La littérature sans testicules : on s’ennuie un peu, à St-Germain des Près
SURLERING.COM - LES PAGES ROUGES - par Pierre Poucet - le 20/04/2010 - 21 réactions -
débats et opinions
 Ce n’est pas à l’estomac que l’on porte la littérature aujourd’hui, pour reprendre la formule de Gracq devenue aujourd’hui – et légitimement – un slogan. C’est dans le pantalon (près du bassin, si possible), dans la poche qui accueille la monnaie, les biftons, le portefeuille. C’est dans l’air du temps. (1). Et le temps – de lire, de penser, de vivre – c’est de l’argent. La récente sortie médiatique, plutôt réussie d’ailleurs, de Marc-Édouard Nabe est venue révéler plusieurs choses sur le sujet. 1) Les écrivains sont bel et bien déterminés à gagner leur vie. Et c’est bien légitime. 2) Le système boutiquier des principales maisons d’édition françaises d’aujourd’hui va peut-être, si l’auto-publication devient plus ou moins la norme, commencer à prendre sérieusement du plomb dans l’aile. Et c’est bien légitime. 3) On parle beaucoup d’argent ces temps-ci, et peu de littérature (d’ailleurs, a-t-on entendu ou lu une vraie critique du dernier bouquin de Nabe ?). Et 4) L’écrivain qui pense, qui ose espérer se préserver une liberté de parole aujourd’hui a de plus en plus de mal à préserver sa place dans la Cité. Sa parole est nuisible. Dans cette affaire, il importe donc surtout de prendre note d’une chose, au risque de heurter les puristes de l’art pour l’art ou de reprendre la ritournelle de La Littérature en péril : 5) La parole des écrivains français s’efface. Ils ne s’impliquent plus. Le bannissement de la parole politique.On ne parle plus de politique. On ne fait plus de politique en littérature, aujourd’hui. Certes, la littérature engagée appartient au passé ; et tant mieux. Les clercs ont suffisamment trahi. Somme toute, l’écrivain n’a pas vocation à devenir directeur de conscience. Certains d’entre eux ont d’ailleurs eu à regretter d’avoir mêlé leur art à la confusion de la Cité : Céline (qui rappelons-le est un bloc) ; Maurras, qui dans sa préface à La Musique intérieure s’est lui-même retourné avec regret vers sa carrière journalistique et politique estimant qu’elle l’avait éloigné de son amour premier, la poésie ; Mauriac, qui malgré toutes ses bassesses sous de Gaulle avoua finalement n’avoir « jamais cru au bonheur en politique ». Et beaucoup d’autres. Certes, les idéologies sont mortes, paraît-il (et la liste des défunts vingtièmistes au seuil du XXIème siècle serait longue à dresser). Mais, à constater la pauvreté de la littérature qui jouit aujourd’hui d’une réelle audience – les Gavalda, les Musso, les Modiano, les Jauffret… Franz-Olivier Giesbert est même passé devant Marc Lévy dans la catégorie des meilleures ventes ; on touche le fond – on peut tout de même regretter la pauvreté des débats et la timidité de l’implication de l’écrivain aujourd’hui. S’il n’est pas un « ingénieur de l’âme » (à ta santé, Staline), ne se doit-il pas d’être une lumière ? Un flambeau ? Une âme singulière capable de jeter une lumière crue sur le misérable, le grandiose, l’universel ? Écrivains, on mobilise.La question de l’engagement mérite d’être à nouveau posée. Pourquoi tant de timidité, de frilosité ? Pourquoi si peu de maîtres, d’extralucides, de fous géniaux, de mystiques enflammés ? La « mort du politique » – ou plutôt sa métamorphose inconceptualisable – n’explique pas tout. La faute au « système » ? La plupart des écrivains un tant soit peu polémiques sont aujourd’hui raillés, moqués, ostracisés par les principaux éditeurs et organes de presse, c’est un fait. Qui pose problème, sur le plan intellectuel – les idées ne se vendent pas, have fun ! ? Et le lendemain on oublie tout (Où est passé Zemmour ?) – Exit la parole politique. Exit le débat. Dantec appelle à la vigilance devant la montée des intégrismes religieux au beau milieu d’un consensus absolu ? Banni. Fasciste. Et on oublie le reste (qui n’est que littérature). Houellebecq évoque ses sympathies aléatoires envers les staliniens, ou ses affinités avec les catholiques intégristes ? Il pointe du doigt notre eugénisme ? Nazi. Chainas nous parle de notre laideur, met le doigt sur la plaie, les tabous (le populisme, la pédophilie, la laideur, le mal…). Polar fascistoïde. On réédite Jacques Perret : attention OAS… Étiquetés, black-listés. Out. L’exil, autant physique que mental (et financier), va peut-être finalement devenir la règle pour l’écrivain qui osera prendre parti, position, pour celui qui se permettra d’émettre une idée – vraie ou fausse, d’ailleurs, peu importe, pourvu que tout le monde en parle. La parole du romancier s’enfuit. Même le Goncourt s’est barré à Berlin. Règne du scepticisme, gloire de la bêtise.Le « système » n’explique sûrement pas tout, et mériterait d’être défini, questionné, pointé du doigt. Il est néanmoins regrettable de constater que beaucoup d’écrivains qui pensent et dont l’œuvre n’est manifestement pas neutre idéologiquement préfèrent se taire, et refusent de se mouiller par peur ou par prudence. Ou par souci de préservation de leur acquis. Rares sont ceux qui, finalement, assument le risque de leur liberté. La modération, le pessimisme de bon aloi, l’à-quoi-bon esthétisant ont le vent en poupe. « Je ne suis rien politiquement » déclare l’écrivain – ici Richard Millet ; l’œuvre parlera d’elle-même, etc. – A croire que l’exigence littéraire est à ce prix. Que toute recherche véritablement pertinente en littérature aujourd’hui se situe dorénavant exclusivement sur le terrain du langage. Dans les sphères. La quête artiste. La tour d’ivoire comme solution de repli. L’écriture consacrant alors une fois de plus le retrait de l’écrivain hors du monde. L’incommunicable, l’absence, etc. Michaux et compagnie. Maigre consolation. Silence des maîtres, distance des grands, prudence des faibles, rareté des fulgurances… le cynisme ou l’ironie trouvent dans ce terreau de quoi prospérer ; armes des désabusés, des stylistes mondains et des satiristes esthètes. Même les envolées provocatrices des Chroniques du règne de Nicolas Ier semblent bien fades aujourd’hui. Et ne resteront sûrement pas dans l’histoire. La littérature, la vraie, celle qui, dans le fond, demeure un véritable contre-pouvoir disparait progressivement des vitrines, des étals, des magazines qui s’en réclament. De nos bibliothèques. On s’ennuie un peu, tout de même, à Saint-Germain-des-Près. Les valeurs sûres.Reste la vraie littérature, la littérature des gens. Vrai, il est plus simple de pourlécher les faveurs du public, de flatter l’égo(t)isme ambiant, de vibrer sur l’émotion primaire, primale. Primate. De vendre des historiettes de bonnes femmes qui parlent aux oreilles des écureuils de Central Park. Dans un réel de pacotille, décor en sucre. Et la vie doucereuse, que l’on chantonne au grand bal des égos. « Souvent la vie s’amuse. Elle nous offre un diamant, caché sous un ticket de métro ou le tombé d’un rideau. Embusqué dans un mot, un regard, un sourire un peu nigaud. Il faut faire attention aux détails. Ils sèment notre vie de petits cailloux et nous guident. Les gens brutaux, les gens pressés, ceux qui portent des gants de boxe ou font gicler le gravier, ignorent les détails. Ils veulent du lourd, de l’imposant, du clinquant, ils ne veulent pas perdre une minute à se baisser pour un sou, une paille, la main d’un homme tremblant. Mais si on se penche, si on arrête le temps, on découvre des diamants dans une main tendue… Et la vie n’est plus jamais triste. Ni le samedi, ni le dimanche, ni le lundi… » (2). Katherine Pancol, Les Écureuils de Central Park sont tristes le lundi. Ça, ça parle aux gens. « Qu’est-ce que tu lis en ce moment ? » « Katherine Pancol, c’est vraiment fun. Et puis elle dit plein de choses vraies sur la vie. » Entendu dans le métro, cet après-midi. On en viendrait presque à regretter le roman à thèse. Pierre Poucet(1) C’est d’ailleurs ce qui semble intéresser les lecteurs de Lire, qui consacre ce mois-ci son numéro à un énième tabou falsifié : « Ce que gagnent les écrivains ». Tout le monde en parle, évidemment. (2) Résumé symptôme du livre, malheureusement lu sur http://www.bibliosurf.com/Les-Ecureuils-de-Central-Park-sont
Toutes les réactions (21)
1. 20/04/2010 01:26 - Julien
Nabe, Nabe, Nabe, mouais. Tout le monde s'en fout de Nabe en même temps, c'est juste un bon commercial à la télé, à quand un entretien avec Chuck Palahniuk ?
2. 20/04/2010 02:36 - theTerraformer
Chuck Palahniuk, Chuck Palahniuk, Chuck Palahniuk, mouais. Tout le monde s'en fout de Chuck Palahniuk en même temps, c'est juste un mec qui a écris 10 fois le même livre ;)
Je plaisante, quoique (j'ai arrêté de lire Palahniuk, c'est toujours la même structure narrative, les mêmes tics), mais le personnage reste, il est vrai, très intéressant.
3. 20/04/2010 13:24 - Amaury Watremez
Pancol c'est Gavalda c'est la même guimauve. En littérature, les gens aiment bien qu'on leur parle d'eux et encore d'eux car il n'y a que ça qui les intéresse. Et je trouve qu'il y a aussi un rejet de la fiction. Comme un imbécile m'a répondu un jour que je lui demandais ce qu'il lisait : "Moi je ne lis pas de fiction, je lis des livres sérieux".
Il y a de temps en temps des infréquentables qui sortent un peu la tête du vivier. Je crois aussi que ça ne date pas d'hier quand on lit les "Souvenirs Littéraires" de Léon Daudet, à la différence qu'il y avait plus de géants à son époque.
Et faut pas choquer, surtout pas, sinon maintenant n'importe quel groupuscule peut poursuivre un auteur en justice si ce que l'on écrit contredit leurs certitudes. On verse aussi dans la psychologisation de l'écriture, l'écrivain étant perçu comme un malade, un empêcheur de tourner en rond, un malade en somme, un intello qui cherche la petite bête. Moi j'aime bien que l'écrivain soit un emmerdeur de première.
Comme écrivain anglo-saxon, il y a aussi Don DeLillo.
http://mesterressaintes.hautetfort.com/
4. 20/04/2010 14:27 - MotaOne
Nous manquons d'Hommes, couillus!, nous étouffons sous les journalistes-diaristes-littérateurs-dépravésdubulbe. Humanistes et bien pensants au secours des nullités (tirons vers le bas! toujours plus de lecteurs). Plus rien ni personne pour renverser, redéfinir, sub-verser ? (même Nabe à l'heure de réussir perdra sa plume dans la tune - ou l'ego qu'il a déjà ; mais saluons l'expérience, ce premier pas sur la lune des éditeurs) Rassurons-nous, on n'en parle pas, mais ils sont bien là, ils veillent encore ... Normalité de tout cela, les idées et la parole libre n'ont pas de prix, et ne sont pas téléchargeables sur i-phone ... Dans notre monde tout se consume, sauf l'erreur nécessaire. On ne pardonne pas. Au choix : réfractaires ou réactionnaires, pour résister. Et place au style, seulement !
5. 20/04/2010 16:08 - bartleby
j'ai lu le dernier nabe, pas de quoi fouetter un c... tout comme le dernier houellebecq que j'avais trouvé fade... meme si houellebecq reste superieur, bien sur, en raison du cote moins "dilettante" du bonhomme... bon, quoi lire alors? retournons vers les morts! dostoieveski, kafka, thomas bernhard, joseph de maistre, nietzche, schopenhauer, conrad, giono, lovecraft... toujours les memes en somme...
6. 20/04/2010 17:22 - MotaOne
Oui, oui, back to roots, nos modernes déjà classiques...
Mais : Nietzsche OU Schopenhauer ...
Laisser mûrir les "nouveautés" dans notre attente ...
Les grands de ce jour, on n'en parle pas, on les lit bouche bée.
Mais on y reviendra. Parole !
7. 21/04/2010 09:57 - Floria Tosca
Tout à fait d'accord avec "place au style" seulement car, en fait, la littérature c'est surtout ça: LE STYLE !! On aurait presque tendance à l'oublier à la lecture de tous ces articles sur "ya plus de littérature". Mais si, il y en a et de la formidable et pas uniquement à l'étranger comme certains magazines voudraient le faire croire !! Et tout à fait d'accord aussi avec le fait que les auteurs ont "leurs hauts et leurs bas".
8. 21/04/2010 17:01 - Amaury Watremez
Virginie de Clausade est par exemple en haut (excusez moi je ne peux pas écrire ça sans rire) quand on lit ceci en dessous.
un extrait du roman de Virginie de Clausade
« Ça a été galère de planter mes copines, j’ai feint une migraine fulgurante. Pas sûr qu’elles m’aient crue, mais elles m’ont laissée filer sans trop de questions. Blottie contre lui sur sa Triumph, je suis contente de moi. J’aime bien être capable de suivre quelqu’un comme ça, sur un coup de tête. À ce moment précis, sur cette vieille moto, j’adore ma vie. Je n’ai aucune idée d’où il m’emmène. »
9. 21/04/2010 20:55 - Floria Tosca
@ Amaury: Je sui ignare et j'ignore qui est cet auteur dont vous parlez. Est-ce vraiment une lacune si terrible dans mon éducation littéraire ? Il est en haut de quoi? Je voulais dire (et excusez-moi de m'être si mal exprimée), que tous les auteurs connaissent des périodes ou des livres dans lesquels ils sont moins bons. Mais un moins bon roman de certains auteurs reste toujours d'un niveau plus élevé que le meilleur d'autres ! Cela dit, pas selon l'opinion de rigueur dans la presse habituelle où le consensus semble exister d'encenser des auteurs qui ne valent pas un pet de lapin (comme le laisse entendre l'article ci-dessus, par ailleurs).
10. 22/04/2010 11:49 - Dahlia
Nabe, je l'achèterai quand j'aurai des sous (parce que 28 euros + les frais de port, même quand on aime lire, ça fait un peu mal au cul) et là je me ferai une idée. Mais les premières pages qui sont à lire sur son site, c'est en gros le quotidien de tous les prolétaires de l'art qui crèvent à la fois du manque de reconnaissance et du manque de thunes. Sur ses premières pages, on voit en gros le type qui se retrouve à Pôle Emploi, qui découvre que l'AGESSA n'a pas vraiment de fonds d'aide sociale même quand on a côtisé 25 ans de sa vie pour, puis il décide d'aller s'acheter de nouvelles fringues chez H&M parce qu'il est un peu minable dans son vieux costume élimé et ringard etc etc. A ce que je sais, ensuite il canarde à tout va, sur l'édition, sur la télé, les écrivains, en cachant plus ou moins les vrais noms (il inverse des lettres en gros) et tout ça pendant 700 pages. Mais dans Paris et seulement Paris. Ceci dit, j'ai bien envie de le lire pour voir si ça se limite à de l'autofiction/roman à clés pénible ou si c'est une vraie peinture sociale du monde actuel...
Ceci dit, l'an dernier, Matthieu Jung a sorti un roman génial sur ce qu'est la France des années 2000 chez Stock. Il s'agit de Principe de précaution. 400 pages en plongée directe dans la France de 2004-2005, avec le quotidien de Pascal, quadra, marié, père de famille, courtier en assurances. Rien de bandant a priori, pourtant quand on le commence, impossible de s'arrêter. C'est le miroir absolue de toutes nos petites lâchetés, de l'étouffement que provoque les consignes de sécurité (genre à la cantine de l'entreprise, doit-on prendre parti quand bidule commence à faire des réflexions dites racistes ou homophobes?) que ça soit dans le couple, dans le boulot, dans le rapport aux autres... C'est vraiment à lire.
Puis sinon, on peut toujours livre Vaquette et son Je gagne toujours à la fin, qui en parle beaucoup mieux que moi sur cette interview en quatre parties (mais qui parle aussi de la littérature, de l'engagement, d'autres auteurs et de plein de trucs intéressants, ça dure une heure en tout, mais c'est à voir/écouter):
Part. 1: http://www.dailymotion.com/video/x288ge_interview-de-te-vaquette-pour-stric_creation
Part.2: http://www.dailymotion.com/video/x288zq_interview-de-te-vaquette-pour-stric_creation
Part.3: http://www.dailymotion.com/video/x289ej_interview-de-te-vaquette-pour-stric_creation
Part. 4: http://www.dailymotion.com/video/x28a5e_interview-de-te-vaquette-pour-stric_creation
11. 22/04/2010 13:58 - Alexandre
Vaquette ? Pas d'accord avec toi Dahlia, plagiaire de Costes, fake maximum.
12. 22/04/2010 16:09 - Dahlia
Je suis pas absolument certaine que le fait d'avoir des univers artistiques et obsessions communes puisse être considéré comme du plagiat...
13. 22/04/2010 16:09 - bartleby
Nabe veut nous faire croire qu'il a ecrit sa version moderne de "la divine comedie"
faut vraiment etre jeune et candide et vouloir a tout prix croire a quelque chose pour croire ce genre de conneries... nabe est juste un marchand de tapis, j'ai un pote qui s'est rendu à sa dernière soirée où il se félicitait d'avoir vendu 3000 livres via son nouveau systeme de diffusion, y avait 30 glandus, c'etait affligeant... y parlait que chiffres "et surtout faites de la pub les gars! pour mon bouquin"... le public: une vingtaine d'annees, parfois moins... c'est la cour de récré...
et franchement, idem Vaquette et consorts... vraiment sans intérêt tous ces types... ce ne sont même pas des écrivains...
je prefere encore lire de la SF ou des tordus de la tete comme Handke, Gombrowicz,...
14. 22/04/2010 17:24 - Dahlia
@Bartleby: cf ceci? http://lesjeunesvermines.blogspot.com/
Citation:
"Génération 1990. Une génération née au matin d'un siècle en train de se forger, et déjà pourrissant. On nous a laissé en guise d’héritage un lourd fardeau nauséabond qui ne va pas tarder à être piétiné avec beauté et allégresse. La beauté et l’allégresse. Trop longtemps baignés dans la médiocrité et le pessimisme qu’imposait notre univers, nous avons appris à les manipuler comme des armes incendiaires.
Il se trouve qu’à l’aube de notre naissance, en 85 exactement sortait un livre rédigé par un homme nommé Marc- Edouard Nabe. Ce fut sa première bombe d’écrivain. Bien d’autres allaient exploser. Et ces projectiles enflammés qu'il balançait dans la mare littéraire étaient déjà chargés du napalm de nos révoltes, de nos envies, de nos aspirations profondes. Ils le sont toujours.
Ce blog est celui de jeunes qui savent que Marc- Edouard Nabe a raison.
Nous n'avons plus peur, commencez à trembler."
15. 23/04/2010 10:46 - MotaOne
Les "nouvelles" générations ne font que fouiner, mal fouiller et bien souvent piller les créations et œuvres des précédentes. Mais la digestion en devient aujourd'hui malsaine, car plus rien de profond et de sincère dans ces postures, ces clubs de fans. La seule exigence de surface, c'est soit le people, le sexe ou bien la violence (fasciste ou gauchiste, idem) - et le tout mal décrit. Qui parle de style, qui fait des lectures, qui s'inscrit dans le débat ? L'auteur bien sur. Mais pas un journaliste, média ou lecteur pour l'y inviter : il est tout seul ! Comme son lecteur...
Pourquoi chercher un dieu-vivant de la littérature, un "maître" ou un nouveau martyre ?
C'est finalement bien que l'herbe pourrisse à St Germain ... cela ouvre les horizons
16. 23/04/2010 11:37 - Amaury Watremez
Très bon blog de Bartleby, excellents billets des "jeunes vermines"
17. 23/04/2010 18:41 - Laurence Schwalm / éditions Ex Aequo
eh bien pour ma part, j'attends depuis plus d'un an que l'on me propose un texte pour ouvrir une collection que j'ai en tête depuis longtemps : Libr'Ex. Depuis plus d'un an je jette des lignes à l'eau, des bouteilles à la mer, des sms et des textos, des mails et quelquefois des gros mots... mais j'attends en vain que me parvienne un texte qui sorte du conformisme ambiant. J'en suis réduite à envisager de rééditer les pamphlétaires du XVIIème siècle ! Hélas, trois fois, je ne vois rien venir malgré mes appels du pieds un peu partout que ce soit auprès de gens engagés dans des militantismes associatifs ou même des politiques. Rien ne vient ! j'ai bien peur que le côté frondeur qui caractérisait l'esprit Français soit bel et bien mort, enterré sous le poids écrasant de la bêtise ambiante et de la starisation du locataire de l'Elysée.
18. 23/04/2010 23:01 - Jules Destroy
Laurence, quel serait le sous-intitulé de votre collection, Libr'Ex ?
Présentez-nous ça en détail, je salive.
Je me reconnecte une fois le week-end passé.
A lundi, donc.
Jd
19. 25/04/2010 11:20 - Roméo Joan
Ring et Egards sont les sites que je visite le plus. Et c'est sur Ring que je poste des commentaires. Et sur Ring, je vois des gens poster librement des adresses. Je souhaiterai en poster une, une seule. La mienne. L'adresse de mon blog où je fais la promo de mon premier livre, Nouvelles décadentes, livre que j'ai dédié à Maurice G.Dantec pour diverses raisons évoquées ici et ailleurs. Mon blog n'est pas extraordinaire, il est maigrelet, il est rachitique, anorexique, il est juste un moyen d'être plus visible. www.romeo-joan-ecrivain.skyrock.com Si cela intéresse des gens, plutôt que de leur dire d'acheter immédiatement, sans plus tarder, mon bouquin, je leur dirai de venir m'embêter, me harceler de questions.
Amitiés RINGiennes,
Joan.
20. 20/05/2010 16:18 - Roméo Joan
suite du post 19
liens utiles : www.ecritaulivre.fr www.chapitre.com
21. 27/05/2010 00:49 - L'Œil du souffleur
Les éditions L’Œil du souffleur et la Foire St Germain vous invitent, dans le cadre d’À vous de lire, à une rencontre exceptionnelle avec RICHARD MILLET.
Le samedi 29 mai 2010 à 20h30
Institut Hongrois de Paris
92, rue Bonaparte 75006 Paris
(Métro St Sulpice)
L’occasion d’écouter plusieurs extraits de textes, dont un extrait de sa pièce Tombés avec la nuit parue chez L’Archange Minotaure en 2007, et d’échanger avec lui autour de la question de la langue, de l’amour, de l’exil…
Corrézien d'origine, Richard Millet a passé une partie de son enfance au Liban.
Il a enseigné les lettres pendant vingt ans avant d'y renoncer pour se consacrer entièrement à l'écriture.
Romancier et essayiste, il a peint sa Corrèze natale dans de nombreux romans, essais ou récits, et s'attache à défendre une certaine idée de la littérature.
Avec : Maria Montès, Jean-Claude Montheil, Romain Neuillet, Jacques Voskian et Astrid Cathala. Rencontre animée par Franck-Olivier Laferrère.
Site : www.oeildusouffleur.com
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Dernière réaction Nabe, Nabe, Nabe, mouais. Tout le monde s'en fout de Nabe en même temps, c'est juste un bon commercial à la télé, à quand un entretien avec Chuck Palahniuk ?  20/04/2010 01:26 Julien
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