Les 16 coups de L'Etrange FestivalSURLERING.COM - CULTURISME - par Mathieu Bollon - le 13/09/2010 - 2 réactions -
Du 3 au 12 septembre a eu lieu, au Forum des Images à Paris, un festival d'un genre particulier, très éloigné du conformisme des festivals subventionnés. Il s'agit bien sûr de l'Etrange Festival, qui propose depuis 16 ans au public un cinéma décalé, voire même déviant. C'est pourtant à l'occasion de cet événement que l'on peut découvrir d'inestimables pépites du cinéma bis et même du cinéma en général. Créé en 1993, il a eu la possibilité de se délocaliser en province, notamment à Strasbourg depuis 1995 et à Caen, Lyon et Nantes depuis quelques années. Redonnant ses lettres de noblesse aux films de genre et attirant une foule de cinéphiles en quête de sensations fortes, l'Etrange Festival a proposé cette année, comme tous les ans, des hommages, de nombreuses avant-premières et des cartes blanches à des réalisateurs. Etaient notamment au programme de l'édition 2010 des hommages à Tobe Hooper, le génial réalisateur de « Massacre à la tronçonneuse », Jean Pierre Kalfon et Mimsy Farmer, des cartes blanches au cinéaste danois Nicolas Winding Refn, à qui l'on doit notamment la trilogie « Pusher » et plus récemment « Le guerrier silencieux » et à Alejandro Jodorowski ainsi que de nombreuses avant-premières. Sexe, meurtre, angoisse et onirisme étaient les maîtres mots du festival cette année.N'étant à mon grand regret pas doté du don d'ubiquité, je n'ai hélas pas pu déguster l'ensemble de la programmation du festival. J'ai néanmoins pu voir un certain nombre d'OVNI cinématographiques tous aussi fascinants les uns que les autres. Armé d'une accréditation et avide d'orgie cinéphilique, j'ai ainsi pu assouvir mon goût pour le cinéma de l'Etrange en toute insouciance. Dans le registre des documentaires musicaux, j'ai fait deux découvertes de taille : Tout d'abord, j'ai eu l'occasion de voir en avant-première le dernier film de Julien Temple, « Oil city confidential », consacré à l'histoire du groupe proto-punk britannique des années 70-80 Dr Feelgood, qui sévit toujours. C'est ensuite le documentaire « Lemmy » de Greg Olivier et Wes Orshovski consacré à la vie de Lemmy Kilmister (Ian Fraiser Kilmister de son vrai nom), à savoir le membre fondateur de Motörhead qui fit ses débuts comme roadie de Jimmy Hendrix puis au sein du groupe de space rock Hawkwind, qui m'a littéralement émerveillé. En matière de biopic, j'ai fait la découverte du film « The Runaways » de Floria Sigismondi qui se penche sur la carrière du groupe de rock féminin du même nom, fondé à Los Angeles par une future star du nom de Joan Jett. Pour continuer sur ce même registre, « Warriors of chaos » est un docu-fiction consacré aux affrontements entre policiers, punks et skinheads fascistes qui ont marqué les « chaostage », une série de concerts punk qui avaient eu lieu à Hannovre en Allemagne, en 1994 et 1995. Comme la force de l'Etrange Festival est de proposer, à côté de films outranciers, des oeuvres plus pudiques voire contemplatives, l'un des films m'ayant le plus intrigué dans cette programmation fut « Une étrange affaire », un drame de Pierre Granier-Deferre de 1981 avec notamment au casting Michel Piccoli, Gérard Lanvin et Nathalie Baye. Projeté dans le cadre de l'hommage à Jean Pierre Kalfon, il s'agit d'une fable très efficace sur le pouvoir. Narrant l'histoire d'un jeune publicitaire, interprété par Gérard Lanvin, qui voit son nouvel employeur s'immiscer de façon insidieuse dans sa vie privée, « Une étrange affaire » est même qualifié par Serge Kalfon de « film de vampire », au sens figuré du terme bien sûr. Une autre sensation du festival a été le premier film rarissime de Tobe Hooper, qu'il réalisa en 1969 pour le modeste budget de 100 000 dollars. Frôlant le cinéma expérimental et préfigurant d'une certaine manière « Massacre à la tronçonneuse », il s'agit d'une véritable curiosité, que son auteur qualifie de « film hippie » puisqu'il aborde notamment des thèmes comme le sexe, la drogue, la politique ou la guerre du Vietnam. Au chapitre des avant-premières, j'ai pu découvrir le film d'horreur français « Proie » d'Antoine Blossier, un thriller efficace qui fait la jonction entre le « survival », genre très à la mode aux Etats Unis, et la tragédie familiale. De même, « Le dernier exorcisme » de Daniel Stamm, produit par Eli Roth (réalisateur d'Hostel 1&2), m'a définitivement convaincu en traitant du vieux thème de l'exorcisme sous la forme du faux documentaire à la manière du « Projet Blair Witch » (1999) ou plus récemment de « Rec » (2007 » ou « Paranormal activity » (2009). Dans le registre des films de zombies, la dernière production de George A. Romero, « Survival of the dead » m'a séduit, notamment en raison des innombrables clins d'oeils à l'univers du western qui donne son originalité à ce film. L'Etrange Festival est aussi l'occasion de découvrir le cinéma de genre de pays exotiques. A ce propos, le film mexicain « Nous sommes ce que nous sommes » de Jorge Michel Grau narre, sous la forme d'un fable politique, l'histoire d'une famille de cannibales, condamnée à rester au ban de la société. Dans un autre genre, le thriller coréen « No mercy » de Kim Hyeong-Jun, projeté dan le cadre de la carte blanche à Alejandro Jodorowski, s'inscrit dans la lignée des films comme « Old Boy » de Park Chan-Wook, « Memories of murder » de Bong Joan-Ho ou « The chaser » d'Hong-jin Na. Par ailleurs, la palme de l'originalité pourrait être décernée à « Buried », un thriller espagnol de Rodrigo Cortez qui surprend par son pitch minialiste. En effet, ce long-métrage raconte l'histoire d'un civil américain sous contrat qui, après avoir été capturé par des irakiens, se retrouve enfermé dans un cercueil de bois enseveli sous la surface de la terre avec pour seul espoir de survie un téléphone portable lui permettant de joindre l'extérieur. Enfin, « Les sept jours du Talion » de Daniel Grou est une nouvelle adaptation sans concession d'un roman de l'écrivain québécois Patrick Sénécal qui raconte l'histoire d'une vengeance personnelle. Force est de constater que les films qui font le plus parler d'eux sont notamment ceux qui ont un parfum de scandale. C'est le cas du long-métrage de Srdjan Spasojevic, « A serbian film » (1), interdit aux mosn de 18 ans, qui explore l'univers des snuff movies. Dans ce film, Milos, un acteur porno à la retraite, fait la rencontre d'un producteur de films pornographiques. En acceptant de remettre un pied dans le métier, Milos va se retrouvé entrainé dans un spirale d'ultra-violence. Pour ne rien arranger au scandale qu'il suscite, il se trouve que ce film a été co-produit par le gouvernement serbe ! De même, la « Nuit vampires » fut pour moi l'occasion de voir en avant-première le film qui est annoncé par certains comme le « Rocky Horror picture show » du 21ème siècle, à savoir « Suck » de Rob Stefaniuk dans lequel les membres d'un groupe de rock qui peine à se faire connaître décident de devenir vampires afin d'accéder au star-system. Un des atouts majuers du film est de compter dans son générique des stars comme Malcom Mac Dowell, Alice Cooper, Henri Rollins ou Iggy Pop. Au même régistre, « Vampires » de Vincent Lannoo, sorti récemment sur les écrans, est une comédie belge décalée traite le thème du vampire sous la forme d'un faux reportage de télévision en s'inspirant du concept de « C'est arrivé près de chez vous ». L'Etrange Festival s'est aussi fait une spécialité d'exhumer des chefs d'oeuvre oubliés du cinéma de genre. On peut citer à ce titre « Fondu au noir » (1980) de Vernon Zimmerman, traitant d'une cinéphilie déviante menant jusqu'au meurtre et dans lequel on peut voir un Mickey Rourke en début de carrière, ou encore « Le manuel d'un jeune empoisonneur » (1995) de Benjamin Ross, inspiré d'un fait divers, dans lequel on peut voir de nombreux clins d'oeil à « Orange mécanique ». Entre films d'horreurs, thrillers survoltés et curiosités cinématographiques en tous genres, l'Etrange Festival est devenu incontestablement le rendez-vous privilégié des cinéphiles anti-conformistes. Pour cette raison, on lui souhaite longue vie, en attendant avec impatience la prochaine édition. Mathieu Bollon 1 : http://rutube.ru/tracks/2301853.html?confirm=de199b46c32a5936908155dc495dfc8a&v=739309caeb03b7a2b9a30b3da953cf5b Toutes les réactions (2)1. 15/09/2010 05:24 - Crashtest
2. 15/09/2010 10:15 - Bardamu
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Lemmy, ce gars est une légende! J'ai vraiment hâte de voir le film en entier, je viens juste de regarder le trailer et ça a vraiment l'air de donner! ![]() Articles les plus lus
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