La Liberté, un risque acceptable
SURLERING.COM - FRANCE - par Laurent Obertone - le 28/02/2010 - 18 réactions -
 Après la tempête de ce weekend, qui a fait de nombreux morts, on se demande déjà qui n'a pas fait son travail. Météo-France a-t-il joué son rôle ? Les mairies ont-elles bien donné l'alerte ? Les esprits pénalistes affutent leurs procédures, épluchent les recours, s'en lèchent déjà les babines… Récemment, une cliente de Quick a déposé plainte pour avoir glissé sur une frite dans un des fastfood du groupe.
Au travers toutes ces procédures judiciaires saugrenues ou émotionnelles, intentées au hasard des vents et du temps, se reflète une tendance claire du moment. L'État doit faire plus, aller toujours plus loin en matière de sécurisation absolue des personnes. Il doit perfectionner son emprise globale, tout contrôler, de la propreté des trottoirs aux trop hasardeux agissements de ses ouailles, derrière un volant, derrière une cigarette ou derrière un verre d'alcool. Cela passe par une réforme du matériel dont les citoyens peuvent disposer, mais aussi par des lois restrictives, en faveur de l'assistance et de la protection des individus.
L'actualité fourmille d'exemples.
Vous l'avez tous vu. La clope devient une pipe. Évidemment, il y a l'idée de contrainte sexuelle dans le message. Une cigarette, c'est un viol. C'est clair : le mal, la cigarette, devient un pénis, qui nous fait nous interroger… Que faut-il couper en définitive ? La cigarette ou le pénis ?
Outre cette allusion claire à la vision qu'ont les publicitaires et les progressistes du mal absolu (ce mâle qui empêche encore notre société de sombrer dans un bonheur sans fin), il faut relever une fois de plus le durcissement de la croisade contre les libertés individuelles.
Certes, fumer une cigarette, cela peut-être aussi, se parer d'habits qui attirent le regard. On fume pour donner une contenance à ce qui manque de contenu, savoir soi-même. On sauve les apparences avec ces étais. Reste que fumer, c'est un choix, qu'un cigare peut s'apprécier. Pour autant, l'air du temps (qui n'est pas pollué), n'apprécie pas du tout les fumées et les fumeurs. Ils sont nocifs pour eux et pour les autres. Ils se rendent malades. Ils manquent d'hygiène. Pas de liberté pour les ennemis de l'hygiène.
La cigarette est un ennemi, la voiture en est un autre. Peut-être le plus spectaculaire.
Nous entendons chaque jour les nouvelles promesses de radars, les possibilités de voitures durables, électriques, à l'hydrogène, leur interdiction dans les grandes villes, puis dans les petites, puis partout, le tout à grand renfort de taxes, de contraventions et d'augmentations des coûts de circulation. Puisque les transports en commun ne font pas rêver, allez savoir pourquoi, nos amis hygiénistes ont inventé un nouveau concept. La voiture citoyenne (visible sur le site Internet du même nom), dont voilà les quatre critères principaux :
La protection des occupants de voitures particulières. La protection des piétons et des usagers de deux roues. La protection des occupants d'autres voitures. La protection de l'environnement. Les choses sont claires. Citoyen, ce mot devenu adjectif, signifie protégé. C'est le seul sens et le seul objectif de ce mot. Citoyen, c'est l'hygiénisme, la lyophilisation, la plastification, la disparition totale de la notion de risque, et donc de plaisir. Leur profession de foi fait montre d'une certaine austérité janséniste, qui fait froid dans le dos :
"Si nous voulons conserver la liberté de nous déplacer dans des voitures particulières, nous devons nous adapter à des contraintes importantes. Il faut utiliser des voitures dont les caractéristiques techniques tiennent compte de la nécessité non seulement d’assurer la sécurité des occupants, mais également de réduire le risque pour les autres, le gaspillage des combustibles fossiles et la modification du climat par accroissement de l’effet de serre. Les sociétés qui identifient les adaptations indispensables et se révèlent incapables de les réaliser sont en danger. Il faut que nous réduisions les nuisances humaines et environnementales liées aux dérives évitables des caractéristiques techniques des voitures. Il est indispensable de pénaliser le surpoids dangereux pour les autres, la puissance excessive, la consommation élevée de carburant et la vitesse inutile. Les usagers doivent exiger des véhicules à la fois protecteurs pour eux-mêmes et pour les autres. Leur sécurité ne peut être assurée aux dépens de celle d’autrui par l’usage de véhicules dont la masse est très supérieure à celle des voitures les plus raisonnables. Réduire l’agressivité de certains véhicules est une nécessité qui rejoint les exigences de la protection de l’environnement".
"Nous devons". "Il faut". "Adaptations indispensables". "Il faut". "Il est indispensable". "Les usagers doivent". "C'est une nécessité". Comble de l'absurde, tout ce verbatim sectaire est brandi au nom de la conservation d'une hypothétique liberté. Le seul objectif de cette Liberté, c'est de la soumettre un maximum au désir de protection, de confort, dans un monde où les événements n'existeraient plus. Pour ne pas déranger les existences et les destinées, le risque ne doit plus exister. Dans le corridor qui mène à l'abattoir, les moutons doivent être en sécurité, jamais inquiétés.
On veut donc des éco-véhicules, plus sûrs, plus propres, moins lourds, moins rapides. Des choses dociles, intelligentes, sympathiques, aux formes rondes, assistées électriquement. Plus besoin d'accélérer avec le limitateur de vitesse, plus besoin de réfléchir à ses créneaux avec les radars de recul. Plus besoin de passer les vitesses avec la boite automatique. Plus besoin de réflexes avec les détecteurs d'obstacles. Bientôt, il ne sera plus possible d'accélérer, grâce aux radars installés sur des zones toujours plus longues. Les véhicules seront sans doute étalonnés pour se programmer eux-mêmes sur les vitesses à respecter. Et au diable la démesure machiste des véhicules qui se domptaient, puissants, aux traits agressifs, monstres de fer et d'essence, qui polluaient, qui tuaient, bref, qui se conduisaient. Le véhicule citoyen, ce serait plutôt une sorte d'aspirateur sur rails, autonome, équitable, éthique, recyclable, intelligent, plus intelligent que son conducteur. Ce véhicule ne permettra plus d'accident, plus d'écart, plus aucune interaction entre la route et le conducteur. Ce dernier ne sera plus qu'un passager de son confort. Un parfait citoyen.
Derrière tout cela, gare au dysfonctionnement. Gare à l'imprévu. Gare à l'événement. Il ne faudrait pas que la vie nous rappelle que le sel de la réalité, c'est précisément tout ça. La loi saura punir les responsables de ces interruptions de confort intempestives. La vie est un long fleuve endormi, pas question que cela change. Le technicien qui aura mal vérifié, le constructeur qui n'aura pas pris toutes les précautions, et enfin l'Etat, qui devra assumer les défauts de la voirie, l'absence de signalisation, le manque d'assistance et de conseils à des citoyens, qui, in fine, sont en droit d'aspirer à la déconnexion définitive de leur propre intelligence. C'est que c'est fatigant de réfléchir. Et on sait que ça ne mène à rien de bon... L'absence de lois permettant d'encadrer efficacement toute action (et surtout non-action) desdits citoyens sera sans cesse pourchassée. Le dispositif législatif doit combler tous les vides juridiques en la matière.
Quant aux citoyens, ils connaîtront enfin le bonheur absolu de la dépendance totale, assis bien au chaud, dans leurs cocons plastifiés à 36°, satisfaits et inconscients, hagards et hébétés, enfin libérés de la pensée et bientôt de la vie, tels des bébés dans le ventre de leur mère.
La notion de plaisir, donc de vie, ne colle pas avec la notion de monde devenu crèche et carton-pâte. L'imprévu, voilà l'ennemi. Le plaisir, ce n'est pas citoyen. Un citoyen ne jouit pas. Jamais. La science doit se mettre au service de cette perte de sens.
Certains mauvais esprits diront qu'il s'agit d'assistanat à outrance, d'une dérive maternante des individus qui confine à leur abrutissement absolu et à leur absence totale d'agissement vis-à-vis de leurs créations. En une phrase : qui a vécu par l'assistance périra par l'assistance. En clair, si l'homme citoyen s'assujettit à ses machines, ce serait pour ne plus avoir le moindre problème. Pour ne plus voir ce monde parfois si injuste. Pour ne plus affronter cette réalité, ce qui exige du courage, mot obsolète. Et tant mieux si personne ne se dit que faire disparaître le malheur pourrait bien faire disparaître le bonheur... Heureusement, on ne pense pas jusque là.
Si il demeurait quelques naïfs pour croire que la devise Liberté avait encore un certain poids aux côtés de l'Égalitude et de la Fraternitude, ils ne doivent maintenant plus se faire d'illusion.
Fallait-il être bête pour penser que la Liberté était autre chose que la soumission à un système dit citoyen, de confort, de précaution, de non-risque, de non-événement, de non-plaisir, et en définitive de non-vie. Il faut décidément être complètement fou pour penser que la liberté est un risque acceptable. Fou comme quelqu'un qui veut vivre.
Laurent Obertone
Toutes les réactions (18)
1. 01/03/2010 13:21 - Max
Je m'en vais de ce pas écouter "Heavy Metal" de Johnny Cash. Et je ne voterais pas Europécolojie.
2. 01/03/2010 13:55 - Evan Ard
Cher Laurent, j'ai le sentiment que ce qui se profile derrière la dérive sécuritaire que vous décrivez ici, c'est l'impossibilité, pour la pensée moderne, de concevoir la mort, ou la "fin de vie", selon la novlangue en vigueur, autrement que comme un échec de l'ensemble de la société. Il y a là comme un refus évident d'une existence qui serait essentiellement dramatique, c'est à dire impliquant un choix, une liberté, donc un ensemble de contraintes. L'individu n'a le choix qu'entre une léthargie de l'âme où une conscience douloureuse de l'absence. Il est impossible d'aimer dans cette modernité, il est impossible de concevoir un amour qui serait une aliénation volontaire à l'éternité. Le moderne amoureux est esclave de la terreur que lui inspire la perte, le don de l'être aimé, le sacrifice total, le drame fondamental de tout amour. En confondant la liberté et le possible, la fiction et l'aveuglement, la modernité se prive d'élévation, de transvaluation et finalement, achève de décréer le monde et l'homme avec lui.
3. 01/03/2010 14:28 - Laurent Obertone
Cher Evan, vous avez totalement raison.
L'essence du progressisme, c'est la négation de la réalité. Et ce ne sont pas ses rites pathétiques (marches blanches ou autres lâchers de ballons) qui vont concrétiser le rêve dans lequel il a choisi de s'abandonner.
4. 01/03/2010 17:20 - oncle_sancho
A ce que j'aime ces discours des jeunes fougueux blancs révolutionnaires qui en ont assez de la réduction permanente de leurs libertés dans un pays « en instance de dictature », barricadé par des magistrats à la solde du parti, administré avec ferveur par des fonctionnaires de moins en moins nombreux et finalement de moins en moins soucieux de la qualité des services rendus.
Mais j’ai envie de vous demander, que préférez-vous objectivement : vivre dans le confort de votre appart, rouler en scooter electrique, fumer electronique tout en vous faisant rembourser les frais médicaux ? ou bien vivre en homme libre sur le reste de la planète, en afrique, au proche orient, en amérique latine voir meme en chine en bossant dans une entreprise locale avec un salaire local en habitant un quartier populaire ?
Là c’est sûr vous pourrez rouler sans casque à la vitesse choisie et aspirer un paquet de clopes ou vous voulez. Mais je pense que si on demandait à ces citoyens, « ces derniers hommes libres du 21ème siècle », d’échanger nos places, je crois qu’ils seraient prêt à arreter de fumer à la minute meme et à rouler en électrique toute la sainte journée.
Partez simplement qq années et on en reparlera…
Vous serez je pense très content de retrouver cet excès d’hygiène, de sécurité et de confort de Sarko-land. Et d’ailleurs je ne crois pas que ces nouvelles règles de vie soient le véritable problème. Elles rendent plus difficile c’est vrai la réalisation des rêves de tout un chacun et émascule grand nombre d’entre nous.
Mais le véritable ennemi c’est l’ennui. L’ennui généré par ces excès de bienveillance civile, et que pour des gens qui savent combattre cet ennui, ne plus pouvoir fumer au café et se faire flasher de temps en temps, représentent bien peu de soucis. Ah ces blancs….
5. 01/03/2010 18:11 - Evan Ard
Malheureusement aucune loi à venir n'astreint nos concitoyens à entretenir un minimum d'hygiène dans leurs cerveaux. Visiblement ça devient urgent pour certains. Un petit coup de karcher dans l'encéphale, monsieur "Sancho" ? Apprenez simplement à lire et on en reparlera.
6. 01/03/2010 21:49 - oncle_sancho
Oh le vilain petit sarkoziste qui a bien retenu la leçon de papa!
Le problème pour le pauvre bazané que je suis, habitant une cité que l'on a karcherisé il y a de ça qq années (ce qui n'est d'ailleurs pas un mal dans certains coins), le problème cher Evan c'est que les discours pseudo-philosophico des jeunes bourgeois répétés en boucle (encore puceaux pour certains : "Il est impossible d'aimer dans cette modernité, il est impossible de concevoir un amour qui serait une aliénation volontaire à l'éternité"), ont tendance à m'assoupir et je tiens à m'excuser si j'ai sauté qq paragraphes.
Mais tout cela reste pour moi du domaine du fantasme fictif "espéré", qui donnerait peut-etre un sens à leur vie de certains. D'ailleurs si vous voulez de l'imprévu et une bonne dose d'adrénaline, je peux vous donner qq adresses de coins bien pouraves.
Je conclurais juste en disant que je suis évidemment d'accord avec ce qui a été écrit dans l'article, mais que ca ne sert à rien d'en rajouter des tonnes.
7. 02/03/2010 09:14 - Evan Ard
Sarkoziste ? Bourgeois ? Puceau ? Vous manquez singulièrement d'imagination, mister "Sancho", vraiment, j'aime me faire insulter, mais là je trouve la faiblesse de vos tentatives de bravade presque insultante, pour le coup, faites un effort. Apprenez, d'ailleurs, que c'est Sarkozy qui a plagié et détourné MON karcher. Je remarque encore que nos délirants discours pseudo-philosophiques, -qui n'ont rien de "discours" ou de "philosophie", vous vous méprenez totalement, nous ne sommes pas dans la réacosphère là- bref, nos articles vous endorment tellement que vous venez les lire, mais encore que vous vous donnez la peine de revenir pour souiller nos pages de vos miasmes intellectuels. Laissez moi donc vous expliquer que la cigarette et la vitesse ne sont en rien des "libertés" qui relèveraient effectivement d'une conception toute républicaine du "droit", il ne s'agit là que de prétextes, de symptômes, mais qu'en revanche, le renoncement à la responsabilité qu'implique toute authentique liberté au profit d'une prise en charge totale de la valeur dramatique de l'existence par l'entité étatique est révélateur d'un état d'esprit typiquement français. Je vous laisse le soin de deviner lequel, je suis déjà plus que généreux avec vous.
8. 02/03/2010 12:24 - oncle_sancho
Cher ami, merci pour tes généreuses explications et j’espère que ces quelques « insultes » t’ont quand même fait sourire. Mais que de mots parasites pour exprimer une idée simple. C’est d’ailleurs ce que je reproche à certains articles. Un lecteur intéressé c’est comme une femme prête à s’ouvrir ; à un moment donné il faut arrêter de tergiverser et tout donner. Donner son avis sans concessions, brutalement tout en gardant à l’esprit que le lecteur aimerait souvent y trouver une, ou plusieurs fois de suite, des solutions.
Car c’est bien gentil de parler d’une présence de + en + importante de l’état à tous les niveaux dans la vie des citoyens, mais de quelle vie authentique parles-tu ou espères-tu ? Un mec qui met tous ses espoirs et ses économies dans son entreprise ou son commerce au sein d’un pays materné ne vit-il pas de manière authentique ? Toutes ces centaines de milliers d’assistés du système indépendants qui font tourner l’économie du pays....
Les possibilités sont là et dans pas mal de domaines, il y a juste à les cueillir. Après c’est sûr que si tu as besoin de l’état pour te lever le bras, c’est pas gagné. C’est pas toujours de la faute des autres.
9. 02/03/2010 14:18 - Evan Ard
Mais de rien tonton Sancho, toujours au service du lecteur, j'assure le SAV non officiel. Un sourire ? Non. Si l'agencement de quelques mots simples pour exprimer une idée parasite vous rebute tant, vous pouvez toujours vous rabattre sur la lecture du Journal de Mickey. Une femme ouverte a qui l'on donne tout est une femme qui dilapide sa vertu, on ne donne rien à une femme qui s'ouvre, on lui prend tout, on la dépossède totalement d'elle-même. Si ça vous intéresse toujours, je peux faire de même avec vous, "lecteur intéressé". Le présence de l'État importe peu, ce qui compte, c'est la part de responsabilité que chacun est prêt à endosser ou non. Il n'est pas question de distinguer des besoins mais de juger, et de condamner, les vrais coupables.
10. 02/03/2010 20:34 - oncle_sancho
Enfin évite de traiter toutes les femmes qui te font l'honneur de leurs faveurs de manière puéril, ou tu seras condamné à errer dans les limbes de la Branlette pour longtemps.
Sinon sympa la version Ring web 2.0, un espace de discussion c'est exactement ce qu'il manquait :)
Tuce
11. 03/03/2010 09:16 - Evan Ard
Il n'y a pas, il n'y aura jamais de pluriel pour les femmes de mon coté, il n'y en a qu'une, éternellement, et cela ne regarde que moi. La femme se donne, l'homme s'en saisi, sûr de sa force, de sa valeur et de son amour, c'est là sa dignité. C'est la seule façon d'honorer une femme, croyez moi, tonton Sancho, ce n'est pas une faveur mais une dette, une obligation, chaque homme devra répondre de sa femme. Mais tout le monde ne met pas une majuscule à "branlette", tonton Sancho, je n'escompte donc pas que vous saisissiez toute l'étendue de ma "puérilité". Sur ce, je vous salut jusqu'à notre prochaine "discussion". Bien à vous.
12. 03/03/2010 14:12 - Greg môk
Sancho ;
Qui y-a-t-il de "révolutionnaire" dans les écrits auxquels vous faites référence ? Car ce n'est pas tout d'affirmer, encore un effort de démonstration de ce que l'on avance. Ca serait moins compliqué pour l'intellect. Faites simple. Démontrez ce que vous avancez.
Selon Emmanuel Kant, c'est la tâche du législateur que de faire coexister le plus de liberté possible pour tout un chacun avec le plus de liberté possible pour tous les autres. En d'autres termes, il faut malheureusement que la liberté soit limitée par la loi, c'est-à-dire par l'ordre. L'ordre est une contre-valeur nécessaire de la liberté - une contre-valeur presque logiquement nécessaire. Ainsi en va-t-il de toutes, ou en tout cas de presque toutes les valeurs que nous aimerions savoir réalisées.
Ainsi découvrons-nous que la grande idée de l'Etat providence a ses limites. Il s'avère périlleux de confisquer à un homme LA RESPONSABILITE qui est la sienne vis-à-vis de lui-même et des siens ; et sans doute est-il même discutable dans bien des cas de par trop aplanir toutes les difficultés qui attendent les jeunes gens dans leur lutte pour l'existence. Quand vient à manquer le sens de la responsabilité personnelle immédiate, la vie, semble-t-il, pour bien des gens, peut perdre son sens.
Je viens d'employer l'expression "sens de la vie". Une remarque, tout d'abord, sur la polysémie du terme "sens" dans l'expression "sens de la vie". On l'emploie parfois comme si par là on voulait parler d'un sens caché, immanent - comme on peut parler, par exemple, du sens caché d'une anagramme ou d'une épigramme.
Mais la sagesse pratique des poètes et des philosophes nous l'a enseigné, il faut entendre ce trope d'une autre manière : le "sens de la vie" n'est pas quelque chose de caché que nous pourrions trouver ou découvrir dans la vie, mais quelque chose que nous pouvons nous-mêmes lui donner. Vaquant à nos affaires, travaillant, agissant, par notre conception de la vie, notre abord d'autrui et du monde, nous pouvons donner sens à notre vie.
13. 03/03/2010 15:49 - oncle_sancho
Evan,
C'est tout à ton honneur et je trouve cela très pure et chevaleresque de ta part. Mais que se passe-t'il lorsque l'homme n'est plus aussi sûr de lui et que son amour s'étiole avec le temps ? Il doit alors quitter sa femme car il n'est plus assez digne de la "saisir"?
Si une femme te fait croire cela un jour, quitte la sans tarder.
Un B à branlette pour souligner l'Enfer que cela peut etre.
14. 03/03/2010 17:07 - Evan Ard
Ce qui se passe, c'est que l'homme est question devient vieux, son âme s'est fanée et il approche de l'heure de sa mort. Ce n'est pas une simple question d'âge, bien que l'âge peut participer à ce déclin, mais il s'agit de ruine, de la perte d'enthousiasme et de foi dans la vie. L'amour ne s'étiole pas, ne connait pas d'échec, c'est l'homme qui perd confiance, il a des circonstances atténuantes, mais il faut reconnaitre là sa grande faillite. Cet homme trouvera sa dignité dans le dernier acte, la dernière lueur, invisible, avant l'absence et l'oubli. Il n'y a qu'une femme, il ne peut y en avoir qu'une, on ne peut jamais réellement la quitter, c'est impossible, pour moi ce que vous dites n'a aucun sens.
15. 03/03/2010 17:22 - Greg môk
Sancho ;
Pouvez-vous me dire sur quelle connaissance vous vous appuyez pour écrire que la quantité, dans le sens d'importance, implique automatiquement une meilleure qualité ?
Pouvez-vous ensuite m'expliquer où est l'objectivité de la comparaison entre la vie d'un individu au Zimbabwé et d'un autre en France ?
En effet, vous en appelez à l'objectivité de votre interlocuteur sans vous soucier une seule seconde de savoir si, raisonnablement, votre comparaison est objective...
Puis, pourquoi vous attribuez-vous tant d'autorité en matière de savoir ?
Par ailleurs, si le véritable ennemi des blancs est l'ennui, ce que je suis près à admettre, qu'attendez-vous pour nous démontrer toute l'étendue de votre théorie ?
Enfin, pourquoi posez-vous des questions si c'est pour y répondre vous-même ?
Sur ce.
16. 03/03/2010 18:19 - oncle_sancho
Greg,
Je ne démontre aucune théorie mais de la pratique : j'ai crée mon emploi comme bcp d'autres, cela représente juste ma vie, ca me passionne et je n'ai pas vraiment le temps de m'ennuyer. Voila ma solution.
On pourra tjrs m'imposer des lois toutes plus inutiles et ridicules les unes que les autres et ca ne changera rien.
Adios
17. 03/03/2010 20:13 - Greg môk
"Leur abord fut bien prompt, leur fuite encore plus prompte."
Corneille, "Le Cid", IV, 1, Elvire.
18. 06/03/2010 20:09 - Z is dead
http://www.dailymotion.com/video/xcex3p_eric-zemmour-sur-rtl-01-03-10_news
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Dernière réaction Je m'en vais de ce pas écouter "Heavy Metal" de Johnny Cash. Et je ne voterais pas Europécolojie.  01/03/2010 13:21 Max
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