Badiou, l'oracle du back in USSR
SURLERING.COM - CULTURISME - par Pierre Poucet - le 08/06/2010 - 24 réactions -
Philippe Muray avait raison. Parfois, « il ne faudrait jamais débattre ». Du moins pas avec tout le monde, pas avec ces gens-là. Pas avec des types qui citent le grand Timonier chez Taddéï. Pas avec des types qui annoncent péremptoirement la dictature du prolétariat. Pas avec Badiou. Pourtant Finkelkraut l’a fait, dans un ouvrage passionnant au titre évocateur : L’explication (1). Et la vérité oblige à dire qu’il fait pâle figure à côté du pape du néomaoïsme parisien.
 Badiou : un label sûr. Si la démocratie est le plus bavard de tous les régimes, alors il faut admettre que Badiou est le plus démocrate de tous les démocrates. Il est partout, sur toutes les lèvres, et même dans plusieurs langues ; parmi les têtes de gondoles à la FNAC, où les cadres sup en costard-cravates le consultent au titre d’ oracle obligé ; dans les dîners mondains où l’on aime à jeter son nom au dessert pour faire frissonner les convives ; dans l’inénarrable courrier des lecteurs de Télérama, chez Taddeï, partout, il suinte. Il est même dans le dernier film de Godard, ça fout les boules. On en fera peut-être un jour une marque de bagnole. En attendant le mec entre dans les livres d’histoire, j’annonce tout de même le néo-Mao de l’Hexagone. L’auteur du pestilentiel et délicieux De quoi Sarkozy est-il le nom ? est en somme devenu un inévitable totem de gauche dans le paysage intellectuel français, européen, mondial, global. A genoux ! De quoi Badiou est-il le nom ? La nouvelle idole de la gauche est un prof, fils de prof peut-être lui-même fils de prof qui portait des lunettes je ne sais pas mais j’imagine très bien. Jusque là, donc, tout est logique. Né à Rabat en 1937, il travaille à l’ENS sur les thèses de Lacan comme collaborateur de Louis Althusser. Fondements : marxisme et psychanalyse. Ajoutons à cela une orientation philosophique de type platonique, l’être et le paraître, l’un et le multiple, tout le bazar. Et une réflexion sur la mathématique. Conceptuellement vous tenez le bonhomme. Après avoir enseigné à des cons pendant trente ans au très gauchiste centre expérimental de Vincennes (l’ancêtre de Paris VIII), Badiou rejoint l’Ecole Normale Supérieure pour claquer des thèses aux futurs bac + 12. Et se la jouer Lucien Herr. Badiou lit. Badiou écrit. Badiou travaille à une œuvre bâtie autour de questionnements relatifs à l’ontologie et la mathématique. Rien de bien méchant à première vue. Mais non. Déclinés dans le champ politique, ses questionnements aboutissent à des conclusions pour le moins questionnantes. Parce que oui, Badiou fait de la politique : Badiou est un intellectuel. Bourdieu l’aurait même qualifié de « prophétique » – à raison. Et c’est à ce titre que nous l’attendons ici. Pour écouter la bonne parole. L’Un, sûr, action qui vient…Badiou, lui ne nous a pas attendus pour plancher sur l’insurrection qui vient. Il en est même le pionnier, la caution théorique, le philosophe. En langage marxiste, il appartient à l’avant-garde éclairée du prolétariat. A lui le rôle de Guide du  Peuple. Vous savez ce qu’on dit : l’avant-garde éclairée sans le peuple, c’est la tête sans les bras ; le peuple sans l’avant-garde, c’est la force sans la lumière… Lui c’est la lumière. Qui agit dans l’ombre. Alain Badiou officie en séditieux. En mao, ex de l’Union des Communistes de France Marxiste-Léniniste, la fameuse UCF, l’équivalent non-lacanien de la Gauche Prolétarienne. Il fonde en 1985 l’Organisation Politique, qui est tout de même une organisation pas franchement neutre. De tendance « post-léniniste et most-maoïste » (déjà), l’Organisation Politique s'est engagée pour les droits des ouvriers sans papiers, pour l'indépendance nationale vis-à-vis de l’Otan et des Etats-Unis et pour l’émergence d’une nouvelle figure ouvrière, une sorte de néo ou de post-prolétariat, allez savoir. On est donc bien au cœur de la poursuite, de l’actualisation, du devenir en termes hégéliens faîtes un effort, de l’œuvre de Marx, Lénine, Zedong. Et aussi quelque part au milieu de l’absurde. Le cadavre est à terre mais l’idée est debout.La pensée politique de Badiou est d’une extrême absolue effrayante simplicité. Mathématique, internationaliste, maoïste, infradémocrate – concept –, en un mot : communiste. Du communisme de puriste, assumé, de haute compète. Ici special Big up. Parce que Badiou campe tout de même la position éprouvante du mec qui réhabilite le communisme au XXième siècle. Du mec qui dans ses catégories intellectuelles se balade avec des notions comme « capitalo-parlementarisme », « prolétariat », « révolution », « ontologie » - y me font peur, moi, les ontologues – et lâche à tout va des déclarations subtiles du genre « le mot communisme a été avili et prostitué » dans ton journal. Ce genre de mecs. La pensée politique de ce genre de mec est simple, archaïque, voire d’une extrême pauvreté. C’est aussi ce qui explique son succès. Elle tient généralement en trois volumes (c’est dialectique). Se présentant comme « ultragauchiste », elle s’oppose à l’idéologie des droits de l’Homme, elle titille l’orthodoxie deuleuzienne mais on s’en fout (2), elle dénonce la politique « raciale » d’Israël, s’attaque au sarkozysme en qualifiant cette doctrine de « pétainiste » et son promoteur d’« homme au rats ». « Il faut reconnaître à Sarkozy une profonde connaissance de la subjectivité des rats. Il les attire avec virtuosité. Peut-être a-t-il été rat lui-même ? En 1995, quand, trop pressé, d'en venir aux choses ministérielles sérieuses, il a trahi Chirac pour Balladur ? En tout cas, trouvant les usages d'Etat de la psychologie du rat, il mérite un nom psychanalytiquement fameux. Je propose de nommer Nicolas Sarkozy “l'homme aux rats”. Oui, c'est juste, c'est mérité. » ( De quoi Sarkozy est-il le nom?). Donc comme chienlit, le mec se pose, là. Dans un champ intellectuel et politique dominé par les libéraux depuis quarante ans, reconnaissons au moins à Badiou ce mérite de continuer à emmerder le monde avec des mots classes et une rhétorique politique d'après-guerre. Et puis, oui, il fait frissonner. Nous savons tous qu’ un convaincu instruit effraie la population mieux qu’un misérable poussé à bout par la faim. Théorème de Picabia. Le communisme, voilà l’ami.Mais il y a l’art, et la manière. Et puis derrière, cette idée somme toute insupportable, « l’hypothèse communiste ». L’art ? Aucun, si ce n’est celui qui consisterait à dessiner des petits enfants d’ouvriers sur des barricades façon Commune de Paris XXIème siècle (les petits enfants seront donc issus de la diversité éthnique, armés d’iPods) La manière ? La seule, la vraie du révolutionnaire : la manière forte. Et pourquoi pas la voie armée (prévoir des pansements). L’idée insupportable ? « L’hypothèse communiste », dit Badiou, « l’idée d’une société qui ne serait pas fondée sur l’oligarchie du capital ». Certes oui, mais non. Attention c’est là que ça devient concept. Si l’on adopte une vision du monde binaire - communiste - le monde se divise en deux catégories : ceux qui portent les flingues chargés (l’oligarchie du capital), et ceux qui creusent (les prolos). Autrement dit la philosophie marxiste est intrinsèquement conflictuelle, inenvisageable sans la catégorie philosophique d’ « ennemi » (du peuple, du prolétariat, etc.). Ennemi qui, dans un esprit dialectique, doit être éliminé. C’est comme ça, c’est la théorie, Badiou n’a pas peur de le rappeler. Il faut nécessairement un ennemi. Qui ? Vous tous, tous autant que vous êtes si vous n’êtes pas de la partie. C'est-à-dire, pour poursuivre dans l’archéologie de la sémantique philosophique marxiste : Sarkozy et son gouvernement, ça, c’est le côté combat d’avant garde ; les « fondés de pouvoir du capital », ça, c’est du Marx élémentaire ; les idéologies nationalistes, ça, c’est mâtiné de Lénine ; et enfin l’identité, et ça, c’est de la connerie. Sarkozy et son gouvernement : car ils sont les symptômes furonculaires du grand capital. Dont acte. Les fondés de pouvoir du capital : car ce sont les possédants, les riches, les enculés qui s’insurrectionnent pas et qui oppriment. Les idéologies nationalistes : parce que celles-ci ne sont que le sous-produit organique de l’idéologie capitaliste bourgeoise, ce qui est vrai mais aussi très largement contestable si on relit par exemple Renan, et on va relire Renan. Enfin l’identité : parce qu’en universaliste pur jus – du pur son –, Badiou voit dans le « prédicat identitaire » le dernier bastion de résistance intellectuelle à son actuel projet de construction d’une « vision totalement internationaliste de la figure politique ». C'est-à-dire le néo-prolétaire, qui, on le sait tous, n’a pas de patrie. Camarade qu’est-ce qu’on fait ?Tu creuses ta tombe et tu t’écrases. Ou tu niques le mec au flingue chargé. La finalité de cette pensée politique là aussi est très simple : fédérer et soulever un prolétariat international – surtout des bacs + 12 en fait, et des cadres paumés à la FNAC – autour d’une idéologie insurrectionnelle. C’est un fait. Et ça donne entre autres des déclarations comme : « Le destin positif de ces jeunes [dits « de banlieue »], ce serait de s’organiser dans la visée de la destruction de l’ordre établi : ça, ce serait une issue sublimée et positive ». Sublimée et positive. J’annonce donc la consécration politique à venir du prolo banlieusard sur la scène médiatique, préparez vos survètes. Ça donne : des banlieusards francophobes érigés en nouvelles figures héroïques du communisme mondial. Ça donne la lutte des classes à coups d’iPods et de teushi. Ça donne l’émeute permanente scandée dans un hymne écrit par Diam's. Ça donne aussi la destruction des héritages particuliers, l’effacement de la différence, le métissage révolutionnaire généralisé, l’abolition de soi, l’Un-Monde. L’immonde. Je vois se dessiner une vaste et morne plaine socialisante, encore fumante des ruines de l’Ancien Monde, où se dresserait, fière et luisante, quelque chose comme une démocratie prolétarienne. Je vois des commissaires du peuple barbus à lunettes carrées, des agents de Médiation Prolétarienne en uniforme militaire kitch. Je vois des cervelles scrutées, connectées au Système Électronique Planétaire Central, tendues vers un seul but : ne pas être, mais devenir. Accomplir. Je vois des mains sur les bouches des enfants, et du sang sur les murs. Je vois des hommes gris, prétentieux et hautains, avant-garde éclairée de lumières nulles. Je vois aussi Badiou assis sur le trône néo-platonicien du roi-philosophe, claquant avec son bouffon de Slavoj Zizek des thèses délirantes sans notes de bas de page sur Kung-Fu Panda et le devenir de l’Occident. Je vois l’image pleine et entière du fascisme de gauche, du fumier, où la rose est éclose. Et pour tout dire j’en reste coi. Pierre Poucet(1) Alain Badiou, Alain Finkelkraut, L’explication. Conversation avec Aude Lancelin, Lignes. (2) J’ajoute au passage que sur le plan épistémologique, la pensée de Badiou récuse l’herméneutique. Et c’est tout de même dommage, j’aime bien, moi, l’herméneutique.
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1. 07/06/2010 08:27 - René de Sévérac
Bravo, "petit" Poucet.
Oui, des Badiou, il en reste ... dans nos Universités
et ils s'y reproduisent (à bac+12, on ne fait plus référence aux valeurs simples)
et font toujours des dégâts.
En fait, partant du principe que "le prolétaire, qui, on le sait tous, n’a pas de patrie",
la terminologie "ouvriers sans papiers" est pur oxymore car tout prolétaire est ipso facto
Citoyen du Monde. Amen.
2. 07/06/2010 09:18 - TitOeuf
Ce genre de pitoyable "Pantin" de Badiou n'est que l'agent des "Capitalo/Libéro/Débridé" qui s'en servent à loisir et exclusive discrétion pour niveler par le bas des espaces dans le monde, qu'ils réinvestiront à plus ou moins long terme (après 50 à 70 ans grand maximum de clôture étatique, mais jamais plus) avec des marges d'autant plus exponentielles de profits et de développements, que l'année Zéro du marché y aura été parfaitement installée par leurs Brigadistes Rouges.
C'est le bon vieux principe de l'organisation du Ghetto pour le promoteur immobilier, c'est bel et bien avec la reconstruction des Ghettos qu'il fait le plus de marge, et non pas avec les villas de luxe, il y en a beaucoup moins.
D'ailleurs, presque tous les "maoïstes" français historiques ont finalement tété le "seing privé" du Bouseux Texan, alias l'adepte de la busherie mondiale.
Dire que les communistes et les maoïstes ne sont pas des affidés des "Capitalos/Libero/Débidré" ne tient plus du tout, surtout à la lumière de certains faits avérés.
En 1972, une délégation de la Nomenklatura Soviétique assiste aux premières réunions de Davos en Suisse, on se demande bien ce qu'ils font là, plutôt cool ces cocos, non ??
En 1979, Deng Xiaoping déclare officiellement et sans rire, reprenant ainsi la fameuse phrase du français Guizot, déjà utilisée par Margaret Tatcher la même année : "Enrichissez-vous", qu'est qu'on se marre quand même avec ces cocos...
D'ailleurs la Chine devient bel et bien le premier Capitalisme d'Etat Planifié, surprenant non ?
Passons, les Lénine et Trotsky tout deux financés par Wall Street, et la boucle est bouclée.
Les communistes et maoïstes sont en fait utilisés pour éternellement exciter la classe sociale qui est en dessous de celle des classes moyennes afin de déstabiliser les petits bourgeois, de créer du mouvement de force continuel et de surtout permettre à ses maîtres "Capitalo/libero/Débridé" de récupérer les petits ronds de l'épargne placée par les petits bourgeois sur leur livret A.
D'une simplicité en fait.
3. 07/06/2010 12:11 - TitOeuf
Après avoir misé sur les "communo-maoïstes" manipulables à souhait pendant des années, afin de déstabiliser l'Empire français, les USA ("in GOD - comprendre "Gold, Oil and Drug"- We Trust") misent dorénavant tout sur les "Islamo-Racailleux" des banlieues françaises, seuls à même aujourd'hui, de déstabiliser à coup de testostérone, avec l'arrivée d'une de leur délégation diplomatique du Show Buziness dans le 93 à Bondy aujourd'hui.
Sont présents notamment Samuel L jackson et un autre pingouin de cette superbe nation du supermarché ambulant que sont les USA.
"Go East Now Young Boy !!!"
4. 07/06/2010 20:13 - plume
C'est ce qu'on appelle ni plus ni moins une Position... aucun problème, certain défende la leur mieux que quiconque! Badiou en premier. Ce n'est pas le cas de tout le monde.
5. 07/06/2010 21:06 - oscar
Il faut dire que les journalistes français ont tendance à mettre les intellectuels comme les politiques sur un piedestal et à ne jamais les pousser dans leurs retranchements. Dans cette interview au uk, la réception est toute autre et Badiou se prend une claque:
http://www.youtube.com/watch?v=eikdPbmCc_w&feature=PlayList&p=B2B9A4B56275427D&playnext_from=PL&index=0&playnext=1
6. 08/06/2010 15:09 - alain jugnon
c'est fait
on tentant de débattre avec badiou c'est-à-dire la philosophie vous vous retrouvez sous badiou autant dire sous le communisme autrement dit sous l'être
c'est bien fait
je trouve moi que la pensée badiou à gauche extrême est un modèle un catalyseur un incitateur pour la pensée à droite extrême, je veux dire la pensée la vraie la radicale... badiou mine de rien devrait rendre possible la pensée à droite, par réaction vive
encore un effort etc
7. 08/06/2010 18:37 - thierry bruno
Que Finkielkraut ne fasse pas le poids face à Badiou n'est pas une surprise. Finkielkraut n'est pas idéologue, c'est un homme de pensée et culture, il fait appel à l'intelligence de son interlocuteur et/ou auditeur. Badiou, c'est l'idéologue absolu, le dialecticien, pas à un mensonge, ni à une insulte près pour asséner sa vérité. Laquelle connu sous le nom de "communisme" est l'idéologie qui a dévoyé la philosophie marxiste. Le marxisme comme philosophie mérite débat; quand il devient idéologie, il devrait rejoindre dans la même condamnation, nazisme et fascisme. Badiou est un infâme révisionniste aussi nauséabond qu'un pauvre type que Dieudonné, et l'aura dont il bénéficie dans les média français - aux ordres de N. Sarkozy, c'est bien connu- et au sein de l'Université en dit long sur l'état de pourriture avancée de ces organismes.
Badiou est un criminel en puissance, partisan et propagandiste d'une idéologie totalitaire et criminelle. Ce n'est peut-être qu'une position selon "plume" mais espérons que ses "élèves" n'aient jamais les moyens de la défendre avec les mêmes moyens d'un Hitler, Staline, Mao ou Castro - ou le très romantique Che Guevara, assassin vénéré par une génération inculte -. Ou que, gentils moutons de Panurge, le citoyen ordinaire dispose de mieux que le parlementarisme pour le défendre de ces "amis du peuple".
8. 08/06/2010 19:49 - Gaël
@TitOeuf
De quel Empire français s'agit-il? Je ne vois pas ce qu'il y avait à destabiliser, la France et l'Europe se débrouillaient très bien sans les Etats-Unis. Des "communo-maoïstes manipulables a souhait"; comment s'y sont-ils pris s'il vous plait, une fois encore je ne vois pas de quoi vous parlez, les ont-ils retournés comme des agents du KGB? Ces communo-maoïstes n'ont -ils pas infiltré (roh, pas beau ce mot) toutes les couches administratives des fameuses banlieues rouges depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale? Comme manipulateurs, ils se posent là non?
Les Etats-unis n'ont que faire des banlieues françaises islamisées, il n'ont rien à y miser et tout à y perdre, les Etats-unis n'ont que faire de la France depuis la guerre d'Irak, qu'ils ne sont pas loin de considerer comme un pays conquis par le panarabisme. Pour eux nous sommes un pays de cocos.
Cocos, Islam, vous voyez quelque chose venir?
Je ne suis pas loin de penser que vous regrettez que le vrai communisme ne se soit pas réalisé (air connu) et que s'il à échoué et/ou à été perverti, ce n'est pas de par son principe utopique et meurtrier intrinsèque, mais par la faute des méchants yankees (capitalo-esclavagistes?).
Je me contenterai d'un signe.
9. 08/06/2010 20:34 - TitOeuf
Gaêl, regardez donc très attentivement les 20 minutes censurées, depuis 1975, du film Apocalypse Now.
Séquence intitulée "La Plantation Française" et incluses depuis 2005, dans la toute dernière version de ce film culte (intitulée "No Redux"), et écoutez bien les propos des protagonistes.
Les USA ont financé le Vietminh de A à Z pour déstabiliser les colonies françaises, et ils y ont réussi.
Demandez vous quel était l'appartenance politique d'un Manuel Barroso lorsqu'il était jeune étudiant, maoïste, tiens donc, et simultanément boursier d'étude d'une fondation US proche de la CIA.
Je vous rappelle que Barroso n'est pas un élu du peuple (même pas au Portugal son propre pays, car il n'a réuni que 29% des voix sur son pauvre nom aux dernières élections législatives portugaises), mais qu'il est aujourd'hui votre maître, notre maître à tous, puisqu'il décide bel et bien de 80% de nos Lois françaises, sans même passer par le parlement, via les directives qu'il impose, dans le sens qui lui sied, à lui et à ses commanditaires.
Sinon, vous disiez quoi à propos du communisme ??
On y est déjà en plein dedans, du point de vue de l'autorité, vous ne décidez de presque plus rien.
10. 08/06/2010 21:01 - Gaël
je ne m'oppose en rien à ce que vous mentionnez sur sur L'Europe, je suis en accord avec vous.
Là-dessus.
Donc, parce que Barroso était étudiant dans une fondation américaine "proche de la CIA", il en était forcément un agent? Toutes les universités, les bibliothèques, les institutions sont surveillées de près par la CIA, vous ne m'apprenez rien, ca ne fait pas des étudiants de Stanford des agents doubles.
Donc si je vous suis, par extension, le président de l'UE est un sbire des Etats-Unis, et par extension, l'UE est à la solde des USA, Il faudrait prévenir Israël qu'ils n'ont plus rien à craindre, avec des alliés comme ça!
Sur le financement du Vietminh, je ne sais pas où vous avez trouvé ca, mais pourquoi pas hein, ils ont peut-etre financé les serbes pendant la guerre en Bosnie, histoire de s'assurer la victoire? Je vois où vous voulez en venir : financer l'ennemi pour prendre la place de la France et s'imposer par la suite, stratégie bien connue lors de la Guerre froide, mais quid des investissements de l'URSS?
Je suis au courant de cette scène mythique du non moins mythique film de Coppola(1979), mais ne l'ai point vue (la scène) à mon grand dam. Je regarderais. J'écouterais.
Sinon? la même chose, camarade!
11. 09/06/2010 10:53 - Pierre Poucet
@Thierry Bruno: votre remarque est extrêmement pertinente, tout à fait juste.
Il est frappant de constater, à la lecture du dialogue des deux frères ennemis, que chacun ne joue pas avec les armes de l'autre. Badiou, en dialecticien, attaque avec des référents intellectuels comme Marx, Mao: la théorie politique pure. Finkie, lui, y va de son "coeur intelligent" et jongle avec Camus, Péguy: la littérature. Il combat avec des idées molles (Camus, tout de même) mais élégantes et sensibles, quand Badiou monte au front armé de sa dialectique impitoyable. Le martial contre la fleur bleue, l'homme à la théorie entre les dents contre le pessimiste fatigué...
Et puis ce sont aussi de hexis extrêmement différents: la présentation de soi, le langage, la manière de se tenir, la manière de répliquer, le choix du vocabulaire (quelle agressivité chez Badiou). Tout cela en fait deux personnages bien représentatifs de deux univers étrangers l'un à l'autre. Oui, ce sont bien deux hommes qui symbolisent bien deux camps intellectuels, deux mondes différents (irréductible au seul clivage gauche droite). D'un côté on mobilise la lutte des classes, l'internationalisme, l'insurrection, l'avenir. De l'autre, on réagit, on répond (déjà); mais on le fait avec le ressentiment, la mélancolie (française...), le coeur, l'émotion, le passé.
Ces deux hommes n'ont rien en commun. Un miracle de les voir face à face.
12. 09/06/2010 10:58 - Pierre Poucet
@Gaël: que pensez-vous de cela?
http://www.rue89.com/justin-blog/cia-et-banlieues-francaises-decryptage-dune-info-choc
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/07/01/01016-20080701ARTFIG00584-operation-seduction-des-usa-dans-les-banlieues-francaises.php
13. 09/06/2010 20:49 - thierry bruno
C'est assez amusant comme nous sommes naïfs. Les américains sont certes nos alliés mais ils ont un principe : servir d'abord les intérêts des Etats-Unis. Quand ces intérêts rejoignent les nôtres, tout va bien sinon tant pis pour nous. Après la seconde guerre mondiale, les américains sont hostiles aux empires coloniaux donc ils font tout pour favoriser l'émancipation des colonies. L'Indochine d'abord et grand bien leur a fait : ils sont allés se fourvoyer dans la guerre du Vietnam, puis l'Algérie où De Gaulle ne leur a pas laissé le temps d'internationaliser le conflit en nous mettant en accusation devant l'ONU. Maintenant, ils nous emm... à vouloir nous imposer la Turquie dans l'Europe, nous encourager au melting-pot qui est contraire à notre histoire. et cela ne me surprend pas d'imaginer que les américains favorisent l'islamisme en France ; ils l'ont fait au Kosovo, en Bosnie. Cette attitude est-elle choquante ? Je ne trouve pas reconnaissant que cet "allié" joue SES intérêts -même s'ils se plantent en fait-. Ce qui me choque, c'est que des français jouent l'intérêt de nos alliés au détriment de l'intérêt français. Seconde guerre mondiale : les militaires Giraud ou Muselier, le diplomate poête Saint John Perse, farouchement pro-américains et donc farouchement anti-De Gaulle par exemple. Maintenant de là à fairer des idéologues marxistes des taupes américianes, je doute un peu. Badiou est un révisionniste qui prône la révolution, espèrant que le sang coule. Le rapport immédiat avec le "capitalo/libero/débridé" m'échappe un peu, à monis que ce soit une conséquence de ces gesticulations de renforcer le "capitalo machin chose" en provoquant une réaction de peur dans la bourgeoisie. A voir.
En tous cas, le jour où les français comprendront que l'on peut avoir une position "universaliste" sans nécessairement être anti-français et qu'être au sein d'une alliance, ce n'est pas être inféodé à la puissance qui se veut dominante, on aura fait beaucoup de progrès en géopolitique. Et le jour où l'on cessera de se bercer du romantisme révolutionnaire, oubliant qu'une révolution, c'est d'abord une belle boucherie, un âne comme Badiou prêchera dans le néant mais les marchands du temple avec les TShirts affichant la tronche du Che gagneront moins d'argent.
14. 10/06/2010 10:28 - TitOeuf
@ Thierry Bruno
Lire à ce sujet l'excellent Antony Cyril Sutton, intitulé "The Two Faces of Bush - Fédéral Réserve" qui vient d'être récemment réédité en français et disponible dans toutes les bonnes librairies.
Tous les idéologues "communo-maoïstes" passent à la moulinette et ne résistent à aucune de ses fines analyses, dont la base est des plus claires qui soit : d'où vient l'argent ? qui les payent tous au fil de l'histoire (pas un n'y échappe d'ailleurs) dans leurs respectives entreprises de déstabilisation d'empire (Tsariste Russe d'une part et, d'autre part, Français Républicain) et donc, avec la toujours lancinante, sous-jacente, et non moins terrible question, pourquoi ?
70 ans de socialisme soviétique et 50 ans de maoïsme, avec organisation économique strictement planifiée dans les deux cas, ne seraient-ils pas en quelque sorte, une stratégie d'endiguement d'autres possibles concurrents, doublée d'un extraordinaire laboratoire macro-économique de son versant idéologiquement opposé le tout à moindre coût ??
Quand on mise sur les deux combattants dans un match de boxe, je crois bien que l'on est sûr de gagner à tout les coups.
C'est d'ailleurs bel et bien le principe actuel des traders du monde de la finance : "Pile, je gagne et face tu perds".
15. 11/06/2010 01:00 - Gaël
@Pierre Poucet
Réponse : rien.
Plutôt que de me renvoyer à un site dont je ne vois pas l'intérêt profond et ne comprend pas trop l'importance grandissante qu'il à ici,( les deux articles ne m'ont pas vraiment éclairé ni convaincu), vous auriez pu vous fendre de quelques lignes, ne serait-ce que pour me dire que je raconte des conneries. Je vous ai connu plus disert. Bel effort quand même!
La vérité c'est ce qui nous arrange avec le monde, en lui et contre lui...et contre soi-même.
16. 11/06/2010 05:07 - Jerry Kahn
Bad you! Alain versus Alain? Le coeur vs la nomenklatura. Effectivement. Et donc il naquit à Rabat... là bas... un de plus... je dresse pas de liste hein?, aussi différents les uns que les autres, mais c'est dingue dingue dingue, de Moati à Villepin... c'est pas ma terre, faut-il que je récite trois pater?
Le problème avec ce genre d'inframolécularisé du bulbe de rats teaser c'est qu'il faut être à pervers, pervers et demi, genre dératiseur, pour les montrer sous leur vrai jour: leur zyclon bonifiante pensée révélée à leurs propres zamis. Faudrait faire pigiste à l'Huma quoi; leçon trotskiste. Pour faire bèqueter ses filles à l'ogre, cher Poucet.
17. 11/06/2010 17:24 - Pierre Poucet
Chère Gaël, je ne pense pas que vous racontiez de connerie. J'ai même le sentiment du contraire à dire vrai. Je me suis permis, un peu rapidement effectivement, de vous renvoyer à ces articles qui, de près ou de loin, traitent sensiblement du même sujet, enfin si' j'extrapole. Et puis, cela m'évoque les pages les plus sombres de certains écrivains que vous connaissez sûrement, sur la banlieue, Paris et sa région comme un vaste champ de bataille. Bref, je suis allé un peu loin. Ou pas.
Quant à votre définition de la vérité, elle me touche, oui, mais semble bien relativiste. C'est emmerdant, quand on cause vérité. Personnellement, je préfère la formule de Saint Thomas d'Aquin à la vôtre: "veritas est adaequatio rei et intellectu " chez Thomas d'Aquin.
Me voilà fendu de quelques lignes.
18. 11/06/2010 23:17 - Gaël
Cher Pierre Poucet,
Merci pour votre réponse.
Moi aussi je préfère la formulation de Saint Thomas d'Aquin a vrai dire; j'étais sous "influence" (musicale) au moment de la rédaction et un vers des Pixies (!) est venu s'y greffer.
"Time is an arrangement
Time is an arranger
I am a derangement"
Bien a vous.
19. 14/06/2010 10:36 - Greg môk
Badiou, un intellectuel irresponsable dont la liberté s'est chargée de révéler.
20. 21/08/2010 16:14 - Duchnock
Badiou et les autres, toujours le même discours pour nous faire ch... depuis plus d'un demi-siècle pour nous dire, inlassablement, que tout est mieux ailleurs que chez nous. Notre vieille Europe Septentrionale que n'a t'elle resistée des siécles durant pour recevoir, inlassablement, hommes et idées ? Un Continent qui mérite bien celui de Phare du Monde.
21. 10/09/2010 11:07 - Alabamasouls
Voilà en tout cas une manière bien vulgaire de commenter un débat philosophique, une discussion tout de même sous-tendue par un souci de vérité propre aux deux personnages. On voit mal comment une écriture aussi grossière et bêtement agacée pourrait bien fournir un quelconque éclairage sur ce dont elle prétend parler, si ce n'est de nous livrer les humeurs aléatoires de son auteur. Bref, il me semble que cet article lourd, rédigé à l'emporte-pièce, flirt sans doute bien plus avec une quelconque idéologie - indifférente à l'examen sensible et respectueux des positions énoncées - que ce qui semble émerger de ces mêmes positions à la faveur d'une lecture attentive et rationnelle de l'essai. Si vous abhorrer Badiou, ayez au moins le courage et l'intelligence de réfuter objectivement son propos ; votre subjectivité minuscule, on s'en tamponne. Petit, en somme, monsieur Poucet.
22. 26/12/2010 08:40 - patrick
C'est vraie que Badiou fait enrager des attardees comme ce petit Poucet qui tente alors de lancer ses pierres mais qu'il le ratte encore du fait de la mauvaise trajectoire .
23. 26/12/2010 11:55 - HR
"...Si la démocratie est le plus bavard de tous les régimes, alors il faut admettre que Badiou est le plus démocrate de tous les démocrates. .... La pensée politique de Badiou est d’une extrême absolue effrayante simplicité. Mathématique, internationaliste, maoïste, infradémocrate – concept –, en un mot : communiste. ...". Pierre Poucet.
J'ai déjà eu l'occasion de le répéter plusieurs fois ici: on aurait pu espérer de Le Ring un aggiornamento sur ce que signifie le mot "Démocratie" en tant que régime politique, avec une majuscule, donc, comme "Ancien Régime" ou "République". A défaut, on aurait pu espérer une redéfinition du qualificatif "démocrate".
Cet article en était l'occasion. On voit ici, avec Pierre Poucet, un des membres du Comité de rédaction du Ring, qu'il n'est sera rien.
Pourtant Alain Badiou permet de comprendre pourquoi, au cours des deux derniers siècles, la Démocratie a toujours été vaincue Europe. Alain Badiou réussi l'exploit de résumer à lui seul pourquoi l'histoire de la Démocratie en Europe, c'est l'histoire de la défaite de la Démocratie.
Contrairement à ce qu'écrit Pierre Poucet, la pensée politique d'Alain Badiou ne s'écrit pas en un mot, communiste, mais en un autre mot: totalitariste. Le communisme, faut-il le rappeler, n'est qu'une des principales variantes du totalitarisme. Alain Badiou n'est qu'un théoricien parmi tant d'autres, au cours de ces deux derniers siècles, d'une idéologie totalitaire.
Avec Alain Badiou , on peut observer une chose sur les idéologies du totalitarisme nées en Europe en réactions aux aspirations à la Démocratie. Ces idéologies sont essentiellement des héritages de l'Ancien Régime. Alain Badiou, ne serait-ce que par les privilèges toujours actuels de son "statut", est d'abord et avant tout un des membres qui se charge de la manière la plus radicale qui soit de préserver l'héritage de l'Ordre des Clercs en Europe. On peut légitimement estimer que Pierre Poucet ne peut pas l'observer parce qu'il aspire probablement à en faire partie. Ca lui interdit de commenter qu'il n'est pas étonnant de voir un membre éminent du Quartier Latin théoriser la dictature et commenter Saint Augustin. Peut-être existe-t-il un tabou profond, une sorte de "bulle" non-écrite à propos de cette forme de lecture des idéologies totalitaires européennes. Après tout, qui a osé observer un jour que la figure de Karl Marx, c'est d'abord et avant tout la figure d'un rabbin? Je ne l'ai jamais vu sous la plume d'un mandarin européen, et on ne peut décemment pas l'attendre d'un chinois.
On parle ici de Jacques Lacan. Normal. Alain Badiou, un clerc éclairé, n'a pas craint d'étudier de près l'ennemi.
Parlant de Lacan, c'est le moment d'observer comment, à propos de Pierre Poucet, à la fin, quand la fatigue est là et que l'attention se relâche un peu, "ça" parle.
Et "ça" dit quoi chez Pierre Poucet? Et bien c'est assez naturel, finalement, "ça" dit:
- "Et pour tout dire j’en reste coi."
Bien "non dit" Pierre Poucet. Surtout si on espère un jour entrer ou grimper dans l'Ordre des Clercs en Europe. A propos des premiers mots du corps de son article (Si la démocratie), "Tout" (le totalitarisme en un mot), est coi, en effet.
24. 27/12/2010 13:59 - antihistaminique
J'ai connu de grosses pointures de la Gauche Prolétarienne il y a 40 ans, même arrogance, même cynisme que ce Badiou, enfants de la haute bourgeoisie, résidences secondaires, Porsche, accessoires Hermès,coke et partouzes, et qui ne juraient que par "l'histoire du PC ber"[?]...de vrais caricatures de révolutionnaires de salon. J'espérais naïvement que ce spécimen d'humanité [?] avait disparu....
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Dernière réaction Bravo, "petit" Poucet.
Oui, des Badiou, il en reste ... dans nos Universités
et ils s'y reproduisent (à bac+12, on ne fait plus référence aux valeurs simples)
et font toujours des...  07/06/2010 08:27 René de Sévérac
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