Sur le RING

Le corps détruit du Venezuela

SURLERING.COM - OUTREMONDE - par Pierre Schneider - le 09/06/2010 - 53 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

« Que mes yeux ne cessent de pleurer, jour et nuit, car la  fille de mon peuple est affligée d’une grande tristesse : un mal terrible la travaille ». Le prophète Jérémie (XIV, 17) avait tout compris au Venezuela d’Hugo Chavez, avant tout le monde.




La perle des Amériques

Sans aucun doute, l’Amérique du Sud est une des plus belles créations de l’Europe. Création souvent achevée dans le sang et le malheur ; mais quel résultat ! Les pays du continent latin sont parmi les plus beaux qui soient nés et aient fleuri à la surface de la terre et parmi eux, le Venezuela tient une place à part par sa beauté et sa richesse.

Région des « plaines » aux riches troupeaux. Forêt tropicale du delta de l’Orénoque. Faune et flore exceptionnelle des « tepuys », ces plateaux isolés qui inspirèrent Conan Doyle et les auteurs de « Up ». Cascade de Salto Angel, la plus haute du monde. Côte caraïbe de deux mille kilomètres de long et des îles de rêve, Margarita, Los Roques. Parmi les meilleurs rhums du monde (le Santa Teresa 1796, très peu exporté hélas). Une race créole vigoureuse et élégante. Une organisation politique coloniale qui ignora et maltraita les indigènes moins qu’en d’autres parties du continent, au point qu’un des chefs indiens des premiers temps de l’ère espagnole figure sur les billets de 2 bolivars. Des liens sans cesse maintenus avec l’Europe qui valurent à Francisco de Miranda, l’un des précurseurs de l’indépendance, d’avoir son nom écrit sur l’arc de triomphe à Paris ; les mêmes liens qui nourrirent l’extraordinaire épopée de Simon Bolivar, l’homme qui prouva qu’on pouvait être libéral et nationaliste, révolutionnaire et catholique. Mais aussi la plus forte concentration de Miss Monde de la planète (au moins cinq !) – imaginez ce que peut y être une fille ordinaire ! Une population pour qui la famille est une chose encore sérieuse et qui porte au corps humain le même soin qu’aux bâtiments officiels et aux églises. Pas question de sortir sans être passé chez le coiffeur ; pas question de porter des habits non repassés et, naturellement, jamais de short.

Bref, le plus beau pays du globe, l’Europe latine sublimée par le Nouveau Monde.

On s’attend donc, après avoir atterri à Maiquetia, le long de la Mer des Antilles, à monter dans une capitale privilégiée, l’antique Santiago de Leon de Caracas dans une vallée à mille mètres d’altitude dominée par la forêt de l’Avila et gardée par la colonne blanche de l’hôtel Humboldt qui brille à son sommet toutes les nuits. La rente pétrolière qui irrigue le pays depuis plusieurs décennies a favorisé, sur la terre des indiens Caracas où se déploya pour la première fois le damier des vingt-quatre quartiers de la ville coloniale, l’éclosion d’un urbanisme de béton  anarchique qui, à défaut d’être beau, reflète ce que fut la puissance économique du pays. Sorti de Blade Runner, le complexe du « parque central », un ensemble de tours en béton armé d’une soixantaine d’étages la rappelle encore. Ici, faire le plein coûte moins cher qu’une bière, l’équivalent de deux euros.

La perle est à genoux

Puissance du passé, disais-je, car le pays est aujourd’hui soumis aux coupures d’eau et d’électricité et à une insécurité qui dépasse désormais celle, légendaire, de la Colombie. Les expatriés français qui vous prendront en charge vous raconteront vite comment  l’un des leurs a été kidnappé. Interrogatoire par les ravisseurs : adresse, nom de la femme, école où vont les enfants. Appel de l’épouse restée au domicile. Si elle ne confirme pas les informations, on te met une balle dans le genou. Puis c’est la demande de rançon, cent ou deux cent mille dollars, parfois un demi-million. Pendant que l’argent est rassemblé par la famille dans la soirée, la voiture du mari est gagée chez un garagiste véreux. Si les dollars ne sont pas livrés avant minuit, on te met une balle dans la tête. Cette fois-là, l’intéressé s’en était tiré.

Vous comprendrez vite en voyant l’état délabré de l’hôtel cinq étoiles où l’on vous loge, un des meilleurs de la ville dans le quartier résidentiel de Los Palos Grandes, qu’investir dans l’immobilier n’est plus une priorité ici. Ceux qui ont quelque chose le gardent pour eux et font profil bas. Le marché locatif est tant asséché qu’un appartement de cent mètres carrés se loue huit mille dollars par mois. Le profil bas est de mise partout : ceux qui roulent dans des 4x4 neufs sont les apparatchiks du régime. Les autres ne sont plus arrogants, attendent que ça passe ou ont déjà vendu leur entreprise et ont quitté le pays. Le Hilton n’existe plus. Il a été réquisitionné par les chavistes et renommé « hôtel Alba » (l’Alba, c’est le Mercosur parallèle des cocos du continent). Le personnel y porte désormais le pull rouge. Dans le parking, un portrait de Chavez, posté dans la guérite du gardien, se transforme, selon l’angle où on le regarde, en Bolivar ou en Che Guevara. Le culte de la personnalité est relayé sur les murs de la ville, le long de l’autoroute, au moyen de fresques populaires opportunément suscitées.

Vous comprendrez que tout est cher à Caracas. Un repas au restaurant qui coûterait quarante euros à Paris en réclame ici cent. La jeunesse dorée existe encore, profane toujours le Blue Label dans du Perrier mais à huis clos. Pour les autres, il reste les magasins d’état où certains produits sont vendus à un prix fixé par le pouvoir ; ces mêmes produits qui ont disparu des étals des autres commerçants qui ne peuvent plus faire de marge dessus ; ces mêmes produits, tel le riz, qui proviennent parfois de fermes investies par l’armée afin de forcer leurs exploitants à produire même si ce n’est pas rentable. C’est le pays où la poussette pour bébé coûte tellement cher qu’il est plus économique d’en acheter une à Miami, lorsque toutefois l’administration vous autorise à quitter le pays et que vous restez sous la limite des deux mille cinq cent dollars, somme maximale changeable par année. C’est le pays où certains restaurants ne servent plus de bière parce que ce serait à perte. Dieu sait pourtant que les petites canettes glacées de 22 centilitres se descendent à la chaîne ici.

C’est le pays où les taxis, les réceptionnistes d’hôtel, les inconnus, pratiquement tout le monde vous propose des Bolivars à un taux deux fois plus avantageux que le change officiel. Ce marché gris trouve ensuite son débouché dans les entreprises : mieux vaut acquérir des dollars au prix fort que de ne pas en avoir du tout. Ou pire, se faire spolier par le gouvernement, le lieutenant-colonel Chavez nationalisant et muselant les médias à sa guise, et surtout ceux qui ne relaient pas ses interminables homélies de chaque dimanche après-midi où il s’en prend plusieurs heures durant aux « pitiyankees », aux opposants, aux « diables en robe» de l’Eglise locale, avec force commentaires de textes.

Un cancer communiste qui métastase à petit feu

La dictature de Chavez, élu et prorogée électoralement depuis le début, est l’une des dernières illustrations de la lutte des classes : les pauvres sont pour, les autres (tout ce qui est hiérarchiquement égal ou supérieur à un « gerente ») sont contre. Les pauvres, aux dernières nouvelles, restent plus nombreux ; mais le pays à tant la tête à l’envers que les étudiants sont de droite et manifestent ici contre le régime. L’opposition, au demeurant, n’a su que répéter jusqu’à présent que Chavez était un « singe inculte » et qu’il ne durerait pas. Elle ne dispose d’aucun leader crédible – et le mal, depuis, s’est installé durablement. Teresa Carreno, la virtuose du piano disciple d’Anton Rubinstein dont on conserve quelques interprétations sur d’antiques rouleaux perforés, doit se retourner dans sa tombe : la salle de concerts qui porte son nom, la plus connue de Caracas, ne servirait pratiquement plus qu’à des meetings.

Dans ce pays farouchement nationaliste comme le continent tout entier, quelle humiliation de voir les technocrates cubains accourir pour prendre en main ce que les révolutionnaires en pull-over rouge ne savent pas gérer eux-mêmes. Les Caraquenos frémissent en vous parlant de cette colonisation. Pendant ce temps, les files d’attente des magasins d’état s’allongent, les nids de poule des rues des beaux quartiers ne sont plus réparées et les restaurants se vident parce que ce peuple qui adore sortir en famille ou entre amis n’a plus les moyens de s’offrir même ce plaisir.

L’idéologie socialiste restant le fondement de la politique chaviste, l’Etat subventionnera des fermes alignées ou des initiatives sociales que les médias occidentaux seront conviés à filmer : des écoles, un dispensaire ou un téléphérique désenclavant un « barrio » de Caracas. Les gauchistes de salon français, plutôt que de se presser pour déménager dans un tel paradis, iront de leur commentaire 2.0 et opposeront la dictature sarkozyste et le paradis chaviste. On voit pourtant sur les trottoirs du centre quelques hippies occidentaux, crasseux, communisés et camés jusqu’à l’os, tenter de vendre de vieux disques ou de l’artisanat. Apparemment, le Venezuela, ça ne paye pas comme à Montreuil.

Et la même idéologie, à Paris comme à Caracas, feindra d’ignorer la violence sans cesse accrue qui mine le pays entier. Puisque l’on allait vers des lendemains qui chantent, elle n’était qu’un phénomène transitoire qui se résorberait de soi-même, n’est-ce pas ? Hélas, les faits sont têtus et si la délinquance traduit quelque chose, c’est que le départ des riches et les incantations dominicales du pouvoir n’ont rien changé. Les pauvres restent pauvres. Le génie économique du lider pulloverissimo  a ses limites.

La mise du pays au ban de la communauté a conduit le Venezuela à s’allier avec des puissances peu fréquentables. Cuba, certes, mais aussi l’Iran. Depuis quelques années, la cause palestinienne y est estimée et l’on peut voir non loin du « parque central » une fresque murale transposant Guernica dans le contexte de la bande de Gaza. Les joailliers du centre-ville, rassemblés dans cette « tour des juifs » de cinq ou six étages aux fenêtres grillagés rasent les murs depuis que ceux-ci ont été tagués par des étoiles de David surchargées d’une croix gammée.

C’est ainsi qu’on part du plus beau pays du monde avec soulagement. Le peuple de Caracas garde le sourire, s’entretient toujours avec soin, reste racé et élégant pour l’éternité : il en a vu d’autres, comme bien d’autres métropoles. Le Pérou a finalement vaincu les tueurs de masse du Sentier Lumineux ; pourquoi faudrait-il désespérer ? Ainsi le Venezuela continue à jouer au base-ball avec obstination et c’est un prodige de voir que ce pays dont le chef est si anti-américain ne rêve que des Etats-Unis au point que le football n’y est qu’une religion secondaire, au point que les voitures américaines y règnent dans les rues et que l’on peut casser la croûte… dans un Wendys.

Hélas oui, quand le 777 d’Air France s’envolera au-dessus des eaux claires de la Caraïbe et des îles dont la visite est désormais impossible à cause de l’insécurité et de l’inflation galopante, c’est un sentiment de soulagement qui s’emparera de vous à l’idée que vous avez pu sortir du pays et que dans quelques heures vous marcherez libre dans les rues de l’Europe, sans craindre qu’on vous enlève ou qu’on vous tue.

C’est cela qu’il y a de bien dans le socialisme du 21ème siècle : il vous met à genoux puis à terre, mais délicatement. L’angoisse que connaissait Baudelaire a largement eu le temps de planter son drapeau noir dans le crâne des Caraquenos. Quel nouveau Jérémie restera-t-il dans dix ans pour pleurer sur le corps du Venezuela ?

Pierre Schneider


Ring 2012
Pierre Schneider par Pierre Schneider

Chroniqueur, éditorialiste Ring.

Dernière réaction

Comment pouvez-vous écrire sur ce ton de M. Hugo Chavez ? (De son pays sur la voie du socialisme libérateur etc...)

neon07/06/2010 10:27 neon
Tout sur
Articles les plus lus
  • Les excuses publiques de Causeur à David SerraLes excuses publiques de Causeur à David Serra

    Publié sur Causeur.fr le 11 décembre 2013, un an après le conflit entre l'auteur de Satellite Sisters et l'éditeur. Les éditions Ring annoncent à leur tour la fin du contentieux avec Maurice...

  • Vous n'en avez pas marre du "Petit Grégory"© ?Vous n'en avez pas marre du "Petit Grégory"© ?

      On en a tous assez de prendre connaissance dans les médias déchaînés des énièmes rebondissements de l'affaire... qui semble ne jamais vouloir se terminer. De loin, du Zimbabwe par exemple,...

  • Droit de réponse aux désinformations de Maurice DantecDroit de réponse aux désinformations de Maurice Dantec

    [ Addenda du 11 décembre 2013 :Les excuses publiques du Magazine Causeur à David Serra : http://www.causeur.fr/nos-excuses-a-david-serra-et-aux-editions-ring,25362David Serra et les éditions Ring...

  • Réflexions sur la tuerie antijuive de ToulouseRéflexions sur la tuerie antijuive de Toulouse

    (propos recueillis par Christophe Ono-dit-Biot) pour Le Point, 22 mars 2012, pp. 54-57 ; texte publié avec quelques coupes sous le titre : « Israël joue le rôle du diable ». Cet entretien a...

  • A l’école de l’antimodernitéA l’école de l’antimodernité

    Puisque nous sommes en début d’année, puisque cette année sera politique ô combien, puisque, on me permettra cette très vaniteuse remarque, ma troisième saison au Ring commence aujourd’hui,...

  • Le superbe top 50 des FrançaisLe superbe top 50 des Français

    Puisqu'on vous dit que vous les aimez. "TOP 50 : contre la crise, rire, métissage et proximité", voilà comment on nous présente le "sondage-événement" du JDD,...

  • Rachida Dati creuse son FillonRachida Dati creuse son Fillon

    Que le Premier ministre me pardonne ce jeu de mots sur son nom pour le titre de ce billet mais il est vrai qu'il convient de ramener à sa juste mesure la guerre que depuis quelque temps Rachida Dati...

  • Sécurité routière : l'arnaque extra-largeSécurité routière : l'arnaque extra-large

    Puisque dans ce domaine, la répression règne sans partage sur la prévention, sans que ça n'indigne personne, pas même Stéphane Hessel. Rééquilibrons les choses en faisant un peu de...

  • Poudlard for everPoudlard for ever

     A Raphaël Juldé, dernier arrivé à Poudlard mais premier reçu aux buses et aux aspics (maison Poufsouffle), et qui, d’après le professeur Trelawney rencontrera plus tôt qu’il ne le croit...

  • Rokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumainRokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumain

    « Non seulement les races n’existent pas, mais en plus, elles sont toutes égales » (proverbe de Jalons)Je viens de finir Racisme : mode d’emploi de Rokhaya Diallo, et je sais désormais que je...

  • Séduction du conspirationnisme : Umberto EcoSéduction du conspirationnisme : Umberto Eco

    Entretien avec Pierre-André Taguieff (propos recueillis par Paul-François Paoli)Philosophe, politologue en historien des idées, Pierre-André Taguieff, qui prépare un nouveau livre sur les...

  • Faces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rockFaces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rock

    Foi profonde, révélation, référence culturelle inévitable, sujet de plaisanterie, de provocation, démarche commerciale, la figure, ou plutôt Les figures du Christ sont une source...

  • In Xto Rege : à la recherche du Jésus historiqueIn Xto Rege : à la recherche du Jésus historique

    Le premier thema Ring 2011 se déploiera sur neuf textes articulés autour des questions centrales posées par la matérialité de Jésus de Nazareth, la Passion, les reliques, leurs valeurs...

  • Le suaire de Manoppello révèle le visage du ChristLe suaire de Manoppello révèle le visage du Christ

    On connaît le linceul de Turin, ce grand morceau de lin sur lequel l’image du corps entier du Christ mort est incrustée. On connaît l’histoire de la photographie de 1898 révélant que...

  • Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?

    Le texte qui prévoyait de légaliser l'euthanasie, examiné mardi au sénat, a été supprimé par deux amendements. S'il y avait bien quelque chose à supprimer, c'était ce texte, n’importe...

  • Céline rattrapé par la mémoireCéline rattrapé par la mémoire

    Sors d'ici, Louis-Ferdinand ! La République a choisi : l'ignoble sera au dessus du grand, pour l'éternité. Il ne faut pas célébrer le génie, parce qu'il est parfois antisémite. Oui, Céline...

  • Chemins de traversChemins de travers

    « Voici un étrange monstre », aurait (re)dit Corneille. La pièce que nous donne à lire Ariane Chemin dans son article sur le souper Houellebecq-Sarkozy du 14 novembre, pour être somme toute...

  • "Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe.""Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe."

    Biographe de Bashung, chroniqueur historique des Inrockuptibles, l'écrivain Marc Besse est aussi l'un des rares spécialistes de Noir Désir. Proche du groupe, cet écorché vif ne pouvait rester...

  • Cantona : quand wall street veut casser la banqueCantona : quand wall street veut casser la banque

    Cantona, qui envisage désormais la lucarne de l'Elysée, avait créé la polémique en 2011 avec sa première tentative de "révolution". Retour, avec Laurent Obertone, sur le premier coup de poker...

  • Quelques traces de rouge à lèvres…Quelques traces de rouge à lèvres…

    Et si Alain Bashung avait trouvé dans l’art de la reprise, un sens pour sa propre musique ? Voilà la relecture de l’œuvre que propose « Osez Bashung », un double album compilatoire qui met...

  • Teresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent GallaireTeresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent Gallaire

    Ancien bras droit d'Antoine Gallimard, Teresa Cremisi est depuis 2005 PDG de Flammarion. Éditrice de Michel Houellebecq, la numéro 2 du groupe Corriere Della Sera répond aux questions soulevées...

  • Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"

    Précisions : sur qui s’appuyer pour faire la révolution ?Comme dernier avatar après bien d’autres (on le verra plus bas), le bas clergé académique, tendance « sociologie critique », nous...

Offrez-vous La France orange mécanique