PS : les intermittents de la réalité en tournée
SURLERING.COM - FRANCE - par Laurent Obertone - le 12/12/2010 - 27 réactions -
Même si Benoît Hamon doit en être à sa quarantième boite de Valium, il faut reconnaitre qu'il n'y a que le PS pour égayer ainsi nos froides soirées d'hiver.

Tout d'abord, l'ineffable Ségolène Royal a encore fait des siennes. Souvenez-vous : "On est pactés", roucoulait Aubry. "Moi j'aime les pâtes à la tomate", répondait DSK. "Et bien moi je suis candidate", annonçait soudain la troisième laronne (oui, faut féminiser)…
On savait qu'on regretterait Ségolène après 2007. On se disait déjà que malheureusement elle n'oserait pas revenir, que personne ne saurait tant nous faire rire. Elle l'a fait ! Bien entendu, c'est une aubaine extraordinaire pour la droite. Imaginez un duel avec Ségolène - Martine… Le Figaro, avec perfidie, voit déjà Royal "frémir" dans les sondages d'opinion. C'est bien simple : le premier candidat déclaré qui "caracole en tête" dans les sondages (telle une Royal en 2007) sera le vainqueur des primaires. Donc celui qui perdra en 2012. Sans surprise, le parti qui se présente comme le plus collectiviste de France se déchire autour de ses individualités. Royal a fait, à titre personnel, un excellent choix. Delanoë, en affirmant que le "PS ne doit pas avoir le culte du sauveur suprême", va sans le vouloir dans ce sens. Mieux vaut une Royal décidée qu'une Aubry endormie ou qu'un Strauss-Khan quasi mythologique.
Sur France Info, un analyste va jusqu'à concéder le "déficit libidinal" d'Aubry. Cette dernière se venge en expliquant qu'elle "sait" que les Français "se mobiliseront pour nous permettre de rendre la France plus forte et plus fraternelle". Elle sait ce que vont faire les Français. Dommage qu'elle ne sache pas ce que fait son parti. Avant la grande réunion parisienne, le JDD posait la question pertinente : "En 2012, le PS va rouvrir la boîte à promesses ?" Aubry répond ceci : "La seule et énorme boîte à promesses que je connaisse, c’est celle que Nicolas Sarkozy a ouverte !" Comme d'habitude, parlez programme au PS, on vous répondra Sarkozy. La nouveauté, c'est qu'il n'y a plus le mysticisme incantatoire du camp du Bien. Ne restent plus que les non-moins mystiques imprécations envers le candidat de l'UMP.
"Nous ne serons pas des marchands d’illusion", conclut Aubry. Mais alors, et le Care, et Lille XXL, et la France plus douce, et la société plus juste ? Que vont devenir les bobos qui eux n'attendent que ça, de l'illusion gratuite et éternelle… Décidément, tout fout le camp. Martine attend désespérément un DSK qui finalement risque bien de ne pas venir, comme papa Delors… Chauffer la place, c'est bien joli, mais il ne faudra pas oublier de se lever avant la fin du match.

Les socialistes devraient également s'interroger sur cette règle : plus on ne dit rien, plus on est populaire. Avec la compilation d'âneries débitées à la dernière convention nationale, il faut s'attendre à une cote de popularité négative. Ça commençait très fort, à la halle Freyssinet. Aubry et Hamon étaient assis au premier rang. Royal s'est approchée pour les saluer. Aubry s'est levée par politesse. Comme Hamon en a fait autant, Royal en a simplement profité pour lui piquer sa chaise, devant les caméras. Fallait oser. Elle ose tout, c'est à ça qu'on la reconnait, Marie-Ségolène. Après des centaines de petites phrases et des dizaines de milliers de sourires Colgate, les socialistes font une annonce révolutionnaire : ils vont parler projet.
Plus précisément d'égalité réelle. Énième mouture d'un texte "de gauche" (censé démasquer un DSK d'extrême centre gauche à tendance libérale) qui a tendance à consacrer la vision absolue du parti. L'égalité réelle, c'est quand tout le monde pense véritablement comme le PS, même si le PS a encore du mal à véritablement savoir ce qu'il pense. Tout le monde peut incarner le Bien et tout le monde doit incarner le Bien. Le Bien est à la portée de tous. Tous les gens sont naturellement égaux. Métaphysiquement égaux. Il n'y a pas de capacités supérieures ou inférieures, d'intelligents et d'idiots, de génies ou d'attardés, toutes les valeurs se valent, tous les gens se valent et toutes les cultures se valent. Donc tous les partis se valent et tous les candidats se valent. Oups, non, ça ne marche pas à tous les coups.
L'égalité réelle appliquée à l'éducation (sujet qui a l'air de préoccuper le PS, normal, c'est par là qu'on fabrique les bons petits progressistes) sont intéressants. Si un élève a de moins bonnes notes qu'un autre, ça n'a rien a voir avec les capacités du premier : c'est l'environnement du second qui n'est pas satisfaisant. D'ailleurs, il faudrait commencer à supprimer les notes et tout ce qui peut démontrer l'inégalité. L'égalité réelle, c'est l'égalité de l'environnement socio-culturel. Si tout le monde vit dans les mêmes conditions, tout le monde sera pareil. Il faut imposer à tout le monde les mêmes droits et le même milieu. Si ça ne fonctionne pas, il faudra bien se résoudre à trancher la tête de ceux qui dépassent du troupeau.
Parenthèse : il est utile de rappeler que le PS n'est pas considéré comme une secte par la législation française. Égalité réelle, unité réelle, amitié réelle… Tout ça est un peu trop réel pour être socialiste. On se doute bien que dans cette convention, l'unité et l'amitié sont aussi réelles que les sourires de Ségolène Royal. La seule question intéressante est de savoir combien de temps ça va durer. Réaliseront-ils un jour que l'idée d'égalité est aussi concrète que leur amitié ?
Comme les débats discursifs ponctués d'embrassades et de flatteries étaient d'un ennui soporifique, les socialistes peuvent remercier Marine Le Pen d'avoir attiré sur elle l'essaim de caméras désorientées par la fonte des neiges. Ouf ! L'union sacrée contre le fascisme qui tombe à pic a permis à aux représentants du PS de faire montre de leur inculture indécente, mais unitaire. Au moins sont-ils réellement égaux en la matière. Benoit Hamon nous explique d'abord que ceux qui prient dans les rues de Marseille sont ceux qui "ont libéré la ville pendant la guerre".
Heureusement qu'il ne faut pas généraliser…
Martine Aubry fait beaucoup mieux : "Je suis très choquée, quand on sait qu'elle appartient à un parti qui n'a pas eu, pendant cette période dont elle parle, l'attitude républicaine et de défense de la France. Donner des leçons aux petits-enfants de ceux qui ont libéré Marseille par ceux qui appartiennent à un parti qui a collaboré, c'est scandaleux. c'est une fois encore la volonté de diviser".
Sauf que le parti en question a été créé 27 ans après la guerre. Par quelqu'un qui a tenté de s'engager dans la résistance en 1944. Ce qu'elle se garde bien de rappeler, c'est le parcours de François Mitterrand (décoré de la Francisque), le rôle de la SFIO, l'attitude des socialistes avant et pendant la guerre… Bref, révisionne qui peut. Cette parenthèse fermée, la bataille des primaires a repris ses droits.
L'irrésistible madame Loyal, pardon Royal, a demandé des "excuses publiques" à Fillon. Une récidive. C'est officiel, c'est un TOC. Chaque sortie semble avoir pour mission de faire oublier la précédente. De son côté, Benoit Hamon (qui parle plus vite que le PS ne pense) a déclaré que si ni Aubry ni DSK ne se présentaient, ce serait une "catastrophe". Il aurait pu appeler un chat un chat et une catastrophe Ségolène. Cette dernière, avec un bon sens certain (tout arrive), a fait remarquer que la campagne des présidentielles devait être moins longue que celle des primaires. Même si ce serait moins drôle.
Pendant ce temps-là, il n'est pas interdit de penser (dans les milieux autorisés) que DSK dégustait une excellente tarte aux pommes. À la tribune, Martine Aubry fait la nique aux journalistes qui n'ont pas eu la chance d'assister en direct aux dissensions internes et promet une "autre France". "Présider autrement", comme disait ce brave Jospin avant le 21 avril. Ségolène Royal, de son côté, clame à qui veut l'entendre qu'il faut avancer les primaires. On s'attend d'une minute à l'autre à ce que DSK annonce qu'il adore pêcher en famille. Décidément, les trois têtes présentées comme les plus pensantes du PS font chambre à part. Imaginez trois frères siamois affublés d'oeillères, vous avez la tête du PS. C'est pour cela que Benoit Hamon force le respect : pas facile de retranscrire l'indéchiffrable, le tout avec une indéboulonnable assurance. Pour terminer en beauté, Martine Aubry a offert aux observateurs une énième illustration de la paille et de la poutre, après avoir raillé le discours "tout va bien, Madame la marquise", de l'UMP et le remaniement qui "ressemblait à Dallas".
S'il fallait trouver un comparatif au PS, on hésiterait entre la Ferme célébrité et Secret story. Comme le relève Marianne, les trop réalistes Moscovici et Collomb ont quitté discrètement la halle Freyssinet, avant même le discours de clôture du premier secrétaire à la capitainerie provisoire d'un navire qui semble viser avec application tous les icebergs se trouvant sur sa route. Un signe supplémentaire, s'il en était besoin, que tout va très bien au PS.
Selon Martine Aubry, apparemment très fière de sa convention, "le gouvernement vit dans un autre monde". Il ne sait pas ce qu'il perd.
Laurent Obertone
Toutes les réactions (27)
1. 13/12/2010 09:23 - HR
"Ce qu'elle se garde bien de rappeler, c'est le parcours de François Mitterrand (décoré de la Francisque)".
En enfonçant cette francisque porte ouverte depuis presque une génération maintenant, il n'est pas innocent que Laurent Obertone, dans la foulée, se garde bien lui-même de rappeler de quelque manière que ce soit la parcours de Mitterrand tel qu'on peut aisément le comprendre aujourd'hui.
Décidemment, Génération Mitterrand, quand tu nous tiens...
2. 13/12/2010 10:11 - Lepol
Et toujours des photos connotées, même marine le pen n'a pas la droit a cela, c'est dire le parti pris propagandiste !
3. 13/12/2010 10:22 - HP
Ce qui est encore plus hallucinant, si on s'en tient simplement au plan des faits, c'est que quand ils auront fini leur laborieux parcours de sélection du chef, il faudra encore qu'ils se mettent d'accord sur un programme qui, à ce jour, n'existe pas encore. ça devrait leur laisser à peine 6 mois. Et, vu leur lenteur et leurs contradictions internes, ils iront aux présidentielles comme le collégien qui va en interro sans avoir "bûché" et tente le tout pour le tout.
D'un certain point de vue, c'est bien car ils sont assurés d'aller au mur et nous d'êtres débarrassés. Mais d'un autre, c'est quand même choquant car c'est un irrespect profond des électeur PS et mais aussi de tous les français, de se dire présidentielle sans avoir quelque chose à proposer aux français. Encore une belle illustration de notre classe politique sangsue qui n'est là que pour maintenir ou améliorer sa position. On s'étonne ensuite que les gens ne s'intéressent plus à la politique et que les hommes politiques soient constamment raillés... ou de la montée des soi-disants extrêmes...
4. 13/12/2010 11:30 - oula
j'ai lu 4 ou 5 lignes de cet article puis j'ai arreté.
Tirer sur le ps alors qu'ils sont la seule alternative à sarkozy, c'est vraiment faire preuve d'un nihilisme le plus total.
ps : je méprise les gens de droite, parce que c'est juste malpoli de voter UMP.
5. 13/12/2010 11:38 - Ellroy
Cher L.O. ,
analyse originale , qu'en tout cas Le Monde, Libé, le Fig et cie, ne nous ont pas offert sur le P.S. et le bordel interne (sans mauvais jeu de mots) . Cela dit votre mauvaise foi "légendaire" quant il s'agit de parler de la gauche , est assez savoureuse , drôle et même si c'est un comique involontaire l'analyse n'en demeure pas moins rafraîchissante...
6. 13/12/2010 11:42 - nevohteeb
Malheureusement le côté tragique l'emporte sur le comique.
Royal est un clown et a raté apparemment sa vocation
Aubry est trop fille a papa et pas assez bandante
Hamon n'est rien juste un roquet
Quand à DSK qui pourrait avoir une chance comparé aux autres ça ne le fait pas bander
Jospin était bien plus intègre et respectable que ces 4 réunis c'était autre chose mais voilà...
7. 13/12/2010 11:45 - Ellroy
Je rajouterai juste ceci: les références à Muray si elles donnent du style à l'argumentation (genre empire du Bien, déréalisation du réel , etc) et sont toujours très chics et en générales bienvenues, ne sont pas forcément d'actualité dans le contexte politique d'aujourd'hui; le Mitterandisme et l'esprit des eighties ont du plomb dans l'aile, l'heure est plus à la "droite décomplexée" , bref à la droite "bête" (si vous me permettez ce raccourcit) ....
8. 13/12/2010 12:58 - lepol
bon moi je ne reviendrais plus ici ! le raisonnement des gens de droite est simple : on ne raisonne que sur les effets, jamais sur les causes et on en tire des conclusions faciles et qui produisent l'effet miraculeux d'une apparence de raisonnements nouveaux qui ne sont que leurres. Je vous laisse tourner en boucle avec vos conclusions stériles et "subjugantes" ! Même certains philosophe agissent de cette façon...
9. 13/12/2010 14:17 - amadis
Atroce à lire pour un type de gauche. Mais tellement vrai.
Cela dit, autant la charge sur les personnes est justifiée, hélas, autant celle sur les idées est caricaturale. Il ne s'agit pas d'imposer à tous "les mêmes droits et le même milieu" (d'ailleurs l'égalité des droits est déjà garantie par la Constitution), mais plutôt d'établir et de maintenir un certain niveau d'équilibre social, ce qui est une idée respectable et même pas sotte du tout.
10. 13/12/2010 14:23 - HP
"Il ne s'agit pas d'imposer à tous "les mêmes droits et le même milieu" (d'ailleurs l'égalité des droits est déjà garantie par la Constitution), mais plutôt d'établir et de maintenir un certain niveau d'équilibre social, ce qui est une idée respectable et même pas sotte du tout. " Oui, mais il ne s'agit malheureusement que d'idées qui pour l'instant, à part créer des communautarismes et des jalousies, n'ont pas trop d'effets... Finalement, d'un point de vue historique, la gauche est restée longtemps au pouvoir mais qu'a t'elle fait de plus que ce qui avait été créé après-guerre ? A-t-elle pu contrer les effets pervers de l'économie de marché ? A-t-elle fait davantage que les autres partis pour intégrer les minorités ? A ma connaissance, il est vrai qu'elle excelle plus dans les idées que dans la réalisation. Et peut-être vaut-il mieux de petites réalisations que de grandes idées... Il est facile de se donner le bon rôle parce qu'on a la bonne pensée humaine, il est plus incohérant de croire qu'un pays et des gens se satisfont d'idées dans leur vie quotidienne.
11. 13/12/2010 19:53 - commequidirait
Il peut être agréable de céder à l'envie d'un bon mot;, même (et surtout) méchant mais il ne faut pas en faire son fonds de commerce.
Bref, j'aime beaucoup le ton sarcastique et irrévérencieux de ce site. Cela dit, quand 80 % des papiers sont l'oeuvre de pamphlétaires, le fond en pâtit quand même.
12. 13/12/2010 21:28 - François
Ce qui est amusant avec vos papiers, c'est qu'ils tapent toujours dans le même sens. Même plus besoin de les lire, il suffit simplement de jeter un oeil aux titres. La crise en Côte d'Ivoire: le PS bien sûr! La crise de l'Euro: le PS, non? Le retour de la grippe aussi?
La période 1997-2002 a dû être douloureuse pour vous: 5 ans de goulag sous Jospin! Sous la "secte" PS! Si Ségolène ou Aubry passent, les gardes rouges de l'Egalité pour tous (sous la férule de l'horrible Deng hamon) vous forceront à travailler aux champs ou pire, au Pôle Emploi.
Est-ce vous pourriez nous parler un peu plus du travail formidable (et courageux) que mène ce gouvernement et la droite depuis 2002? Puisque vous êtes intarissable sur le Parti du Bien, vous pourriez peut-être nous parler du Parti de l'Ordre ou du grand retour des Valeurs, non? Les mots vous manquent, peut-être?
13. 13/12/2010 21:45 - Simon
L'anti-socialisme est un humanisme... Un peu comme l'éradication des trolls, tiens.
14. 13/12/2010 22:20 - Ellroy
S'il est vrai que l'empire du Bien est agaçant par son déni du réel et son angélisme (il n'y a pas que la Gauche qui soit concernée), pour abonder dans le sens des propos de François, la vraie question ou du moins la question que tout le monde se pose (en tout cas moi):
les 5 dernières années , au delà du personnage Sarkozy, ne marquent-elles pas le début d'une sorte de contre révolution ou du moins ce que jadis on appelait la révolution reagannienne mais "à la française"? Avec plus de 20 ans de retard la France consacrerait cette droite un peu beauf, celle du fric (entendre nouveau riche) , du "parler vrai" , de la com' , anti-aristocratique ( entendre vulgaire) , anti-intellectuelle , bref la droite avec des "bollocks" mais un peu bête ...
Dans cette perspective le Sarkozysme serait un reaganisme .
15. 13/12/2010 23:39 - François
Si le sarkozysme était un reaganisme, Ellroy, il y aurait en plus du discours que vous citez une véritable offensive de dérégulation du marché du travail et du système social, ce qui n'apparaît pas vraiment. L'ISF et les 35 heures auraient été pulvérisés. Ce qu'une la droite "libérale" pourrait justement reprocher au sarkozysme, c'est d'être un ensemble de mots déposés sur un vieux paillasson pompidolien. Un toilettage de style. Navarro rhabillé en Clint Eastwood.
16. 14/12/2010 02:30 - Judex
On dirait que tout le monde ici refuse de voir la troisième alternative, celle de vous dégager de l'UE et de liquider la 5éme république et cette éternelle vision binaire UMP/PS. Droite/Gauche. Manque d'audace ? Manque de courage politique ? Comment pouvez vous vous satisfaire tout les 5 ans de ce ridicule combat des chefs et surtout prendre au sérieux ce soporifique verbiage électoraliste ? On se croirait à la Star Ac. Ce cirque de mauvais clowns nous laissent pantois, nous les Suisses. Nous sommes peut être primaires dans notre petit pays mais quand nous débattons politique nous parlons concrètement et agissons rapidement. Pas de stars politiques au pays de la fondue. On ne connaît même pas le nom de notre président et on s'en fout. L'important c'est le politique. Donc, qui en France vous propose des référendum ? qui vous propose de sortir de l'UE ? Qui vous propose un nouvel état nation avec des vraies frontières et peut être une démocratie directe ? Osez l'impensable en 2012, courage !!!
17. 14/12/2010 10:30 - HP
"Si le sarkozysme était un reaganisme, Ellroy, il y aurait en plus du discours que vous citez une véritable offensive de dérégulation du marché du travail et du système social, ce qui n'apparaît pas vraiment."
Enfin, le système social, ils ont quand même bien commencé à l'entammer. Il faut être aveugle pour ne pas le voir. Quant à la suppression de la taxe professionnelle (qui n'a pas fait couler plus d'encre que ça, ce qui m'a fortement étonné), si ce n'est pas une mesure ultra libérale rare en France, il faut m'expliquer alors.
Judex à raison, en France le coeur du problème ce n'est pas le système mais les incompétents (trop gourmants et égoïstes) qui le gèrent. Quand nous auront dépassé cette opposition de soi-disants courants stériles et que nous pourrons vraiment faire des choix pour notre pays, ça ira mieux. Si le peuple français avait été écouté, nous ne serions pas dans l'Europe et nous n'aurions pas l'Euro. Mais, des gens plus intelligents que nous ont décidé pour nous, car nous n'y comprenions rien selon eux. Je sais on va mais dire, mais que feraient on alors ? Et bien autre chose !
18. 14/12/2010 10:58 - HR
@ Judex.
Quitter l'UE? Pourquoi? Qu'est-ce que l'UE? L'UE est le produit de la victoire américaine en Europe après Seconde Guerre Mondiale et de la Guerre Froide qui se sont terminées en 1989 par la chute du mur de Berlin. Dans cette période, on sait comment la "neutralité" de la Suisse a été monnayée. Et le rôle fondamental qu'elle y a joué.
Si, comme Stéphane Courtois, qui a publié une remarquable analyse à ce sujet dans la revue Débats, on remarque que la chute du mur de Berlin est dûe principalement à la défaite de l'URSS en Afghanistan, on peut faire l'observation suivante sur le rôle dévolue à la Suisse dans cette victoire des USA en Europe entre 1945 et 1989.
Depuis 1945, donc, les USA dominent en Europe. Quel est la place de la Suisse dans leur stratégie et pourquoi est-elle tolérée?
Un exemple: dans une livre remarquable, hélas pas traduit en français, "Charlie Wilson's War" (Editions Grove Press, New-York), le journaliste américain George Crile raconte comment la défaite de l'URSS en Afghanistan est principalement dûe à la plus grande opération secrète que la CIA ait jamais organisée. La plus grande notamment parce que c'était la plus chère. Des dizaines de milliards de dollars.
Et par où sont passés ces milliards de dollars? Devinez. Et oui! L'intégralité de ces milliards de dollars sont passés par UN compte en Suisse. Pour l'anecdote, le responsable de l'opération à la CIA, Gust Avrakotos a tout fait pour que ce compte reste isolé d'autres opérations, notamment parce qu'il sentait que l'autre grande opération de la CIA à l'époque, le Nicaragua, était vouée à la catastrophe. Il n'a pas pu l'empêcher une fois. Quand la catastrophe du Nicaragua est passée devant une commission du Congrès, le compte suisse a pû éviter d'être fouillé parce que le virement pour le Nicaragua n'avait eu lieu qu'une fois et n'étais resté que 12 heures sur le compte.
L'UE est une conséquence directe de la victoire américaine en Europe entre 1945 et 1989. La Suisse et le rôle qu'elle joue en Europe, sont également une conséquence directe de cette victoire.
C'est la raison pour laquelle l'UE est obligée de tolérer ce furoncle de paradis fiscal en son sein.
Alors votre "troisième alternative" suisse, qui consiste à être sous la tutelle directe des USA, laissez nous rire.
19. 14/12/2010 11:15 - HR
On ne souligne pas assez une grande différence entre Martine Aubry et Ségolène Royal dans leur lutte pour diriger le PS et gérer sa part de l'héritage de l'Ancien Régime en France.
Elle sont toute les deux haut fonctionnaires énarques, ce qui est obligatoire depuis 30 ans pour pouvoir diriger le PS.
Mais c'est la qu'il y a une grande différence. Martine Aubry présente certes deux bons quartiers de Noblesse d'Etat, puisqu'elle est haut fonctionnaire énarque et que son père l'était aussi. Mais Ségolène Royal, elle, présente trois quartiers de Noblesse d'Etat, puisque son père et son grand père étaient eux-mêmes hauts fonctionnaires polytechniciens.
Trois quartiers de Noblesse pour Ségolène contre deux pour Martine, c'est Royal qui va gagner.
20. 14/12/2010 14:43 - Judex
H.R. Vous me faites bien rire avec votre "...Suisse sous la tutelle des USA..." surtout venant d'un citoyen membre d'un pays Européen. Il serait aussi temps que vous réalisiez que l'UE est aussi un projet qui sert aux intérêts Etatsuniens dans le but d'anéantir à long terme l'économie des pays européens. Ce qui est en train de se réaliser sous vos yeux. Si nous ne sommes pas rentrés dans l'UE comme le voulait notre gouvernement c'est grâce à une opposition du peuple, dont le même gouvernement "sous tutelle US" (ah ah ah !) à dû néanmoins subir la volonté. Nos chers socialistes ont à l'époque prédit que la Suisse se ruinerait économiquement et serait mise au banc des nations à cause de ce refus populaire d'entrer dans l'UE. Aujourd'hui nous sommes un des pays les plus florissant d'une Europe qui s'écroule économiquement et qui finira sous la perfusion tutélaire du FMI, donc des USA. H.R. Lorsque je lis votre analyse d'une hypothétique victoire de Ségoléne remportée grâce à des "quartiers de noblesse" je me demande de quelle antique système politique vous sortez. La troisième alternative dont je vous parlait était celle du FN ce parti dont vous semblez occulter l'existence en bon socialiste que vous êtes. Personnellement je ne miserais pas un bouton de culotte sur vos deux juments boiteuses.
21. 15/12/2010 13:27 - HR
@ Judex.
Vous délirez complètement. Où avez vous vu un seul instant que la Suisse puisse rejoindre l'Union Européenne? Les USA exigent que la Turquie rejoignent l'UE. Mais ils n'ont rien demandé pour la Suisse. Pourquoi? Vous croyez sérieusement que c'est parce qu'ils savent qu'en Suisse c'est "le peuple" qui est souverain? Non. Les Américains savent ce que tout le monde sait. Comme je le mentionnez plus haut, ils savent qu'en Suisse, ce sont les banques qui sont souveraines, et les USA ont besoin de ces banques. Alors vous pourrez continuer souverainement à vous raconter vos histoires de souveraineté "du peuple suisse", les Américains y veillent depuis 1945.
Et où avez vous vu que "en bon socialiste que vous êtes"? Vous ne savez pas lire au second degré?
22. 15/12/2010 20:44 - Judex
HR @
Le rejet – suite à un référendum – d'une adhésion à l'Espace économique européen par le peuple suisse le 6 décembre 1992 a placé le gouvernement helvétique devant une mission très délicate. Le ministre de l'Economie de l'époque, Jean-Pascal Delamuraz, n'avait d'ailleurs pas hésité à parler d'un «jour noir». Ce ministre de l'économie d'un parti de centre droite voulait donc l'adhésion de la Suisse à l'UE, étrange pour un capitaliste à la botte de Waschington ? Vous me direz peut être que le référendum et le vote des citoyens fût téléguidé par la CIA, qui aurait placé un agent derrière chaque votants. Soyons sérieux, cher HR, je comprend que la puissance des banques suisses puisse vous révulser et je suis à deux doigts de partager votre indignation. Mais les USA ne décident pas pour autant de la politique intérieure et extérieur de notre confédération. La démocratie directe nous met à l'abri de ce genre de manipulation. Tandis que nous prospérions grâce à notre "furoncle" bancaire au coeur de l'Europe, nos pays voisins s'enrichissaient avec leur peste coloniale sur le reste du globe. Excusez moi de vous avoir insulté en croyant que vous fussiez socialiste, mais quand je relis votre dernier texte je n'y perçois l'ombre d'un second degré.
23. 16/12/2010 10:56 - HR
"Mais les USA ne décident pas pour autant de la politique intérieure et extérieur de notre confédération. La démocratie directe nous met à l'abri de ce genre de manipulation."
Mais bien sûr.
Maintenant, soyons pragmatiques. Prenons des exemples bien sentis, et qui ont une portée autre que théorique. Il y a plusieurs d'Etats dans le monde qui sont capables de décider fermement une politique qui ne soit pas favorable aux USA. Aujourd'hui, on le sait, c'est la Chine qui a le pivilège douteux du leadership en la matière.
Maintenant, on chercherait en vain la moindre politique suisse qui oserait ne pas être favorable à la politique américaine.
La souveraineté européenne, depuis plus d'un demi-siècle maintenant, ce n'est plus que la comédie de la souveraineté européenne, en Suisse ou ailleurs.
24. 17/12/2010 00:31 - Judex
HR@
Bien, je vous laisse vos contraignantes convictions.Pour ma part, je choisis de croire à la souveraineté d'un peuple qui s'exprime par une démocratie directe, particularité politique actuellement unique au monde. Je préfère encourager mes chers voisins de se donner les moyens de goûter a un système qui n'est encore pour vous qu'une utopie. Quitte à paraître borné et naïf, je continue à croire que c'est une façon de résister, un tout petit peu, à ce que nous nommons mondialisation. Mais, cher HR, dans le fond, je ne crois pas à l'avenir de notre histoire, je pense que ce siècle engloutira la plus grande partie de l'humanité dans un chaos et un holocauste digne du dernier roman de Dantec. Ce qui restera de notre civilisation retournée à une barbarie végétative et obscurantiste (si il reste des survivants) aura tôt fait d'oublier nos débats stériles autour de la mondialisation et la démocratie directe. Mais puisque l'espoir fait vivre et que je ne suis pas suicidaire pour autant, je préfère porter l'étendard de la souveraineté de mon petit peuple plutôt que de me vouer aux sirènes de l'UE, que voulez vous, la comédie, j'aime ça, et il nous reste encore quelques belles années pour échafauder les plus folles utopies .
25. 17/12/2010 12:14 - HR
@ Judex
Et non. Parce que vos délires dantecques de destruction généralisée par la guerre civile en Europe, en souvenir des années 1930 et 1940, n'auront pas lieu. En effet, si les Européens ne parviennent toujours pas à se gouverner eux-mêmes, ils ont aussi perdu leur souveraineté depuis 1945. Lette fois, les Américains sont restés en Europe. Comme vous le savez, la souveraineté, qui se mesure à la maîtrise des forces armées opérationnelles, ce sont les Américains qui l'ont en Europe.
Mais évidemment, ça laisse la place à tous les Astérix pour s'imaginer les plus folles utopies de démocratie directe des nombreux petits "peuples" gaulois qui peuplent encore notre partie, et en particulier la votre, de l'Europe.
26. 18/12/2010 04:10 - Judex
HR @
Vous m'avez mal compris, mon "délire" de destruction généralisée s'étend à des désastres bien plus corsés qu'une banale guerre civile et surtout, ils ne ne se limiteront pas à notre petite Europe. D'ici là, vos pères noëls américains, exsangues économiquement, auront alors d'autres chats à fouetter sur leur propre territoire. De toute façon, votre UE telle qu'elle est aujourd'hui va s'effriter toute seule. La "Grosse Commission de Bruxelles" et les gentils Stroumpfs bleus de la FORPRONU n'y changeront rien. Personnellement, je ne donne pas à l'UE plus de 10 ans de survie et je suis loin d'être le seul à le diagnostiquer. Mais je crois que nous nous sommes largement éloigné de la petite histoire "des intermittents de la réalité". Si nous en restions là ?
27. 19/12/2010 22:29 - Gondorff
Donner moins de 10 ans de survie à ce qui a déjà l’art de paraître et de gouverner sans exister… à bien y réfléchir le plus commun des scénarii d’anticipation dit toujours le contraire, seul subsiste ce qui prétend être, seul ce qui est a vocation à disparaître. Votre apocalypse dantecque ou pas pourrait être supervisée par la même UE fantoche qui taille les parts du gâteau européen.
@ Ellroy, tout à fait d’accord, d’autant plus que donner des coups de pieds dans un cadavre n’est pas la meilleure preuve d’acuité, de courage, la fatuité du style ne s’exonérant pas non plus des lourdeurs d’une syntaxe mal maîtrisée.
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Dernière réaction "Ce qu'elle se garde bien de rappeler, c'est le parcours de François Mitterrand (décoré de la Francisque)".
En enfonçant cette francisque porte ouverte depuis presque une génération...  13/12/2010 09:23 HR
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