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Penser la menace : questions terminologiques

SURLERING.COM - LES PAGES ROUGES - par Pierre-André Taguieff - le 30/06/2010 - 45 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

débats & opinions

Penser la menace : "islamofascisme" ou "totalitarisme islamiste" ?
par Pierre-André Taguieff (1), essayiste, directeur de recherche au CNRS, Paris, Centre de recherches politiques de Sciences Po




Face à l’islamisme radical, né du mariage d’une lecture littérale du Coran et de la doctrine du jihad placée au centre d’un islam conquérant, on peut esquisser, en se fondant sur un ensemble de similitudes et d’analogies, le modèle d’un « totalitarisme islamiste », représentant le « troisième totalitarisme » historique, après le communiste et le national-socialiste (2). Nombreux sont par ailleurs les intellectuels contemporains qui voient dans l’islamisme radical un « islamofascisme », voire un « islamonazisme ». L’historien et politologue Daniel Pipes, définissant les islamistes comme les adeptes de l’islam radical, dans lequel il voit un « mouvement idéologique » distinct de l’islam comme religion et comme civilisation, propose de le caractériser de la façon suivante :

« Bien qu’il soit ancré dans une foi religieuse, l’islam radical est un mouvement utopique plus proche par l’esprit de mouvements tels que le communisme et le fascisme, que d’une religion traditionnelle. Antidémocratique et agressif, antisémite et anti-occidental par nature, il a de grands projets. Et ses porte-parole voient en lui un concurrent direct de la civilisation occidentale dans la course à la suprématie mondiale (3) . »

Ressemblances, analogies et différences

      De telles caractérisations sont à la fois suggestives et discutables à bien des égards. L’établissement d’une idéocratie, l’effacement de la société civile par son englobement dans l’ordre politique, la militarisation « milicienne » de la société, la mobilisation permanente contre l’ennemi absolu, la présence de visées expansionnistes, l’imposition coercitive d’une orthodoxie (le respect des codes langagiers) et d’une orthopraxie (commençant avec la conformité vestimentaire, et s’accomplissant avec l’établissement de la charia), l’intolérance à l’égard des opposants, s’accompagnant d’un usage systématique de la menace et du recours à la terreur contre les contradicteurs ou simplement les non embrigadés  perçus et traités comme des « étrangers »-ennemis, d’où une xénophobie à base idéologique , semblent bien faire renaître, dans les mouvements islamistes radicaux, les méthodes violentes de mise au pas utilisées naguère par les mouvements fascistes, ou plus généralement « totalitaires », contre leurs adversaires.

      Il convient cependant d’avoir à l’esprit les différences : le fascisme et le nazisme étaient des doctrines de la nation, de la race et de l’État, tandis que l’islamisme est transnational, multiracial et dénué d’inscription étatique définie. On peut dès lors considérer que les expressions polémiques « islamofascisme » et « islamonazisme » (« nazislamisme », disent certains) conceptualisent mal leur objet, et leur préférer l’expression « islamo-totalitarisme ». En posant que « l’islam est la solution », quel que soit le problème, les islamistes fonctionnent comme des esprits totalitaires. Mais toutes les comparaisons ou analogies historiques impliquées par ces appellations sont contestables, et à certains égards trompeuses, notamment en ce que le fascisme (mussolinien), le nazisme et tous les totalitarismes présupposaient l’existence d’un État central fort, alors que l’islamisme radical fonctionne en réseaux, supposant des connivences et des infiltrations, indépendamment de tout État central détenteur d’un pouvoir absolu.

      Pour autant qu’on se garde de passer de la comparaison suggestive à l’amalgame abusif, et d’un recours strictement méthodologique à l’analogie historique à des assimilations hâtives, il peut être intellectuellement fécond de réfléchir sur les dimensions « fascistes » ou « totalitaires » de l’islamisme radical, comme idéologie et comme ensemble de pratiques. Ce mélange de fanatisme, d’expansionnisme, d’autoritarisme et de terrorisme, mis en musique par une démagogie mi-populiste (le peuple-héros) mi-compassionnelle [le peuple-victime (4)], peut donner naissance à une figure historiquement nouvelle du « fascisme » ou du « totalitarisme », incluant une légitimation religieuse de style intégriste ou fondamentaliste (l’islamisme). La dimension « totalitaire » n’est plus liée à un type de régime incarnant telle ou telle « religion politique » ou « séculière » [fascisme mussolinien, nazisme, communisme (5)], mais à un programme d’action « panislamique » qui, postulant l’indivisibilité du politique et du religieux, est de nature expansionniste et belliciste, son objectif étant l’imposition d’une vision fondamentaliste de l’islam au genre humain. Il ne s’agit plus d’une idéologie politique fonctionnant comme une nouvelle religion (avec ses dogmes et ses rites), mais d’une religion politisée et militarisée [l’islam politique, l’islam radical ou l’islamisme radical, les radicalismes islamiques, le fondamentalisme islamique, le néo-fondamentalisme, l’intégrisme musulman, l’intégralisme, etc. (6)]. On peut reconnaître dans l’islamisme radical une rhétorique et un esprit « totalitaires », et y découvrir l’utopie d’un État « totaliste », sinon totalitaire, qu’il s’agit de restaurer : celle du califat. Rappelons le credo de Hassan al-Banna : « L’Islam est un système total, complet en lui-même, arbitre final de tous les aspects de la vie (7). » Et ce commentaire explicatif dénué d’ambiguïté : « Les prescriptions de l’Islam embrassent la totalité, elles comprennent les affaires terrestres aussi bien que celles de l’Après […]. L’Islam est foi et rituel, nation et nationalité, religion et État, esprit et action, Livre sacré et sabre (8) . »

     Le « peuple » comme sujet collectif intrinsèquement positif inventé par la pensée démocratique moderne, avant de devenir le héros de tous les « grands récits » de style totalitaire, ne disparaît pas, il subit une redéfinition : il perd ses attributs démocratiques pour devenir un sujet substantiel, incarnant de telle ou telle manière l’islam. Le sujet collectif du nouveau « grand récit » de la révolution purificatrice peut prendre ainsi la figure particulière du « peuple palestinien » chez les islamo-nationalistes (cas du Hamas) ou celle de l’oumma chez les islamistes internationalistes (Al-Qaida). Il faut souligner le fait que l’islamisation de la cause palestinienne a gagné la bataille idéologique : il va désormais de soi, pour la plupart des propalestiniens, que défendre les Palestiniens revient à défendre des musulmans, voire des islamistes comme ceux du Hamas ou Hezbollah, contre leurs ennemis, « sionistes » ou « impérialistes américains ». Dans les deux cas, c’est la figure mythique de « l’opprimé » qui fonctionne comme moteur affectico-imaginaire des mobilisations : le peuple opprimé par excellence (les Palestiniens) – par les « sionistes »  ou l’oumma opprimée partout dans le monde – par les « judéo-croisés » ou l’« alliance américano-sioniste ». Le phénomène, saisi dans sa relative nouveauté et son dynamisme aussi imprévu que menaçant – régulièrement minimisé, voire nié, depuis le début des années 1990, par nombre d’experts consultés par les acteurs politiques et les médias (9) , s’impose à tous les observateurs. Ce qui fait problème, ce sont les modes de conceptualisation du phénomène islamiste tel qu’il s’est mondialisé.

L’insaisissable nouveauté de l’islamisme : révolutionnarisme réactionnaire et jihadisme

      Ces interrogations sur la validité des catégories descriptives n’empêchent nullement de dresser un constat inquiétant, du moins aux yeux des défenseurs de la démocratie pluraliste : le surgissement imprévu à la fin du XXe siècle, dans l’espace mondial, d’un mouvement révolutionnaire, antidémocratique et anti-occidental qui a été appelé, d’une façon plus ou moins polémique  et sans grand souci de rigueur conceptuelle , le « fascisme vert  (10) », le « troisième totalitarisme  (11) », le « nouveau totalitarisme », le « totalitarisme vert », le « totalitarisme islamiste », l’« islamisme révolutionnaire », le « fondamentalisme révolutionnaire  (12)», ou encore l’« islamonazisme » ou l’« islamofascisme  (13)». Aucune de ces caractérisations n’est entièrement satisfaisante : elles ramènent toutes la nouveauté du phénomène islamiste à des processus ou des formes sociopolitiques du passé, réduisant ainsi une émergence à une résurgence. Mais il n’en est pas moins vrai qu’on rencontre dans les mouvements wahhabites-salafistes contemporains, notamment sous leurs formes jihadistes, les principales caractéristiques du « fascisme » reconstruit comme mythe répulsif : intolérance, fanatisme, mentalité guerrière, expansionnisme, violence criminelle, recours au terrorisme (massacres de civils), autoritarisme, manipulation de l’opinion, intimidation, culte du sang et de la mort (l’« industrie de la mort »), etc. On lit dans le point 5 du credo des Frères musulmans, entériné par le IIIe Congrès des frères, en mars 1935 : « La bannière de l’Islam doit couvrir le genre humain  (14). » Dans son livre intitulé Le Jihad dans l’Islam (1927), l’idéologue islamiste pakistanais Sayyid Aboul-Ala Mawdoudi était encore plus explicite : « L’Islam est une doctrine révolutionnaire et un système qui renverse les gouvernements. Il cherche à renverser l’ensemble de l’ordre social universel […]. L’Islam veut le monde. Il ne se satisfait pas d’un morceau de terrain, mais exige l’univers tout entier […]. Le jihad est tout en même temps offensif et défensif […]. Le parti islamique n’hésite pas à utiliser les moyens guerriers pour atteindre son but (15) . » On trouve également chez Sayyid Qutb, le maître à penser de Ben Laden et Zawahiri, la thèse selon laquelle l’Islam a pour vocation de conquérir le monde (16) .  

      On trouve aussi dans le corpus doctrinal de l’islamisme radical, à la place centrale, la haine des Juifs (17), dans une version qui s’apparente à celle des nationaux-socialistes, en raison des transferts idéologiques de grande ampleur réalisés par la propagande nazie dans les années 1933-1945, grâce à ces médiateurs efficaces que furent les Frères musulmans et le « Grand Mufti » de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, puis, dans les années d’après-guerre, par les réfugiés nazis en Égypte, en Syrie et en Irak, efficaces conseillers et collaborateurs des dictateurs arabes en matière de  « lutte contre le sionisme (18)». Khalil Koka, l’un des fondateurs du Hamas, a exposé sans fard la vision islamo-palestinienne de la nouvelle « question juive » au Moyen-Orient : « Dieu a rassemblé les Juifs en Palestine non pas pour leur offrir une patrie, mais pour y creuser leur tombe et débarrasser le monde de leur présence polluante (19). » Voilà qui a le mérite de postuler clairement que le Dieu des musulmans n’est pas le même que le Dieu des Juifs, et qu’il est le seul vrai Dieu. À prendre à la lettre une telle affirmation, on doit conclure que le « monothéisme » constitue une catégorie d’amalgame : il y aurait de multiples dieux derrière le visage du Dieu unique revendiqué par les « religions du Livre ». Plus exactement : de multiples faux dieux et un seul vrai Dieu, Allah.

      Face à la menace islamiste telle qu’elle s’est précisée à partir du 11-Septembre, ceux qui la prennent au sérieux en l’interprétant comme l’expression d’un nouveau fascisme ou d’un nouveau totalitarisme peuvent être considérés comme les tenants d’un nouvel antitotalitarisme ou d’un nouvel antifascisme (21) . Mais leurs positions sont loin d’être partagées par tous leurs contemporains, même dans les démocraties occidentales. La haine de l’Occident a beaucoup d’amis en Occident.

      Comme par le passé, lorsque le fascisme, le nazisme et le communisme stalinien fascinaient leurs prédécesseurs, des intellectuels « radicaux » perçoivent aujourd’hui cet extrémisme planétairement émergent comme globalement positif, voire, pour certains, porteur d’espérance en ce qu’il dessinerait une « alternative » au capitalisme et à l’« impérialisme occidental ». Les héritiers du communisme rêvant toujours d’une révolution mondiale, qu’ils soient de sensibilité trotskiste, néo-tiers-mondiste ou « altermondialiste », tendent à reconnaître comme des alliés les militants anti-occidentaux du fondamentalisme révolutionnaire islamiste. Ils redeviennent ainsi des compagnons de route du totalitarisme, avec un mélange d’enthousiasme, d’aveuglement et de mauvaise foi dont la formule militante est bien connue depuis les années 1930. On reconnaît dans leur engagement en faveur du nouveau totalitarisme la « préférence pour l’extrémisme (21)» qui fait tradition chez les « intellectuels » occidentaux depuis l’époque de la Révolution française (Saint-Just et Robespierre d’un côté, Joseph de Maistre et l’abbé Barruel de l’autre). Cette fascination pour la radicalité anti-occidentale a pris une forme nouvelle depuis la Révolution islamique iranienne (1979) qui enthousiasma nombre d’intellectuels, petits et grands. Le « révolutionnaire » islamiste Khomeyni, glorifié d’avoir détruit la « dictature pro-occidentale » du Shah d’Iran, s’est inscrit dans la série des grandes figures révolutionnaires, aux côtés des révolutionnaires estampillées communistes, Mao, Castro ou Che Guevara. La « révolution khomeyniste » a montré qu’un fondamentalisme religieux d’orientation politique réactionnaire (impliquant un projet de « retour à » ou de « restauration de ») pouvait se présenter comme « révolutionnaire ». Un nouveau paradigme de l’action révolutionnaire était né, le « fondamentalisme révolutionnaire », mouvement de réislamisation totale mettant en œuvre un programme de désoccidentalisation touchant tous les domaines de la vie sociale (à l’exception de la technologie), s’accompagnant d’une « désionisation » de style paranoïaque.

     Ce paradigme, celui d’une révolution réactionnaire, a ouvert la voie à une multiplicité de mouvements sociopolitiques mêlant des motifs conservateurs, traditionalistes ou réactionnaires à des thèmes « progressistes » et révolutionnaires, allant de l’« altermondialisme » écologiste à l’islamo-gauchisme ou à l’islamo-communisme. Ilich Ramírez Sánchez, dit Carlos, militant communiste d’origine vénézuélienne, tiers-mondiste et terroriste international, converti à un islam de combat, déclarait en octobre 2001, de sa prison française (La Santé), que les talibans « défendent la révolution mondiale » et que « le mouvement jihadiste est l’avant-garde du combat anti-impérialiste (22) ». Dans un entretien accordé le 1er nombre 2001 à la revue néo-fasciste Résistance !, le même Carlos assumait clairement son islamo-communisme, témoignant de la réalité et de l’importance stratégique des confluences ou des convergences entre les islamistes radicaux et les « extrémistes » de gauche et de droite :
« J’utilise souvent le terme convergence, au sujet de militants d’idéologies différentes avec qui nous nous retrouvons d’accord sur l’essentiel. […] Tous ceux qui combattent les ennemis de l’humanité, à savoir l’impérialisme états-unien, les sionistes, leurs alliés et leurs agents, sont mes camarades. […] Je me suis converti à l’Islam en octobre 1975, et je continue à être communiste. Il n’y a pas de contradiction entre la soumission à Dieu et l’idéal de la société communiste (23) . »

     Idéologiquement discipliné, porté par son utopie messianique bigarrée, Carlos place au centre de son combat islamo-communiste, à l’instar des idéologues d’Al-Qaida, la « libération » de « la Palestine » et des lieux saints de l’islam :
« Je suis un fedayin. La situation en Palestine est le reflet de celle du monde arabo-musulman : désastreuse ! Mais je vois l’avenir radieux ! Mes vœux les plus chers sont pour la libération de la Palestine et de tous les pays occupés par des forces étrangères. […] L’islamisme radical est bigarré, hétéroclite et protéiforme. On y trouve le meilleur et le pire : des mouvements jihadistes jusqu’à des réactionnaires liberticides et misogynes. […] Après la désagrégation du camp socialiste athée, les vrais jihadistes s’attaquent au monstre yankee et réclament la libération des trois lieux saints de La Mecque, de Médine et de Jérusalem. […] J’ai eu un profond soulagement en voyant les héroïques opérations de sacrifice du 11 septembre 2001. J’ai compris que mon sacrifice à Khartoum n’avait pas été vain. Cheikh Oussama Ben Laden est le modèle du moujahid. C’est un martyr vivant, un pur (24) . »

      En 2003, Carlos souligne donc la continuité entre son engagement communiste et son engagement jihadiste, et reconnaît l’importance décisive de son ralliement à la cause palestinienne dans son évolution vers l’islamisme radical :
« Je suis et reste un révolutionnaire professionnel, un soldat, un combattant, dans la plus pure tradition léniniste. Sans cette avant-garde révolutionnaire – que sont les militants permanents – vouée exclusivement à préparer, organiser et lancer la Révolution, celle-ci ne pourra jamais advenir. […] J’ai voué ma vie à la Révolution dès l’âge de quatorze ans. Militant communiste depuis janvier 1964, […] je continue à l’être tout comme je suis demeuré révolutionnaire intransigeant […]. À vingt ans, cette vocation a connu un tournant décisif quand la Révolution mondiale s’est incarnée pour moi dans la cause palestinienne. […] L’Islam a renforcé mes convictions révolutionnaires en même temps qu’il les épurait et leur donnait une dimension nouvelle, transcendante cette fois (25). »

      C’est en prenant au sérieux l’émergence de ces formations idéologico-politques paradoxales ou oxymoriques que l’historien Élie Barnavi a proposé d’aborder l’islamisme radical comme « la forme la plus nocive du fondamentalisme révolutionnaire (26) ». Dans les années 1980, le jihad mené en Afghanistan contre les Soviétiques a donné une figure « anti-impérialiste » aux islamistes radicaux, bénéficiant d’un supplément de sympathie en raison de leurs positions inséparablement propalestiniennes et « antisionistes ». La lutte contre l’Occident est pour les islamistes une guerre des cultures ou des civilisations, comme le reconnaissait en 1994 un dirigeant des Frères musulmans : « C’est un combat de cultures, pas une lutte entre les pays puissants et les pays démunis. Nous avons la certitude que la culture islamique triomphera (27). » Nous sommes loin du misérabilisme néo-gauchiste et de sa présentation compassionnelle du « musulman-victime ».

L’anti-impérialisme des nouveaux bien-pensants
 
      Au cours des années 1990, nombre d’intellectuels occidentaux « radicaux » assistèrent avec ravissement à l’expansion des diverses figures du fondamentalisme islamique sunnite, mouvement transnational imaginé comme « anti-impérialiste », radicalement « anticapitaliste » et surtout anti-occidental. Car, aux yeux des nouveaux intellectuels engagés, l’Occident est désormais chargé de tous les vices (racisme, impérialisme, capitalisme, colonialisme), et dénoncé comme la source de tous les malheurs du genre humain, y compris le terrorisme. Les nombreux essais du pape de l’anti-impérialisme, Noam Chomsky, fourmillent d’exemples de l’attribution causale du terrorisme islamiste aux États-Unis : « Ces attaques [du 11-Septembre] ne sont pas des conséquences de la politique américaine dans un sens direct. Mais indirectement, bien sûr qu’elles le sont, il n’y a pas là sujet à controverse (28). »

      Adepte de la religion du Palestinien-victime, Chomsky est conduit à considérer que, « parmi les victimes immédiates [des attaques du 11/9], on retrouve les Palestiniens qui subissent une occupation militaire  (29)» . Les Palestiniens, en vertu de leur statut mythique de victimes par excellence, sont ainsi mis à toutes les sauces victimaires. La propagande palestinienne entretient soigneusement la légende du Palestinien-victime. L’un des hauts dirigeants du Hamas, Ismaël Haniyeh, déclarait par exemple, le 3 février 2010, qu’Israël « doit nous reconnaître avant tout, reconnaître les droits du peuple palestinien, car nous sommes les victimes (30)» . D’autres « antisionistes » moins prudents que Chomsky n’hésitent pas à accuser les services secrets israéliens, avec l’aide de la CIA et l’aval de l’Administration américaine (en tout ou en partie), d’avoir organisé les attaques du 11/9 pour faire diversion après une année d’Intifada, et ainsi retourner l’opinion internationale contre le monde musulman en général, et, plus particulièrement, contre certains pays arabo-musulmans et tous les mouvements palestiniens de « libération », soit contre les ennemis d’Israël. La dénonciation du « complot sioniste » ou « américano-sioniste » s’est banalisée depuis le 11-Septembre.

      De la même manière, Chomsky prétend expliquer l’apparition d’Al-Qaida en mettant entre parenthèses l’idéologie jihadiste du réseau terroriste et son projet utopique d’islamisation du monde, et accuse les Occidentaux d’être à l’origine des « pratiques qui mènent à la colère, à la peur et au désespoir dans toutes ces régions, et qui fournissent un réservoir où des noyaux de terroristes islamistes puisent à l’occasion  (31)». C’est le schéma explicatif qui prévaut dans l’opinion dite de gauche : le terrorisme exprime la « révolte des désespérés », de sorte que les véritables coupables sont les « capitalistes » ou les « impérialistes » qui ont poussé « les peuples » au « désespoir ». Cette mythologie révolutionnaire, jouant sur un pathos misérabiliste, est reprise sans examen critique par nombre de journalistes et d’universitaires. Or, la thèse centrale qui la structure est sociologiquement et culturellement fausse : la plupart des chefs islamistes – qu’on pense à Ben Laden et à Zawahiri  sont issus des couches sociales supérieures de divers pays musulmans et leurs motivations sont d’abord théologico-religieuses, à savoir établir la charia ou restaurer le califat, et d’une façon générale réislamiser les sociétés musulmanes tout en pratiquant le jihad pour étendre le monde de l’islam, en effaçant partout où ils le peuvent les traces de l’occidentalisation, c’est-à-dire de la sécularisation.

Le jihad armé et le jihad « à pas feutrés »

      Certains stratèges islamistes, convaincus qu’il importait, pour réaliser leur programme d’une islamisation du monde, de prendre distance vis-à-vis des jihadistes radicaux d’Al-Qaida qui en étaient arrivés à cultiver le jihad pour le jihad (32), ont opté pour une tout autre voie, et, face à un Occident doutant de lui-même, ont choisi de remplacer la confrontation par la séduction, l’affrontement apocalyptique par des accommodements tactiques. Ils n’ont fait que s’inspirer d’un enseignement prônant le recours à la « ruse » dont on trouve diverses formulations dans la tradition musulmane, par exemple ce passage d’un opuscule de l’islamiste Muhammad ’Alî ’Abd al-Salâm Faraj, idéologue du groupe Al-Jihad (Tanzim al-Jihad : « Organisation du jihad ») :

« Dieu dit : “La guerre [qitâl] est ruse”… Les musulmans ont donc toute liberté de choisir le mode de combat qui conviendra à la ruse la plus efficace, afin d’assurer la victoire avec le minimum de pertes et par le moyen le plus simple (33). »

      Le conseil tactico-stratégique, impliquant la légitimité du recours au mensonge,  pouvait s’appliquer au renversement des « régimes infidèles » (les gouvernements pseudo-musulmans) non moins qu’à l’islamisation « douce » des sociétés occidentales. La voie du jihad furtif, ou « à pas feutrés », était ouverte (34). Des leaders islamistes ont ainsi choisi de se travestir en « démocrates » et en musulmans « éclairés » pour parvenir au pouvoir. Qu’en est-il par exemple de cette vitrine de la « tolérance islamique » qu’est la Turquie, nation désormais dirigée par un gouvernement islamiste dit « modéré », mais qui ne répugne pas à soutenir de diverses manières l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad  ? Recep Tayyip Erdogan, militant islamiste habile et ambitieux devenu Premier ministre de la Turquie le 11 mars 2003, avait cité publiquement en décembre 1997, lors d’un rassemblement dans la région de Siirt, un « poème » d’inspiration islamiste comportant cette affirmation dénuée d’ambiguité : « Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les dômes nos casques et les croyants nos soldats. » Pour avoir déclamé les vers de ce poème de l’islamo-nationaliste Ziya Gökalp dans un discours enflammé, d’inspiration jihadiste, Erdogan fut condamné à une peine de dix mois de prison pour « incitation à la haine religieuse ». Il purgea une peine de quatre mois de prison. Cette expérience l’a profondément marqué, au point de le conduire à redéfinir sa stratégie politique. Il va ainsi se présenter comme un « démocrate conservateur » ou un « démocrate musulman » (par analogie avec les « démocrates chrétiens »), en évitant de mettre en avant ses convictions islamistes et de récuser explicitement la laïcité de l’État, défendue par l’Armée. En attendant de réislamiser progressivement le pays-phare de la laïcité qu’était la Turquie de Mustafa Kemal. L’islamiste intransigeant s’est ainsi construit une image de défenseur de la liberté d’expression, de leader musulman « ouvert », partisan de l’intégration de la Turquie dans l’Europe. En 2003, après avoir recouvré ses droits civiques, Erdogan fut donc nommé Premier ministre. L’analogie est frappante entre la trajectoire politique d’Erdogan et la trajectoire culturelle de Tariq Ramadan : celles, respectivement, de deux militants islamistes ayant fait le choix, face à leurs ennemis, d’une stratégie de contournement des obstacles et de pénétration douce des systèmes sociaux et politiques. L’islamisme n’a pas nécessairement le visage criminel du terrorisme jihadiste. Il peut aussi se donner le visage trompeur du démocrate respectueux de la laïcité. Tel est le paradoxe incarné par tout « extrémiste modéré ». Dans le cas de l’islamisme, la « modération » n’est qu’une image trompeuse destinée à séduire les naïfs non moins qu’à désinformer l’adversaire ou l’ennemi. Un « islamiste modéré » ne saurait être modérément islamiste, sauf pour ceux qui lui font naïvement confiance.

Les nouveaux stratèges islamistes ont compris qu’ils pouvaient non seulement miser sur la naïveté bienveillante et l’angélisme des dirigeants des États démocratiques mais encore compter sur le soutien, direct ou indirect, des milieux occidentaux saisis par la haine de soi. Dans la perspective d’une alliance – n’excluant pas la conversion à l’islam , certains d’entre eux ont joué la carte du néo-tiers-mondisme, de l’« altermondialisme » plus ou moins écologisant, de l’action humanitaire/caritative ou de l’anticapitalisme (35), espaces idéologiques où la condamnation totale d’Israël et du « sionisme » va de soi. Mais tous se donnent le visage de « l’anti-impérialisme », à l’instar des dirigeants de la dictature iranienne. Pour l’Iran des ayatollahs, cette théocratie néo-totalitaire ou « islamofasciste » (36), les États-Unis restent le « Grand Satan », et le mégacomplot « impérialiste » contre l’islam demeure le grand « complot américano-sioniste ». Israël est ici clairement désigné comme « la tête de pont » du « Monde Oppresseur », c’est-à-dire de l’Occident judéo-chrétien, dans sa prétendue lutte à mort contre l’islam. Pour comprendre la signification de ce type de discours, il faut remonter à sa source doctrinale, c’est-à-dire à l’enseignement de l’ayatollah Ruhollah Khomeyni (37), lui-même fortement influencé par la doctrine jihadiste des Frères musulmans, avec lesquels il avait tissé des liens dès 1937 (38). Khomeyni, en 1942, affirmait sans ambages que l’islam n’était pas une religion de pacifiste et en soulignait l’orientation jihadiste :

« L’Islam veut conquérir le monde entier. […] Ceux qui ne connaissent rien à l’Islam prétendent que l’Islam désapprouve la guerre. Ceux qui disent cela sont sans cervelle. L’Islam dit : tuez les incroyants […]. L’Islam dit : le bien n’existe que grâce à l’épée et dans l’ombre de l’épée (39) ! »

      Après la Révolution islamique en Iran, Khomeyni prononce un discours à l’école théologique de Feyzigeh, le 24 août 1979, où il réaffirme sa thèse : « L’Islam a grandi dans le sang. […] Le grand prophète de l’Islam tenait dans une main le Coran et dans l’autre l’épée (40). » Quant au Hamas, dont on n’oubliera pas qu’il fut créé comme « la branche palestinienne des Frères musulmans », ses dirigeants sont restés fidèles à l’héritage jihadiste laissé par Hassan al-Banna, qui posait que « l’Islam est à la fois […] le Livre et le sabre (41) », et qui rappelait volontiers aux Frères musulmans leur slogan emblématique : « Le martyre dans le chemin d’Allah est notre plus grand espoir (42). » Dans un texte datant de 1943, Hassan al-Banna définissait le jihad comme un combat global :

« Le premier degré de la guerre sainte [jihad] consiste à expulser le mal de son propre cœur ; le degré le plus élevé, c’est la lutte armée pour la cause de Dieu. Les degrés intermédiaires sont le combat par la parole, par la plume, par la main et par la parole de vérité que l’on adresse aux autorités injustes. Notre mouvement d’apostolat ne peut vivre que par le combat. […] “Menez combat pour Dieu comme il le mérite” (Coran, XXII, 78). Par cela tu sauras le sens de la devise que tu dois toujours garder : “La guerre sainte est notre voie” (43). »

      C’est un tel ennemi, armé d’une cuirasse doctrinale fabriquée avec du religieux politisé, mis au service d’une vision belliciste et expansionniste, que les démocraties  occidentales ou non , qui rêvent de n’avoir plus d’ennemis, ont désormais face à elles.

      Mais cet ennemi est aussi déjà dans la place. Divers signes le rendent socialement visible, à commencer par le port de la burqa ou du niqab, uniformes islamistes marquant, outre l’appartenance à une forme radicale de l’islam politique, une volonté d’auto-ségrégation et une attitude hostile vis-à-vis des sociétés d’accueil qui ne sont pas situées en « terre d’islam ». Depuis la fin des années 1980, nombre de leaders islamistes ont compris qu’ils pouvaient s’adonner plus librement à leurs activités d’endoctrinement et de propagande dans les pays démocratiques européens garantissant les libertés publiques que dans la plupart des pays musulmans, où sévissent des régimes autoritaires. Leur objectif est de tabler sur la tolérance dont font preuve les démocraties libérales/pluralistes pour y pratiquer ce que Youssouf al-Qaradhawi – prédicateur islamiste réputé « modéré » , l’autorité suprême des Frères musulmans et plus largement, depuis le début des années 1990, du « Mouvement islamique » en Europe, appelle l’« ouverture sans fusion (44) ». Telle est la stratégie culturelle islamiste qui s’ajoute au terrorisme jihadiste : une stratégie d’inclusion différentialiste dans les sociétés démocratiques « molles », dont les élites ont plus ou moins intériorisé l’idéal multiculturaliste (en réalité, multicommunautariste), version juridico-politique attrayante du relativisme culturel (dont on trouve un écho dans le culte politico-médiatique de « la diversité  (45)»), ainsi que la version idéologisée de l’antiracisme centrée sur la dénonciation de « l’islamophobie ». Il leur devient dès lors difficile de ne pas céder aux intimidations de ceux qui utilisent cyniquement l’arme dissuasive par excellence, l’accusation d’« islamophobie », pour interdire toute critique de l’islam politique et de son expansionnisme. Assurés d’être protégés contre la critique, les stratèges culturels islamistes espèrent ainsi pouvoir réaliser leur projet d’une islamisation en douceur de l’Europe, étape par étape.

      Défendre la liberté, c’est aujourd’hui combattre par tous les moyens le camp islamo-révolutionnaire, au Proche-Orient comme en Europe, en Asie comme en Afrique. Contre les talibans et d’autres groupes islamo-terroristes en Afghanistan et au Pakistan, contre Al-Qaida et ses « succursales » partout dans le monde (de l’Algérie au Yémen, de la Grande-Bretagne à l’Irak), contre la dictature islamiste à l’iranienne et le Hezbollah libanais, contre le régime génocidaire de Omar Hassan al-Bashir au Soudan, contre les milices islamiques en Somalie et au Nigeria, contre les Frères musulmans en Égypte ou contre le Hamas et le Jihad islamique palestinien dans la bande de Gaza, le combat est le même. Mais le front du combat armé ne doit pas faire oublier celui du combat feutré, conduit par des prédicateurs de charme à visage démocratique. La guerre menée par les moujahidines au moyen de  méthodes terroristes va dans le même sens que la guerre culturelle menée par des idéologues islamistes spécialisés dans l’agitation et la séduction médiatiques.    

Reconnaître l’ennemi : la nouvelle grande peur de l’Homo democraticus

      D’une façon étrange, une telle vision polémologique, fondée sur des vérités de fait, semble gêner, voire choquer, nombre d’esprits occidentaux pourtant attachés à la défense des libertés démocratiques, dans le monde intellectuel comme dans le monde politique. Pour expliquer ces réticences, on peut avancer l’hypothèse que les dirigeants politiques des sociétés ouvertes et pluralistes, comme nombre d’experts qui les conseillent, ont pour la plupart intériorisé l’un des dogmes de l’idéologie pacifiste : ils pensent que ce sont eux qui désignent l’ennemi, et, comme ils ne veulent pas d’ennemis, ils croient pouvoir conclure qu’ils n’ont pas d’ennemis. Ils sont ainsi conduits à ne voir dans les attaques terroristes que des actes de « désespoir » et à tout attendre des milieux islamistes qu’ils perçoivent comme « modérés » (dont Tariq Ramadan est le symbole même). C’est là commettre une erreur fondamentale dans l’analyse géopolitique, et risquer de se laisser conduire par une illusion dangereuse, située au principe de la « lutte aveugle » contre l’islamo-terrorisme (46). Car le nouvel ennemi ne se définit pas par son « désespoir » né de l’« injustice », ni par son ignorance à laquelle on pourrait remédier par un « dialogue constructif » mené grâce à des médiateurs supposés « modérés », mais par son système de croyances fortes, excluant tout compromis. Les islamistes radicaux se caractérisent avant tout par leur idéologie, dont la clef de voûte est le jihad. Il ne s’agit pas pour eux de discuter avec les incarnations du Mal, bien que certains d’entre eux puissent faire semblant d’opter pour la discussion et d’accepter le principe des « accommodements raisonnables » (telle est, par exemple, l’illusion aveuglante des bonnes âmes en quête de talibans « raisonnables » en Afghanistan). La guerre « purificatrice » est le dernier mot des islamistes partisan du jihad généralisé. Or, la condition première de la paix n’est autre que la possibilité d’un compromis. Mais c’est précisément la voie du compromis que refusent par principe les jihadistes.

      Nous devons donc commencer par vaincre en nous-mêmes ce que le psychanalyste Ernest Jones appelait l’« incapacité spécifique à affronter, et parfois même à reconnaître, un ennemi », l’ennemi étant défini comme un sujet collectif « dont les actes et les intérêts vont dans une direction diamétralement opposée à la nôtre, si bien que le seul rapport émotionnel qu’on aura avec lui sera une attitude d’opposition totale (47) ». Le vrai danger qu’implique cette impuissance à reconnaître l’ennemi comme tel, c’est qu’elle peut conduire le sujet à se rapprocher de l’ennemi, désirer s’allier avec lui, voire à s’identifier à lui à divers degrés et selon divers modes – jusqu’au ralliement et à la conversion -, c’est-à-dire à prendre ses rêves pour la réalité géopolitique. Mais l’Histoire n’est pas faite par les rêveurs qui avancent en aveugles, avec pour seuls guides leurs louables intentions. Car, malgré nos bons sentiments, l’ennemi reste intransigeant. Il n’aperçoit dans la main qu’on lui tend qu’une marque de faiblesse ou un aveu d’impuissance.

      La voie d’un retour au réel en la matière a été clairement indiquée par le penseur politique Julien Freund lors de sa soutenance de thèse en 1965, dans sa réponse aux objections d’inspiration pacifiste formulées par le philosophe Jean Hyppolite :
« Vous pensez que c’est vous qui désignez l’ennemi, comme tous les pacifistes. Du moment que nous ne voulons pas d’ennemis, nous n’en aurons pas, raisonnez-vous. Or, c’est l’ennemi qui vous désigne. Et s’il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d’amitié. Du moment qu’il veut que vous soyez l’ennemi, vous l’êtes. Et il vous empêchera même de cultiver votre jardin (48). »

      La figure de l’ennemi ne s’est nullement dissoute dans la globalisation. L’accélération des interactions et des interdépendances planétaires risque bien plutôt de multiplier les ennemis dans le système mondial en devenir. En se globalisant, la judéophobie a fait de nouveaux adeptes (49). Et le pacifisme n’est qu’une contrefaçon de la volonté de paix. Faire magiquement disparaître l’ennemi n’ouvre pas la voie à la paix. Ayons à l’esprit le principe énoncé par le polémologue Gaston Bouthoul : « Si tu veux la paix, connais la guerre (50). » Ce qui implique de reconnaître la réalité de l’inimitié et du conflit. L’Occident n’a pas cessé de souffrir d’une « absence de volonté de savoir, d’une tendance très nette à toujours préférer voir ce qui plaît, à sacrifier la difficulté au confort », comme le notait Soljenitsyne en 1973 (51) . Les sociétés démocratiques ne sont pas invulnérables, et elles sont menacées, de l’intérieur comme de l’extérieur. La peur de reconnaître la réalité des menaces pesant sur les libertés est le premier moment de la défaite. Cette forme particulière de lâcheté intellectuelle est favorisée par le règne de l’individualisme hédoniste,  suggérant que l’horizon indépassable de l’époque est l’échange et la consommation de marchandises. Mais on ne saurait défendre l’existence même d’une société ouverte sans commencer par reconnaître qu’elle a des ennemis. C’est là le premier pas sur la voie de la paix véritable. Cette voie que le pacifisme utopiste et sentimental empêche d’apercevoir.

 Pierre-André Taguieff

Notes


1 Dernier ouvrage paru : La Nouvelle Propagande antijuive. Du symbole al-Dura aux rumeurs de Gaza, Paris, PUF, 2010, 551 p. Le présent article reprend certains passages de cet ouvrage.   
2 Pierre-André Taguieff, La Nouvelle Judéophobie, Mille et une nuits, 2002, 234 p., et Prêcheurs de haine, Mille et une nuits, 2004, 967 p. (34 euros).
3 Daniel Pipes, L’Islam radical. À la conquête du monde, tr. fr. Alain Jean-Mairet et Guy Millière, préface de Guy Millière, Turquant, Éditions Cheminements, 2008, p. 92-93.
4 P.-A. Taguieff, L’Illusion populiste. Essai sur les démagogies de l’âge démocratique [2002], nouvelle édition refondue, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2007, p. 9-41, 67-91.
5 Voir Eric Voegelin, Les Religions politiques [1938], tr. fr. Jacob Schmutz, Paris, Les Éditions du Cerf, 1994 ; Id., La Nouvelle Science du politique. Une introduction [1952], tr. fr. Sylvie Courtine-Denamy, Paris, Le Seuil, 2000, p. 160-258 ; Id., « La religion des modernes. Les mouvements gnostiques de notre temps » [1960], tr. fr. Françoise Manent, Commentaire, n° 41, printemps 1988, p. 318-327 ; Raymond Aron, « L’avenir des religions séculières », La France libre, juillet et août 1944 ; repris dans L’Âge des empires et l’avenir de la France, Paris, 1945, p. 287-318 (puis dans Commentaire, n° 28-29, février 1985, p. 369-383) ; Voir aussi Jean-Pierre Sironneau, Sécularisation et religions politiques, préface de Julien Freund, Paris-La Haye, Mouton, 1982 ; Philippe Burrin, « Political Religion: The Relevance of a Concept », History & Memory, vol. 9, n° 1-2, 1997, p. 321-349 ; Emilio Gentile, Les Religions de la politique. Entre démocraties et totalitarismes [2001], tr. fr. Anna Colao, Paris, Le Seuil, 2005 ; Michael Burleigh, Sacred Causes: Religion and Politics from the European Dictators to Al Qaeda, Londres, HarperPress, 2006, en partic. p. 38-122.
6 Sur les problèmes posés par ces catégorisations, qui n’échappent pas elles-mêmes aux instrumentalisations politiques, voir P.-A. Taguieff, préface à Matthias Küntzel, Jihad et haine des Juifs. Le lien troublant entre islamisme et nazisme à la racine du terrorisme international [2007], tr. fr. Cécile Brahy, Paris, Éditions de l’Œuvre, 2009  p. 7-37.
7 Hassan al-Banna, cité par Richard P. Mitchell, The Society of the Muslim Brothers [1969], New York et Oxford, Oxford University Press, 1993, p. 14. 
8 Ibid., p. 232-233.
9 Voir par exemple John L. Esposito, The Islamic Threat: Myth or Reality?, New York, Oxford University Press, 1992 ; et la critique de cet ouvrage par Daniel Pipes dans le Wall Street Journal, 30 octobre 1992, http://www.danielpipes.org/882/the-islamic-threat-myth-or-reality. Sur la minimisation de la menace islamiste par certains experts de langue française, voir P.-A. Taguieff, préface à Matthias Küntzel, Jihad et haine des Juifs, op. cit.,  p. 13-18.
10 L’expression a été forgée par Rachid Boudjedra, auteur d’un essai sans complaisance sur l’horreur islamiste en Algérie, FIS de la haine (Paris, Denoël, 1992).
11 Amir Jahanchahi, Vaincre le IIIe totalitarisme, Paris, Ramsay, 2001.
12 Pour des tentatives récentes de conceptualisation, voir notamment Alexandre Del Valle, Le Totalitarisme islamiste à l’assaut des démocraties, préface de Rachid Kaci, Paris, Éditions des Syrtes, 2002 ; Pierre Clermont, De Lénine à Ben Laden. La grande révolte antimoderniste du XXe siècle, Monaco, Éditions du Rocher, 2004 ; Stéphane Courtois, « Islamisme révolutionnaire et totalitarisme au XXe siècle », in Pierre Rigoulot et Michel Taubmann (dir.), Irak An I, Monaco, Éditions du Rocher, 2004, p. 111-130 ; P.-A. Taguieff, Prêcheurs de haine. Traversée de la judéophobie planétaire, Paris, Mille et une nuits, 2004, p. 411-434, 586-612 ; id., Les Contre-Réactionnaires. Le progressisme entre illusion et imposture, Paris, Denoël, 2007, p. 404-408 ; Antoine Basbous, « Le radicalisme du monde islamique : vers un nouveau totalitarisme ? », in Stéphane Courtois (dir.), Le Jour se lève. L’héritage du totalitarisme en Europe 1953-2005, Monaco, Éditions du Rocher, 2006, p. 427-444 ; Élie Barnavi, Les Religions meurtrières, Paris, Flammarion, 2006 ; Mohamed Sifaoui, Pourquoi l’islamisme séduit-il ?, Paris, Armand Colin, 2010, p. 111-132.
13 Voir surtout Norman Podhoretz, World War IV: The Long Struggle Against Islamofascism, New York, Doubleday Books, 2007 ; Brigitte Gabriel, They Must Be Stopped: Why We Must Defeat Radical Islam and How We Can Do It [2008], New York, St. Martin’s Griffin, 2010, p. 18, 106 sq., 224-238. Voir aussi le pamphlet de Craig Read, Fascism and Paganism: A Brief Comparison of Nazism, Communism and Islam, s.l., Xlibris Corporation, 2006.
14 Cité par Olivier Carré et Gérard Michaud [Michel Seurat], Les Frères musulmans. Égypte et Syrie (1928-1982), Paris, Gallimard/Julliard, 1983, p. 26.
15 Cité d’après Stephen Schwartz, The Two Faces of Islam: The House of Sa’ud from Tradition to Terror, New York, Doubleday, 2002, p. 132.
16 Sur les conceptions du jihad chez Mawdoudi, Hassan al-Banna et Qutb, voir Richard Bonney, Jihad: From Qur’an to bin Laden, foreword by Sheikh Dr Zaki Badawi, Houndmills (UK) et New York, Palgrave Macmillan, 2004, p. 199-223.
17 Voir la somme publiée par Andrew G. Bostom (ed.), The Legacy of Islamic Antisemitism: From Sacred Texts to Solemn History, foreword by Ibn Warraq, Amherst, New York, Prometheus Books, 2008 ; ainsi que Robert S. Wistrich, Antisemitism: The Longest Hatred, Londres, Thames Methuen, 1991, p. 195-267 ; id., Muslim Anti-Semitism: A Clear and Present Danger, New York, The American Jewish Committee, 2002 ; id., A Lethal Obsession : Anti-Semitism from Antiquity to the Global Jihad, New York, Random House, 2010, p. 662-927. 
18 Voir Maurice Pearlman, Mufti of Jerusalem: The Story of Haj Amin el Husseini, Londres, Victor Gollancz, 1947 ; Walter Z. Laqueur, Nasser’s Egypt, Londres, Weidenfeld and Nicolson, 1956 ; Roger Faligot, Rémi Kauffer, Le Croissant et la croix gammée. Les secrets de l’alliance entre l’Islam et le nazisme d’Hitler à nos jours, Paris, Albin Michel, 1990 ; Stefano Fabei, Le Faisceau, la croix gammée et le croissant [2002], tr. fr. Hans Moretus, préface par Angelo Del Boca, Saint-Genis-Laval, Akribeia, 2006 ; Jennie Lebel, The Mufti of Jerusalem: Haj-Amin el-Husseini and National-Socialism, tr. angl. Paul Münch, Belgrade, Chigoja stampa, 2007; Martin Cüppers, Klaus-Michael Mallmann, Croissant fertile et croix gammée. Le Troisième Reich, les Arabes et la Palestine [2006], tr. fr. Barbara Fontaine, Lagrasse, Éditions Verdier, 2009 ; Matthias Küntzel, Jihad et haine des Juifs, op. cit. ; Nazi Propaganda for the Arab World, New Haven et Londres, Yale University Press, 2009.
19 Cité par Ze’ev Schiff and Ehud Ya’ari, Intifada: The Palestinian Uprising - Israel’s Third Front [1989], edited and translated by Ina Friedman, New York et Londres, Simon & Schuster, 1990, p. 235.
20 Sur certains aspects de la question, et dans une perspective critique, voir Olivier Moos, « Du minaret à la “question musulmane” : la nouvelle critique de l’islam », in Patrick Haenni et Stéphane Lathion (dir.), Les Minarets de la discorde. Éclairages sur un débat suisse et européen, CH-Gollion, Infolio éditions, 2009, p. 93-101. Cet historien voit dans le nouvel antitotalitarisme qu’est l’anti-islamisme l’apparition d’un « néo-orientalisme » à travers lequel les Occidentaux tenteraient de se penser par opposition à leur nouvel « autre ». Ce type d’approche présuppose que la menace islamiste est imaginaire, thèse qui nous paraît empiriquement non fondée et politiquement dangereuse, car émolliente.
21 La formule est de Jacques Julliard. Voir Jacques Julliard et Michel Winock (dir.), Dictionnaire des intellectuels français. Les personnes. Les lieux. Les moments, Paris, Le Seuil, 1996.
22 Carlos, cité par Le Monde, 26 octobre 2001, p. 35.
23 « Entretien avec Ilich Ramírez Sánchez, dit Carlos », Résistance ! (« Bimestriel des Résistants au Nouvel Ordre Mondial et à la Pensée Unique »), n° 16, février-mars 2002, p. 3. La revue Résistance ! était alors dirigée par le « nationaliste révolutionnaire » Christian Bouchet, secrétaire général d’Unité Radicale, qui se proposait de « constituer un front uni » pour « lutter contre les ennemis communs : l’impérialisme yankee et le sionisme ». Cette organisation d’extrême droite « antimondialiste » a été dissoute après l’attentat commis le 14 juillet 2002 par l’un de ses membres, Maxime Brunerie, dont l’objectif était d’éliminer le président Jacques Chirac.
24 « Entretien avec Ilich Ramírez Sánchez, dit Carlos », art. cit., p. 3. Dans un entretien publié le 21 octobre 2001 par le quotidien vénézuélien El Universal (Le Monde , 26 octobre 2001, p. 35), Carlos apportait clairement son soutien à Ben Laden (voir P.-A. Taguieff, La Nouvelle Judéophobie, Paris, Mille et une nuits, 2002, p. 71-72), ou, plus exactement, le réaffirmait, car, dès l’automne de 1998, il s’était publiquement reconnu dans le jihad lancé par Al-Qaida. Pour des confidences et des théorisations plus détaillées, voir Ilich Ramírez Sánchez dit Carlos, L’Islam révolutionnaire, textes et propos recueillis, rassemblés et présentés par Jean-Michel Vernochet, Monaco, Éditions du Rocher, 2003. Pour une première analyse de cette configuration idéologique émergente, disons islamo-communiste, voir Yolène Dilas-Rocherieux, « Communisme, révolution, islamisme, le credo de Ilich Ramírez Sánchez », Le Débat, n° 128, janvier-février 2004, p. 141-146.
25 Ilich Ramírez Sánchez dit Carlos, L’Islam révolutionnaire, op. cit., p. 37-39.
26 Voir Élie Barnavi, Les Religions meurtrières, op. cit., p. 79 sq.
27Ash Sha’b, 27 septembre 1994 ; cité par Daniel Pipes, L’Islam radical, op. cit., p. 101.
28 Noam Chomsky, 11/9. Autopsie des terrorismes. Entretiens [2001], tr. fr. Hélène Morita et Isabelle Genet, Paris, Le Serpent à Plumes, 2001, p. 99.
29 Ibid., p. 93.
30Guysen.International.News, 5 février 2010.
31 Noam Chomsky, 11/9, op. cit., p. 94.
32 Voir Jean-Pierre Filiu, Les Neuf Vies d’Al-Qaida, Paris, Fayard, 2009, p. 255.
33 Muhammad ’Alî ’Abd al-Salâm Faraj, L’Obligation absente (en arabe), in Al-Ahrar, Le Caire, 14 décembre 1981, p. 5 ; cité par Olivier Carré, L’Utopie islamique dans l’Orient arabe, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1991, p. 188-189. « L’obligation absente » ou « manquante », ou encore « l’impératif occulté », n’est autre que le jihad, présenté par Faraj comme une obligation personnelle impérative. Faraj, accusé d’avoir été le cerveau de l’attentat contre Sadate (6 octobre 1981) et du « complot khomeyniste » au Caire et à Assiout, a été pendu le 15 avril 1982, après sa condamnation à mort prononcée le 16 mars. Voir Olivier Carré, Mystique et politique. Lecture révolutionnaire du Coran par Sayyid Qutb, Frère musulman radical, Paris, Éditions du Cerf et Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1984, p. 16, 21 ; Gilles Kepel, Le Prophète et Pharaon. Les mouvements islamistes dans l’Égypte contemporaine, Paris, La Découverte, 1984, p. 184-185 ; id., Jihad. Expansion et déclin de l’islamisme, Paris, Gallimard, 2000 , puis coll. « Folio/actuel », 2001, p. 122-124, 339.
34 Pour les États-Unis, voir Daniel Pipes, Militant Islam Reaches America, New York et Londres, W. W. Norton & Company, 2002 ; David Horowitz, Unholy Alliance: Radical Islam and the American Left, Washington, DC, Regnery Publishing, Inc., 2004 ; Robert Spencer, Stealth Jihad: How Radical Islam Is Subverting America without Guns or Bombs, Washington, DC, Regnery Publishing, 2008. Pour l’Europe, voir Paul Landau, Paul Landau, Le Sabre et le Coran. Tariq Ramadan et les Frères musulmans à la conquête de l’Europe, Monaco, Éditions du Rocher, 2005 ; Bat Ye’or, Eurabia. L’axe euro-arabe, Paris, Seld/Jean-Cyrille Godefroy, 2006  ; Michael Burleigh, Sacred Causes, op. cit., p. 467 sq. Voir aussi Abdel-Rahman Ghandour, Jihad humanitaire. Enquête sur les ONG islamiques, Paris, Flammarion, 2002.
35 L’islamiste médiatique Tariq Ramadan a théorisé cette stratégie culturelle. Voir notamment Alain Gresh, Tariq Ramadan, L’Islam en questions. Débat animé et présenté par Françoise Germain-Robin, Arles, Actes Sud, 2000 ; Tariq Ramadan, Dãr ash-shahãda. L’Occident, espace du témoignage, Lyon, Tawhid, 2002 ; id., Être musulman européen. Étude des sources islamiques à la lumière du contexte européen, tr. fr. Claude Dabbak, Lyon, Tawhid, 1999 ; id., Musulmans d’Occident. Construire et contribuer, Lyon, Tawhid, 2002. Sur cette stratégie, voir P.-A. Taguieff, Prêcheurs de haine, op. cit., p. 890-936 ; Mohamed Sifaoui, Pourquoi l’islamisme séduit-il ?, op. cit., p. 133-141, 207 sq.
36 Voir Norman Podhoretz, World War IV: The Long Struggle Against Islamofascism, op. cit.
37 Pour une mise en perspective historique, voir Amir Taheri, The Persian Night: Iran under the Khomeinist Revolution, New York et Londres, Encounter Books, 2009 ; Matthias Küntzel, Die Deutschen und der Iran. Geschichte und Gegenwart einer verhängnisvollen Freundschaft, Berlin, Wjs Verlag, 2009.  
38 Amir Taheri, Khomeiny [1985], tr. fr. Jacqueline Carnaud et Jacqueline Lahana, Paris, Balland 1985, p. 97-98 ; Matthias Küntzel, Jihad et haine des Juifs, op. cit., p. 96-97 ; id., Die Deutschen und der Iran, op. cit., p. 102. À la suite de Taheri (Khomeiny, op. cit., p. 98-99), qui souligne le fait qu’à partir de 1938 Khomeyni « participait à l’adulation générale envers Hitler » (surnommé alors avec déférence et admiration, dans le monde musulman au Moyen-Orient, « Haj Guillaume » ou « Abou Ali »), Küntzel précise qu’à cette époque, Khomeyni écoutait régulièrement les émissions nazies en langue farsi de la radio de Zeesen (village situé au sud de Berlin), qui seront supervisées par Haj Amin al-Husseini entre 1942 et 1945 (Jihad et haine des Juifs, op. cit., p. 73, 97). Voir aussi Roger Faligot, Rémi Kauffer, Le Croissant et la croix gammée, op. cit., p. 44 ; Stefano Fabei, Le Faisceau, la croix gammée et le croissant, op. cit., p. 154.
39 Ayatollah Ruhollah Khomeyni, passage cité par Gérard Chaliand et Arnaud Blin (dir.), Histoire du terrorisme. De l’Antiquité à Al-Qaida, Paris, Bayard, 2004, p. 567.
40 Ibid., p. 574.
41 Hassan al-Banna, « De la doctrine des Frères musulmans », texte datant des années 1940, cité par Gérard Chaliand et Arnaud Blin (dir.), Histoire du terrorisme, op. cit., p. 565. Voir aussi Richard P. Mitchell, The Society of the Muslim Brothers, op. cit., p. 233. « Coran et épée », traduit Tariq Ramadan dans son ouvrage apologétique sur la doctrine de son grand-père (Aux sources du renouveau musulman. D’al-Afghânî à Hassan al-Bannâ, un siècle de réformisme islamique, préface d’Alain Gresh, Paris, Bayard Éditions/Centurion, 1998, p. 247).
42 Hassan al-Banna, « The Message of the Teachings », in Sayyid Qutb, Milestones, edited by A. B. al-Mehri, Birmingham (UK), Maktabah Booksellers and Publishers, 2006, p. 251.
43 Hassan al-Banna, « Lettre des enseignements (1943), in Olivier Carré et Gérard Michaud, Les Frères musulmans, op. cit., p. 44 ; Abd Al-Fattah Muhammad El-Awasi, The Muslim Brothers and the Palestine Question 1928-1947, Londres et New York, Tauris Academic Studies, 1998, p. 11.
44 Voir Sylvain Besson, La Conquête de l’Occident. Le projet secret des islamistes, Paris, Le Seuil, 2005, p. 83 ; Richard Bonney, Jihâd, op. cit., p. 407-410.
45 Sur le multiculturalisme comme perversion du pluralisme, « cheval de Troie » de l’islamisme et mode d’autodestruction de la société libérale/pluraliste, voir Giovanni Sartori, Pluralisme, multiculturalisme et étrangers [2000], tr. fr. Julien Gayrard, Paris, Éditions des Syrtes, 2003 ; P.-A. Taguieff, La République enlisée. Pluralisme, « communautarisme » et citoyenneté, Paris, Éditions des Syrtes, 2005, p. 11-106 ; id., La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial, Paris, Odile Jacob, 2008, p. 30-33 ; Alain Laurent, La Société ouverte et ses nouveaux ennemis, Paris, Les Belles Lettres, 2008, p. 203 sq.
46 Matthias Küntzel, Jihad et haine des Juifs, op. cit., p. 217-219.
47 Voir Ernest Jones, « The Psychology of Quislingism » (1951), in E. Jones, Essays in Applied Psychoanalysis, Londres, The Hogarth Press, 1951, vol. I, p. 276-283.
48 Julien Freund, L’Aventure du politique. Entretiens avec Charles Blanchet, Paris, Critérion, 1991, p. 45. Voir P.-A. Taguieff, Julien Freund. Au cœur du politique, Paris, La Table Ronde, 2008, p. 12 sq., 99 sq. La discussion avec Jean Hyppolite eut lieu au cours de la soutenance de thèse de Julien Freund, le 26 juin 1965, à la Sorbonne. Raymond Aron était le directeur de cette thèse consacrée à « l’essence du politique », qui parut sous ce titre, peu après la soutenance, aux éditions Sirey.
49 Voir Robert S. Wistrich, A Lethal Obsession : Anti-Semitism from Antiquity to the Global Jihad, New York, Random House, 2010, p. 600-630.
50 Gaston Bouthoul, Traité de polémologie, Paris, Payot, 1970.
51 Alexandre Soljenitsyne, « Paix et violence, l’hypocrisie de l’Occident », Contrepoint, n° 12, novembre 1973, p. 16.


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1. 28/06/2010 11:39 - TitOeuf

TitOeufAssez complet, donc bravo !!!
Sauf qu'il manque malheureusement l'essentiel : à savoir qui paie tout cela, qui finance la machine infernale de "conquête du monde entier" entreprise par tous ces joyeux drilles enturbannés ?
Et étrangement on trouve à chaque fois, et je dis bien à chaque fois, les...........USA.
- En 1992 : Alija Izetbegovic, ex-président Bosniaque, écrit la phrase suivante : "Il n'y a pas de paix, ni de coexistence entre la religion Islamique et les institutions sociales et politiques non-islamiques" (sic). Et les Américains le financeront de A à Z ;
-En 1995 : Création du Kosovo, Islam, Idem, financement par les USA en totalité ;
-Depuis 1945 : Arabie Saoudite, le Wahabisme fondamentaliste, financé et armé par les USA ;
-En 2003 : Bagdad l'Abbasside est vidée de tous ses laïcs du parti Baas, pour être remplacés par des Chiites d'Islam, toujours financés et armés par les USA.
Cherchez l'erreur.....
Finalement, les USA aiment bien les ennemis qu'ils érigent eux-mêmes en affreux épouvantail, pour pleinement justifier leur pôle position impériale de par la planète entière.

2. 28/06/2010 11:54 - Champiennes

ChampiennesJe signe des deux mains ce que vient d'écrire Titoeuf, et je prends le pari que l'auteur de l'article ne répondra pas.

3. 28/06/2010 13:06 - Pasiphaë

PasiphaëOh !Titoeuf vous êtes américainphobe! C'est pas bien ça! « Le déclin de l’hégémonie américaine »: tel est le titre du dernier ouvrage, très important, de Karen Brutenz.

4. 28/06/2010 13:08 - Lucie

Lucie@ Titoeuf et champiennes
Et bien voilà... Alors ainsi, si c'est la faute des Etats-Unis, mmmmh, c'est que les islamistes sont de pauvres dominés, rouages de l'impérialisme. On y revient toujours!
Comment s'appelle en prestidigitation ce type de diversion bien usé, mais toujours efficace, je vois.

5. 28/06/2010 13:28 - TitOeuf

TitOeuf@ Pasiphaë
Je ne suis aucunement "américainphobe", et même loin de là.
Je suis juste contre les excès d'impérialisme en tout genre, et ce quel qu'il soit.
Je me suis longtemps intéressé à la thèse centrale de Fouad Ajami, professeur de l'Université John Hopkins, "The Falseness of Anti-Americanism" - Editions Foreign Policy - sept-oct 2003", dans laquelle il développe l'idée que la haine vis-à-vis de l'amérique est viscéralement la haine très classiquement observée dans toute compétition qu'elle quelle soit, de ceux qui, d'une part, envient fatalement tout "premier/leader", mais, d'autre part, aussi, et donc très essentiellement, sont irrités par la capacité que ce "premier/leader" a toujours eu d'imprimer lui-même ses propres billets de "banque mondiale" et de s'offrir en conséquence tout ce qu'il veut, en faussant bien entendu par le fait, la compétition dont il s'agit.
A l'en croire, la politique Américaine n'aurait donc aucun rapport avec la façon dont on considère les USA dans le monde et la sympathie affichée par les pays d'Europe après le 11 septembre n'aurait été qu'une pure hypocrisie bien passagère.
Cette haine congénitale, et mondiale, vis-à-vis de l'Amérique a beaucoup plus à voir avec un rapport au succès, à la richesse et à une certaine "illusion de modernité" (aux USA seules 10% des femmes détiennent in fine le pouvoir économique réel, et à peine 5% le pouvoir politique réel), qui forcent tous les autres pays à adapter leurs propres systèmes, mais en maintenant la concurrence "non libre et totalement faussée", et ce dès le départ de la compétition.

6. 28/06/2010 13:40 - TitOeuf

TitOeuf@ Lucie
Je n'ai jamais dit qu'ils étaient "dominés" (tout le monde est dominé un jour ou l'autre dans le monde entier, cela n'a donc rien à voir).
J'ai juste dit qu'ils étaient tous "financés" par le même actionnaire principal.
C'est pas du tout pareil.
Est-ce que vous comprenez la différence ?

7. 28/06/2010 13:59 - Lucie

Lucie@ Titoeuf
Oui, je comprends . Mais, c'est une information qui tient souvent lieu d'argument pour ne jamais voir plus loin, une information comme un point final qui dit FIN: circulez y à rien à voir! ( Et rien à faire)
Dans le passé, j'ai circulé souvent.
Ici, on peut prendre le débat autrement, j'espère, et stationner un peu.

8. 28/06/2010 14:17 - TitOeuf

TitOeufAllah bonne heure Lucie.
Il suffirait donc juste de demander à l'actionnaire principal de la cause du phénomène dont il s'agit, et objet de l'article ci-dessus, de cesser purement et simplement tout ses financements.
Car on peut toujours "prêcher" seul ou à plusieurs dans le désert pendant des décennies, mais sans argent et sans armes, on fait rarement quoi que ce soit de constructif, dans le destructif, ou pas grand chose du moins.
Mais je ne suis pas certain pour tout vous avouer, qu'il veuille vraiment les cesser, ses financements.

9. 28/06/2010 14:34 - Fridge Rider

Fridge Rider@ Titoeuf
Et l'Iran, le Yemen, la Somalie, le Soudan, pour les plus cool. Financés aussi par l'Oncle Sam ?
Sauf que le papier au dessus traite de comment nommer l'ennemi. Visiblement, vous avez un problème parce qu'à chaque fois vous nous remettez les USA dans les pattes. Ici, il est surtout question de ceux qui veulent détruire la civilisation occidentale, et d'ailleurs toute civilisation qui n'est pas la leur. Ceux qui vivent dans un autre monde, une autre temporalité, pour qui un non musulman est un sous-homme bon pour l'abattoir. Pour qui le juif est à exterminer à jamais.

"Finalement, les USA aiment bien les ennemis qu'ils érigent eux-mêmes en affreux épouvantail, pour pleinement justifier leur pôle position impériale de par la planète entière. "

Dites plutôt que les américains ont fait comme tout le monde en n'imaginant pas une seule seconde la vraie nature de la menace. Apparemment, certains ne l'ont pas encore perçue à sa juste mesure.

10. 28/06/2010 14:56 - TitOeuf

TitOeuf@ Fridge Rider,
"En n'imaginant pas une seule seconde la vraie nature de la menace" dites-vous cher Fridge.
Je vous invite donc à lire ou relire si ce n'est déjà fait les écrits de Kathy Gannon de l'Associated Press, datant des périodes 1985 à 1989, lorsqu'elle couvrait l'Afghanistan aux prises avec l'envahisseur Russe.
"On parachutait presque deux fois par semaine des sacs de dollars entiers par centaines, avec des paquetages d'armes toutes plus sophistiquées les unes que les autres, incluant des notices en arabes et multiples dialectes locaux, lorsque nous interrogions des responsables militaires sur le bien fondé de tels largages massifs à des groupes intégristes et irrédentistes, tels les Talibans et Gulbuddin Hekmatyar, et alors même que d'autres Afghans, tels le commandant Massoud s'en inquiétaient beaucoup, la réponse était invariablement toujours la même : "de toute façon c'est nous-mêmes qui viendront les désarmer un jour ou l'autre, donc c'est du bon buziness dans tout les sens".
Non seulement, ils l'imaginaient, mais le savaient pertinemment bien.
Je ne me contente pas de nommer l'ennemi, Fridge, c'est certes très bien, mais largement insuffisant, et donc faible, je veux toujours savoir qui le finance in fine.
Et si possible depuis l'origine.
"Dis moi qui te paie, et je te dirais qui t'a fait Roi".

11. 28/06/2010 15:26 - Lucie

LucieJe maintiens: pendant qu'on dit "c'est la faute aux USA" , eh bien on arrête de penser "ailleurs."

L'islamisme peut se propager sans argent. C'est même sa force.

12. 28/06/2010 15:28 - TitOeuf

TitOeufPour finir cher Fridge je vous recommande vivement la lecture (si c'est réédité en français bien sûr, car cela date du milieu des années 80, pour cette première édition) de "Trading With The Enemy" de Charles Higam en l'édition originale "Delacorte - New-York 1982" ou de Anthony C Sutton qui vient tout juste d'être réédité lui, et donc disponible dans toutes les bonnes Fnac de France depuis 3 mois.
Vous allez pouvoir constater avec des faits plus avérés les uns que les autres, à quel point le "libéralisme US" autorise d'aimer son ennemi au point même parfois de le créer de toute pièces, et de l'animer de A à Z.
Pour moi, la menace aujourd'hui, et personne n'en parle bien sûr, elle est Chinoise et elle détruit tout le tissu industriel de mon pays sans arme aucune, mais avec un objectif qui laissera clairement tout nos jeunes à poil plus tôt qu'on ne pense.

13. 28/06/2010 15:28 - dexter

dexterPapier fondamental sur l'Islam.

14. 28/06/2010 15:31 - TitOeuf

TitOeuf@ Lucie,
Je n'ai jamais dit que c'était la faute des USA.
J'ai juste dit que c'était l'argent des USA.
Est-ce que vous comprenez la différence ?
Et ce faisant, est-ce que vous comprenez aussi, que sans argent, on ne fait pas grand chose ?

15. 28/06/2010 15:35 - Pasiphaë

Pasiphaë@Titoeuf, je plaisantais quand je vous disais "américainphobe", je croyais que vous le comprendriez, j'aime vos points de vue, et les partage. A qui profite le crime? Élémentaire mon cher Titoeuf!

16. 28/06/2010 15:37 - Lucie

Lucie@ Titoeuf
Je suis sévèrement bouchée et je ne comprends pas la différence si je me tiens au sujet du papier.

17. 28/06/2010 15:43 - TitOeuf

TitOeuf@ Pasiphaë
Oui, je m'en doutais un peu que vous plaisantiez.
Mais je maintiens également, qu'il y a une certaine dimension et des valeurs US auxquelles je suis et je reste bien sûr attaché.
Je suis adepte de la compétition, mais non faussée bien sûr.
Par ailleurs, ce que ce papier ne développe pas, par exemple (à dessein ?), c'est comment Nasser et Saddam Hussein ont eux-aussi, pour prendre leur pouvoir respectif ou s'y maintenir, bel et bien utilisé la religion de l'Islam, avec tout ses intégristes, qui sont exactement les mêmes, avant que de ne les supprimer finalement.
Mécanisme politique archi connu, datant de la nuit des temps.
En France, notre beau pays, il est tout simplement impossible qu'ils prennent le pouvoir, les mécanismes de nos institutions ne le permettent tout simplement pas.

18. 28/06/2010 16:41 - Pasiphaë

Pasiphaë@Titoeuf, Pierre-André Taguieff a déjà traité le sujet en 2002-2003, je crois en réglant le problème. Selon lui il y aurait un antiaméricanism à la française teinté de judéophobie. Cela fait longtemps que je l'ai lu donc je ne me souviens plus très bien, il évoquait Sadam Hussein comme agresseur et fomenteur de cette nouvelle guerre, mais je ne crois pas qu'il évoquait historiquement le comment les américains avaient placés ces dictateurs.Pierre-André Taguieff pond toujours des pavés avec des analyses argumentées partant de faits indubitables c'est un pro de la méthode,sauf que parfois quand certains s'en prennent à lui il devient écrasant, se montre véxé en humiliant et est loin de l'image ou l'idée que je me fais du philosophe.
Et devinez?Nietzsche a pleuré.

19. 28/06/2010 16:58 - Greg môk

Greg môk"Ces interrogations sur la validité des catégories descriptives n’empêchent nullement de dresser un constat inquiétant, du moins aux yeux des défenseurs de la démocratie pluraliste : le surgissement imprévu à la fin du XXe siècle, dans l’espace mondial, d’un mouvement révolutionnaire, antidémocratique et anti-occidental (...)".

Merci de nous rappeler içi que le futur est imprévisible.

20. 28/06/2010 17:13 - Greg môk

Greg môk"D’autres « antisionistes » moins prudents que Chomsky n’hésitent pas à accuser les services secrets israéliens, avec l’aide de la CIA et l’aval de l’Administration américaine (en tout ou en partie), d’avoir organisé les attaques du 11/9 pour faire diversion après une année d’Intifada, et ainsi retourner l’opinion internationale contre le monde musulman en général, et, plus particulièrement, contre certains pays arabo-musulmans et tous les mouvements palestiniens de « libération », soit contre les ennemis d’Israël. La dénonciation du « complot sioniste » ou « américano-sioniste » s’est banalisée depuis le 11-Septembre."

Ou comment démontrer le caractère malsain et nocif d'être exclusivement centré sur soi-même.

21. 28/06/2010 17:17 - TitOeuf

TitOeuf"La démocratie pluraliste".......
Vous voulez parler des machines à voter truquées aux USA pour la première élection Bush (qui aurait dû être invalidée de fait et de droit), ou bien de l'annulation des référendums Français, Hollandais et Irlandais, ayant tout trois voté NON à la constitution Européenne, constitution qui s'impose pourtant bel et bien, ou encore du refus de référendum à près de 24 pays Européens, dont tous les peuples ont été intégrés de force au même processus ?
Vous avez bien dit démocratie "pluraliste" ?
C'est assez déconcertant.
Vous avez été élevés chez les Soviétiques, ou bien ?
Nietzsche pleurerait immanquablement s'il vivait c'est clair (ptit clin d'oeil en passant à Pasiphaë).

22. 28/06/2010 20:08 - TitOeuf

TitOeufBon, voici ci-dessous, le lien vidéo d'une grande Dame de France, qui va vous expliquer un peu plus clairement, ce que le mot "Démocratie" veut dire.
Elle est une des plus grands Maîtres en Droit Constitutionnel dont nous ayons à nous enorgueillir aujourd'hui, et notre Parlement National pris en en ses deux chambres, fait systématiquement appel à ses services et éclaircissements divers, lorsque Sénateurs et Députés sont confrontés à une difficulté particulière liée à notre Constitution (c'est-à-dire trop souvent, hélas).
Elle est Souverainiste, comme moi d'ailleurs, et je pense que ses préoccupations, à l'image des miennes aussi, ne consistent pas à se palucher, du matin au soir, devant une pseudo menace fantôme (dont la majeure partie est d'ailleurs financée par nos amis de toujours de la grange du "Shérif fais moi peur", à savoir les bouseux Texans de base, hormonés aux OGM et décérébrés à souhait) du style Star Wars, pour effrayer les petits enfants avant de les coucher, mais plutôt de comprendre comment notre pays, la France, que Diable !!! n'est déjà plus vraiment une "Démocratie" :
http://www.dailymotion.com/video/xbbf9y_l-ue-n-est-pas-une-democratie_news

23. 29/06/2010 03:47 - Clark Gabeul

Clark Gabeullien Titoeuf: on se fout de notre poire en Allemagne plus qu'ailleurs, c'est pas chez Taddéi que ça changera. Explication péremptoire de la constitutionnaliste qui nie le fait historique.
la vidéo: "il n'y a pas de peuple européen donc pas de démocratie européenne possible" etc etc blabla, du vent, et par l'exemple outre rhin on vous balance que le corps de demos (le peuple), c'est Kratein (le pouvoir) ce qui est complètement surréaliste.
Une constitution ça se décrète, ça se construit, comme une constituante et avec elle. Comme ça que se sont construites la France, l'Italie. Il n'y avait pas de peuple français ou italien de fait.
Pour qu'un peuple européen surgisse il lui faut une langue commune -voilà pourquoi l'esperanto a été construit: pas d'hégémonie d'une langue européenne sur les autres, il s'agit de construire plus pacifiquement que jadis, lorsqu'un dialecte ayant politiquement réussi fut imposé de force, avec interdiction de bilinguisme régionaliste-, il faut une constituante (nous possédons passeport européen et élection européenne de démocraties représentatives mais pas trop, en tout cas pas de démocratie directe)!.... Et une constitution et du vote ou de la votation, comme on veut, bien sûr, ça commence aussi comme ça.
La démocratie (république ou pas) c'est sa définition même, pouvoir PAR et POUR le peuple, lorsqu'on gomme le "par" on se doute qu'il n'y aura pas de "pour".
La démocratie, la démocratie, mais c'est bien sûr! La démocratie se qualifie. Point. Ce que proposait le TCE tout comme ce que propose la philo de bazar germanique se nomme oligarchie. La constitution ne proposait pas de constituante, demos donc, le peuple; ses majestés s'autodésignaient plénipotentiaires, le roi de Belgique et consort. Dantec rappelait, faudra le répéter jusqu'à ce que ça entre dans votre petite tête schizoïde: "We, the People of America..." ça commence comme ça! Pas nous, les rois et reines, premiers ministres et présidents... déclarons que nous sommes l'Europe et la représentons.

24. 29/06/2010 03:48 - Clark Gabeul

Clark GabeulDes électeurs toutes tendances confondus réclamaient un vote européen le même jour, pour la forme, le symbole... ah ben que non pas possible, Loi Fondamentale (pas de référendum pour les allemands; pourtant sommes plus au lendemain du nazisme donc les allemands et tant d'autres que vous évoquez se font refuser par leurs gouvernements ce qui parraît un droit pourtant bien fondamentale, par définition à tous régimes qui se prétendraient démocratiques. Dont les lander, l'Allemagne comme démocratie refusant à demos tout pouvoir, se pose là!
A moins de biffer le terme oligarchie dans le dico, votre constituschtroumphette est soit une menteuse aux ordres soit une incompétente, au choix.
L'Europe ce ne peut être qu'une monnaie (autre symbole d'union, une face pour l'avenir et pile pour l'histoire) mais lorsque seule et unique symbole est sonnant ça trébuche, droit vers l'économie de marché ou le marché de l'économie et donc le blingbling, une de ses dépendances.

Pour rebondir sur le « quitâl » et le 33 de Taguieff, je rappellerai l’homonymie que l’on pourrait faire avec l’auteur métonymie : arbi/arabe et harbi/la guerre.

25. 29/06/2010 08:12 - TitOeuf

TitOeufSalut ClarK Gabeul,
Vu que vous semblez bien l'apprécier, "ma constituschtroumphette", je mets ci-dessous un lien supplémentaire où elle fait un cours à quelques uns de nos députés et sénateurs réunis, sur le thème "Lois Mémorielles & Langues Régionales", je suis sûr que vous allez aimer, surtout le passage où elle insiste sur le thème "violation des libertés et lavage de cerveau à grande échelle".
http://www.youtube.com/watch?v=pRGG2N2P7S4

26. 29/06/2010 11:24 - Fridge Rider

Fridge Rider@Titoeuf
"On parachutait presque deux fois par semaine des sacs de dollars entiers par centaines, avec des paquetages d'armes toutes plus sophistiquées les unes que les autres, incluant des notices en arabes et multiples dialectes locaux, lorsque nous interrogions des responsables militaires sur le bien fondé de tels largages massifs à des groupes intégristes et irrédentistes, tels les Talibans et Gulbuddin Hekmatyar, et alors même que d'autres Afghans, tels le commandant Massoud s'en inquiétaient beaucoup, la réponse était invariablement toujours la même : "de toute façon c'est nous-mêmes qui viendront les désarmer un jour ou l'autre, donc c'est du bon buziness dans tout les sens"

Oui, c'est bien ce que je vous dis, ils ne croyaient pas que le retour de flamme aurait cette ampleur. Ils pensaient rester dans le cadre d'une guerre classique. Toutes les puissances ont armé des barges pour parvenir à leur fins, les Américains comme les Russes, et je ne parle pas des Français donneurs de leçons. Maintenant, donnez la preuve que les américains financent le terrorisme aujourd'hui et depuis le 11 septembre, pour se "créer" un ennemi comme vous dites. Ça fleure bon la conspirationnite aiguë votre truc.

27. 29/06/2010 11:51 - TitOeuf

TitOeuf@ Fridge Rider
Oui cher Fridge, "l'Irangate" aussi, au début c'était qualifié de "conspirationnite aiguë" par tout les médias.
Mais comme tout a été confirmé de A à Z par les auditions officielles de militaires très hauts gradés impliqués dans le dossier.......

28. 29/06/2010 23:21 - Pierre Schneider

Pierre Schneider@ P.-A. Taguieff : merci pour cet article qui a le mérite de clarifier les idées et de nommer les choses.

29. 30/06/2010 13:12 - Fridge Rider

Fridge Rider@ Titoeuf
T'es bouché mon gars. L'Irangate, c'est les années 1980. Et moi je te parle du monde depuis un certain mois de septembre 2001. Date de reprise du Jihad chez les tarés.
Tu peux plus répondre d'après ce que j'ai compris. C'est dommage mais faut savoir contrôler ses sphincters, tu ne crois pas ?

30. 30/06/2010 19:06 - TitOeuf

TitOeufCher Fridge,
"L'Irangate" a malheureusement démontré durant les années 80, que les USA fournissaient des armes à l'Iran, qui était bel et bien en guerre contre l'Irak, l'allié pourtant déclaré des USA.
En bref, ils tiraient sur leurs alliés officiels.
C'est tout, et c'est déjà suffisant de mon point de vue.
Quant à ce que vous nommez "Jihad", cela ne s'est jamais arrêté, pour moi cela s'appelait juste :
- Déstabilisation des intérêts Français en Indochine dans les années 50 ;
- Guerre Froide vis-à-vis de l'URSS durant un demi-siècle ;
- Nouvelle guerre contre l'axe du mal cette fois-ci, célébrée par GW Bush dans une Cathédrale (plutôt déconcertant comme endroit, non ? pour quelqu'un censé combattre des "intégristes")

31. 30/06/2010 19:17 - Greg môk

Greg môkLes armes qu'ils ont vendu à l'Iran à cet époque avaient pour objectif la libération des otages ainsi que le financement des contras au Nicaragua, mais aussi pour calmer les attentats terroristes, il me semble, non ?
Par conséquent les USA ne financaient pas le terrorisme volontairement comme vous le laissez entendre.

32. 30/06/2010 20:09 - Titoeuf

TitoeufNon Greg, les Contras du Nicaragua étaient déjà servis en financement, et même plus que largement d'ailleurs (Lire Michael Levine, haut gradé US, au sein de la DEA - "Deep Cover", "The Big White Lie" et "I Volonteer to kidnap Colonel Oliver North" in Journal of Law & Social Justice N° 20, 1993) et n'avaient donc pas besoin de ce "re-tranfert" d'argent.
Si c'était seulement pour la libération d'otages, pourquoi ne pas avoir simplement versé de l'argent et non pas des armes, et à la valeur des dites armes, ça fait quand même très, très cher l'otage.

33. 30/06/2010 21:12 - Fridge Rider

Fridge Rider@ Teuteuf
Évidemment que les américains vendaient des armes à l'Iran. Comme la France à L'Irak. F-14 contre mirage F1. Il semblerait que L'Iran ait un peu de mal à trouver des pièces de rechange pour ses F-14 depuis un certain temps. On sent bien, dans votre discours, un parti pris clairement antiaméricain, mais de facture idéologique, c'est-à-dire que vous avez réponse à toutes les questions.
Que vous appeliez les croisades un Jihad par un terrifiant effet de mimétisme de la Chrétienté vis à vis de l'Islam, soit, puisque c'est la thèse proposée par Jacques Ellul, et elle se tient. Parce que la guerre sainte est précisément une invention de l'Islam, le seul moyen qu'il a de s'étendre. Saint Thomas d'Aquin lui-même proscrit l'usage de la guerre menée au nom de la religion. Que Bush Junior reprenne à son compte une telle ineptie n'enlève en rien le fait que le Jihad, la guerre sainte, est musulmane et rien rien d'autre. Dans le discours comme dans les actes.
Vos autres exemples sont là pour faire diversion. il s'agissait de la lutte contre le communisme, ce fameux rejeton de notre bonne vieille révolution qui vous tient tant à cœur, "que diable". Comme vous dites.

34. 01/07/2010 15:31 - Greg môk

Greg môkAu sujet des armes vendues à l'Iran, je répète que ce que vous avancez est erroné, il n'existe pas de financement volontaire du terrorisme par les US, car vous n'avez apporté aucune démonstration.

Par ex., si j'accuse mon voisin de vol sans véritables preuves, est-ce à lui de montrer qu'il n'est pas un voleur ou est-ce à moi de montrer qu'il en est un ?

35. 01/07/2010 15:37 - TitOeuf

TitOeufPour ceux que cela intéresse lire les travaux du chercheur universitaire Suisse Daniele Ganser intitulé "Opération Gladio".

36. 01/07/2010 21:56 - Fridge Rider

Fridge Rider@Teuteuf
Gangster considère que « l’histoire officielle sur le 11 septembre, les conclusions de la commission, ne sont pas crédibles ». C'est Wikipédia qui le dit. Conspirationnite aiguë, je vous dis. Vous avez bien fait de quitter l'armée.

37. 01/07/2010 22:11 - TitOeuf

TitOeufPas dans son livre "Opération Gladio" que je cite seul ici.
Le fait de citer un seul ouvrage ne m'engage aucunement à m'aligner aux autres travaux et/ou opinions de l'auteur dont il s'agit, à savoir Daniele Ganser.

38. 01/07/2010 23:55 - Clark Gabeul

Clark Gabeul@'titte Teuf. C'est la fête!
sur l'auteur et son travail post ci-dessus: eh bien idem, dirais-je, en ce qui me concerne, au sujet de la schtoumphette. Avec un p'tit côté Malraux moins la cigarette, dans la pose (plus que dans le ton), la schtroumphette, du moins son discours de/sur la condition mémorielle, me plait beaucoup.
Ah j'aime!, le culturalisme/culturisme. C'est très bien vu. Neutron constitutionnel et législatif tout pareil. Bretons et féminisme aussi. Comme quoi.
Je conserve le lien. D'autant qu'un Lanzmann semblant agacé par ces vérités assenées n'est pas pour me déplaire; ceci dit malgré ce qu'on lui doit, un film, d'où provient un mot nouveau dans le dico pour nous sortir du terme allemand, ce vocabulaire d'occupés ravis, "holocauste". Mais passer dans la langue des victimes pour sortir de celle des bourreaux... cela se révèle-t-il avoir été de quelque utilité? Sommes en droit de nous interroger. Tout cela n'a servi à rien.

Je vous remercie pour le lien. Rien que je ne sache déjà ou presque, cela a le mérite de rassurer un peu sur les intervenants des commissions, le plus souvent grosses, comme l'on dit de manière bigote, lorsque les intestins vous pressent le pas. Peu gravides en somme. A chier, pour le dire crûment.

39. 13/07/2010 18:28 - pseudo

pseudoBravo pour l'article et la qualité de la participation de titoeuf qui apparait sur tout les thèmes et tous les articles, même si comme le disent certains l'objet n'est pas les USA mais la destruction du modèle occidentale.

40. 31/07/2010 13:37 - thierry bruno

thierry brunoExcellent article de P.-A. Taguieff qui ne va pas redorer son blason au sein de l'intelligentsia française (je suis surpris qu'il n'ait pas été viré du C.N.R.S. d'ailleurs). Lucide sur la réalité de l'islamisme et sur l'aveuglement des démocraties "molles", aveuglement auquel participe la presse française qui prend ses rêves pour des réalités. Il est par exemple interdit sur les forums du Point ou du Figaro de parler "d'islamisation de la société française" : cette expression vous vaut une censure immédiate. M. Taguieff définit très bien la menace, seulement nos sociétés refusent de la voir. L'Europe, qui n'est qu'un assemblage économique et ne constitue en rien une nation, s'effondre sous son propre poids et n'a aucune âme. Pour exister, elle exige que les nations qui la constituent abandonnent leur culture et se fonde dans un multi-culturalisme qui en réalité est la négation de l'idée même de culture. Faute de créer une nation européenne (chimère niant le poids et les réalités de l'histoire), il suffit que les nations renoncent à leur identité. Ce qu'a remarquablement accompli le président Mitterrand (bien aidé par Pompidou et VGE) en nous imposant cette société dite "multi-ethnique et multi-culturelle", c'est-à-dire essentiellement communautariste et surtout pas française. Cette idéologie est du "pain béni" pour les islamistes que M. Taguieff dit "feutrés" et dont le porte-drapeau est Tariq Ramadan. D'ailleurs, le seul évènement qui puisse bouleverser la stratégie feutrée serait des attentats terroristes en France, à condition qu'ils provoquent une réaction de révolte ou de réveil de la société française. Mais on peut aussi imaginer qu'un tel évènement, condamné dans un premier temps de manière unanime pour amuser la galerie, se transforme par un procès d'intention envers la politique du chef de l'Etat, politique qui serait inéluctablement responsable de cet acte puisque nous aurions désigné l'islam comme "adversaire" (nous n'osons même pas parler d'ennemi, de toutes façons). Sophisme que l'affaire du 11 septembre à travers la réaction de Bill Clinton démontre. Suite aux attentats, ce président américain a dit "que les musulmans n'avait pas de raison à s'en prendre aux USA car ceux-ci les avaient protégés en Bosnie et au Kosovo". D'une part, Clinton se trompait d'ennemi (musulman au lieu d'islamiste) et d'autre part, il croyait qu'à ne pas l'avoir désigné comme tel, il n'existait.

41. 31/07/2010 14:05 - thierry bruno

thierry brunoSuite... avec une correction " se fondeNT dans un multi-culturalisme".
Pour continuer sur les Etats-unis et répondre à Titoeuf, je ne crois pas que les Etats-Unis financent spécialement les islamistes. Ils financent tous ceux qui concourent à la réalisation de leurs objectifs géostratégiques fonder sur leur politique d'endiguement d'une part, de protection des Etats-Unis d'autre part. Financer les talibans dans les années 80, c'était endiguer l'URSS. Devenue une nation impérialiste par la force des choses (intervention en 1917 puis en 1941) grâce à une Europe qui ne cesse de s'affaiblir, les américains ont imposé leur modèle tant économique que "sociétal" à travers le phénomène de mondialisation, niant les cultures des vieilles nations. Et cela, pas tant pour garantir une paix mondiale que surtout ne plus avoir à intervenir dans des conflits qu'ils n'ont pas suscités. Ainsi, leur volonté d'imposer à l'Europe l'entrée de la Turquie dans son espace, véritable contre-sens historique et calcul d'aussi courte-vue que le financement des talibans dans les années 1980; ainsi la reconnaissance d'un Etat indépendant du Kosovo et le foutoir bosniaque : les Etats-Unis croient régler le problème islamiste en Turquie en arrimant cet Etat à l'Europe alors qu'il ne fait qu'introduire un cheval de Troie supplémentaire en Europe. Mais si cela est le choix des Etats-Unis, rien n'obligerait normalement l'Europe à les accepter sinon que l'Europe n'existe pas en tant que puissance et qu'il n'existe plus de nation européenne qui tienne ce rang de puissance. Donc, on peut accuser les américains de tous les maux mais encore faudrait-il que nous nous donnions les moyens, que nous manifestions la volonté de contrer cette politique. Or, nous sommes en admiration devant Obama (en revanche, il est de bon ton de détester Sarkozy en France, Berlusconi en Italie, Merkel en Allemagne..;), la commission européenne fait la leçon aux Etats membres mais se tait devant la Maison Blanche.... Je ne reproche pas aux américains d'avoir une mauvaise politique, je reproche à l'Europe de n'en avoir pas. Face à la menace islamiste, ce n'est certainement pas en s'alignant sur la politique américaine que nous nous en sortirons. Et c'est bien parce qu'il n'existe pas de politique européenne et de puissance européenne, que les islamistes ont un boulevard devant eux face à des nations européennes qui doivent constamment justifier leur politique devant la commission européenne d'abord et devant les Etats-Unis ensuite. Sans oublier bien évidemment, tous nos révolutionnaires orphelins de l'URSS qui comme l'a noté M. Taguieff sont les complices à des degrés divers des islamistes.

42. 31/07/2010 14:13 - thierry bruno

thierry bruno2 remarques pour finir à M. Taguieff. A mon avis,
1. Il est impropre comme le souligne Rémy Brague de parler de religion du Livre pour l'Islam. Certes, elle se fonde sur un livre, le Coran mais cela entretient la confusion avec les deux autres religions du Livre que sont le Judaïsme et le Christianisme, religions qui s'accordent sur l'Ancien Testament alors que l'Islam nient l'Ancien et le Nouveau Testament.
2. Il me semble tout aussi impropre de parler de "communisme stalinien" qui entretient la confusion d'un communisme non criminogène/ non totalitaire, ce qui est une imposture. Lénine et Trotsky n'étaient pas moins totalitaires et criminels que Staline; le premier pour sa légende a eu "la chance" de faire une attaque cérébrale qui l'a écarté du pouvoir; l'assassinat du second sur les ordres de Staline n'a pas moins contribué à sa légende et permis d'oublier qu'il n'était l'adversaire de Staline que dans une lutte pour le pouvoir et non pour ériger un socialisme à visage humain.

43. 18/08/2010 16:36 - coriolan

coriolan"l’islamisme est transnational, multiracial et dénué d’inscription étatique définie"

Pas d'accord. l'islam - et non simplement l'islamisme - est précisément porteur d'un projet sociétal intégré, dit "globalisant", avec un système juridique réglant les moindres détails de la vie profane, et qui continue de le faire dans certains pays. Si quelque chose définit un Etat, C'est bien l'existence d'un système juridique.
Par ailleurs, il n'est transnational que si l'on considère la notion de patrie, et si l'on n'intègre pas que l'islam est totalement politique -ce qui correspond très exactement à ce qu'en attendait le soldat Mahomet.
La vision hégémonique et l'universalité forcée de l'Islam -tout être humain étant musulman, même s'il l'ignore- constitue précisément la Oumma comme nation, celle de Dieu, uni au sein d'un Etat universel de droit divin. C'est précisément ce khalifat auquel Frères musulmans et autre tarés veulent revenir.

Petite précision à Thierry Bruno : l'Islam est dit religion du Livre parce qu'il se réfère à l'Ancien Testament, comme les deux autres. Rien à voir avec le Coran.

Quant au rôle des USA... Un pays fondé par des sectaires en fuite, sur les bases d'une ultralibéralité religieuse, qui depuis a complètement monétisé le spirituel, est totalement incapable d'appréhender l'authentisme fanatisme religieux, et s'imagine en conséquence pouvoir l'instrumentaliser : voir la turquie, l'afghanistan, etc...
Or, un fou d'Allah simplement armé d'un sabre et le cul sur un dromadaire est capable de charger un char d'assaut : si Allah le veut, il vaincra. Et ça, un américain (et un français, d'ailleurs), ne le comprendra jamais.
Toute idée délirante d'intervention surnaturelle pourt le triomphe de la Vraie Foi a disparu du gros des intellects occidentaux voilà plus de 200 ans. Mais les barbares y croient toujours.

44. 19/08/2010 00:07 - Sin Good

Sin GoodCe texte ne fait que de confirmer ce que je disais il y a près de deux ans : http://www.bivouac-id.com/2008/09/11/7-ans-et-pourtant-pas-grand-chose-ne-change/ Heureusement grâce à des personnalités comme P.A. Taguieff, Ayyaan Hirsi ali, Pat Condell, Wafa Sultan, Ibn Warraq, Robert Redeker etc Les occidentaux très majoritairement de morale judéo-chrétienne (même si agnostiques ou athées) commencent à ouvrir les yeux, les peuples souffrent dans leur chair (il suffit de lire la presse pour s'en rendre compte). Les choses ne pourront s'améliorer que quand les élites politiques et médiatiques ne seront plus à l'abri de cette souffrance.

45. 14/12/2010 17:50 - Interneth

InternethBien qu’il soit ancré dans une foi religieuse, l'impérialisme américain est un mouvement utopique plus proche par l’esprit de mouvements tels que le communisme et le fascisme, que d’un gouvernement traditionnel. Antidémocratique et agressif, anti-arabe et esclavagiste par nature, il a de grands projets. Et ses porte-parole voient en lui un concurrent direct de toute autre civilisation dans la course à la suprématie mondiale (3) .

Vous voyez, on peut retourner ça assez facilement.

Ring 2012
Pierre-André Taguieff par Pierre-André Taguieff

Écrivain, essayiste, historien des idées politiques. Ring Wall of Fame.

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Assez complet, donc bravo !!! Sauf qu'il manque malheureusement l'essentiel : à savoir qui paie tout cela, qui finance la machine infernale de "conquête du monde entier" entreprise par tous ces...

TitOeuf28/06/2010 11:39 TitOeuf
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