Sur le RING

La société du mépris de soi

SURLERING.COM - CULTURISME - par Pierre Poucet - le 23/11/2010 - 18 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

Dans une dialectique de l'opacité et de la transparence, le créateur interroge à travers un dispositif technique élaboré à partir de branchages de hêtre et de sacs plastiques la relation artefactuelle bidimensionnelle qu'entretient le cosmos intérieur du créateur avec l'œil regardant du spect-acteur dans une perspective contre-eschatologique de premier degré.



Ce n'est pas du Kéchichian. C'est du Miguel Ravinovitch – que tout le monde connaît. Ma dernière expo. Mais si j'y pense bien, ma dernière véritable expo d'art contemporain remonte à très longtemps avant Jésus-Christ. C'était bien avant Yves Klein et son expo « L’époque pneumatique. La spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée » (1500 F l'entrée – 3000 personnes): une galerie totalement vide entièrement repeinte en blanc. En guise de cocktail – tout de même une sorte de compensation récréative: des boissons qui colorèrent l'urine des convives en bleu. Fallait y songer. Je passe également sur les idées performances du groupe Fluxus, qui proposait en 1966 la pièce subtilement intitulée Personne: une pièce dans laquelle le rideau se lève à 21H30 pour se baisser à 21H30 . Sans aucun public. Évidemment.

Qui dit art contemporain dit souvent comptant pour rien. Mais dit aussi, plus précisément depuis le XXème siècle: dépersonnalisation, dématérialisation, désymbolisation. En un mot déconstruction. Plus radicalement: néantisation. Finalement mort de l'art.

La mort de l'art. Ouais. On nous a aussi fait le coup avec Dieu, l'Homme, la littérature, Serge Gainsbourg et le Nutella. Et au final? Au final c'est de la merde en tube, cette thèse. D'une, parce que l'Art n'est pas mort, seule une conception dominante de l'art a disparu pour laisser la place à une autre conception, rien n'est immuable, messieurs les déclinistes. Et deux, parce  que les auteurs de ces thèses ne retiennent le plus souvent qu'une définition strictement élitiste de l'Art, je suis démocrate, je les emmerde.

Mais, parce qu'il y en a un, cette thématique de la mort de l'Art peut être prolongée. Avec un François Chevallier par exemple, si l'on oublie le titre un peu pompeux de son essai, La société du mépris de soi (chez Gallimard). Une thèse intéressante, comme on le dit en sortant d'une expo d'art contempo' dont on a pas lu les cimaises, que voici: la mort de l'art préfigure une démission existentielle plus globale: celle de l'homme. C'est parti pour un essai Red Bull. Vif, énergique et tranché. Je dirais volontiers pamphlétaire, si le propos n'était si élégamment chantourné.

La thèse en 14 mots: l'emprise de la rationalité technique sur l'Art depuis Duchamp annonce la mort de l'homme.
On a connu plus souple.
Dilatons la thèse. Je ventile.

L'emprise de la rationalité dans l'Art


Duchamp n'est pas le fautif, il serait le symptôme. Et comme ce n'est pas très élégant d'être un symptôme, Duchamp annoncerait aussi la démission existentielle de l'artiste au XXème siècle, laquelle annoncerait la mort de l'homme. L’auteur des ready-made, de l’Urinoir, de tout un tas d'autres « objets inutiles ou méprisables, érigés, inconsciemment ou non, en portraits calamiteux de l'artiste. Et donc de l'homme », n'exprimerait ni plus ni moins que « le déni de l'autre » et le « mépris de soi » conduisant au suicide de l'homme occidental.  

Argumentons, Chevallier. Le ready-made est le signal de l'emprise du discours rationaliste sur l'œuvre d'Art. À partir de cette rupture paradigmatique aurait dit Kuhn, l'Art ne parle plus, mais parle d'Art. Il se retourne sur lui-même dans un moment narcissique et autodestructeur. Le discours de l'Art devient un discours sur l'Art. En conceptualisant à outrance, en développant une multitudes de théories clownesques sur l'Art, en confiant autrement dit une ambition strictement intellectuelle à l'Art, l'artiste contemporain consacre l'emprise de l'intellect sur la démarche artistique là où « depuis ces origines » sa fonction essentielle résiderait dans la transmission instinctive et spontanée d'une subjectivité. Avec son ready-merde, « Duchamp ne libérait pas la création de toute influence viscérale (…), comme il le prétendait, pour faire accéder celle-ci au niveau supérieur du monde des idées. Il mettait fin bel et bien à l'extraordinaire système d’échanges de flux subjectifs à travers l'espace et le temps qu'avait constitué jusqu'ici la création de formes chargées d'un sens accessible à tout être doué de conscience. Et surtout (…), il interdisait à cet autre qu'est le spectateur toute possibilité d'accès aux chambres secrètes de son intériorité ».

Duchamp – et ses acolytes – se cache derrière sa raison pour construire une œuvre. Il est le symbole de la démission de l'imagination face à la rationalité, de la fécetion de l'échange intersubjectif face à l’impossibilité du sens (aporétique, non?). C'est l'emprise d'une pulsion de mort sur l’élan vital dont l'Art est l'expression. En somme Duchamp s'en prend plein la gueule pour pas une Roue de bicyclette.

Dilatons la thèse. Je ventile.


Art et rationalité


Dans sa volonté proclamée de « déshumanisation » et dans celle de « prendre la direction de l'expression intellectuelle plutôt que l'expression animale », Duchamp ouvre la voie à un art rationaliste liquidant toute possibilité d'une implication subjective, émotionnelle, vitale de l'artiste.  Tel est le monde de l'Art aujourd'hui. « Une occupation solitaire à connotation onaniste, refuge classique de qui ne se supporte plus lui-même ni les autres, tout en survivant au niveau minimal de la vitalité. Un comportement typique de dépressif débouchant au final sur une négativité générale dont la roue de bicyclette tournant stupidement en l'air (Roue de Bicyclette), le porte-bouteille vide (Egouttoir), les carreaux de fenêtres noircis au cirage (Fresh Widow), la pelote de ficelle indévidable (A bruits secrets), le porte-manteau inutilisable (Trébuchet), la pelle à neige sans emploi (En prévision d'un bras cassé) ou, bien sûr, l'urinoir devenu objet de salon (Fountain), sont, entre autres ready-made, les produits très agressifs. »

Klein, Broodthears, Warhol, Johns, mais aussi Tinguely, Bury Soto Morris, Buren, la Nouvelle Vague même, s'en prennent évidemment plein la tronche, puisqu'ils enquillent. Les années 60-70 voient en effet proliférer des sortes de conceptions néo-duchampiennes en Art, et la multiplication d'œuvres plus ou moins absconses « avec pour caractéristique principale un retrait progressif de la présence sensible de l'artiste dans ses apparences qu'il s'efforce de se « déshumaniser de lui-même ». Ainsi naît l'Arte Povera.

Ainsi, peut-être, s'explique l'étrange et pénétrant phénomène de la Merda d'Artista de Pierro Manzoni. Qui donne un peu envie de mourir.

Justement


Oui, c'est le propos tout de même le plus intéressant. « Le triomphalisme médiatique accompagnant la montée au pouvoir d'une petite bourgeoisie technicienne et inculte, enrichie par les Trente Glorieuses, va occulter ce qui est sans doute l'une des plus évidentes régressions collectives de l'histoire de l'humanité, atteignant l'individu occidentalisé au cœur même des mécanismes de régénération nécessaires à sa survie. Célébré comme une nouvelle avancée du Progrès sous le nom valorisant « d'individualisme », ce qui en fait une pure manifestation d'égotiste, aboutissant au repliement sur soi et au rejet de l'autre, va désagréger les fondements mêmes de la « polis » au nom d'une revendication de liberté individuelle sans limites relevant de la pathologie infantile. Présentée comme une œuvre de salubrité démocratique, la diabolisation de tout « idéalisme » et de tout engagement dans une échelle de valeur fondatrice d'idéologie contraignante va définitivement ancrer dans l'immaturité l'individu postmoderniste devenu incapable de s'extirper de lui-même faute d'un appui extérieur ».

D'où la nécessité de croire en Dieu, d'avoir un papa, etc.

François Chevallier décortique la psyché occidentale à l'aide d'une psychanalyse appliquée au social (ce qui est contestable, voire inepte), et ce à partir des œuvres artistiques (le postulat d'après lequel l'art, finalement, est le reflet d'une des « consciences de soi » d'un peuple). Mouvement, duplication, technologie, répétition, stéréotypie, plagiat, dématérialisation, désymbolisation, objectivisme... tous ces procédés ne sont que des signes pathologiques de la démission existentielle occidentale. La « culture du narcissisme » de Lasch – exhibitionniste, onaniste, au fond terrorisée – est lue dans l'Art. « Les labyrinthes de Buren sont des parcours fluides, parfaitement adaptés à la nouvelle population occidentale d'ego pusillanimes et narcissiques, révulsés par la moindre atteinte à l'irréalité boursoufflée de leur moi, et convaincus d'avance par les médias du caractère résolument progressiste et démocratique de l'œuvre à laquelle ils « participent ». »

Ces colonnes de Buren ne sont plus seulement le symbole d'une modernité installée dans la cour d'honneur du Palais-Royal, ces colonnes sont dans nos crânes. Elles dessinent « une prison indolore et sécurisante dont les jolis barreaux de couleur révèlent l'enfermement à la fois de l'artiste qui ne cesse de les multiplier et des spectateurs qui s'y précipitent ». C'est le produit de « narcissiques anorexiques dont l'œuvre de Buren est une expression caractéristique ». Refus de l'affect, nettoyage de toute réminiscence organique, reproduction sérielle, anesthésie des sens, mécanisation et héroïsation de l'artiste, voilà le signal d'une biopolitique en habits de deuil.

Mort de l'Art, mort de l'Homme.

Les artistes entrant dans cette démarche seraient les victimes inconscientes de l'oppression générale de la société techno-industrielle. Ici Chevallier se fait foucaldien. L'Art contemporain appelle le panoptique de Bentham: une politique d'endiguement émotionnel sécuritaire, une discipline brimant les flux naturels au moyen d'artifices intellectuels scientistes. Le règne du positivisme dans l'imagination. La soumission, la dévitalisation.

Nous ne sommes pas dans une époque postmodernisme, nous sommes dans une époque sadienne. Une Cité perverse (Dany-Robert Dufour) marchande exsangue, cérébrale, inutilement compliquée, aussi intelligible qu’un film de Godard, chiante comme un Rohmer, peuplée d’enfants immatures et plaintifs participant au spectacle du monde par « l’identification primaire, narcissique, fonctionnant sur le mode mécanique de stimulus et de réactions ». Une Cité de consommation dont l’agencement cérébral est voué à exterminer toute pulsion vitale. Une prison de verre et d’acier.

Fascisme et posthumanisme

Le changement ne serait plus ici seulement sociétal, mais anthropologique, organique. L’être humain occidental s’orienterait vers le modèle de l’homme futuriste de Marinetti, dont la nature s’accorde au Progrès technologique créant une surnature plus performante – l’avènement des monstres (« panoplie infantile d’impossibilités biologiques »), exhibant le mal-être, et une profonde aspiration à la déshumanisation. Derrière cette perspective de civilisation - si l'on veut - se profile une « idéologie de l’impuissance », l’aveu d’un abandon anthropologique. Une démission.

« Disons-le froidement – ma phrase préférée du livre – qu’aucun des « suicidés » de France Télécom, ou d’ailleurs,  n’ait tenté de casser la gueule de ses supérieurs, de mettre une bombe sous les pieds du conseil administration ou d’entraîner avec lui dans la mort l’un ou l’autre des cadres responsables de son désespoir est une disgrâce pour l’humanité ». Ouais.

L’homme est (re)devenu un loup (bionique) pour l’homme. Un prédateur utilitariste. Une bête technocratisante vide d’affect. Cette phase de régression, qui fonde notamment l’un des postulats contre nature de l’idéologie néolibérale, appelle un homme neuf – processus classique de création du fascisme -, mais pue l'inaccomplissement, la mort dans un « matérialisme hystérique » - concept – malaxant les consciences occidentales livrées à leurs « pulsions primaires d’appropriation et de destruction de l’autre qui, pour la première fois dans l’Histoire (si l’on excepte l’œuvre du Divin Marquis), est en train d’être théorisé et institutionnalisé par les nouveaux maîtres, américains, de la bourgeoisie occidentale », instaurant la prédation comme mode de vie – des sous-hommes « constamment en surnombre, donc constamment en risque d’être éliminés ».

Visions


« Dans La machine à remonter le temps d’H.G. Wells, les Terriens, tous identiques, ne sont plus que de beaux ados fleurissants, souriants et bien nourris, dans une nature redevenue idyllique. Ils répugnent à tout geste violent (…). Mais quand une des leurs se noie sous leurs yeux, emportée par le courant entre les rochers où ils se prélassent, ils la contemplent de leurs beaux yeux vides d’un air vaguement intrigué, sans faire un geste vers les mains qu’elle tend en avant de couler. »

Fin de La société du mépris de soi

A partir de quel niveau d’insensibilité aux autres suis-je en passe de devenir un tortionnaire ?

Questions


Lames de rasoir ? Corde ? Cyanure ? Béton ? Fenêtre (option France Télécom) ? Ni l’un ni l’autre. Juste un peu de relativisme. Si la thèse de François Chevallier est intéressante  - et ne nécessite pas de cimaise – elle reste largement problématique d’un point de vue intellectuel, méthodologique. Déduire de l’Art un certain type de psyché ou de « conscience de soi », certes. Mais l'application d'une grille de lecture psychanalytique sur le social demeure contestable. Et puis, s'il remplit certes cette fonction de transmission d’une pure subjectivité « depuis les origines », c’est oublier que l’Art, puisqu’il faut utiliser une majuscule (dévoilant une conception substantialiste), est aussi, et comme tout, Mouvement.

La période contemporaine de l’Art n’est qu’une période… contemporaine. Elle ne répond plus aux critères de l’art moderne hégélien ni à la définition kantienne du Beau. L’Art change, oui. Et alors ? Si je partage de nombreux postulats de Chevallier, ainsi que la conclusion de l’ouvrage, je dois faire aveu d’une déception qui, finalement, était un peu prévisible. C’était écrit dans le titre. Le pessimisme de Chevallier lasse un peu, dans le fond. Là où il voit dans cette phase de l’Art contemporain le signe d’une démission ontologique, je vois, moi, de l’autre côté de la fenêtre, la préservation de son pouvoir de contestation du donné. L'art signifie l’inachèvement. Que la liberté se manifeste toujours dans un arrangement formel nouveau - même s'il paraît d'abord choquant ou abscons comme une cimaise d’instal’.

On aurait tort de condamner l'Art moderne parce qu'il dérange. Il est aussi un témoignage précieux sur la liberté.

Sur l'absence de liberté.


Pierre Poucet

François Chevallier, La société du mépris de soi. De l'urinoir de Duchamp aux suicidés de France Télécom – Gallimard – 9, 50 €
A lire également, Pendant qu'ils comptent les morts, de Marie Ledun et Brigitte Font le Bret – La Tengo – 15 €



Toutes les réactions (18)

1. 22/11/2010 11:56 - Christophe

ChristopheArticle très intéressant, bizarrement vous m'avez donné envie de le lire ce livre pessimiste ^^.
Bonne continuation Mr Poucet, c'est toujours un plaisir de vous lire.

2. 22/11/2010 12:53 - Léo

Léo Intéressant comme article(j'ai d'ailleurs beaucoup d'échos positifs sur vos articles, en particulier pour "la lutte des mois").


On a l'impression que le livre gravite autour de M.Duchamp. Celui-ci n'a jamais dit que ses oeuvres étaient artistiques, il refusait de délivrer une définition de l'Art.
Duchamp marque certes une révolution, mais je ne l'a vois pas comme étroite et rigouresement conceptualisée, mais comme un gage de liberté.
N'est-ce pas justement parce que Duchamp a initié une nouvelle conception esthétique de l'Art qu'une oeuvre aujourd'hui peut avoir une " implication subjective, émotionnelle " ?

3. 22/11/2010 13:09 - Soher

Soher"A partir de quel niveau d’insensibilité aux autres suis-je en passe de devenir un tortionnaire ?" j'adore.

4. 22/11/2010 14:33 - Elanize

Elanize@Léo

Exact en ce qui concerne Duchamp, d'ailleurs le problème fut identique lors de l'émergence du dadaïsme. Artistes sans l'être, tout en l'étant. Les dadas haïssaient l'art plus que tout, mais ils tenaient à le dire à travers des disciplines artistiques. D'où le malentendu.

5. 22/11/2010 14:52 - Ligre

LigreLes débats sur le sens de l'art, l'art pour l'art, le beau dans l'art, etc... sont des débats relatifs à l'affirmation individuelle, celle de l'ego qui prétend être la source de ce qui, dans toute société traditionnelle fondée sur des principes, est de nature transcendante.
L'art reflète bien celui qui prétend en être le créateur - le producteur?- : la question est de savoir comment, selon quelle référence, on l'analyse et l'interprète. Ce n'est pas un postulat: la manifestation artistique provient bien de quelqu'un dans ce monde maintenant et elle nous parle de ce qui vient à la pensée de l'homme d'ici et de maintenant. Est-ce tout le sens de l'art que d'être réduit à ne signifier que son créateur? Non, je ne pense pas. Il y a une dimension herméneutique qui porte l'art- je ne parle pas de Duchamp ou de Buren pour citer des exemples- vers son dépassement. C'est là d'ailleurs son caractère libérateur. Pas au sens du défoulement ou de l'écoulement de pensées venues d'on ne sait où? Si cela n'est pas du mépris de soi c'est au moins de la méprise pour ne pas dire de l'ignorance. Rien qui ne soit de nature à éclairer en tout cas. Qu'est-ce qu'un artiste plus ou moins conscient des ressorts de sa création? Comme il disent parfois: ça vient, comme ça. L'inspiration, si l'on peut dire, qui vient des bas-fonds de la psyché moderne n'a rien de commun avec celle, réelle, qui consiste à se rendre capable recevoir le "plus haut sens". Là aussi ça vient, mais cela porte vers, cela élève, cela réjouit et amène à la libération ou, au moins , à sa réalisation possible. Tout cela est étranger aux idéologies réductrices et mortifères que sont le freudisme et le marxisme. Si la psychanalyse et la sociologie suffisent à rendre compte de l'art, je laisse cet art à sa misère. L'Art est ce qui échappe à toute réduction, comme l'Homme à toute définition. La liberté est notre avenir, elle est en nous. Cela, l'Art le promet. Il le dit. C'est le Logos de l'Art qui est offert à notre entendement.

6. 22/11/2010 15:38 - HP

HP"Qu'est-ce qu'un artiste plus ou moins conscient des ressorts de sa création?" Un bon vendeur,plutôt très conscient d'ailleurs. Ceci-dit, je suis aussi d'accord pour dire que l'art ne se réduit pas à la psychanalyse ni à la sociologie. Ce sont des grilles d'interprétation possibles parmi tant d'autres. Leur succès dépend des mêmes conditions historiques qu'elles prétendent analyser.

Moi aussi, cela m'adonné envie de lire ce livre, mais finalement je sais tellement ce que je vais y trouver. Et puis la psy c'est pas mon ma grille de lecture. Je ne contaste pas l'origine socio-psychologique des problèmes de l'individu contemporain (dont je fais partie) mais l'expliquer avec la psychanalyse me semble réducteur. Par contre, cette thèse de l'individu occidental qui ne s'aime pas me paraît de plus en plus pertinente pour expliquer tant d'aberrations de notre système politque, économique et social. On ne peu pas scier la branche sur laquelle on est assis de telle façon sans que cela cache quelque chose.

Reste quand même que l'auteur n'a pas tort quand il compare le ready-made au produit de la société de consommation... Surtout que l'art contemporain se démarque par sa capacité à être surcôté dès sa création...

7. 22/11/2010 16:46 - Landru

LandruOuais.

8. 22/11/2010 19:53 - fbishop

fbishopMerci Pierre Poucet.

9. 22/11/2010 22:05 - Ligre

LigreSoit dit en passant, les essais de Jean-Philippe Domecq: Misère de l'Art et Artistes sans Art, ne sont pas des nouveautés mais la substance y est! Parfois on a l'impression qu'un bouquin nouveau révolutionne la réflexion, c'est aller un peu vite...

10. 24/11/2010 07:36 - nico

nicoL'art à l'état gazeux de Yves Michaud.
Et Georges Didi-Huberman.

Pour ceux que la réflexion sur la déconstruction et la néantisation de l'Art post-der-des-der titillent, intéressent ou/et passionnent.

11. 25/11/2010 06:21 - Interneth

InternethPour savoir ce qu'est l'art il faut être artiste, et si d'aventure on sait ce que c'est, et ce sans l'être soi-même, on n'emploie pas le ton ironique, 'rigolo', quand on l'aborde. Cet article est plutôt un exercice stylistique sans réel envergure, disons de l'ironie intello-bourgeoise. Ou de la merde.

12. 25/11/2010 08:44 - Léo W

Léo W"Pour savoir ce qu'est l'art il faut être artiste " pourriez-vous développer ? tout dépend de ce que vous appelez un 'artiste".

13. 25/11/2010 12:13 - Poucet

Poucet@Interneth: Oui, si vous voulez.

14. 25/11/2010 13:08 - Lepol

LepolC'est toujours...comique, ceux qui tentent de parler de la création et qui ne seront jamais des créateurs, c'est bien pour cela qu'ils sont des professionnels de la rédaction de discours normatifs et réducteurs. Que peuvent-il savoir de de la création ???

15. 25/11/2010 16:45 - Interneth

Interneth@léo : un artiste? quelqu'un qui a pour (unique) priorité dans la vie l'art, sans jugement de valeur quant à son travail. et si vous me demandez ce que j'appelle l'art...c'est ce qu'il reste quand le 'théâtre des vanités, des petites réputations' disparait devant nos yeux à la lucidité du napalm de notre cœur de démon. désole pour le lyrisme, je n'ai pas été regarder dans un livre à la Fnac.

@ poucet : Non, si 'vous' voulez.

16. 25/11/2010 17:29 - Greg môk

Greg môkInterneth est donc un artiste. Il a de l'autorité. On le sent quand il écrit sur ce sujet.
Attention les gars, ça rigole plus !

17. 25/11/2010 17:53 - Interneth

Interneth"Attention les gars, ça rigole plus !"
Voilà, c'est bien ce que j'ai dit : cet article est une blague, de la 'rigolade', tu viens de vendre la mèche en voulant l'allumer. Ironie...

18. 25/11/2010 22:03 - Poucet

PoucetOuais, ça sent le mauvais. 'Tention les gars, l'est méchant l'artiste. L'a du talent, sûr.

Ring 2012
Dernière réaction

Article très intéressant, bizarrement vous m'avez donné envie de le lire ce livre pessimiste ^^. Bonne continuation Mr Poucet, c'est toujours un plaisir de vous lire.

Christophe22/11/2010 11:56 Christophe
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