une multitude de dépêches de la diplomatie américaine, a fait passer au second plan le résultat de la "votation" suisse qui a approuvé par...

  • Quelques traces de rouge à lèvres…Quelques traces de rouge à lèvres…

    Et si Alain Bashung avait trouvé dans l’art de la reprise, un sens pour sa propre musique ? Voilà la relecture de l’œuvre que propose « Osez Bashung », un double album compilatoire qui met...

  • Le Jihad global en voie de disparitionLe Jihad global en voie de disparition

    Les faits démontrent l'immense écart entre l'affolement politico-médiatique et la débandade djihadiste.Vers la fin d’une finale de championnat d’échecs, le connaisseur, jusqu’alors...

  • Teresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent GallaireTeresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent Gallaire

    Ancien bras droit d'Antoine Gallimard, Teresa Cremisi est depuis 2005 PDG de Flammarion. Éditrice de Michel Houellebecq, la numéro 2 du groupe Corriere Della Sera répond aux questions soulevées...

  • Exil(s) ExpressExil(s) Express

    Géraldine Woessner a été reçue au domicile de Maurice G. Dantec à Montréal. Une conversation autour de l'exil, du Québec, de l'hexagone et ses écrivains, du roman qu'il prépare pour 2011 et...

  • Vers un Indice de Bonheur BrutVers un Indice de Bonheur Brut

    Nous sommes de plus en plus tristes. Gallup. C'est Gallup qui le dit – le plus grand imposteur statistique que la terre ait jamais enfanté. En tout cas les anglais semblent pas très heureux. 52%...

  • Préservatif : et si le Pape avait raison ?Préservatif : et si le Pape avait raison ?

    Une rare unanimité associative et journalistique devrait aussitôt éveiller les soupçons. On entendait parler "d'avancée", de "pas en avant"… On entendait des associations "saluer" les propos...

  • Et si les chômeurs ne chômaient plus ?Et si les chômeurs ne chômaient plus ?

    Faire travailler les chômeurs, voilà "une joyeuse bonne idée", comme dirait Jolitorax, dans Astérix chez les Bretons. Bon, dans l'absolu, c'est n'est pas nouveau. Parait que François Mitterrand...

  • Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"

    Précisions : sur qui s’appuyer pour faire la révolution ?Comme dernier avatar après bien d’autres (on le verra plus bas), le bas clergé académique, tendance « sociologie critique », nous...

  • Droit de réponse à Pierre CormaryDroit de réponse à Pierre Cormary

    Droit de réponse d'Yves Bernanos à Pierre Cormary.Un article très récent de Pierre Cormary, publié dans Ring, vient de porter atteinte à la mémoire de mon grand-père, Georges Bernanos. J'en...

Rubrique Médias du Ring