Sur le RING

Lettre ouverte à Wajdi Mouawad

SURLERING.COM - CULTURISME - par Simon Laperrière - le 21/11/2010 - 7 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

Pendant ce temps au Québec, le louangé homme de théâtre Wajdi Mouawad, auteur actuellement « dans le vent » suite à la sortie en salles de l’adaptation cinématographique de sa pièce Incendies, déniche un poste de chroniqueur entre les pages du quotidien Le Devoir. Son premier article aura au moins le mérite d’en faire réagir plus d’un au cœur de la Belle Province. En empruntant un ton à la violence douteuse, Mouawad profite de sa nouvelle tribune pour régler ses comptes envers les libraires, les intellectuels et les institutions culturelles locales. Si l’auteur voulait  jouer dans la catégorie réactionnaire et créer la polémique, il a réussi haut la main. Mais en y regardant de plus près, on découvre que derrière toute cette rage se dissimule des propos aussi confus que contradictoires, sur la culture et la littérature, et une série d'erreurs de débutant. De la provocation gratuite, tout simplement. En plein dans le genre qu’habituellement on ignore, parce que l’on a mieux à faire. Mais puisque Mouawad bègue désespérément pour gagner de la visibilité, nous allons lui accorder ce petit plaisir. La bêtise est un mal outre-atlantique qui doit être dénoncé, surtout lorsqu’elle est publiée dans un journal qui se veut respectable. Alors c'est depuis la France que je vais vous parler. Wajdi Mouawad, bienvenue sur le Ring.


Cher Wajdi Mouawad,

C’est à titre « d’estie d’intellectuel » que je m’adresse à vous. À reculons, dois-je préciser. Je ne suis pas naïf et sais très bien que réagir à votre chronique publiée la semaine dernière dans Le Devoir viendra vous donner raison. Vous serez alors en droit de vous féliciter d’avoir touché une corde sensible en exposant un problème culturel véritable que l’élite québécoise dissimule sournoisement pour ne pas mettre en jeu leur carrière respective. « Si l’on savait, si l’on savait ! », affirme Tchekhov que vous citez en guise de conclusion à votre texte incendiaire. Il aurait donc été préférable de me taire, un moyen efficace pour mettre définitivement terme au débat que vous lancez à vos lecteurs. Mais il est de mon devoir de prendre la parole. D’abord, parce qu’un silence de la part de vos opposants vous sera aussi profitable qu’une critique, peut-être même plus. Une absence de contre-attaque signifierait que l’on vous craint, que l’on n’ose pas se mettre en conflit avec vous puisque la bataille est perdue à l’avance. Évidemment, c’est faux. Vous n’impressionnez personne M. Mouawad, pas même vos défenseurs qui, même s’ils vous féliciteront de dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas, devront néanmoins admettre que vous n’apportez rien de neuf à un discours archaïque. Ensuite et surtout, parce que les « esties d’intellectuels » ont la responsabilité envers leur société de mettre les pendules à l’heure lorsque nécessaire. Ils ne jouent pas le rôle de dictateur de la pensée, comme vous le laissez sous-entendre, mais celui de guide à ceux qui daignent les écouter. Ainsi, si j’ai pris la décision de prendre la parole, c’est d’abord et avant tout pour vos lecteurs que vous induisez en erreur lorsque vous adoptez une posture autoritaire sur un sujet dont vous ignorez visiblement tout.

Culture

En se fiant à la première partie de votre chronique, la culture consiste en une construction faite à partir d’une accumulation de livres, mais également du matériel promotionnel qui les accompagne, ce qui inclut prix, palmarès, critiques et publicité. Voilà donc le problème principal de votre argumentation. Ce que vous désignez comme « culture » est en fait l’industrie culturelle et il s’agit d’une grave erreur que d’affirmer que les deux ne font qu’un. Évidemment, le second dépend du premier. Pas de librairie sans livre, règles du marché l’obligent. Mais le lien entre la culture et son industrie s’avère univoque. La culture est ce qui survit aux modes, résiste aux prix et qui se bâtit par elle-même. Je vous cite un exemple fort simple. Depuis que Michel Houellebecq a remporté le Goncourt pour La carte et le territoire, plusieurs critiques littéraires ont profité de l’occasion pour revenir sur le cas Céline. En 1932, l’écrivain français est en lice pour le prestigieux prix avec Voyage au bout de la nuit, mais celui-ci tombera finalement entre les mains de Guy Mazeline. Son roman, Les loups, ne résistera pas au passage du temps, malgré ces lauriers. Aujourd’hui, plus personne ne lit Mazeline et je vous lance comme défi de trouver une copie de son ouvrage en magasin. Tant qu’à Céline, inutile de vous rappeler le statut qu’il occupe aujourd’hui. Les prix ne sont pas garants de postérités, tout comme les succès publics et critiques et ce, qu’importe la machine promotionnelle qui soutient les oeuvres. L’industrie culturelle est de nature éphémère, elle crée des événements en suivant une logique du profit, mais la culture, une construction humaine plutôt que mercantile, se charge du panthéon, celui-ci étant également vouée à changer au travers des siècles. Incendies de Denis Villeneuve, par exemple, a actuellement le vent dans les voiles, est applaudis partout et est déjà encensé comme chef-d’œuvre, mais seul le temps nous dira s’il ne s’agit pas en fait d’un simple feu de paille. Vous me rétorqueriez  avec raison que la popularité de Shakespeare à son époque a eu un impact immense sur sa notoriété actuelle, mais qu’en est-il de son contemporain John Fletcher, dramaturge également à succès errant aujourd’hui dans les notes de bas de page ? Que vous n’êtes pas conscient de ce phénomène évident est d’une curiosité aberrante. J’ajouterai également que vous donnez l’impression de vous plaindre la bouche pleine alors qu’actuellement, vous profitez pleinement de l’aura que vous apporte l’industrie culturelle. Tel que mentionné plus haut, Incendies est l’événement cinématographique de l’heure. Ce succès a une répercussion importante sur la vente de vos œuvres en librairie qui ont eu droit à de nouveaux tirages. Plusieurs ont vu l’adaptation de Villeneuve tout simplement parce que c’était à ne pas manquer et parmi eux se trouvent les spectateurs de vos pièces à venir. Votre œuvre vient donc, pour reprendre vos propres termes, s’instaurer comme culture. En suivant votre logique, il faudrait la fuir.

De toute la manière, échapper à la culture demeure en soit impossible. Dès notre naissance, elle nous habite et participe à la formation de notre moi respectif et collectif. Il s’avère cependant possible de réagir à elle en, comme vous le proposez, refuser de lire un classique uniquement parce qu’il en est un ou de ne rien lire du tout. Cela n’empêchera cependant pas la culture d’exister, d’émaner de nos choix et tranquillement, de se les approprier puisqu’elle se moule à partir de nos mouvements à travers elle.

Littérature

Votre définition de la littérature s’avère également curieuse. Lorsque vous affirmez que « […] la littérature est un livre. Un seul. Toujours. Jamais deux. Même quand on en lit deux, il faut bien poser l’un pour ouvrir l’autre. », cela viendrait à dire que la littérature n’existe qu’au moment de la lecture. Une fois ma copie de Ciels déposée sur ma table de chevet, elle redevient objet alors qu’il n’y avait que quelques instants, elle était art. Cette conception métaphysique, bien qu’intéressante, m’apparaît fausse. Un lecteur n’est pas un magnétoscope qui, une fois la cassette éjectée de son corps, ne conserve aucune trace du film qu’il a diffusé sur le téléviseur. D’autres « esties d’intellectuels » l’ont démontré avant moi, la littérature reste en nous longtemps après la lecture. Tout comme la culture, un individu demeure marqué par les textes qu’il a croisés lors de son parcours. C’est l’un des moyens permettant justement à la littérature de survivre en-dehors des livres. Rappelez-vous des hommes-romans chez Bradbury. Vous signalez d’ailleurs cette réalité en mentionnant les noms de Sophocle, Montaigne et Kafka, puis, en guise de conclusion, en citant des passages d’œuvres vous ayant marquées. Votre relation avec la littérature, tout comme la mienne, transparaît alors dans nos écrits.

D’ailleurs, la présence de ces citations en fin de texte est problématique. Alors que vous invitez les lecteurs à ne pas lire les classiques établis uniquement à cause de ce statut, vous vous armez de références à eux pour soutenir votre argumentation. Vous me direz que vous avez lu ces œuvres sans tenir compte de l’aura sacrée qui les entoure, mais vous savez aussi bien que moi que l’on ne cite pas Shakespeare, Tchekhov et la Bible innocemment, qu’ils imposent une indéniable autorité à cause de leur stature canonique. J’admets qu’apprécier un livre uniquement parce qu’il s’agit d’un classique est une erreur. Rabelais m’ennuie, par exemple. Cela dit, je ne peux pas renier qu’il s’agit d’un outil précieux pour saisir la pensée d’une époque et, par analogie, de nos origines. Il y a une raison pourquoi on qualifie ces livres d’œuvres phares : ils nous éclairent. Sur notre passé, mais aussi le monde dans lequel on vit. Comme l’explique Philippe Sollers : « Ainsi : j’ouvre Homère, Shakespeare, Molière, Pascal, et le réel, le réel d’aujourd’hui même se découvre sur un autre aspect. (1)»

En ce qui concerne la problématique du « tout lu », il ne s’agit pas tant d’une dictature que d’une réalité à laquelle se frappent même les lecteurs les plus voraces. Pierre Bayard (2) l’a magistralement démontré bien avant vous grâce à Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ?, brillant essai sur la non-lecture. On pourrait croire qu’il rejoint votre pensée lorsqu’il pose cette question :

« Comment ne pas se dire, face au nombre incalculable de livres publiés, que toute entreprise de lecture, même multipliée sur l’ensemble d’une vie, est parfaitement vaine au regard de tous les livres qui demeureront à jamais ignorés ? (3)»


Mais en fait, Bayard démontre que le projet même d’une dictature du « tout lu » n’a pas lieu d’être puisque son projet ne peut jamais être mené à bout. Pareille entreprise, même pour un individu semblable à l’Autodidacte de La Nausée qui lit la totalité des ouvrages d’une bibliothèque en suivant leur ordre alphabétique, est impossible. Il serait donc bête de générer la crainte chez, ironiquement, vos lecteurs à propos d’un mal inexistant. À la place, ils gagneraient beaucoup à se référer à Bayard qui leurs démontrera qu’il n’y a pas honte à ne pas lire certains classiques et qu’il est possible de se repérer parmi tous les ouvrages jamais parcourus. De plus, Bayard explique, comme vous, qu’il est certes possible de devenir un non-lecteur intégral. Cependant, il approfondit sa théorie pour démontrer que cela n’empêchera pas cette personne de connaître les livres et d’avoir une opinion valable sur eux. Il n’échappera donc pas à la littérature, même s’il n’a jamais tourné la moindre page.

Triste nouvelle dans votre cas. Car en vérité, votre invitation à la non-lecture n’est pas la même que celle proposée par Bayard, qui ne renie d’ailleurs pas complètement la lecture elle-même. Elle permet plutôt de cacher vos origines. Ce sera néanmoins peine perdue. Le non-lecteur intégral conceptualisé par Bayard sera néanmoins capable de vous dévoiler sous votre visage de plagiste.

Quand le boa s’étouffe avec sa queue


La personne qui profite le plus de votre projet de fuite de la dictature du « tout lu » n’est pas vos destinateurs, M. Mouawad, mais vous. Bien sûr, si vos lecteurs cessent de se lamenter devant la quantité écrasante de livres pour finalement n’en lire qu’un seul, il y a moins de chance à ce qu’ils découvrent vos sources. Sources que vous vous appropriez dans votre petite chronique en ne leur apportant aucun réel changement. Ce que vous énoncez n’a rien d’original, tout comme la violence qui se dégage de votre style.

Artaud n’a pas lu Mouawad.

Mais vous oui.

Ce qui explique pourquoi vous plagiez les grandes thèses du manifeste Le théâtre et son double. Peut-être l’avez-vous fait inconsciemment, ce qui confirme que la littérature reste en nous une fois le livre refermé. Je suis prêt cependant à vous pardonner puisque, comme le propose encore une fois Sollers : « Notre prétendue originalité ou authenticité n’est rien d’autre qu’une exagération narcissique.» (4)

Ainsi, vous désirez devenir le nouvel Artaud en étant réactionnaire à la culture et en finir avec les chefs-d’oeuvre ? Pourquoi alors ne pas mettre en branle son projet du théâtre de la cruauté ? Votre ambition, après tout, de faire un théâtre qui énerve suit la logique " […] d’un théâtre grave, qui, bousculant toutes nos représentations, nous insuffle le magnétisme ardent des images et agit finalement sur nous à l’instar d’une thérapeutique de l’âme dont le passage ne se laissera pas oublier" (5). Voilà en plein le type de spectacle qui énervera les récalcitrants que vous vous plaisez tant à énumérer. Je vous invite même à concrétiser ce projet sans le soutien des institutions financières. Vous vous verriez par la suite complètement libéré de l’impitoyable administration de l’industrie culturelle et de ses injustices. Enfin, vous allez pouvoir créer sans vous soucier si votre projet aura ou non un financement du Conseil des Arts du Québec.

Votre chronique n’est pas votre première montée de lait contre le monde entier.


Si vous me permettez M. Mouawad, je crois que bien que c’est ici où je touche à la corde sensible. Soyez franc, mais qui êtes-vous pour critiquer les institutions culturelles alors qu’elles vous soutiennent depuis déjà plusieurs années ? Après tout, il suffit d’ouvrir un exemplaire de votre pièce Incendies publiée chez Babel pour découvrir, dès les premières pages, l’arsenal impressionnant de subventions qui vous appuie. Et si vous avez le luxe de les dénoncer, c’est parce que votre notoriété vous assure un financement constant. Ne venez pas jouer le rôle de l’artiste de la faim alors que nos institutions seront toujours présentes pour vous soutenir. Contrairement à une vague importante de cinéastes québécois indépendants, vous n’avez pas eu à payer de votre poche la production de Littoral, votre premier long métrage. En plus d’être un plagiste, vous êtes également un hypocrite. Traiter vos collègues de macaques autant que vous voulez, vous faites partie du même troupeau.

À la lumière de cette vérité, il devient de plus en plus difficile de vous prendre au sérieux. Tout comme lorsque vous inventez un scénario où un individu menace du revolver un libraire. Il y a effectivement là un paradoxe. De la part d’un artiste dont l’ensemble de l’œuvre dénonce la violence au Moyen-Orient, on ne peut être surpris lorsque vous invitez, même métaphoriquement, vos lecteurs à prendre les armes pour agresser un vendeur de livres.

Il faut vous rendre à l’évidence, vous êtes beaucoup plus conformiste que vous ne le laissez présager. Le simple fait d’avoir désormais une chronique le confirme. Vous voilà désormais parmi ces artistes québécois dont la simple notoriété suffit pour justifier l’obtention d’une plateforme d’expression dans les médias de masse. En bon élève de Pierre Foglia et Nelly Arcan, vous répondez également aux critères de la chronique idéale. Vous abordez des sujets chauds auxquels votre lectorat peut aisément s’identifier, mais vous les présentez  comme des problèmes auxquels vous flanquez sur le champ une solution. Il y a trop de livres ? N’en lisez qu’un. Impossible de savoir quelle formule vous a mené à pareil résultat, vous préférez plutôt la dissimuler. Avoir accès à votre équation pourrait s’avérer nocif, elle mènerait votre lecteur à se former une opinion autour des forces et des faiblesses de votre pensée. À la place, vous lui offrez tout cuit dans le bec, vous réfléchissez à sa place, comme le fait votre conception orwellienne de la « culture. » Il vous amuse de vous référer à la psychanalyse pour décrire le collectionneur modèle prisonnier de son stade anal. Il devient alors invitant d’employer la même doctrine pour voir en votre portrait des dictateurs une projection sur un objet externe d’une facette refoulée de votre inconscient.

Wajdi Mouawad, vous demeurez néanmoins tout à fait admirable. Vous avez compris que pour maintenir l’attention, il suffit de parler plus fort que les autres, de « shaker la baraque » comme nous disons au Québec. Votre chronique n’est pas votre première montée de lait contre le monde entier. Personne n’a oublié votre colère immense envers les publicités du Théâtre du Nouveau Monde. Et vous continuerez à le faire, la provocation gratuite et volontaire étant tellement profitable à l’artiste engagé. Si jamais vous rencontrez d’autres « esties d’intellectuels » comme moi sur votre route, il vous sera toujours possible de les taire à coups d’insultes Vous êtes au bout du compte l’avenir de la polémique.

Vous êtes sublime.

Simon Laperrière
Programmateur du Festival Fantasia, premier festival de films de genre d'Amérique du Nord.

1  SOLLERS, Philippe, « Calvino lecteur », in Italo CALVINO, Pourquoi lire les classiques, Paris, Éditions du Seuil, 1995, p. III.
2  D’ailleurs, Bayard , grâce à son avant-dernier essai intitulé Le plagat par anticipation, serait probablement apte à vous démontrer que vous vous trompez et que Sophocle a lu Shakespeare.
3  BAYARD, Pierre, Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ?, Paris, Minuit, 2007, p. 23.
4  Ibid.
5  ARTAUD, Antonin, Le Théâtre et son double (1938), Paris, Gallimard, 1964, p. 132.



Toutes les réactions (7)

1. 22/11/2010 03:23 - Blaise Pascal

Blaise PascalAuto-impressionné, la bouche pleine, narcissique et insatisfait. De la mystique à la politique... du théâtre au Devoir... toujours le même saut, la même Chute, à défaut d'humilité.

Amour-propre quand tu nous tiens !

2. 22/11/2010 16:27 - Sonia

SoniaIl faut du courage pour s'en oser dénoncer l'Obama du théatre Québecois, bravo !

3. 22/11/2010 19:36 - Jean-Philippe

Jean-PhilippeIl faut, je crois, comprendre l'essence d'un texte avant de s'engager dans une abominable perte de temps (autant pour l'écrivant - qui doit ressortir tous les livres qu'on lui a enseignés dans son cours de corpus étranger et les citer tour à tour - et pour le lecteur qui, comme moi, ne peut s'empêcher de basculer la tête de droite à gauche, ralentissant ainsi son débit de lecture). L'idée étant que l'argumentation de ce texte, s'il en est une, semble dénoncer avec application la différence entre une plante et un humain: la capacité de discerner les différents niveaux de sens d'un discours externe.

La rubrique name dropping de cette suite de mots est particulièrement savoureuse, m'ayant même permis d'esquisser, malgré mon imposture - qui est, sachons-le, tout autre que celle d'un individu ensecté par son admiration pour l'auteur attaqué -, un sourire, et les balancements de tête, encore. Une amie, je ne me rappelle plus qui, m'a un jour lancé cette sage expression: de la culture, moins tu en as, plus tu l'étends. C'est comme de la marmelade, disait-elle. Ça vaut ce que ça vaut, j'imagine.

J'espère, et c'est un souhait général, que peu de bovaristes auront la malchance de s'empêtrer dans cette éloge de soi et, qu'au lieu, auront le plaisir de s'asseoir dans un lieu confortable avec un livre, UN, qui leur permettra de réellement vivre, pendant un moment.

Un salut cordial, tout de même, parce que c'est une formule de politesse. Si ce n'est pas de la culture, ça!

4. 22/11/2010 20:19 - Rose-Aimée

Rose-AiméePar ailleurs, je crois qu'il est important de préciser que Wajdi Mouawad n'occupe pas un poste de chroniqueur. Il a simplement participé à la rédaction du "Devoir des écrivains", une (1) parution spéciale du journal Le Devoir.

5. 22/11/2010 20:50 - Catherine

CatherineMalheureusement, il semble que le texte de Mouawad n'a pas su être correctement déchiffré par le rédacteur de cette lettre, ce qui est triste, car on sent (malgré ma propension à être une optimiste un peu bête parfois, je l'avoue) qu'il pourrait écrire de très bons textes.... universitaires. Cependant l'argumentaire ici démontre de manière indéniable qu'il n'a pas su saisir l'essence saupoudrée d'un second degré flagrant des propos de Mouawad. Nul besoin d'être un fan fini du style de l'auteur d'Incendie (et de quoi d'autre déjà M. Laperrière? Car il semble que votre connaissance du dramaturge soit assez limitée) pour comprendre son texte : seulement quelques habiletés primaires en compréhension de texte.

Dommage! De toute façon, quand à la première phrase on s'auto-proclame intellectuel, une odeur nauséabonde de jeune mégalomane s'en émane et vient altérer quelque peu le crédit que l'on souhaite se voir accorder.

Sans rancune.

6. 24/11/2010 17:04 - Igntius

IgntiusWooo les moteurs :

- Mouawad DÉFEND les "estis d'intellecutels". Il l'écrit clairement.

- Il s'attaque plutôt à ceux qui consomment sans apprécier. Bref, ceux qui tablettent des briquent de papier sans prendre le temps de lire et de comprendre ce qu'elles contiennent. Au libraire, il dit :"Ne me vendez pas un prix littéraire; vendez-moi une oeuvre que je vais apprécier".

- Votre texte est bourré de fautes : "Tant qu’à" au lieu de "Quant à" ou encore "prix ne sont pas garants de postérités"... postérité au pluriel?

7. 26/11/2010 11:02 - thierry bruno

thierry brunoje suis allé lire l'article du dénommé Mouawad. Bof, mille fois bof!!! C'est extrêmement convenu, conformiste. Ce monsieur doit croire que l'usage de quelques grossièretés, c'est le style. Autrement dit, ça en manque singulièrement, de style. Sa fable sur le libraire est d'une stupidité affligeante et il fonde tout son argumentaire sur des archétypes ridicules. Croit-il que tous les gens qui rentrent dans une librairie se ruent sur les livres "recommandés" ? Je m'amuse à lire les recommandations pour relever les faute de français et à tous les coups, ça marche. Mais quand je rentre dans une librairie, c'est soit parce que je sais ce que je veux acheter (et je m'adresse alors au libraire seulement si je ne trouve pas l'ouvrage en question), soit je viens "m'y promener" et je ne demande rien à personne. Je n'attends pas du libraire qu'il me conseille, il n'est qu'un commerçant et le livre n'est une marchandise qu'au moment de la transaction; ensuite il devient toute autre chose, sur laquelle il est vain de disserter pendant des heures quand on est amoureux de littérature et que nous n'avons pas le talent de ces auteurs qui nous enrichissent l'âme et l'esprit.
Ce monsieur Mouawad me semble être un petit fonctionnaire appointé des "lettres" (sans majuscule) du microcosme québécois. Amis québécois, croyez en ma profonde sympathie mais rassurez-vous, ici en France, nous subissons le microcosme parisien qui doit être le pire de la planète.
Il y a même un médiocre littérateur sur RING qui est allé écrire que Bernanos était "un planqué", c'est vous dire.

Ring 2012
Simon Laperrière par Simon Laperrière

Programmateur Festival Fantasia, premier festival de genre d'Amérique du Nord.

Dernière réaction

Auto-impressionné, la bouche pleine, narcissique et insatisfait. De la mystique à la politique... du théâtre au Devoir... toujours le même saut, la même Chute, à défaut...

Blaise Pascal22/11/2010 03:23 Blaise Pascal
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