Sur le RING

Nuit Cubaine

SURLERING.COM - THE BOOKMAKER - par Esther L. - le 28/11/2010 - 7 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

  La rubrique fictions du Ring publie vos nouvelles, vous pouvez adresser vos textes à david@surlering.com

Autour de nous rien que de la pénombre de l'aube d'une chambre d'hôtel à La Havane, la chaleur tropicale des nuits cubaines a eu raison de notre fougue nocturne, laissant nos corps d'amants vierges du désir qui nous avait conduit jusqu'ici. Les fenêtres ouvertes laissaient pénétrer les premiers fourmillements de la rue, les voilages n'estompaient que le jour naissant dont la chaude moiteur venait se déposer sur nos corps silencieux.


Le jeune homme cubain âgé d'une trentaine d'années posa son regard sur mon corps, il me trouvait un air ingénu et voluptueux, il effleura mes seins ronds, tendus, gorgés de saveur comme deux fruits défendus. Je lui souriais encore enveloppée et bercée par les effluves nocturnes.
Avec une délicatesse empreinte d’une certaine assurance, il s'aventura à laisser promener ses doigts en dessinant tour à tour mes épaules, mon buste, mes seins, mon ventre, le creux de reins, le pommelé de mes fesses. La chaleur montait, couvrant nos peaux de fines perles d’eau et me laissant deviner sous leurs scintillements sa musculature finement ciselée, d'un corps imberbe à la peau suave comme le miel.

D'un pas de chatte encore ensommeillée, je surmontais délicatement son corps, frôlant sa peau et lui offrant dans un regard animal un baiser sur le torse. Sans gêne, je me dirigeais vers la salle de bain pour rafraîchir mon corps devenu brûlant et éveiller mes sens.
Je laissais la porte ouverte, pour me glisser sous une pluie d'eau froide. Dans la pénombre, oubliant presque la présence et le regard de Pablo, je me délectais avec un plaisir presque indécent de l'instant, mes mains effleurant ma peau, amassaient le liquide pour le laisser couler sur mon corps, m’amenaient à caresser délicatement mes seins, mes fesses, mon sexe… Ma bouche ouverte accueillait le filet l'eau qui m'inondait et se déversait le long de mon cou, mon buste où de petites rigoles naissaient à chaque mouvement au creux de ma poitrine, sur ma taille… En me penchant plus en avant, je croisais derrière moi son regard et lui offris alors une vue magistrale sur la source de mon désir apparent.

Il était seul allongé sur le lit, son corps d'une sensualité exquise semblait sceller par une érection indomptable. Il prit son sexe d’une main ferme, le caressa langoureusement tout en me dévorant du regard. Ses mouvements devinrent rythmiques dans des va-et-vient, m’invitant à le rejoindre. Un feu flamboyant s’alluma dans mon antre… Mon corps humide, ruisselant de perles d’eau fraîche, je m’avançais sans hésiter vers ce brasier puissant et majestueux qui s’offrait à moi.

D’une bouche gourmande je dégustais son sexe, laissant mes mains s’attarder, s’aventurer à caresser puis empoigner ses fesses. Mes vas et vient le long de ce membre dressé avec splendeur que je butinais, l’enserrant de plus en plus fort entre mes lèvres, provoquaient des décharges électriques dans le bas de ses reins. Chaque mouvement doublait sa fièvre, son regard contenait un mélange de supplication et de rage. Je le sentais sur le seuil, luttant pour ne pas lâcher prise avant d’avoir goûté à ce que ma vue lui offrait.


Mon désir amplifiait à son plaisir, je sentais l'œil du cyclone envahir mon sexe, c’est alors qu’il décida de m’investir dans un râle d’excitation animale en écartant mes deux cuisses et d’un coup, singulièrement violent, il s’enfonça dans mon antre ruisselant. Mes gémissements de désirs devinrent des cris de plaisir lorsque sa verge dure et brûlante perça mon être fiévreux.
Deux coups, trois coups, cent coups… je sentais sa chair me pénétrer au plus profond, à nourrir le brasier déjà quasi insoutenable. Tous mes muscles se contractaient pour essayer d’emprisonner ce sexe à l’intérieur de mon corps, mes reins se cambraient, nos corps s’étreignaient, se mordaient, se mélangeaient, se retournaient… déboussolés par des sensations intenses qui nous poussaient à accélérer. En presque agonie, dans un souffle court je relevais la tête, pris son visage entre mes mains et le regardais droit dans les yeux tels deux animaux sauvagement épris qui se faisaient face.

Ses muscles inépuisables saillaient sous sa peau mouillée, et de sa main, comme par vengeance, il empoigna mes seins, les mordit à pleine bouche, m’arrachant un cri fulminant, qui le fit enfin expier sa douleur, sa jouissance.


Esther L.
6/6/06
La Havane



Toutes les réactions (7)

1. 29/11/2010 11:24 - Alain

AlainQuelle délicieuse surprise ! L'ambiance, le lieu et les personnages se mélangent dans une chaleur exaltante. Merci et bravo pour cet agréable moment.

2. 30/11/2010 13:07 - André

André J'ai beaucoup aimé ce texte: tout y est, la sensualité, l'exotisme, l'écriture enlevée, limpide et voluptueuse, avec ce côté délicieusement suranné me rappelant Pierre loti ou Dekobra...

3. 30/11/2010 14:55 - Rollo

RolloOn pourrait aussi conclure comme ceci :
"il empoigna mes seins, les mordit à pleine bouche, m’arrachant un cri fulminant, qui le fit enfin expier sa douleur, sa jouissance. A ce moment là, Pablo ne faisait vraiment pas ses 70 ans."

Oui c'est bien écrit, c'est sensuel etc. Mais j'ai juste l'impression d'avoir déjà lu ca 10X avec en prime le gros cliché bien facile topico-cubain. Le genre de nana qui fantasme sur son prof de salsa...

Vous voulez un challenge? réécrivez le tout avec un décor basé sur l'Alaska.

4. 30/11/2010 15:45 - Chinasky

Chinasky"Il effleura mes seins ronds, tendus, gorgés de saveur comme deux fruits défendus."
Le genre de truc qui ne donne pas envie de continuer. Déjà lu un milliard de fois. Bonjour les clichetons...

5. 30/11/2010 16:48 - Esther

EstherMerci pour vos lectures et vos commentaires ouverts qui ont le mérite d'exprimer des ressentis qui sortent de l'ombre. Ce que je retiens ici en vous lisant, est que ce texte ne vous aura donc pas laissés insensibles de manière "littéraire" en premier lieu semble t'il. ;-)
@Rollo : je vais vous décevoir, j'ai toujours détesté la Salsa, mes déhanchés sont d'une autre nature et Cuba c'est surtout le souvenir de délicieux cigares. Cela étant le défit que vous évoquez, pourrait vous surprendre, en effet écrire un texte où les corps s'enlaceraient sur une calotte glacière, ne peut qu'offrir aux personnages un environnement propice à vivre des expériences hautement glissantes... qui briseraient la glace...
@Chinasky : vous avez raison, il est inutile d'essayer de...

6. 30/11/2010 17:58 - MotaOne

MotaOneEsther, continuez, courage, et bravo d'écouter les "critiques". Je trouve personnellement votre texte trop court, manque abstraction (mais tout simplement parce que c'est ce que j'aime !)

L'érotisme reste dans le fond, soit :
- la chose la plus facile à écrire (en mode effrénéné-porno-j'te touche : ils sont tous chez la Muse à R'Dine), et à répéter en (re)copiant plus ou moins les "déjà-faits".
- l'art littéraire impossible par définition, qui doit sublimer, poétiser les sens, les sensations, harmoniser psychologie et actes. Qui doit rester secret, caché, et qui transforme chaque lecteur à sa façon.

Big Up, Cuba Libre !

7. 27/07/2011 05:12 - Alina

AlinaDieu que c'est naïf, faiblard, manifestement mal rédigé, plein de clichés... N'importe quel roman de gare fait mieux dans le genre. Que de maladresses, d'improbabilités, à se demander si l'auteur s'est relu : "Dans la pénombre, oubliant PRESQUE la présence et le regard de Pablo, je me délectais avec un plaisir PRESQUE indécent", "D'un pas de chatte encore ensommeillée, je surmontais délicatement son corps" (ah bon ?), "Ma bouche ouverte accueillait le filet l'eau qui m'inondait" (j'aimerais voir ça, tiens !) etc etc. Le feu est forcément flamboyant, la bouche est bien sûr gourmande...
Un texte qui ne réussit pas à provoquer la moindre émotion sans parler d'excitation. Très décevant.

Ring 2012
Dernière réaction

Quelle délicieuse surprise ! L'ambiance, le lieu et les personnages se mélangent dans une chaleur exaltante. Merci et bravo pour cet agréable moment.

Alain29/11/2010 11:24 Alain
Tout sur
Articles les plus lus
  • Les excuses publiques de Causeur à David SerraLes excuses publiques de Causeur à David Serra

    Publié sur Causeur.fr le 11 décembre 2013, un an après le conflit entre l'auteur de Satellite Sisters et l'éditeur. Les éditions Ring annoncent à leur tour la fin du contentieux avec Maurice...

  • Vous n'en avez pas marre du "Petit Grégory"© ?Vous n'en avez pas marre du "Petit Grégory"© ?

      On en a tous assez de prendre connaissance dans les médias déchaînés des énièmes rebondissements de l'affaire... qui semble ne jamais vouloir se terminer. De loin, du Zimbabwe par exemple,...

  • Droit de réponse aux désinformations de Maurice DantecDroit de réponse aux désinformations de Maurice Dantec

    [ Addenda du 11 décembre 2013 :Les excuses publiques du Magazine Causeur à David Serra : http://www.causeur.fr/nos-excuses-a-david-serra-et-aux-editions-ring,25362David Serra et les éditions Ring...

  • Réflexions sur la tuerie antijuive de ToulouseRéflexions sur la tuerie antijuive de Toulouse

    (propos recueillis par Christophe Ono-dit-Biot) pour Le Point, 22 mars 2012, pp. 54-57 ; texte publié avec quelques coupes sous le titre : « Israël joue le rôle du diable ». Cet entretien a...

  • A l’école de l’antimodernitéA l’école de l’antimodernité

    Puisque nous sommes en début d’année, puisque cette année sera politique ô combien, puisque, on me permettra cette très vaniteuse remarque, ma troisième saison au Ring commence aujourd’hui,...

  • Le superbe top 50 des FrançaisLe superbe top 50 des Français

    Puisqu'on vous dit que vous les aimez. "TOP 50 : contre la crise, rire, métissage et proximité", voilà comment on nous présente le "sondage-événement" du JDD,...

  • Rachida Dati creuse son FillonRachida Dati creuse son Fillon

    Que le Premier ministre me pardonne ce jeu de mots sur son nom pour le titre de ce billet mais il est vrai qu'il convient de ramener à sa juste mesure la guerre que depuis quelque temps Rachida Dati...

  • Sécurité routière : l'arnaque extra-largeSécurité routière : l'arnaque extra-large

    Puisque dans ce domaine, la répression règne sans partage sur la prévention, sans que ça n'indigne personne, pas même Stéphane Hessel. Rééquilibrons les choses en faisant un peu de...

  • Poudlard for everPoudlard for ever

     A Raphaël Juldé, dernier arrivé à Poudlard mais premier reçu aux buses et aux aspics (maison Poufsouffle), et qui, d’après le professeur Trelawney rencontrera plus tôt qu’il ne le croit...

  • Rokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumainRokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumain

    « Non seulement les races n’existent pas, mais en plus, elles sont toutes égales » (proverbe de Jalons)Je viens de finir Racisme : mode d’emploi de Rokhaya Diallo, et je sais désormais que je...

  • Séduction du conspirationnisme : Umberto EcoSéduction du conspirationnisme : Umberto Eco

    Entretien avec Pierre-André Taguieff (propos recueillis par Paul-François Paoli)Philosophe, politologue en historien des idées, Pierre-André Taguieff, qui prépare un nouveau livre sur les...

  • Faces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rockFaces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rock

    Foi profonde, révélation, référence culturelle inévitable, sujet de plaisanterie, de provocation, démarche commerciale, la figure, ou plutôt Les figures du Christ sont une source...

  • In Xto Rege : à la recherche du Jésus historiqueIn Xto Rege : à la recherche du Jésus historique

    Le premier thema Ring 2011 se déploiera sur neuf textes articulés autour des questions centrales posées par la matérialité de Jésus de Nazareth, la Passion, les reliques, leurs valeurs...

  • Le suaire de Manoppello révèle le visage du ChristLe suaire de Manoppello révèle le visage du Christ

    On connaît le linceul de Turin, ce grand morceau de lin sur lequel l’image du corps entier du Christ mort est incrustée. On connaît l’histoire de la photographie de 1898 révélant que...

  • Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?

    Le texte qui prévoyait de légaliser l'euthanasie, examiné mardi au sénat, a été supprimé par deux amendements. S'il y avait bien quelque chose à supprimer, c'était ce texte, n’importe...

  • Céline rattrapé par la mémoireCéline rattrapé par la mémoire

    Sors d'ici, Louis-Ferdinand ! La République a choisi : l'ignoble sera au dessus du grand, pour l'éternité. Il ne faut pas célébrer le génie, parce qu'il est parfois antisémite. Oui, Céline...

  • Chemins de traversChemins de travers

    « Voici un étrange monstre », aurait (re)dit Corneille. La pièce que nous donne à lire Ariane Chemin dans son article sur le souper Houellebecq-Sarkozy du 14 novembre, pour être somme toute...

  • "Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe.""Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe."

    Biographe de Bashung, chroniqueur historique des Inrockuptibles, l'écrivain Marc Besse est aussi l'un des rares spécialistes de Noir Désir. Proche du groupe, cet écorché vif ne pouvait rester...

  • Cantona : quand wall street veut casser la banqueCantona : quand wall street veut casser la banque

    Cantona, qui envisage désormais la lucarne de l'Elysée, avait créé la polémique en 2011 avec sa première tentative de "révolution". Retour, avec Laurent Obertone, sur le premier coup de poker...

  • Quelques traces de rouge à lèvres…Quelques traces de rouge à lèvres…

    Et si Alain Bashung avait trouvé dans l’art de la reprise, un sens pour sa propre musique ? Voilà la relecture de l’œuvre que propose « Osez Bashung », un double album compilatoire qui met...

  • Teresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent GallaireTeresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent Gallaire

    Ancien bras droit d'Antoine Gallimard, Teresa Cremisi est depuis 2005 PDG de Flammarion. Éditrice de Michel Houellebecq, la numéro 2 du groupe Corriere Della Sera répond aux questions soulevées...

  • Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"

    Précisions : sur qui s’appuyer pour faire la révolution ?Comme dernier avatar après bien d’autres (on le verra plus bas), le bas clergé académique, tendance « sociologie critique », nous...

Offrez-vous La France orange mécanique