Michel Onfray, le retour du défoulé
SURLERING.COM - THE BOOKMAKER - par Pierre Cormary - le 14/04/2010 - 102 réactions -
Le crépuscule d’une idole — L’affabulation freudienne Michel Homais (1) n’aime pas Sade. Mais parce que Michel Homais n’aime pas Saint Jean. Michel Homais n’aime pas Bataille. Mais parce que Michel Homais n’aime pas Saint Paul. Michel Homais n’aime pas Kant. Mais parce que Michel Homais n’aime pas Saint Augustin – et aussi parce qu’Eichmann y songeait, à Kant. Enfin, d’après ce qu’en dit Michel Homais dans sa pièce, Le songe d’Eichmann. « Traite les autres comme tu voudrais être traité », la formule, si belle, qui résume la morale kantienne a pu, selon Michel Homais, servir de prolégomènes à l’holocauste. Il est comme ça, Michel Homais. Tous hitléro-chrétiens, les philosophes ! Tous proto-nazis, les chrétiens ! Tous crypto-chrétiens, les nazis ! Tous complices du pire depuis le Christ qui d’ailleurs n’a jamais existé — on ne la lui fait pas à Michel Homais, partisan résolu des thèses mythistes qui prétendent que Jésus serait juste un personnage conceptuel au même titre que Dionysos chez Nietzsche ou que Mickaël Vendetta dans La ferme célébrités.Donc, de Platon à Heidegger, en passant par Tertullien et Schopenhauer, toute la philosophie occidentale ne serait à ses yeux qu’une longue répression sexuelle et sociale, une persistante négation de la vie et de la liberté, un nihilisme en pensée et en acte et qui ne pouvait aboutir qu’aux camps. Jérusalem – Sodome (des Cent-vingt journées) – Auschwitz : l’histoire de la pensée occidentale selon Michel Homais qui au jeu des points de Godwin n’a pour l’instant rencontré personne de sa force. On caricature ? Mais comment faire autrement avec quelqu’un qui écrit sans sourciller qu’Hitler est le dernier disciple de Saint Jean et que le christianisme est la matrice du nazisme ? Aucun philosophe comme il en aurait voulu. Sauf Nietzsche bizarrement, le seul philosophe qui ait été récupéré réellement par les nazis, c’est drôle qu’il n’ait pas vu ça, Michel. Et Aristippe de Cyrène, fondateur du Cyrénaïsme, forme d’hédonisme ascétique, et dont lui, Michel Homais se veut le représentant bienheureux et officiel. Et aussi Julien « Offray » La Mettrie, ultra-matérialiste du XVIIIe siècle, car il porte le même nom que lui, sacré Michel ! Pour les autres, il passe. Jamais assez athées, les rebelles, jamais assez rebelles, les athées, jamais assez gauchistes, les nietzschéens, jamais assez solaires, les hédonistes, contrairement à lui évidemment – lui qui définit d’ailleurs son existence d’après un « hapax », soit une occurrence qui ne se produit qu’une seule fois, un événement unique qui coupe l’existence en deux : un chemin de Damas, une madeleine, une chute de cheval — et pour lui un infarctus qui manque de l’emporter à 28 ans. Tant mieux pour lui, tant pis pour la philosophie. Du reste, Michel Homais aime-t-il la philosophie ? C’est toujours la question que l’on se pose à la lecture de ses livres qui tombent des mains. Non, en vérité, ce qui botte Michel Homais depuis le début, c’est refaire l’histoire de la philosophie, c’est proposer une contre-histoire de la philosophie, une histoire « occulte » de la philosophie. Qui ne soit ni judéo-chrétienne ni nazie – un pléonasme pour Michel Homais dont le souci premier est, comme le pharmacien de Flaubert dont le nom lui va si bien, de « marcher avec son siècle. » « Il rappelait la Saint Barthélemy à propos d’une allocation de cent francs faite à l’église… »Notre jouissif révisionniste s’en prend aujourd’hui à Freud avec Le crépuscule d’une idole — L’affabulation freudienne, au grand dam des freudiens de gauche et des antifreudiens de droite. Les premiers ne comprennent pas pourquoi leur normand préféré qui avait l’air jusqu’à présent d’être de tout cœur avec Freud contre la loi de Moïse, le citant sans cesse comme un dans ses auteurs préférés, et allant même jusqu’à offrir Totem et tabou au futur président de la république, ait fait volte-face sur celui-ci (Sigmund, pas Nicolas) et le traite désormais comme il traitait le christianisme. Les seconds ne voient pas comment on peut être à la fois antichrétien et antifreudien, moderne et antimoderne, anti-Moïse autant qu’anti-anti-Moïse. À tous, il faut expliquer. C’est que pour Michel Homais, Freud est le dernier avatar de Moïse et la psychanalyse la dernière religion monothéiste. Une religion, d’inspiration catholique et romaine, qui ne sait fonctionner qu’en termes de dogmes et de sacré, de conclaves et de confessions, d’hérésies et d’inquisition, d’excommunications et de bûchers. Pire : on pensait que Freud était un grand moderne scandaleux et libérateur, ami des femmes et des pervers, on apprend qu’il est un salaud de réactionnaire phallocrate, misogyne et homophobe. D’ailleurs les gays ne s’y trompent pas en refusant depuis belle lurette de se référer à lui pour qui, faut-il le rappeler, l’homosexualité reste un désordre mental (en fait, un arrêt du développement sexuel) et la distinction sexuelle l’indépassable réalité anthropologique – des choses que pensent aujourd’hui des gens aussi horribles qu’Éric Zemmour et cette bande de culs terreux qu’on appelle les hommes et les femmes de cette terre. Quant aux féministes, elles n’en peuvent plus d’entendre parler de la femme en termes de « continent noir », sinon en ceux d’« origine du monde. » Courbée là quand ? Et c’est un fait que Freud pense le monde comme la Bible. Freud pense Adam et Eve, Caïn et Abel, Joseph et Marie. Certes, les mythes grecs sont dans sa méthode plus à l’honneur que les récits de la Bible mais Freud a tout fait tout pour qu’ils deviennent des vérités bibliques. Qu’on le veuille ou non, et là-dessus, Michel Homais a absolument raison, la castration a la même signification pour Freud que celle du péché originel pour les chrétiens. L’Immaculée Conception (soit le Fils qui a une action prévenante et rétroactive sur sa mère) n’est qu’une façon d’abolir le père (Joseph) pour pouvoir coucher, au moins symboliquement, avec la mère. L’inconscient ne fut jamais qu’une affaire de démons comme l’épilepsie ne fut jamais qu’une affaire de possession. Enfin, meurtre du père ou meurtre du frère (Abel), il s’agit toujours de poser la condition humaine comme une fêlure et l’Histoire comme un sacrifice. Bref, l’opposition entre judéo-chrétiens et freudiens est une opposition de façade – la psychanalyse ayant par ailleurs souvent été taxée par ses disciples autant que par ses contempteurs de « science juive ». En accord pour définir l’humanité par la blessure, la dette, la circoncision ou la croix, psys et curés ne font que se disputer le pouvoir. Freud est en ce sens un penseur tragique. Et c’est ce sens tragique que Michel Homais, à l’instar de tous les positivistes scientistes (et au contraire de Nietzsche dont Michel se réclame tant), veut abolir. Ni péché ni castration, disent-ils. Ni Œdipe ni Caïn. Ni Sophocle ni Dostoïevski. Au reste, la littérature, tout comme la philosophie, intéresse moins Michel Homais que ceux qui en font. En nietzschéen primaire qui confond la généalogie avec le génie et la vie avec l’œuvre, le voilà qui s’en prend à la personne de Freud — un être profondément névrotique selon lui et qui aurait fait de sa névrose la névrose du monde. Le complexe d’Œdipe ? Une pathologie du seul Sigmund étendue abusivement au monde entier. Cette idée pénible qu’un homme pourrait tromper tous les autres pour l’éternité. Cette croyance complotiste que ce sont les illusions collectives qui mènent le monde. Avouons-le, nous avons toujours eu du mal à adhérer à ce genre de critique paranoïaque – que les grands courants philosophiques et religieux n’aient été que de grossières manipulations, que les grands penseurs et les grands prophètes ne furent que de fieffés imposteurs, que Socrate, Jésus, Confucius, Mahomet… et Freud ne soient que des idoles indignes méritant d’être renversées et brisées en morceaux comme des statues de Staline. Comment croire sérieusement que l’humanité ait pu être ainsi bernée ? Ne serait-ce pas nous insulter nous-mêmes que de soutenir Mordicus qu’un Christ ou qu’un Bouddha sont venu se foutre de notre gueule il y a deux mille et deux mille cinq cent ans et continuent de le faire ? Une imposture, ça peut durer dix ans, cinquante ans, soixante-dix ans même, comme le communisme, mais ça ne dure pas deux mille ans. On ne crée pas une civilisation sur un simulacre. Si une pensée persiste dans le temps (et nous gageons qu’on reparlera de Freud, et d’ailleurs de Marx qui a aussi correspondu à un besoin de l’esprit humain, dans trois siècles), c’est qu’elle avait une bonne raison humaine, humaniste, amoureuse, de le faire. C’est qu’elle était en écho avec l’Adam éternel qui est en nous. Pour en revenir au complexe d’Œdipe, il est évident que d’Hamlet au Narrateur de la Recherche, en passant par les Karamazov ou par nos propres familles, on n’a rien trouvé de mieux pour expliquer les rapports filiaux. Au fond, la psychanalyse ne fait que rejoindre la littérature qui elle-même n’est qu’une transsubstantiation de la théologie. Freud est avant tout un grand écrivain, c’est-à-dire quelqu’un qui prend le Logos au sérieux, qui fait de la vie l’expression du Logos. Quant au préjugé antireligieux qui semble seul mettre en branle les mécanismes mentaux de Michel Homais, il finit par faire long feu. « Le christianisme est une secte qui a réussi », éructent les imbéciles. Autant dire que Le Gréco est un barbouilleur qui a réussi en peinture ou que Dante est un scribouilleur qui a réussi en littérature. Michel Homais parle de religion freudienne et trouve que c’est un argument pour réfuter le freudisme, alors qu’à nos yeux, ce serait plutôt une bonne raison d’y adhérer. Seul ce qui devient religieux est vrai. Seul ce qui relie les hommes les uns aux autres, autour d’une personne ou d’une idée, vaut notre considération. Tant pis pour la biographie à charge et la psychologie complotiste (Freud vénal, corrompu, falsificateur, ne recherchant que la gloire et la fortune) qui constituent la douteuse méthode de Michel Homais. Quelle que soient l’approximation de certains de ses concepts, le dogmatisme autoritaire avec lequel lui puis ses suiveurs les imposèrent, l’incertitude de la réussite thérapeutique et présente depuis le début, le génie de Freud aura été pour l’éternité d’avoir introduit, c’est le cas de le dire, le sexuel dans la conscience, réinventé le roman familial, et, ce faisant, libéré l’individu de ce dont il n’était pas responsable, re-sacralisé la parole, creusé enfin un trou dans le sujet afin que celui-ci ne se trouve plus réduit et condamné à lui-même. Qu’est-ce que le freudisme ? Une trouée de l’être par laquelle celui-ci peut s’aérer, se reposer de son négatif, trouver en lui autre chose que du réel rationnel ou de la bête immonde – et que, nous le verrons, Michel Homais, adepte d’une sexualité et d’une conscience totalement solaires, s’exhorte à boucher. « L’effet doit cesser, c’est évident. »Passons sur l’objection scientiste, assez basse, qui prétend que la psychanalyse n’est pas « scientifique ». Comme le remarque Marcel Gauchet, ce grand goethéen de la pensée française qui a relu le christianisme comme religion de la sortie de la religion, et qui travaille à la réconciliation des sciences exactes et des sciences humaines, elle ne l’est certes pas, mais au même titre que l’histoire, la philosophie, l’ethnologie, l’anthropologie, la linguistique l’économie, ou n’importe quelle autre science humaine et sociale. Par ailleurs, même si le nouveau paradigme tourne aujourd’hui autour de la psychologie cognitive et des neurosciences et marque de ce point de vue un retour à l’évolutionnisme, la psychanalyse freudienne reste un pas essentiel dans l’autonomie de l’individu et l’élargissement de sa conscience. Elle a indéniablement permis à l’individu contemporain de se redécouvrir comme sujet infini et inconnu (mais d’un inconnu profondément apaisant), de retrouver une possibilité de sortir de lui-même, de n’être plus simplement un système nerveux qui menace d’imploser — ce qui, à notre époque d’ipséité ontologique, était la meilleure chose qui pouvait nous arriver.  Depuis que l’ancienne structure par l’altérité n’est plus (en gros, depuis la mort de Dieu) et que nous ne pouvons plus combler nos béances et vivifier notre âme par le haut, nous étions condamnés à ne respirer que notre propre haleine. Notre ipséité (c’est-à-dire ce qui fait que nous nous constituons de nous-mêmes par nous-mêmes) tournait à la fétidité. Sans Dieu, sans diversion, sans présence autre, nous commencions sérieusement à étouffer. Et voilà qu’avec la découverte de l’inconscient, concept peut-être bancal, comme le dit Gauchet, mais indéniablement stimulant, nous découvrions, en plus de tout le reste, une défaillance de notre système réflexif — mais une défaillance qui se révélerait bien vite une délivrance. Une fêlure, oui, mais une fêlure bienheureuse ! C’est que la découverte de l’inconscient, dans un monde désacralisé, apparaîtrait comme une sorte de palliatif, certes plus diabolique que divin (puisque l’inconscient, allait-on nous expliquer, serait le lieu des pulsions inavouables, des pires instincts, de la mort en branle, etc.), mais en même temps comme celui qui nous déculpabiliserait de nos mauvaises pensées, sinon de nos actes mauvais. L’inconscient comme ce qui détendrait la conscience. L’inconscient comme ce qui me permettrait de dire que c’est mon fait mais que ce n’est plus ma faute. L’inconscient comme ce dont je serais coupable sans en être responsable. L’inconscient comme limbes de mon très infernal moi. Rêves, actes manqués, transferts, projections : toute une armada de phénomènes qui me dépossèdent de moi-même pour mon plus grand soulagement et qui contribuent à sauver mon âme si j’en ai une. L’inconscient comme la partie obscure de moi qui ira en enfer alors que j’irai, moi, en toute conscience, au paradis. L’inconscient comme cochon investi par le démon et qui se jette dans la mer. Avec l’avènement de la psychanalyse, le sujet retrouvait une nouvelle innocence. C’est la raison pour laquelle les masses, après avoir été vaguement hostiles à l’enseignement freudien, ne s’en sont plus passées jusqu’à nos jours (« même le boulanger du coin sait qu’il est travaillé par le complexe d’Œdipe », dit Gauchet) – alors que paradoxalement, c’est l’opinion savante, ou demi-savante, qui est devenue de plus en plus méfiante à l’égard du freudisme, et qui ne comprend pas, malgré des attaques répétées contre lui (Wittgenstein, Sartre, Deleuze-Guattari, et récemment le Livre noir de la psychanalyse), que celui-ci continue d’avoir sur les esprits un effet qui aurait dû cesser depuis longtemps. C’est qu’on ne se débarrasse pas comme ça d’une explication littéraire, ce qu’est fondamentalement la psychanalyse. « Car il savait qu’il faut, dans tous les empoisonnements, faire une analyse. »S’il est une sagesse immémoriale des peuples, celle-ci réside dans l’acceptation toute religieuse, quoique non politique, de sa condition tragique. L’homme éternel est celui qui croit à sa mort prochaine autant qu’à la possibilité historique d’améliorer son sort. L’homme éternel s’accepte mortel et perfectible. Au contraire, l’homme moderne, ou plutôt post-moderne à la Michel Homais, se définit plutôt comme immortel et parfait. Certes, il est bien obligé de reconnaître que tout n’est pas parfait en ce bas monde, mais son idée est que tout devrait l’être, et c’est l’erreur, sinon le crime, de l’ancien monde de s’être défini justement comme un « bas monde » — c’est-à-dire comme un monde qui se jugerait par un autre plus « haut », et qui de plus, quelle que soit l’action des hommes de bonne volonté sur lui, resterait à jamais entaché par le péché, la culpabilité, le principe de cruauté. Le tragique comme condition inhérente de l’existence, c’est ce que le post-moderne ne peut plus voir en peinture. Non à la tragédie de l’existence ! Non aux philosophes, aux religieux et aux littéraires qui, de Platon à Dostoïevski, de Pascal à Kafka, de Schopenhauer à Houellebecq, ont tout fait pour intoxiquer les esprits en leur imposant cette croyance sadomasochiste que tout n’est que souffrance et abstinence en cette vie ! Non aux penseurs ravagés qui ravagent le monde ! Freud lui-même ne disait-il pas sur le bateau qui le menait aux États-Unis « qu’il leur apportait la peste » ? Eh bien voilà, c’est de cette peste psychanalytique, de ce choléra littéraire, de cette syphilis religieuse que l’humanité vraiment adulte devrait aujourd’hui savoir se passer ! Hourra pour un monde sans tragique, sans négatif, sans mort ! Hourra pour un monde éthique et hédoniste, où tout ce qui serait possible serait avant tout légal ! Car attention, le libertaire n’est pas transgressif. Le libertaire, comme Michel Homais l’expliquait lui-même à Nicolas Sarkozy lors d’un fameux entretien de Philosophie magazine, souhaite qu’il y ait « peu de règles, mais qui puissent être respectées, non pas transgressées. » Au contraire, c’est le conservateur qui adore les interdits autant que les transgressions, qui n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il a désobéi à une règle qu’il chérit par ailleurs et par laquelle il a éprouvé sa liberté. Monde ouvert (et par là même susceptible d’en rencontrer un autre), amoral et singulier de l’homme éternel. Monde clos sur lui-même, auto-référent, auto-suffisant, de l’homme post-moderne. Liberté opératoire du premier avec ses risques et sa souveraineté. Liberté entièrement légalisée du second qui confond le réel avec le droit et le droit avec l’abolition de la souffrance. La souffrance comme expiation de l’existence, voilà le vrai scandale pour l’homme post-moderne ! C’est qu’à l’époque de Matrix et d’Avatar, la souffrance apparaît comme la chose la plus indigne qui puisse arriver à l’individu et la mort comme la suprême insulte ! L’homme post-moderne ne veut surtout pas entendre parler de la mort — alors un Freud qui vient remettre la pulsion de mort au centre de son anthropologie… ! Dès lors, tout est bon à mettre en œuvre pour discréditer cette très empoisonneuse pensée — et comme on accuse son chien de la rage quand on veut le noyer, on accuse une philosophie ou une religion d’être nazifiante quand on veut la démolir. Pour Michel Homais, Freud a autant pensé la pulsion de mort qu’il y a participé historiquement. Tout ce qui, au siècle dernier, a massacré en gros (« boucherie de 14-18, génocide rwandais, totalitarisme nazi », comme il le précise lui-même dans son livre) ne seraient pas sans rapport avec l’influence freudienne. Pire, Freud lui-même aurait été, au moins symboliquement, complice du génocide juif par haine de sa propre communauté – par antisémitisme inconscient ! La boucle est bouclée : Freud, pessimiste nihiliste, nihiliste juif, juif antisémite, et d’ailleurs la preuve : partisan des régimes autoritaires, saluant Mussolini en Italie, ou Engelbert Dollfuss en Autriche. Freud, voix impénétrable qui a mené l’Occident aux camps de la mort. Freud, chaînon manquant entre Saint Jean et Hitler. On croit rêver. Mais non. C’est une analyse de Michel Homais. Tout cela dit sans méchanceté, car il ne nous a jamais été antipathique, Michel Homais. Pas plus qu’il n’a de haine pour Freud, nous avons de haine pour lui. Et lui qui aime les procès en autobiographie, nous avouons qu’il se sort très bien du sien. Un type un peu sec peut-être, mais pince-sans-rire, agréable à écouter, assurément séduisant avec ses grosses lunettes rectangulaires et sa gueule de lion à la crinière inspirée, et qui, il faut l’admettre, fait beaucoup pour les autres (université populaire de Caen, université du goût d’Argentan) et même pour sa famille – ses parents qu’il célèbre en permanence ( Le corps de mon père, suivi de Autobiographie de ma mère), ce père dont il réalise le rêve en l’emmenant au Pôle Nord ( Esthétique du Pôle Nord), cette mère à qui il a pardonné de l’avoir battu, rejeté et abandonné « une belle après-midi d’automne » dans un horrible orphelinat catholique, mais parce qu’elle aussi fut, enfant, battue et abandonnée ( La puissance d’exister). La dernière fois qu’il a pleuré, c’est à la mort de sa vieille institutrice. À part ça, il vit depuis vingt-six ans avec Marie-Claude, sa compagne adorée pour qui il invente chaque soir, paraît-il, un nouveau plat. Elle et lui forment un couple de miraculés. Lui guérit d’un infarctus à 28 ans, comme on l’a dit, elle ayant surmontée un cancer du sein — comme il le raconte au début de ses Féeries anatomiques — Généalogie du corps faustien. Non, un très brave type, ce Michel Homais. Mais pourquoi cette insensibilité absolue aux blessures et aux besoins éternels de l’homme ? Pourquoi ces analyses psychorigides qui transforment en plomb tout ce qu’elles touchent ? Pourquoi cette érudition si sèche et si creuse ? Pourquoi cette pensée policière qui met en garde à vue tout ce qu’elle rencontre ? Sa mère, avoue-t-il, le menaçait sans cesse, comme on faisait dans l’ancien temps, de maison de correction, ou lui criait qu’il finirait sur l’échafaud. Mais c’est exactement ce qu’elle est, l’œuvre de Michel Homais – une maison de corrections pour philosophes, une guillotine permanente pour platoniciens, chrétiens et freudiens. Au reste, le couteau, il aime ça, Michel. Et les femmes qui le portent, encore plus ( La Religion du poignard. Éloge de Charlotte Corday). Lui-même se comporte un peu comme la reine d’Alice au Pays des Merveilles qui veut couper la tête à tout le monde. Transfert de la méchante mère sur son gentil fils ? Peut-être. On comprend qu’il en veuille à Freud d’avoir conçu ce complexe d’Œdipe que tout le monde a l’air d’avoir vécu avec une certaine douceur, sauf lui. Difficile en effet de désirer la femme qui vous a mis au monde sans jamais vous désirer. « Moi, si j’étais le gouvernement… »Plus sérieusement, à l’entendre, à le voir, on a toujours l’impression que tout ce qui ressemble de près ou de loin à une contradiction, une dissonance, une antinomie, un chiasme, un clinamen qui déconne, doit être immédiatement et impitoyablement tranché. Accorder sa vie et sa pensée, confondre son identité avec son action, être en harmonie totale avec soi, Michel Homais le répète trop pour être honnête. Avec lui, ça passe ou ça casse. Il est trop conséquent, pourrait-on dire, trop positivement politique ou politiquement positif. C’est un maniaque de l’adéquation. Un intégriste de l’intégrité. Ma vie, c’est mon œuvre, mon œuvre, c’est ma vie, je dis ce que je fais, je fais ce que je dis (tiens, comme Jospin), point barre. Pas de part maudite chez lui, pas de ligne de fuite non plus, pas d’ombre, pas d’inconscient, pas de trouée de l’être. Du soleil partout. On comprend qu’un Saint Paul avec son « je ne fais pas ce que je veux ou je ne veux pas ce que je fais » ou un Freud avec ses rêves, ses actes manqués et ses lapsus lui fassent horreur. Michel Homais, c’est l’homme sans ombre, sans rêve, sans relief. L’homme qui possède son moi intégralement sans porte ni fenêtre. L’homme qui n’est qu’ipséité, légalité, austérité. L’homme robot sans défaillance, sans délivrance, jamais, qui se possède entièrement comme dans une boite noire. Black Box Homais. C’est pourquoi lorsque Sarkozy lui répond dans l’entretien déjà cité, et pour y revenir, que contrairement à la fameuse formule grecque, il est impossible de se connaître vraiment soi-même, il a l’impression d’avoir affaire à un monstre incompréhensible. Alors que le monstre trop compréhensible, c’est lui en l’occurrence, Michel Homais. Qui n’imagine pas une seconde qu’on puisse échapper à soi-même. Qui croit dur comme fer à la conscience toute puissante, écrasante, asphyxiante – tout le reste étant littérature ou mauvaise foi. Et qui en effet ne peut que s’acharner sur Freud pour lequel « le moi n’est pas maître dans sa propre maison », mais en oubliant que Freud se situe ici dans la lignée d’un Montaigne, pourtant un des auteurs fétiches de Michel, qui écrivait que « notre fait, ce ne sont que pièces rapportées ». Diable ! Va-t-il nous déboulonner Montaigne après nous avoir déboulonné Freud ? Et si un jour il découvrait, lui, Michel Homais, qu’il est en contradiction avec lui-même, si un jour il découvrait qu’il a malgré tout une part d’humanité et de liberté (puisque « la liberté, c’est la contradiction » comme disait Kierkegaard, auteur peu prisé par Michel), qu’est-ce qu’il ferait, notre Robocop de la congruence ? Il se jetterait dans l’Orne ? C’est qu’à force de vivre sa pensée et de penser sa vie comme Javert, on aurait peur qu’il pète un plomb, notre Philosophe Ventru. Au reste, de ventre, il n’en a pas, Michel. On sait qu’il se couche souvent à jeun. Qu’il mange et boit peu. Qu’il n’est jamais ivre. Qu’il mène une vie d’ascète. Plus janséniste qu’hédoniste finalement. La raison gourmande, l’art de jouir, le corps amoureux, tout ça, ce sont plus des idées que des réalités pour lui. C’est l’idée du baba au rhum plutôt que le baba au rhum qui l’inspire. Au contraire de ce que disait Sade, il pense que rien n’est bon quand c’est excessif, sauf peut-être l’athéisme. Et puisqu’on a cité Sade, il est temps de parler un peu de cul, il est temps d’ouvrir un peu son Souci des plaisirs – Construction d’une érotique solaire dans lequel il commence par dézinguer le Divin Marquis, puis Georges Bataille, au prétexte qu’ils seraient trop chrétiens. Quand on est sadique et vicieux, c’est la preuve pour Michel Homais qu’on est judéo-chrétien (l’inverse se tient aussi). Et pour le prouver, que Sade est sadique, le voilà qui se lance sur plusieurs pages dans une énumération méthodique de tous les actes sexuels commis dans Les Cent vingt journées de Sodome – ce qui, il faut l’avouer, ne laisse pas d’inquiéter. Entre l’auteur du livre le plus obscène et le plus scandaleux de toute l’histoire de la littérature et son contempteur qui fait la recension complète et critique de toutes les horreurs contenues dans celui-ci, on se demande lequel d’entre les deux est le plus gravement atteint : Sade écrivant son chef-d’œuvre ou Homais se faisant une liste à charge de tout ce que l’on peut y lire d’odieux ? À ce jeu antilittéraire, le profanateur risque de paraître bien moins dangereux que le censeur, le romancier fou bien moins antisocial que l’hygiéniste. Une fois de plus, il faut, aux yeux du Vertueux Foudroyé, conjurer le négatif, sinon l’abolir définitivement du champ humain – et Sade est en effet le négatif absolu, l’ennemi à abattre, l’éternel retour du refoulé. Et Michel Homais, il n’en peut plus de ce refoulé, de cette sexualité sado-chrétienne forcément culpabilisante. On va vous le répéter encore pour que vous le compreniez vraiment, mais nous les modernes, on plaide pour un autre paradigme social et moral, une autre anthropologie qui se passerait de Sade, de Freud, des Tragiques et aussi des Comiques. Y en marre de la castration, marre du péché, marre de l’Œdipe, marre de l’Hamlet ! Voilà ce qu’un gouvernement adulte devrait faire – nous éradiquer cette saloperie biblo-freudienne ! Vous, je ne sais pas, mais nous, nous n’avons pas tué notre père, nous n’avons pas baisé notre mère. Nous ne sommes responsables d’aucune peste réelle ou métaphorique. Nous aimons nos parents, nos parents nous m’aiment, nos beaux-parents encore plus, et on pense tous que Sophocle n’a jamais fait que raconter ses fantasmes de merde, c’est tout. Nous ne sommes pas pécheurs, nous ne sommes pas castrés, nous ne sommes pas sadiques. Nous sommes attachés autant à la justice qu’à nos mamans, et nous emmerdons tous les Œdipes et tous les Jobs de la terre. Les mythes, ça ne vaut rien pour l’humanité, surtout ceux-là, tous plus dégueulasses les uns que les autres ! Tant pis pour eux, tant pis pour vous si vous n’en décollez pas, mais nous, on n’a vraiment pas besoin de ce genre de truc pour vivre. Alors, laissez-nous tranquilles, curés que vous êtes, freudiens maudits, écrivains merdiques ! Car sains, heureux et innocents, oui, nous le sommes. Et puis, l’épilepsie, ça se soigne mon cher Dostoïevski ! « Il devenait dangereux. »Ainsi chialait Michel Homais – et l’époque avec lui. Quant à la bagatelle, puisque le christiano-freudisme n’avait engendré qu’une sexualité de tordu, il fallait chercher sa légitimité ailleurs. Voyager. Se faire Desireless. Son truc, à Michel Homais, c’est l’Inde. Un peu comme les Beatles à la fin des années soixante. Ou comme les Théosophes au milieu du XIXe siècle. La tentation indienne. Le Kama Soutra et ses positions performatives mais à la signification autrement plus « spiritualiste » que notre pauvre coït chrétien reproductif. Shiva qui permet, grâce à ses nombreux bras et jambes, des orgasmes mille fois plus érogènes, plus « sains », plus libérateurs, plus « éthiques » que notre Cantique des Cantiques. L’Eros solaire indien versus le Thanatos nocturne chrétien. La religion enfin sans obstacles. La nature super gentille. Tiens, tiens… Mais où avons-nous déjà entendu parler de ça ? Mais dans Le XIXe siècle à travers les âges de Philippe Muray, bien sûr, ce grand livre parmi les grands, essentiel à la compréhension de notre époque, et qui nous appris que le fantasme de la grande libération solaire ne date pas d’aujourd’hui mais remonte à l’homo dixneuviemis. Comme jadis, on fait comme si la société indienne était une société ultra-cool, sans Weltanschauung trop fâcheuse, sans interdits surtout (ces horribles interdits que l’on ne trouve décidément que chez nous !), on oublie les castes, les bûchers, les enterrements vivants, les femmes sacrifiées, les vaches sacrées, les rituels affamants, on oublie tout ce qui fait le négatif d’une civilisation et ce par quoi elle tient, et au vu de trois statues priapiques et deux livres d’érotologie, on se persuade que cette civilisation-là est moins farouche que la nôtre. Aussi absurde que si un Michel Homais tamoul écrivait une « Construction d’une érotique anversoise » après avoir vu un Rubens à Anvers ! Bref, à nous les Chakras-frottis, les Vedas vulviens, les Upanishads-suçons, les Arahts aux jardins parfumés… en attendant les Aryas aux fleurs de Lotus et leurs drôles de Svastikas. Au XIXe siècle, ils y ont tous cru, les Rudolf Steiner, les Helena Blavatsky, les Annie Besant, les Allan Kardec, aux corps astraux spermatiques, au tantrisme spasmo-socialiste, à l’eurythmie cosmique anti-péché originel, à la Divine Matter-Substance top-égalitaire. Tous plus Kalima que Marie-Madeleine ! Tous pour le grand voyage cosmique plutôt que pour la Croix ! Tous, d’ailleurs, contre la Croix et l’Étoile de David ! Car comme dira Madame Blavatski, la grande prêtresse de ce siècle qui reste en grande partie le nôtre : « toutes les religions sont une… sauf la juive ». Cette religion juive qui a en effet introduit pour notre malheur la distinction dans le monde, la distinction et la différence, la différence et fracture, la fracture et le manque, le manque et la cicatrice – des propos que pourrait tenir notre Homais. Circoncision, crucifixion – en attendant la castration freudienne. Irrécupérable judéo-christianisme ! Impardonnable blessure narcissique faite à l’humanité ! Ce n’est pas un hasard si Hitler choisira le Svastika, soit cette croix gammée comme symbole de sa lutte contre l’Étoile de David, et qui représenta aussi, comment le nier, une contre-figure de la croix chrétienne. Finalement, c’est plus à Brihadisvara qu’à Jérusalem que se conçoit l’imagerie de la solution finale. Mais entre deux levrettes, trois unions de l’aigle, une de lotus, et quatre Andromaques, on pense pour l’instant à autre chose. Et puis, il y a la métempsychose qui pour un occidental moyen (c’est-à-dire pour quelqu’un qui ne comprend rien à la métempsychose) apparaît comme une sorte de résurrection « live », une possibilité de vie éternelle sur terre (ou sur une île), un principe nouveau ou tout est dans tout et réciproquement — une immortalité hic et nunc. Entre les morts qui reviennent ou les âmes qui migrent dans d’autres corps, on pourrait s’arranger – même si on est athée. En vérité, notre Michel Homais national n’est pas si loin de les rejoindre, les occultistes du XIX ème. Certes, il est un peu plus matérialiste et un peu moins antisémite qu’eux (même s’il compense par cet antichristianisme sauvage qui a fait son succès et qui, du reste, est permis et encouragé par l’époque), mais est tout aussi prêt à défier la mort par tous les moyens. De la métempsychose au clonage, ma foi, il doit y avoir un truc à faire. Pas étonnant qu’il ait été rameuté par Raël. Son histoire la plus drôle à ce jour et la plus hautement significative. Donc, en mars 2006, notre fougueux Solaire se voit attribuer le titre de « prêtre honoraire » par Claude Vorilhon, le fameux prophète raëlien, représentant sur terre de la congrégation Elohim (les extraterrestres), et qui, comme chacun sait, se targue d’avoir déjà pratiqué avec succès le clonage humain. Pour le gourou, l’œuvre et la pensée de Michel Homais rejoignent en tout point la religion raëlienne. En effet, celle-ci prône l’athéisme militant, la détestation des monothéismes, l’hédonisme comme art de vivre, la révolte contre tous les dogmatismes et la célébration de toutes les fééries anatomiques – exactement comme dans les livres de Michel ! Le corps faustien vraiment réalisé par la science, Homais en avait rêvé, Raël l’a fait. Ils ne pouvaient que se tomber dans les bras et se congratuler mutuellement ! Évidemment, notre contre-philosophe prit assez mal qu’on appréhenda sa contre-philosophie avec autant de sérieux et qu’on en tira ses incidences ultimes dignes d’un épisode de Star Trek. Il tenta bien de rétorquer, dans une contre-réponse plutôt vaseuse, qu’il n’avait rien à faire avec ces « crétins sidéraux »-là, mais le lien était fait. Comment ? L’athée faustien était récupéré par des athées prométhéens encore plus conséquents que lui ? Quoi ? Au prétexte que l’on vidait le ciel de Dieu, on remplissait celui-là et on remplaçait celui-ci par des extraterrestres ? What ? Ce n’était pas Michel Houellebecq, pourtant « sympathisant » du mouvement, qui était honoré, mais lui, Michel Homais, anti-houellebecquien convaincu ? Peuchère ! Notre apprenti sorcier apprenait à ses dépens qu’entre la littérature et la philosophie existe une différence majeure qui est que la littérature décrit l’état ou l’avenir des choses (et c’est ce que fait Houellebecq dans La possibilité d’une île) alors que la philosophie, surtout quand elle se veut politique et sociale comme la sienne, participe à cet état et à cet avenir des choses. Certes, entre le clonage thérapeutique pour lequel le contre-philosophe milite et le clonage reproductif de l’élu de Pandora, il y a une différence de taille, mais celle-ci est peut-être plus de degré que de nature – et puis, quand on glorifie Faust, il est dans l’ordre des choses de rencontrer un jour le diable. On comprend qu’il s’en défende, Michel, mais Raël, c’est l’aboutissement naturel de sa philosophie de la contre-nature. Raël, c’est le Méphistophélès de ce Faust de Michel Homais. Il peut ensuite le traiter de tous les noms dans un droit de réponse, il n’en reste pas moins que c’est lui qui l’a fait surgir par ses incantations. Splendeur de la catastrophe, comme il dirait, ou plutôt, comme il ne dirait plus. « S’être, lors du choléra, signalé par un dévouement sans bornes. »Voilà donc ce qui arrive quand on joue trop avec le feu, quand on se prend pour Faust ou Prométhée, quand on fait le téméraire, quand on plaide pour le clonage, la manipulation du génome, la transgénèse, l’optimisation technique de l’enfant à naître, la fabrication frankensteinienne des corps, « toutes ces choses qui font peur », comme l’écrivait superbement Alain Finkielkraut dans son Nous autres modernes : on se retrouve maître à penser des pires sectes, idole des crétins, complice des gourous, collaborateur du diable, otage des extraterrestres ! Pauvre Michel Homais qui prônait le surhomme et qui se retrouve « guest star » chez les Vénusiens ! Et l’héroïque Finkie de se lancer, contre Michel Homais et son « heuristique de l’audace », dans une « heuristique de la peur » en laquelle il voit la meilleure défense immunitaire contre les ravages de la modernité — et au risque de passer pour un lâche. Car au sens du moderne, la peur est par excellence le péché non rémissible. La peur est négation de Prométhée et honte de Zarathoustra. Être moderne, c’est ne pas avoir peur de la vie – mais de la mort o combien ! C’est ne vouloir craindre la mort que dans le péril. Or, comme l’écrivait Pascal, il faut craindre la mort aussi hors du péril « puisqu’il faut bien être homme ». Mais être homme n’intéresse plus le moderne. Être homme signifie être vulnérable, mortel, croyant, et cela, on ne le veut plus. Du tout. Ni Dieu ni mort. Ni infini ni finitude. Non, on veut quelque chose d’autre. C’est ce qu’a bien vu l’Anti-Défaitiste de la Pensée en très attentif ausculteur de notre époque, et paradoxalement bien plus « nietzschéen » que tous ces forcenés vitalistes. Le moderne, c’est en effet « l’ homme que la mort fait claquer des dents, l’ homme qui maudit la mort, l’homme que la mort empêche de dormir ». Et c’est précisément le cas de l’« audacieux » Michel Homais qui semble finalement ne glorifier le plaisir d’exister et l’innocence du devenir que par panique devant le principe de cruauté qui fonde la vie… et la mort. « De toutes mes forces, je m’opposerai éternellement à Vous », écrit-il à Celle-ci, au début de ses Fééries anatomiques, et après la découverte par les médecins du cancer de sa compagne. On comprend évidemment la douleur, la rage et l’épouvante de l’homme, tout philosophe qu’il soit, devant « la faucheuse » — mais le philosophe est justement celui qui apprend à mourir alors que Michel Homais apparaît au contraire comme le philosophe qui ne veut surtout pas penser à la mort, comme l’athée désemparé qui s’enivre de « vie » pour oublier qu’il va mourir, ce qui n’est pas, admettons-le, très philosophique, surtout lorsqu’on se réclame de Montaigne et d’Epicure. Jouisseur par défaut et matérialiste par échappatoire, il incarne à merveille ce vivant trop vivant qui a refoulé sa mortalité et qui se retrouve pathétiquement sans aucun repère quand celle-ci s’impose à lui. Misère de la philosophie vitaliste. Désastre de l’hédonisme urgentiste. Voilà notre Désirant Vulcanologue qui se met à délirer les fantasmes d’une santé parfaite, d’une immortalité envisageable, d’une possibilité d’une île (un comble pour lui qui déteste Houellebecq !), sans se rendre compte que la possibilité du divin était peut-être la plus désirable… et la moins inhumaine. À moins qu’il ne se décide à engendrer – autre forme de résistance adamique à la mort. Mais la reproduction, ça lui fait horreur à Michel Homais ! Faire un enfant, ça veut dire qu’on a accepté sa mortalité et qu’on fait partie de l’espèce. Pire : qu’on a accepté d’être parent, c’est-à-dire qu’on a accepté d’être une « fonction », une « autorité », une « loi » — toutes choses contre lesquelles le contre-philosophe se bat et se débat. Vouloir la vie d’autrui, c’est tirer son chapeau à Dieu, c’est accepter les lois de la création, c’est faire allégeance à la pulsion de mort. Il en est alors réduit à plaider pour une « métaphysique de la stérilité » et à utiliser des arguments à la Cioran : les enfants que je n’ai pas eu, s’ils savaient le bonheur qu’ils me doivent ! Homais – Cioran : encore un lien que celui-ci n’avait pas prévu (et pour le coup vraiment honorifique, même si Michel ne l’appréciera pas plus que l’autre). Donc, pas d’enfant — trop divin sans doute. Plutôt la vie stérile que la petite mort procréatrice ! Plutôt se tuer que dire oui à la mort ! Longue et belle vie à vous, Michel Homais — mais vous aurez beau vous escrimer à penser votre vie, vivre votre pensée et continuer à vous illusionner dans votre existence sans illusion, comme vous l’aurait dit Freud lui-même : « vous n’annulerez jamais l’instinct de mort ». Ah ce Freud qui s’est révélé votre principal ennemi depuis que vous avez découvert qu’il n’était qu’un substitut au monothéisme, un refondateur de la vie dans la mort, un Archè tragique, incompatible avec votre Black Box étouffante, et qui pourtant avait été celui qui avait naguère déculpabilisé vos masturbations d’adolescent, comme vous tentez de le tuer, pauvre Anti-Œdipe que vous êtes, encore plus castré que n’importe lequel d’entre nous et qui joue au priapique ! Hélas pour vous, Michel Homais, vous n’abolirez jamais le négatif, vous ne nous débarrasserez jamais de ce qui fait le sel de la vie, vous échouerez toujours à « détragédiser » la condition humaine. On vous plaint beaucoup, vous savez. Et si on hait votre erreur, en tant que chrétien, on chérit votre personne. Peut-être vous apercevrez-vous un jour que c’est lorsqu’il va mourir que l’homme de la mort de Dieu se met à cruellement regretter Celui-ci. Pourtant, Dieu veille même sur cet homme-là, vous savez. Et vous n’êtes pas forcé de persister dans votre ipséité si peu goûteuse. Si la philosophie est là pour nous préparer à la mort, alors, vous ne nous avez préparé à rien, Michel Homais, et vous êtes tout, sauf un philosophe. Quelle importance, me direz-vous, puisque votre Freud va être un best-seller et que vous allez encore faire « une clientèle d’enfer » ? Pierre Cormary(1) Philippe Muray appelait Onfray « Michel Homais » en référence au pharmacien anticlérical de Flaubert de Madame Bovary. Bibliographie sélective :Philippe Muray, Le XIXe siècle à travers les âges, Tel Gallimard Alain Finkielkraut, Nous autres modernes, Ellipses/École polytechnique, 2005 Clément Rosset, Loin de moi – essai sur l’identité, Les éditions de minuit Gustave Flaubert, Madame Bovary (tous les intertitres, ainsi que la dernière périphrase « infernale », sont des extraits parlant d’Homais) — Et bien sûr, la plupart des ouvrages de Michel Homais, dont Le Crépuscule d’une idole — L’affabulation freudienne, à paraître chez Grasset, vers le 21 avril.
Toutes les réactions (102)
1. 12/04/2010 07:41 - Zarak
Un homme qui refoule la mort, l'existence de la mort, la pensée de mort, qui n'aura pas fait de celle-ci une compagne presque inexistante à force de cohabitation, n'est ni philosophe, ni penseur, ni pas grand chose d'ailleurs.
Michel Rayonfray, nietzschéen épicurien de gauche - qui n'a donc vraiment rien pigé - est un crétin sidéral et sidérant.
2. 12/04/2010 13:44 - MotaOne
Article trop long pour cet obscurantiste de la pensée véridique. A compter parmi les assassins de Dieu.
Signé : un nietzschéen chrétien !
3. 12/04/2010 14:29 - Christine Fd
"Plus vous serez ignoble mieux cela ira"J.Lacan.
Onfray illustre parfaitement cette phrase.
Hélas son ignominie ne le soulage pas
Con-damné.
Con-vaincu.
Au bout du compte.
Un magnifique article.Merci.
4. 12/04/2010 18:58 - Amaury Watremez
Michel Homais est juste un petit bourgeois qui justifie ses pulsions d'hédoniste étriqué par quelques vagues prétextes philosophiques car il a encore des remords. A-t-il besoin de tout ça pour faire l'amour ou célébrer la bonne chère ? Je le plains sincèrement.
5. 12/04/2010 23:30 - Maxime Zjelinski
Au sujet de la psychanalyse, la meilleure critique qu'on en ait jamais faite est, à mon avis, celle de Ludwig Wittgenstein, qui s'intéressait moins à la scientificité de la psychanalyse qu'aux raisons de son succès. Wittgenstein explique deux choses :
1°/ Les idées de Freud séduisent précisément parce qu'elles sont - soi-disant - répugnantes. Si c'est vexant, c'est forcément vrai.
2°/ Loin de blesser l'amour-propre, la psychanalyse flatte l'ego : intéresser quelqu'un est un plaisir en soi.
À lire, donc : http://www.amazon.fr/conversations-lesth%C3%A9tique-psychologie-croyance-religieuse/dp/2070326888/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1271107814&sr=8-1
6. 13/04/2010 12:54 - Stéphane Normand
A désinfecter d'urgence au napalm: http://zouam.blogspot.com/2010/04/bouffe-zi-les-cures.html
7. 13/04/2010 16:27 - alain jugnon
le site du cathopapisme bon teint bon genre en vient à defendre son petit freud pour cause d'anti-onfrayite aigü, c'est drôle : Onfray est notre Nietzsche, c'est ainsi et les petites agitations alentour ne l'empêcheront pas trop de publier et contre-philosopher à tous vents et nietzschéennement
8. 13/04/2010 16:56 - alain jugnon
Onfray comme Bataille pense qu'est révisionniste la position qui consiste à faire de Nietzsche un chrétien (c'est la même position qui veut faire de Nietzsche un nazi) : Onfray par ailleurs est en désaccord avec Bataille mais cela signifie que comme Bataille Onfray est un philosophe et un nietzschéen
9. 13/04/2010 17:16 - babydrone
ONFRAY MIEUX DE FERMER SA GUEULE.
10. 13/04/2010 17:21 - alain jugnon
ONFRAY CE QU'ON VEUT ON EST LE RETOUR DE NIETZSCHE SUR TERRE
11. 13/04/2010 20:42 - La femme concept
Beaucoup de bruit pour rien...no comment! le mérite de cet écrit est de suciter autant de réactions
12. 13/04/2010 23:47 - Pierre Cormary
Bonsoir.
Quelques réactions à ces réactions :
Onfray, le retour de Nietzsche sur terre ? Comme vous y allez, Alain Jugnon ! Et pourquoi pas dans une soucoupe d'Elohim tant que vous y êtes ?
Non, Onfray, sorte d'Alain Compte-Sponville plus "hard" mais tout aussi vain et moralisateur, et sans doute d'une bassesse idéologique comme on en rencontre peu chez un "philosophe", développe une non-pensée servie par une indéniable érudition. Tant de culture pour des livres si pauvres, c'est cela qui est fascinant. Tant de références à Nietzsche pour si peu de perspectivisme. Tant d'invocation solaire pour si peu de lumière. Tant de haine et si peu d'amour ! Nietzsche critiquait violemment le christianisme mais pour ajouter aussitôt que c'est grâce à lui que l'homme était devenu si conscient de lui-même, si intelligent, fin, sensible. Nietzsche, comme le dit Daniel Halévy dans la préface de la biographie qu'il lui a consacré, n'a jamais voulu faire disparaître ce auquel il s'opposait.
Mais Nietzsche adepte du dyonysisme, donc de la foule, donc du sacrifice d'autrui, ne pouvait être que récupéré par le nazisme, comme l'a bien montré René Girard dans Je vois Satan tomber comme l'éclair. Il est incroyable de constater qu'Onfray qui politise tout, et qui en ce sens, voit dans le kantisme de quoi alimenter le nazisme, se garde bien de politiser le nietzschéisme - qui lui y conduit. Pour autant, je suis d'accord, Nietzsche reste innocent de tout massacre tant qu'on le lit sur le plan esthétique. Le surhomme, créateur, affirmateur, etc...
De toutes façons, comment comparer Nietzsche qui ouvre au questionnement, à la pensée, à la nuance qu'on appelle enfer, à Michel Onfray qui ne sait que rabaisser et refermer le moindre problème ? Ce n'est pas lui qui hésiterait entre Parsifal et Carmen ou entre Dionysos et le crucifié, non, tout d'un bloc, tout d'un trait, sans nuances, sans équivoque, le Michel.
Sur toutes ces questions, et si l'on permet de me renvoyer à moi-même, voir mon blog : http://pierrecormary.hautetfort.com/archive/2008/09/25/perspectivisme-et-pensees-dures-une-relecture-de-par-dela-bi.html
13. 13/04/2010 23:56 - Pierre Cormary
Freud maintenant. Ce n'est pas par simple anti-onfrayisme primaire que le "cathopapiste bon teint" que je suis s'est mis à défendre Freud. C'est que je constate simplement que Freud est un penseur classique, dans la lignée du monothéisme auquel il veut se substituer, et qui fonde toute sa vision du monde sur l'éternel réalité biblique du monde - ce que lui reproche précisément Onfray.
Autre chose : Onfray rejette également Bataille pour cette même raison, qu'il le trouve lui aussi trop chrétien, la preuve : sa très noire sexualité, produit infâme de la "névrose chrétienne", et qui le débecte, lui, Onfray.
A Maxime : oui, le freudisme fut à la fois répugnant et flatteur, puisant dans le caca des âmes et bizarrement rendant raison de celles-ci. Si tout le monde est devenu freudien, c'est parce que Freud donnait à ce monde une clef sexuelle, mais aussi anthropologique, littéraire et tragique, à ce monde, et là-dessus, il est encore très difficile de s'en passer. Marcel Gauchet a bien vu ça : trop facile de se débarrasser de Freud !
Au fond, et contrairement à Freud, à Nietzsche, à Bataille, même à Marx, Onfray est le contraire d'un inquiéteur. Onfray est un inquisiteur à la petite semelle (ou semaine, je n'ai jamais su comment on disait vraiment), à la perception riquiqui, et qui n'arrive pas à la cheville des grands nietzschéens français, Deleuze en tête. Alors bien sûr, MotaOne, on peut toujours dire que c'est un peu vain de faire dix pages contre lui, mais que voulez-vous, n'en déplaise à Zarathoustra, il faut parfois descendre des cimes et se faire chasse-mouche.
A tous, merci de ces commentaires.
14. 14/04/2010 10:29 - MotaOne
Pierre Cormary, merci pour ces précisions lumineuses ... allons de ce pas fureter votre blog ...
15. 14/04/2010 11:01 - Giacomo Nova
merci, là aussi un article bien senti ------>
http://cdsonline.blog.lemonde.fr/2010/04/01/onfray-ou-le-plaisir-de-puer/
16. 14/04/2010 13:31 - Jarhead
Il n'est pas trop long cet article, vu la place d'Onfray et sa propension au bavardage interminable, il faut bien traiter le problème en longueur.
17. 14/04/2010 14:34 - Arnaud
Pierre, bravo pour cet article.
Il fallait oser rappeler quelques vérités: les similitudes avérées et patentes entre l'Ornais asexué et l'élohim constipé de Vichy méritaient en effet d'être relevées ou rappelées.
Quant aux mauvais procès que l'on vous fait eu égard à la longueur de votre article, il est certain que Philippe Muray, dans son "19ème siècle..." a (tout comme vous, ici-même) fort logiquement réussi l'impossible; à savoir: démontrer la consubstantialité de l'occultisme et du socialisme dans un format qui n'était pas sans rappeler celui des "Que sais-je?".
Arnaud
18. 14/04/2010 14:45 - alain jugnon
je pense tout d'abord qu'il faut avoir les moyens philosophiques d'attaquer la philosophie d'Onfray : tous les livres de Michel Onfray s'inscrive dans la philosophie, sont dans le débat philosophique actuel car publiés, lus, pensés etc ...
cher Pierre Cormary pour moquer aussi facilement le travail philosophique de Michel Onfray il vous faudrait vous-même exposer votre propre travail philosophique et je ne crois pas qu'un blog soit aujourd'hui le lieu possible d'une telle exposition... même si ça l'est pour la moquerie le blabla le bruit en fait...
le nietzschéisme de plus et depuis les élucubrations séniles d'un René Girard est en train de subir un révisionnisme jeuniste ou angélique (je me souviens d'un honteux numéro de La presse littéraire consacré à Nietzsche ou le vieux monsieur ânnonait sur la mort de dieu...) qui veut à tous prix faire de Nietzsche un "infréquentable" comme ils disent (une sorte de philosophe maudit antimoderne de droite) et à ce titre une sorte de tentation ultra droitière pour une pensée droitisante et honteuse... le nietzschéisme de gauche d'Onfray (et le mien, voir ma thèse à paraître sous peu sur Nietzsche et Simondon) empêche cette non-pensée de tourner et se torturer en rond et de plus permet de situer le nietzschéisme sur la scène politique contemporaine, ce qui est un travail éminemment philosophique car athéiste et matérialiste, donc nietzschéen vrai
19. 14/04/2010 14:56 - Elisabeth
Pierre Cormary, ce n'est pas parce que vous avez découvert, sur le tard de votre vie, Flaubert et Madame Bovary, que vous devez vous croire muni de discernement, de critique et de style. Quant à votre âme, elle est à l'image du pharmacien : emprisonnée dans un bocal de formol, molle et prête à s'acharner sur tout ce qui ne vous convient pas, sans que vous ayez pris la peine d'aller vérifier vos sources.
Bon bain de pieds.
Ps : un nouveau roman : "Pierre Cormary".
Chiche ?
20. 14/04/2010 15:21 - Gérald D.
Michel Onfray vise juste. Il se documente. Il n'élucubre pas. On peut juste lui reprocher un ton guerrier, mais c'est ce ton qui me plaît... Le présent article est intéressant, bien que trop long, et risible en trop d'endroits... Freud devrait être étudié, à l'instar de Proust ou de Stendhal, en Littérature, voire aux côtés de Kant ou Sartre, rayon Philosophie. La psychanalyse n'est pas une discipline en soi, voilà le propos d'Onfray. Ce à quoi je n'ai jamais douté, Freud m'a toujours fait doucement rigolé avec son complexe d'Oedipe, quelle connerie !
J'ai grande hâte de lire ce livre sur Freud. Car Onfray écrit magnifiquement.
21. 14/04/2010 15:53 - alain jugnon
oui, une certaine pensée prêt-à-porter, dans le vent médiatique, et voulant à tous prix refaire de la philosophie à droite, ne veut pas se rendre compte qu'un Michel Onfray travaille très sérieusement la pensée contemporaine à gauche et en suivant le fil conducteur de la pensée 68 et de Deleuze (tout Deleuze : son Nietzsche et surtout "l'anti-oeidpe" et "mille plateaux") : Onfray c'est la philosophie de l'avenir, cela se démontre très bien quand on y pense; le reste est théologie et métaphysique, c'est-à-dire rien de valide pour demain
22. 14/04/2010 18:16 - Maxime Zjelinski
la philosophie de l'avenir, rien que ça ?
23. 14/04/2010 18:22 - Christian Dubuis Santini
C’est vrai que dans la série BHL “discrédite” Kant, Onfray “déboulonne” Freud, il manque plus que Francis Lalanne s’attaquant aux mythèmes de Lévi-Strauss et hop, on aurait une série hyper-cohérente ! Ça c’est du mix-produit coco ! C’est l’heure des œufs, c’est l’heure des nœuds, c’est l’heure des neuneus… :)
Mais au fait, il a déjà signé chez Grasset, Lalanne, ou pô? Faut y penser tout d’même… :D :D :D
Ça fait “trop” penser (pour parler comme mes étudiants) à cette pub de Séga des années 90 où l’on voyait un gros type, style beauf, avec un pull à carreaux difforme, l’air à la fois idiot et surexcité, tenant un joy-stick à la main avec en légende : “J’ai vu toute ma vie défiler en une fraction de seconde…” C’était pour un jeu qui s’appelait Grand Prix, je crois, une simulation du championnat de Formule1. Le gras du bide en photo venait sûrement de “déboulonner” Ayrton Senna à l’époque…^^
On vit vraiment une époque formidable ! ^^
24. 14/04/2010 21:05 - Gaël
"Une certaine pensée prêt-à-porter"... Ben Jugnot, simple flic, commencez par nous dire laquelle, soyez précis. Personnellement je préfere le prêt-à-porter, comme vous dites, au stock de demi-solde dans lequel va piocher a pleines brassées votre "idole".
Qu'Onfray suive le fil de la pensée 68 et de Deleuze - bravo pour la récupération par juxtaposition, ce dernier doit se retourner comme une toupie dans son caveau- ne signifie pas qu'il suive le bon chemin, qu'il ne se trompe pas, mais apparament pour vous, la philosophie contemporaine se circonscrit a cette date. Enfin...
Vous dites tout Deleuze, parce que bien sur, vouzaussi, avez tout lu Deleuze, et tout compris, bien entendu. Et bien entendu une lecture de différence et répétition par le prisme du christianisme ne vous a pas échappé et n'a pas remis en cause l'image que vous vous faisiez de Deleuze...ah mais merde, Deleuze+Dieu=..??!.arghhh ca ne colle plus ça!!
"Onfray c'est la philosophie de l'avenir, cela se demontre très bien quand on y pense"
Ben oui, quand on y pense. Mais seulement quand on y pense, hein?
"le reste est théologie et métaphysique, c'est-à-dire rien de valide pour demain". On a déjà entendu ça il y a 2000 ans, comme vous avez raison.
Involontairement, vous êtes hilarant.
25. 14/04/2010 22:48 - alain jugnon
c'est joli et gentil "prisme du christianisme" pour légitimer du révisionnisme de bas étage : Nietzsche... Deleuze... et la suite c'est quoi ?
du côté de la philosophie quand on pense et qu'on écrit, on a l'habitude de lire les textes, de débattre des idées mais surtout de ne pas s'énerver et de ne pas s'en prendre aux personnes
Michel Onfray pose clairement la ligne de démarcation entre philosophe contemporain et "essayiste", "journaliste culturel" etc... ceux-ci quand ils sont à droite et à la mode sont souvent très énervé contre Onfray qui travaille le concept et pense le monde contemporain : il le fait comme Jean-Luc Nancy, Alain Badiou et d'autres de ses collègues philosophes
regardez passer le train Onfray ou battez-vous dans le concept ! vous avez du travail !
26. 14/04/2010 23:59 - p
"On a l'habitude de lire les textes, de débattre des idées... " Eh bien justement, ce qui me frappe dans vos réactions, Alain Mignon, Elisabeth, Gérald D, c'est l'usage de l'unique argument d'autorité, pour ne pas dire d'idolâtrie onfrayienne, qui semble remplacer tout argumentaire dans le débat que nous aurions pu avoir ici à partir de mon texte si vous vous étiez donné la peine de le lire. Mais non hélas ! L'un me somme de produire une oeuvre philosophique aussi importante quantitativement que son gourou pour avoir le droit de m'opposer sérieusement à celui-ci (comme s'il fallait écrire autant que Marc Lévy pour prouver la nullité de Marc Lévy), et, en outre, se révèle visiblement incapable de répondre substantiellement à mon modeste article qui, de René Girard (traité de "sénile" à la va vite - à part ça, comme votre maître, vous n'attaquez pas les personnes) à Marcel Gauchet (pourquoi pas "grabataire" puisque vous y êtes), en passant par les citations exactes que je fais d'Onfray lui-même, prouvait tout de même certaines choses vérifiables : ses amalgames christiano-nazis totalement ineptes sur le plan théologique et historique, son positivisme scientiste navrant, son incompréhension patente de Nietzsche et de Montaigne, sa trouille incroyable et antiphilosophique de la mort, enfin, sa récupération drolatique et inévitable par Raël. L'autre fait dans le procès d'intention facile concernant ma référence bovaryenne. Ni le premier ni la seconde n'ose une véritable confrontation. "Se battre dans le concept", "travailler", c'est précisément ce que vous ne faites pas ici, chers amis. Et la célébration gratuite de votre Michel Homais ne suffit pas à la contradiction, je vous le promets. Vous n'êtes pas d'accord avec mon texte ? Très bien. Mais alors démontez le.
27. 15/04/2010 00:01 - Pierre Cormary
(Le commentaire précédent était de moi, Pierre Cormary, mais seul le "p" est passé !!)
Démontez-le. Et sans vous cacher derrière Jean-Luc Nancy ou Alain Badiou dont il faudrait vérifier en premier lieu s'ils n'auraient pas honte de se voir alliés à Michel Homais. Un Michel Homais qui, vous me forcez à cette cruauté, est déconsidéré par l'ensemble des kantiens, nietzschéens, spinozistes de la philosophie française. Pour Alexis Philonenko ou Clément Rosset, Onfray, c'est une blague de potache qui finit par être toxique à force de révisionnisme et d'analphabétisme.
C'est pourquoi vos objections bassement idéologiques (on est contre Onfray parce qu'on est de droite, CQFD) tombent un peu à plat. Moi qui suis lecteur et admirateur de Deleuze et de Bataille, qui n'étaient pas précisément "de droite", j'aurais tendance à sourire. Et serais même tenté de d'ajouter, pour paraphraser un mot de Deleuze qui disait que si la philosophie meurt un jour, ce sera de rire, si un jour Onfray nous fait une jour mourir (car l'imbécile l'emporte souvent sur le sensé, comme le faible vainc toujours le fort, selon une fulgurance nietzschéenne), ce sera également de rire.
28. 15/04/2010 00:06 - Pierre Cormary
"Le reste est théologie et métaphysique, c'est-à-dire rien de valide pour demain", disiez-vous...
Et vous vous prétendiez ami de la philosophie, mon pauvre vieux !
"Le reste, Saint Augustin, Saint Thomas d'Aquin, Descartes, Leibniz, Kant, Hegel, et aussi Dostoïevski, Proust, Bernanos, et également Le Gréco, Bach, Mozart, Van Gogh, Tarkovski, Bergman, Dreyer, c'est-à-dire rien de valide pour demain...", mon pauvre, mon trop pauvre ami... Finalement, vous n'allez pas nous faire rire, mais bien pleurer.
29. 15/04/2010 00:45 - Gaël
Le jour, improbable, ou je m'en prendrai a quelqu'un, je veux dire physiquement, a cause de ses idées, et donc les votres en partie comme vous le fantasmez, vous le sentirez passer, le train.
Nancy, Badiou...oulahla dites donc des vrais quaterbacks! A l'aulne de Onfray, ces "philosophes" spécialisés en apparitions télévisées et salons du livre. Il n'y a pas plus consensuels que ces trois-là, monsieur, et vous voudriez nous faire croire qu'ils sont la pensée en mouvement, alors qu'ils sont enlisés dans le permafrost du post-modernisme que vous semblez apprécier.
Je vous parlerais bien de Francois Laruelle -un contemporain, un vrai lui, et un FUTURISTE même- et de son analyse ô combien plus légitime et brillante de l'esprit de Nietzsche (Nietzsche contre Heidegger, Payot, coll. Traces-voyez, je ne suis pas rat) mais lorsque je lis dans vos lignes que grosso-modo, le christianisme c'est de la merde, eh bien je préfère vous laisser à votre "concept" et vos "philosophes"(que Nietzsche haissait par ailleurs mais là n'est pas le propos, quoique).
"collègues", "travaille", vous voyez la pensée comme le fruit d'une activité rémunérée ( selon les 35h j'imagine) et donc limitée. Oui je travail, comme beaucoup d'autres mais qui, etrangement, ne pensent pas comme vous, ou Onfray, c'est selon, puisque vous vous identifiez corps et âme à votre anti-dieu -ce que je comprend d'ailleurs, vous défendez ce en quoi vous croyez, et la personne qui vehicule ce message.
Bref, tout le monde a compris que vous étiez super-content de venir au secours de Michel Homaisdisdonclàbas, tout seul contre tous sur un site qui ne bois pas la même eau, des fois qu'il vous lise, sait-on jamais.
Je crains que votre prose ne le déserve plus qu'elle ne le serve mais votre totale admiration envers Michel Onferme et vous-même vous empêche de faire le moindre discernement. Vous rabâchez ce qu'il rabâche et appelez ça la pensée. En vous lisant je n'ai rien appris, si ce n'est que vous AIMEZ MICHEL ONFRAY, c'est bien mais insuffisant pour le débat d'idées que vous suggérez.
Le vieux René Girard, que vous moquez, à une chair a Stanfford, lui, et est beaucoup moins sénil que vous ne le croyez, mais pour vous en rendre compte, il faudrait lire (ses livres, pas la presse littéraire).
Enfin, en guise de casserole, je me souviens d'un Michel Onfray sur un plateau de télévision, chez F.O.Giezberg, avouer être anti-amercain "primaire et fier de l'être" (on était en 2003 je crois); puis il s'est fait moucher par un ancien ambassadeur Israelien en France sur les questions geopolitiques. Et il se tut.
C'était bon.
Non je ne prendrais pas le train avec vous. Je croise sur le Zarathoustra starship.
30. 15/04/2010 00:59 - Gaël
Cher Pierre Cormary, après tout çà, je n'ai pu vous remercier pour ce texte brillant, et souvent drôle, mais c'est la faute à Michel Homais. ci fait.
31. 15/04/2010 04:54 - Christian Dubuis Santini
Se frotter les mains n'est-ce pas par excellence le geste le plus antagoniste à la pensée?
Onfray se prétendant Nietzschéen avait déjà produit par là-même la preuve qu'il n'avait strictement rien compris à Nietzsche (massivement soutenu en cela par la complaisante incurie journalistique, toujours prompte à relayer de telles billevesées: plus c'est gros, plus ça passe…)
Onfray n'a jamais créé un seul concept, une seule formule, Onfray est un culturo-journaliste faux-monnayeur qui s'enrichit sur le terreau de l'industrie du divertissement culturel abusivement et pompeusement appelé "culture", alors que la culture au sens noble, non vénal du terme n'est pas sans rapport avec le culte voué aux morts.
Culture? Culture médiatique, oui, c'est à dire fausse culture, sous-culture dominante et inculture parentée, incapable donc d'accoucher de la moindre éthique…
Onfray est à la philosophie ce que Clayderman est à l'art pianistique. Ce dernier ayant eu au moins le mérite, le bon goût et la mesure de ne pas prétendre se comparer à Chopin, Lizst ou Gould. Mais ne préparant pas non plus à leur écoute.
Lorsqu'on est gavé de musique de supermarché, a-t-on vraiment une chance de s'ouvrir un jour à la musique?
Mies van der Rohe avait entre autres actualisé deux formules qui se sont toujours avérées opératoires dans mon travail : "Less is more" et "God is in details".
Peut-être le laxisme dans les lectures faites de cet Onfray en agité du bocage tient-il à l'élision des lettres qui encombrent, complexifient et dérangent?
En vérité je vous le dis, Onfray est sans conteste possible : NICHÉEN, au sens que le marketing moderne à donné au terme de "niche".
32. 15/04/2010 09:30 - alain jugnon
chers amis apprentis philosophes
je ne peux démonter et démontrer seulement à partir de démonstrations produites et publiées
vous ne pensez tout de même pas que vu le travail philosophique que je produis et publie (bien démontré et bien pensé) je vais réagir ressentimentalement sur un blog du genre "le ring" qui philosophiquement n'équivaut à rien de sérieux... je viens ici pour amener simplement la contradiction à l'autoglorification de soi en penseur écrivain blogueur spectaculaire et faussement nietzschéenn ou en combattant d'opérette sous couvert de nationalisme canadien (sic)... si vous prenez conscience vous-mêmes d'où vous parlez ici, les grosses âneries que vous racontez sur Nietzsche Deleuze Onfray ne valent pas plus que cela au regard du débat philosophique et politique qui concerne l'aujourd'hui même et qui fait que la pensée critique de gauche athéiste et matérialiste commence à tenir le haut de la réflexion humaine et n'en est qu'au début de sa puissance dans le réel, Michel Onfray est à l'avant-garde, AVEC Badiou, Nancy, Negri, de ce nouveau dans la pensée pour le monde réel, c'est ainsi
alain jugnon
33. 15/04/2010 09:33 - Evan Ard
Alain Jugnon ? C'est quoi ce truc ? Oh mais c'est amusant ! C'est voulu ? On dirait une espèce de Florent Gallaire de la philosophie. Je vais voir sur Google... Ah mais ça écrit des livres ? Et de "philosophie" en plus ? Félicitation à vous, Alain, vous êtes en bon chemin pour atteindre le niveau du Roi Heenok dans sa spécialité.
Malheureusement, je ne peux pas vous répondre sur le terrain de la philosophie. Je laisse le soin aux sociologues d'analyser le discours comique, chacun son boulot. Cependant, je vous propose un sujet de réflexion sur l'identité cybernétique. En lisant vos interventions, certes hilarantes, je me demandais si vous étiez bien réel ou s'il s'agissait d'un petit malin en train de faire le mariole pour agiter la bande. Je vous pose donc la question : êtes vous un fake ? Philosophiquement s'entend.
34. 15/04/2010 09:34 - Pierre Cormary
Blablabla, Alain Grognon, juste blablala, juste : "mon Michel, il est vachement super, et nous, ses amis, on l'aime fort". Vous n'amenez aucune contradiction, rien. Vous ne vous contentez que de réagir "ressentimentalement" ("même qu'il passe à la télé, mon Michel, et pas vous hou !") avant de fuir dans dans de très improbables travaux (car les travaux, si on en a vraiment, il ne faut jamais se contenter de les citer pour faire riche), et un philosophie, ça accepte de débattre, quel que soit le cadre.
- Il faut travailler le concept, ignorant !
- Eh bien, montrez-nous, savant.
- Peux pas, z'ai du travail.
Enfin, on aura essayé.
35. 15/04/2010 10:04 - Christian Dubuis Santini
Slavoj Žižek, un vrai philosophe (qui comme Alain Badiou n'a rien à voir avec les sophistes tels qu'Onfray): « À l’instar du personnage de dessin animé suspendu dans les airs, qui tombe uniquement quand il regarde en bas et prend conscience de sa situation, il suffit de rappeler à la forme morte qu’elle est morte pour qu’elle se désintègre. Le passage au nouveau s’accompagne d’une lutte passionnée qui prend fin dès que la force adverse constate que sa résistance même est déjà imprégnée de la logique de son adversaire. Quand par exemple, l’argumentation réactionnaire contre les Lumières s’appuie tacitement sur les prémisses idéologiques des Lumières. Nous retrouvons ce phénomène chez les télévangélistes contemporains qui sapent leur message dans le processus même de leur transmission : ils présentent dans leur prestation les procédés mêmes qu’ils critiquent si férocement chez leurs adversaires libéraux, de la complaisance narcissique au spectacle médiatique commercialisé. » La parallaxe, p323, Fayard, 2008.
Il n'est pas très difficile en vérité de discerner le philosophe du sophiste, Badiou lui-même en avait donné la formule il y a un moment déjà : « Lacan s’institue comme éducateur de toute philosophie à venir. J’appelle philosophe contemporain celui qui a le courage de traverser sans faiblir l’antiphilosophie de Lacan. Ils ne sont pas nombreux »
36. 15/04/2010 10:33 - Stéphane
Il n'est pas impossible que monsieur Jugnon se sente investi d'un mandat: il faut le voir survoler telle et telle page, ici et là, afin d'apporter au monde un éclairage contradictoire sur tel ou tel sujet. Qu'on lui ait répondu récemment, et à juste titre, que ses raisonnements sentaient des pieds, peu importe! Il est manifestement prêt à endurer le martyre pour l'avancée de la révoltitude à roulettes.
37. 15/04/2010 11:59 - alain jugnon
je cherche simplement à montrer qu'il existe une volonté de puissance active à gauche qui forte d'Onfray Nancy Stiegler Badiou Rancière Negri invente enfin de la philosophie du réel et pour le réel, il faut pour nous en finir avec l'angélisme gentillet d'une gauche perdue d'avance, vu la droite actuelle sans complexe et pleine de volonté de puissance : c'est de bonne guerre
salut et fraternité
38. 15/04/2010 12:17 - Gaël
Décidement vous macérez dans votre jus, Alain. Vous devriez aérer de temps en temps, et promener votre moi pour qu'il fasse ses besoins, et ailleurs que sous nos fenêtres svp.
Vous "kiffez grave " la pensée critique de gauche athéiste et matérialiste , super chouette comme programme, et très limité en fait. Vous arrive -t-il de penser autre chose que ce que vous connaissez? Mon Dieu que vos soirées doivent êtres chiantes!
Vous parlez de "l'aujourd'hui même", mais pauvre philosopitre de bordel de campagne, nous sommes dans l'APRES DEMAIN!
Nous ne sommes pas vos amis philosophes, nous avons la décence de ne pas nous affubler d'un statut qui nous autorise a ouvrir notre gueule quand bon vous semble. Nous sommes des personnes et n'avons pas besoin d'autrui pour nous cacher derrière et aboyer comme le roquet que vous êtes; vous avez du souffrir en cour de récréation.
Nulle doute que vous allez encore dans les heures qui suivent nous en balancer une bien sentie sur l'aujourd'hui philosophique de gôche. Pour vous éviter cette peine (et la nôtre), je vous informe que tout le monde se fout de ce que vous dites depuis hier, puisque que vous ne dites rien, vous ne produisez rien, hors vos scories.
Ce site est ouvert a tous, et vous avez le droit de vous y exprimer. Mais vous devriez prendre la liberté de vous taire.
Game over.
39. 15/04/2010 12:28 - Christian Dubuis Santini
Ce que tu ne sembles pas voulir comprendre Alain Jugnon, c'est que ce sont les sophistes tels qu'Onfray qui constituent précisément le supplément obscène dont le système libéral-capitaliste a besoin pour fonctionner, leur fausse opposition médiatiquement surexposée ne faisant en vérité que conforter les assises, et donc impostures respectives.
Aucune dialectique possible dans cette démocratie formelle (et non réelle) avec ces pseudo-élites formées d'universitaires affidés, chefs d'entreprise, stars des médias, du spectacle et du sport, tous purs produits marketing de la société de consommation culturiste.
40. 15/04/2010 13:08 - Stéphane
Et voilà, "salut et fraternité": monsieur Jugnon est content, il est venu déposer sa petite crotte et comme il n'a plus rien à dire, il s'en va attendre l'heure de sa prochaine microdébâcle; il se reroutera alors sur un autre site de vilains salauds réacs pris dans son obscène petite liste noire...
41. 15/04/2010 14:26 - christinefd
@Jugnon
Badiou Ranciére
Negri(les brigades rouges)
C'est du neuf.
Trés nouveau.
La volonté de puissance encore active a gauche!!
AH AH AH!
Parcequ'ils arrivent encore a bander les pépés?.
42. 15/04/2010 15:04 - David Kersan

Je vous félicite, cher Pierre, impression de voir Michel ramené à l'école par votre grande main bienveillante, juste à la fin de la récréaction.
43. 15/04/2010 17:40 - Pierre Poucet
Vos longs thés de puits sentent, Monsieur Jugnon.
44. 15/04/2010 23:52 - Greg môk
E-NOR-ME !!!
Merci pour cet article. Il évitera à certains qui n'ont jamais lu Onfray ... de ne jamais le lire.
45. 16/04/2010 13:17 - Daisy
Je suis scandalisée par la quantité d injures proférees à l égard de M Onfray! que de haine que je ne peux comprendre; on peut ne pas etre d accord mais pourquoi ces insultes ? Ces gens l ont ils lu?
C est vrai qu il a un coté "curé laic" qu il est assez rigide, mais il a une morale, une conduite , et j aime bien. Je suis ses conférences à Caen qui sont très interressantes
46. 16/04/2010 13:33 - Evan Ard
Et oui, cher Daisy, le scandale est partout aujourd'hui, que voulez-vous ? Enfin, l'insulte, ça va dans le sens d'Onfray, non ? L'inculte c'est une célébration, c'est l'hédonisme dynamique, la pulsion exacerbée, le grand oui à la vie ! La vie, ça sent toujours un peu l'excrément, je crois, pas de haine, mais de l'amour, l'amour a toujours un arrière gout de crotte. La sagesse tragique, c'est aussi accepter qu'on est tous un peu des ordures bienveillantes, qu'on va tous se cracher à la gueule, que du bonheur, de réduire l'autre à de la merde, la recherche perpétuelle du plaisir scatologique, trouver en l'autre ce qu'il y a de meilleur et l'insulter, c'est aussi ça, l'hédonisme trash-matérialiste anti-curé-caca.
47. 16/04/2010 15:19 - pat
Alors Pierrot, ça fait si mal la jalousie ?
Tant de venin à cracher ('tention les trous dans les chaussures!) pcqu'on se dit que ce qu'il fait là, le con d'en face, on aurait très bien pu le faire aussi.
Pleure pas, 'tit Pierrot, faut t'y faire, le talent n'est pas la chose la mieux partagée au monde.
48. 16/04/2010 15:53 - Evan Ard
Cormary jaloux de Michel Onfray ? Quel argument grotesque ! Il n'aurait jamais été capable de faire du Onfray, justement. Maintenant il faut absolument que toutes les formes de critique se justifient par le mauvais sentiments mal assumé. Ça donne une idée du monde de Bisounours dans lequel on vit. Alors il reste quoi ? Le promotion dégoulinant ? Le temps de cerveau disponible de Coca-Cola ? Moi je crois surtout que c'est la promotion béate qui est la conséquence d'un mauvais sentiment, si mal assumé qu'il ne sait même plus.
49. 18/04/2010 09:37 - bruno chauvierre

Michel Onfray , déplace vers Freud sa haine légitime contre les hommes d'Eglise.
C’est une défense du moi comme une autre !
50. 18/04/2010 13:09 - Christian Dubuis Santini
Encore plus fort que la bière sans alcool, le tabac sans nicotine, le café décaféiné : Onfray, la philosophie sans pensée…:-D
51. 18/04/2010 20:40 - Morsay
Michel, tu t'en ba les kouilles d'MC Kormary, t'inkiet, vien bicrave avec nous à Clicli !
52. 19/04/2010 16:17 - Amaury Watremez
Mais mince, Onfray est un surhomme, il lit "le Monde" sur son portable (un n'ail fône de la dernière génération), il prend le tégévé tout seul comme un grand et en plus si ça se trouve il est très sympa. Quant à Monsieur Jugnon, il vit au XIXème siècle, il est persuadé que les curés portent encore soutane et que nous sommes encore en monarchie de droit divin. Et c'est aussi un surhomme même s'il ne peut s'empêcher de verser dans la littérature de latrines comme dirait Michel Homais.
Cela dit, je l'ai bien aimé, Onfray, quand il a démonté en deux phrases une jeune conne qui croyait que ses histoires de cul était de la littérature moderne.
http://mesterressaintes.hautetfort.com/
53. 22/04/2010 11:39 - Nach Mavidou
Onfray a pondu il y a quelques jours une prose contre l'anonymat des commentaires et des blogs sur Internet. Il me plaît d'imaginer que l'article qui est en haut de cette page n'est pas étranger à ce mouvement d'humeur.
Un soir chez des "amis" je suis tombé sur le Traité d'Athéologie. J'ai ouvert au hasard, et c'était le passage sur Hitler et Saint Jean. Ces quelques pages de "démonstration" grotesque ont suffi à me persuader de l'inintelligence, ou plus probablement de la mauvaise foi de raisonnement de leur auteur.
Plus lointainement, il faut aussi souligner qu'Onfray entonne inlassablement la chanson qu'une grande partie du Monde a envie d'entendre, allié à un certain art de la mise en scène sur ses propres produits qui colle mal avec l'austérité formelle qui sied habituellement à la formation d'une vraie pensée. Même chez les plus libres.
54. 25/04/2010 18:18 - Oblomov
L'oeuvre immense de m'sieur Jugnon :
http://www.editions-lignes.com/ARTAUDIEU.html
Bravo pour ce bel article Pierre. La perspective que vous offrez de Freud et de la psychanalyse est très intéressante (plus que le dézyngage d'Onfray -qui est rigolo, mais le misosophe prête trop facilement le flanc à la poilade !)... Toutefois, cette perspective laisse entendre que décidément le modernisme (à distinguer de la modernité) peut tout avaler, tout et son contraire, se repaître de tout et continuer son bonhomme de chemin vers le grand "rien"... Les pensées les plus révolutionnaires sont souvent celles qui penchent le plus facilement vers cette continuation...
"Dieu est mort" "le monde désacralisé", des alibis faciles pour le tout petit surhomme moderne qui veut médiocriser en paix, en rond, tout seul et ne rendre de compte sur lui-même qu'à lui-même...
Freud, penseur tragique ? Humm, oui, surtout pour ses "successeurs" !
55. 27/04/2010 02:42 - christophe
Lycéen, membre de la génération du net, jamais je n'avais lu un article si intéressant et si bien écrit.
Votre vision de Freud est juste : homme de système car homme du logos, il a malgré tout emprisonner une part de réalité à travers ses concepts. S'il ne peut pas expliquer la vie à la manière d'une science, il nous apprend à la penser.
Votre vision d'Onfray rejoint là aussi la mienne : Le moderne, se croyant plus malin que ceux qui l'ont précédé fonce droit vers le bonheur. Il ne prend pas de chemin à rallonge et c'est là sa plus grande erreur car au final, en oubliant ce qui le dérange, il parvient presque à le toucher.
Le bonheur c'est l'oubli. L'oubli de soi, aussi agréable soit t'il, doit être combattu. Cela est difficile à penser, difficile à dire mais l'homme doit rechercher ce qui le pousse jusqu'à ses derniers retranchements. Il doit faire face aux incohérences du monde afin d'exister. Mieux, il doit les rechercher car c'est seulement ainsi qu'il fera face à l'existence et qui la connaitra. La voie du bonheur tout comme celle du malheur sont les voies de l'oubli. On peut s'oublier dans le bonheur tout comme on peut s'oublier dans le malheur. Un monde où tout fait partie d'un tout cohérent, voilà le vrai danger ! L'homme doit créer le possible et le possible n'est envisageable qu'à travers l'inconnu. Le détruire, c'est détruire l'homme, c'est détruire toute sa création de sorte que le bonheur devienne malheur, le rien devienne infini car les mots n'auront plus lieu d'être, plus rien à inventer. L'instinct sera re-devenu le genre humain !
Vous êtes un brave type, j'suis pas bien riche mais si je vous payerais volontiers un café un de ces jours !
56. 27/04/2010 22:57 - Pierre Cormary
Cher Christophe,
prenez donc contact avec moi, et c'est moi qui vous payerais un verre de blanc.
Bien à vous.
Pierre Cormary, montalte@aol.com
57. 29/04/2010 04:20 - Orpheus
Un magnifique article. Même si j'avoue être fort peu "ami" avec la psychanalyse.
58. 29/04/2010 18:51 - Traumax
"On va vous le répéter encore pour que vous le compreniez vraiment, mais nous les modernes, on plaide pour un autre paradigme social et moral, une autre anthropologie qui se passerait de Sade, de Freud, des Tragiques et aussi des Comiques. Y en marre de la castration, marre du péché, marre de l’Œdipe, marre de l’Hamlet ! Voilà ce qu’un gouvernement adulte devrait faire – nous éradiquer cette saloperie biblo-freudienne ! Vous, je ne sais pas, mais nous, nous n’avons pas tué notre père, nous n’avons pas baisé notre mère. Nous ne sommes responsables d’aucune peste réelle ou métaphorique. Nous aimons nos parents, nos parents nous m’aiment, nos beaux-parents encore plus, et on pense tous que Sophocle n’a jamais fait que raconter ses fantasmes de merde, c’est tout. Nous ne sommes pas pécheurs, nous ne sommes pas castrés, nous ne sommes pas sadiques. Nous sommes attachés autant à la justice qu’à nos mamans, et nous emmerdons tous les Œdipes et tous les Jobs de la terre. Les mythes, ça ne vaut rien pour l’humanité, surtout ceux-là, tous plus dégueulasses les uns que les autres ! Tant pis pour eux, tant pis pour vous si vous n’en décollez pas, mais nous, on n’a vraiment pas besoin de ce genre de truc pour vivre. Alors, laissez-nous tranquilles, curés que vous êtes, freudiens maudits, écrivains merdiques ! Car sains, heureux et innocents, oui, nous le sommes. Et puis, l’épilepsie, ça se soigne mon cher Dostoïevski !"
Je n'aurais pas mieux dit. Je suis donc un moderne. Youpi !
M. Onfray m'a fait m'intérresser à la philo, il m'a proposé une vision du monde et du rapport aux autres qui me convient, a confirmé mes intuitions adolescentes sur dieu et les religions.
J'ai commencé son livre, mais je n'irai pas au bout, parce que Freud, en fait, je m'en fout pas mal. J'ai "résolu mon Oedipe" tout seul comme un grand. Reste que sans Onfray, moi péquin moyen de la classe moyenne, lisant peu, se foutant de tout ce qui ne me concerne pas ou presque, j'ai appris l'existence et la pensée de Montaigne, D'Holbach, l'abbé Meslier, Diogène de Sinope, Epicure etc... et je vous le dit tout de suite, je n'irais pas les lire dans le exte, ej n'en ai ni le courage ni l'envie.
Ce que vous semblez proposer dans cet article et ses commentaires c'est une vie dont la perspective unique est la mort. Je préfère une vie dont l'horizon serait la vie elle même. L'ataraxie et le refus des déplaisirs vous parait-il si dangereux pour l'humanité qu'il faille les discréditer en les transformant en non-pensée, en prêt-à-penser, en prémix philosophique pour adolescents attardés qui voudraient s'enivrer sans ressentir la brûlure de l'alcool ?
Oui, Onfray nous prémache les textes des auteurs dont il parle. Et moi j'aime la bouillie. Parce qu'elle nourrit très bien et, pour peu qu'on l'assaisonne correctement, elle peut avoir très bon gout.
59. 29/04/2010 18:58 - Traumax
suite,
Dernière chose, je pense, mais sans preuves, que Onfray est un des penseurs qui ai actuellement le plus de répercussions réelles, au dela du monde des idées. Ses conférences, ses actions de formation populaire a Caen et Argentan (université du gout) ont plus d'impact sur la plèbe que n'importe quel livre, chronique ou article de presse de pas mal de ses confrères.
Ne vous méprenez pas, je ne suis pas un béni-oui-oui onfrayen, mais je reconnais en lui certaines qualités que je ne trouve pas chez d'autres philosophes contemporains.
Je n'ai pas l'érudition pour débattre à fond avec vous, je dis donc une bonne fois pour toutes ce que j'en pense. Ça tombe ici parce que l'article au dessus est le plus intéressant que j'ai lu ces derniers jours sur le sujet. Tant pis pour vous. Enfin, tout cela passera et la postérité nous dira qui de Onfray ou Cormary aura le plus marqué son époque sur le plan des idées et des actes.
60. 29/04/2010 21:54 - Encore moi
Excusez-moi; je viens de lire votre défense du christianisme sur votre blog et quelques articles sur ce site.
Je suis un Jean-Kévin, vous êtes des catholiques de droite, peut-être même royalistes pour certains. Tout est dit. Je vous laisse. Je repasserai peut-être voir si vous daignez me répondre.
Bonne révolution nationale à vous tous.
61. 29/04/2010 22:07 - Evan Ard
Gné !? Mais c'est qui ce type ? oO
62. 30/04/2010 01:50 - Christophe
Onfray est un bon pédagogue, il faut le reconnaitre. Après concernant son œuvre, c'est autre chose.
Son hédonisme n'est pas sans me rappeler celui d'Epicure ou de lucrece. Amis, profitez de la vie mais pas trop quand même, fixez-vous un certain nombre de règles mais pas trop quand même. Suivez ces règles et vous serez en mesure de profiter des bonheurs simples de la vie.
Le plaisir peut être corrosif, Onfray offre à tous du bonheur abrutissant. A vous de voir ce que vous voulez. Pour ma part, je recherche autre chose que du bonheur. Onfray offre à un cadre dans lequel s'oublier, là où il faudrait justement faire face, bomber le torse et affronter, pour sortir meilleur, le tragique de l'existence. Il y a beaucoup de facilité dans la philosophie d'onfray, c'est une philosophie de consommateur, c'est notre philosophie à tous, celle qu'on retrouve chaque soir au supermarché. La où la philosophie doit poser des questions, onfray répond à toute les questions. C'est cela que je lui reproche. L'être humain est un être de possible mais pour que le possible existe, encore faut t'il reconnaitre que certains choses nous échappe, nous dépasse. En ce sens, la philosophie de monsieur Onfray est une philosophie du contentent. Nietzsche doit se retourner dans sa tombe, le pauvre car son surhumain c'est une question sans réponse et éternel, qui revient toujours et ne se résout jamais. Une question dont on ne connaitra jamais la réponse mais auquel on s'évertue par notre vie à affronter, à polir. Nietzsche, c'est le gros foutoir. Onfray, c'est la chambre bien rangé. Il est si matérialiste qu'avec lui, l'homme en est réduit à suivre une discipline juste assez contraignante pour être en mesure de faire abstraction de la vie. Avec lui, l'homme redevient un animal. Un animal dressé certes, comme tout ces petit chiens qu'on a dressé à ramasser leur petit carré de su-sucre.
PS : Je suis comme vous, j'ai moi aussi fait un tour sur le blog du bonhomme. Alors oui, c'est des bien des bons gros cathos de droite. Oui, bien sur, ils ont fait de la foi, de l'idée d'une aristocratie ou de leur comportement mondain quelque chose de tendance, de révolutionnaire car à contre courant des normes prônées par notre société. Bon et après ? Cela ne les empêche en rien de faire des choses sensés qui ont le mérite de susciter la réflexion. C'est parce qu'ils sont différends de vous, de moi ( De gauche par éducation, et athée depuis toujours ) qu'ils peuvent nous apporter quelque chose. Ils peuvent nous contredire et en cela, nous faire progresser. Car c'est en affrontant autrui qu'on sera en mesure d'affermir sa sagesse, et de la rendre à toute épreuve. On peut nier autrui mais c'est beaucoup plus dur de le prendre en compte.
63. 30/04/2010 01:59 - Christophe
Enfin pour finir, je tiens à vous dire qu'ils ont beau cracher sur les modernes, ces petits cathos, n'empêche ils ne peuvent pas s'empêcher de l'être. Ce sont des modernes anti-modernes. Suffit de parcourir leur texte pour le sentir, le moderne qui se cache. Volonté de plaire, d'être nuancé, subtil en somme, de prendre en compte les critiques de son adversaire. Ils sont comme nous tous, de gros névrosés qui veulent rassembler dans leur être, le noir et le blanc. Etre le noir et le blanc en même temps, quitte à déteindre sur le gris. Mise en avant de l'esprit, l'esprit qui peut tout, l'esprit qui peut même lutter contre la réalité, la nier. Il suffit d'emprisonner toute ce qui existe à l'intérieur de soi même.
Il est très dur à notre époque d'être juste kaki. De se cantonner à un rôle, à la différence. A réaliser le possible par son existence, même si cela implique de rompre avec tout ce qui a été déjà fait. Aujourd'hui, on veut être Dieu. Etre tout à la fois. L'homme moderne est celui qui essaye de construire la plus grosse contradiction qui soit. Ce n'est pas un bâtisseur.
64. 30/04/2010 08:08 - Myriam
Les mots souvent creux terminent leur course plus ou moins folle dans un portefeuille ,symbole d'un cynisme,je dois dire... affriolant.Le tout se vivifiant de la complaisance infini que suscite le fait de parler de soi,alors que c'est sans doute en cessant de se regarder souffrir dans un miroir forcément mensonger que l'on peut espèrer, modestement ,faire un tout petit pas en avant.Un peu de bon sens ,laissons tomber la science.La stupidité a souvent l'apparence de la complication et Flaubert nous l'a superbement illustré,en détaillant ,minutieusement,longuement, le béret de Charles Bovary, pour conclure soudainement qu'il ressemblait à celui de la face d'un idiot.Freud n'avait pas son humour,il est vrai ni son humilité d'ailleurs. On rejoint Onfray-Homais dans sa proposition d' un bonheur "libre",ce qui serait d'une touchante prétention,si ce voeu était au moins débarassé des mille opportunismes qu'il met en branle et à bien y réflechir ,je préfère le bavardage plus coloré d'un Homais que celui ,presque mutique et inquisiteur d'un docteur Freud. La question du pouvoir et de son abus sur un état de faiblesse , semble ne jamais concerner les praticiens ,mais j'oublie qu'ils ont été préalablement "traités",et peuvent donc s'affranchir de cette ennuyeuse donnée,possesseurs bien-heureux,d'une psychanalytique bénédiction.La modernité (que Ring , souvent torpille d'une réjouissante et juste satire),s'abreuve jusqu'à s'en étouffer de Freud et ses émules ,un instrument à l'efficacité redoutable dans sa fameuse entreprise :Suppression du singulier dans l'informité du pluriel,indexation du particulier sur la masse confite dans l'abstraction, par la valorisation même d'un égocentrisme labouré sur les terres fertiles de l'égarement...Fabuleuse perversion!Freudienne?Je n'ai pas encore osé ,mepriser à ce point le temps qu'il me reste à vivre ,pour lire l'oeuvre complète du savant viennois...Le serpent se mort la queue et jubile de son enfermement dont il ne sort qu'à travers d'illusoires projections,toujours plus indigentes.Enfin, je ne crois pas que madame Roudinesco,à la lire, soit en mesure d'apporter une contradiction solide face à un livre dont la structure est à l'évidence,aisément déboulonnable.Dommage!Dans un élan compassionnel, n' émouvant que mon si chéri, petit-égo, j'aimerais pour conclure,rabibocher les ennemis jurés.Freud et Homais ont ,j'en suis certaine, beaucoup de choses à se dire,ils n'habitent après tout pas très loin,l'un de l'autre. La providence nous réserve toujours d'inespérées synchronicités!
65. 30/04/2010 08:39 - Evan Ard
Je voudrais demander au fiévreux Traumax, et dans une moindre mesure à Christophe, plus pondéré, vous n'avez pas l'impression de tout confondre quand vous mettez Freud, la psychanalyse, l'œdipe, le péché, les curés et le catholicisme dans le même délire ? Je veux dire, aujourd'hui, vous croyez vraiment que se sont les prêtres et la religion, ou encore la notion de péché, qui empêchent notre belle multitude moderne de jouir de son esclavage ? Ne serait-ce pas justement toutes ces offres et ces demandes que l'on nous présente comme autant de libertés qui enclavent les consciences ? Publicité, consumérisme, écologie, socialisme, ne peuvent-ils pas être considérés comme autant de symptômes d'un certain matérialisme, d'un certain hédonisme ? Franchement, vous en voyez souvent des curés, venir vous faire la leçon de moral ? Comparé au nombre de spot publicitaire ou de campagne de rééducation citoyenne qu'on se prend dans la gueule chaque jour, vous trouvez que ça pèse lourd ? Christophe me parait plus honnête que Traumax, qui, à le lire, semble vivre dans une société cléricale et patriarcale totalement anachronique. Moi j'ai plutôt le sentiment que la doxa, aujourd'hui, ce n'est plus la religion, c'est Onfray.
66. 30/04/2010 12:05 - Traumax
Je suis assez d'accord avec Christophe, a ceci près que je me contente très bien de ce bonheur facile, pour l'instant. J'ai encore quelques années de vie devant moi, je changerai surement un jour. Je l'éspère du moins.
En fait, ma remarque sur les cathos de droite s'est faite par rapport à la défense du christianisme de M. Cormary, que j'ai trouvé assez méprisante, voire insultante pour tout ce qui n'est pas chrétien. C'est d'ailleurs un des reproches principaux que je fait aux religions, qui travaillent toujours à l'exclusion. Si d'autres comme Evan ard veulent bien discuter sans mépris, c'est plutôt cool. Allons-y.
Sur les symptômes du socialisme, de l'hédonisme et du matérialisme: Pourquoi les considérer comme des maladies? Vous proposez quel alternative pour vivre heureux et ensemble sans se taper dessus ?
Je pense avoir été mal compris, ou m'être mal exprimé peut être, mais je n'ai pas le sentiment d'être dans une société cléricale. Une société religieuse, assurément. Et communautariste.
Quand à l'amalgame que vous me reprochez au début, je crois qu'il vient d'un malentendu.
J'ai précisé, et je redis, que je ne connais rien d'autre de Freud que les idées reçues communes. Je n'ai donc absolument rien à dire dessus. Quand au catholicisme, je l'ai pratiqué en dilettante pendant presque 15 ans, ai été baptisé volontaire, par convention sociale, puis apostat par choix personnel. La je sais mieux de quoi je parle. Et j'en déduis que la religion, toutes les religions, si elles ont de bons cotés en ont aussi de terrifiants qui me poussent à les refuser.
Notez que je ne critique pas la foi, mais le dogme et le clergé.
Bon la je vais manger.
67. 30/04/2010 15:04 - Evan Ard
Traumax, excusez moi, mais avant toutes choses, je me permet de vous demander des précisions concernant l'usage que vous faites des termes "religion" et affiliés, (adjectif : religieux, religions au pluriel...) Je veux dire par là, qu'est ce que "religion" pour vous ? Vous parlez du fait religieux, de la communauté des croyants, de la hiérarchie ecclésiastique, d'un système de pensé ? Ajoutant à cela le fait que chaque religion a sans doute sa propre conception de ce qui fait religion. Je vous le demande parce que, en tant que catholique, je ne me perçois pas comme quelqu'un qui joue sur l'exclusion, et c'est parfois au contraire ma volonté de partager mon expérience religieuse qui a fait fuir les autres. De même, je n'ai pas vraiment le sentiment de vivre dans une société religieuse, mais dans une société libérale où l'irrationnel s'est emparé des discours touchant au domaine du religieux en général. Je peux moi aussi trouver des aspects terrifiants dans l'usage que les hommes font du catholicisme, usages qui m'apparaissent souvent comme totalement contraires à l'essence du message chrétien, je me garde donc des hommes, et non de ce que je conçois de la religion. Dans la Bible, Dieu se révolte d'ailleurs souvent contre la façon dont les hommes détournent la religion de son objectif, qui est de nous faire connaitre et aimer Dieu. Pour finir, le dogme et le clergé m'ont très souvent apporté l'opportunité de vivre, malgré tout, en communion de sympathie avec l'humanité, mais cela m'a demandé de savoir écouter mon cœur, je veux dire qu'il y a une exigence à ne pas juger et condamner l'Église qui, bien que sacrée à mes yeux, n'est qu'un devenir toujours reconduit vers l'idéal du message du Christ. Mais cela vaut également pour de nombreuses entreprises humaines qui, partant d'une bonne volonté, produisent parfois les pires résultats.
68. 30/04/2010 16:03 - Traumax
La religion, pour moi, est tout ce qui se trouve accessoire à la foi, c'est à dire à la croyance en un Dieu.
La foi est affaire personnelle, je la respecte, et peut l'admirer parfois tant l'idée de Dieu m'est étrangère. J'admire qu'on puisse placer tous ses espoirs et ses doutes en une telle idée. J'ai pour ma part une non-foi, je pense que Dieu n'existe pas. Il est possible que j'ai tort cependant. On verra ça au jour du jugement dernier, Inch'Allah.
Je me garde de la religion, en tant qu'elle est une construction humaine, selon moi. Et c'est tout à fait logique selon ce que je viens de dire de Dieu. Ne (re)connaissant pas dieu, les textes de la bible ou du coran sont pour moi des mythes historiques, pas des paroles sacrées révélées. Ce qu'ils nous disent à une grande valeur, et en ça je rejoins le point de vue de Cormary sur la culture chrétienne, mais au même titre que les mythes grecs, par exemple.
Enfin, comprenez bien que je mets dans le même sac, surement à tort me direz vous, les trois monothéismes, le chamanisme, les polythéismes divers... Selon moi, d'aimables mythes qui peuvent nous servir à vivre ensemble mais dont le grand tort est de vouloir avoir raison contre tous les autres.
L'hédonisme peut permettre de dépasser la religion en ce qu'il propose de vivre en cherchant son plaisir et celui des autres. Très chrétien finalement non ?
PS: j'ai lu certains de vos articles Evan Rad, ils sont biens. Et je suis content que malgré nos désaccords évidents, nous puissions échanger.
69. 30/04/2010 16:31 - Evan Ard
D'accord. Au final, c'est une approche très individualiste et anarchique de la spiritualité que la votre il me semble ? Vous me direz si je me trompe. L'idée de Dieu, pour moi, n'est pas tant une forme d'instance dans laquelle je placerais mes espoirs et mes doutes qu'un mystère insondable qui me pousse à toujours me maintenir en mouvement vers les hautes atmosphères, avec une ligne d'horizon, cependant, l'idéal de l'amour, un horizon vertical. C'est parce que je rechute sans cesse sur Terre que la seule idée de Dieu m'est nécessaire, sinon, je mourrais asphyxié par le monde des hommes, comme je mourrais asphyxié par la pureté de l'air si je demeurais dans les hauteurs. Mais j'insiste sur le mystère du divin, qui pousse l'homme au devenir, sinon, à mon sens, c'est une idole creuse. Définir l'athéisme comme une non-foi, c'est pas mal, mais si pour vous un doute subsiste, vous tendez alors vers l'agnosticisme, qui est l'affirmation rationnelle de l'échec de la raison à décider si Dieu existe ou non. L'athéisme, c'est l'affirmation de l'homme comme aptitude décisionnelle complète à reconnaitre la non-existence de Dieu, et c'est, je crois une très lourde responsabilité que celle-là. Beaucoup d'athées ont échoué à l'honorer, sinon tous. La religion comme conception humaine, si Dieu n'existe pas, c'est tout à fait logique, effectivement, mais on pourrait encore parler de projet, y compris dans cette dimension. Les paroles ne sont sacrés que dans la mesure où le cœur les entend, sinon, vous avez raison, ce sont des mythes, à cette nuance qu'il y a une réalité historique des prophètes. Dans ces conditions, c'est donc la part qui accorde foi aux miracles, aux manifestations surnaturelles, qui est de l'ordre du mythique, non les enseignements, qui peuvent être crédités historiquement, avec plus ou moins de certitudes et de précisions. Je ne suis pas sûr en revanche que les mythes aient pour fonction de nous aider à vivre ensemble, cela peut être parfois le cas, mais la mythologie recouvre également bien d'autres fonctions. Pour finir, je ne nie pas que la Bible est une fiction, une œuvre littéraire, je ne dis pas qu'elle n'est que cela cependant. Ce qui compte, c'est comment la fiction nous permet de tromper la réalité pour que nos vérités deviennent effective, dans le réel.
70. 30/04/2010 17:42 - traumax
Effectivement, la spiritualité est pour moi une affaire individuelle, au sens ou je ne ressens pas le besoin d'une communauté pour affirmer ma spiritualité. Mais je conçois bien que ça puisse être le cas pour d'autres.
Je suis passé par l'agnosticisme, puis j'ai fait le choix conscient de refuser l'existence de dieu. Au risque de l'erreur. Comme vous le voyez, j'ai déjà changé d'avis deux fois dans ma vie, dans mon rapport à dieu. Ca peut encore arriver. Peut être un jour croirais-je en dieu, sous une forme ou une autre, panthéiste, déiste, je ne sais pas. Mais je sais que si ça arrive, je le ferais hors de la religion.
Car, selon moi, une religion se défini elle-même comme un "dedans" (communauté, dogme, clergé, croyances...), excluant d'emblée tout ce qui est "dehors". Au mieux tente-t-elle d'inclure cet extérieur à elle-même, voir le prosélytisme musulman, l'évangélisation catholique par la mission, ou même M. Cormary qui essaie de faire de tout les humains des chrétiens qui s'ignorent.
Contrairement à vous, je n'ai pas besoin de m'extraire du monde des hommes, je m'y sens assez bien, malgré tout. Je ne ressens pas ce besoin d'horizon vertical, puisque je trouve l'amour auprès de mes proches, et la ,plupart des gens que je croise dans la vie de tous les jours ne me sont pas désagréables.
J'aimerais que cette conversation aie lieu de vive voix, je me sens frustré par la clavier. Enfin, comme ça n'aura jamais lieu, poursuivons ici puisqu'on nous y héberge.
71. 30/04/2010 18:33 - Myrrhman
Onfray se croit transgressif en prêchant un hédonisme bébête, mais qui parvient-il encore à heurter aujourd'hui ?
Ses thèses ont plusieurs métros de retard, nous n'en sommes plus à la révolution sexuelle des sixties, déjà grotesque à l'époque.
Qu'il se fasse donc le chantre de l'abstinence sexuelle, de l'ANTIdérision et de l'austérité, on verra si son public lui restera fidèle.
Et son petit coup de griffe lamentable sur Freud pour se faire de la pub...
Il est et restera un grossier charlot communiste qui fait passer des théories invraisemblables pour de l'audace intellectuelle, tombé dans toutes les tartes à la crème de la révolte post-ado la plus convenue : l'athéisme mièvre, le pseudo-libertinage, le nietzschéisme romantique, l'insoumission à une oppression fantasmée... Les casseroles s'accumulent, mais l'idole reste intacte, le porte-feuille étonnamment bien garni pour un insolent autoproclamé.
72. 30/04/2010 18:51 - Traumax
Myrrhman...
Comme vous n'avez rien compris. C'en est triste.
Pour avoir suivi, plus ou moins attentivement ses conférences, et lu plusieurs de ses livres, je crois connaitre un peu Onfray, du moins sa façon de penser le monde. donc:
- Je ne pense pas qu'il se croie transgressif. A la limite marginal à ses débuts.
- Les chantres de l'abstinence, de l'antidérision et de l'austérité sont semble-t-il à l'œuvre depuis plusieurs siècles et ont effectivement perdu une bonne partie de leur public.
-Le reproche de l'argent est finalement le plus imbécile. L'argent empêcherait l'insolence, laquelle serait le droit exclusif des pauvres et des ascètes ? Imbécilité.
-Quelles sont donc les thèses en avance ? Et pourquoi faudrait il toujours être en avance. Certaines thèses ont plusieurs siècles et rencontrent un succès énorme pour autant.
73. 30/04/2010 19:53 - Christophe
@ Evan Ard : Je suis d'accord avec vous. Biens sur que "la publicité, le consumérisme, l'écologie, le socialisme, peuvent être considérés comme autant de symptômes d'un certain matérialisme, d'un certain hédonisme". Mais c'est pareil pour l'église et Dieu et ce n'est pas parce que ce que les normes ont changés que Dieu est devenu un moyen d'être un révolté. Comme si la revolte en somme, c'était de se définir par rapport à la majorité et de s'y opposer en prenant les positions inverses.
L'être humain a toujours été comme ça. Il pique un peu de marxisme ici, un peu de dieu là, un peu d'hédonisme ici etc, comme autant de pierre pour bâtir un mur, un rempart autour de lui. Un système, une grille de lecture dans lequel voir le monde et le comprendre sans à avoir à faire d'effort.
Et au final, ça transparait bien dans les propos de Traumax ("L'hédonisme peut permettre de dépasser la religion en ce qu'il propose de vivre en cherchant son plaisir et celui des autres. Très chrétien finalement non ?"), vous êtes en désaccord sur la forme mais d'accord sur le fond. Vous essayez d'être heureux. De vous oublier dans votre bonheur.
74. 30/04/2010 20:25 - traumax
Amen.
75. 01/05/2010 21:52 - Myrrhman
Cessez de jouer les body guards de votre philo-star préférée, et relisez bien mon précédent message, en faisant usage de votre cervelle, cette fois.
Vous êtes tombé dans tous les filets de cette baudruche philosopharde, et c'est à moi que vous demandez des comptes ? On croit rêver.
L'argent n'empêche pas l'insolence, c'est l'insolence qui empêche l'argent. Les vrais poils à gratter ne se pavanent pas chez Giesbert à jouer les sadiens d'opérette, en prenant la pose du pourfendeur de politiquement correct, le regard sombre et le verbe haut. Les authentiques subversifs ne voient pas leurs ouvrages en tête des ventes (et de gondole), et n'espèrent pas tirer grande gloire avec des sujets aussi racoleurs.
Finkielkraut, dans un récent numéro du Figaro, expliquait à merveille comment la destruction d'un tel pseudo-tabou faisait mouiller les culottes, alors qu'une critique plus structurée et mesurée, moins excitante, aurait fait un flop à coup sûr.
Le reste de votre message prouve que vous m'avez lu en louchant : je n'évoque nulle part d'idées "en avance", juste des théories foireuses qui relevaient déjà du canular intellectuel en 1968.
Un projet philosophique fantaisiste, qui place la quête du plaisir (sexuel, pour faire vendre) et la sécheresse spirituelle (athéisme radical = manque d'intelligence, il doit toujours subsister un doute sur cette question, chez un penseur digne de ce nom) au premier plan d'une pensée que ne renierait pas un étudiant partouzeur abonné à Technikart.
Son coup de pub sur Freud confirme mon opinion, faite depuis fort longtemps déjà. La putasserie le dispute à la vénalité la plus écoeurante. Quand je pense qu'il ricanait de l'oeuvre d'Attali ah ah ah.
J'attends avec impatience sa prochaine blague carambar chez Grasset.
76. 01/05/2010 23:09 - Traumax
Les idées en retard que vous évoquez suggèrent qu'il y'a des idées en avance, ou du moins actuelles, qui seraient selon vous forcément meilleure. Eclairez moi sur ce point. Vos messages laissent apparaitre une pensée réactionnaire du plus bel effet dans les cercles rotariens. Quelle audace.
Onfray n'est pas un sadien d'opérette, il a dit clairement ce qu'il pensait de Sade: un proto-fasciste, pervers sexuel et criminel, qui eu l'heur de se montrer républicain au bon moment, mais qui était profondément aristocrate. C'est son opinion, je connais trop peu Sade pour porter un quelconque jugement.
Comme baudruche philosopharde, chacun la sienne apparemment, Finkielkraut en est une belle selon moi.
Le reste de votre propos relève du jugement de valeur et rabaisse cette conversation qui commençait tout juste à s'élever un peu.
77. 02/05/2010 09:56 - Myrrhman
Il n'y a pas d'idées en avance ou en retard, il y a des idées lamentables qui n'ont jamais fait leurs preuves. En l'occurrence, celles que je vous décris comme étant apparues dans les années 60 SURTOUT, mais que certains philosophes avaient effectivement abordées auparavant (la mort de Dieu par Nietzsche, le libertinage par les libertins, d'une façon indirectement bien plus perverse par Laclos que par Sade, d'ailleurs, même si son but premier fut de dénoncer l'ordure morale de ses personnages).
Dans les années 60, libération sexuelle, ringardisation de l'Eglise catholique, chute de la fréquentation de celles-ci (Vatican II n'y est sûrement pas pour rien).
On voit bien aujourd'hui à quel point ces deux "progrès" ont fait évoluer la société dans le bon sens : des gens perdus, sans aucune spiritualité, obsédés par le sexe, les corps et leur consommation. Et voilà que des penseurs comme Michel Onfray enfoncent des portes grandes ouvertes en prétendant que la société est trop coincée et qu'il faut baiser, rejeter les religions (tout ça est déjà fait depuis 50 ans, je le rappelle) et nager dans un bonheur artificiel, l'hédonisme, qui n'est pourtant pas accessible aux individus dont la vie est pénible et ingrate.
Avouez qu'en terme d'idées pertinentes, on pourra repasser.
78. 02/05/2010 10:28 - Evan Ard
Traumax. Pour moi la religion n'est pas tant un dedans qu'une circulation, c'est le chant du chaos qui se fait dialogue traversant toutes les dimensions de l'univers unifié, comme une plainte d'amour puissante et douce à la fois, douleur et douceur universelles montant vers l'infinie lumière. L'assimilation de Dieu aux splendeurs du ciel est évidement métaphorique, car il faudrait dire aussi que, pour les chrétiens, ce mystère de la présence divine se manifeste avant tout en nous, dans le temple sacré du corps. Le Dieu Chrétien n'est pas un dieu de l'éther mais le Dieu des vivants, des êtres incarnés. C'est en ce sens que pour moi le christianisme ne consiste pas tant à s'extraire du monde des hommes que d'habiter précisément son cœur le plus noir, les profondeurs inavouées de ses plus grandes misères et d'y trouver la lueur, faible, discrète et humble de l'espérance en l'amour, pas seulement l'amour transcendant, mais également l'amour dans sa dimension la plus terrestre, charnelle. Parce que Dieu lui-même a envoyé son fils partager la vie des hommes, jusque dans les pires tourments. Même si il ne s'agit que d'un mythe, il est très fort, vous en conviendrez, je pense. Je peux comprendre, par ailleurs, que Mr Cormary voit en tout homme un chrétien qui s'ignore. Lorsque l'on contemple le génie du christianisme, même si pour vous celui-ci est peut-être parfois un mauvais génie, lorsque l'on est habité par ce génie, par son évidence, par son universalité, on ne peut qu'estimer ainsi que tout homme amené à connaitre ce génie, à le partager avec d'autres, sera convaincu de son excellence. Nous parlons tout de même de 2000 ans d'histoires, de 2000 ans d'élaboration d'un phénomène qui appréhende toutes les dimensions de l'activité de l'homme et de l'univers. Pour ma part je formulerais peut-être les choses différemment, en affirmant que le christianisme fait de chaque personne un homme qui s'ignore. En appelant à la sainteté, l'Église ne fait qu'inviter chaque personne à revêtir intégralement son humanité.
79. 02/05/2010 10:41 - Evan Ard
Christophe. Je ne pense pas exactement que Dieu est un moyen de se révolter, encore moins par rapport à une norme historique. Mais disons qu'il y a quelque chose de parfois scandaleux dans le message chrétien, et cela, dès les premiers siècles, parce que l'idéal y est d'une exigence folle, tout comme la promesse. Bien sûr, chaque chrétien, dans son ancrage historique, peut être tenté de se concevoir en opposition avec les principes qui régissent le monde, mais il ne s'agit en fait que de se révolter de soi-même, que de lutter contre tout ce qui fait de nous de simples produits culturels du temps présent. En ce sens, l'effort est bien là, puisque la grille de lecture chrétienne ne devrait en aucun cas figer les postures, mais au contraire engager un mouvement vers un humanisme plus ambitieux, plus libre. Pour finir, je ne cherche pas particulièrement à être heureux. J'accueille le bonheur avec joie lorsqu'il se présente à moi et je tente autant que faire se peut de servir mon prochain, avec tout ce que ma nature comprendra de manquement à l'amour. Je ne pense pas que le bonheur nous pousse vers l'oublie, au contraire, je pense qu'il nous aide à nous souvenir que tout est magnifique, que la vie est d'une beauté à couper le souffle et que l'existence est la plus grande aventure qu'il nous soit proposé de vivre. C'est le malheur qui tente de nous faire oublier cela.
80. 03/05/2010 12:30 - Rascar Capac
Merci pour votre article qui m’a fait bien rire et qui frappe là où il faut : non pas sous la ceinture, comme dans cet incroyable livre sur Freud, mais plutôt au plexus "solaire".
Cela dit, pour en revenir sous la ceinture, un truc qui m’a bien fait rire, c’est la confidence d’Onfray selon laquelle il prétend s’être masturbé dans sa jeunesse en lisant les ouvrages de Freud. Franchement, je me demande bien lesquels. Je n’ignore pas qu’il existe de nombreuses perversions en ce bas monde mais celle-ci est fort singulière. Car il faut franchement beaucoup d’imagination pour bander en lisant la "Psychopathologie de la vie quotidienne", "Métapsychologie" ou "Inhibition, symptôme et angoisse ". N’y avait-il pas déjà à l’époque où il s’astiquait et allait à confesse, de nombreux magazines exposant des naïades dénudées, pour lui éviter de recourir à de telles extrémités ?
81. 06/05/2010 23:01 - Myrrhman
Onfray en tête des ventes avec son essai pour grandes surfaces.
Bien joué, le coup de la polémique programmée : un vrai pro du marketing.
82. 12/05/2010 21:54 - Thibaud Imbert
Cet article est époustouflant.
De loin la meilleure "chose" sortie de cette malencontreuse effervescence. En lisant cet article rédigé par votre "moi", je me suis senti petit, homme de ma décennie, et j'ai entr'aperçu des millénaires. Et c'est comme si vous aviez répondu à la demande muette des mes tripes hurlantes, étalées sur la place publique dans la plus grande indifférence.
Sur ce, je m'en vais vérifier sur Google que vous n'êtes ni pédophile, ni antisémite, ni alter-mondialiste.
Bravo, et surtout, merci...
83. 14/05/2010 00:22 - jerzy pericolosopore
Je plussoie,
meilleur texte de la livrée mensuelle. Un éclairage décisif, au scalpel, pourtant oxygénant, de la généalogie de l'Onfrisme. Fin, très fin et se mangeant sans faim. On ne peut que dire merci... :-)
84. 02/06/2010 03:02 - frdm.fr
À propos de l’affaire Onfreud :
http://www.facebook.com/notes/psychanalogie/en-realite-michel-onfray-veut-sauver-la-psychanalyse-contre-freud-et-les-psychan/391038327884
= http://goo.gl/srst
Où l’on découvre dans les propos de M. Onfray dans la presse et à la télévision qu’il cherche à substituer à la psychanalyse dite « freudienne » une « psychothérapie pour aujourd’hui », « psychanalyse post-freudienne », consistant en… la « méditation philosophique », substituée par supersessionisme. Et que pour cela, il cherche à ridiculiser la règle fondamentale, la « loi » de la psychanalyse, qui consiste du côté du patient à dire tout ce qui vient à l’esprit (« association libre »). Et que dans ces conditions, le livre de M. Onfray cherchant à ridiculiser Freud n’est qu’un moyen de parvenir à ses fins qu’il révèle par ailleurs : « je souhaite dire que j’aimerais que ce livre soit aussi et surtout l’occasion de penser une psychothérapie pour aujourd’hui », in article de M. Onfray publié sur le site du Monde le 7 mai 2010. Où l’on découvre que tout ceci est motivé par la phobie de la notion “freudienne” selon laquelle la « normalité » n’existe pas, et qu’il n’y a qu’une différence de degré, et non de nature, entre les « normaux » et « ceux qui ne le sont pas », et que M. Onfray estime cela scandaleux et tient à une frontière nette entre les deux, afin de pouvoir se placer… devinez dans quelle catégorie : voilà toute l’affaire. Voilà ce qu’y trouvent ceux qui soutiennent M. Onfray dans son ambition.
Sommaire
— des extraits de l’article de M. Onfray paru sur le site du Monde le 7 mai 2010 (mais non paru dans l’édition papier)
— un premier commentaire de l’article de M. Onfray paru sur le site du Monde le 7 mai 2010
— des extraits du Dossier publié par Le Monde, sur site le 7 mai 2010 et dans l’édition papier le 8 mai 2010 : deux articles parmi ceux du dossier
— les liens vers les enregistrements vidéo de la prestation de M. Onfray lors de l’émission télévisée de Laurent Ruquier le samedi 8 mai 2010
— la transcription et le bref commentaire des passages estimés essentiels de la prestation télévisée précitée de M. Onfray le 8 mai 2010
— le lien vers le blog de M. Onfray qu’il consacre à son livre et les suites de celui-ci notamment dans les médias : essentiel pour mieux apprécier la “mentalité” de M. Onfray
— addition sur la notion de science et si la psychanalyse est une science
— le lien vers le blog d’Emmanuel Fleury qu’il consacre à l’affaire Onfray et notamment liste la plus complète des liens vers les articles relatifs à cette affaire.
Voir http://www.facebook.com/notes/psychanalogie/en-realite-michel-onfray-veut-sauver-la-psychanalyse-contre-freud-et-les-psychan/391038327884
= http://goo.gl/srst
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http://psychanalogie.fr
85. 01/08/2010 14:57 - Bothul
Quel tour de force !
Comment avez-vous fait pour critiquer le 14 avril, un livre paru le 21 avril ?
JB BOTHUL
86. 07/08/2010 14:38 - Pasolini
Pas la peine de s'exciter sur Onfray et Freud, ce sont deux penseurs négligeables. Le seul concept valide de Freud c'est le complexe d'Oedipe dans la sphère familiale point barre. Vouloir expliquer le monde avec Freud c'est ridicule. La psychanalyse est une science bourgeoise, la thérapie du bourgeois de gauche qui s'allonge sur le divan pour se déculpabiliser de son rôle objectif dans les rapports de classe, ce n'est pas moi c'est mon inconscient! Onfray reprend des critiques qui ont déjà été faites à Freud et il en fait un habile succès commercial. Le seul mérite qu'on peut lui reconnaître c'est d'avoir déclaré "désolé je ne suis pas goy" en réponse aux marchands du temple de la psychanalyse qui ont défendu leur chapelle en insinuant qu'il pouvait être antisémite. Quand à tenter de mettre au même niveau le christianisme et la psychanalyse, là je suis mort de rire, il faut choisir entre être chrétien et être freudien! Mais c'est vrai qu'aujourd'hui on peut être à la fois juif athé, musulman saoudien, philosophe milliardaire, tout est possible! C'est ça la beauté de l'homme moderne, pour oublier qu'il est une substance vide, il n'hésite pas à multiplier les qualificatifs qui le désignent. Onfray n'échappe pas à la règle, l'auteur de cet article non plus.
87. 07/08/2010 14:41 - Pasolini
Rectification Onfray a dit "désolé je ne suis qu'un goy".
88. 09/09/2010 22:08 - 7dav77
Je prends le risque de paraître emphatique en déclarant que cet article est le meilleur que j'ai lu, de toute ma carrière de lecteur. Du moins pour autant que ma mémoire me permette une une telle exhaustivité. On en remercierait presque Michel Onfray, d'avoir produit une oeuvre qui serve de pré-texte à ce texte. Dit autrement, cet article donne rétrospectivement un sens à l'oeuvre d'Onfray.
Je l'imprime et je le relis.
Merci, donc, à Pierre Cormary.
89. 13/10/2010 15:35 - David
1ère partie:
"d’après ce qu’en dit Michel Homais dans sa pièce, Le songe d’Eichmann. « Traite les autres comme tu voudrais être traité », la formule, si belle, qui résume la morale kantienne a pu, selon Michel Homais, servir de prolégomènes à l’holocauste."
L'argumentation de Michel Onfray concernant le kantisme ne se base aucunement sur cette citation mais sur les textes politiques de Kant.
"Aucun philosophe comme il en aurait voulu. Sauf Nietzsche bizarrement, le seul philosophe qui ait été récupéré réellement par les nazis, c’est drôle qu’il n’ait pas vu ça, Michel."
Voilà une affirmation bien discutable. Michel Onfray écrit lui-même certains éléments qui vont dans le sens contraire de ça:
"Les nazis se sont réclamés d’un livre que Nietzsche n’a jamais écrit, La volonté de puissance, et qui est un faux rédigé de toute pièce par sa sœur qui, elle, était fasciste et nazie. L’œuvre complète de Nietzsche est antinazie avant l’heure (si vous voulez que j’abonde dans le sens de votre formidable anachronisme…) : Nietzsche écrit qu’il faudrait faire fusiller les antisémites ; qu’il faudrait métisser les allemands et les juifs parce que ce sont des peuples de génie ; il écrit de l'État qu’il est « le plus froid de tous les montres froids » ; il fait de la victoire allemande de 1870 une catastrophe pour la civilisation ; il fustige la Nation ; il critique le nationalisme et le patriotisme ; il fait de la politique une activité de médiocres – voyez-vous là des thèses compatibles avec le fascisme ou le nazisme ?
Là aussi, là encore, faisons de l’histoire et finissions en avec la légende : on oublie tout le temps que les références philosophiques revendiquées par le national-socialisme ne sont pas Nietzsche, qu’il détestait, mais l’aristocratisme aryen de Platon, la doctrine du droit de Kant et le pessimisme tragique de Schopenhauer. Je vous renvoie au magnifique travail de Johann Chapoutot, Le national-socialisme et l’Antiquité, qui démontre tout cela dans un magnifique livre paru aux Presses Universitaires de France …" (tiré de son interview au journal argentin "Clarin" sur ce lien http://onfray.over-blog.com/article-l-histoire-contre-la-legende-encore-et-toujours-51389586.html )
Vous pensez qu'Onfray est le seul dans son coin à dire des choses de ce genre ? Aucunement comme vous le constatez à ce lien sur le site de l'Express l'universitaire israélien Yirmiyahu Yovel estime que Nietzsche est "le penseur anti-antisémite par excellence." (http://www.lexpress.fr/culture/livre/les-juifs-selon-hegel-et-nietzsche_804270.html )
De plus Onfray ne rejette pas tous les philosophes occidentaux à l'excepté de Nietzsche, Aristippe de Cyrène ou de La Mettrie ! Quand est-t-il alors de philosophes connus comme Socrate, Épicure, Spinoza, Lucrèce, Schopenhauer ou de Montaigne dont il écrit d'ailleurs: "Je tiens Montaigne pour l'un des plus grands philosophes, si ce n'est le plus grand. " (http://www.lexpress.fr/culture/livre/la-philosophie-par-michel-onfray_813084.html )
Vous pourriez également faire ce reproche de rejeter trop de philosophes à Nietzsche lui-même qui rejetait presque tous les philosophes allemands qui l'ont précédé: "Les allemands n’ont inscrit dans l’histoire intellectuelle que des noms douteux, ils n’ont jamais produit que d’inconscients faussaires (ce mot convient à Fichte, Schelling, Schopenhauer, Hegel, Schleiermacher, tout autant qu’à Kant et Leibniz)"
"Freud est en ce sens un penseur tragique. Et c’est ce sens tragique que Michel Homais, à l’instar de tous les positivistes scientistes (et au contraire de Nietzsche dont Michel se réclame tant), veut abolir. "
Onfray ne critique pas chez Freud un quelconque sens tragique il trouve même qu'on peut le considérer comme un penseur pessimiste (voir le chapitre de son livre: "Un pessimisme ontologique radical") de même qu'il n'est pas un positiviste scientiste étant donné qu'il a refusé de préfacer un livre de Richard Dawkins par rejet du scientisme
( http://www.lepoint.fr/societe/interview-michel-onfray-je-ne-suis-pas-un-athee-mangeur-de-cure-05-08-2010-1224424_23.php) et d'ailleurs il se revendique de la pensée tragique de Lucrèce auquel il dit qu'il s'est converti, au sens philosophique, alors qu'il étudiait à l'université de Caen.Vous pouvez d'ailleurs toujours écouter sur le site dailymotion.com une de ses conférences sur Bakounine où il affirme partager l'avis du célèbre anarchiste selon lequel il ne faut pas donner trop de pouvoirs à la science.
90. 13/10/2010 16:54 - David
2ème partie:
"Pour Michel Homais, Freud a autant pensé la pulsion de mort qu’il y a participé historiquement. Tout ce qui, au siècle dernier, a massacré en gros (« boucherie de 14-18, génocide rwandais, totalitarisme nazi », comme il le précise lui-même dans son livre) ne seraient pas sans rapport avec l’influence freudienne. Pire, Freud lui-même aurait été, au moins symboliquement, complice du génocide juif par haine de sa propre communauté – par antisémitisme inconscient !"
Vous travestissez les propos de Michel Onfray, dans son livre à la page 564 il écrit:
"Le XXème siècle aura été celui de Freud en même temps que celui de la pulsion: de la boucherie de 14-18 au génocide rwandais, en passant par les totalitarismes nazi, soviétique et fasciste, puis Auschwitz, Hiroshima et toutes les guerres possibles et imaginables, ces cent années ont été nihilistes. Or la psychanalyse propose une ontologie nihiliste en proposant un signe d'équivalence dangereux entre le normal et le pathologique. Elle nie en effet la différence de nature entre la santé mentale et la maladie mentale, au profit d'une différence de degré, de sorte que la folie, la perversion, la névrose, la psychose, la paranoïa, la schizophrénie deviennent une nouvelle norme, celle d'une époque folle en effet, pendant que l'on stigmatise l'insolent jouissant de la Grande Santé pour recourir au vocabulaire nietzschéen... Cette adéquation entre le nihilisme freudien et le nihilisme de l'époque a pu contribuer à son succès."
Il écrit que le vingtième siècle fut nihiliste et que le nihilisme freudien s'inscrit dans la continuité de ce nihilisme, où voyez-vous qu'il affirme que la première guerre mondiale et les crimes du nazisme et du communisme ont été fait sur l'influence du freudisme ?
De même qu'à la page 226 il écrit:
« Quel est le projet clairement revendiqué par Freud de L’homme Moïse et la religion monothéiste ? “Déposséder un peuple de l’homme qu’il célèbre comme le plus grand de ses fils” (p.7) — peut-on mieux dire ? Ce livre se propose donc de tuer le père des juifs, de commettre le parricide des parricides. C’est donc la religion de son père et des ancêtres de son père, la religion de sa mère, la religion de sa femme, donc la religion de ses enfants si l’on tient pour la judéité transmise par la mère ; c’est cette religion mise à mal par la brutalité nazie au pouvoir depuis fin janvier 1933, sans parler de la montée de cette vermine dans la décennie précédente ; c’est donc cette religion et nulle autre que Freud attaque dans le pire des contextes — l’embrasement nazi de l’Europe. »
Où voyez-vous qu'il affirme que Freud aurait une complicité symbolique dans la Shoah ?
De même quand vous évoquez une « insensibilité absolue », des « analyses psychorigides », «[d'] érudition sèche et creuse », de « pensée policière » jusqu'à de « maison de correction pour philosophe » vous êtes dans ce stéréotype qui dit que chez Michel Onfray il n'y a que de la négativité, c'est oublier comme je l'ai dit dans la 1ère partie de ma contribution qu'il y a aussi de la positivité chez lui pour ses avis positifs sur différents penseurs connus de même pour la psychanalyse puisqu'il fait l'éloge de freudo-marxistes comme Herbert, Fromm ou de la psychanalyse existentielle puisque pour lui il n'y a pas UNE mais DES psychanalyses. Quant à Raël autant signaler qu'Onfray a reçu les Prix de la fondation Del Luca et le Prix Chiavari pour « Le Ventre des philosophes », le Prix Médicis pour « La Sculpture de Soi », le Prix Liberté Littéraire pour « La raison gourmande » et le Prix de l'Union des Athées pour « Féeries anatomiques ». Les personnes qui lui ont donné ces distinctions sont-ils « crétins » ? « gourous » ? « diable » ? « extraterrestres » ? Pour dire que non pas qu'Onfray mérite ces prix que ceux qui le priment ne sont pas tous des raëliens.
Dans votre article vous ne produisez aucune contre-argumentation contre les thèses du livre « Le crépuscule des idoles » (Oups ! J'oubliais que votre article datant du 14 avril dernier vous n'avez pas dû lire le livre puisqu'il est sorti une semaine plus tard) et vous vous contentez d'une attaque ad hominem contre son auteur (en s'attaquant entre autres à son refus de paternité) tout en vulgarisant le discours d'Elisabeth Roudinesco en lui donnant notamment un « entretien exclusif » (remarquons d'ailleurs l'insinuation d'antisémitisme en écrivant qu'Onfray est « moins antisémite » que certains occultistes). À ce propos je conseille tout un chacun de lire ce texte de Jacques Van Rillaer au lien suivant qui réfute les affirmations de Roudinesco: http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1424#par4
91. 04/08/2011 01:16 - yOoN
Bon honnêtement je me suis arrêté à "« Le christianisme est une secte qui a réussi », éructent les imbéciles. Autant dire que Le Gréco est un barbouilleur qui a réussi en peinture ou que Dante est un scribouilleur qui a réussi en littérature."
Je suis tombé sur ce site en cherchant des vidéos de Houellebecq et son entretien avec Ring était long, approfondi, passionnant. Mais là bien que n'étant pas un fervent défenseur de Onfray je trouve ce papier affligeant.
J'en déduis d'une part être sur une plateforme catholique dans l'ensemble, peut être de droite. Bon soit. Au fond cela pourrait plutôt éveiller ma curiosité et même Marin de Very (par sa "prestation" dans l'entretien de l'auteur de Plateforme) me promet de ne pas m'arrêter à ce premier froid disons avec ce site. Pour ma part anciennement de gauche, je me suis, passé la trentaine, résolu à lire Céline Cioran Muray Kundera ou Houellebecq. Je ne vote plus et au fond je m'en fous comme dirait un narrateur de l'autre Michel H.
Mais pour en revenir à ce "papier" -car numérique désormais-, je le trouve long tout d'abord. Démesurément j'entends. Il me semble évident d'être face à un réglage de compte personnel de la part de son rédacteur ("auteur" faut pas déconner). Pour être clair, le gros et laid Pierre Cormary, trainant autour de ces abdominaux atrophiés toute la frustration sexuelle et de puissance accumulée durant sa scolarité. J'ai beau avoir un peu de tendresse de le voir se rattacher à sa culture familiale, peut être d'ailleurs a-t-il la foi réellement -je m'en fous d'ailleurs je suis agnostique, et pas dans le sens des athées voulant nous faire savoir qu'ils connaissent des mots qui en jettent, non, il me semble que l'absolu n'est pas à ma portée, ni à portée humaine que je sache, mais passons- mais basé un argumentaire sur "euh ça fait deux mille ans que ça dur alors il y aurait bien eut quelqu'un pour s'apercevoir que c'était des conneries de bondieuseries" me semble affligeant.
Il s'agit simplement d'une négation de l'histoire, des massacres de païens et d'hérétiques (c'est à dire à peu près de l'ensemble des mondes colonisés durant ces deux mille ans), faire fi du pouvoir institutionnel de l'église durant cette période, enfin il s'agit d'une relecture tout aussi navrante de l'histoire que celle dénoncée dans l'article à l'encontre de Michou Onfray...
Dans l'entretien de Houellebecq à la toute fin ce dernier expliquait que ce site était sans conteste le meilleur et carrément sans concurrence. Bon. Ça reste à voir...
J'ai trouvé intéressant la mini conférence de de Very sur la littérature, aussi son article sur Naulleau, mais là (bon je vient de finir de lire l'article à ce stade de la rédaction, par honnêteté intellectuelle surement, mais ce fut fastidieux). Je suis consterné. À la limite du sophisme. Là Pierre Cormary je retiens. Ce type est cultivé pourtant ça me semble évident. Et pourtant il se livre aux pires tournures intellectuelles, c'est pas brillant, haineux, pas honnête intellectuellement.
J'ai l'impression de lire un prospectus pour rassurer un certain public que j'avoue avoir du mal à définir (enfin je voulais dire catho-réactionnaire mais comme je ne suis pas encore sur ni de sa véracité et encore moins de mon degré fluctuant d'adhérence ou de réprobation à son égard...). Ça me fais penser à quand je regardais la télé, c'est je trouve du même niveau avec plus de "culture" autour de l'argumentaire finalement en lui-même très simpliste (divergence idéologique d'analyse de l'histoire des idées et de vue flagrante et c'est tout, le reste étant de la méchanceté imbécile se voulant être LA posture définitive, un beau miroir en somme cet article).
Enfin tout ça pour dire que cette histoire de miroir du coup ça me fais penser à quand je vois ma gueule dedans, j'ai bien envie de tous vous envoyer vous faire foutre du coup !
Bon je vais plutôt me resservir un verre.
PS: sérieux vous êtes tous catho ici ? Et de droite ? Enfin c'est pas que ça me pose un problème hein, juste que ça me ferait chier de ne pas m'adresser à des gens qui pensent aussi que tout est foutu.
92. 04/08/2011 23:54 - yOoN
Quand même, je trouve ça plus intéressant que cet article :
http://www.franceculture.com/emission-conferences-de-michel-onfray-freud-un-droit-d-inventaire-2011-08-04.html
Alors c'est vrai j'ai pas lu le livre, mais j'ai lu l'article. En tout cas durant cette conférence (et les précédentes, celle sur Reich par exemple) j'ai pu subodorer qu'Onfray devait baiser avec orgasme et amour bien plus souvent de Cormary contrairement à ce que ce dernier prétend.
Finalement un homme (ses actions et sa posture surtout) tient à peu de choses... Une petite pipe affectueuse régulièrement, un régime, une petite liposuccion... Houellebecq est définitivement un grand écrivain.
93. 26/08/2011 11:14 - petit coton
Mon cher yOoN,
j'approuve sans réserves la quatrième phrase de votre première intervention ( je ne souhaite pas lire le reste). Ce Pierre Cors-aux-pieds est certes tout à fait bénin, mais légèrement trop frétillant à mon goût. Dieu merci en dehors de ses thuriféraires du Ring personne ne le connaît! Bref, je m'égare et perds de vue l'essentiel car sachez ce que je viens de découvrir: Pierre Cors-aux-pieds est effroyablement laid, physiquement je veux dire: il est affreux!
94. 26/08/2011 13:38 - Pasquinel
Je dois partir en montagne et je prends juste le temps de vous dire que j'ai cherché vainement la contradiction à M Onfray et que je n'ai trouvé que beaucoup de suffisance et d'insuffisance . Il est bien difficile de tenir une position verticale sans que des rampants attaquent sans jamais espérer avoir la hauteur suffisante pour vous regarder dans les yeux .
Que M Onfray garde son cap , on a besoin de sa parole pour la contredire parfois , mais pas à la manière de Mr Cormary ...
95. 26/08/2011 13:38 - Pasquinel
Je dois partir en montagne et je prends juste le temps de vous dire que j'ai cherché vainement la contradiction à M Onfray et que je n'ai trouvé que beaucoup de suffisance et d'insuffisance . Il est bien difficile de tenir une position verticale sans que des rampants attaquent sans jamais espérer avoir la hauteur suffisante pour vous regarder dans les yeux .
Que M Onfray garde son cap , on a besoin de sa parole pour la contredire parfois , mais pas à la manière de Mr Cormary ...
96. 28/08/2011 10:36 - Majal
Chrétien tendance Klaas Hendrikse, Onfray me va très bien, un sans faute jusqu'à présent l'ami Michel !
97. 22/09/2011 01:47 - Nova express
Je suis sidéré qu'une idée aussi obsolète que dieu soit répandu à ce point. Nous sommes des machines . Un produit aléatoire des lois de la thermodynamique . Cette idée de dieu est d'un ridicule . La neurophysiologie est une science . La psychanalyse est une non science au même titre que l'astrologie ou la chiromancie . Je me demande de quoi avez vous peur pour défendre un christianisme en totale déliquescence ? La monté de l'islam en France c'est ça ? Je pensais qu'on avais un outils à broyer la religion qui s'appelle 'la république' . Laissez la faire son boulot.
98. 30/09/2011 13:42 - Mem
Même si souvent je ne partage pas ses idées il me fascine!!! Un joueur d'immense talent!!!
99. 01/10/2011 22:04 - Bacchos
@ Nova express : " La psychanalyse est une non science au même titre que l'astrologie ou la choromancie "
Il est clair que vous n'avez pas les capacités pour en juger. Etudiez l'épistémologie, et revenez discuter sur le forum dans quelques années sur ce sujet. Si la psychanalyse fonctionnait selon des critères expérientiels et vérificationnels comparables à ceux de l'astrologie ou de la chiromancie, elle n'existerait plus depuis (au moins) un siècle, du seul fait que les analystes suppriment ou modifient (précisent) les points du système, quand l'expérience contredit la théorie. Vous savez bien, je suppose, que tel n'est pas le cas de la chiromancie et de l'astrologie.
Encore une chose : vous ne pouvez pas vraiment comprendre de quoi il retourne en psychanalyse si vous ne comprenez pas vous-même ce domaine pour l'avoir vécu : c'est la grosse, grosse lacune de M. Onfray, qui ne reste, pour le moment, qu'un parangon médiatico-intellectuel d'un François de Closets, par exemple, et je ne suis pas sûr qu'il ait, encore, l'intelligence de ce dernier...
100. 04/10/2011 21:16 - Nova express
Au mieux c'est une technique toute personnel à leur auteur ( freud ,lacan etc..) mais guère plus . En tant que Dr en biologie moléculaire je sais reconnaitre de la science qu'en j'en vois. Je vous invite a lire karl popper . Je vais pas m'esquinter a disserter ici . ... De plus en plus les neurosciences viennent infirmer de nombreux concepts clef de la psychanalyse. D'ici 2 à 300 ans la psychanalyse sera de la poésie . Ni plus ni moins tandis que Einstein, Newton ou galillé seront toujours respecter en temps que physicien même si leur théorie auront été largement complété .
Mais bon c'est pas grave , il n'y a pas que la science dans la vie ....
101. 31/10/2011 18:03 - Bacchos
@ Nova e.
@ Nova e.
J'ai lu K. Popper il y a bien vingt ans... Vous me semblez bien ignorant !
" D'ici à 2 ou 3000 ans la psychanalyse sera de la poésie ": c'est possible, en effet, ou, comme le pensait d'une certaine manière Lacan, elle aura été assimilé à un quelconque discours religieux (c'est ce qui advint au stoïcisme, n'est-ce pas). Mais ne vous faites pas trop d'illusion sur la physique quantique et la physique des particules : tout ça peut très bien être oublié...
Ce qui est sûr néanmoins, c'est que dans, disons, 2 ou 300 ans, les idées et l'œuvre d'Onfray auront complètement disparu. Au contraire, la psychanalyse, sa continuation, améliorée (comme elle a été améliorée depuis sa fondation par Freud), existeront très probablement toujours...
102. 05/11/2011 10:04 - William
Le plus drôle, chez Onfray, c'est qu'il ne déboulonne Freud, à qui il reproche, au fond, de ne pas être assez progressiste et matérialiste, que pour faire de la pub à... Wilhelm Reich ! Le mystique, le magicien, l'occulto-socialo-psychanalyste ! L'inventeur de l'orgone, le guérisseur-sorcier et partouzard à ses heures. Le théorème de Philippe Muray, une fois de plus, se vérifie : chaque scientiste est un occultiste qui fait semblant de s'ignorer.
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Dernière réaction Un homme qui refoule la mort, l'existence de la mort, la pensée de mort, qui n'aura pas fait de celle-ci une compagne presque inexistante à force de cohabitation, n'est ni philosophe, ni penseur,...  12/04/2010 07:41 Zarak
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présente le "sondage-événement" du JDD, censé établir la liste... Rachida Dati creuse son FillonQue le Premier ministre me pardonne ce jeu de mots sur son nom pour le titre de ce billet mais il est vrai qu'il convient de ramener à sa juste mesure la guerre que depuis quelque temps Rachida Dati... Sécurité routière : l'arnaque extra-largePuisque dans ce domaine, la répression règne sans partage sur la prévention, sans que ça n'indigne personne, pas même Stéphane Hessel. Rééquilibrons les choses en faisant un peu de... Dans l'enfer de Gotham magazineÀ côté d'un journal moderne, même le candidat du NPA devient enthousiasmant. Et pour cause : être ennuyeux, c'est ce qu'on demande aux journalistes. Aux journalistes régionaux en particulier... Poudlard for ever A Raphaël Juldé, dernier arrivé à Poudlard mais premier reçu aux buses et aux aspics (maison Poufsouffle), et qui, d’après le professeur Trelawney rencontrera plus tôt qu’il ne le croit... Gennevilliers - Asnières : 1-0Il y a un peu plus d'une semaine, Samy, adolescent de 15 ans de la cité des Courtilles à Asnières, succombait à une blessure à l'arme blanche qui lui avait été infligée par une bande rivale... Rokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumain« Non seulement les races n’existent pas, mais en plus, elles sont toutes égales » (proverbe de Jalons)Je viens de finir Racisme : mode d’emploi de Rokhaya Diallo, et je sais désormais que je... Séduction du conspirationnisme : Umberto EcoEntretien avec Pierre-André Taguieff (propos recueillis par Paul-François Paoli)Philosophe, politologue en historien des idées, Pierre-André Taguieff, qui prépare un nouveau livre sur les... Joue-la comme BacharDans un monde arabe en pleine tempête, un pays d’irréductibles baathistes résiste aux bourrasques de la revendication 2.0. La Syrie de Bachar Al-Assad prête le flanc à la critique mais ne plie... Pour qui les révolutions sont-elles une bonne nouvelle ?En dehors d'avoir été une excellente occasion pour descendre MAM et quelques ambassadeurs, ce qui se passe en Tunisie, en Égypte, en Libye et dans une moindre mesure (pour l'instant) dans... Les révoltes arabes, les intellectuels français et la pensée "complexe"Voici deux mois, le jeune Mohamed El-Bouazizi décédait l’hôpital de Ben Arous, et la Tunisie s’embrasait, entraînant à sa suite nombre de pays arabes. Voilà un mois, un étrange débat... Corpus Christi : douze heures pour tuer le ChristDouze thèmes principaux, autant d'heures de bobine, 27 spécialistes, les ovations de toute la bonne presse française. Corpus Christi, série de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, ressemble à... Faces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rockFoi profonde, révélation, référence culturelle inévitable, sujet de plaisanterie, de provocation, démarche commerciale, la figure, ou plutôt Les figures du Christ sont une source... In Xto Rege : à la recherche du Jésus historiqueLe premier thema Ring 2011 se déploiera sur neuf textes articulés autour des questions centrales posées par la matérialité de Jésus de Nazareth, la Passion, les reliques, leurs valeurs... La Passion du Christ : retour sur un scandaleEcrits en avril 2004, ces trois textes au lyrisme parfois naïf constituèrent mon entrée dans la blogosphère littéraire. Malgré leurs évidents défauts, ils me semblent encore pouvoir... Le suaire de Manoppello révèle le visage du ChristOn connaît le linceul de Turin, ce grand morceau de lin sur lequel l’image du corps entier du Christ mort est incrustée. On connaît l’histoire de la photographie de 1898 révélant que... Trois tombeaux pour le Christ La tombe du Christ en Inde ? À Talpiot ? Peu importe, on veut bien y croire, pourvu qu'elles démentent les Évangiles. Retour sur les nouveaux X-files à la mode autour du Jésus historique.Le... Et si le Diable était anglais ?"Je crois qu'il est temps de tourner la page sur les politiques du passé qui ont échoué". Quelques mois après Angela Merkel, c'est au tour de David Cameron de donner un gros coup de pioche dans... John Barry [1933-2011]Sa Majesté n’en revient pas, Bond en perd son flegme, et Danny Wilde son humour. Le toujours élégant John Barry a joué lui-même son œuvre ultime: sa propre mort. Si ce n’est pas cela, le... La guerre dans le Nevada [dossier spécial]Depuis ses débuts, Red Flag a entraîné les pilotes à survivre à leurs
dix premières missions de combat. Toutefois, plus les opérations
aériennes sont devenues complexes, plus la pression... On a retrouvé la tête de Laëtitia PerraisMardi après midi, la terrible nouvelle est tombée : une tête a été retrouvée dans un étang de 20 mètres de profondeur, à Lavau-sur-Loire. Selon les premières constatations, cette tête... Ainsi parlait ZaraDebbouztraPresque par bonheur, on l'avait oublié. Le revoilà. Jamel Debbouze a choisi l'Express (c'est de circonstance, il y a vraiment quelque chose de ferroviaire dans cet entretien) pour exercer son... Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?Le texte qui prévoyait de légaliser l'euthanasie, examiné mardi au sénat, a été supprimé par deux amendements. S'il y avait bien quelque chose à supprimer, c'était ce texte, n’importe... Céline, commémoration pour une autre foisFinalement, qu’est-ce qu’on s’en fout que Céline ne fasse pas partie des commémorations officielles de 2011 ! Que vaudrait d’abord un écrivain célébré par la République dont les... Céline rattrapé par la mémoireSors d'ici, Louis-Ferdinand ! La République a choisi : l'ignoble sera au dessus du grand, pour l'éternité. Il ne faut pas célébrer le génie, parce qu'il est parfois antisémite. Oui, Céline... Ben Laden choisit la France, et la France son destinBen Laden menace la France. On a envie de dire que c’est trop d’honneur ! Se voir hissé au niveau des grandes puissances qui menacent sa petite entreprise flatte notre ego d’anciens... Broadcast : the dream is overChanteuse et icône du groupe, Trish Keenan n’est plus. La grande sœur idéale s’en est allée planer au dessus des nimbus qui plombent Birmingham. Avant que de sombrer dans l’oubli, laissons... La fille du Diable est dans la PlacePour les politiques, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est que le Diable a pris sa retraite. La mauvaise, c'est qu'il a une fille, que cette fille lui ressemble et qu'elle a pris... Tunisie année zéroL’histoire n’est pas finie. Telle est l’antienne récitée par les média français contempteurs tardifs du régime de Ben Ali. L’improbable « Révolution du jasmin », par sa force... Marine Le Pen : réseaux & paradoxesAlors que Marine Le Pen vient de remporter, sans surprise, les « primaires » du FN en succédant à son père à la présidence du FN avec 67% des suffrages, balayant d'un revers de main son... 2010, l'année des dérapagesMyard, Morano, Gaudin, Longuet, Frêche, Fabius, Siné, Vals, Mélenchon, Zemmour, Pagny, Guerlain, Séguela, Ménard, Hortefeux, etc. Leur point commun ? Ils ont dérapé. Attachez vos ceintures,... Benoît XVI - Un cœur intelligentLecture de Lumière du monde, un entretien de Benoît XVI avec Peter Seewald : Lumière des siècles contre siècle des lumières.Les communistes avaient tenté de se débarrasser de Jean-Paul II... Cold Wave is not dead : le zéro absolu du rockLa Cold Wave, cette déferlante qui vient ronger comme l’azote liquide les piliers du post-punk balbutiant et tentaculaire, emporte les âmes au cœur de l’hiver thermonucléaire. Balade... Zemmour, le dérapeurVous avez raté les articles de Libé et Rue89 sur le procès d’Eric Zemmour ? Pire ! vous les avez lus mais êtes restés sur votre faim ? Les pingres ! Même pas un « pétainiste », ni même un... Robert Brasillach : le procès expédiéIl en va de certains écrivains comme des maladies vénériennes. Tout le monde les connaît mais personne n'en parle. Ainsi de Robert Brasillach dont il suffit de prononcer le nom au beau milieu... L'Arizona, capitale de la haine ?Six morts, douze blessés. C'est le terrible bilan de la fusillade qui a éclaté samedi dernier, dans l'Arizona, lors d'une réunion politique. Parmi les blessés, la parlementaire démocrate... Requiem pour une sexualité d'EtatFaut-il des assistants sexuels pour "soulager" les handicapés ? C'est la question que posent a priori sérieusement certains députés, en particulier Jean-François Chossy, de l'UMP. Notre époque... Du bon et du mauvais usage de l’indignationIl est sympathique ce Stéphane Hessel avec sa gueule du vieux qui sait et son histoire héroïque de grand résistant, grand bourgeois, grand lettré, grand amoureux des femmes (il en a eu cinq... Jacques Vergès, Roland Dumas et la moralité de la défenseCela faisait quelque temps que j'avais l'intention de consacrer un billet à cette interrogation : La défense est-elle morale ? Elle a été formulée à la rentrée du Jeune Barreau du Val d'Oise... Terreur et martyre : il était minuit à AlexandrieIl était minuit à Alexandrie.« Le martyre est l’expression absolue de notre amour » Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk Alexandrie, Egypte. 2010 vit ses derniers instants, tels ces... Assises islamisation : c'est la lutte prime-timeLa jurisprudence Marine Le Pen est passée par là : se demander si
les musulmans peuvent être "trop", sous des latitudes où il faut bien
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