Sur le RING

La lutte des "mois"

SURLERING.COM - CULTURISME - par Pierre Poucet - le 27/10/2010 - 25 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

Libéraux dans l'âme et dans la chair, nous sommes tous les individus-rois d’une société d’individus. Dans ce cadre de pensée se dessine une filiation de Norbert Elias (La société des individus) à Zygmunt Bauman (La vie liquide) dans laquelle on pourrait ajouter Robert Castel (La métamorphose de la question sociale), Henri Kaufmann (Le marketing de l'ego) ou  encore Miguel Benassayag (Le mythe de l'individu). Enfin on peut y mettre à peu près tout ce qu’on veut. La lutte des mois s'est substituée à la lutte des classes. L'injonction libérale à être soi – à se produire soi – a placé l'individu au cœur de tout. Il est moteur il est raison; il est la cause de l'Histoire. Symptôme le plus anecdotiquement percutant peut-être: cette publicité de l'Armée de terre où l'injonction à devenir soi devient le fondement de l'engagement dans un corps d'armée.  D'un corps. D'armée. devenezvousmeme.com.



Ajoutons à cet apparent épiphénomène publicitaire, l'explosion, depuis la blogosphère et les réseaux sociaux d'une « mise en scène de soi » (Ervin Goffman), d'une publicisation totale de l'individu à travers l'exposition exponentielle des journaux intimes sur le net (environ 641 000 résultats en 0,20 secondes en sur Google), des millions de mois travaillés, pensés, polis autoréférentiels (également réflexifs, dans une minorité de cas). Le parler de soi se substitue à l'être soi. Et le parler de soi devient une forme d'art. La trop célèbre proposition wildienne – faire de sa vie une œuvre – s'affiche désormais comme un impératif social. Nous sommes tous des dandys, des singularités parfaites. De singulières choses.

A présent, et si l'on a quelque secondes pour penser, on peut conclure et se ranger à l'opinion que nous sommes arrivés au bout du bout du processus d'individualisation. On se demande d'ailleurs, un peu paumés avec toutes ces secondes qu'il nous reste à penser, quel pourrait être le stade suivant de l'individuation – le dividu? Le noyau? La molécule? L'insécable? (prévoir une réflexion sur les monades leibniziennes). L'ADN?, peut-être, cette « molécule de l’individualité » (Aurélien Bellanger). Nous ne sommes pourtant qu'au début – les premiers microprocesseurs fonctionnant à partir d’ADN sont déjà construits –, qu'au tout début d'un processus plus vaste qui n'est autre que le mouvement global de la civilisation occidentale depuis 2000 ans (Elias, bande de cons), et dont le terme se traduira selon toute probabilité par l'avènement du post-individu.
Cherchons. En route vers le post-humain (un aperçu?).

L'artiste, chaînon manquant entre l'individu et le post-humain?

Discours social.
Aujourd'hui – et « aujourd'hui, c'est déjà demain! »(1) – nous ne sommes plus simplement des individus, « nous sommes tous des auteurs » (France Info, 16H35, 24 septembre 2009). Nous sommes tous des artistes.
Fragments:
D'où vient que lorsque je sors dans la rue iPod sur les oreilles, levant les yeux vers les immenses panneaux publicitaires, devantures des boutiques, néons tremblants d’officines mondialisées à slogans fluorescents, d'où vient cette sensation étrange et pénétrante de vivre un clip de David Guetta, d'où vient cette sensation lorsque – misérable – j'allume la télévision, cette sensation d'être et de devoir être artiste, d'avoir quelque chose à dire, et que subitement l'envie brutale, primale, violente me dévore, de demain, pourquoi pas chanter chez Drucker, faire le con chez Ruquier, faire de la scène avec Massimo Gargia, et crouler sous la gloire, l’argent, les putes, encensé par des crétins surnuméraires dans mon one man show ? C'est possible. Ça semble possible. Aujourd'hui,  tout est possible.

C'est écrit sur les murs de ma maison, sur mes tables de bureau, sur mes cahiers d'écolier, sur mon pupitre et les arbres, sur le sable sur la neige, sur mes baskets et sur ton jean. Il ne me suffit plus d'être moi, je dois être un artiste.

D'où vient ça ?

Des artistes eux-mêmes, d'abord, qui sont autant créateurs statutaires que créateurs de statut. Mais aussi et surtout, de cette « nouvelle raison du monde » analysée par Pierre Dardot et Chistian Laval, et de l'incessant discours médiatique, politique et social de promotion-érection des valeurs artistiques au rang d'idéal eudémonologique total. Jamais dans l'histoire de l'Occident la figure de l'artiste n'a été aussi centrale, aussi capitale. Jamais un modèle social n'a autant été encensé, et correspondu à la marche globale du monde, c'est-à-dire au marché. Think global, Act local. Hors de l'art, point de salut.

Sur toutes les pages lues, sur toutes les pages blanches, pierre sang papier ou cendre, Artiste, j' écris ton nom.

Considérant à cette nouvelle norme sociale consistant à produire des moutons arty, heureux, conformes et joyeux (Philippe Muray, Le sourire de Ségolène ), on ne parle plus d'un simple effet de mode, mais d'ars politikon.

L'art, bras du biopouvoir (c'est ma thèse)

Il est effectivement devenu possible de promettre à chacun son quart d'heure de gloire, Andy, c'est même le but de ta life. Depuis la pratique de la lecture individuelle jusqu'à la Wii en passant par le théâtre ou les expositions, les progrès de l'industrie culturelle et la massification-individualisation des pratiques a produit d'étranges monstres injonctifs producteurs de nouveaux « artistes », au nombre desquels on comptera: LoftSory, qui a ouvert le bal, la Staraque, qui l'a bien entamé, la Nouvellestar, qui l'a entièrement resucé, My Major Compagny, qui a fait pire que tous les autres, et d'autres ersatz encore, le tout dans une ambiance conviviale de partouzeurs pluripartisans issus du marketing, de l'audiovisuel, du chaubiz, du politique et des artistes, du public et du privé, de l'élite et du médiocre, enfin de tout et de rien, quelque part, dans les années 80, c’était un jeudi soir, le 22. Ainsi aujourd'hui mais c’est déjà demain une Loana quelconque peut très bien lancer sa collection de fripes, déguster des steaks au Fouquet's avec Jean-Paul Gauthier et montrer ses seins sur France Inter. C'est une artiste.

Anecdotique? Symptomatique. Un ensemble de « micropouvoirs », aurait dit Foucault – pas Jean-Pierre, l'autre – se déploie  progressivement avec la caution libérale et sournoise du marketing, de l'audiovisuel et de l'art en général, qui dessine une nouvelle norme de singularité sociale, un espoir possible, une lueur à l'Est, et des lendemains qui chantent : Tu seras artiste, mon fils.

Fonce, Alphonse!

On ne compte plus les affiches, les Graffs, les Tags, les pubs, les promos, les concours, les images, les posters, les peintures urbaines, les ateliers de création, les loisirs créatifs, les « discours » même les plus implicites, promettant éhontément au moindre hémiplégique de base ramassé sur le trottoir une carrière de danseur professionnel à partir d'une proposition débile de deux phrases chorégraphiques improbables, à l'indigne roteur de mots andyvérolé de devenir grantécrivain de best-sellers subversifs autopromotionnés, à l'infâme barbouilleur de croûtes absconses du dimanche matin 6H30 de se rêver en néo-Basquiat, au plus répugnant ectoplasme conceptualisant déclassé d'être promu meilleur-plasticien-installateur-concepteur, Dieu – c'est le buzz clash de la semaine. Et l'on envoie les gosses et ils y vont tout seul, d'ailleurs, grossir les rangées de prétendants à la gloire numérique quart-d'heurienne inscrite en promesse d'or aux frontons de bordels eschatologico-artistiques des My Escroc Compagny avaleurs d'arrivistes je veux être un artiste.

Même le roman

Ils sont partout. Sur tes clopes et sur ton rouge, sur tes cachets d'aspirine, sur ta vodka, sur ton gin. Même dans les livres. Rien que pour la rentrée littéraire de cette année. Les artistes parlent des artistes, mise en abyme (symptôme de dédoublement à surveiller): Dans Point Oméga, Don deLillo ouvre et clôt son roman par le visionnage de l'installation de Douglas Gordon 24 Hour Psycho exposée au MoMa de New York. Artiste. Mathias Enard, promène Michel-Ange dans Constantinople dans Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants. Artiste. Et évidemment Houellebecq lui-même met en scène Jed Martin, un artiste peignant des artistes dans Damien Hirst et Jeff Koons se partageant le marché de l'art. ArtisteS.
On peut comprendre Millet, son Enfer du roman (c'est chez Gallimard. Au début on se dit non, et puis au bout d'une heure trente on en redemande).

Lumières houellebecquiennes


La possibilité d'une île apporte peut-être un élément pertinent à ce sujet. Houellebecq explique très justement pourquoi l'artiste jouit d'un si considérable pouvoir d'attraction dans les sociétés occidentales contemporaines et pourquoi il préfigure, quelque part, l'homme idéal en devenir. On suit l'ascension de Daniel, comique, jusqu'à la gloire, le succès, le fric, les femmes, tout. Éclairant, cette fonction de l'artiste-comique résumée à « pouvoir se comporter comme un salaud en toute impunité, et même de pouvoir grassement rentabiliser son abjection en succès sexuels comme en numéraire, le tout avec l’approbation générale. » Je pense au zouave bicéphale ruquiérien: Zemmourénaulleau. Je repense à ce que dit Houellebecq, et Muray, et beaucoup d'autres aussi. Ce n'est pas de la fiction, c'est la réalité. Le vrai dans un fragment.

La généralisation du modèle artiste

Si l'on ne veut pas tous devenir des salauds comme Daniel de La possibilité d'une île, on veut néanmoins (nous faire croire que l'on veut) tous devenir artistes. C'est un fait (L'artiste-salaud viendra plus tardmais en fait il est déjà là: quand, franchie l'étape du suicide comme un des beaux-arts – cf. ce connard d'artiste japonnais dont je ne veux pas retenir le nom qui, pour illustrer une certaine idée qu'il se faisait de la création contemporaine se jeta dans le vide du haut d'un immeuble; sur la chaussée était posée une toile sur laquelle il s'écrasa; toile qui fut léguée au musée d'Art moderne de Tokyo. Art – après ces conneries, donc, viendra logiquement le temps du meurtre de masse revendiqué comme esthétique – prévoir des pansements dans les expos. Ça viendra, j'en suis convaincu.
N'a-t-on pas déjà évoqué une esthétique du terrorisme?

Demain, c'est déjà aujourd'hui.


Tout le monde est ou un jour sera un artiste (avant de devenir terroriste). Les chiffres les prouvent – les chiffres prouvent tout, de toute façon, et rien. Concernant les seuls artistes plasticiens, l'INSEE estime à 50% leur croissance de 1954 à 1990. C'est une belle croissance, si. Si maintenant l'on prend en compte le nombre d'affiliés à la « Maison des artistes » (les gestionnaires de leur sécurité sociale), c'est à un décuplement des artistes qu'on assiste en moins de 30 ans (3000 en 1975; 32 000 en 2003). Artistes. On ne compte pas ici les individus se déclarant « artistes » au sens large (écrivain, peintre, plasticien, intermittents, auteurs de blogs artistes, enfin à peu près tout le monde) sur leur déclaration d'impôt, par exemple (qui manifesterait quelque part l'institutionnalisation d'un statut, quoi, merde, mais ce serait un indicateur). Mais le chiffre approcherait selon toute probabilité du million, avec un S. Enfin, quand on sait qu'au moins 1,5 millions de français ont déjà un manuscrit en poche qu'ils cherchent à publier – ce qui doit faire plaisir à Richard Millet –, et qu'il est tout à fait loisible au croûteux du dimanche matin de 6H30 d'exposer en toute tranquillité ses merdes dans les centres d'art Gilbert Bécaud de la Cité des 22 504, on peut imaginer l'ampleur du mouvement. On peut.

Un autre indicateur de prestige croissant du statut d'artiste résiderait cette fois non plus dans les statistiques ou les sondages – les chiffres ne disent rien, seule leur interprétation prévaut – mais dans la tendance récente à considérer les proto-créateurs comme des artistes. Oui, c'est le même phénomène que les blogs, réseaux sociaux, tout ça. C'est même dans la logique de l'histoire. Manière de progression historique avant-gardiste, voyez? Un metteur en scène était-il un « artiste » au XVIIème? Non. Un photographe, au XIXème? Un cinéaste, au début du XXème siècle? Non. Ils le sont devenus. Successivement, le photographe, le cinéaste, le dessinateur de B.D, le graphiste de base sont devenus « artistes ». Cette « artification » (Roberta Schapiro), autrement dit la qualification « d'artistique » d'un fait ou d'un objet qui auparavant ne l'étai(en)t pas, est même un processus qui va en s'amplifiant depuis le XXème siècle, s'appliquant à tout produit rencontrant un succès sur le marché et répandu largement dans les pratiques sociales les plus élémentaires. Artiste. D'où la qualification d' « artistique » appliquée au  moindre proto-artiste du moment.
Et je ne parle pas des émissions de cuisine (2).

Art et pouvoir dans la main (invisible) au marché

C'est que art et capitalisme font un heureux ménage dans la société des individus. Daniel Bell, dans Les Contradictions culturelles du capitalisme, voyait d'ailleurs très justement en l'artiste l'incarnation la plus parfaite des valeurs individualistes favorisées par le système marchand. Sa thèse: l'artiste réalise sur le plan hédoniste la même fonction que l'entrepreneur – avant garde de l'idéal saint simonien – muant le moi en idole païenne, privilégiant la vie authentique, la spontanéité, la création comme technique de soi, cultivant la rébellion comme mode de vie. Le monstre se retournerait alors contre son créateur et l'individualisme artistique saperait les fondements mêmes du système qui pourtant a fait de l'individu la valeur suprême.

Mais Bell avait tort, ou il n'est pas allé assez loin. Le capitalisme ne s'est pas dissout – ou alors pas encore – par la promotion du statut d'artiste en idéal individuel. Bien au contraire, les valeurs entrepreneuriales, marchandes, le monde de l'entreprise, en somme l'ensemble du « nouvel esprit du capitalisme » qui se déploie depuis les années 80 analysé par Boltanki et Chiapello (et dans Extension du domaine de la lutte aussi), a su, dès après 1968, refonder son système de légitimation et d'action (son système axiologique bande de cons) sur les valeurs issues de l'univers artistique: mobilité, authenticité, créativité, développement personnel, fonctionnement en réseau, projets, inspiration, prises de risque, remise en question, incitation à la singularité et, au final si j'en crois Laurent Thévenot (De la justification): « l'explosion de ce qu'on nomme la réalité ». L'ensemble du discours capitaliste s'approprie l'axiologique de l'univers artistique pour l’appliquer à la sphère productive (Pierre-Michel Menger, Portrait de l'artiste en travailleur). La cité de l'inspiration s'accouple à la cité marchande.
D'où Sollers.
D'où l'inflation du vocabulaire artistique des moindres projets de communication institutionnelle vendus par ce genre de nanas, d'où la prolifération inquiétante des Dièye (Directeurs Artistiques), d'où  les palettes de théorie relatives à l'épanouissement personnel par l'art-thérapie, les stages de coaching-peinture-psychanalyse-familiale-groupale à PNL à tendance Antonin Artaud au sein de l'entreprise. D'où t'où tout ça.

Soyez artistes (ou mourrez), bandes de cons!

Sur le plan moral, il semblerait même que l'artiste soit devenu le modèle de l'être humain, de l'être humain total, abouti parce que singulier, autoproducteur d'une définition originale de soi, pilier juge et partie d'une  intériorité parfaite (C'est ce que je pense, Les gens pensent ce qu'ils veulent), garant autopromu de l'authenticité de sa personne (C'est ce que je suis; Reste toi-même, bébé). L'art est devenu le lieu par excellence de la définition de l'authenticité de l'individu, invulnérable à autrui, indisponible. Peinture sans huile. Fruit sec.   

Si j'en crois Alain Ehrenberg, la conjonction du « culte de la performance et de « l'individu incertain », sorte d'artiste ectoplasmique singulier aux identités labiles dans un monde liquide, a pour aboutissement immédiat ce qu'il nomme « la fatigue d'être soi. » Ou le suicide. Si ça c'est pas ce qu'on appelle de « l'explosion de la réalité », je ne m'appelle plus Albert, et d’ailleurs, je ne l’appelle pas Albert.

En somme, selon l'hypothèse 1) la généralisation du mode de vie artiste a toutes les chances de nous mener au suicide  dans une ambiance de bonne humeur générale. Show off. Et la boucle serait bouclée. Étape suivante ou hypothèse 2) dite du suicide artistique collectif dans son lien avec les beaux-arts. Hypothèse farfelue? L'épilogue des Particules élémentaires n'ouvre-t-il pas quelque part la potentialité d'une contemplation esthétique du suicide collectif? La Carte et le territoire propose plus modestement une Asubha collective...

Why the future dosesn’t need us?
I don't know, Billie Joy, I don't know...

Une alternative? Vers le post-humain par l'art.


En un mot, en deux, en trois : la vie, l'humain, « s'artifient ». Conclusion numéro 1. Mais un autre phénomène mérite d'être pointé du doigt. Une alternative – ou hypothèse 3) – peut-être, aux connards de japonnais qui sautent du haut des immeubles. Ce phénomène, c'est la jonction toujours plus poussée entre l'art et la technique ces 10 dernières années. Le rapprochement est saisissant, pas besoin de citer William Gibson ou Maurice Dantec pour comprendre ça. La technique s'artifie et l'art se technicise. Les domaines accomplis en ce sens dans l'univers des jeux vidéos – véritables interfaces hommes-machines – est considérable. Aujourd’hui mais c'est déjà demain les créateurs de jeux vidéos seront – sont – des artistes. Peut-être bien les joueurs eux-mêmes.

Au dyptique habermassien (La science et de la technique comme idéologie), je propose donc d'ajouter l'artistique en troisième pilier axiologique contemporain. La nouvelle raison du monde s'artechnifie. Enfin, c'est probablement ce que je dirais si je m'appelais Habermas.

H.P Process, l'être humain au conditionnel futur

La vogue des installations en est peut-être le symptôme le plus abouti. Installations qui peuvent être vues comme les prémisses (de qualité plus ou moins) douteuses de l'imbrication de l'homme et de la machine, tout du moins ses premières et intrigantes tentatives aléatoires – et parfois désespérantes. Des artistes comme Daan Brinkmann, Gregory Chatonsky, ou Peter William Holden par exemple, explorent aujourd'hui les voies de l'hybridation technico-humaine par le truchement de l'art – tout au moins du label artistique. Voici ce que l'on pouvait lire sur le catalogue de la récente exposition Dancing Machine : « 20 installations ou performances ludiques, œuvres plastiques interactives, prototypes de la discothèque du futur, machines à danser ou Igloos musicaux... L’exposition DANVING MACHINE interroge les mouvements issus des dialogues hommes machines. Chorégraphies humanoïdes et expérimentations technologiques du mouvement, inversion des rôles : du «spectateur chorégraphe» au danseur générateur de flux cybernétiques, le dialogue est fécond entre le corps en mouvement, la musique et l’image, et cela, grâce aux plus récents dispositifs technologiques en œuvre dans la création. ». Et l'on assiste parmi les spectateurs ébaubis à de drôles de ballets féériques où l’homme épouse la machine dans une danse anti-macabre et colorée de membres de chair et d'aciers, de sang et fils mêlés, sous les regards des convives humanoïdes sur la piste aux étoiles numériques où me regarde triomphant mon hologramme mon double près de l'écran palsma.

Et je ne parle pas de la poésie numérique, H.P. Process, Charles Pennequin et tout ça, (=> adoption de la posture Richard Millet ou Pascal Adam).

Une dernière chose, avant de m'éteindre: Peter Sloterdijk voyait dans la technique non pas l'oubli de l'être mais l'essence de l'humanisation de l'homme. C'est une théorie. À l'aune de cette hybridation « nouvelle » que je ne vais pas tarder à épouser moi aussi, on peut tout à fait prétendre que la « Selektion » de l'être humain, laboratoire de cette « subjectivité nouvelle » dont parlait Foucault, s'opère aujourd'hui quelque part sur la table de dissection de l'art contemporain. En route vers le posthumain. Ambiance fin de soirée.

Avez-vous déjà assisté à une performance de poésie numérique?
Moi oui.

En scène.

Pierre Poucet


(1)    Environ 1 960 000 résultats (en 0,27 secondes), témoignage de la banalité du fascisme: « Aujourd'hui c'est demain », « Tout est possible », etc. De tels slogans concentrent en trois mots l'essence du fascisme, si j'en crois Hannah Arendt.

(2)    Mais il y aurait une sérieuse étude de cas à faire sur Masterchief – ou la promotion de l'individu en cuisinier-gastronome superhéros. Il y a là dedans une thèse de 3ème cycle (prévoir des stimulants, n'importe quoi).


Toutes les réactions (25)

1. 27/10/2010 19:05 - J.

J.Tant qu'on sera capable d'un certain jugement et que le mot "imposteur" aura un sens, ça devrait aller. Les fondamentaux pour être "artiste" ou même artisan honnête sont relativement inflexibles - à cela aucune mise en scène de soi ni artifice technologique ne changeront jamais rien - que ça plaise ou non aux artiiiiiiiistes.

2. 27/10/2010 23:50 - Gaël

GaëlBrillant Pierre.
Demain qui ne sera pas artiste sera ostracisé, car la pratique (sans les connaissances, sans les techniques) de l'art sera considéré comme un geste citoyen. Qui disait qu'il fallait réenchanter la vie -ou une connerie de ce genre? Mais c'est fait,"nous vous enjoingnons, Madame, Monsieur, à vous inscrire dans un des centres culturels de la municipalité (liste ci-jointe) et à régulariser votre situation au plus tôt. Veuillez agréer..."
"viendra logiquement le temps du meurtre de masse revendiqué comme esthétique", oui pour l'art du siècle des camps, l'art est devenu concentrationnaire, chacun produisant sa petite oeuvre d'art comme l'expression ultime de son moi, son identité (et non comme une tentative de représentation du monde-cette affirmation de soi et ce déni du monde est bien le signe du simulacre et de l'imposture (J.)). Contre toutes les autres, à l'exclusion de toutes les autres oeuvres, la sienne doit avant tout exister. La démarche en soi est déjà un meurtre symbolique. On a tué-on tue-pour la valeur de l'art , on a tué pour (l'amour de) l'art. On tuera pour FAIRE de l'art. Je suppose que des généraux nazis ou des mercenaires serbes ont pu trouver les cadavres baignant dans la lumière matinale esthétiques, et se dire "c'est MOI qui ai fait ça". Stockhausen ce connard n'a-t-il pas considéré le 11 septembre (ou les images du 11/09 mais peu importe la connerie reste) comme une oeuvre d'art? Certains pratiquent le "terrorisme intellectuel", alors pourquoi pas le terrorisme artistique?
Les possibilités sont immenses.
"This ain't rock'n'roll, this is genocide"

3. 28/10/2010 07:09 - kim

kimTexte interessant a remettre en perspective avec le contexte francais.
Pierre votre texte parle d"artistes" mais pas d'Art, donc tres peu des enjeux esthetiques et politique actuels. Pourtant c'est bien le fond du probleme. Pouvez vous attaquer le Spectacle avec le meme discour que celui des Situationnistes, quand le Situationnisme est devenu l'arme des publicitaires et du Ministere de la Culture? Est il possible pour vous d'aller au dela de la critique post-situationisme?
Pouvez vous veritablement distinguer un singe faisant de l'art d'un veritable artiste?

Ce que les artistes sont ou font en dehors de leur oeuvre, que ce soit l'artiste du dimanche ou le futur nouveau Picasso encore dans ses couches, les createurs, les historiens de l'art et meme les veritables artistes s'en foutent. On est bien d'accord.

Je voudrai insister sur le fait que ce que vous decrivez est le model francais, parcequ'il faut bien comprendre que ce que dont vous parlez est une specificite francaise et peut etre au pire aussi allemande (a Berlin toute le monde est "artiste"), et ne peut s'appliquer au reste du monde, meme si vous evoquez 2 fois dans votre texte un artiste japonais. J'affirme cela, parceque c'est un phenomene social qui existe dans les societes ou l'art est subventione par l'Etat.
La societe francaise propage le mythe de l'artiste, tout comme, il fut un temps, elle propageait le mythe du militaire dans son costume de parade dans les salons uppes ; elle a besoin de detruire toute reelle velleite artistique de contre-pouvoir, comme a un moment elle devait faire croire a l'Arriere que la guerre totale etait aussi romantique qu'au temps de Napoleon. Elle ne peut pas accepter que l'on puisse propager une autre maniere de comprendre la Realite, parceque mettre les francais face a la realite serait les mettre en face du manque absolu de projet, de futur possible. Mettre les Francais face a la Realite serait leur faire comprendre que ce n'est plus l'Etat qui controle leur destine, mais les aleas des softwares, et des scripts financiers, ou bien meme encore un network de decisions sans coherence de la part de la bureaucratie europeene.

L'Etat subventionne la Culture. L'Etat fabrique le statut juridique de l'artiste en y incluant les nouvelles professions du web et des art-numeriques. L'Etat a besoin de l'artiste quand elle ne sait pas quoi faire de ces citoyens.
En fouillant plus profondement on se rend compte qu'artiste, c'est la profession fourre tout pour l'Etat et le Ministere de la Culture. Plus il y a de faux artistes (cad des prestateurs de services, des illustrateurs) moins la voix des vrais critiques a de l'impact.

La these de Philippe Murray, c'est que le veritable artiste se doit de representer cet envers du decor, cette realite tronquee du Spectacle, justement, ces faux artistes, ces singes plasticiens dans leur contexte.
Peut etre qu'au lieu de denoncer les artistes, vous devriez plutot nous dire si vous pensez qu'il est encore possible d'ecrire, de creer, dans ce genre de contexte?

4. 28/10/2010 09:13 - Lepol

LepolContent que vous citiez Sloterdijk, voila ce qu'il dit de l'hysterie :
"Le XXIe siècle sera postfreudien : il nous conduira vers un monde très éloigné de ce qu'annonce le message freudien. Rétrospectivement, on se rend compte que Freud était le génie de cette herméneutique du malaise dans la culture qui fait de nous les héritiers de contraintes qu'on ne comprend plus. Qu'est-ce que cette pression qui vient d'en haut signifie sur moi ? Comment quelque chose qui est au-dessus de moi peut-il prétendre laisser des traces dans ma vie ? Comment cette garnison intérieure a-t-elle été installée ? Peut-on prendre d'assaut cette bastille intérieure, autrement dit vivre sans surmoi ? Concernant les pathologies de l'âme, le phénomène le plus impressionnant du XXe siècle serait la disparition de l'hystérie, maladie paradigmatique de la psychanalyse, qui aurait entièrement disparu des cabinets des médecins et des divans des psychanalystes. A vrai dire, j'ai tendance à penser que la société tout entière est tellement hystérique que l'hystérie individuelle ne peut plus se faufiler. Le développement d'un faux soi individualisé est devenu un luxe injustifiable. En fait, l'hystérie est de retour sous une forme postmoderne qui est la coolness, le manque d'expression, l'absence d'émotions - nous avons donc affaire à des hystéries creuses ou négatives qui remplacent les hystéries « pleines » ou positives. L'absolutisme de la légèreté et l'absence de passion sont le résultat d'une mise en scène d'un for intérieur libéré de l'expressionnisme des âmes tourmentées du XIXe siècle. On est déjà pleinement rentré dans le New Age de la névrose.

Peut-on qualifier de « réactionnaires » ceux qui veulent conserver les anciennes névroses ?

Les réactionnaires ont compris que la névrose mérite un conservatoire. Comme on joue du Mozart, il faut jouer de l'ancienne névrose obsessionnelle - ou, encore mieux, de l'ancienne crise. A l'exception de quelques êtres doués mais surannés, démodés, personne ne sait plus ce qu'est une crise de nerfs. Dans les romans russes du XIXe siècle, il y a un homme qui pleure toutes les cinq pages, dans la littérature allemande du XXe siècle, il y a encore des hommes qui pleurent toutes les cent pages. Mais aujourd'hui, qui pleure ?

5. 28/10/2010 11:37 - René de Sévérac

René de Sévérac"microprocesseurs fonctionnant à partir d’ADN sont déjà construits" :
Vous sous laissez raconter n'importe quoi !
Ça aussi c'est de la CREATION ARTISTQUE.

Quant au "post-humain", c'est vrai que n'importe qui écrit dans Wikipedia !

Cela dit, bravo l'artiste ... mais ne regardez plus la TV.

6. 28/10/2010 13:53 - Poucet

Poucet@kim: Je ne parle que très peu d'Art, effectivement, je me focalise sur l'entité "artiste", ou la personne si vous préférez. Maistrien en un sens: les hommes plus que les idées.
Et je n'épouse pas la critique post-situationniste ou autre chose dans ce genre. Je suis un fil de pensée qui serait ici (à peu près) sociologique, enfin, avec bricolage méthodologique aléatoire (relisons Michel de Certau, L'invention de la vie quotidienne).
Quant à la specificité du modèle français que je décrirai ici, je réponds non. Ce modèle me semble très bien s'appliquer en France, mais aussi, oui, en Allemagne, aux Etats-Unis, mais aussi à peu près à l'ensemble de l'Occident (ouais, je vois large, mais modeste, et puis, je ne suis pas le seul à le penser, soyons brefs).
Ensuite oui, oui, et oui oui oui, la politique culturelle française y est pour quelque chose (je prévois prochainement d'éclaircir ce point-là)
Enfin, oui, il est possible de créer dans ce contexte. J'en suis convaincu. Mais il y a plusieurs conditions. Relisez par exemple Rester Vivant de Houellebecq. Ou le Théâtre des Opérations, de Dantec.

7. 28/10/2010 13:58 - Poucet

Poucet@: Partiellement d'accord.
"Peut-on qualifier de « réactionnaires » ceux qui veulent conserver les anciennes névroses ?"
Non, on peut aussi les appeler des psychotiques ;-)
Plus sérieusement, j'ai envie de répondre oui Mais: et alors? Nostalgique conviendrait plus aisément.

@René de Sevrac: Non, c'est vrai - enfin c'est dit vrai. Donc non création. ceci dit ce que j'ai écrit rentre tragiquement dans le cadre d'une création...
Sinon merci - je n'ai pas la télé.

8. 28/10/2010 14:25 - kim

kimCher Pierre Poucet,
Votre reponse ne me satisfait pas. Je suis desole j'ai deja lu tous les livres que vous citez. Il ne me satisfait pas que vous citiez seulement des ecrivains, c'est trop facile.
Je suis encore persuade qu'il y a des artistes tout a fait valables, que cela soit dans le domaine de la creation industrielle, comme du domaine de l'architecture, de la peinture ou de la photographie, ou bien sur du cinema.

J'ai vraiment du mal a croire qu'il y ait une similitude entre un peintre francais super-subventione par l'Etat et jouant de sa rebellitudde et un peintre arborigene australien dans le bush vivant de ses toiles vendus dans quelques gallerie a Sydney. Ou bien meme qu'il existe une comparaison avec un architecte ou un ingenieur travaillant sur la construction du Grand Viaduc de Millau par exemple.
J'ai aussi une objection concernant votre attaque sur le Moi. Comment pourriez vous distinguez votre these de celle d'Ayn Rand, qui sans complexe, met l'individu dote de la Vertu d'Egoisme au sein de sa philosphie, l'Objectivisme? Ayn Rand est le pilier du Liberalisme americain...et si quelqu'un est plus a Droite que Ronald Reagan, c'est bien elle.

9. 28/10/2010 15:41 - TitOeuf

TitOeufVous parlez d'une illusion Cher Monsieur Poucet, de l'illusion offerte à moindre coût, et démocratiquement acceptée de surcroît, à la "masse bêlante" qu'elle pourrait éventuellement, voire automatiquement (soyons fou), s'élever au rang d'artiste, de créateur, que dis-je de Dieu lui-même......et ainsi parvenir à la grâce par le répondant de la chambre d'écho constitué de la multitude des "répétiteurs" que nous sommes tous quelque part.

Or, n'est pas créateur qui veut, et l'accord du plus vaste écho qui soit, la parfaite et idéale symbiose ne s'obtient pas aussi aisément qu'on pourrait le penser, même doté des nouvelles technologies, qui n'y peuvent pas plus, hélas, en ce processus bien particulier, que les sciences non plus, en conséquence de quoi l'illusion reste désespérément une illusion et rien d'autre, sans strictement aucun impact sur le réel.

Alors est-ce un mal que d'entretenir l'illusion ? Est-ce mentir ?

Je ne sais pas, mais cela a un avantage certain, en ces temps de vide idéologique complet, d'au moins occuper la "masse bêlante" à croire qu'il y aurait peut-être un espoir, et c'est donc toujours ça de pris sur l'adversité, que pourrait constituer cette même "masse bêlante" si elle prenait vraiment conscience de la nature du système qui conduit ses affaires courantes autres qu'artistiques, et plus naturellement mercantiles dirons-nous.

On a mis en place le travail de masse, idée géniale, pour éviter d'avoir des bêtes sauvages en guerres perpétuelles à chaque coin de nos rues, et lorsque le travail se raréfie il fallait bien trouver un autre expédient, et rentable autant que profitable si possible, et bien voilà c'est fait.

Le tout étant de savoir combien de temps cela peut durer.

PS : l'immense Hannah Arendt n'a pas théorisé la "banalité du fascisme", mais la "banalité du mal" ce qui n'est pas du tout la même chose, puisque le fascisme est toujours selon ses travaux, systématiquement placé en haut du pyramidion, mais jamais en son socle où se situe la "masse bêlante", et en ce sens l'expression "banalité du fascisme" est quelque chose qui n'existe pas et n'a jamais existé, vous seriez donc possiblement un véritable créateur cher Monsieur Poucet, mais attendons tout de même si vous le voulez bien, de voir et de mesurer l'écho qu'obtiendra votre présente thèse, avant d'en décider.

10. 29/10/2010 09:08 - Valérien Béton

Valérien BétonLe dandy s'élève au-dessus de son époque, petit Poucet.

11. 29/10/2010 13:16 - bluenote

bluenoteAbsolument d'accord avec Kim.
L'Art subventioné par l'Etat entraine obligatoirement une séries de catastrophes et de dérives.
Le Théatre subventionné par exemple est dirigé depuis 30 anspar les mêmes metteurs en scéne qui passent d'un centre d'art dramatiques a l'autre en beneficiant de subventions importantes,,sans aucunes obligations de résultats,ni sur la qualité de leurs productions ni sur l'impact de fréquentation du public.Bien au chaud dans leurs pantoufles.Ils ont réussis d'ailleurs une chose:a dégouter le public du Theatre.
Le ministére de la culture fut crée par le gouvernement de Vichy.
Ce systéme de subventions rends dépendants et il faut des réseaux et être "bien en cour" pour en profiter.Arrêtons les subventions.
Les artistes qui pourront exister seront ceux que le public reconnaitra.
Et ceux qui ne seront pas reconnus devront continuer même si ils ont faim.(la sélection devient claire)
Céer doit etre une nécéssité vitale.
*Et vous avez oublié la cerise sur le gateau:
Les fils de...qui eux pour le coup ont du talent par" transmission "génétique!
Trop fort!
Le népotisme régne d'une maniére indécente.

12. 29/10/2010 15:31 - Nach Mavidou

Nach MavidouJe suis substantiellement en plein accord avec cet article. Le système éducatif et culturel actuel valorise excessivement la réalisation de soi sur le plan de l'art au détriment du plan du labeur. Or, le talent est un don rare. L'existence de larges pans d'art subventionné encourage mécaniquement ces vocations inutiles et pèse aussi sur la création en tant que telle. La francomanie du langage pèse aussi, à mon sens. Combien d'egos sans talents se sont ainsi égarés ?

C'est l'une des raisons pour lesquelles je m'intéresse nettement mieux à des domaines artistiques indépendants : les artistes sont des passionnés qui galèrent avec un travail ou de gros sacrifices acceptés pour créer quelque chose qui n'aura jamais la bénédiction du ministère de la Culture. Ce qui n'empêche que même dans ce champ qui demeure néanmoins très vaste, il y ait aussi beaucoup de déchet.

13. 30/10/2010 08:50 - Nyarlathotep

NyarlathotepExcellente autocritique. L'art est une sottise disait machin.

14. 30/10/2010 09:47 - Lepol

LepolTout cela ne tient pas, petit débat d'arrière garde !

15. 30/10/2010 22:44 - moupetû

moupetûSinon, TitOeuf, tu roules en quoi ? 206 cc ?
Hein ma chérie ?
Et "Nejma" mon Légionnaire !

Internet n'existait pas qu'on y avait déjà réfléchi..

16. 01/11/2010 15:06 - Poucet

PoucetKeep cool...
@Kim (8). Je n'ai jamais prétendu que les artistes étaient mauvais, du moins pas tous! Où voyez-vous cela? Je cite également des vidéastes, des installateurs, dont l'expo était par ailleurs excellente, même si effrayante. La liste aurait pu être allongée, mais je ne claque pas de thèse de 3ème cycle non plus. Enfin, je suis persuadé qu'il existe une analogie entre les deux acteurs que vous présentez. Mais cela reste une simple analogie due à "l'esprit" de leurs travaux, la philosophie des réalisations. Maintenant, entre un ingénieur et un OS dans le bâtiment, c'est vrai qu'il y a un bout de chemin que je ne prendrai pas.
Puis:
"J'ai vraiment du mal a croire qu'il y ait une similitude entre un peintre francais super-subventione par l'Etat et jouant de sa rebellitudde et un peintre arborigene australien dans le bush vivant de ses toiles vendus dans quelques gallerie a Sydney." = Moi non plus.
Enfin, la thèse d'Ayn Rand, je la trouve bien pâle à côté de celle de Bell, qui selon moi aura raison, dans des délais que je ne me hasarderai pas à pronostiquer.

17. 01/11/2010 15:11 - Poucet

PoucetKeep cool, Pierre...
@TitOeuf: Oui je parle d'une illusion, plus précisément ce que Foucault nomme un "discours" social. Et que vous le vouliez ou nom, ce discours est le réel, puisque le réel décrit, dit, mis en mot. Je vous renvoie sur ce point à Austeen.

Enfin, oui, vous avez tout à fait raison pour Arendt avec un H. Elle évoque "la banalité du mal", que je retranscris assez librement il est vrai, en banalité du fascisme. Mon propos me semble suffisamment clair sur ce point. C'est une réappropriation personnelle de cette "maxime" si vous préférez.

18. 01/11/2010 15:16 - Poucet

Poucet@ Valérie Béton: ça, c'est un mythe, ma chère dame de fer. La paradoxe du dandy réside dans sa volonté de s'élever au dessus de son époque tout en en faisant tragiquement partie. Il est là sans être là, il n'est qu'illusion. Là dessus, plein d'auteurs, Murger, Heinich, etc., et surtout Brummel.

19. 02/11/2010 07:18 - Roméo Joan

Roméo JoanBrummel. George Brummel savamment décrit par Jules Barbey d'Aurevilly. Lui aussi dandy.

20. 07/11/2010 19:17 - Val Béton

Val BétonEt que faites-vous du dandy spinoziste, conscient de l'impossibilité de constituer un empire dans un empire ?

21. 09/11/2010 21:04 - romsteak

romsteakévidemment que je suis un robot : 741780.
Petit débat "ménopauses métaphysiques"
Arrière!
Poucet, tu parles de quel art? Parlez d'artistes Monseigneur... Allez je ne résiste pas au plaisir de vous en citer quelques-uns : Beuys, Massurich et Goldsworthy (voilà c'est fait) qui ne couverture (on n'est pas à une faute près) pas Le Monde, les Inrocks ou encore Arté France Culture. Je remarque que la bonne vieille théorie du complot franchouillarde fonctionne encore assez bien par ici. Je n'aime pas la guerre, ni la faim dans le monde, je hais la famine, sachez-le.
"Vivre c'est perdre du terrain" (mes 24 lettres favorites, dans cet ordre, de la semaine) disait machin
Pierrot je te renvoie à Ariane Chebel d'Appollonia
Cordialement
Romain Deneuville (c'est un fake)

22. 11/11/2010 11:15 - Méléagre

Méléagre"lorsque je sors dans la rue iPod sur les oreilles" t'es déjà un connard à pendre à un croc de boucher. T'es déjà mort, mec.

23. 22/11/2010 03:53 - babydrone

babydroneComme d'habitude, Poucet vise et tire PLEINE "TÊTE".
L'artiste contemporain/facebooké est le sursinge terminal dont parlait Nietszche.

suicide them all

24. 22/11/2010 04:01 - babydrone

babydroneau cadavre momifié par texto, juste à l'étage 22 : tu as l'air de t'y connaître en systèmes de désalphabétisation express, tu utilises quoi somme logiciel d'auto-lobotomie ?
On m'a dit que vous parveniez à émettre quelques signaux SMS, y compris après putréfaction générale, pourrais tu en profiter pour me livrer le modèle exact du IPuD Uku que tu utilises ?

25. 30/12/2010 20:50 - Yep

YepVraiment excellent! Le ring à son meilleur

Ring 2012
Dernière réaction

Tant qu'on sera capable d'un certain jugement et que le mot "imposteur" aura un sens, ça devrait aller. Les fondamentaux pour être "artiste" ou même artisan honnête sont relativement inflexibles...

J.27/10/2010 19:05 J.
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