Sur le RING

Ce que les français de l’étranger nous disent

SURLERING.COM - THE BOOKMAKER - par Alain Jamot - le 19/04/2010 - 43 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

 

Voilà un livre qui s’attaque à une réalité trop souvent ignorée : si la France accueille beaucoup par les temps actuels, elle voit aussi nombre de ses enfants s’en aller. Près de trois millions de Français vivent hors de l’Hexagone, et pour bon nombre d’entre eux, c’est une délivrance. Jamais autant d’entre eux, jeunes ou moins jeunes, n’avaient choisi de vivre sous des cieux plus cléments. Ils deviennent même une force d’appoint non négligeable dans un scrutin serré : trois millions de voix dans une présidentielle, ça compte.


J’en parlerai d’autant plus aisément que c’est mon cas, et que vivre en Allemagne, vivre à Berlin est chaque jour une fête. Pourquoi ? Des raisons simples tout d’abord : le coût de la vie, l’immobilier, la qualité de l’environnement. Des raisons toutes simples qui deviennent des grandes décisions. Saviez-vous qu'on loue des milliers de villas de 200 m² en moyenne sur front de mer espagnol  ou des villes intensément culturelle comme Séville ou Madrid pour 500/600 euros mensuels ? Saviez vous qu'on loue de somptueux lofts dans de grandes villes américaines pour des prix similaires ? On peine à réaliser la dégradation des existences parisiennes pour qui n’a pas la chance d’être un héritier ou un privilégié : taudis immondes loués ou vendus à des prix délirants dans des quartiers infâmes, criminogènes, sans espaces verts. Le Figaro nous apprend même que Paris serait devenu la ville la plus chère du monde. On se demande bien pourquoi. Son rayonnement culturel, politique, financier ou économique est loin de justifier un tel statut. La province, sans atteindre des prix aussi obscènes, se réjouit de rendre chaque jour plus difficile l’existence quotidienne de l’essentiel de la population en spéculant elle aussi dans l’immobilier. Sans compter les fameuses garanties, cautions, qui disqualifient tous ceux qui souhaiteraient s’en sortir seuls. Pays de rentiers.

Christian Roudaut ne parle étrangement pas de cette dimension, et préfère se concentrer sur ce que l’on connaît déjà : les frilosités et les rigidités du marché du travail, la haine nationale envers ce qui ressemble à un risque ou une initiative personnelle. Les exemples nombreux de Français peu ou pas diplômés vivant leur rêve amènent immanquablement à se poser des questions sur le mode de fonctionnement de notre beau pays. Peut-on raisonnablement espérer une baisse réelle du chômage en s’arc-boutant sur les fameux parchemins, la naissance, les réseaux qui font qu’on accède à une vie confortable jusqu’à la retraite ou non ? Ne rêvons pas, dans le reste de l’Europe, la vie n’est pas non plus toute rose, et je ne parle pas des USA. Mais curieusement, avec moins d’aide de l’Etat, on s’en sort souvent mieux. Etrange paradoxe français.

Christian Roudot s’entretient également avec des artistes exilés, Yannick Noah (moyen), Charlélie Couture (intéressant), Marc Lévy (passionnant). On aurait souhaité qu’il puisse se poser aussi la question suivante : pourquoi des écrivains parmi les plus importants de la scène française comme Houellebecq, Dantec, ou pourquoi pas Ndaye choisissent-ils de vivre loin d’ici ? La dimension fiscale n’épuise pas la question, loin de là. Pourquoi un type comme Sollers, grand pourfendeur de la France moisie et new-yorkais autoproclamé, reste-t-il scotché à son bureau de chez Gallimard et au micro-milieu de l’édition, avec des tirages et une influence en baisse constante ? Comme s’il fallait s’éloigner de la France pour pouvoir l’écrire sans subir les modes, oukases et autres joyeusetés, comme s’il fallait s’éloigner de Paris pour rester soi-même et en phase avec son lectorat réel…





On choisit aussi de s’éloigner de la France parce qu’on l’aime tellement qu’on ne la supporte plus, qu’on n’en peut plus de voir la chape de plomb du conformisme étouffer tout dialogue, toute confrontation intellectuelle, toute originalité, toute remise en question.

On la quitte parce qu’on n’en peut plus du politiquement correct, de la hargne, du mensonge officiel, des politiques corrompus et des journalistes serviles. On quitte ce pays parce que l’on se fait une idée si haute de la civilisation française qu’il devient douloureux de voir chaque jour les moins méritants, les plus incultes, pérorer sans cesse sur ce devrait être ce pays avec morgue et suffisance. La France marche à ce point sur la tête qu’il devient indispensable à un moment de sa vie de s‘en détacher pour pouvoir continuer à l’aimer sans trop souffrir.

L’internet permet aussi d’être là sans vraiment y être, de participer au débat de loin sans se couper définitivement du flux vital. On lit la presse, on téléphone aux amis et à la famille, on est là sans être là, on y vend sa production mais on ne peut plus y vivre physiquement. On vit alors des existences étranges, un peu détachées, nostalgiques parfois, mais où le souffle de la liberté d’esprit ne rencontre plus d’obstacles. On réalise à quel point la France pourrait être un pays de rêve, de par son passé et son présent, ses atouts, sa culture, ses dispositifs égalitaires si contestés (sécu, minima sociaux, institutions, éducation…), son culte de la liberté, son irrévérence envers les puissants…

Relativisons ce lyrisme un peu désenchanté par le constat que, depuis des siècles, les Français adorent se plaindre, et souvent fantasmer une France d’autrefois qui n’a jamais existé. Chaque génération produit des contempteurs de la french way of life, et à chaque fois pour de nouvelles raisons. N’oublions pas non plus que vivre à l’étranger permet aussi de flotter, de se sentir moins concerné par la politique locale, les rivalités, les vieux procès et les vieilles querelles. Et puis on découvre le bonheur d’être Européen : même monnaie, peu de formalités pour résider légalement, histoire pas si éloignée, souvent les mêmes produits dans les magasins, bref, on se sent aussi chez soi à Berlin, Londres, Amsterdam ou Gdansk. C’est appréciable. Particulièrement quand on ne cherche pas de boulot sur place (23 % de chômeurs/allocataires minima sociaux à Berlin).

Alors ce peuple français qui n’aime plus son histoire, son âme, se complaît dans des débats identitaires absurdes, refuse donc de connaître les réalités statistiques et le changement… pourtant on l’aime et on ne cessera jamais de l’aimer, cette terre natale, malgré tout, comme le montrent ces nombreux témoignages rassemblés par Christian Roudaut (lui-même expatrié londonien), on préfère le faire de loin et si possible, dans l'humeur heureuse et pour moins de 1000 euros par mois.

Alain Jamot

Christian Roudaut. France, je t’aime je te quitte. Ce que les français de l’étranger nous disent, Fayard, 240 p. 18€.


Toutes les réactions (43)

1. 19/04/2010 02:42 - TheTerraformer

TheTerraformer"Et puis on découvre le bonheur d’être Européen : même monnaie, peu de formalités pour résider légalement, histoire pas si éloignée, souvent les mêmes produits dans les magasins, bref, on se sent aussi chez soi à Berlin, Londres, Amsterdam ou Gdansk"

Ça; ça serait plutôt mon cauchemar.
"Les capitales sont toutes les mêmes devenues" chantait Bashung y'a encore pas si longtemps. Mêmes magasins, mêmes centres commerciaux, mêmes marques, mème architecture néo-merdiques partout; mêmes festivals "culturels" organisés non pas par amour de la culture, mais pour pouvoir postuler pour devenir "Capitale Européenne de la Culture", même règne de Festivus-Festivus...

C'est l'Europe dans sa totalité qui commence à ressembler à une mono-ville dans laquelle il est impossible de sortir...

2. 19/04/2010 03:29 - AnneSo

AnneSoTrop général ton commentaire, il y a des petits miracles en Europe, je ne suis pas d'accord. La France est un pays réllement fatiguant car elle n'accepte pas ce qu'elle devient tout en sachant que c'est inéluctable. Un beau crabe en plein coeur. Je vis en Italie, nation bien plus fière mais politiquement, tout aussi pourrie. L'avantage : la mer et la joie de vivre. Je préfère me ronger les ongles au soleil, désolée !

3. 19/04/2010 10:00 - Bill Muray

Bill Muray@ The Terrafiormer :
"We live in a monoculture".
Warren Ellis.

4. 19/04/2010 10:35 - Christophe

ChristopheJe suis totalement d'accord avec l'article de A. Jamot. Je rajouterais toutefois qu'on quitte aussi la France à cause des Français. Pour avoir vécu en Allemagne et en Pologne, j'ai pu constater combien les relations sociales sont vindicatives et égoïstes en France: la Français a toujours l'impression d'être floué et profite par conséquence de chaque occasion pour se disputer et escroquer ses concitoyens. Allez en Pologne et vous verrez combien les gens sont bien éduqués, sympathiques, toujours prêts à aider leur prochain dans les aspects les plus anodins (comme demander une information, céder sa place à des femmes enceintes, etc.). Je crois que c'est surtout ça le bol d'air des expatriés: ils ne sont plus obligés d'être constamment sur la défensive dans leur relation avec les autres.

5. 19/04/2010 13:29 - Ritón de BCN

Ritón de BCN100% d'acord avec ce qui est dit.
Cela fait 10 ans que je vis a l'etranger: Barcelone, Chicago, Singapour, Belo Horizonte (Bresil).
Nous quittons la France car desormais vivre la France comme nous l'entendons d'un point de vue culturel emotionnel et civilisationnel est devenue chose quasiment impossible a l'interieur du pays.
Les valeurs que nous associons a la France sont ringardisees ou tout simplement tombees en desuetude: libre pensée, esprit de fronde, courtoisie, séduction entre hommes et femmes, rafinement/ soin apporté en toute chose... bonne humeur et "gauloiserie" ont deserté l'hexagone, ou du moins Paris, bateau fantome en perdition. Je ne suis pourtant pas si vieux que cela (34 ans). Mais j'ai désormais l'impression qu'il est plus facile de partager ces valeurs entouré de Vietnamiens ou de Brésiliens que de mes compatriotes n'ayant pas quitte le pays... Le pire a mes yeux est la cecité ambiante: les Francais de France ne se rendent pas compte de la détérioration graduelle de leur cadre de vie, ils s'habituent a tout, phénomène de la grenouille plongée dans une casserole que l'on porte a ébullition a feu doux. Ici en Espagne combien de fêtes de rue avec des milliers de badauds de tous âges, troisième age et nourrissons inclus, sans les accrochages ni les violences banalises et intériorisés par les Parisiens. Ma dernière semaine passee dans le "75" m'a semblé telle une descente en territoire hostile: SDF arrosant de vinasse les passants dans le 11ieme, filets d'urine irriguant les couloirs du métro, propos incoherents de personnes parlant a elle-memes, tension entre les usagers des transports en commun... Reaction de mes amis restés a Paname: "c'est partout pareil"... et bien non, ce n'est pas partout pareil !
Les expats de la France de 2010 sont des réfugiés culturels.

6. 19/04/2010 13:58 - B&Clyde

B&Clydeça fait du bien de lire un tel papier. J'ai quitté la France il y a trois ans avec mon homme, nous ne reviendrons plus, nous ne sommes pas encore masochistes.

7. 19/04/2010 14:43 - Marcel

MarcelPersonnellement j'habite dans une petite ville du sud de la France et je suis très content de ma vie.
Mes amis habitent à coté, j'ai une vue terrible de chez moi, des paysages superbes tout autour, un lac pour me rafraichir en été etc. On se la coule douce de par chez moi et on a pas besoin de dealer arabo-mexicain pour faire pousser de l'herbe!
Honnetement je ne sais pas comment c'est de vivre à Berlin ou Belo Horizonte mais je m'en bats les roubignolles et peut-etre qu'avant de quitter votre pays vous devriez apprendre à le connaitre un peu plus. Mais l'herbe est tjrs plus verte ailleurs c'est bien connu.... Ou pire encore, évitez de dire que Paris = la France svp.

8. 19/04/2010 14:51 - Marcel

MarcelPardon mais "...les Français adorent se plaindre, et souvent fantasmer une France d’autrefois qui n’a jamais existé..." c'est des conneries. Parlez avec vos grand-parents, visualiser des vieux docus, lisez des bouquins d'histoire du 20ème siècle. Meme si la notion de fantasme est + ou - exacerbée, la France d'autrefois a bel et bien existé dans tous les domaines et elle n'a plus rien à voir avec celle d'aujourd'hui.

9. 19/04/2010 15:14 - Alain Jamot

Alain Jamot@ Marcel1: vous avez raison, on pourrait imaginer à me lire que la France=Paris. Et tant mieux s'il existe encore des coins peinards dans notre beau pays. Mais croyez-moi, s'installer dans le Sud quand on n'est pas du coin n'est pas une sinécure non plus. Je connais Avignon, je connais Perpignan, je connais Marseille pour y avoir séjourné souvent professionnellement et souvent rêvé de m'y installer, et pourtant s'y sentir intégré prend des années. La haine du Sud pour les Parisiens ne relève malheureusement pas du délire. Et puis, je dois bien vous le dire, la situation à Marseille est bien pire qu'à Paris, malgré le soleil et Plus belle la vie...

@Marcel2: ben oui, j'en ai souvent parlé avec mon grand-père, avec mes parents de la vie d'autrefois, genre avant 1936 et les avancées sociales, genre entre 40 et 45, genre pendant la guerre d'Algérie, la vie a souvent été cruelle aux plus pauvres et aux plus petits. Et nos conditions de vie actuelles sont sans commune mesure avec la misère d'autrefois. Mais bon, aujourd'hui, ce n'est plus seulement la misère qui nous empêche de jouir sans arrière-pensée de la France... Et oui le passé, on ne cesse de le réinventer et le reconstruire, surtout dans les gazettes.

10. 19/04/2010 16:30 - Marcel

MarcelVous savez les grandes villes, moins j'y mets les pieds et mieux je me porte. D'ailleurs j'ai fait une incursion dans le nord à Caen pendant mes études et je pense que c'est le genre de villes (110 000 hbts) qui font un bon compromis entre les grandes capitales régionales et les patelins perdus. Je suis redescendu chez moi par la suite mais j'aurais très bien pu y vivre sans problème. C'est une ville très agréable avec de bonnes infrastrucutres. Perpignan n'est pas mal non plus.
Après s'il vous faut 1 cinéma/théatre ou club lounge tous les 100m comme à paris, c'est sûr vous allez vous emmerder.

Pour ce qui est du bon vieux temps c'est vrai que la vie était plus dure à cette époque mais qd je vois mes grand-parents anciens paysans, ils étaient pauvres mais pas malheureux et avaient tjrs de quoi manger, ne serait-ce que venant de leur jardin. Et puis après une bonne journée à l'usine ou dans les champs les gens se retrouvaient autour d'une bonne bouteille de vin à jouer aux cartes. La vie était plus simple, moins envahie de technologie superflue et bien plus conviviale. C'est cela qui est regretté aujourd'hui je pense.

11. 19/04/2010 19:14 - Marthe

Marthe Ce N'est pas la France qui a un problème , mais Paris , et tout son milieu de bourgeois secs et orgueilleux , de bobos assoifés de consommatiom et d'argent . C'est bien leur train de vie qui dérègle celui des plus simples , ou incite Les bobos pauvres à escroquer Les autres pour accédr qu' titre puant de bourgeois . Enfin.

12. 19/04/2010 21:20 - Chris

ChrisCe n'est pas Dantec qui vous contredira...
Plein de gens partagent ce constat, mais prisonniers de leurs vies, ils ne peuvent pas partir et préfèrent nier l'évidence et s'imaginer que c'est partout pareil.

13. 20/04/2010 13:09 - Amaury Watremez

Amaury WatremezParis est engendre tous ces sentiments négatifs car elle s'est provincialisée au fur et à mesure, il ne faut pas faire de bruit passé dix heures, il faut des divertissements cul-tureux de qualité selon Téléramou, on n'ose plus sortir du rang d'oignon du troupeau. Mais il y a encore dans Paris des endroits secrets très agréables. Il suffit de chercher, j'ai des adresses, mais croyez pas que je vais les donner en public...
Quant à la province française, elle se replie dans chaque région sur une identité fantasmée, rêvée, et qui a l'air de sortir de l'imagination d'un créatif de pub pour jambon sous vide. On en exalte la simplicité et la vérité qui sont tout autant frelatées qu'à Paris, on se croirait à la campagne à les lire dans un roman de René Bazin, ou dans un film de propagande de la Révolution Nationale à vichy.
Comme le montrait un dossier de "Marianne", les provinciaux détestent encore cordialement Paris, un Paris qu'ils fantasment. Le tout est dû au délitement national...
Moi je suis comme Céline (Louis-Ferdinand) , la province m'emmerde...
http://mesterressaintes.hautetfort.com/

14. 20/04/2010 13:18 - Astrid

Astrid@Amaury : encore des gros clichés de beaufs parisiens, encore une grosse éjaculation narcissique (comparation à Céline), un peu beaucoup pour une si faible plume. Et puis votre blog, arrêtez votre pub, il est nul.

15. 20/04/2010 13:29 - Amaury Watremez

Amaury WatremezVotre commentaire montre bien que dés que l'on contredit des certitudes sur le net, cela engendre de l'agressivité.
Je précise...
Attention cette province m'emmerde, pas celle qui s'ouvre, pas celle qui est capable de considérer autre chose que ses références propres. J'aime beaucoup Lille, ou Lyon, ou Strasbourg.
Sinon, je n'y vivrais pas depuis si longtemps. Et j'en ai un peu assez de tous ces clichés sur Paris.
http://mesterressaintes.hautetfort.com/

16. 20/04/2010 13:36 - Cyrano

CyranoJe ne vois pas en quoi le commentaire d'Amaury est narcissique, il ne parle de lui qu'à la fin. Et il a parfaitement raison, les petites villages peuvent être infernaux à vivre, le tout, effectivement par le délitement et de la nation et du corps social.

17. 20/04/2010 14:33 - Floria Tosca

Floria ToscaEt bien moi aujourd'hui, je suis à Paris et je m'y distrait follement !! Il est vrai que je n'y habite pas, mais après avoir vécu aux quatre coins de la planète (et plus) et basée à Amsterdam en ce moment, j'adore venir à Paris quelques jours. Les autres villes de province ou de l'étranger me font le même effet, il y a partout et j'insiste PARTOUT des gens formidables et des endroits SUPER. Le tout est de rester ouvert et, mille excuses si je reste si positive, mais c'est ma nature et "on ne se refait pas". Ceci dit, je suis avec tout le monde d'accord, car c'est une question d'optique, de point de vue et de sensibilité. Par ailleurs: bon papier qui apprend un peu plus sur l'auteur, AJ, pas vraiment sur le bouquin dont il est question, mais qui s'en plaindrait !!

18. 20/04/2010 15:04 - Marcel

MarcelMais oui, le tout c'est d'être heureux là où on se trouve. Entre la petite fiotte sophistiquée de parisien à veste vintage et velib et le gros pequenot des champs y'a largement la place de vivre une vie sympa.
Personnellement je me sens plus libre de mes mouvements à la campagne qu'à paris et j'ai pas trop de problème d'occupation de mon temps.
Chacun sa vie, et si possible au soleil et à poil dans son jardin!

19. 20/04/2010 18:50 - bartleby

bartlebyau départ, je trouvais le débat intéressant mais il s'enlise vite dans les oppositions simplistes remâchées dix mille fois (campagne/ville - paris/province - france/étranger),...
je précise que j'ai une trentaine d'années et que je suis parisien et à mon humble avis, en résumé rapido, c'est que:
1 - paris est une grande ville pour quelqu'un qui n'est jamais sorti de son village mais pour quelqu'un qui rentre de new york ou de tokyo, ça fait juste sourire de dire que paris est une grande ville
2 - il y a encore trop de jacobinisme en france. pour faire simple, ça rejoint le discours sur la "mentalité" française. le point positif c'est qu'on interroge plus, me semble-t-il, qu'un certain nombre de pays (notamment anglo-axons... les minorités pensent, la majorite broute l'herbe de sa télé). mais le point négatif, c'est qu'à part se palucher on agit pas beaucoup. on est entravés par des milliers de règles - notamment administratives. On a en permanence peur de tout et on a un rapport assez hypocrite aux problèmes à régler (théorie économique du "passager clandestin": tout le monde voit le problème mais personne ne veut payer de sa personne). ce jacobinisme se retrouve également chez nos soi-disant intellectuels parisiens qui pour la majorité sont juste des branleurs qui jettent à vendre leurs bouquins, leurs torche-culs de journaux et compagnie...
3- il n'y a pas de solution idéale mais je crois qu'effectivement il faut un rapport plus franc et direct les uns avec les autres, comme les anglo-saxons, mais en conservant un regard critique voire rebelle sur le prêt-à-penser de nos eurodéputés marchands de tapis.
4- pour donner une image un peu plus positive des "jeunes" - qui ne sont pas tous adeptes de gadgets techno, de consommation puérile et de l'ere du vide de la pensée... voici un blog qui rend un peu espoir...

http://tourdeurope.over-blog.com/

20. 20/04/2010 19:23 - Jonz

JonzDe belles photos de voyage ton blog.

21. 22/04/2010 05:02 - kim

kimJe rejoins tout a fait les posts de bartleby et Ritón de BCN. J'ai fuit la France il y a 10 ans, pour Hong Kong, puis ensuite pour Sydney. J'ai vecu la montee des communautarismes dans mon propre cercle d'amis. Chacuns se polarisaient de plus en plus sur des ideaux identitaires ou religieux ; pourtant etrangers a l'esprit amicale qui nous liaient. Tout cela a explose sans surprise avec 9/11, avec nos responsabiltes familliales, nos vies de jeunes adultes pleines d'ambitions...

C'est en partant vivre a Hong Kong et meme a Tokyo, pourtant inabordables (rapport loyer/m2), que je me suis rendu compte de la reelle decadence parisienne. Ces 2 villes sont parmis les plus denses du monde, elles ont des populations parfois 5 fois plus importantes que Paris, pourtant il existe en elles un soucis de la politesse, une coherence sociale (relative avec les Hong Kongais), qui fait que cela n'explose pas comme a Paris. On n'assiste pas a des scenes d'emeutes racistes. Il n'y a pas cette hostilite preceptible dans les silences entre chaques stations de metros. Il n'y a pas cette arrogance sadique a afficher son statut social comme si la survie du bon gout en dependait. Il n'y a pas cette fetichisation marchande de la Culture denoncee pourtant par Marcel Duchamp avec son urinoir et son LHOOQ. Il n'y a pas ce sentiment que tot ou tard la Guerre civile va tout karcheriser. On peut encore y rever d'un avenir possible, ou bien meme dans le cas de Sydney, partir noyer ses problemes dans les vagues...

Je souscris au fait que les Asiatiques, comme les Anglo-saxons ont des rapports a la societe parfois bien differents des Francais. Mais nous parlons ici des metropoles, d'un type de vie cosmopolite. Il est quand meme caricaturale de comparer Hong Kong, Tokyo a Paris ou Sydney pourtant on ne peut pas y echapper...
Cela fait maintenant 4 ans que je ne suis pas revenu en France, en Europe, je suis devenu etranger a mon propre pays...Sans compter mes amis Francais en exil ou mes parents rester en Europe, c'est par le net que j'ai encore un lien avec la France. Je comprend de moins en moins les reactions obscenes et emplies de panique ou de masochisme que j'observe sur les forums d'informations francais. Mon esprit s'est peu a peu anesthesie a cette souffrance francaise, il ne peut plus concevoir la monstrueuse sophistication negative, administrative et politique que la France a pu eriger en art de vivre ensemble.
La France est devenue trop hostile pour moi.

22. 22/04/2010 07:39 - Evan Ard

Evan ArdMerci Kim pour ce beau commentaire. Chaque jour je m'éveille un peu plus à ma propre violence, à cette étouffante atmosphère d'hostilité, chaque jour je comprends d'avantage comment la France fait de nous des monstres, en irriguant nos cœurs d'une haine étrangère et obscène, chaque jour je tente de m'y soustraire, j'ironise, je tourne en dérision ma propre rage, mais je n'y échappe pas, je suis tout autant contaminé que ceux dont la brutalité ne cesse de me faire horreur. Le fait de savoir que la situation n'est pas la même partout, le fait de savoir qu'il existe, ailleurs, des territoires encore vivables, civiles, composés d'hommes naturellement serviables, ou, du moins, doués de politesse élémentaire, savoir cela me permet de tenir encore un peu, de ne pas laisser la bête s'emparer totalement de moi, de cultiver l'amour fragile et désespéré que je conçois encore pour mes contemporains. Cela me donne un peu d'espérance. Merci.

23. 22/04/2010 09:00 - Ubik

UbikOuaip, moi j'ai essayé le Québec, dans la genre chape de plomb, c'était pire. Quel cauchemar. Je suis revenu chez moi dans le Sud. J'y suis très bien. Si tu veux pas être touché par la politique ou autres trucs sociaux, t'éteins la télé! Ca marche très bien.

24. 22/04/2010 11:15 - Greg

GregC'est clair! Tous ces médias et leur flot d'information puante qui pourri la vie des français à petit feu...
Sinon pour trouver des gens serviables pas la peine non plus de faire 15000 km, tu prends juste ta voiture, sors d'IDF et tu trouveras un beau panel de gens polis. Tu y trouveras des cons aussi, mais ca ne je ne pense pas que ce soit particulier à la France.
Après si tu es vraiment porté sur l'expatriation, tu peux tenter le coup pas loin non plus, en Belgique, les gens y sont très sympas et une fête ou qq verres en leur compagnie te laisseront un excellent souvenir, et le cout de la vie y est moins élevé qu'en France. Les filles sont pas mal aussi.
Mais je te l'accorde, c'est nettement moins bandant que Tokyo ou Portobello mais on fait avec ses moyens et tt le monde n'a pas vocation à devenir un karoshi.

25. 22/04/2010 14:04 - Karl

KarlJ'ai vécu au Canada, (pvt), c'était très cool, je me suis vu y rester. Je suis revenu, je n'ai pas reconnu mon pays. Rien n'avait changé, j'ai juste eu la chance de prendre du recul. Je ne crois pas au mythe du grand départ, la France, justement par son meilleur et sa pourriture psychologique, peut aussi nous manquer parfois. Il ne faut jamais revenir.

26. 22/04/2010 14:54 - Greg

GregJ'ai vécu qq temps chez les kangourous et ce qui m'a manqué le plus sont nos monuments et vieilles pierres. Tout est "neuf" là-bas, pour trouver un batiment d'avant 1920 faut être archéologue. A part les peintures de worms aborigènes ou des formations géologiques incroyables de millions d'années, mes vieux chateaux, abbayes, ruelles médiévales m'ont bien manquées...

27. 23/04/2010 12:22 - Kim

Kim@ Greg, Comme quoi les notions de nationalisme et de patriotisme convergent parfois avec le Romantisme...toute cette nostaligie de l'environment culturel, les vieilles pierres... Oui quelque fois aussi j'ai la nostalgie du pays et de sa sophistacation.
Pour ma part, etant dans le domaine de l'architecture, je fuis ce qui peut me rappeller les notions de Culture officielle, marchande...(celles vendues par les ministeres de la Culture et du Tourisme). Oui l'Australie, Las Vegas, ou Hong Kong n'ont pas ce vernis de culture officielle. Mais qu'est ce que la Culture, sinon la recherche de la Beaute, du Mal ou meme du Sublime sous toutes ces formes (esthetique, politique, scientifique, litteraire, urbaine) filtres par l'Histoire et mis en bocal.
En dehors de mon amour pour la France et mon adoration sans borne pour le Quattrocento, dois je pour autant me rassurer en vivant toute ma vie dans un musee qu'est l'Europe?

Je prefere ouvrir mes yeux sur le Sublime (la beaute d'un apres midi au bord de la baie de Sydney a Watsons Bay...Un coucher de soleil sur la foret de neons criards de Hong Kong...les courbes arrogantes des belles de Shelly Beach....) plutot que de chercher a voir par le filtre culturel des autres...Si j'avais veritablement a choisir par le filtre de l'Histoire, j'irai vivre a Sienne ou sur le Lac de Comes !!!

Mais j'insiste, ce qui m'a fait fuire la France c'est la sophistication des jalousies sociales erigee en politique, l'extreme hostilite si perceptible pour tout ce qui peut depasser l'ordinnaire quotidien du petit bourgeois ; la convergence catastrophiques, justement, des identites fabriquees (marchandes, marketees, ou nationalistes, religieuses...) par les ideologues et mis a la disposition de chacun comme kit a tabasser. Un exemple simple, je parle ici de mon expatriation, vous me repondez que chacun n'a pas les memes moyens...N'est ce pas une evidence? Mais est ce que mon experience vous empeche de vivre vos ambitions? Mon intervention n'a jamais eu pour but de me vanter, ni pour le moins de vous ecraser, mais au contraire de vous tendre la main et vous inviter a croire a la possibilite d'un ailleur, d'un exil entre francais.

Il y eu un temps ou en France on se donnait les moyens de ses reves, ou on etait courageux et pas aussi fataliste et agace par les ambitions des autres. C'est cette France qui est respecte de par le monde, celle de Louis XIV, celle qui se foutait des autres et faisait du Sublime sans pourtant vouloir faire la lecon aux autres. C'est ca la reputation des Francais a l'expat...

28. 23/04/2010 17:15 - Greg

GregKim,
On peut aimer les vieilles pierres sans être un passionné d'histoire, c'est juste un sentiment que j'ai ressenti au bout d'un certain temps à l'étranger.
Je ne suis pas le moins du monde agacé par le fait que des français partent vivre à l'étranger ou voyagent pour comprendre la réalité du monde en dehors de notre pays, à travers d'autres cultures ou modes de vie. Bien au contraire, c'est pour ma part la meilleur expérience de vie que l'on puisse avoir et la seule façon de ne pas se laisser berner par ce que les politiques/médias/publicitaires nous rabachent quotidiennement sur le meilleur (unique) way of life en France.

Ce qui m'agace c'est qu'on m'affirme qu'on ne puisse vivre épanoui qu'en fuyant la France, que c'est la seule solution. Je suis désolé mais je suis très bien ici, j'ai ma famille, mes amis, je vis dans un endroit tranquille loin de l'hostilité des passagers du métro et je me sens tout à fait serein.

Je comprends aussi que certains préfèrent fuir tout ce que tu as évoqué mais pour moi la fuite n'est pas une solution ni une manière de vivre.

Comme je l'ai dit plus haut j'ai vécu qq années en Australie, pas mal voyagé à droite à gauche aussi et encore pas mal d'idées de futurs voyages, je comprends effectivement ta notion du Sublime meme si pour moi cela reste de simples moments plutot qu'un quotidien (que j'apprécie peut-etre d'autant plus), que ce Sublime existe malgré tout aussi en France (je ne pense pas à Paris), peut-etre l'as-tu oublié, mais pour ma part je me sers de ces expériences vécues l'étranger au quotidien, des expériences qui font partie de ma personnalité. J'essaye simplement de transmettre ces qq valeurs "d'ouverture" autour de moi à mes proches et de leur donner le gout de partir se compléter à l'étranger. Mais il est important que les gens reviennent en France partager leurs expériences, il n'y a que comme cela qu'on pourra espérer changer les mentalités et montrer qu'il existe d'autres manière de penser, ne serait-ce qu'à nos proches.
"Right or wrong, it's my country" comme disent les british.

29. 24/04/2010 01:22 - Kim

KimGreg,
Je suis tout a fait d'accord avec ce que vous dites. Vous remarquerez que je ne parles que de Paris quand je parle de la France, je ne me permettrai pas de parler ainsi d'autres lieux en France que je ne connais pas. Je suis tres admiratif devant votre attitude et vous remercie de la partager sur le web, cela me fait chaud au coeur de savoir qu'il y a encore des Francais qui font preuve de fraternite et partagant leur experience. Vous avez beaucoup de chance. Pour ma part, mon choix est fait,Je ne peux plus faire de nombreux aller retour, j'ai une famille australienne maintenant, peut etre un jour la ferai je venir en France?

30. 24/04/2010 10:47 - Greg

GregOu peut-etre ne serait-ce que pour des vacances en visitant qq régions , cela fera plaisir a votre famille je pense.
Bonne continuation

31. 25/04/2010 16:29 - athénaïs

athénaïsNous ne sommes pas expatriés, mais nous allons le plus souvent possible après les frontières proches(pas le genre à prendre l'avion pour aller au bout du monde): Suisse, Belgique, Italie surtout et, même à cette échelle, c'est mieux ailleurs, incontestablement! La France mère des arts, patrie de l'élégance et du savoir-vivre? Y'a de quoi rire (jaune), regardons les italiens tellement moins débraillés, leur patrimoine, leur joie de vivre et leur courtoisie...les Suisses qui comprennent où est leur identité et chez qui la moindre expo est un chef-d'oeuvre, accessible...
Chez nous, c'est trottoirs mis aux normes, lotissements du nord au sud, de l'est à l'ouest, permis à points, chape de plomb, racaille, culture merdique ou accessible au prix fort, uniquement à Paris! Nous sommes prêts pour l'expa!

32. 26/04/2010 15:57 - golem427

golem427é-di--fiant !!!

A l'heure où l'on interdit la fessée à des parents à qui l'on supprimera les allocations familiales pour n'en avoir pas donné assez....

L'identité nationale française tant recherchée ne serait-elle pas... la bêtise?

M. Jamot, il y a certes de l'honneur à rester. Mais à quoi sert l'honneur de se battre pour un pays qui n'en a plus? Votre conclusion est un peu courte et...si française.

Cordialement

33. 28/04/2010 11:58 - Sieyes

SieyesJe ne vais pas faire l'inventaire de tout ce que je n'aime pas de la France, je retiens surtout ce que je déteste le plus.
Ceux qui l'enfoncent encore plus dans un mépris d'elle même, qui s'en vont, et reprochent aux autres de ne pas se battre pour elle à leur place.

C'est facile de cracher dans la soupe que l'on ne vous sert pas (ou plus). Ma France est ma seule patrie et mon seul foyer.
Les rats quittent le navire qui coule (si tant est qu'il coule) dit-on...

34. 28/04/2010 14:00 - Alain Jamot

Alain JamotOh la, il semblerait que tout le monde a le moral dans les chaussettes ! La France est un pays sublime, et elle survivra au quarteron de vrp incultes qui la gouverne(?) actuellement, elle en a vu d'autres la France ! Mais bon, ça fait du bien s'en éloigner un peu, de pas se coltiner toute cette morosité et cette propagande permanente... et puis il y a de l'espoir: le rapport Moscovici pour le PS propose ENFIN de bloquer les loyers ! Depuis le temps qu'on attendait qu'un politicien ose proposer cette mesure de bon sens qui étrangle le Français moyen ! Tout n'est pas perdu !

35. 28/04/2010 19:10 - Sieyes

SieyesOui c'est bien vrai...
d'ailleurs j'ai de quoi (si cela vous fait autant d'effet qu'à moi) ranimer un amour innocent pour notre pays quelques instants...
...et peut être donner un goût amer à ceux qui ne sont pas parmi nous, parmi les siens.

http://www.dailymotion.com/video/x75xhm_ma-france_music

Merci à tous les jean ferrat qui savent nous dire pourquoi notre intégrité envers notre nation ne se brade pas!

36. 21/05/2010 09:55 - Gérald

GéraldJe ne partage vraiment pas ces propos. je suis français vivant à 2 kilomètres de Bordeaux. j'ai fait beaucoup de voyages à l'étranger et j'ai pu constater à quel point nous avons de la chance de vivre dans ce si beau pays. Pour ma part, je ne suis ni riche, ni pauvre. J'ai un cercle d'amis que je connais depuis des années avec qui des liens très forts ce sont soudés. A mon humble avis, il est dans notre nature que de se plaindre souvent de nos petits malheurs (j'en fait partie parfois). Je suis content de payer beaucoup d'impôts. A ce jour, beaucoup d'étrangers rêveraient d'avoir un système politique et un mode de vie comme le nôtre. Je ne quitterai pas la France.

37. 28/05/2010 12:49 - Mockingbird

MockingbirdMouais, à ce que je vois, vous êtes tous des beaux aigris, voilà tout! Je suis d'accord sur certains points, cette sur-puissance du diplôme, cet immobilisme forcené, et surtout cette capacité phénoménale à voir tout en noir. Vous pouvez vous expatrier en Australie, à Tokyo ou au Brésil, votre propension à cracher sur votre pays d'origine et, de manière générale, à vous plaindre, vous ne parviendrez pas à cacher que vous êtes tous bien Français... Mais quel pessimisme...

J'ai moi-même vécu à l'étranger, Australie puis Canada, je suis revenue. Eh bien, la France, je l'aime tout entière, les bons côtés comme les mauvais, les beaux jours et les jours de pluie, j'aime Paris (j'y suis née et j'y vis), j'aime la province, j'aime la Corse, j'aime les Alpes et j'aime l'Atlantique, j'aime la Bretagne, j'aime les Vosges, le Chambon-sur-Lignon, Douarnenez, BegMeil, Gerardmer, Annecy, CapBreton, Lille et Rennes, Quimper, Lyon, Toulouse et Chamonix... La France, je l'ai dans la peau, et elle n'en sortira pas de sitôt.

Alors certes, parfois, y'a les embouteillages, les gens qui font la gueule, la méfiance. Mais il y a aussi, innombrables, les preuves de civilité, de politesse, de joie et de désir, et de respect. Eh oui, messieurs les râleurs de mauvaise foi, il y a des gens biens à Paris. Et il y a des c*** ailleurs. Comme partout. Au lieu de critiquer, pourquoi ne pas rester et participer à rendre notre pays encore plus beau ? L'art est difficile, je l'admets, mais si on s'y met à plusieurs (on est 65,4 millions au dernier comptage), on y parviendra ! Allez, hisse et ho, matelots !

Et pour finir, je suis d'accord avec M. Jamot. Croyez-vous vraiment que la France ne survivra pas à la médiocrité ambiante ? On a survécu à la Terreur, on a survécu à la mégalomanie napoléonienne, on a survécu à 1870, on a survécu à Pétain, on survivra bien à Sarkozy, non ?

38. 15/06/2010 16:12 - moimeme

moimemeBonjour
Nous sommes au debut du lessivage de notre éspéce (titre d'un livre ecrit par un médecin je crois,ou peut etre chercheur je ne sais plus)je le crois en tout cas je n'ai pas besoin de le lire,il suffit de voir les moeurs adoptés par la génération a venir,génération que je trouve malingre,maladive au moindre maux,se soignant inutilement aux moindre maux a grand renfort de medicaments faisants bien plus de mal que de bien (...lessivage),la france est exemplaire en ce domaine,triste france.

39. 21/07/2010 15:45 - dissidentzinoviéven

dissidentzinoviévenComme tous les authentiques Parisiens (éniéme génération : çà remonte à "la nuit des temps"), je déteste Paris et pourtant je n'en sors (pratiquement ) jamais : c'est çà le Parigot (et le Français en général) : un être paradoxal,hypocondriaque,râleur, qui ne fait rien comme tout le monde et donc exaspérant (y compris pour lui-même!) . Alors à 11 millions dans l'agglomération parisienne (à peine moins qu'à New York, finalement..), il ne faut pas s'étonner que çà ne rigole pas tous les jours, chacun défend son bout de macadam à paname!
du reste, je ne comprends pas trop ces expatriés qui sont partis parce qu'ils ont un amour déçu pour la France : si un jour , je devais m'expatrier (ce dont je rêve depuis toujours mais que je ne ferai probablement jamais, car ayant conscience de mes défauts bien gaulois, je pousse l'altruisme à ne pas vouloir les imposer aux autres), ce serait avant tout parce que je suis attiré par le pays d'expatriation!

40. 21/07/2010 20:49 - thierry bruno

thierry brunoJ'avoue que si je prenais la décision de m'expatrier, ce serait pour avoir le luxe d'être indifférent aux évènements. Viscéralement français, c'est-à-dire profondément attaché à son histoire, à ce qui a fait cette nation, on ne peut pas dire que la vie française me réjouisse actuellement. Tant de choses me déçoivent, m'irritent , me peinent que je me dis que si je vivais ailleurs, je m'y considérerai comme un invité. Quand on est invité chez quelqu'un, on s'adapte à ce qu'il est, on l'accepte tel qu'il est et on ne s'occupe de ce qui ne nous regarde pas. Ainsi, je ne m'occuperai de la vie publique, je ne m'agacerai pas des bobos qui tentent de m'écraser avec leur bicyclette sur les trottoirs si ils font aussi cela dans le pays où je m'exilerai : je deviendrai indifférent et peut-être plus heureux. Mon problème, c'est que j'aime encore trop la France pour m'y résoudre à en partir.
Détail pour Alain Jamot (si par hasard il passe par là) : je suis surpris de son argument "bobo" sur le plaisir d'être européen, la même monnaie, les mêmes produits dans la magasin. Pour l'euro, ce doit être le seul point positif du passage à cette satanée monnaie, donc un peu léger. Et aller à l'étranger pour n'être pas trop dépaysé, paradoxal, non ?

41. 22/07/2010 12:30 - Alain Jamot

Alain JamotEt la langue, vous oubliez la langue ! Parler une autre langue, ou pratiquer la sienne dans un autre environnement linguistique, voilà le vrai dépaysement ! Allez passer une année en Allemagne, en Croatie ou en Hollande, et vous verrez si vous n’êtes pas dépaysé !

Quant aux critiques sur l’euro, elles sont bien franchouillardes : on sait que sans ce bouclier, la France rejoindrait bien vite la Grèce ou le Portugal… mais rassurez-vous, d’ici quelques courtes années, il ne sera plus la monnaie que de l’Europe du Nord, la vraie, et que notre ex-beau pays ira s’échouer dans le chaos et la corruption méditerranéenne qu’il appelle tant de ses vœux…

42. 19/08/2010 00:12 - Ubiqus

UbiqusJ'ai passé toute mon enfance en Asie, mon adolescence à Paris et ces derniers mois à Montréal. À l'étranger, j'ai rencontré des Français de deux sortes : les "self-made man" expatriés, libertaires, royalistes ou socialistes intelligents (si, si, ça arrive) et ceux chapeautés par une entreprise française venue se délocaliser. Les premiers sont des personnes qui ont fait les pires jobs pour s'intégrer dans ces pays, mais avec pour lot de consolation des appartements ou maisons agréables, à bas prix, dans des quartiers sûrs. Les seconds vivent en cercle fermé, si hermétique que tout ce qu'il y a de pire en France resurgit dans leur petite communauté à la puissance dix : médisances, rumeurs, jalousies, etc.

Si certains Français, comme moi, quittent le pays, et prennent le risque de ne pas faire de "grande" carrière le temps de s'intégrer, c'est parce que la France demeure une monarchie refoulée où les usages aristocratiques sont en vigueur, mais entre les mains de petites gens qui n'en comprennent pas les subtilités et les emploient à tort et à travers. En 1789, ce n'est pas le peuple qui est monté à Versailles, mais plutôt la courtisanerie versaillaise qui s'est dégradée dans le peuple.

En France, on ne débat pas : on acquiesce ou l'on s'oppose. Entre l'accusation et l'apologétique, les personnes comme moi, qui aiment la complexité et les épreuves, ne respirent plus en France, écrasés que nous sommes par le bruit des imbéciles donneurs de leçons qui ne vivent nullement les événements qu'ils commentent, sortes de joujoux mondains que l'on sort lorsque le dîner vire à l'ennui, et par la censure des incultes qui exploitent des événements le seul élément qu'ils partagent avec eux, traduisant, travestissant, toutes leurs problématiques au moyen de leurs seules névroses.

43. 19/08/2010 00:12 - Ubiqus

UbiqusJe n'aime plus la France. Elle est pour moi une civilisation antique, disparue à jamais, dont on vante, comme les Turcs vantent les temples Ioniens, uniquement pour profiter à la carte postale et ne pas perdre la manne touristique. Paris est un musée, les banlieues des horreurs d'urbanisme et les Français des gens jaloux, pédants, impérieux et, quand on les contredit, ils deviennent médisants, peureux, psychologisants. Celui qui critique les "idées" admises doit avoir des problèmes personnels pour ne pas s'attacher aux valeurs cardinales de la niaiserie du "vivre-ensemble".

Mais moi je ne veux pas vivre avec tout le monde. Je veux vivre bien accompagné et je ne supporte plus le panoptique franco-français, construit des briques et des brocs de textes, événements et croyances anciennes, corrompues par les besoins de nos propagandistes de les faire absolument correspondre à l'idéologie républicaine contemporaine.

Ici, les Québécois savent bien que les Lumières ne prônaient nullement la démocratie directe (plutôt l'inverse), les Japonais le savent, les Américains aussi... Les Français les trouvent pourtant si "étranges"...

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