Le NPA "nique la France"SURLERING.COM - FRANCE - par Laurent Obertone - le 10/06/2010 - 14 réactions -
Pour ceux qui en douteraient, le NPA bouge encore. Dans l'indifférence générale, voilà que le parti anticapitaliste publie ses propres conclusions sur le "débat sur l'identité nationale". En reparlant de ce sujet presque aussi oublié que lui, le NPA montre à quel point il est difficile d'exister quand personne ne vous demande rien. Pourtant, cette dernière publication mérite que l'on s'y intéresse. D'abord, parce ce que la cryptozoologie intéresse tout le monde et qu'en 2010, il ne faut rater aucune occasion de se marrer. Attention, one man show.D'emblée, le texte nous rassure : pas question de bilan concernant "cette improbable" identité nationale. En revanche, le NPA prétend s'intéresser à la "signification d'un tel débat" et même de ses "effets sociaux". Le NPA commence par reposer les questions. "La question à se poser n’est pas « Qu’est-ce que la France ? », mais « Qu’est-ce, politiquement, que la France de 2010 ? » Non pas « Que sommes-nous ? », mais « Que sommes-nous devenus pour accepter d’être réduits à une nationalité ? » Non pas « Comment promouvoir la fierté d’être français ? » mais « Pourquoi faudrait-il être fier d’être français ? Qui veut qu’on le soit, et pour quoi faire ? »" Et le NPA répond sans ambages aux questions qu'il est le seul à se poser : "Il est en effet évident qu’il n’y a aucune raison d’être fier d’être français" Les raisons avancées par cette non-fierté affichée sont intéressantes : "Nous ne sommes pour rien dans cette nationalité dont nous ne faisons généralement qu’hériter". Le NPA soutient avec ferveur les gay pride. Les homosexuels n'ont-ils pas raison d'être fiers ? À moins que le parti considère que l'homosexualité est un choix auquel on peut quelque chose, il faudrait clarifier cette position. En outre, s'il est bien une fierté d'hériter mal placée, elle est de gauche. Combien de gens passent leur temps à se déclarer de gauche par "tradition familiale"? Songez à tous ces organismes génétiquement motivés qui battent le pavé dès que leur fierté mal placée les y pousse. La suite : "Pétain et Lacoste sont aussi français que Jean Moulin et Franz Fanon" ![]() Il faut donc bannir la fierté. Qui pourrait donc se proclamer un jour fier de ce qu'il est, sachant ce que d'autres humains sont ? De plus, Renaud Camus, fasciste notoire, est homosexuel. Donc il serait totalement déplacé de tirer de son homosexualité une quelconque fierté. "À côté d’innombrables œuvres produites par des Français existent aussi des guerres, des oppressions, des bassesses et des lâchetés tout aussi innombrables et tout aussi françaises" Stupeur au NPA : comment peut-on reconnaitre et même apprécier quelque chose d'à ce point empreint de réalité nauséabonde que l'Histoire française ? L'essentiel arrive, tout ça n'était que mise en bouche. Le NPA annonce cinq "contre-mots d'ordre issus du mouvement social et de la culture populaire". 1. Nous ne débattrons pas Mais hélas, ils ne se tairont pas non plus. Pas le genre. "Inacceptable, ce débat l’est d’abord parce qu’est inacceptable d’un point de vue démocratique le principe même d’un débat public imposé par l’autorité étatique" Imposé ? Le débat ou les baïonnettes ? On les pensait plus virulents, au NPA. S'ils prennent cette opération de com' relayée par les préfectures pour une insupportable oppression étatique, ils ne sauront plus quoi dire quand la vraie crise obligera les gouvernements à des méthodes autrement plus drastiques… "On vient nous dire de quoi nous devons débattre et ce que nous devons aimer !" En théorie, le libre-arbitre fait qu'on peut y échapper. Ce qui indispose sans doute autant le NPA que l'État. 2. Tous ensemble ! "Une autre raison de ne pas débattre est qu’il est inacceptable que soit imposé ce débat-là, alors que l’urgence sociale est à d’autres débats" Ici, on peut se demander si l'auteur du texte n'a pas été assassiné par une milice fasciste et remplacé dans le paragraphe suivant. Se contredire de façon tellement évidente n'est pas donné à tout le monde. C'est vrai, quoi ! Quelle arrogance, cet État, qui prétend nous dire de quoi débattre alors que nous sommes en train de dire de quoi il faut débattre. "La recherche d’une identité a pour fonction première d’évacuer la demande d’égalité" Nous y voilà. Il faut tout supprimer et tout interdire, parce que ça finira un jour ou l'autre par remettre en cause l'égalité. Vous savez, cette "demande d'égalité" d'une classe ouvrière qui est composée d'ouvriers… tous pareils. "Il s’agit, en produisant des affects d’amour (de la patrie) et de haine (de « l’étranger »), d’« unir ceux qui pourraient s’opposer » (les petits blancs exploités et leurs exploiteurs blancs) tout en « divisant ceux qui pourraient s’unir » (les exploités blancs et non-blancs, français et étrangers, musulmans et non-musulmans)". Tandis que le NPA est plutôt du genre à produire des affects d'amour (du sans-papiers) et de haine (de la patrie), par exemple en unissant ceux pourraient s'opposer (les petits blancs exploités et les non-blancs exploités) tout en divisant ceux qui pourraient s'unir (les exploiteurs… et les musulmans). Notons au passage la sémantique du discours : il n'y a bien que les blancs pour être frappés de petitesse. "La réponse adéquate à cette stratégie de diversion et de division est le classique Tous ensemble" Tous ensemble, comme l'émission de TF1, mais sans les exploiteurs ni les patriotes… dont l'absence finira bien par faire disparaitre les exploités et le NPA. Pour résumer, le NPA reprend le slogan de Sarkozy. Ça claque. Ceci explique peut-être les gestes d'encouragement adressés à Besancenot par ce même Sarkozy. Attention, encore plus fort, slogan suivant : 3. Nique la France ! "Ce slogan issu de la culture populaire n’a pas encore acquis ses lettres de noblesse politique. On peut le regretter, car il a le mérite incontestable d’affirmer de manière radicale l’attachement à un acquis démocratique essentiel : la liberté d’expression" Reprenez votre souffle. "Culture populaire". On sait bien que Besancenot prend avec assiduité des cours de culture des banlieues ("Inch'Allah la Révolution" candidate voilée, etc.), mais tout de même. Nique la France, une culture populaire… Le peuple concerné appréciera cette belle culture que l'on veut bien lui prêter. Donc, pour résumer, nique ta mère, nique ta race, nique la France, c'est une simple manifestation d'attachement à la liberté d'expression. Étions-nous bête ! Un simple "acquis démocratique" qui a été franchement écorné par quelques centaines de lois et amendements votés sous cette même démocratie (loi sur la liberté de la presse, Taubira, Gayssot, Perben, etc.), sans cesse approuvées par le NPA, qui en exige même des dizaines d'autres. Imaginons, par exemple, qu'il vienne à une certaine culture populaire l'idée folle et extrêmement nauséabonde de clamer "nique l'Algérie". Le NPA considérera-t-il encore ce slogan comme un acquis démocratique essentiel ? "Niquer la France, c’est aussi refuser le devoir d’hypercorrection" imposé "aux immigrés et aux non-blancs" Cela évoque davantage un garnement capricieux qui se permet pour la première fois de répondre à sa maman. Le NPA ne fait que théoriser la rébellion adolescente. Histoire que quelques adolescents attardés le demeurent jusque sur les bancs de la fac, en ayant l'impression d'exister, et en entretenant à l'échelle de leur parti cette même illusion. "Il est urgent de reconquérir une liberté de ton, une autonomie de pensée et un droit égal à l’irrévérence, en se solidarisant avec celles et ceux qui, alors qu’ils sont les premières cibles de la chasse aux sorcières, ont le courage de l’hérésie" Le Cran vient de se dénicher un adversaire de choix. Brice Hortefeux doit s'en réjouir : le NPA sera donc très certainement à ses côtés dans sa reconquête de liberté et d'irrévérence, avec sa boutade très hérétique. 4. Non à l’intégration par le jambon "Le débat sur l’identité nationale doit être pris au sérieux et combattu en tant qu’offensive politique contre une fraction particulière de la classe ouvrière" Déception : il n'est finalement qu'une vague question de solidarité de corporation. Tout ça pour ça. C'est tout de même étonnant que le NPA, malgré son slogan, Tous ensemble, perdre encore son temps à distinguer des fractions parmi sa belle, vaste, sans frontières, incolore et uniforme classe ouvrière. "L’existence d’un « ministère de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale » nous impose l’idée qu’il y a un problème spécifique posé par les immigrés et que la solution passe par leur « intégration » à « l’identité nationale »". C'est grand. Une fois encore, on peut retourner l'argumentation : pour le NPA, il y a un problème spécifique posé par l'identité nationale et la solution passe par son intégration dans l'immigration. 5. Nos identités ne sont pas nationales "Nos identités déjà trop étatisées doivent être dés-étatisées, et non ré-étatisées ou sur-étatisées". Dixit un parti qui passe son temps à réclamer de l'état, encore de l'état et toujours de l'état. "On doit placer où l’on veut son amour et sa fierté ou éventuellement sa honte" Ici, le NPA nous offre une démonstration de sa mémoire de poisson rouge communiste. Rappelons que le préambule consistait à traquer les fiertés mal placées et éventuellement un peu nauséabondes, dans un syllogisme ahurissant : "Pétain était français, tu es fier d'être français, tu es pétainiste". "La nation, pourquoi pas, mais aussi le sexe, la race, la classe, l’orientation sexuelle, la religion, l’origine, la région, la ville, le quartier, la famille, la profession, la communauté de goût esthétique ou de sensibilité politique… Ces micro-politiques de l’identité sont tellement subtiles, mouvantes et multidimensionnelles que l’idée même d’une définition unique et définitive de l’identité, arbitrairement bloquée au niveau national, le tout sous haute surveillance étatique, aurait dû déclencher l’hilarité générale". Un peu comme l'idée d'une définition unique et définitive de la classe ouvrière, arbitrairement bloquée au niveau international, le tout sous haute surveillance associative. "La question identitaire nous ramène en somme, très loin de la nation, au cœur de la question sociale. Ce n’est donc pas une autre identité nationale – fût-elle « plurielle, multiculturelle et tolérante » – qui doit être opposée au bessonisme, mais une série d’identités ouvrières, précaires et chômeuses, gaies, lesbiennes et transexuelles, arabes et musulmanes, noires et asiatiques, antiracistes et antisexistes, anticapitalistes et gauchistes – et pourquoi pas islamogauchistes". Magistral. Tant de louvoiements pour en arriver là… À vous de voir qui est exclu par le parti de l'égalité et du Tous ensemble. Ne seraient-ce pas les bourgeois hétérosexuels, blancs, racistes, sexistes, capitalistes, catholiques, et, par dessus le marché, de droite ? Vous l'avez remarqué, le NPA, en plus de faire preuve d'un courage politique époustouflant, reste à la pointe de l'innovation. Ce texte nous a expliqué clairement qui sont les salauds, le suivant s'attachera sans doute à dire qu'il faut faire payer les riches, régulariser les clandestins, augmenter les salaires, et prôner l'égalité absolue, parfaite et ultime entre tous les inégaux. La dernière phrase mérite mention : "Et ce n’est pas par des débats que ces identités pourront prendre forme, mais par des combats".
Laurent Obertone Toutes les réactions (14)1. 10/06/2010 04:05 - Axxy
2. 10/06/2010 10:06 - TitOeuf
3. 10/06/2010 10:12 - rascasse
4. 10/06/2010 11:22 - Tza
5. 10/06/2010 11:39 - Guit'z
6. 10/06/2010 12:21 - Max
7. 10/06/2010 14:13 - Paracelse
8. 10/06/2010 15:13 - René de Sévérac
9. 10/06/2010 18:43 - thierry bruno
10. 11/06/2010 01:18 - Alex DC
11. 11/06/2010 02:43 - nico
12. 11/06/2010 08:54 - Denis
13. 11/06/2010 15:42 - La fouine
14. 11/06/2010 20:31 - modération / James
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