Sur le RING

Nelly Arcan : l'étincelle et les extincteurs

SURLERING.COM - LES PAGES ROUGES - par Maurice G. Dantec - le 12/10/2009 - 0 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

 Du suicide de Nelly Arcan, et de ses causes probables dans le monde qui l'avait créée.

Il existe deux manières de succomber au nihilisme. La première consiste à s'en faire l'esclave soumis et fier de l'être, adoptant d'instinct la posture du rebelle qui va de pair, et avalant avec délices toutes les couleuvres que la « post-modernité » lui présentera, pourvu que cela soit confectionné avec des ingrédients « verts » et « éthiquement présentables ».

La seconde se termine plus tragiquement, elle résulte d'un combat perdu d'avance contre la fondation de toute forme de nihilisme :
désirer rejoindre le néant, pour s'affranchir de la Faucheuse qui a pris possession de la « vie », mais en se jetant sur sa lame.

Il faut bien comprendre l'aspect paradoxal de ce désir thanatique, il ne s'agit pas en effet d'une quelconque « pulsion suicidaire » comme les magistrats psychanalytiques tentent de nous le faire accroire. Il s'agit bien plutôt d'une tension constamment exercée entre la spirale descendante d'un « dégoût de la vie », résultant tout autant d'expériences personnelles que de leur mise en relation avec l'univers social, et l'aspiration secrète, invisible, indicible, à une authentique illumination.

Nous allons voir comment cette aspiration s'avère au final la dernière boucle du piège que le relativisme intégral aura tissé dans les esprits, durant le temps, précisément, de la vie passée sur cette Terre par Nelly Arcan .

Le premier mensonge que la société québécoise post-modernisée est en train d'élaborer, c'est qu'elle n'est absolument pour rien dans cette « mort volontaire » (c'est en effet le mot juste), et surtout qu'il s'agit là de la « mort d'un être humain », entendez : comme tous les autres.

Un « être humain » comme vouzémoâ, avec ses pulsions maladives, ses problèmes personnels et professionnels, relationnels et intimes, bref, ce mensonge a pour but d'ôter toute singularité à ce qui fore le mystère du suicide d'un écrivain. Car c'est en tant qu'écrivain que Nelly Arcan a été « suicidée » ; comme le dit fort justement, et dans une perfection lapidaire, une certaine CalamitySandrine sur un blog québécois où j'ai vainement tenté de discuter, « on l'a tuée de sa propre main ». Mais comment cette société, qui a produit les conditions suffisantes et nécessaires à l'émergence puis à la disparition d'un tel écrivain, aurait-elle le cran de se regarder bien en face, dans le miroir de ses constantes trahisons ?

Le blog en question est à ce titre tout à fait représentatif de cette tendance, j'oserais dire cette force d'attraction collective vers la pop-psychanalyse, l'humanisme new-age, l'égomanie consensuelle et le syncrétisme post-moderniste, on est ici pour verser quelques larmes, en précisant parfois que l'on n'a rien lu d'elle (quel intérêt, en effet, s'agissant d'un écrivain ?) et s'offusquer dès lors que l'on ose remettre en question le « modèle québécois », qui est précisément le seul et unique responsable de cette mise à mort dont il s'agit de supprimer toute la singularité en la mixant aussi vite que possible dans le « moule démocratique ». Cet appendicule de la sphère Internet aura forgé sans le savoir la nécessité d'écrire ce texte, tout autant qu'il aura servi de test « en temps réel » des formes diverses et variées qu'a prises le néo-conformisme démocratique. Pour un blog se dénommant sans rire "carnet résistant", c'était disons... cohérent avec l'époque.

Je me doute bien que le sort d'une écrivaine canadienne, comme il se dit ici, même québécoise et francophone, aura peu de chances de bouleverser les rédactions parisiennes, quoique, justement , le Québec post-moderne des années 2000 se met à avoir la cote chez nos hommes politiques et intellectuels. Elle aura eut droit, n'ayez crainte, à sa rubrique nécrologique et commémorative dans quelque page culturelle d'un ou plusieurs de nos « grands quotidiens nationaux », à peine moins qu'ici même.

Ce qui compte, en ce cas précis, c'est le nombre exact de poncifs bien-pensants et de critiques préformatées qui auront été pondus à la chaîne, par les sicaires de la presse ou les baronnets de la Blogosphère, pour occulter le fait que ce sont eux, qui formatent la structure de la parole au service du vide, qui sont les plus directement impliqués dans le meurtre, par victime interposée, de Nelly Arcan.

Autant dire dans son sacrifice.

C'est étrange, les meilleurs écrivains québécois finissent inévitablement par se donner la mort; Michel Tremblay les enterrera tous.

Hubert Aquin, dernier génie littéraire national, et nationaliste de la première heure, se suicide lors de l'accession du Parti Québécois au pouvoir en 1976.

Nelly Arcan, une bonne génération plus tard, se donne la mort alors que le post-modernisme relativiste et multiculturaliste est à son sommet.

Ne cherchez pas, c'est le "hasard".

Tout le monde s'entend - en tout cas - à vouloir effacer la singularité de ce "suicide", qui n'est surtout pas lié à son existence d'écrivain. Cela demanderait à ce qu'on lise ses livres, pour commencer, effort semble-t-il hors de portée, les commémorations larmoyantes sont plus aisées, et permettent d'évacuer au plus vite l'essentiel.

Ce qui "compte" ce sont les "conditions objectives" de son suicide, c'est à dire ce qu'IL Y A DE COMMUN à TOUS LES ACTES SUICIDAIRES.

Chacun y va de son pathétique credo, les précédentes "tentatives", les immanquables "pulsions" de la circuiterie pop-psychanalytique, les "prédispositions" diverses et variées, les "peines d'amour", je passe rapidement sur les invocations pompeuses de "dépressions chroniques", voire de "psychose", jusqu'aux "problèmes financiers", sans oublier l'alcool, le sexe, les drogues, ne manque que le rock'n'roll.

Toute la société québécoise, ses médias en tête, a décidé d'aplanir ce qui fonde la singularité d'un écrivain, soit son jeu permanent avec les limites de sa propre destruction. Elle a refusé de comprendre les multiples contradictions qui fondaient son existence unique. Elle fera donc de Nelly Arcan une tragique icône pour tabloïd "intello", et personne ne se sera posé les vraies questions : non pas pourquoi, ni comment ?

Mais par qui ?

Et pour combien (d'exemplaires) ?

La société "démocratique" aura une nouvelle fois fait valoir les droits de la masse, qui se reconnaîtra dans ce portrait falsifié, et pourra continuer de dormir, en attendant le prochain vol orbital de Guy Laliberté et de son nez rouge.

Nelly Arcan, comme tout authentique écrivain, n'était pas qu'une seule personne, elle était non seulement plusieurs, mais elle était à la fois TOUTE personne possible et PERSONNE.

Ceux qui l'ont «suicidée », ses "éducateurs", les officines de la Médiature, la (dé)génération nihiliste qui lui a donné le jour, tous ont toujours su ce qu'ils faisaient en l'instrumentalisant comme "reine de l'autofiction trash" : en l'emprisonnant dans ce qu'elle paraissait être, y compris à ses propres yeux, on était certain de faire en sorte qu'elle ne devienne jamais ce qu'elle était, comme Nietzsche l'aurait probablement dit. 

Je n'écris pas ce texte pour allonger un dithyrambe posthume de plus, et pas plus pour considérer cette mort avec le mépris convenu des écrivaillons du 6° arrondissement, ou de je ne sais quel cours de cultural studies , je vais au contraire m'efforcer de démontrer comment, simultanément, Nelly Arcan était un authentique écrivain, c'est à dire un être en devenir, tout autant que l'instrument pas totalement involontaire du "piège" dans lequel elle était enfermée, avec l'aide "désintéressée" des médias (dont celui qui l'avait embauchée), en répondant aux attentes d'un public amateur de "transgressions autofictionnelles", avant, précisément, face au mur du réel, de changer de direction, et de n'être plus comprise, ni suivie par les critiques en vue.

Cette jeune femme était à l'image de l'époque, elle en était son clone, et elle le savait. Ses chirurgies plastiques n'étaient que la conséquence d'une profonde perte d'identité - liée aux nouvelles formes normatives post-modernistes - et ces précédentes tentatives de suicide démontrent, si besoin est, qu'elle avait outrageusement conscience du terrible VIDE que la génération précédente, celle qui lui a "appris" la littérature à l'Université (!), lui avait laissé comme legs.

Prise dans cet étau insoutenable, sa "conscience" d'écrivaine ( c'est à dire double par nature) ne pouvait finir que par imploser. C'est pour cette raison que j'affirme sans ambiguïté que c'est bien la société dont elle était la paradoxale image (sur)vivante qui l'a faite disparaître. Comme Hubert Aquin fut "suicidé" par le social-libéralisme indépendantiste de la société québécoise des années 70.


C'est par ses livres bien sûr, que l'on a une chance de pouvoir comprendre la destinée de cette jeune femme, éliminée par la société dont elle était un des produits les plus aboutis tout autant qu'un pôle de résistance inconscient.

Mais c'est moins par leur contenu manifeste que par leur contenu latent. En fait, lire un livre de Nelly Arcan relève d'une bizarre expérience apophatique, ce qui est dit orbite autour d'un abyssal vide ontologique qui est à chaque fois le secret littéraire de l'ouvrage, son secret, donc son axe.

Dés la parution de son premier roman, Putain, tout était en place pour la grande bouffonnerie du monde de la Culture, en quête continuelle d'une idole à consommer, jusqu'aux cendres si possible. Le livre de Nelly Arcan tombait à pic pour les pigistes nécessiteux de la critique « subversive », il arrivait en pleine vague « trash » et au moment où les « autofictions » en vogue, de Catherine Millet à Christine Angot, se focalisaient principalement sur les positions du Kama-Sutra à adopter avec tel ou tel éditeur ou écrivain à succès sur la banquette arrière d'une voiture de location.

Mieux encore, elle s'offrait ainsi aux petits jansénistes du web qui, s'autobombardant « défenseurs de la littérature », s'empressèrent de l'assimiler avec les nouvelles figures « féminines » de cette écriture « transgressive », qui n'est rien d'autre que la panoplie phantasmatique bourgeoise adaptée aux moeurs de notre époque sexuellement « libérée ».

On a beaucoup glosé sur ce livre mais tout le monde s'entendit pour y voir « un cri de haine contre la gent masculine, doublé d'une haine de soi et d'un profond désespoir ». Personne ne sembla prêter attention à la tension dont je parlais plus haut, et qui naissait d'un quatrième terme. Ce terme, c'est l'écriture. C'était tout ce qui tentait justement de résister à la haine et au désespoir, c'est à dire au nihilisme ; cette tension se faisait jour dans l'écriture disais-je, donc par la pensée en mouvement, mais on n'en était encore qu'aux premières secondes post-natales, il s'agissait déjà pour Nelly Arcan de se réapproprier son oeuvre et son destin d'écrivain, convoités par tout les réducteurs de têtes de la culture et de la communication.

Avec la parution de son second roman, Folle, le processus de digestion par l'estomac du monstre culturel franchit un seuil qualitatif. Ce livre présente en effet comme sous une lumière chirurgicale tout ce que le premier avait jeté dans le chaos de l'électricité nocturne. Pourtant, déjà, Nelly Arcan sut jouer d'un paradoxe croisé : la vie d'une escort-girl est au final plus fatalement « réglée » que celle d'une jeune femme en quête de beauté et en proie au terrifiant conformisme de la « société normale », dans laquelle la seule issue est le pathos, alors que la seule maladie réelle c'est précisément cette société, capable de fabriquer celle qu'elle avait traversée dans le premier roman. Peu de « critiques » ont me semble-t-il perçu ce lien mystérieux et pourtant si visible entre les deux ouvrages. L'autofiction semblait vouloir se libérer de sa gangue systémique, certains parlèrent même de « poésie », de petits profs subventionnés lui accordèrent un satisfecit en maîtrise de la langue française, on vanta une « narration » plus construite, mais c'était évidemment pour mieux la confondre avec ce qu'elle pensait être, pour l'identifier avec l'image collective/objective qu'elle se fabriquait d'elle-même, tout autant que l'image subjectivisée que le socius lui renvoyait, avec pour objectif d' encadrer sa littérature naissante dans les schèmes de la « critique » contemporaine, qui n'aurait plus qu'à débiter à l'avance ses saucisses de poncifs universitaires.

Comme d'habitude, celle-ci manqua l'essentiel, c'est à dire la naissance d'une tragédie.

Désormais la tension exercée par l'écriture se faisait plus sensible, quelque chose résistait au récit lui-même, et surtout résistait à l'écrivain elle-même. En fait quelque chose résistait de l'intérieur à sa propre écriture.

Cela ne pouvait conduire qu'à une crise - krisis, changement - c'est à dire à une authentique catastrophe ontologique, qui est ce moment ineffable où l'écrivain se découvre un être libre.

Le moment le plus dangereux pour tout être humain, en particulier lorsqu'il s'est assujetti au verbe.

La Vérité nous rendra libre, nous apprennent les Saintes Écritures, c'est pour cette raison que la Vérité ne l'est pas. Elle est non seulement le point nodal de toutes les contraintes du Monde Créé, mais elle est aussi la lumière qui se transfigure et s'incarne, jusqu'à l'état de dénuement le plus extrême.

La Vérité gît au fond d'une cellule, ou saigne suppliciée sur une croix, si elle illumine c'est parce qu'elle prend sur elle toutes les ténèbres du monde. Si elle peut nous offrir la liberté c'est grâce au sacrifice qu'elle a consenti de la sienne propre.

La littérature est un lointain reflet de cette étincelle paradoxale ; écrire ne consiste pas à exprimer quelque chose venant de soi, mais à imprimer sur ce soi tout ce que le Cosmos est en mesure d'offrir et d'inventer à chaque instant.

L'écrivain n'est pas un haut-parleur, sauf celui qui aboie avec ses maîtres, l'écrivain est une machine d'enregistrement, de décodage, une machine « en-statique » qui aspire l'univers vers elle, telle une « boîte noire », plutôt que de diriger son esprit vers les extases fusionnelles avec l'extérieur.

A ce stade des hostilités entre l'écrivain Nelly Arcan et la société qui l'a conçue, la disjonction est déjà opérante, même si chacun des antagonistes n'en a pas encore pleinement conscience. Alors que la Médiature Générale et le troupeau démocratique qui la lit s'entendent pour vanter l'aspect « dérangeant », « intime », « cru » et « violent » de ses deux premiers romans, avec le « désespoir » qui va de pair, Nelly Arcan, lors d'une entrevue donnée à l'hebdomadaire VOIR, laisse percevoir la nature du choc dont je parlais un peu plus haut, cet impact laissé par l'irruption intempestive de la littérature au c½ur du « soi » qu'elle est venue détruire. Pour la première fois depuis son apparition sur la « scène littéraire », Nelly Arcan laisse échapper quelques mots cruciaux qui démontrent qu'elle a déjà compris que toute poésie, et par extension toute littérature, se doit d'être impersonnelle, comme le savait Georg Trakl :

Quand j'écris, je suis dans un état de grande neutralité. Je ne suis pas affectée par ce que j'écris. Je suis facilement affectée par la vie, les choses qui m'arrivent, mais dans l'écriture, il y a une grande distance qui s'installe. Je travaille énormément le rythme, les phrases, pour que le tout soit fluide. Je veux d'abord servir le sens du texte, et non pas une vérité qui serait personnelle.

Personne ne prit acte de la rupture en fait déjà consommée. Personne, d'ailleurs, ne voulut jamais admettre cet état de fait, jusqu'aux derniers instants la conspiration des imbéciles s'acharna à répéter son mantra et à tenter, souvent avec succès, à encager l'écrivaine dans un numéro ou un autre de son Magic Circus culturel.

Pourtant, il suffit à Nelly Arcan d'une soixantaine de pages pour définitivement vitrifier cette critique journalistique amorphe qui, déjà plongée dans son coma générationnel, ne se rendit pas compte qu'elle venait d'être tranquillement irradiée par un « objet » qu'elle ne pourrait comprendre, un « objet » qui la rendrait aveugle ou l'obligerait à coudre ses paupières.

Cet « objet » était un enfant. Un enfant aux miroirs.

Il n'y a rien de plus dangereux qu'un miroir.

Sinon un enfant.


Présenté comme un « conte », accompagné d'illustrations se faisant de plus en plus sombres et étranges au fil des pages, du format d'une nouvelle, ce texte semblait avoir été conçu, consciemment ou non peu importe, pour prendre à revers les dispositifs de la « critique » dont Nelly Arcan avait probablement décelé l'extrême dangerosité, bien plus élevée que celle des milieux interlopes qu'elle avait auparavant fréquenté dans le red light district.

Ce livre était à n'en point douter une forme de piège, un stratagème littéraire renvoyé à la face des petits tacticiens de la vie quotidienne.

Les thématiques de Nelly Arcan s'y révélaient cette fois avec une distance totalement assumée, l'impersonnalité ontologique devenait facteur de fulgurances narratives où la problématique de la falsification identitaire du corps « plastique » se faisait jour comme rapport sens/forme.

On y vit la plupart du temps un récit sur l' « anorexie », les questions soulevées par « l 'usage de la chirurgie esthétique », ou par la « surexposition médiatique » (les journalistes ne savent même pas parler correctement de leur fonds de commerce),  certes on fit remarquer les problèmes d' « identité » que l'écrivaine semblait « subir » et « révéler » par son écriture, c'est à dire très exactement l'inverse que ce que cette même écriture était précisément en train de produire, y compris contre la volonté de l'écrivain qui la portait.

Ce que Nelly Arcan ne pouvait savoir à l'époque c'est qu'il était devenu impossible à la critique journalistique québécoise de se dédire. On avait fait d'elle bien plus qu'une « simple » écrivaine (il n'est jamais suffisant d'écrire, pour les cuistres), on l'avait couronnée impératrice de la relève littéraire québécoise, reine de la modernité autofictionnelle, elle avait impressionné Paris, elle était publiée au Seuil, elle était promise à un succès international, il aurait été anti-patriotique, et surtout contraire à ses intérêts bien compris, d'émettre la moindre opinion vraiment négative à son sujet.

Quelques-uns, micro-exceptions à la méga-règle, firent un peu la fine bouche devant l'abandon de ce qui avait permis le succès initial de l'auteur, mais on peut affirmer sans risque de se tromper qu'ils n'étaient que les dociles instruments de la seconde mâchoire du piège socio-médiatique, ils donnaient du crédit (presque) gratuitement à tous les autres et surtout, ils ouvraient subrepticement la porte à l'incompréhension assumée comme telle.

Que l'on ait saisi la dimension spécifique de ce livre importait peu, il fallait continuer coûte que coûte cette comédie pathétique de la petitesse bourgeoise, qui consistait à encenser (ou « critiquer ») l'écrivain non pour son ½uvre mais pour le personnage public que l'on avait fait d'elle et sur lequel tant de personnes avaient investi.

Ce livre, pourtant, marquait l'heure de la rupture intégrale.

A l'autofiction, Nelly Arcan substituait un récit polymorphe, aux limites du fantastique, dans lequel l'invisible prenait corps et où, étrangement, le thème du miroir, ou plutôt des miroirs, comme jeu labyrinthique, et piège à identité, occupait une place centrale.

La fiction, seul véritable vecteur de la littérature, se libérait de son « auto », réflexif et emmurant, ce « self » qui n'a pour raison d'être que de finir détruit par l'écriture, l'imagination n'était plus contenue par la volonté de coller à la soi-disant « réalité » et se permettait dès lors de côtoyer des territoires mystérieux où les technologies cosmétiques du corps-objet dialoguaient avec les abysses forés au c½ur de l'âme de l'écrivain.

Une étincelle se mettait à scintiller pour de bon dans la cellule, un rayon de lumière prenait son autonomie au c½ur de la machinerie humaine socioprogrammée, un départ de feu semblait en mesure de la court-circuiter pour de bon et de faire fondre la carapace de plastique qui séparait encore l' « individu » Nelly Arcan de la phase de « réunification », cette ultime étape de la quête alchimique, celle de tout être humain qui se met à la disposition du verbe.

C'était aussi le moment que le nihilisme préfère.

La Mort pouvait se contenter d'attendre, ce ne serait plus très long maintenant.

La société de la culture dé-singularisée était déjà prête à faire de la disparition de l'écrivain la chronique d'un suicide annoncé, la rubrique nécrologique était déjà dans toutes les têtes.

Elle ne pourrait éviter de s'inscrire dans celle de Nelly Arcan.

Il suffirait que le ciel s'ouvre.

Le sommet bétonné d'un immeuble, à ciel ouvert. La Cité « humaine » perçue depuis le zénith de la parfaite impersonnalité. Un triangle amoureux à la fois tragique et terriblement « banal ». La trahison comme processus de survie, l'amitié comme bourse d'échanges entre les individus aux plastiques métamorphiques. Le regard de l'autre considéré comme chirurgie intrusive. La haine de soi par soi cristallisée en colère « du double » envers le « moi », désormais clairement désigné pour cible. Le mépris des hommes radicalement accompagné de son équivalent féminin, plus de vengeance et ses boucs émissaires, mais la justice dans toute sa terrifiante et universelle implacabilité, la violence de l'écriture désormais distribuée à tout ce qui se dénomme humanité, une rage glaciale quoique tout juste apparente envers les roitelets de la communication et les Miss-Culture de la modernité. La cosmétique générale comme régime universel des ontologies de remplacement, sentiments annihilés donc exacerbés jusqu'à l'ultra violence. Le ciel orageux comme une immense blessure qui englobe le monde et dont l'ouverture, paradoxalement, incarcère ceux qui vivent sous son dôme électrique naturel.

Unité de lieu, unité de temps, unité d'action.

Qui aurait pu se douter un seul instant que l'acte de liberté absolue de Nelly Arcan allait prendre la forme du trinôme multicentenaire de la pure prose classique ?

Pas ceux qui, en tout cas, durent avaler la pilule, si j'ose dire, tout en maintenant un semblant de maintien et de correction à la table des invités.

Certains allèrent jusqu'à susurrer des mots susceptibles d'évoquer, indirectement certes, la notion de « trahison » voire d' « ingratitude », sans comprendre (comment le pourraient-ils ?) que la « fonction » d'un écrivain, s'il en est une, c'est justement de trahir ce monde et de ne devoir strictement rien à personne.

Les plus courageux d'entre eux parlèrent d' « abandon » certains firent même vaguement allusion à une possible « régression », voire, pire encore, de « construction traditionnelle », beaucoup s'accordèrent pour trouver ce livre « moins intéressant » et « moins novateur » que les précédents.

Le titre était déjà tout un programme. Il ne laissait guère de doute quant à la direction empruntée par l'écrivaine. Il était grand temps de la ramener à de plus raisonnables ambitions littéraires.

Il était temps de lui rappeler par qui et pourquoi elle avait été fabriquée.

Il était temps de lui rappeler qu'aucune étincelle de liberté ne résiste à la puissance ignifuge des extincteurs de la Culture.

Il était temps de lui rappeler que ce n'est pas l'immuabilité du silence qui peut condamner un écrivain, mais l'incessante insignifiance des bavardages.


Le moyen le plus sûr pour qu'il ne puisse s'y soustraire est d'une simplicité effarante : il suffit de le convaincre d'entrer dans le club de ceux qui les profèrent, en profitant de cette période de doute insufflée par la société elle-même. Lui offrir une « tribune » dans un journal ou un autre est une des méthodes les plus sûrement éprouvées par les maquereaux du nihilisme alphabétisé.

Peu de temps après la parution d'A ciel ouvert, alors que la critique journalistique poursuivait ses valses-hésitations autour de la « nouvelle Nelly Arcan », l'hebdomadaire gratuit ICI-MONTREAL parvint à l'attirer dans ses colonnes même pas infernales, et le ciel enfin offert se transforma irrésistiblement en une nouvelle cellule carcérale, celle de la presse à poncifs humanitaires, celle des pigistes guévaristes à la petite semaine, celle des « transgressifs » à géométrie phantasmatique variable, celle qui aimait bien Nelly Arcan, mais sous la neige carbonique des idées reçues.

Ainsi Nelly Arcan devint chroniqueuse socioculturelle pour une vulgaire machinerie du nihilisme soft alors même que les cieux littéraires s'étaient enfin ouverts dans l'orage de la krisis ontologique, avaient avalé le monde, et permis à toutes les identités de sa personne de se réunir tout en restant disjointes, bref, au moment où elle était devenue un écrivain à part entière.

Certes, je n'affirmerais pas ici qu'on a voulu sa mort stricto sensu, qu'un complot conscient a déterminé son geste, mais plutôt qu'on a tout fait (ce « on » amorphe et venimeux du collectif anonyme social) pour que ce désir thanatique que j'évoquais au début puisse revenir à l'avant-plan par la voie même qui ouvrait sur l'espérance. L'Agence de Programmation Générale n'est ni vénale ni cruelle, elle ne poursuit aucun intérêt spécifique, elle est la nature même de l'Homme de la Chute, elle est juste la métaphore actualisée de la masse humaine et de tous les moyens dont elle dispose pour faire taire toute singularité émergente.

Nelly Arcan risquait de devenir un être libre. Et elle risquait de le faire savoir. On comprend l'empressement qu'on a mis pour en faire une journaliste.

On comprend pourquoi on a voulu à ce point qu'elle reste dans le camp de la mort.

Maurice G.Dantec, le 10 octobre 2009.

(1) Il se reconnaîtra assez vite sans que j'ai besoin de le citer.



Soyez le premier à réagir

réagissez, commentez, publiez, vous êtes sur le ring



Veuillez saisir le code Anti-Robot, ce code sert à vérifier que vous n'êtes pas un Robot.
Ring 2012
Maurice G. Dantec par Maurice G. Dantec

Romancier traduit dans 34 pays, essayiste, éditorialiste. Ring Wall of fame.

MgDantec
Articles les plus lus
  • A l’école de l’antimodernitéA l’école de l’antimodernité

    Puisque nous sommes en début d’année, puisque cette année sera politique ô combien, puisque, on me permettra cette très vaniteuse remarque, ma troisième saison au Ring commence aujourd’hui,...

  • Etta d’AmériqueEtta d’Amérique

    Encore une star de moins sur le walk of fame. C’est à croire que des étoiles qui constellent notre ciel, ce sont les plus petites qui brillent le plus. Et celles dont on oublie le nom. Un petit...

  • Hollande, voyage dans l'intellect d'un fromage en maturationHollande, voyage dans l'intellect d'un fromage en maturation

    Mais un fromage à 60%, tout de même. Ça y est, François Hollande a mis des mots sur son « programme ». Un programme en deux points : rêve et égalité. Sérieusement, qui François...

  • "La tragédie de 1915", génocide en superdiscount"La tragédie de 1915", génocide en superdiscount

    En 1987, le Conseil de l'Europe a reconnu une première fois le génocide arménien, en 2001, il y a eu la loi mémorielle à l'initiative de Jean-Claude Gaudin, maire de la ville à la plus grande...

  • Einstein On The Beach : un jeu sur la courbe du tempsEinstein On The Beach : un jeu sur la courbe du temps

    Il est des événements musicaux qui ont la fulgurance et la rareté des phénomènes astronomiques. Aussi ne passez pas à côté du remontage exceptionnel d’Einstein On The beach, apothéose...

  • Les étoiles 2011 de DantecLes étoiles 2011 de Dantec

    "Il vaut mieux attraper la peste que rencontrer certaines personnes ; à l'inverse, on ne pourrait vivre en passant à côté de certaines rencontres" ("Manuel de survie en territoire zéro").Maurice...

  • Le superbe top 50 des FrançaisLe superbe top 50 des Français

    Puisqu'on vous dit que vous les aimez. "TOP 50 : contre la crise, rire, métissage et proximité", voilà comment on nous présente le "sondage-événement" du JDD, censé établir la liste...

  • Rachida Dati creuse son FillonRachida Dati creuse son Fillon

    Que le Premier ministre me pardonne ce jeu de mots sur son nom pour le titre de ce billet mais il est vrai qu'il convient de ramener à sa juste mesure la guerre que depuis quelque temps Rachida Dati...

  • Sécurité routière : l'arnaque extra-largeSécurité routière : l'arnaque extra-large

    Puisque dans ce domaine, la répression règne sans partage sur la prévention, sans que ça n'indigne personne, pas même Stéphane Hessel. Rééquilibrons les choses en faisant un peu de...

  • Dans l'enfer de Gotham magazineDans l'enfer de Gotham magazine

    À côté d'un journal moderne, même le candidat du NPA devient enthousiasmant. Et pour cause : être ennuyeux, c'est ce qu'on demande aux journalistes. Aux journalistes régionaux en particulier...

  • Poudlard for everPoudlard for ever

     A Raphaël Juldé, dernier arrivé à Poudlard mais premier reçu aux buses et aux aspics (maison Poufsouffle), et qui, d’après le professeur Trelawney rencontrera plus tôt qu’il ne le croit...

  • Gennevilliers - Asnières : 1-0Gennevilliers - Asnières : 1-0

    Il y a un peu plus d'une semaine, Samy, adolescent de 15 ans de la cité des Courtilles  à Asnières, succombait à une blessure à l'arme blanche qui lui avait été infligée par une bande rivale...

  • Rokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumainRokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumain

    « Non seulement les races n’existent pas, mais en plus, elles sont toutes égales » (proverbe de Jalons)Je viens de finir Racisme : mode d’emploi de Rokhaya Diallo, et je sais désormais que je...

  • Séduction du conspirationnisme : Umberto EcoSéduction du conspirationnisme : Umberto Eco

    Entretien avec Pierre-André Taguieff (propos recueillis par Paul-François Paoli)Philosophe, politologue en historien des idées, Pierre-André Taguieff, qui prépare un nouveau livre sur les...

  • Joue-la comme BacharJoue-la comme Bachar

    Dans un monde arabe en pleine tempête, un pays d’irréductibles baathistes résiste aux bourrasques de la revendication 2.0. La Syrie de Bachar Al-Assad prête le flanc à la critique mais ne plie...

  • Pour qui les révolutions sont-elles une bonne nouvelle ?Pour qui les révolutions sont-elles une bonne nouvelle ?

    En dehors d'avoir été une excellente occasion pour descendre MAM et quelques ambassadeurs, ce qui se passe en Tunisie, en Égypte, en Libye et dans une moindre mesure (pour l'instant) dans...

  • Les révoltes arabes, les intellectuels français et la pensée "complexe"Les révoltes arabes, les intellectuels français et la pensée "complexe"

    Voici deux mois, le jeune Mohamed El-Bouazizi décédait l’hôpital de Ben Arous, et la Tunisie s’embrasait, entraînant à sa suite nombre de pays arabes. Voilà un mois, un étrange débat...

  • Corpus Christi : douze heures pour tuer le ChristCorpus Christi : douze heures pour tuer le Christ

    Douze thèmes principaux, autant d'heures de bobine, 27 spécialistes, les ovations de toute la bonne presse française. Corpus Christi, série de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, ressemble à...

  • Faces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rockFaces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rock

    Foi profonde, révélation, référence culturelle inévitable, sujet de plaisanterie, de provocation, démarche commerciale, la figure, ou plutôt Les figures du Christ sont une source...

  • In Xto Rege : à la recherche du Jésus historiqueIn Xto Rege : à la recherche du Jésus historique

    Le premier thema Ring 2011 se déploiera sur neuf textes articulés autour des questions centrales posées par la matérialité de Jésus de Nazareth, la Passion, les reliques, leurs valeurs...

  • La Passion du Christ : retour sur un scandaleLa Passion du Christ : retour sur un scandale

    Ecrits en avril 2004, ces trois textes au lyrisme parfois naïf constituèrent mon entrée dans la blogosphère littéraire. Malgré leurs évidents défauts, ils me semblent encore pouvoir...

  • Le suaire de Manoppello révèle le visage du ChristLe suaire de Manoppello révèle le visage du Christ

    On connaît le linceul de Turin, ce grand morceau de lin sur lequel l’image du corps entier du Christ mort est incrustée. On connaît l’histoire de la photographie de 1898 révélant que...

  • Trois tombeaux pour le ChristTrois tombeaux pour le Christ

     La tombe du Christ en Inde ? À Talpiot ? Peu importe, on veut bien y croire, pourvu qu'elles démentent les Évangiles. Retour sur les nouveaux X-files à la mode autour du Jésus historique.Le...

  • Et si le Diable était anglais ?Et si le Diable était anglais ?

    "Je crois qu'il est temps de tourner la page sur les politiques du passé qui ont échoué". Quelques mois après Angela Merkel, c'est au tour de David Cameron de donner un gros coup de pioche dans...

  • John Barry [1933-2011]John Barry [1933-2011]

    Sa Majesté n’en revient pas, Bond en perd son flegme, et Danny Wilde son humour. Le toujours élégant John Barry a joué lui-même son œuvre ultime: sa propre mort. Si ce n’est pas cela, le...

  • La guerre dans le Nevada [dossier spécial]La guerre dans le Nevada [dossier spécial]

    Depuis ses débuts, Red Flag a entraîné les pilotes à survivre à leurs dix premières missions de combat. Toutefois, plus les opérations aériennes sont devenues complexes, plus la pression...

  • On a retrouvé la tête de Laëtitia PerraisOn a retrouvé la tête de Laëtitia Perrais

    Mardi après midi, la terrible nouvelle est tombée : une tête a été retrouvée dans un étang de 20 mètres de profondeur, à Lavau-sur-Loire. Selon les premières constatations, cette tête...

  • Ainsi parlait ZaraDebbouztraAinsi parlait ZaraDebbouztra

    Presque par bonheur, on l'avait oublié. Le revoilà. Jamel Debbouze a choisi l'Express (c'est de circonstance, il y a vraiment quelque chose de ferroviaire dans cet entretien) pour exercer son...

  • Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?

    Le texte qui prévoyait de légaliser l'euthanasie, examiné mardi au sénat, a été supprimé par deux amendements. S'il y avait bien quelque chose à supprimer, c'était ce texte, n’importe...

  • Céline, commémoration pour une autre foisCéline, commémoration pour une autre fois

    Finalement, qu’est-ce qu’on s’en fout que Céline ne fasse pas partie des commémorations officielles de 2011 ! Que vaudrait d’abord un écrivain célébré par la République dont les...

  • Céline rattrapé par la mémoireCéline rattrapé par la mémoire

    Sors d'ici, Louis-Ferdinand ! La République a choisi : l'ignoble sera au dessus du grand, pour l'éternité. Il ne faut pas célébrer le génie, parce qu'il est parfois antisémite. Oui, Céline...

  • Ben Laden choisit la France, et la France son destinBen Laden choisit la France, et la France son destin

    Ben Laden menace la France. On a envie de dire que c’est trop d’honneur ! Se voir hissé au niveau des grandes puissances qui menacent sa petite entreprise flatte notre ego d’anciens...

  • Broadcast : the dream is overBroadcast : the dream is over

    Chanteuse et icône du groupe, Trish Keenan n’est plus. La grande sœur idéale s’en est allée planer au dessus des nimbus qui plombent Birmingham. Avant que de sombrer dans l’oubli, laissons...

  • La fille du Diable est dans la PlaceLa fille du Diable est dans la Place

    Pour les politiques, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est que le Diable a pris sa retraite. La mauvaise, c'est qu'il a une fille, que cette fille lui ressemble et qu'elle a pris...

  • Tunisie année zéroTunisie année zéro

    L’histoire n’est pas finie. Telle est l’antienne récitée par les média français contempteurs tardifs du régime de Ben Ali.  L’improbable « Révolution du jasmin », par sa force...

  • Marine Le Pen : réseaux & paradoxesMarine Le Pen : réseaux & paradoxes

    Alors que Marine Le Pen vient de remporter, sans surprise, les « primaires » du FN en succédant à son père à la présidence du FN avec 67% des suffrages, balayant d'un revers de main son...

  • 2010, l'année des dérapages2010, l'année des dérapages

    Myard, Morano, Gaudin, Longuet, Frêche, Fabius, Siné, Vals, Mélenchon, Zemmour, Pagny, Guerlain, Séguela, Ménard, Hortefeux, etc. Leur point commun ? Ils ont dérapé. Attachez vos ceintures,...

  • Benoît XVI - Un cœur intelligentBenoît XVI - Un cœur intelligent

    Lecture de Lumière du monde, un entretien de Benoît XVI avec Peter Seewald :  Lumière des siècles contre siècle des lumières.Les communistes avaient tenté de se débarrasser de Jean-Paul II...

  • Cold Wave is not dead : le zéro absolu du rockCold Wave is not dead : le zéro absolu du rock

    La Cold Wave, cette déferlante qui vient ronger comme l’azote liquide les piliers du post-punk balbutiant et tentaculaire, emporte les âmes au cœur de l’hiver thermonucléaire. Balade...

  • Zemmour, le dérapeurZemmour, le dérapeur

    Vous avez raté les articles de Libé et Rue89 sur le procès d’Eric Zemmour ? Pire ! vous les avez lus mais êtes restés sur votre faim ? Les pingres ! Même pas un « pétainiste », ni même un...

  • Robert Brasillach : le procès expédiéRobert Brasillach : le procès expédié

    Il en va de certains écrivains comme des maladies vénériennes. Tout le monde les connaît mais personne n'en parle. Ainsi de Robert Brasillach dont il suffit de prononcer le nom au beau milieu...

  • L'Arizona, capitale de la haine ?L'Arizona, capitale de la haine ?

    Six morts, douze blessés. C'est le terrible bilan de la fusillade qui a éclaté samedi dernier, dans l'Arizona, lors d'une réunion politique. Parmi les blessés, la parlementaire démocrate...

  • Requiem pour une sexualité d'EtatRequiem pour une sexualité d'Etat

    Faut-il des assistants sexuels pour "soulager" les handicapés ? C'est la question que posent a priori sérieusement certains députés, en particulier Jean-François Chossy, de l'UMP. Notre époque...

  • Du bon et du mauvais usage de l’indignationDu bon et du mauvais usage de l’indignation

    Il est sympathique ce Stéphane Hessel avec sa gueule du vieux qui sait et son histoire héroïque de grand résistant,  grand bourgeois, grand lettré,  grand amoureux des femmes (il en a eu cinq...

  • Jacques Vergès, Roland Dumas et la moralité de la défenseJacques Vergès, Roland Dumas et la moralité de la défense

    Cela faisait quelque temps que j'avais l'intention de consacrer un billet à cette interrogation : La défense est-elle morale ? Elle a été formulée à la rentrée du Jeune Barreau du Val d'Oise...

  • Terreur et martyre : il était minuit à AlexandrieTerreur et martyre : il était minuit à Alexandrie

    Il était minuit à Alexandrie.« Le martyre est l’expression absolue de notre amour » Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk Alexandrie, Egypte. 2010 vit ses derniers instants, tels ces...

  • Assises islamisation : c'est la lutte prime-timeAssises islamisation : c'est la lutte prime-time

    La jurisprudence Marine Le Pen est passée par là : se demander si les musulmans peuvent être "trop", sous des latitudes où il faut bien reconnaitre qu'ils se sont séculairement contentés...

  • Joy Division par Kevin CumminsJoy Division par Kevin Cummins

    Lou Reed voulait que son bijou, Berlin, soit « un film pour les oreilles ». Avec ce recueil sobrement intitulé Joy Division, Kevin Cummins nous offre le son pour les yeux. Entrez dans  la...

  • Chemins de traversChemins de travers

    « Voici un étrange monstre », aurait (re)dit Corneille. La pièce que nous donne à lire Ariane Chemin dans son article sur le souper Houellebecq-Sarkozy du 14 novembre, pour être somme toute...

  • Occupation des rues : un dérapage collectif ?Occupation des rues : un dérapage collectif ?

    «Je réitère qu’un certain nombre de territoires, de plus en plus nombreux, sont soumis à des lois religieuses qui se substituent aux lois de la République. Oui il y a occupation et il y a...

  • PS : les intermittents de la réalité en tournéePS : les intermittents de la réalité en tournée

    Même si Benoît Hamon doit en être à sa quarantième boite de Valium, il faut reconnaitre qu'il n'y a que le PS pour égayer ainsi nos froides soirées d'hiver. Tout d'abord, l'ineffable...

  • Wikileaks, le napster des ambassades ?Wikileaks, le napster des ambassades ?

    Parce que Wikileaks s’opposait à l’ordre établi, on l’a cru de gauche. Pour autant, l’entreprise est-elle révolutionnaire ? Oui, autant que Montesquieu peut l’être. Mais son alliance...

  • "Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe.""Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe."

    Biographe de Bashung, chroniqueur historique des Inrockuptibles, l'écrivain Marc Besse est aussi l'un des rares spécialistes de Noir Désir. Proche du groupe, cet écorché vif ne pouvait rester...

  • Blondeincendiaire.com : the murder chat roomBlondeincendiaire.com : the murder chat room

    (reportage vidéo à ne pas louper en fin de chronique)Au moment où Wikileaks relance le débat sur la place de la transparence dans la vie démocratique avec ses soit-disantes « révélations »...

  • Cantona : quand wall street veut casser la banqueCantona : quand wall street veut casser la banque

    Cantona, qui envisage désormais la lucarne de l'Elysée, avait créé la polémique en 2011 avec sa première tentative de "révolution". Retour, avec Laurent Obertone, sur le premier coup de poker...

  • Les Suisses sont-ils un exemple ?Les Suisses sont-ils un exemple ?

    WikiLeaks, avec la publication scandaleuse d'une multitude de dépêches de la diplomatie américaine, a fait passer au second plan le résultat de la "votation" suisse qui a approuvé par...

  • Quelques traces de rouge à lèvres…Quelques traces de rouge à lèvres…

    Et si Alain Bashung avait trouvé dans l’art de la reprise, un sens pour sa propre musique ? Voilà la relecture de l’œuvre que propose « Osez Bashung », un double album compilatoire qui met...

  • Le Jihad global en voie de disparitionLe Jihad global en voie de disparition

    Les faits démontrent l'immense écart entre l'affolement politico-médiatique et la débandade djihadiste.Vers la fin d’une finale de championnat d’échecs, le connaisseur, jusqu’alors...

  • Teresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent GallaireTeresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent Gallaire

    Ancien bras droit d'Antoine Gallimard, Teresa Cremisi est depuis 2005 PDG de Flammarion. Éditrice de Michel Houellebecq, la numéro 2 du groupe Corriere Della Sera répond aux questions soulevées...

  • Exil(s) ExpressExil(s) Express

    Géraldine Woessner a été reçue au domicile de Maurice G. Dantec à Montréal. Une conversation autour de l'exil, du Québec, de l'hexagone et ses écrivains, du roman qu'il prépare pour 2011 et...

  • Vers un Indice de Bonheur BrutVers un Indice de Bonheur Brut

    Nous sommes de plus en plus tristes. Gallup. C'est Gallup qui le dit – le plus grand imposteur statistique que la terre ait jamais enfanté. En tout cas les anglais semblent pas très heureux. 52%...

  • Préservatif : et si le Pape avait raison ?Préservatif : et si le Pape avait raison ?

    Une rare unanimité associative et journalistique devrait aussitôt éveiller les soupçons. On entendait parler "d'avancée", de "pas en avant"… On entendait des associations "saluer" les propos...

  • Et si les chômeurs ne chômaient plus ?Et si les chômeurs ne chômaient plus ?

    Faire travailler les chômeurs, voilà "une joyeuse bonne idée", comme dirait Jolitorax, dans Astérix chez les Bretons. Bon, dans l'absolu, c'est n'est pas nouveau. Parait que François Mitterrand...

  • Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"

    Précisions : sur qui s’appuyer pour faire la révolution ?Comme dernier avatar après bien d’autres (on le verra plus bas), le bas clergé académique, tendance « sociologie critique », nous...

  • Droit de réponse à Pierre CormaryDroit de réponse à Pierre Cormary

    Droit de réponse d'Yves Bernanos à Pierre Cormary.Un article très récent de Pierre Cormary, publié dans Ring, vient de porter atteinte à la mémoire de mon grand-père, Georges Bernanos. J'en...

Rubrique Médias du Ring