Sur le RING

Paris 2011, section littérature

SURLERING.COM - THE BOOKMAKER - par Marin de Viry - le 22/03/2011 - 35 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

Comme l’inénarrable Nadine de Rothschild, mais sur un terrain différent, nous luttons contre les mauvaises manières. Celle qui consiste à traiter à tort et à travers un auteur de plagiaire, Patrick Poivre d'Arvor en l’espèce, Prix Interallié, Prix Maurice Genevoix, mérite un chapitre. A la suite d’un regrettable pataquès dans la publication d’une version provisoire de son dernier livre, une évocation de la vie d’Hemingway, Patrick Poivre d'Arvor a été accusé de plagiat. Retour sur la construction très parisienne d’une certitude à deux balles. Appelons ce regrettable chapitre : « Paris, 2011, section littérature ».   


 

 
Phénomène 1 : la fusion du spectacle et du préjugé.

Cours de psycho-sociologie des médias, niveau première année de licence : dans les médias de masse, depuis bientôt deux siècles, existe une forte tentation rédactionnelle consistant à fabriquer des pilules spectaculaires, qui durent le temps d’une séquence de communication. C’est comme ça, vidéosphère oblige, relisez Debray : la tentation de substituer le spectacle à l’information est à la trame même du métier de journaliste moderne, et ce n’est pas le condamner que de le noter ; c’est au contraire l’encourager ardemment à la discipline professionnelle. Une pilule spectaculaire, quand vous l’avalez, diffuse un principe actif à effet immédiat : vous ressentez un petit boum intérieur, et vous avez tout soudain un avis simple sur une question compliquée. Vous obtenez une opinion en trente secondes, en somme. L’autre nom d’une opinion fabriquée en trente secondes, c’est celui de préjugé. Un préjugé est le fruit d’un enchaînement obscur. L’admettre sans s’interroger sur les enchaînements qui l’ont fait naître, c’est être l’allié du mauvais journalisme. L’honneur de l’esprit, c’est d’utiliser l’intelligence contre les préjugés : la philosophie se construit contre les préjugés, la littérature également, et le journalisme, qui est idéalement une discipline de l’esprit au service de l’information, devrait se méfier d’autant plus d’un préjugé qu’il est en quelque sorte une anti information par excellence, c’est-à-dire l’expression d’un esprit partisan, borné, brutal, peu regardant (1). Dans le cas qui nous occupe, le spectacle, c’est PPDA. Et le préjugé, c’est PPDA = plagiaire. Excellent, coco. Ça, c’est de la pilule.      

Phénomène 2 : l’alliance du vrai et du faux.

Il n’y a rien de pire, dans le travail journalistique, que l’alliance du fait objectif et du boulot de sagouin. Le fait, bien là, dans son sac en plastique avec son scellé, sur la table des assises ; la pièce irréfutable et bien saignante ; autour de laquelle s’enroule, tel le serpent, le boulot de sagouin, c’est-à-dire la fabrication du préjugé. La vraie photo alliée à la conclusion fausse. Le document véritable, marchepied d’un raisonnement débile. Le soubassement réel, socle d’un échafaudage bidon. La perversité est là, dans cet enchaînement entre le vrai fait et la conclusion fausse: le même enchaînement qui fait dire à Fouquier-Tinville qu’il peut transformer n’importe qui en coupable. Dans l’affaire Poivre d’Arvor, on tient un fait : un collaborateur de l’auteur, chargé de la documentation de son livre sur Hemingway, a « démarqué » des passages concernant l’enfance de l’auteur de « For whom the bell tolls », tirés de la biographie de Griffin. Ces passages sont joints à une version du manuscrit à envoyer en hâte à des journalistes et aux représentants de la maison d’édition, pour satisfaire aux délais de commercialisation, plus courts que prévus. L’auteur, au téléphone et depuis le Pakistan, fait une boulette : il ne relit pas la version qu’on lui adresse et donne un « bon à tirer » oral. Un peu de jet lag, un peu de hâte, et le coup classique de la version-de-fichier-qui-n’est-pas-la-bonne, hantise de quiconque a écrit un livre. Normalement, à ce stade de développement du problème, l’éditeur devrait s’interposer pour éviter que la boulette interne devienne une boulette externe, en envoyant le télégramme suivant : « Cher auteur stop Achtung passages documentaires sur enfance Hemingway tirés du livre de Griffin présents dans version sur le point d’être envoyée à journalistes et représentants stop Merci d’envoyer as soon as possible version définitive et originale de votre blanche main stop Votre éditeur vigilant qui fait du damage control et du risk management comme c’est son boulot stop ». Si ce message avait été envoyé, il n’y aurait pas eu d’affaire et les critiques auraient lu l’ouvrage. Mais le message n’est pas parti.
     
La version avec démarquage du livre de Griffin sort donc, pour les journalistes et les représentants, et l’Express pointe immédiatement la similitude entre la biographie de référence sur Hemingway et le passage sur l’enfance de celui-ci, dans le manuscrit de Patrick Poivre d'Arvor. Excuses de l’auteur pour avoir laissé sortir la version non contrôlée et maladroitement validée  par lui ; il sort la bonne version, la sienne, dans la foulée. Celle-ci est publiée, l’ouvrage est en vente. Mais rien n’y fait, la boulette vénielle devient, amplification médiatique aidant (ne jamais oublier cette phrase de Stendhal dans la Chartreuse: « son exagération le porta naturellement à la tête de son parti »),  un Crime contre l’Esprit qui Déshonore son Auteur. Le mot est lâché : plagiat. J’y reviendrai.

Quiconque réfléchit cinq secondes dédouane PPDA, pour les trois raisons suivantes : a) il est normal qu’un biographe – c’est même le contraire qui ne le serait pas - fasse un travail documentaire, et la sous-traitance de ce travail peut – doit-  améliorer la richesse factuelle du livre, b) sous-traiter la recherche documentaire n’est en rien déléguer l’écriture. Ce qu’on attend d’une recherche, c’est l’exactitude des faits. Leur interprétation, leur mise en scène et en perspective appartiennent à l’auteur, comme c’est le cas dans la version commercialisée du livre de PPDA, c) à supposer même – et rien ne le prouve – que PPDA ait ressenti un certain désintérêt pour la période incriminée de la vie d’Hemingway, il est évident que personne - ni lui ni son éditeur - n’aurait volontairement pris le risque médiatique d’une accusation de plagiat, et que nécessité aurait donc fait vertu : soit il aurait laissé tomber l’enfance d’Hemingway, soit il aurait vraiment travaillé sur la documentation. L’hypothèse d’une prise de risque énorme, assumant le plagiat, est la plus malveillante qui soit, car elle suppose que l’auteur et son éditeur se foutent de leurs lecteurs, de la critique, et de la terre entière, et qu’en plus ils sont idiots, car ils auraient loupé une petite évidence : quand il écrit, PPDA est attendu au tournant par un millier de snipers dans la position du tireur couché, la joue calée sur la crosse. Traiter l’auteur et l’éditeur de branleurs, de plagiaires arrogants et de crétins me paraît peu réaliste, et à vrai dire tout à fait excessif pour une boulette à base d’erreur de version. Je suis contre les boulettes, mais je les préfère de loin à la mauvaise foi qui les transforme, à la tête du client, en crimes contre l’art. 
    
Phénomène 3 : flinguer, c’est bien ; sans raison, c’est mieux.

Il faut rajouter aux phénomènes précédents un sport contemporain: l’effusion des phantasmes dans la vie réelle (attention je plagie Gérard de Nerval – « l’effusion des songes dans la vie réelle »-). L’idée générale : je voudrais bien être tout-puissant. D’ailleurs je peux, il suffit de sortir le fusil de grand-père et de tirer sur un passant. Internet est la Grande Jonction (attention, je plagie Maurice G. Dantec) du phantasme et de la vie réelle. Sous le nom de code d’Hulk 214, j’interviens sur tous les sites qui me permettent de tirer à vue. « Sarko c 0 » est une contribution typique d’Hulk 214. « PPD c pompé » en est la déclinaison dans le cas d’espèce. Il y en a des tonnes sur internet. Quand je suis Hulk 214 en version haut de gamme, un critique littéraire par exemple, je flingue, je flingue, et je jouis d’autant plus que j’ai flingué sans avoir lu, car le sentiment de toute-puissance s’en trouve renforcé. C’est d’autant plus saignant, donc jouissif, que c’est infondé. Le meurtre est plus voluptueux quand sa cause est le pur caprice. C’est Néron qui jouissait le mieux. Mais je m’égare, revenons à Paris : si je suis critique littéraire, je fais Hulk dans les dîners en ville, pas sur Internet. J’arrive donc dans mon dîner en ville avec ma munition du moment, qui s’appelle « PPDA plagiaire ». Avec ça je vais avoir l’air d’avoir des couilles. Je rafale en premier, au cas probable où un convive voudrait me brûler la politesse. « PPDA plagiaire », klaxonné-je mon préjugé, à peine mon manteau suspendu à la patère de mon hôte. Yes, j’ai tiré le premier ! Les autres n’ont plus que la joie du second ordre d’approuver bruyamment.     

Phénomène 4 : la jalousie dans un bocal.

Dans l’affaire PPDA, tout est réuni pour une fusion catastrophique : la jalousie, d’une part ; dans un bocal, d’autre part (attention je plagie les plans de sciences-po). Le monde médiatique dans lequel il est question de littérature (que nous nous garderons bien de confondre avec le monde littéraire), monde improbable qui englobe critiques, éditeurs, auteurs, et médiateurs divers, essentiellement des émissions de télévision et de radio, s’organise à l’intérieur d’une enceinte de confinement. Vous excitez les particules et ça monte vite en température. Ça commence comme ça: au nom de la nostalgie des poètes maudits et des écrivains fauchés, qui sonne un peu comme le regret des vaches aphteuses d’antan, on trouve dégoûtant qu’un journaliste de télévision s’intéresse à la littérature (pourquoi ? Quelqu’un peut-il me dire pourquoi ?). La conséquence est logique : l’imposture de PPDA est flagrante. Ensuite, chacun pense à bobonne et la compare aigrement avec les conquêtes de PPDA. La conclusion s’impose et le ton monte: ce type ne sait pas écrire. Ensuite chacun pense douloureusement à son bulletin de salaire et fait le calcul de la différence supposée avec celui de l’accusé. La conclusion coule : ce type est un escroc. Phase suivante, chacun se souvient que PPDA a moins de pouvoir qu’il y a quelques années. La conclusion est d’autant plus énergique qu’elle est paradoxale: à terre, le tyran ! Enfin, quelques-uns se rappellent qu’ils lui doivent quelque chose, un coup de pouce par-ci, une invitation par là, un témoignage d’intérêt… Alors là, la conclusion explose, c’est la fusion du coeur : mort au plagiaire ! Paris, 2011, section littérature : la première loi de la reconnaissance est d’occire qui vous a obligé.               

Phénomène 5 : ce qu’il y a de pratique avec un préjugé, c’est que ça évite de juger.


Personne n’a lu le livre, qui fait le bruit d’un lépreux au Moyen-Âge, dans les rayons. Une cloche tinte : plagiat, plagiat, plagiat. Et ce qu’il y a de drôle, c’est que l’opinion plagie l’opinion de plagiat, car tout le monde répète, presque personne n’a d’idée un peu personnelle et construite sur ce qui s’est passé et sur ce que l’hebdomadaire qui a lancé l’affaire (« l’Express ») lui reprochait vraiment. Vous chercherez vainement une contre-enquête journalistique. On est passé directement de la séquence accusation à la séquence pilori, tomates, Hulk 214, tous pourris, ça ira ça ira. Naturellement, l’accusation de plagiat est désormais avancée à tous propos : sur Internet, un site parle de « plagiat » s’agissant d’un conflit qu’il a avec une ancienne maîtresse qui lui reproche d’avoir publié ses lettres d’amour dans le cadre d’une fiction. Paris 2011, section littérature : du soupçon sans réflexion à l’exil sans retour.   

Phénomène 7 : les conséquences on s’en fout.

C’est ce dernier phénomène qui est le plus intéressant, car c’est par les conséquences qu’on voit les intentions de la cause. Que dit-on quand on avance qu’un écrivain est un plagiaire ? Il ne s’agit pas seulement d’avancer qu’il n’a pas de talent propre, qu’il est en panne d’inspiration, qu’il est malhonnête, qu’il n’a pas le courage de s’exposer lui-même… On dit tout cela, mais en plus et surtout on dit qu’il se déshonore. L’honneur, on le rappelle, c’est un petit nombre de principes auquel on tient plus qu’à ses propres intérêts. Un écrivain a forcément au nombre de ses principes celui de l’authenticité de son oeuvre. C’est son risque, et ce risque est assumé quoiqu’il en coûte : rejet, incompréhension, quolibets, ratage interne. Le plagiaire est une sorte de diable artistique, de singe d’artiste (comme le diable est le singe de Dieu), qui n’accepte rien au-dessus de lui, ne prend aucun risque, se moque de la loi littéraire. Une sorte de mépris sacré s’empare du public quand il est convaincu qu’un écrivain est un plagiaire. Aller jusque là dans l’accusation, sans trop écouter les justifications de l’auteur, c’est prendre la responsabilité de salir son honneur. Sans savoir. En croyant savoir. En faisant semblant de croire qu’on sait. Paris 2011, section littérature : la justice littéraire a aussi ses singes. A l'esprit sélectif, d'ailleurs car l'affaire Drucker, réelle et ayant fait l'objet d'une décision de justice, et quasiment passée sous silence.

Phénomène 8 : à qui le tour
, se demande Paris 2011, section littérature ?  

Marin de Viry


Note (1).
 Exemple sur LCI, hier: à l’image, on voyait une explosion, avec un commentaire oral sur les bombardements français dans la zone de Bengazi. Sous l’image, un bandeau de texte défilant avec la mention « urgent ». Un rebouteux du bandeau défilant, j’espère au moins qu’il s’agit d’un sous stagiaire, avait fabriqué une phrase à l’aspect neutre sur l’intervention en cours, à ce détail près qu’y figurait l’expression, sans guillemets : « la coalition croisée ». J’ai cru à une hallucination. La « coalition croisée », c’était la formule utilisée la veille par le colonel Khadafi pour désigner l’intervention aérienne sous mandat de l’O.N.U. Tobrouk =  Jérusalem. Sarkozy = Godefroi de Bouillon. Khadafi = Soliman. Allez hop, avalez-moi ces trois petites pilules, c’était une co-production Khadafi / LCI.



Toutes les réactions (35)

1. 22/03/2011 11:07 - Rachel

RachelEnfin ! En février dernier, j'ai rencontré un proche de l'éditeur de PPDA et suis heureuse que Ring rétablisse la vérité dans cette affaire. PPDA n'aurait jamais eu le moindre nègre mais un documentaliste imposé par l'éditeur sur une partie insignifiante de la jeunesse de l'écrivain américain. Et visiblement, c'était la première fois qu'il avait un documentaliste. Les plus grands auteurs ont des documentalistes, mais comme c'est PPDA, on vide le chargeur. Et quand on regarde la bio du journaliste qui a lancé "l'affaire, on remarque qu'il "aidait des auteurs a écrire leur livre". Un écrivain raté : http://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9r%C3%B4me_Dupuis

2. 22/03/2011 12:28 - Spiridon

SpiridonNe reste plus qu'à remercier le ciel que Marin de Viry ne soit pas journaliste. La désinformation, la flagornerie, la coquetterie intellectuelle lui tiennent lieu d'argumentaire. Monsieur le mondain (une bise à PPDA, d'ailleurs, dans quel salon l'avez-vous croisé ?), le fait a beau vous chatouiller la lèvre supérieure, il demeure : PPDA n'a pas fait de recherches pour ce livre, il ne l'a pas écrit, ne l'a même pas relu, et n'aurait donc, par conséquent, pas dû le signer (c'est une évidence) et surtout pas toucher l'énorme chèque que lui a remis une maison d'édition pas trop embarrassée de scrupules. Quant à prétendre que le bonhomme s'est fait lyncher, non... Marin ! Seriez-vous réellement malhonnête, ou tellement enfermé dans vos salons du 6ème que vous ne voyez plus le monde qui vous entoure ? PPDA n'a trouvé que des défenseurs. Y compris parmi ceux qu'il a abusé tout au long de sa carrière (cette pauvre Mme Michu, en premier lieu). Certains renvoient perfidement sur la bio du journaliste. Vous est-il venu à l'esprit de relire celle de PPDA ? Des fausses interviews aux largesses acceptées de Pierre Botton... Un multirédiciviste âpre, mesquin et faux-jeton, n'y a-t-il pas mieux à défendre ? Franchement, sur ce coup, Ring, vous me faites plutôt honte.

3. 22/03/2011 13:03 - Charles V

Charles VÀ Spiridon
Seriez-vous donc l’un de ces louveteaux dans cette meute dont le seul mot d’ordre se résume à la triste rengaine : Lèche, lâche, lynche ?! C’est sûr que tous ensemble, aveuglés par la haine –la frustration ? - on pourrait finir par l’avoir, ce salopard de PPDA. Confortablement planqués derrière nos écrans, tirons tous azimuts ! Copier/Coller, balancer, ricaner, cancaner… Amusons-nous, c’est le Printemps, brûlons donc à vif ce que nous avons aimé. Ça ne mange pas de pain, et ça fait tellement de bien. Que vous arrive-t-il, Spiridon ? Que se passe-t-il dans le 6ème arrondissement ? Un complot auquel vous n’avez pas été convié à participer ?

4. 22/03/2011 13:11 - Marin de Viry

Marin de ViryMonsieur, madame, ou mademoiselle Spiridon,
a) Je forge ma conviction sur un argument clef: il est à peu près impossible que l'auteur et l'éditeur aient pris sciemment le risque d'une accusation de plagiat. Réfléchissez deux minutes à ça. Donc la publication de la version provisoire dans laquelle figure le passage démarqué de Griffin est une "boulette", et cette boulette ne doit pas conduire à tirer des conclusions infâmantes sur l'auteur. Il est remarquable que des conclusions infâmantes aient été tirées aussi vite, b) pas de chance, je ne l'ai jamais rencontré, c) pas de chance, je n'ai pas le moindre intérêt engagé dans l'affaire, je m'épanouis dans la gratuité, c'est mon truc d) je ne vois pas le lien entre la période Botton et la suspicion de plagiat, ne confondons pas tout e) pardonnez-moi, mais que savez-vous vraiment de ce que vous avancez (notamment: "il ne l'a pas écrit") ?
A vous

5. 22/03/2011 13:30 - pol

polVous êtes un punk, Marin de viry. Un punk à manchettes mais un vrai punk, défendre PPDA après le jeu de massacre lancé contre lui, chapeau. Et un grand texte de plus.

6. 22/03/2011 13:30 - rantanplan

rantanplanAla décharge de Spiridon ce qu'il évoque à propos de PPDA n'est pas hors de propos, ce qui lui est reproché:parfois, à vouloir trop faire, ou à vouloir trop faire croire que l’on fait, on commet des impairs. L’interview truquée de Fidel Castro était de ceux-là. Les copier-coller de la biographie d’Hemingway ne sont que le dernier avatar de la « méthode PPDA » : une omniprésence médiatique et livresque, quitte à contourner les règles du jeu ou à s’approprier, volontairement ou pas, le travail fourni par d’autres. Et à générer des profits substantiels, en ce qui concerne l’écriture, pour ses éditeurs.

7. 22/03/2011 13:35 - oscar

oscarBonjour Marin,
ma question n'est pas directement liée à cet article mais plutôt à votre conférence sur la littérature française française et étrangère évoquant Dantec et Houellebecq. Serait-il possible de lister sur ce site une liste d'auteurs vivants français ou étrangers qui vous semble intéressant? Je pense qu'un état des lieux de la littérature française au sens large (romans, poésie, essais) serait utile aux internautes qui voient toujours défiler les même personnes dans les émissions de télévision. Cela pourrait se développer en un débat passionant à suivre s'il se faisait en collaboration avec d'autres chroniqueurs comme Stalker par exemple.

8. 22/03/2011 14:57 - Marin de Viry

Marin de ViryOscar c'est une idée ! Très bonne ! Je ne connais évidemment pas toute la production et il faudrait que la chose soit collective. On pourrait faire une sorte de carnet de notes à plusieurs mains. Mais je suis l'arbre le plus sec dans la forêt des critiques du Ring. Je relaie l'idée, et on vous dit ce qu'on peut faire.

9. 22/03/2011 16:14 - oscar

oscarGénial, j'attend tout ça avec impatience!!! Il serait pertinent de mentionner des écrivains francophones non français. Associer des sites francophones d'afrique ou d'amérique du nord à un "état des lieux" par internet pourrait être intéressant. Bonne chance en tout cas.

10. 22/03/2011 16:34 - rantanplan

rantanplanStalker qui envoie ses spies en éclairage maintenant...
Martin de Viry a sans doute raison ne pas être dupe des évidences, article à méditer car après tout possible que ce ne soit qu'une cabale de plus concernant PPDA, les preuves paraissent si accablantes que c'est à se demander qui les a fabriqué, les réponses au pourquoi étant dans l'article. Ah Vérité, quand tout est faux quel est ton nom?

11. 22/03/2011 16:53 - David Kersan

David KersanPrécisions qu'on peut vouloir évoquer le Stalker sans être un sbire. Belle idée, merci Oscar.

12. 22/03/2011 16:54 - MotaOne

MotaOne@Marin

Sur votre "argument clef: il est à peu près impossible que l'auteur et l'éditeur aient pris sciemment le risque d'une accusation de plagiat" ... franchement, je partagerai volontiers votre vision idéaliste, mais peut-on encore aujourd'hui se limiter à ces évidences ?

- A t'on vraiment évalué les bons risques "nucléaires" lors de la conception de centrales ? Mis à part quelques branchements et tuyauteries pour se rassurer, sur le papier ... La science se pare des référentiels et des réglementations qui l'arrange. Il faut donc en accepter les aléas, les sacrifices nécessaires. Et rire un bon coup de nos certitudes.

Qu'est-ce qu'un plagiat ? Qu'en dirai Jean Jacques Schuhl ? Le fond de l'affaire n'est pas là.

- A t'on vraiment pensé à la santé des consommateurs lors de la préparation et la distribution de plats préparés et de sandwich sous plastique ? De même, qu'est-ce qui a amené l'homme onusien à vouloir calibrer les tomates et les pêches ? Qui aurait pu penser que la pourriture chimique deviendrai si pure et quasi obligatoire ?

"Le poivre est une épice obtenue à partir des baies de différentes espèces de poivriers".

- Et pour finir ... mon banquier, quand il me prête ces quelques 50000€ pour l'achat d'une maison, se réjoui t'il vraiment de mon affranchissement et de mon confort, plutôt que des bénéfices à venir, de sa prime pour portefeuille défiscalisé, du droit qu'il est en mesure de disposer sur moi, etc...

"Laisser venir à moi les petits enfants"

=> Au-delà de tout bon sentiment, à un moment donné, le marchand préfère et se convainc de l'utilité de l'arnaque, de la bourde et de la manipulation des masses, sachant pertinemment que personne (surtout pas les journalistes de la petite seconde) ne saisira la finalité du mouvement engagé. Qu'on démasque son infamie, son mensonge éhonté, il n'en a que faire... c'est à peine si cela le chatouille... il rit de son pouvoir qui lui reviendra toujours, car on parle de lui, il va afficher son indignation et sa petite misère... pour attendrir le pauvre spectateur.

Nous n'en avons que faire au final, et je serai tout disposé à suivre votre conclusion, si l'argument de départ pouvait si simplement s'appliquer. Je retourne dans mon Nihil... et fais fi des bonnes intentions commerciales ! Puisqu'il ne s'agissait pas au fond de littérature...

"Madame, il a copié sur moi !". Au coin !

13. 22/03/2011 17:40 - Guillaume_rc

Guillaume_rcBonjour M. de Viry,
"Paris, 2011, section littérature : la première loi de la reconnaissance est d’occire qui vous a obligé. " Attention, vous plagiez "Le voyage de M. Perrichon"....
Excusez moi, je n'ai pas pu résister.
Très bel article en tout cas.

14. 22/03/2011 21:09 - Spiridon

Spiridon@Charles V : Vous êtes amusant. La meute "lèche, lâche, lynche", comme vous y allez... Pour ma part, j'avais déjà enterré cette non-affaire du landerneau littéraire, après l'avoir suivie en baillant entre deux vagues sourires.

Mais elle existe bel et bien, cette meute. Ce qui m'irrite aujourd'hui, c'est qu'elle ne bave pas à l'endroit que vous pointez. Encore une fois, PPDA ne s'est nullement fait lyncher : il s'est pris les pieds dans le tapis, a menti pour tenter de s'en sortir, quand la dignité la plus élémentaire aurait simplement demandé une explication sincère. Mais PPDA en a fait la preuve à maintes reprises : il n'est plus capable d'humilité.

@ M. de Viry, vous écrivez : "Je forge ma conviction sur un argument clef: il est à peu près impossible que l'auteur et l'éditeur aient pris sciemment le risque d'une accusation de plagiat. "
Tout tient dans ce "à peu près". Je maintiens, moi, que c'est parfaitement possible, et même prouvé par l'expérience : PPDA n'a pas hésité, à une certaine époque, à truquer grossièrement une ITW de Castro. "Il faudrait être bien nouille pour faire cela", s'est-il défendu à l'époque, avant que que la preuve ne soit faite. Cocasse, non ?

Donc, factuellement, votre argument clef ne vaut rien.

Je fonde moi-même mon jugement sur quelques simples données, que voici :

- La "boulette" de PPDA n'en est pas une. La "version non contrôlée" n'a pas, comme vous l'écrivez, été sortie par erreur, mais imprimée à 20 000 exemplaires, avec couverture, prix et numéro d'ISBN. Il s'agissait bien du livre final destiné à la commercialisation. En accord avec son éditeur, PPDA a cru pouvoir prétendre le contraire. Il a bien fait, ses obligés et les naïfs en sont convaincus.

- S'il a bien dédicacé l'ouvrage, PPDA ne l'a pas lu, puisqu'il ne s'est pas rendu compte que... Mon Dieu ! Il ne s'agissait pas de sa version. Simple boulette, me direz-vous... Qui frise tout de même le ridicule.

Je pense, comme Christophe Barbier de l'Express, qu'il aurait été plus simple et plus digne de reconnaître tout simplement qu'il s'était fait assister pour la rédaction de ce livre. Est-ce un point de vue extrémiste ?

Vous semblez le penser, c'est votre droit.

Mais lorsque je vous vois drapé dans votre tenue de chevalier blanc, lance au poing, tout courroux et indignation, je ne peux m'empêcher de pouffer. On a les causes qu'on peut. Que l'on défend avec les arguments que l'on peut. Dans votre cas, une prose agile masque mal la faiblesse de l'analyse. "Ce sont rien que des jaloux", écrivez-vous. Allons... nous n'avons plus dix ans. Si ?

Mais si vous souhaitiez lancer une série, je suis sûr que nous pourrions nous entendre sur des causes honorables à défendre. Les victimes réelles du lynchage médiatique sont légion.

PPDA n'en fait pas partie.

15. 22/03/2011 23:57 - Charles V

Charles V@Spiridon
Mon Cher (Ma Chère) Spiridon,
Merci. Me trouver amusant est indiscutablement le plus beau compliment que vous pouviez formuler à mon endroit. Il me touche d’ailleurs à celui, d’endroit, que, pour reprendre votre expression, vous ne pointez pas. En en touchant une sans faire bouger l’autre (je suis un homme en somme au risque de plagier Polnareff), cela va de soi.
Que me dîtes-vous, Spiridon ? Que vous bailliez aux corneilles durant les divers développements de cette « non-affaire » ?! Fichtre, comme j’aimerais m’assoupir comme vous, tout en m’indignant aussi sereinement que bruyamment, avec un sourire en prime, face à un sujet qui n’en est pas un, si toutefois j’ai parfaitement suivi votre raisonnement. Vous êtes donc probablement un sage heureux, parmi des sages mesquins sans doute, et cela mérite bien un hommage (au risque de plagier des fontaines taries, mais peu importe à ce stade).
Venons-en, si vous le voulez bien, à la critique ‘objective’ que vous formulez aujourd’hui pendant que le sommeil et l’ennui vous gagnaient hier. « PPDA s’est pris les pieds dans le tapis, a menti pour tenter de s’en sortir, quand la dignité la plus élémentaire aurait simplement demandé une explication sincère. Mais PPDA en a fait la preuve à maintes reprises : il n’est plus capable d’humilité ».
Pour quelqu’un qui pionçait, vous faites fort l’ami Spiridon ! Ou alors, vous avez le sommeil singulièrement partial et velléitaire. Cela dit, strictement entre nous, moi aussi : il m’arrive plus souvent qu’à mon tour de rêver debout à des trucs que je ne ferai peut-être jamais. Je parlerais volontiers avec vous de ce sujet lorsque vous aurez décidé de cesser de bailler.
PPDA aurait donc « menti pour tenter de s’en sortir ». Oh le vilain ! Spiridon, si vous aviez une preuve, je suis assez preneur. (Mentir, pour votre gouverne, suppose la conscience de travestir une vérité).
« Quand la dignité la plus élémentaire aurait simplement demandé une explication sincère ». Laquelle Spiridon ? Quelle explication sincère ? Celle que vous et tous les ennemis de PPDA vilipendent depuis des semaines, bien protégés par l’anonymat de l’Internet ou par l’ultra-(il)légitimité conférée aux commentateurs (auto)autorisés de la presse parisienne ? Je vous mets au défi de trouver une seule explication, que vous la qualifiiez de sincère ou non, émise par PPDA ou son entourage, qui ne fut brocardée par ses amis d’hier ou ses ennemis de toujours en ayant été honnêtement analysée, voire même simplement entendue avec la bonne foi que l’on attend d’observateurs neutres et constructifs. S’il en est un qui pâtisse d’une présomption irréfragable de culpabilité médiatique, c’est bien PPDA. Ne vous en déplaise, il s’agit ici d’une vérité qui tient dans le triptyque que vous fustigiez en préambule de votre commentaire : lèche, lâche, lynche.
Contribuer à défendre l’honneur de cet homme répond à l’impérieuse nécessité de remettre dans le débat journalistique une petite dose d’honnêteté intellectuelle que l’Internet et son anonymat subséquent veulent rejeter dans les oubliettes de l’Histoire, afin d’ériger la confrontation des idées en une théorie d’un autre âge.
Enfin, Spiridon, et j’en aurai terminé, que vous considériez PPDA incapable d’humilité, je vous crois volontiers. Vous semblez si bien renseigné et si autorisé en la matière que je ne peux que me plier à votre sentence.
Avec toutes les réserves que vous n’avez pas.
Bien à vous

16. 23/03/2011 00:55 - edgardMind

edgardMindExcusez-moi, je passais par là et je vais vous laisser mon sentiment sur cet article. Je suis quelqu'un de simple, vraiment, et loin du dernier commentaire, proprement incompréhensible, et qui de répond pas à Spiridon, je trouve la qualité de vos arguments très faibles.

Car enfin, ce n'est pas la première fois que PPDA se fait prendre, non ? La fausse interview de Castro est fameuse. Un cas d'école, non ? Ne me dites pas que là aussi il est innocent. Si ?

En personne simple, pleine de bon sens, (j'avoue être québécois) c'est simplement faire preuve de jugement que de ne pas croire un menteur avéré. Nous appellons cela la bienveillance conditionnelle en Amérique du Nord. Ce qui signifie qu'on apporte peu de crédit à quelqu'un qui a déjà été pris à travestir la réalité. La charge de la preuve lui revient eu égard à ces antécédents. Je ne vois pas ce qu'il y a là de choquant. Il n'y a qu'en France que le style se voudrait un argument ...

Pour finir, je ne suis pas du tout convaincu et plutôt déçu car j'ai beaucoup apprécié votre entretien avec M Houellebecq. Au plaisir de vous lire sur d'autres sujets.

17. 23/03/2011 07:17 - Hulk3,14

Hulk3,14Merci pour ce beau morceau d'éloquence pseudo-encomiastique ; il est des causes qui trouvent trop rarement leur défenseur. Vous avez raison, quoi qu'en pensent les jaloux : la littérature est une jolie plumette destinée à caresser les couilles des bourgeois repus. Tout affairiste a bien droit à sa tentation de Venise.
Las, où est maintenant ce mépris de fortune...

18. 23/03/2011 13:57 - Jo

JoEgard, c'est bon la poutine ?

19. 24/03/2011 05:41 - edgardMind

edgardMind@ Jo : J'sais pas, jamais osé goûter ... mais pour rester dans le registre culinaire, j'ai senti dans le plat qu'on nous a servi plus haut un deux ingrédients avariés

Une ou deux boulettes pas fraiches, rien de plus ... Je m'en tiendrai au dernier paragraphe pour faire court. Attention, je rentre dans ma séquence maniaque et je suis probablement hors sujet.

"... car c’est par les conséquences qu’on voit les intentions de la cause." C'est jolie mais ca ne veut rien dire. Quand je lis des trucs comme ca, franchement, j'ai toujours l'impression que l'auteur nous refile en douce des vieilles denrées philosophiques périmées. C'est ce type de fausses évidences assénées qui, selon moi, vous gate un article.

Une cause n'a pas d'intention, un sujet oui, mais une cause, non. Quant aux intentions du sujet qui serait cause d'un acte, acte qui lui, produirait des conséquences, doit-on vraiment lui attribuer toutes les conséquences de son acte, sans laisser de places aux effets seconds et non voulus que sont susceptibles de produire ces actes ? Dans tous les actes produits, il peut y avoir et il y a souvent des conséquences non souhaitées qui ne sont donc pas des intentions.

Quelques lignes plus loin : "L’honneur, on le rappelle, c’est un petit nombre de principes auquel on tient plus qu’à ses propres intérêts." Sans vouloir paraître pénible, je voudrais rappeler à mon tour que cette définition de l'honneur n'est pas la seule. Au hasard, pour n'en donner qu'une : "L'honneur, on ne le rappelle pas mais on le propose, c'est la poursuite de ses intérêts par des postures plus subtiles". Moins élégante mais anthropologiquement plus juste. C'est un peu limité de réduire le concept d'honneur au dépassement de ses intérêts, vous ne trouvez pas ?

Désolé pour ces remarques mais deux petits conditionnels auraient sauvé ce passage, finalement. Ceci étant, je passe régulièrement sur ce site pour le plaisir de lire vos excellents billets ...

20. 24/03/2011 19:51 - Vespasien

VespasienProbité intellectuelles et analyse fouillée d'un mécanisme bien moderne, l'indignation facile et convenue, le "flinguage " en bande organisé: brillant article ! merci !

21. 24/03/2011 22:33 - Marin de Viry

Marin de ViryCher EdgarMind,

"Il faut aimer les conséquences des causes que l'on veut" : c'est de Pascal, si j'ai bonne mémoire (je plagiais Pascal, ou un autre moraliste). Sur l'honneur, la définition me vient de Stendhal, dans "Un nouveau complot contre les industriels". Il compare la hauteur morale d'un fabricant de calicot avec celle de Lord Byron. Il trouve que Byron a plus de noblesse, donc d'honneur, car il agit par principe et contre ses intérêts (je plagiais aussi Stendhal).
Votre pessimisme anthropologique me chagrine, mais vous êtes dans votre droit !
Si je rajoutais des conditionnels, j'aurais l'air de me méfier des propres idées. Mes lecteurs s'en méfient bien assez (vous en êtes la preuve !), il est inutile de les encourager à douter.
Merci surtout de votre lecture,
A vous

22. 25/03/2011 09:55 - rantanplan

rantanplanMonsieur de Viry, je vous trouve bien courageux d'adopter cette démarche à contresens.
Votre intervention http://www.surlering.com/video/video.php/video/marin-de-viry-evoque-houellebecq-et-dantec est très intéressante, elle m'apporte un éclairage nouveau et prouve que vous savez bien faire la part des choses sans être trop conciliant.
Toutefois à EdgarMind j'aurais plutôt cité Spinoza.
"Pour trouver la meilleure méthode de recherche de la vérité, nous n'aurons pas besoin d'une méthode par laquelle nous rechercherions cette méthode de recherche, et pour rechercher cette seconde méthode nous n'aurons pas besoin d'une troisième et ainsi de suite à l'infini ; car de cette façon nous ne parviendrons jamais à la connaissance de la vérité ni même à aucune connaissance. Il en est de cela tout de même que des instruments matériels, lesquels donneraient lieu à pareil raisonnement. Pour forger le fer on a besoin d'un marteau, et pour avoir un marteau, il est nécessaire de le faire. Pour cela on a besoin d'un autre marteau et d'autres instruments ; et pour avoir ceux-ci on a besoin de nouveaux instruments, et ainsi à l'infini. Or c'est bien en vain qu'on s'efforcerait de prouver de cette façon que les hommes n'ont aucun pouvoir de forger le fer. Mais de même que les hommes, au début, à l'aide d'instruments naturels, et bien qu'avec peine et d'une manière imparfaite, ont pu faire certaines choses très faciles, et après avoir fait celles-ci, en ont fait d'autres, plus difficiles, avec moins de peine et plus de perfection, et ainsi, s'élevant par degrés des travaux les plus simples aux instruments, et des instruments revenant à d'autres oeuvres et instruments, en arrivèrent à pouvoir accomplir beaucoup de choses, et de très difficiles, avec peu de labeur ; de même l'entendement par sa puissance innée se forme des instruments intellectuels, l'aide desquels il acquiert d'autres forces pour d'autres oeuvres intellectuelles et grâce ces oeuvres (il se forme) d'autres instruments, c'est-à-dire le pouvoir de pousser l'investigation plus avant : ainsi il avance de degré en degré jusqu'à ce qu'il ait atteint le comble de la sagesse."

23. 25/03/2011 11:25 - alciator

alciatorLe commentaire numéro 5 est de tous celui qui dis le plus, et en peu de mots.

Pour les multiples arguments avancés dans les lignes de vos détracteurs, je ne partage pas votre raisonnement, M. Viry.

Mais Dieu ce que j'aime votre panache! Vous le reconnaissez: ça ne pouvait pas passer comme une lettre à la poste, vos lecteurs n'ont pas un TOC de l'acquiescement.

Je vous souhaite d'en faire seulement un sain exercice mental, et de ne pas sombrer dans le grotesque du duo Vergès-Dumas.

Sur ce, je vais aller me faire soigner. Je vous apprécie dans l'exercice de défendre ce que je n'aime pas, c'est une vilaine rechute. Le monde est tellement plus simple à vivre quand les lignes ne se brouillent pas. Les vilains avec les vilains, les probes avec les probes.

24. 27/03/2011 00:13 - commequidirait

commequidiraitDe l'art d'enculer les mouches... "Beaucoup de bruit pour rien"

25. 27/03/2011 03:39 - Spiridon

Spiridon@ Charles V
Merci de m'avoir éclairé sur votre définition du mensonge. Je suis rassuré : nous partageons la même.
Je le répète donc : mensonge. Lorsqu'il affirme haut et fort que la version incriminée n'est PAS la version définitive, et n'était PAS destinée à la publication, PPDA ment. Il travestit délibérément la réalité des faits. Comme à l'occasion d'une certaine ITW fameuse... Mais je ne veux pas vous accabler, il semble que vous soyez mal à l'aise avec les données brutes.

Je ne vous en veux pas, vous êtes un littéraire. Un poète. S'il vous plaît de vous croire subversif en défendant le pape tout-puissant et unanimement adulé du 20h de TF1, je vous laisse à votre douce rêverie, qui ne saurait avoir sur votre confort social ou votre digestion la moindre fâcheuse conséquence.

Avec toute la réserve qui sied dans ces navrantes circonstances,

Bien à vous.



26. 27/03/2011 16:18 - Latour

LatourJe constate malgré tout (je veux dire : malgré cette société qui m'écrase) qu'il subsiste dans les commentaires d'articles sur le Ring, et dans leurs réponses, un esprit chevaleresque, teinté d'un peu de panache et de loyauté, comme on en trouve assez peu sur le web. Ainsi, je me réjouis de constater la présence encore vivace de quelques résidus du XVIIème siècle auquel je tiens tant. Toutefois, je ne peux que déplorer dans le même temps la disparition des duels : peut-être que certains règlements de compte auraient fini sur le pré à Vincennes devant quelques témoins, plutôt que derrière un ordinateur et des pseudos anonymes.

Je reviens à votre article, que je trouve très bon. Peu importe qu'il s'agisse de PPDA ou de tartempion, les mécanismes à l'oeuvre dans ce lynchage médiatique sont finement analysés. Avec toute mon admiration et ma bienveillance, P.

27. 29/03/2011 00:25 - Bak

Bak"Un peu de jet lag, un peu de hâte, et le coup classique de la version-de-fichier-qui-n’est-pas-la-bonne, hantise de quiconque a écrit un livre. "

...ainsi que de tous les manants qui quotidiennement doivent rendent compte de leurs méprisables taches par écrit.

Il suffit donc d'anoblir ses origines par une vulgaire apostrophe pour susciter la commisération de Classe...La classe, Marin...

28. 29/03/2011 14:30 - cheps

chepsSi vous permettez que j’exprime mon avis de forgeron, ou plus exactement de forgeron défroqué, puisque que je suis désormais fondeur, mais c’est autre chose …je dirais ceci :
Le forgeron lorsqu’il entreprend un lopin, sait exactement ce qu’il va devenir, la perfection du matériau brut ou l’élégance du marteau distinguent l’œuvre de l’objet.

Bien que faites du même métal vos opinions sont forgées avec une idée bien claire de ce qu’il faut obtenir, selon la sympathie des uns, ou la jalousie des autres. Il serait étonnant alors que l’opinion de l’un influence celle de l’autre, d’autant que l’objet forgé ajoute résilience et rigidité à notre fait divers éditorial. Reste alors à juger le geste qui distinguera le maître de forge de l’arpette.

A ce jeu Marin de Viry se distingue au moins au titre républicain de la présomption d’innocence, à celui moins républicain mais néanmoins estimable de la confraternité, et surtout au titre de l’élégance.

Puisqu’il faut se forger une opinion, celle du cafouillage éditorial monté en épingle par un banc de thons envieux, guidera mon pilon !

29. 29/03/2011 23:10 - Charles V

Charles V@Mon Spiridon
Mon Cher Spiridon, Ma Toute Douce,
Vous m’avez surpris… Vous ne me répondiez pas, j’ai douté d’abord, j’ai cru vous avoir froissée et je m’en suis terriblement voulu. Affligé et contrit par votre absence de tressautement, je me suis résigné à suivre vos conseils, et je me suis donc forcé à partir digérer loin de tout cela, dans un confort tout ce qu’il y a de plus social. Revenu sur le Ring par acquit de conscience, je vous ai retrouvée ! Un soulagement de taille, je ne vous dis que ça.
Ma Toute Douce, je pourrais penser que nous sommes tous deux partis sur de mauvaises bases. Amusant puis poète, vous me flattez… Vous êtes une Magnifique. Je sais désormais que vous êtes une femme, une belle femme. Et nous aurions pu faire de grandes choses ensemble.
Si vous n’aviez été une commère, j’entends.
Parce que quoi, Spiridon ? Quel est votre problème avec Poivre d'Arvor ? Dites-moi tout, je vous écoute. Pourquoi vous comporter comme tous ceux qui rabâchent la même rengaine depuis des années ? Pourquoi le faire sur le Ring sans autres arguments que ceux que tous, moins bien élevés que vous, et sur des sites plus vulgaires, emploient pour lui nuire sans raison clairement avouée ? Pourquoi persister à imputer à un homme des faits outranciers et implacables attentatoires à son honneur sans le moindre début de preuve ? Pourquoi Spiridon ? Aidez-moi, je ne vous comprends pas.
Spiridon, Ma Toute Douce, j’attends mieux de votre part. Ça, c’est de la donnée brute. Donnez-vous un tout petit peu de peine, je pourrais rallier votre position si vous acceptiez de tenter d’essayer de me convaincre. Je suis tout à vous. Sincèrement.
Vous voyez ? Les circonstances de notre rencontre ne sont pas aussi navrantes que vous le pensez.
À très vite, Ma Toute Douce

30. 30/03/2011 11:29 - alciator

alciatorSi cela continue, au grand dam de Latour (com' 26), ce n'est pas un duel auquel nous assisterons sur les douces herbes printanières de Vincennes. C'est une copulation.

Pas de suave flot rouge s'entremêlant dans une étreinte vitale avec l'humus nourricier.
Mais une semence âcre souillant nos sols las d'une civilisation qui fut industrieuse avant de céder à l'industrie, puis de se fourvoyer dans l'industrie de la jouissance.

La modernité a décidément tout ravagé.

Prenez-garde, Charles V: l'ancienne souveraineté a perdu sa légitimité quand elle a troqué son heaume pour la mousseline, son sang versé à la bataille pour son sperme distribué aux courtisanes.

31. 30/03/2011 20:39 - commequidirait

commequidirait
@ Charles V (29) : votre exercice de style (parce qu'il ne s'agit que de ça...) a quelque chose de pathétique et ne fait plaisir qu'à vous (c'est déjà ça...).
Par ailleurs, l'acharnement dont font preuve la plupart des témoignages à défendre ou condamner cet éblouissant écrivain me laisse rêveur : que PPDA soit coupable ou non de plagiat n'a que peu d'importance compte tenu de la qualité de ses textes. Il serait même souhaitable pour lui qu'il n'ait pas commis personnellement tous ses écrits. Quant à sortir les violons et les grands mots, je vous en laisse la responsabilité et je ne cède pas à la tentation de citer votre formidable phrase qu'on ne peut lire qu'avec la voix chevrotante : " Pourquoi persister à imputer à un homme des faits outranciers et implacables attentatoires à son honneur sans le moindre début de preuve ?"
Zola, te revoilà !!

32. 30/03/2011 20:58 - Charles V

Charles VOk commequidirait.
Ça va ?!

33. 24/04/2011 08:46 - Anthony Le Cazals

Anthony Le CazalsBref, comme le Teckel de Schopenhauer - qui lui ramène son gibier - Marin de Viry ne sait pas compter.

34. 07/06/2011 12:21 - pHiLoGrApH

pHiLoGrApHVous dites une chose qui me semble très juste, M. de Viry : "Vous chercherez vainement une contre-enquête journalistique.". Mais votre plaidoirie n'amène à son tour aucun fait. A quoi bon dès lors convoquer Fouquier-Tinville, Stendhal, Néron, Dantec, Nerval voire Hulk ou la baronne de Rotschild lorsque vous-même, vous n'avez pas levé le petit doigt pour argumenter votre position sur plus d'éléments que n'en produisent les accusateurs et l'accusé ?

35. 08/01/2012 10:54 - berdol

berdolBeaucoup d'énergie et de temps passé pour commenter cet immonde foutriquet et ses démêlés minables avec son clan...Et beaucoup d'approximations, mais c'est le travers du web que de permettre de traiter de tout et son contraire en 2 mn et 30s , sans vérifier ses sources, ses citations et ses raisonnements...

Ring 2012
Marin de Viry par Marin de Viry

Ecrivain, éditorialiste. Ring Wall of Fame.

Dernière réaction

Enfin ! En février dernier, j'ai rencontré un proche de l'éditeur de PPDA et suis heureuse que Ring rétablisse la vérité dans cette affaire. PPDA n'aurait jamais eu le moindre nègre mais un...

Rachel22/03/2011 11:07 Rachel
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