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La guerre dans le Nevada [dossier spécial]

SURLERING.COM - OUTREMONDE - par Aldo-Michel Mungo - le 02/02/2011 - 1 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

Depuis ses débuts, Red Flag a entraîné les pilotes à survivre à leurs dix premières missions de combat. Toutefois, plus les opérations aériennes sont devenues complexes, plus la pression est montée pour élargir l’objectif d’entraînement de l’exercice.  Un dossier d’Aldo-Michel Mungo, analyste en géostratégie, directeur de la rédaction du magazine militaire Carnets de Vol.



Voilà trente-cinq ans que l’exercice Red Flag apprend aux Blue Four (les lieutenants et capitaines compétents pour piloter leurs appareils mais sans aucune expérience de vol au sein d’une force mixte d’intervention) à survivre au combat. Red Flag a également donné à des pilotes plus expérimentés la possibilité de commander des missions afin d’apprendre la meilleure façon d’employer un dispositif intégré puissant pour permettre à une mission tactique d’atteindre son objectif. Toutefois, les opérations aériennes sont devenues plus complexes avec l’avènement de la guerre en réseaux, des munitions à guidage de précision et les technologies furtives. Les opérations spéciales, l’espace et la guerre cybernétique se sont également intégrées aux forces aériennes de combat, et une pression croissante s’est exercée pour que Red Flag soit modifié de façon à inclure un plus grand nombre de plateformes et à élargir son objectif d’entraînement.

La genèse de Red Flag


On le sait, la genèse de Red Flag remonte à l’époque du Viêt-Nam, lorsque l’efficacité de l’US Air Force s’effondre de façon spectaculaire. Inquiète de cette tendance, l’USAF cherche à identifier la cause profonde de sa baisse de niveau et confie au Tactical Fighter Weapons Center de la base aérienne de Nellis, dans le Nevada, la mission de mener une série d’études sous le nom de code Red Baron. Le but est d’analyser les combats aériens qui se sont déroulés durant la guerre dans le sud-est asiatique.


la base aérienne de Nellis, dans le Nevada, aujourd'hui.

Un rapport provisoire, publié en 1972, identifie trois tendances significatives. Il constate d’abord que les unités de chasseurs polyvalents sont supposées exécuter un éventail de missions tellement large que leurs pilotes manquent de compétence dans tous les domaines. En deuxième lieu, la plupart des pilotes dont l’appareil fut abattu ne virent jamais arriver l’agresseur et ne savaient même pas que l’ennemi avait engagé le combat avec eux. Le rapport conclut que, dans la mesure où les pilotes s’entraînent systématiquement contre des avions américains appartenant à leurs propres escadrons, ils ne sont pas habitués à chercher les avions plus petits et plus agiles conçus par les Soviétiques. Enfin, non seulement les pilotes de l’Air Force sont peu familiarisés avec les tactiques et le potentiel des chasseurs ennemis ; mais ils ne reçoivent pas non plus une formation ni un entraînement employant des tactiques conçues pour exploiter les faiblesses de l’adversaire. Il en résulte qu’ils ne peuvent pas s’adapter aux rapides manœuvres des chasseurs soviétiques lors des combats.

D’autres études, menées à l’époque, constatent que les problèmes d’entraînement et de compétence des équipages se sont prolongés au-delà de la guerre du Viêt-Nam. La société Litton Corporation, par exemple, étudie les tendances du combat aérien dans tous les conflits depuis la Première Guerre Mondiale jusqu’à la guerre du Viêt-Nam et conclut que les dix premières missions de combat d’un pilote sont les plus cruciales. Si les pilotes survivent à ces premières missions, leurs chances de victoire et de survie augmenteraient de façon spectaculaire.



Entraînement progressif et réaliste

Les enseignements tirés de ces études se répandent rapidement dans toute l’US Air Force et ses hauts responsables ordonnent rapidement que des changements spectaculaires soient apportés à l’entraînement des équipages.
L’Etat-major du Tactical Air Command spécifie un «potentiel opérationnel de base» primaire et secondaire pour chaque escadron, permettant aux pilotes de se spécialiser dans des types de missions particulières tels que le combat aérien ou l’attaque au sol. Afin d’aborder les problèmes d’identification des chasseurs ennemis et de mise au point de tactiques permettant d’exploiter ses faiblesses, le programme « Readiness through Realism » (Préparation par voie de réalisme) rend l’entraînement au combat plus intense et réaliste que par le passé.
Une recommandation essentielle du rapport Red Baron déclare qu’un «entraînement réaliste ne peut être obtenu que via une étude des avions ennemis en notre possession et des engagements réels avec ceux-ci ou des appareils de remplacement réalistes».

Le DACT (Dissimilar Air Combat Training) devient par conséquence un élément imposé du programme de qualification aux missions et d’entraînement répétitif d’un pilote. Entre 1972 et 1976, l’USAF crée quatre Aggressor Squadron utilisant des avions d’entraînement T-38 puis des chasseurs F-5 peints dans des couleurs rappelant celles des avions soviétiques. Ces Squadron sont spécifiquement créés pour permettre un DACT aux pilotes de chasse. Au lieu de piloter ces avions comme le feraient des pilotes américains, les pilotes agresseurs apprennent et adoptent les manœuvres et les tactiques de leurs homologues soviétiques.



le 18ème Agressor Squadron





Un cinquième Aggressor Squadron est également créé secrètement et basé à Tonopah où il vole avec des appareils soviétiques récupérés par diverses filières.

En 1975, le TAC lance le programme Coronet Real pour améliorer l’entraînement à l’attaque au sol en améliorant les polygones d’exercice avec l’implantation d’objectifs réalistes, de simulateurs de menaces et de matériel d’évaluation. Les polygones d’exercice offraient auparavant des cibles génériques telles que des points de mire peints ou des empilages de fûts de mazout qui ne ressemblaient à aucun véritable objectif ennemi. Les polygones d’exercice sont donc améliorés grâce à des complexes d’objectifs plus réalistes utilisant souvent du matériel militaire de surplus, y compris des concentrations de chars ainsi que des maquettes de batteries de missiles surface-air (SAM) ou d’artillerie antiaérienne (AAA) et même de vastes complexes industriels et des bases aériennes construites suivant le modèle soviétique. Le programme crée également des polygones de guerre électronique sur les bases aériennes de Nellis et d’Eglin qui utilisent des simulateurs de menaces terrestres imitant un IADS (Integrated Air Defense System) dans le style soviétique. En plus d’émettre des signaux semblables aux menaces qu’ils reproduisent, ces simulateurs radar SAM et AAA électroniques poursuivent les avions visés et enregistrent les écarts sur ordinateur pour évaluer l’efficacité des contre-mesures prises par les pilotes.



Coronet Real inclut plusieurs initiatives d’instrumentation des polygones d’exercice afin de collecter et de présenter des informations détaillées destinées à l’entraînement des équipages. Des caméras vidéo asservies aux radars de poursuite SAM capturent les images de la réaction d’un pilote pris pour cible, permettant une remontée d’informations précieuses sur le succès (ou l’échec) des tactiques évasives. Un matériel de notation optique mesure avec précision le point d’impact de munitions réelles ou inertes larguées par des avions d’attaque.

Enfin, le projet ajoute un système de poursuite ACMI (Air Combat Maneuvering Instrumentation) révolutionnaire pour suivre et surveiller les appareils survolant les polygones et reconstituer les engagements d’entraînement au combat aérien. En 1975, le TAC affecte plus de 200 millions de dollars à l’amélioration des polygones d’exercice ; fonds dont la plus grande partie est aiguillée vers le complexe d’entraînement de Nellis.

Naissance de Red Flag


C’est dans ce contexte qu’un groupe de pilotes, travaillant au Directorate of Operations du quartier général, propose le passage à un entraînement d’un niveau supérieur. Armés des résultats d’études antérieures, ils suggèrent la création d’un exercice dans lequel les jeunes pilotes pourraient faire l’expérience du combat aérien et essayer de nouvelles tactiques dans un environnement d’entraînement réaliste mais sans danger. Un document d’information intitulé « Red Flag: Employment Readiness Training » présente le ConOps (Concept of Operations) lors d’un symposium sur l’armement organisé en avril 1975. Il identifie la possibilité d’utiliser les ressources existantes à Nellis  (les deux Aggressor Squadron, les cibles, les menaces et l’instrumentation) pour créer un exercice de deux semaines conçu pour aguerrir les pilotes inexpérimentés. Le CONOPS envisage l’utilisation d’un gestionnaire central de Red Flag appelé White Force  pour superviser l’entraînement des forces aériennes tactiques Blue Force, diriger l’emploi de la Red Force et mener des débriefings destinés à identifier les erreurs et à recommander des tactiques améliorées.
Dans le cadre du concept Red Flag, les unités d’appareils opérationnels Blue Force seront affectées en alternance à Nellis pour des déploiements d’un mois, alors que les pilotes auraient un tour de deux semaines. Les scénarios Red Flag, seraient adaptées au potentiel opérationnel spécifié pour une unité particulière, en réservant 75 % des sorties à la mission principale de l’unité. Le ConOps prévoit également une approche progressive se concentrant d’abord sur l’entraînement individuel des pilotes avant de passer progressivement à des missions d’attaque mixtes lors de la dernière phase de la période Red Flag.

Pour terminer, le ConOps envisage Red Flag comme un exercice d’entraînement sur mesure, offrant des scénarios spécialisés aux équipages des avions de transport, aux bombardiers du SAC (Strategic Air Command), aux forces d’opérations spéciales et mêmes aux participants interarmées envoyés par l’Army, la Navy et les Marines. Même s’il identifie le polygone d’exercice de Nellis comme l’aire principale pour l’entraînement Red Flag, le ConOps recommande également l’utilisation d’autres polygones d’exercice dans tout le sud-ouest des Etats-Unis pour élargir la portée et l’ampleur de l’exercice.
Le commandant du TAC, le général Robert Dixon, approuve le concept et le premier exercice Red Flag commence le 27 novembre 1975.

Premières étapes de l’évolution des exercices Red Flag


La première année, 9 exercices ont lieu au cours desquels s’entraînent 2.500 pilotes de tous les commandements de l’USAF, de la Réserve, de la Garde nationale, des Marines, de la Navy et de l’Army. Se produisent plusieurs évènements marquants, y compris un entraînement interarmées à grande échelle avec l’Army à Fort Irwin, en Californie, ainsi que l’intégration des tests et de l’évaluation opérationnelle du F-15 et de l’A-10 à l’exercice. Pratiquement tous les rapports, présentés à l’issue des exercices menés au cours de cette première année, louent également la possibilité donnée à des unités d’élaborer et d’évaluer de nouvelles tactiques contre un adversaire réaliste et à grande capacité d’adaptation. Bien que les taux d’accidents enregistrés lors des quatre premières années de Red Flag aient été quatre fois supérieurs à la moyenne du TAC, les hauts responsables de l’Etat-major restent décidés à poursuivre cet entraînement.

L’énorme succès de Red Flag conduit l’US Air Force à envisager d’autres moyens d’améliorer l’entraînement au combat. En 1976, le TAC crée l’exercice Blue Flag afin de permettre l’entraînement dans des conditions réalistes du personnel des installations terrestres et plateformes aéroportées de commandement et contrôle (C2). A l’exemple du TAC, les forces aériennes du Pacifique créent un exercice d’entraînement appelé Cope Thunder, utilisant pour cela leur escadron agresseur et leurs polygones d’exercice des Philippines ; à l’heure actuelle il se déroule en Alaska sous le nom de Red Flag Alaska. Les alliés des Etats-Unis comprennent eux aussi la valeur d’un entraînement réaliste et, en 1978, le Canada accueille le premier exercice Maple Flag, dans lequel figure un entraînement sur le modèle de Red Flag dans un environnement rappelant plus étroitement celui de l’Europe orientale. En 1981, lorsque l’Army crée le centre national d’entraînement de Fort Irwin, l’USAF élimine l’entraînement à l’appui aérien rapproché de Red Flag et crée l’exercice Air Warrior pour s’y intégrer.

Le bond significatif suivant a lieu lorsque le général Wilbur L. « Bill » Creech, qui commande le TAC de 1978 à 1984, institue l’exercice Green Flag à Nellis. Mené à l’origine deux fois par an, il ressemble à Red Flag mais ajoute de nouveaux acteurs à la Blue Force : plateformes de collecte du renseignement, avions de guerre électronique et planificateurs de l’Etat-major. L’accent mis par Green Flag sur la guerre électronique est spécialement destiné à répliquer à l’opinion qui règne au sein du TAC et selon laquelle les pilotes doivent voler à basse altitude pour échapper à la menace des missiles surface-air à moyenne altitude. Dans la mesure où cette pratique place les avions à la portée de l’artillerie antiaérienne, le général Creech considère qu’une telle logique est défectueuse. Sur ses instructions, les acteurs de la Blue Force doivent d’abord déployer des systèmes de combat électronique, pour neutraliser les défenses aériennes de l’ennemi et s’assurer la supériorité aérienne aux altitudes moyennes, avant d’attaquer les objectifs en profondeur.


une mission Green Flag aujourd'hui

Les pilotes élaborent rapidement de nouvelles tactiques afin de faire face aux défis que représentent les opérations à plus haute altitude. Pendant sa période de commandement, le général accroit également l’ampleur de Red Flag et de Blue Flag ainsi que celle des programmes d’amélioration continue des polygones d’exercice en investissant plus de 600 millions de dollars dans l’acquisition de nouveaux systèmes créateurs de menaces et cibles.
Ces nombreuses initiatives vont complètement transformer la culture d’entraînement de l’USAF.

Les exercices actuels, qui représentent de 8 à 10 périodes de deux semaines chaque année, assurent l’entraînement de plus de 13.000 pilotes, analystes du renseignement et membres du personnel de soutien. Les exercices Red Flag font intervenir divers avions de combat, de transport et d’opérations spéciales américains et alliés effectuant des missions telles que supériorité aérienne, interdiction, guerre électronique, soutien au transport aérien, recherche et sauvetage, C2ISR (Command, Control, Intelligence, Surveillance, and Reconnaissance). Comme par le passé, l’exercice teste aujourd’hui la capacité de la Blue Force à s’opposer à une force ennemie évoluée exerçant une menace robuste qui utilise des tactiques de confrontation de plus en plus complexes. Mais les nouvelles initiatives introduites au cours des dernières années ont toutefois accru l’envergure et la complexité des exercices Red Flag d’aujourd’hui, peut-être au détriment de l’entraînement réaliste des pilotes.

Le centre d’opérations de Nellis

Le changement peut-être le plus significatif apporté à la structure de Red Flag, lors de la décennie écoulée, fut l’établissement du CAOC (Combined Air and Space Operations Center) à Nellis.
En juillet 2000, le Chef d’état-major publie un message donnant un aperçu de sa vision d’un entraînement réaliste au niveau opérationnel, exactement comme l’avait fait le TAC pour l’entraînement tactique lors des 20 années précédentes. Le message précise que «L’US Air Force inclura désormais tous ses moyens  et planifiera ses entraînements dans un environnement devant inclure le commandement et un contrôle en temps réel. ». Cette directive conduit à la création d’un CAOC auquel est confiée la mission d’incorporer au niveau opérationnel l’ensemble des entraînements, tests et exercices exécutés à Nellis, y compris Red Flag.
Disposant d’un noyau d’experts pour faciliter l’entraînement, le CAOC de Nellis représente un établissement prêt au combat permettant au personnel, qui y est détaché par les AOG (Air Operations Group), de mener un entraînement de niveau opérationnel. Dans la pratique, un état-major complet du CAOC se déploie pour un exercice Red Flag afin d’atteindre des objectifs précis d’entraînement des AOG.
Pour accroître la complexité, le CAOC s’intègre également à un exercice d’entraînement à base de simulations baptisés Virtual Flag, mené par le 505th Distributed Warfare Group de la base aérienne de Kirtland (Nouveau Mexique). Initialement appelés Desert Pivot, ces exercices donnent aux acteurs de la Blue Force un entraînement constructif avec des simulateurs interconnectés et un entraînement virtuel (jeux de guerre informatisés). L’élaboration et l’exécution d’un ordre de mission met l’accent sur le choix de cibles temporaires. Même en l’absence d’un AOC de la Blue Force, l’état-major du CAOC de la White Force offre aux pilotes un entraînement dont les moyens de traitement communiquent les coordonnées actualisées des objectifs aux avions de commandement et de contrôle durant l’exécution des missions.

Toujours en 2000, l’ACC  (Air Combat Command) décide que deux périodes Red Flag seront désormais consacrées à des exercices à participation restreintes afin d’intégrer des programmes à accès réservé. Cet exercice spécial familiarise les participants à des moyens opérationnels qui n’ont pas été évoqués précédemment à Red Flag. Ils ont pour but de former les planificateurs et les pilotes aux capacités spéciales et programmes d’armement et moyens classifiés. Grâce à la liberté de planifier et de débriefer à un niveau de classification plus élevé, ces exercices ajoutent un certain nombre d’éléments inhabituels et des moyens spéciaux. Ces exercices se sont révélés déterminants pour rassembler des forces précédemment isolées du fait de leur statut secret.

Red Flag a également modifié ses objectifs d’entraînement en intégrant les éléments de guerre électronique des exercices Green Flag qui sont désormais dédiés à l’appui aérien rapproché (CAS) et qui ont absorbé Air Warrior. Désormais les EA-6B de la Navy et des Marines ainsi que les F-16CJ de l’USAF participent à tous les exercices Red Flag pour brouiller ou attaquer les radars ennemis dans des missions SEAD (Suppression of Enemy Air Defenses). La prolifération des munitions guidées par GPS (Global Positioning System) a également conduit à mettre encore plus l’accent sur le bombardement des batteries ennemies de missiles et d’artillerie antiaérienne, une mission connue sous le nom de DEAD (Destruction of Enemy Air Defenses). En outre, les exercices Red Flag à participation exclusivement américaine incorporent un vaste ensemble de systèmes capables de s’attaquer aux réseaux ennemis de défense aérienne, par des moyens cinétiques, électronique ou cybernétique.

Le regroupement en forces expéditionnaires aériennes


Une autre initiative récente implique le regroupement des unités se déployant pour participer à Red Flag pour former une AEF (Air and Space Expeditionary Force) dans le cadre de leur rotation respective. C’est ainsi qu’en 2000, l’ACC décida d’utiliser Red Flag comme l’évènement couronnant l’entraînement d’une unité lors de son « accélération » vers son déploiement dans une AEF.
En se déployant pour Red Flag en AEF, les unités peuvent apprendre comment opérer ensemble et résoudre tout problème de coordination avant leur déploiement effectif. L’escadre leader de l’AEF devient l’« escadre noyau » pour l’exercice et son commandant utilise Red Flag pour donner le ton au déploiement et l’orienter.

En 2002, le commandement des forces interarmées ordonne qu’une période de Red Flag soit désignée tous les deux ans comme « exercice d’entraînement à l’interopérabilité interarmées catégorie 2 ». L’objectif est d’évaluer l’intégration dans un certain nombre de tâches d’interopérabilité interarmées, y compris l’appui aérien rapproché, la récupération de personnel, les missions d’appui feu et les missions SEAD.
Même si Red Flag a toujours inclus une participation interarmées, cet exercice spécialisé exige des participants qu’ils intègrent les moyens au lieu de simplement éliminer les contradictions affectant les opérations comme par le passé. Lors de Red Flag 03-2, le premier des nouveaux exercices interarmées, en janvier 2003, la 101ème division aéroportée de l’Army a déployé 24 hélicoptères d’attaque AH-64 Apache pour mener des missions d’intervention en profondeur appuyées par les moyens de suppression des défenses aériennes et les chasseurs de l’USAF. En outre, les exercices du National Training Center de Fort Irwin (accueillant le IIIème corps de l’Armée et ceux d’Air Warrior) se déroulaient exceptionnellement en même temps que Red Flag. Ayant chacun adopté un scénario de menaces communes, ils ont été exécutés et évalués en gardant l’intégration interarmées à l’esprit.
On le voit, les récents changements apportés à la structure et à l’objectif de Red Flag vont désormais bien au-delà du simple fait d’entraîner les Blue Four à l’exécution de leurs dix premières missions de combat ; il permet maintenant d’effectuer un entraînement réaliste au niveau opérationnel d’un conflit. Certains défis significatifs continuent toutefois à limiter la valeur de l’entraînement réaliste dans le cadre de Red Flag.



Polygones d’exercice et outils d’évaluation démodés

Une évaluation du premier exercice Red Flag notait que « l’implantation des menaces ne produit aucun harcèlement dans la ou les zones d’objectifs » et que la « densité des menaces est insuffisante et n’inclut pas l’équipement générateur de menaces le plus récent ... pour garantir que l’entraînement accompli et les tactiques employées soit réalistes ».
Lors des premiers exercices, les formatons aériennes devaient traverser, sur le chemin des objectifs,  un polygone d’entraînement à la guerre électronique, simplement pour permettre l’acquisition d’une expérience de vol dans un environnement très dangereux. Bien que Red Flag intègre désormais une combinaison encore plus large de moyens, Nellis ne dispose pas d’une Red Force possédant un éventail de moyens complets contre laquelle les participants de la Blue Force peuvent planifier et opérer.

A la fin des années ‘90, le Nevada Test and Training Range (NTTR) n’avait pas beaucoup changé depuis la création de Red Flag, la majorité de ses cibles continuaient à rassembler des objectifs et menaces de type soviétique. Les simulateurs terrestres ne pouvaient imiter que des menaces d’anciennes générations telles que les SA-2, SA-3, SA-6, SA-8, Roland et radars de contrôle de tir d’artillerie antiaérienne ; des systèmes semblables à ceux rencontrés en Irak à l’occasion de Desert Storm. En outre, le manque de main d’œuvre limitait le nombre et la durée de service des émetteurs de menaces sur lesquels s’appuie l’activité du polygone.

De façon plus significative, les sources de menaces ne pouvaient émettre qu’un signal déclenchant le récepteur d’alerte radar d’un chasseur. Elles ne permettaient pas un entraînement utile pour les participants C2ISR, furtifs ou de guerre électronique qui normalement surveillent et prennent pour cibles les systèmes, liaisons et nœuds de communications associés d’un vrai système de défense aérienne intégré ennemi. De nombreux participants, n’employant pas leurs systèmes comme ils l’auraient fait dans un conflit réel, ne recevaient pas le niveau d’entraînement réaliste optimum.

Le manque de simulateurs de menaces reproduisant la génération la plus récente de SAM (SA-10, SA-11, SA-12 et SA-20) signifiait que les participants à Red Flag s’entraînaient contre une menace moins sérieuse que celle à laquelle ils devraient probablement faire face pendant des combats. Aucun pilote volant sur avion non furtif n’affronterait volontairement sans soutien ces systèmes très performants. En ne s’entraînant pas dans un environnement de menaces réalistes, les participants acquièrent une sensation trompeuse de sécurité, à leur retour de Red Flag, après avoir survécu avec succès à leurs dix premières missions de combat contre des menaces limitées. Ce problème ne pouvait que s’aggraver exponentiellement lorsque le F/A-22, système conçu pour répliquer aux menaces aériennes et terrestres les plus récentes, deviendrait opérationnel.

Se posait également le problème d’une menace réaliste à basse altitude. En effet, pendant les premiers jours de Desert Storm, les Etats-Unis et leurs alliés apprirent rapidement que les chasseurs opérant en dessous de 1.000 pieds se mettaient gravement en danger. Enfin, les outils d’évaluation n’avaient pas non plus beaucoup évolué et suivi le même rythme que l’évolution des moyens aériens et interarmées.
Comme les objectifs de Red Flag se sont élargis, il en a été de même de la nécessité pour le compte-rendu collectif de faire apparaître les effets de toutes les actions au niveau opérationnel. Les divers outils d’évaluation à la disposition de l’état-major de la White Force pour saisir les données, bien que suffisants pour reconstituer une guerre d’attrition (nombre d’avions abattus et proximité des impacts de bombes par rapport aux objectifs visés), ne mesuraient pas l’efficacité des opérations basées sur les effets de la Blue Force.

Il a bien fallu se rendre compte qu’au fur et à mesure que Red Flag a intégré de plus en plus d’éléments d’entraînement spécialisé (choix des objectifs temporaires et des moyens de traitement, recherche et sauvetage en situation de combat, transport aérien, opérations spéciales et démantèlement d’un système de défense aérienne intégré au moyen d’outils d’opérations furtives, spatiales et de collecte de renseignement brut), l’exercice a en partie perdu de vue l’entraînement des Blue Four et leurs 10 premières missions. Chaque nouvel élément d’entraînement est souvent introduit aux dépens d’un autre.

Enfin, on ne sait toujours pas très bien comment mesurer les besoins d’entraînement opérationnel du personnel déployé au CAOC en fonction de l’entraînement tactique que les pilotes reçoivent en effectuant leurs dix premières missions de combat. Plus Red Flag met l’accent sur l’exécution du commandement et le contrôle en temps réel, moins les pilotes reçoivent un entraînement à la planification décentralisée et à l’exécution des missions. Par exemple, la possibilité de changer la mission pour un assaut contre des objectifs temporaires, lors d’un vol  reproduisant une mission d’opération à grande échelle, permet un entraînement remarquable du personnel de l’AOC de la Blue Force et des plateformes C2 aéroportées. Ce même entraînement porte toutefois atteinte au format utilisé traditionnellement lors de Red Flag pour planifier une mission, l’exécuter comme prévu, puis analyser les résultats afin de déterminer si les échecs sont dus à des défauts de planification ou d’exécution. Il est clair qu’il y a avantage à tester les opérations menées dans un AOC lors de vols d’exercice, y compris en ayant un compte-rendu collectif intégré au cours duquel le personnel de l’AOC peut recevoir des informations en retour des pilotes.

Un entraînement inégal pour les AEF


Comme indiqué, les exercices Red Flag menés aujourd’hui ne sont pas tous sur un pied d’égalité. Certains rassemblent une combinaison de plateformes et moyens  furtifs, de C2ISR, de guerre électronique, spatiale et de collecte de renseignement dans le cadre d’un exercice qui reflète fidèlement la façon dont les forces aériennes interarmées combattront lors des conflits à venir. Ses participants s’entraînent aux opérations à grande échelle dans un environnement à haut risque avec le soutien de sources C2ISR et d’un AOC à effectif complet. Comparons-le au Red Flag traditionnel, qui n’offre pas de plateformes furtives, de moyens spatiaux et de guerre cybernétique ni de personnel d’AOC de la Blue Force. Un autre exercice, Maple Flag, offre un objectif d’entraînement analogue à celui de Red Flag mais inclut un échantillon moins diversifié de participants et une menace moins robuste. Malgré les différences significatives qui existent aujourd’hui entre les différents exercices l’Air Force les considère tous comme des exercices d’entraînement réaliste équivalents.

En avril 2003, le DoD ordonna dans le document Transformation Planning Guidance une transformation de l’entraînement des forces armées devant refléter les changements qu’ont connus les moyens et techniques dans l’après-guerre froide : « le  régime rigoureux d’entraînement dans des conditions réalistes auquel sont soumises nos forces armées permet à celles-ci de profiter d’avantages extraordinaires sur le champ de bataille. . . Si nous voulons que ces avantages persistent à l’avenir, nous devons transformer notre entraînement comme nous transformons le reste de nos forces. »

D’une certaine façon, la transformation de Red Flag débuta peu de temps après la naissance de cet exercice en 1975. La combinaison de nouveaux participants et d’un objectif d’entraînement élargi a eu pour résultat un exercice totalement nouveau qui reflète la transformation du potentiel des forces interarmées. Les exercices Red Flag vont aujourd’hui au-delà des Blue Four. Alors qu’à l’origine Red Flag se terminait par une mission d’opérations à grande échelle, aujourd’hui c’est ce par quoi il commence. Au lieu d’entraîner les Blue Four à survivre aux dix premières missions, Red Flag entraîne aujourd’hui une équipe interarmées/multinationale à survivre à dix missions de combat grâce à l’intégration tactique et opérationnelle de moyens d’escorte, d’intervention, de C2ISR et cybernétique afin de neutraliser le potentiel de combat d’un ennemi. Il est certain que l’entraînement individuel des pilotes reste important et que Red Flag continue à le permettre. Il offre désormais aux participants la possibilité de s’entraîner comme ils combattront ; comme équipe interarmées et multinationale intégrée.

Modernisation à grande échelle des polygones

Plus que tout autre facteur, c’est l’état du NTTR qui détermine la qualité de l’entraînement offert par Red Flag. Le changement spectaculaire des moyens de la Blue Force et l’élargissement de l’objectif de l’entraînement n’ont pas inspiré un effort équivalent de modernisation des moyens du polygone ou des outils d’évaluation. Afin de s’attaquer à cette insuffisance significative, l’USAF a pris l’initiative d’une amélioration afin d’accroître la fidélité de l’entraînement et des exercices. Elle modernise le système de défense aérienne, pouvant simuler les systèmes de la dernière génération, et présente de nouveaux objectifs réalistes. Le polygone incorpore désormais également une combinaison de simulateurs de missiles surface-air à basse altitude et d’artillerie antiaérienne réaliste avec un personnel suffisant pour prendre en charge les opérations 24 heures sur 24. Les scénarios d’entraînement évoluent pour refléter la menace la plus dangereuse, telle qu’un adversaire moderne est susceptible d’utiliser. Enfin, les améliorations incluent également des ensembles d’objectifs modernes tels des installations souterraines renforcées, des complexes d’objectifs dans un milieu urbain, et des objectifs mobiles comme des convois et lanceurs de Scud.

A la suite de l’ajout d’une composante de niveau opérationnel, les participants peuvent mieux comprendre les conséquences opérationnelles de leurs missions intégrées. De nouveaux outils d’évaluation, offrant des sources de données en temps réel, font apparaître l’efficacité de la guerre électronique.
De nouvelles procédures supervisées par les évaluateurs de la White Force aident également à combler les vides dans la reproduction réaliste des menaces. Par exemple, il peut être impossible de simuler et d’évaluer l’effet de l’artillerie antiaérienne non guidée sur le polygone. Les évaluateurs peuvent toutefois utiliser l’ordre de bataille terrestre de la Red Force pour déterminer les zones à haut risque où l’artillerie antiaérienne fait feu sur les avions, puis utiliser des méthodes statistiques pour déterminer si les avions survolant ces zones à basse altitude ont été endommagés ou abattus.

Comme indiqué, les exercices Red Flag ne sont pas tous sur un pied d’égalité. En particulier, les exercices à participation restreinte sont uniques en termes de composition des forces et d’objectif de l’entraînement ; il est par conséquent impossible de les comparer à leurs équivalents standards. En termes de composition des forces, ils ressemblent aux anciens exercices Green Flag, avec participation accrue des fonctions de C2ISR, de combat électronique, et de focalisation opérationnelle. Ils sont les premiers bénéficiaires de la modernisation du NTTR.

En entraînement particulier peut être intégré à un Red Flag standard sans changer de manière significative la focalisation de l’exercice dans son ensemble. Afin de classer par ordre de priorité les éléments de la panoplie de plus en plus complexe d’entraînement de Red Flag et d’en éliminer tout conflit, le commandement utilise des modules d’entraînement semblables aux scénarios spécialisés élaborés pour l’exercice initial. Des modules qui se complètent, telles que l’attaque et la reconnaissance, peuvent être employés simultanément et ne pas demander un supplément de temps passé sur le polygone pour exécuter la mission. D’autres modules dont les objectifs sont en conflit (destruction des défenses aériennes de l’ennemi, entraînement au traitement des menaces terrestres) doivent être coordonnés. Une partie de l’entraînement peut être étalée, en ajoutant un entraînement au choix des objectifs temporaire et des moyens de traitement à la fin d’une mission Red Flag, ou peuvent même se dérouler sur plusieurs jours, comme une campagne consacrée au démantèlement d’un système de défense aérienne intégré, sans nécessiter obligatoirement la participation de toutes les unités.

La modularisation des entraînements pour Red Flag offre un moyen idéal de programmation, de suivi et de gestion de la multitude de types d’entraînements qu’exigent les forces interarmées et coalisées. L’entraînement modulaire lors de Red Flag permet également à la White Force de classer par ordre de priorité les entraînements quotidiens et identifie clairement les bénéficiaires et objectifs principaux de l’entraînement pour chaque mission. Le classement par ordre de priorité permet à la White Force de garantir qu’un entraînement propre à Red Flag prend la priorité sur celui qui est offert ailleurs. Par exemple, Red Flag est l’un des rares exercices au cours desquels les pilotes d’avions tactiques peuvent s’entraîner aux opérations à grande échelle dans un environnement à haut risque. La plus grande partie de l’entraînement d’un CAOC peut toutefois se dérouler également lors d’exercices virtuels. La création de modules permet aux planificateurs de Red Flag d’intégrer le nombre croissant d’entraînements spécialisés sans porter atteinte à l’entraînement Blue Four.

Une approche modulaire s’adapte aux exigences propres à l’entraînement des participants appartenant aux forces interarmées et coalisées. L’entraînement interarmées à Red Flag est devenu  ainsi de plus en plus important au fur et à mesure que l’initiative de Joint National Training Center  (Centre national d’entraînement interarmées), du Secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, qui faisait partie des directives de planification, a pris forme. Le JNTC cherche à jouer au niveau interarmées le rôle de préparation que RF joua pour l’Air Force dans la période qui suivit la guerre du Viêt-Nam. Il vise à intégrer les polygones d’exercice, à créer un plus grand nombre d’exercices interarmées et à améliorer la technologie pour intégrer l’entraînement.

Les nombreux changements apportés récemment ont résulté de l’initiative individuelle des états-majors de Red Flag et du CAOC de Nellis. Toutefois les hauts responsables de l’USAF qui étaient opposés à ces initiatives, ou ignoraient simplement leur existence, ont souvent sapé cette approche. Il en résulte que la transformation au coup par coup de Red Flag a réduit le réalisme de l’exercice et a tendu à lui faire perdre de vue son objectif d’entraînement. Par exemple, les décisions d’inclure le CAOC, ainsi que les moyens C2ISR, n’ont pas été accompagnées des autorisations d’accroissement du personnel ni de l’augmentation du financement qui permettraient d’apporter les améliorations dont les polygones ont besoin et qui offriraient à ces nouveaux participants un meilleur environnement. L’autre vérité est que le personnel de Red Flag n’a ni la formation ni les ressources nécessaire pour effectuer un examen complet de la transformation de l’entraînement offert par l’exercice.
Pour garantir une gestion correcte de la transformation de Red Flag, l’état-major de l’US Air Force doit aider le personnel de Red Flag à identifier de nouveaux objectifs d’entraînement, documenter les besoins en ressources et guider la transformation de Red Flag en exercice de combat aérien interarmées réaliste et véritablement intégré.

Tout comme il le fit à l’origine, Red Flag continue aujourd’hui à permettre aux aviateurs inexpérimentés d’effectuer leurs dix premières missions de combat dans un environnement d’entraînement difficile. Les exercices vont encore plus loin en offrant à des pilotes chevronnés la possibilité d’effectuer une opération à grande échelle contre une combinaison diversifiée de menaces et d’objectifs. Red Flag a même réussi à incorporer divers participants représentant les forces interarmées et coalisées, exactement comme l’avaient prévu ses créateurs démontrant que l’exercice fut dès le départ conçu pour être modulaire, extensible et interarmées.
Il est tout aussi clair que, si les changements actuellement apportés à Red Flag ne sont pas gérés correctement, ils nuiront à son réalisme et à sa valeur d’entraînement. En l’absence de ressources supplémentaires et d’un meilleur classement par ordre de priorité des objectifs d’entraînement, Red Flag offrira soit un entraînement limité à tous les participants soit un entraînement remarquable à un nombre limité de participants. Pour faire passer l’entraînement réaliste au niveau supérieur, l’Air Force doit investir le temps, l’argent et la réflexion nécessaire pour relever les défis significatifs qui handicapent actuellement l’entraînement.
Grâce à Red Flag l’USAF a la possibilité de favoriser une ère nouvelle d’entraînement réaliste qui met l’accent sur l’intégration des moyens de combat interarmées, la conduite de la guerre en réseau et l’incorporation correcte de la nouvelle génération de moyens cinétiques. Mais le passage de Red Flag à ce nouveau niveau d’entraînement ne sera pas aussi économe que l’exercice le fut à l’origine, lorsqu’il ne fit que combiner des moyens d’agression et des polygones d’entraînement préexistants. La transformation de Red Flag ne se fera pas sans la participation active de la communauté opérationnelle et le soutien des responsables du Secrétariat à la défense.

Pour réussir, une telle transformation doit être planifiée et guidée. Le succès ne se mesurera que lorsque les pilotes de la prochaine génération reviendront sans encombre de leurs premières missions de combat en louant Red Flag pour les avoir préparé au combat aérien.

Aldo Michel Mungo


Toutes les réactions (1)

1. 22/02/2011 17:20 - alain remi

alain remi Excellent article, très belles photos, félicitation Aldo.

Ring 2012
Aldo-Michel Mungo par Aldo-Michel Mungo

Universitaire, analyste en géostratégie Directeur de la rédaction du magazine militaire Carnets de Vol.

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Excellent article, très belles photos, félicitation Aldo.

alain remi 22/02/2011 17:20 alain remi
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