Mémoires d'un Snobé
SURLERING.COM - THE BOOKMAKER - par Marin de Viry - le 24/01/2011 - 38 réactions -
Une fois par semaine, un nouvel extrait du prochain roman de Marin de Viry, Mémoires d'un Snobé, sera publié sur cette page, l'un détruisant l'autre à chaque publication.
extrait numéro 3.

Un crime abstraitL’idée qu’un être m’appelle de New-York pour m’expliquer qu’il croit en moi me fait entonner le mouvement final de la 9eme symphonie de Beethoven, qui ne me quitte pas jusqu’à ce que je parvienne en vélo aux pieds des bureaux de Jaune, un opérateur téléphonique qui m’a recruté moyennant finances pour participer à une séance de réflexion sur le futur de la création littéraire dans le contexte général de la numérisation mondiale des contenus culturels et de la métamorphose des pratiques de lecture. Enfin c’est ce que j’ai entendu, sinon compris. Mon interlocuteur chez Jaune m’a bien expliqué au téléphone que je ne devais rien préparer, qu’il voulait un esprit neuf, créatif, et j’avais le droit et même le devoir, ajouta-t-il en riant nerveusement, de dire ce qui me passait par la tête. Il était très gentil mais il parlait beaucoup de ma « contribution », dont il attendait beaucoup, avec une insistance qui semblait réclamer de ma part, d’une manière vaguement menaçante, une sorte de soumission à l’idée que je « contribue » bien. J’étais un littéraire et il était un manager, je sentais bien que ce mélange nouveau le rendait un peu nerveux. Il allait faire rentrer un « auteur » dans une réunion de travail, il ne connaissait pas trop la bête, il craignait probablement qu’elle ne soit pas tout à fait pro. Il était un peu comme un éleveur de moutons qui se serait mis à la vache, en raison d’une contrainte soudaine, et avec une préparation insuffisante; et il aurait voulu s’assurer d’emblée que je rentre dans la logique de la contribution, et même de la haute contribution. - Chez Jaune on aime beaucoup ce que vous faites, Marius, me dit-il d’un air pénétré en m’accueillant dans le hall. Vous verrez j’ai vraiment réuni une équipe multi disciplinaire très créative. Parce que je suis convaincu que même très en amont du « route to market » il faut incorporer un maximum de pertinence conceptuelle et de valeur ajoutée culturelle dans le sketch de l’offre future. Pour moi c’est mandatory dès l’upstream d’un workshop de market positioning, vous comprenez le point méthodo, Marius ? Non, je n’avais rien compris, sinon, vaguement, qu’il me disait qu’il fallait réfléchir avant d’agir, mais j’avais bien senti en revanche que cette phrase était une sorte de déclaration identitaire : son marché était mondial, il avait de lourdes responsabilités, et en gros il attendait de moi une sorte de compatibilité opérationnelle avec sa manière de travailler. Je tente un truc : - C’est marrant la vie Bob, mon agent m’a appelé de New-York pour me dire quelque chose de très semblable sur mon dernier roman. Je marque un point. Bob se détend tout soudain. Probablement l’idée que si j’avais un agent qui m’appelait de New-York, c’est que j’allais cracher de la haute contribution. - De toutes façons tous les business se ressemblent au niveau des processus de launch, hein, Marius. Après, applis nomades sur e-books pour moi ou littérature pour vous, hein, c’est juste une question de valeur-client. J’approuve du regard en prenant l’air épanoui et il devient complètement cool. Nous rentrons dans une salle avec une baie vitrée qui donne sur le périphérique mais on n’entend rien. Ça fait du bien, de voir les gens dans des embouteillages sans sentir l’odeur, entendre le bruit, s’énerver soi-même. - Marius, je te présente Cynthia, agent littéraire à Londres (Cynthia prend l’air de la fille qui ne me connaît pas donc qui s’autorise à penser que je n’existe pas), Edward, de la banque BDGH Varburg Sostello (Edward prend l’air du garçon qui sait que je ne figure pas dans le classement de Fortune et qu’en conséquence il est inutile que j’existe), analyste spécialisé dans les marchés culturels, et on va pouvoir y aller. Alors le brief il est très simple, continue Bob. On est quatre et le sujet c’est l’avenir de la lecture nomade sur écran. On se lâche, on dit tout ce qui nous passe par la tête, salut Shirley, Shirley est mon assistante, justement c’est Shirley qui va prendre en note tout ce qu’on dit, et on fera la synthèse derrière, nous, chez Jaune, en back office. Mon but c’est de définir une reco stratégique globale en termes d’opportunités sur le segment littérature de l’offre culturelle qu’on pourrait pousser sur nos packages CSP +. Edward, qui commet quelques anglicismes bien excusables puisqu’il est anglais, commence : - du point de vue de la structure du secteur, le point-clef est clair, la rotation du capital livres est sous optimisée. Je la fais short sur cet item : si on accélérait la rotation des bouquins de 30%, la valeur moyenne de bargain des boîtes du secteur passerait de 5 à 7 fois les bénéfices pour atteindre 8 à 9 fois. J’ai quinze slides pour le démontrer. - waow j’imaginais pas l’effet de levier sous-jacent. Ton short cut est complètement self-explanatory, souffle Bob. - les fondamentaux sont crystal clear, répond Edward. Le problème c’est que ça va pas changer, il y a trop de freins. Ça veut dire que pour moi il n’y aura pas de réponse structurelle en termes d’optimisation des flux du secteur physique, et donc la window d’opportunité pour le développement d’un business model dématérialisé est grande ouverte pour longtemps. - Ouais ton rationnel est structurant pour lancer la séance, merci Edward. Marius, tu en penses quoi ? - euh…. Si je comprends bien vous êtes en train de dire qu’il y a trop de bouquins qui se promènent dans la nature, dont on a financé la production sans être sûr qu’ils seraient vendus, que ça coûte plus cher que s’il y en avait moins, et que pour des raisons qui m’échappent, personne n’a envie d’améliorer les choses ? Et tout ça, ça fait une sorte d’encouragement au business qui voudrait vendre des bouquins sur des téléphones ? - Ouais, dit Bob. -Yes, dit Edward. - Roughly, dit Cynthia. - A la grosse, si tu préfères, conclut Bob. Bon, tu en penses quoi ? - Ben euh… - C’est très intéressant ce scepticisme à travers ton body language, Marius, m’interrompt Bob qui me regardait intensément, comme si, effectivement, il voyait une vache pour la première fois de son existence. Il faut capturer ça dans tes notes, Shirley. Shirley capture. Elle écrit sur son carnet : « Marius -> épaules qui tombent quand il entend analyse structurelle business livres ». - Donc tu vis ça comment comme auteur, Marius ? - Donc euuuuh, imaginons que ça se développe, euhhh, la lecture sur écran… - Oui c’est ça imaginons, dit Bob, qui recommence à avoir des doutes sur ma contribution et qui en conséquence « met la pression ». - Alors euh… ben je trouve qu’une lettre ça doit être physique. - Tu peux élaborer ton rationnel ? - Pardon ? - Je reformule : toi y en a pouvoir développer ton propos ? - Ah ! Oui ! Si vous voulez Bob, Cynthia, Edward, Shirley, un mot ça doit être gravé sur une matière, pour que ce soit vraiment un mot. Ou alors c’est un mot parlé, mais en fait là le sujet c’est la littérature écrite, enfin je crois. Quand on tourne une page d’un livre, on sait que la page d’avant existe, avec les mots qu’on a lus dedans, gravés, euh… gravés, enfin, euh… imprimés. L’idée de savoir que les mots disparaissent dans le disque dur quand on affiche une nouvelle page sur un écran, ça me rend nerveux, c’est un peu comme quand je lis un manuscrit avec des feuilles volantes, j’ai peur que ça disparaisse, les mots, et donc que le roman n’ait pas existé. J’ai besoin de savoir que les choses sont gravées, enfin que de l’encre a coulé sur une page, quoi. Dans une imprimerie, quoi. Ça me rassure, quoi. - La vache c’est un point de résistance archaïque structurant ton truc Marius. T’as capturé Shirley (Shirley opine du chef, qu’elle a joli) ? Il faut absolument qu’on réfléchisse sur le levier pour faire sauter ça. Tu penses que vous êtes combien de lecteurs diplodocus comme ça en proportion des lecteurs ? - Ah, oh, je dirais un bon tiers (mais évidemment je n’en sais rien et d’ailleurs je ne vois pas très bien le sens de la question, et de moins en moins ce qui se passe exactement ici). Shirley note : « diplodocus reluctant lecture écran -> 1/3 du lectorat (source : Marius) ». - De toute façon on validera en tests, mais c’est très très important upstream d’avoir un avis d’auteur archaïque dans le genre de Marius. Marius, toi perso, tu serais reluctant à l’opportunité que ton oeuvre soit poussée sur un package dématérialisé ? - Pardon ? - Je reformule : toi y en a content ou pas content si tes bouquins sont lisibles sur un téléphone, questions de pognon mises à part ? - pfffff, je trouve que la scène, qu’on voit souvent dans les pubs, du mec ou de la fille avec son portable sur une pelouse en train de regarder son écran, elle ne marche pas avec l’idée que je me fais des conditions de lecture de Lamartine. - Euh, Shirley, tu captures ? - Oui, j’ai écrit « Marius reluctant à Lamartine écran ». - Mais Marius t’es généralement reluctant à la modernité ? - Non, j’aime bien l’idée de l’accouchement sans douleurs. - Oui mais bon, t’es globalement reluctant quand même ? C’est pas personnel hein comme question c’est pour affiner le backround socio-culturel de ton assertion. - Pardon ? - Je reformule : c’est pour voir si toi y en a venir d’un milieu réac. - Ah ! Ben… je ferais le tri quoi. Les automates téléphoniques ça me gonfle, mais les jolies bagnoles modernes j’ai rien contre. - Note, Shirley. Appartenance typologique Marius : archaïque sélectif hédoniste. C’est très important au niveau du traceur socio-cul. Marius, la COPIGEPA dirait que t’es typiquement un bobo de droite, ah ah ah. - ah, ah, ah. - On va faire une pause. Marius, je peux te voir dix minutes ? Bob me prend à part, et m’entraîne dans le couloir, jusqu’à une porte dont il tient la poignée dans la main, puis se retourne vers moi et dit : -Marius, tu sais, c’est vraiment un concept global que je vise. Je veux non seulement proposer des œuvres sur des écrans, mais les fabriquer… On travaille en ce moment sur un logiciel qui s’appelle « novel generator », qui permettra de générer de la fiction, comme son nom l’indique. Mais attention, hein, le regard artistique n’est pas nié, au contraire, il est sublimé : le logiciel fabrique le texte, mais l’artiste le valide. Viens, regarde… Il pousse la porte et nous entrons dans une salle banale au centre de laquelle trône un ordinateur avec un écran assez large ; la machine est en train de ventiler ses processeurs. - Regarde, Marius… Va dans le menu et choisis une scène… Je choisis « scène d’amour », et je rajoute une option : « coup de foudre ». - Vas-y, Marius, il va écrire la structure de ta scène. J’appuie sur le bouton. Sur l’écran s’affiche :
« Elle était très jolie. Il la pénétra. Elle s’en alla ». - Euh, Bob, c’est efficace comme structure, il y a un début, un milieu, et une fin, mais ce « pénétra » est quand même un peu rude… On ne pourrait pas imaginer un terme un peu plus… je cherche le mot… doux … - Doux… attends tu vas voir… moui… tu peux sélectionner « politiquement correct », si tu veux… Je sélectionne « politiquement correct », puis j’appuie : « Elle était très jolie selon les critères du mâle occidental blanc des classes intellectuelles supérieures de la première décennie du 21eme siècle. Il la pénétra avec son consentement éclairé. Elle s’en alla après l’avoir salué avec respect ». - C’est plus élaboré, mais il y a toujours ce « pénétra »… - Ok, mais pour un prototype, ça dépote déjà, non ? - Ah oui, c’est très performant. Je peux contextualiser un peu l’histoire ? - Vas-y, sélectionne « contexte parisien », par exemple. Je m’exécute. « Avec son béret parisien et son air mutin, elle était très jolie selon les critères du mâle occidental blanc des classes intellectuelles supérieures de la première décennie du 21eme siècle. Il la pénétra au Louvre devant la Joconde avec son consentement éclairé. Elle s’en alla après l’avoir salué avec respect pour aller acheter une baguette à Montmartre ». - Là, il y a quand même un problème, ça me paraît difficile de faire l’amour au milieu d’un océan de japonais… Et puis on ne sait plus trop s’il couche avec la Joconde ou avec « elle »... - Oui, ils développent en ce moment un module de contrôle de cohérence du récit. C’est un proto, Marius. C’est juste pour que tu voies le potentiel… - Attends j’appuie sur la touche « glam » : « Avec son béret parisien, son air mutin et ses jarretelles La Perla, elle était très jolie selon les critères du mâle occidental blanc des classes intellectuelles supérieures de la première décennie du 21eme siècle.
Il la pénétra au Louvre au soleil couchant devant la Joconde avec son consentement éclairé.
Elle s’en alla dans des effluves de Chanel après l’avoir salué avec respect pour aller acheter une baguette à Montmartre ».- Sur le plan syntaxique, des progrès pourraient être accomplis… Extrait 3 de Mémoires d'un Snobé, prochain roman de Marin de Viry. Tous droits réservés.
Toutes les réactions (38)
1. 10/01/2011 09:26 - ussr
Un peu ce qui m'est arrivé, en moins intelligible ;) Une vraie signature cher Marin de Viry, vivement la suite !
2. 10/01/2011 10:08 - 7
J'ai renversé mon café en plein milieu, dialogues surréalistes. Je ne sais pas ce qui se passe dans votre tête Marin, mais c'est super drôle. +1.
3. 10/01/2011 17:42 - Finsher
C'est très fort, rien à rajouter à la plume exceptionelle de Viry, à part, quand sort-il, ce prometteur roman...
4. 10/01/2011 17:55 - commequidirait
"Une vraie signature", "c'est super drôle", "plume exceptionnelle de Viry"... n'en jetez plus !! La claque est dans la place !
5. 10/01/2011 18:17 - Enfumator
Commequidirait : jaloux ...
6. 10/01/2011 18:27 - commequidirait
Non vraiment pas je te promets Enfumator :) Seulement, je trouve les commentaires pour le moins excessifs dans leurs louanges. Oui, le texte est amusant mais il n'y a pas grand chose à dire de cet extrait... marrant, oui mais pas de quoi renverser son café, s'éblouir d'une plume exceptionnelle ou parler d'une vraie signature.
7. 10/01/2011 19:17 - Noémie Seignier
Oui, extrait réjouissant, ce que vive des centaines d'auteurs chaque jour à travers le monde, et encore, quand ils ont la chance d'avoir un diner avec leur éditeur ! L'édition est un milieu qui fait rêver de l'extérieur, mais de l'intérieur, ça doit être et consanguin et principalement connecté aux problématiques de rentabilités, voir exclusivement. Quel grand éditeur reste t il en activité à l'heure actuelle ?
8. 10/01/2011 19:18 - wrathounette
Voilà enfin que Marin de Viry valide mes vérités !
9. 11/01/2011 16:55 - capdevilla
C'est d'un nombrilisme affligeant, du niveau d'un Beigbeder en mieux écrit. La vie germanopratine est plate, absolument. L'inclusion des "jolies filles", n'en parlons pas, ce fut fait et refait. Vous êtes meilleur critique.
10. 11/01/2011 17:07 - capdevilla
Ah voilà, ça me rappelle Nabe. Mêmes considérations inintéressantes sous une plume qui se veut "féroce et acérée" (ahahaha), mêmes procédés stylistiques. Je comprends mieux la parano du petit.
11. 11/01/2011 17:11 - ernesto
C'est amusant de trouver cet écrit sur le ring, amusant et significatif. Et passionnant surtout : la vie d'un auteur parisien !...
12. 11/01/2011 18:11 - Fandor
Il me semble très modestement que le problème actuel de la littérature française c'est pas le style au contraire il est souvent trop dominateur par rapport au récit, il le noie souvent ,trop décalé ,trop fort avec ce côté bien français aussi de la grande culture ,de la belle écriture, qui n'est dupe de rien ,se juge elle même ,l'auteur et son histoire entre les lignes .Question de sincérité ,de société surtout ,de densité de vie ,comme nos films finalement qui sont souvent une suite de scènes de sketches ,pas une unité vibrante .Bref il ne s'y passe pas grand chose dans nos livres ou alors c'est qu'on ne peut pas ,que l'on n'a pas le droit de parler vraiment des choses vitales comme l'explique le faux (?) Sollers à Houellebec ,Nabe ? je sais plus j'ai la flemme de chercher .Alors pas de Soljénytyne bien sûr ,ni de Pat Conroy ,ni d' Oulitskaïa , ni même de Wolf . On ne tremble jamais,(on ne rit non plus pas souvent ) que va t-il arriver au "héros "?.. Réponse rien ou pas grand chose ..
Mais Moi ce que j'admire chez un écrivain maintenant c'est d'oser se livrer au fil des pages aux critiques et louanges anonymes d'internet ; A côté se foutre à poil sur une plage de mormons (je sais pas si il y en a à vrai dire ) c'est pas risqué du tout question regards en coulisse et chuchotis réprobateurs . bonjour les blessures d'égo et bonjour les mecs qui chichitent , contestent, ,se vengent de tout, d'eux et des autres ,te pinaillent la virgule , t'interpellent l'adjectif, te ridiculisent le scénario , te vilipendent l'histoire ,te donnent des conseils , te morigènent pour tes personnages ,,leur accent ,leurs gueules,leur taille , qu'ils sont pas assez ci assez ça, t'informent alors en toute bonté des dernières théories en matière de création littéraire ,de récits ,que ça se fait plus ce que tu fais, m.. à la fin , te disent comment ils auraient emballé ça eux ,et bien mieux .. ; que si tu décris dans un livre une ascension,un meurtre ou une nuit d'amour te reprennent sur tout, que c'est pas comme ça qu'on fait, qu'on escalade ,qu'on parle , qu'on tue . Ils carburent au Wikipédia les lâches, la culture infinie à la portée des caniches , qu'ils sont incollables sur tout maintenant et même si ils ont jamais écrit que des cartes postales et dans la douleur encore , te jugent fumeux indécrottable ennuyeux prétentiard , désespérant illettré (si , si il y en a ).Pour affronter ces diables ,Marin et pour votre style -on y revient -brillant bravo .Mais si votre prochain livre mettait ce style au service de la prise de risques ,genre Houellebec à l'ancienne façon , pré Goncourt ce serait sans doute bien plus haletant .
13. 11/01/2011 19:02 - skostiss
Difficile d'apprécier un projet romanesque sur les premières lignes (encore que...).
Plaisant sans plus. Plume rigolote, charmants pseudo-démontages des clichés parisiens, mais on cherche encore un début d'ébauche de personnage (c'est le début on te dit!).
Par fidélité au Ring et respect pour M de Viry, je vais quand même même supposer que l'essentiel m'aura échappé mais j'ai du mal à m'intéresser à cette caricature d'éditeur (dont j'aurais probablement partagé l'avis sur ces premières feuilles) et suis pour le moins étonné que cette anecdote littéraire suscite tant de dithyrambes.
Comme quoi même sur ce site, des "lecteurs" en sont encore à attribuer la qualité d'un récit à sa véridicité...
En espérant que Ring respecte son engagement et que cet extrait soit vraiment détruit par le prochain.
14. 11/01/2011 19:04 - Fred
Oui, dur de juger sur du court mais c'est toujours aussi jubilatoire de lire de Viry.
15. 11/01/2011 20:37 - Marc
J'irais pas jusqu'à dire exceptionnel (trop court pour juger) mais j'ai croché jusqu'au bout et ce n'est pas rien croyez moi! Je vous souhaite plein de réussite
16. 12/01/2011 17:32 - commequidirait
Je te crois Marc. Si c'est pas rien alors je trouve ça vraiment très bien moi aussi maintenant !
17. 13/01/2011 22:39 - amadis
Hé bien, le début de votre roman confirme que vous êtes un bon journaliste.
18. 14/01/2011 05:47 - juan
Drôle et assez réaliste tout compte fait. Stylistiquement, n'en déplaise aux petits rageux, je viens aussi sur Ring pour vous lire, Marin de Viry. Amadis, retournez donc sur le figaro littéraire et n'oubliez pas d'acheter le dernier Angot, il est formidâble paraît-il.
19. 14/01/2011 13:29 - Marin de Viry
Chers lecteurs, merci de votre lecture, et si je ne réagis pas, contrairement à mon habitude lorsque j'ai publié un article critique ou d'idées sur lequel vous réagissez, c'est parce que nous sommes ici dans la fiction. Si elle ne vous plaît pas, ce qui est votre droit le plus strict, j'applique la règle de Stendhal, qui s'est pris beaucoup de vestes dans l'existence: "on ne se justifie pas de déplaire". Si elle vous plaît, je rougis de contentement en silence. Amitiés
20. 14/01/2011 16:29 - Pol
Hâte de pouvoir le lire en entier, pour ma part.
21. 17/01/2011 00:13 - Inés
Situation métaphysique générale est bien meilleur.
22. 17/01/2011 00:51 - amadis
Je retire. Le mot était méchant et injustifié. Avec mes excuses. C'est en fait intéressant, original et très bien écrit.
23. 17/01/2011 08:02 - Aide-Calfat
O mors ubi est stimulus tuus ?
Belle oraison funèbre, M. De Viry ; il est vrai que ce genre de circonstance est l'occasion de constater la nudité du parti adverse, et que Napoléon, dans son sépulcre d'exposition, doit avoir très froid... En attente de la suite, avec moult remerciements...
24. 17/01/2011 17:21 - Ju
Excellent extrait, j'achète.
25. 17/01/2011 22:19 - jed martin
sympathique extrait, bien écrit, bien meilleur feeling que l'extrait n°1.
Important le choix des extraits...
J'achète de toutes façons...
Le chien de Houellebecq aussi fait des romans?
26. 18/01/2011 01:01 - delphine
Comme le chantait Georges Brassens :
Pauvres rois, pharaons ! Pauvre Napoléon !
Pauvres grands disparus gisant au Panthéon !
Pauvres cendres de conséquence !
Et mieux vaut, pour l'éternité, reposer paisiblement sous terre.
Bel extrait, au fait. Je ne l'ai pas lu malheureusement, mais pour en avoir lu des critiques, l'allusion à l'insensibilité des puissants n'emprunterait-elle pas à la théorie des "abrutis" par hasard ?
27. 19/01/2011 16:23 - Hantz
J'attends d'oeil ferme le prochain extrait, celui ci est des plus plaisants à lire. Comme Tous touristes, qui glissait du début à la fin. Mes saluations à l'auteur.
28. 20/01/2011 08:29 - constanza
Ce monsieur ferait bien de détruire tous ces écrits avant que nous puissions les lire. Quel manque de discernement de la part de "Ring" ! C'est du copinage ?
29. 21/01/2011 19:46 - Fandor
"Celle ou tout serait vrai ,celle ou tout serait faux" : la vraie la seule question en fait et le rapport que l'on a avec le monde dépend de ceci ,une paille !Avantage, en France du moins aux ,atomes , mais alors par KO ;les messages religieux ou de NDE ,étant l'objet comme toute chose d'ailleurs dans ce pays en dehors des humoristes et des défavorisés (mais pas en esprit )l'objet de railleries et de rires flûtés ou bien gras selon l'age le sexe et aussi le degré de bêtise affiché ;Aussi le dossier est ici bien dommage expédié en cinq sets, avec talent mais expédié
30. 23/01/2011 22:27 - Beij
Je n'ai pas lu le 1er extrait. Quant au 2ème, c'est-à-dire celui-ci, Monsieur de Viry, je le trouve juste. Je ne comprends quasiment rien à la plupart des commentaires précédents. Sinon peut-être le dernier de Fandor. Je dois être trop bête. Car il faut être bien bête, n'est-ce pas, pour encore penser que le beau procède du juste, ou pour mieux dire, du vrai ? (et d'ailleurs, pour seulement penser que le beau existe (je veux dire : est) il faut sans doute une bonne dose de courageuse naïveté ?)
Certes, le cadre germanopratin ennuie. Mais, selon mon point de vue d'imbécile, le talent consiste à être capable, quel que soit le milieu observé, de faire jaillir du vrai, de l'universel, dans ce que l'on décrit. Le style est nécessaire. Mais non-suffisant. Car le style sans l'intelligence du vrai (pléonasme) ne produit que lecture pompeuse et indigeste, qui vous fait, pour deux, monter la honte aux joues. J'ai trouvé quelques pensées pleines de justesse dans cet extrait. Ne serait-ce que celles-ci : "Probablement ces êtres expérimentés et reclus d’impressions sont-ils capables, simultanément, d’éprouver une tristesse sincère et de songer à leurs intérêts immédiats. Tandis que les humbles, habitués à perdre leur temps, s’abîment entièrement dans la douleur."
Bien à vous !
31. 24/01/2011 09:11 - Romeo Joan
Très bien écrit. Et vrai.
32. 24/01/2011 16:20 - A.C
Extrait sympathique, l'opposition entre les styles de langage en étant l'un des enjeux principaux. L'anglicisme donne parfois des envies de goulag. Il est rassurant de constater qu'il y a encore des gens pour qui le devenir culturel n'est pas totalement un produit.
33. 24/01/2011 21:57 - jed martin
Très bon extrait. Léger, fluide, il prête à rire.
Du bon boulot, vivement la sortie !
34. 26/01/2011 02:25 - Yves
Le meilleur extrait était de loin le premier, étonnant de singularité et de travail sur cette séquence.
35. 26/01/2011 10:39 - Emmett
Le thème rappelle un peu "les illusions perdues" de Balzac, qui traitait de l'évolution du papier, la dématérialisation du support méritait aussi qu'on s'y intéresse de près.
Pour ma part, je trouve les dialogues réussis, percutants, incisifs et efficaces, mais serais plus réservé sur les phrases de transition qui gagneraient, à mon sens, à être aérées. J'éviterai aussi (tant qu'on y est) de trop systématiser le résumé "pragmatique" par le narrateur des propos trouducutards, ils se comprennent assez bien, du moins le sens sinon les termes exacts.
En tous cas, je n'aimais pas particulièrement le passage du restaurant avec l'éditeur mais celui-ci m'a donné envie de lire la suite.
Bien à vous.
36. 27/01/2011 15:49 - Sant'Angelo - je ne suis pas un robot
sans prétention et très drôle!
37. 29/01/2011 12:05 - Vespasien
Désopilant !
Et le pire, c'est que l'utilisation d'un "langage" techno-mondialisé ne touche pas que le monde de l'édition ou le "business" en général... Même le militaire n'y échappe pas...
Sinon certains commentaires m'étonnent: il s'agit d'un extrait d'un roman, non d'un manifeste pro domo...
38. 13/05/2011 15:35 - kerer
Voilà une future fiction qui semble bien marketée (autant la démarche que le produit). Dommage que vous effaciez la "tablette" pour chaque extrait, il me manque les slides précédentes pour valider le process. C'est toujours un plaisir de découvrir un nouveau produit de la gamme Viry, on est jamais déçu, t'es dans les clous coco, mais justement au delà du label "marin" aurons-nous cette fois une touche de "sel" qui vous distinguera dans le linéaire, par un stop-rayon "saveur 2011" ?
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Dernière réaction Un peu ce qui m'est arrivé, en moins intelligible ;) Une vraie signature cher Marin de Viry, vivement la suite !  10/01/2011 09:26 ussr
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contre la crise, rire, métissage et proximité", voilà comment on nous
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