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La battle : pourquoi l’Europe ne va pas mourir

SURLERING.COM - OUTREMONDE - par Alain Jamot - le 23/05/2010 - 10 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l'expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu'à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés.
Déclaration unanime des treize Etats unis d'Amérique réunis en Congrès
le 4 juillet 1776


J'ai appris l'Italien pour parler au Pape, l'Espagnol pour parler à ma mère, l'Anglais pour parler à ma tante, l'Allemand pour parler à mes amis, et le Français pour me parler à moi-même.
Charles Quint


Alain Jamot répond à Guy Millière et aux déclinistes misant leurs derniers dollars sur "la fin de la sale histoire bruxelloise".


Si vous ne vivez pas au fin fond de l’Ardèche dans un bouge lumpenprolétaire, vous devez être au courant, car tout le monde le claironne en boucle sur les télés, les radios et les blogs : l’Europe va mal, l’Europe va mourir, bref l’Europe est morte, fin de l'histoire.
De Dupont-Aignan aux économistes de gauche comme de droite, de l’UMP au PS, tout le monde s’y voit déjà, et se prépare à la veillée funèbre, en imaginant que les attaques contre l’euro ne peuvent que signifier l’effondrement de la construction européenne, et de toutes les institutions apparues progressivement depuis les années cinquante.

Et les déclinistes sont très contents : ils peuvent nous refourguer leur éternelle rengaine de pisse-vinaigre sur une nouvelle mélodie, et passer de la France à l’Europe. On est content pour eux ! Ils vont tous guincher sévère en nous entonnant leur vieux couplet nihiliste, leur chanson de civilisés (mais le sont-ils vraiment ?) d’avortons fin-de-siècle épuisés de confort, de repentance, de je-vous-l’-avais-bien-dit bien farauds ! Ah les bougres, ils font la fête en annonçant la chute et la perte de leur propre camp, les misérables !

L’Europe est déjà morte quatre fois


Mais ces joyeux drilles dansant sur nos cadavres politiques oublient une chose, et de taille : l’Europe est déjà morte plusieurs fois, et pourtant fait toujours parler d’elle. Comment, me direz-vous, on nous dit rien, notre bien-aimé continent aurait déjà subi les outrages de la camarde moult fois ? Eh bien oui, lisez-moi et servez-vous de vos doigts pour compter :

1/L’imperium romain : eh oui, de la Toscane au Rhin, de Rome au limes grand-breton, l’Europe de César était déjà là, soumettant puis incorporant les barbares, inventant le droit et les égouts, les jeux du cirque et la rhétorique cicéronienne : tout le monde parlait la même langue (et quelle langue, le latin !) et se sentait membre d’une des plus belles civilisation qui ait vu le jour sur Terre. Et qui, entre montée du christianisme, corruption, problème démographique et cosmopolitisme ingérable, a lentement disparu pour céder la place aux nouveaux royaumes.

2/Le rêve de Charlemagne : on l’oublie trop souvent, le règne de l’Empereur germain fut une période grandiose pour l’Europe, qui s’étendait des marches espagnoles jusqu’à la Bohème, en passant par la Bavière, la Croatie et les trois-quarts de l’Italie. Période injustement oubliée, mais non sans panache, où déjà le poids des Germains se faisait sentir.

3/La chevauchée napoléonienne (je zappe volontairement Charles Quint !). Là aussi, nos Diafoirus déclinologues ont la mémoire courte, mais il y eut une Europe française, celle de Napoléon, du Ier Empire, et qui ne fut pas la moins belle : victoires, défaites, rêve d’un ordre français (encore et toujours « Gesta Deis per Francos »), et les ennemis de l’Europe étaient déjà ceux que nous connaissons : les Anglais. Et la Russie manqua de peu de se retrouver sévèrement arrimée à nos vielles nations. Tout a fini dans la défaite des armées, et l’exil…

4/L’apocalypse nazie. Pour qui connaît un peu l’histoire du NSDAP et celle de la collaboration en France, il n’y a point de surprises : la rhétorique européenne se déversait en permanence, de la LVF à la Division Charlemagne, de Monseigneur Mayol de Lupé à Doriot, d’Himmler aux Waffen-SS recrutés dans toute l’Europe, Ukraine, Bosnie, France, Belgique, Angleterre… Le Fûhrer avait tout prévu en cas de victoire, et se préparait à intégrer à marche forcée toutes ces nations autrefois rivales, bien évidemment sous le magistère brutal du Reich. Nombreux sont ceux qui ont crû alors que ces dernières péripéties atroces enterreraient définitivement l’idée d’Europe. Eh bien ils se trompaient : dès les années cinquante, Français et Allemands lançaient ce qui un reste un véritable miracle politique, l’Union européenne.

L’avenir de la crise


S’imaginer aujourd’hui que ce rêve puisse s’achever parce qu’on attaque l’euro relève de la fumisterie intellectuelle : on vient de le voir, l’Europe à connu plus de mille ans de guerres et de bouleversement, ce n’est pas l’incompétence des dirigeants actuels et la cupidité des marchés qui suffira à mettre à bas tout cela. Ce qui ne signifie pas que nous ne puissions vivre dans notre avenir immédiat des années difficiles, dangereuses, que la Chine coco-capitaliste (avant son inéluctable éclatement) ne nous nargue, que l’Amérique (pourtant bien endettée et décadente elle aussi) ne joue son éternelle double-jeu, et que de nouvelles puissances émergentes ne nous piquent des billes.

Mais l’Europe, c’est bien autre chose, et il faut quitter ses pantoufles et ses clichés, apprendre deux ou trois langues et aller se promener dans ce continent magique, il faut se souvenir de Saint-Jacques de Compostelle, il faut visiter le siège de l’Ordre Teutonique à Malbork (ex-Marienburg), au cœur de la Poméranie, picoler à Bruxelles, flâner sur les bords de Seine ou dans les vieilles ruelles de Prague ou de Cracovie, il faut sentir la douceur de vivre dans les parcs de Berlin ou de Londres, il faut chercher le soleil à Lisbonne ou Tolède, pour sentir instinctivement que nous partageons tout cela, nous autres Européens, un destin, une culture, une histoire, un monde, une Civilisation à nulle autre pareille… Et les peuples le savent désormais, qui accueillent indifféremment et sans malice l’étranger du moment qu’il soit de cette terre d’Occident.

Et puis nous avons inventé les pires poisons de l’esprit, le marxisme, le nazisme, l’antisémitisme « scientifique », nous avons été si souvent proches du gouffre que rien ne pourra plus nous tuer vraiment...

Vers une nouvelle fracture


Pourtant les péripéties de ces dernières semaines nous font apparaître quelque chose de neuf, quelque chose comme une reconstruction de l’Europe, une redistribution des rôles. L’Allemagne vient enfin de se réveiller et imagine déjà ce que sera peut-être notre futur : une fracture Nord-Sud, que l’on croyait réservée à l’ordre mondial, mais qui pourrait bien s’appliquer à nous désormais. Au Nord, la Pax Germanica, l’Allemagne, la Suède, la Finlande, le Danemark. Les ex-pays de l’Est, des pays qui ont le culte de l’effort, de l’épargne, des pays qui ont connu la désolation absolue des économies socialistes, Pologne, Hongrie, Estonie, Lituanie. On ne rigole pas toujours mais on bosse, on va à l’église ou au temple, on croit encore au futur et on investit dans la technologie. Des endroits où les réformes entreprises, tant du point de vue social (Hartz IV) qu’économique sont inimaginables outre-Rhin.

Peut-être les Pays-Bas aussi, et ce qui restera de la Belgique après leur actuelle course suicidaire à l’épuration linguistique. Nous risquons d’être vraiment surpris de l’ampleur de ce qui naît en ce moment de ce côté-là.

Au Sud, le France et les pays méditerranéens, Italie, Espagne, Grèce, Portugal, Malte, Chypre et sans doute un jour la Turquie. Économies ruinées, classes politiques corrompues, veules et faibles, élites trahissant leurs devoirs historiques. Immigration incontrôlée, islamisation, honte de soi, assistanat perpétuel et dévalorisant, incapacité à assumer encore un destin. Bref, un avenir tout tracé dans une union méditerranéenne de la misère, de la pauvreté, de la violence, du cléricalisme, de la tartufferie et de l’analphabétisme. L’avenir de cette Europe-là se joue et se voit déjà à Marseille, à Paris, à Lyon, dans les banlieues des grandes villes de France, dans les faubourgs d’Alger, de Tunis ou de Casablanca. Super pour ceux qui aiment ça, mais ça ne donne pas vraiment envie. Sans compter que l’Europe du Nord ne paiera plus pour ces pantalonnades différentialistes grotesques et dangereuses. Et ce gâchis absolu peut tenir encore quelques décennies Jusqu’au jour ou les peuples se réveilleront et réclameront à nouveau la liberté et l’égalité réelles, seules vertus républicaines pouvant enfin permettre l’émergence d’une nouvelle fraternité…

Ah, et n’oublions pas nos amis Anglais et Irlandais. Attentistes, faux-culs, ils semblent bien partis pour rejoindre d’ici quelques années nos voisins du Parthénon. Et ce n’est pas le poupin Cameron qui leur fera éviter de couler à pic. Coule, Britannia !

Avenir de l’Europe

On le voit, la baisse de l’euro n’est pas l’Apocalypse du vieux continent. Mais il faut se réveiller, se secouer, et ne plus avoir peur d’affronter les périls. À commencer par ces discours de Cassandre si typiquement franchouillards. Les dangers sont bien là, mais pas ceux que l’on croyait, et ils se répandent partout, en Asie comme aux USA, plus une terre civilisée ne se trouve à l’abri des bouleversements qui s’annoncent. L’avenir de l’Europe comme du reste du monde libre se joue dans nos cœurs, dans nos esprits, il nous faut inventer un nouveau monde, et dont le centre pourrait bien un jour être cette Europe que les cuistres et les pleurnichards se plaisent tant à railler et à enterrer.

Alain Jamot



Toutes les réactions (10)

1. 24/05/2010 03:59 - Clark Gabeul

Clark GabeulJe suis pour ma part assez d’accord avec ce que vous dites ; ce n’est pas cette dernière crise en date qui révèle le problème euro ceci dit ; simplement les ouiouistes n’y voulaient rien entendre. Et aujourd’hui il me semble que d’autres ont bien le droit de se fendre la poire, de rire non de la mort de l’Europe ou de la pseudo mort de l’euro mais des arroseurs arrosés de l’euro-fort-qui-nous-sauve… soi-disant de la crise… ces mêmes qui préconisent aujourd’hui une dévaluation de la dite monnaie.
Il me semble que l’Europe historique que vous décrivez reste géographique, bref comme à l’école vous dites : c’est ça l’Europe en nous désignant un territoire. Sauf que la carte n’a rien à voir avec celle que dessinait un Monnet, un Schuman, évidemment pas un Bonaparte, encore moins un Napoléon.

L’Europe ne peut être réduite au couple franco-allemand, ceux là même qui avec d’autres crachent dans la soupe de Monnet, refusant la souveraineté des institutions européennes qui ont pouvoir de décision supra national et d’execution, à coups de loi fondamentale et d’anti jacobinisme primaire, incapables encore de fédéralisme, haïssant la république, ou se rangeant sous l’égide de l’OTAN -vous me direz c’est tjrs mieux que l’ONU et j’en serai d’accord- mais enfin, quid de l’esperanto, à tout le moins de la constitution ? Nous avons lu le texte rédigé en novlangue et tecnolangue pour la partie qui, chantait les médias, posait problème. Sauf que dès la première page problème ! Une constitution sans constituante ! Ben tiens. We, the People of America…, rappelait Dantec à l’époque, du coup. Non chez nous ses majestés roi de Belgique et consorts s’autoproclamait plénipotentiaires. Première page. La suite, le droit des enfants des femmes et des clebs. Et puis le reste, les directives à la noix du condominium. Super !

Sauf que losqu’on demande au peuple d’abandonner une identité et ce depuis Rome, il faut en avoir une en réserve à présenter qui plus que séduise convainque… d’abandonner l’ancien pour le nouveau. Le progrès quoi. Et là peau de balle. Chacun chez soi les oligarques se garderont bien eux-mêmes ; cuistres magistrales. Des maîtres en l’espèce. Il est devenu quoi le vote national ? Nib ! La démocratie représentative cooptée en oublie le principal, la constituante : Kratos laisse Demos sur le bord de la route. Exit la Grèce. Donc pas d’europe. Voilà les faits.

2. 24/05/2010 03:59 - Clark Gabeul

Clark GabeulPourtant dans les partis, les militants, pas tant les godillots que les fervants, de gauche, du centre et de droite le disaient : vote européen à même date pour tous, un début.
- Ah ben non mais c’est pas possible, c’est trop compliqué et la loi fondamentale avec Merkel. Les institutions souveraines pourtant dotées de pouvoir exécutif (relire Monnet). Ce ne sont plus des boches qui devaient voter mais des européens born german ; alors je dis, quant à moi, qu’on s’est bien fichu de nos pommes, que l’Europe en temps que pays n’est pas. Il n’y a effectivement qu’un vague projet eurasien, que dis-je, eurabien qui subsiste. Du vent pour l’instant. Méfiance pourtant.
Cette démocrassie (pour l’écrire comme Hugot) de probloques (pour le dire cette fois de façon populiste) n’est représentative de rien sinon d’une technocratie barrosienne. Point barre. Drôle de petite musique encore que l’invention de la démocratie participative. Participative ? De qui se moque-t-on ?! De nous.
- Ah ben non mais les gens n’exerce pas leurs droits que voulez-vous. Dixit Ducon dans la téloche. C’est un peu facile. Et pourtant y’en a une tétra chiée de tarés qui se déplacent voir l’élu de quartier mais pour quoi ? Pour faire valoir leur grande idée : changer les paroles de l’hymne nationale, qu’ils ont du mal à comprendre magnanime n’en connaissant que le premier couplet. Pas franchouilles pour deux sous ceux là.
J’en déduis que même ceux de la honte identitaire n’entérinent pas l’hymne à la joie ; faut croire : sont prêts à se dépouiller de leur identité mais n’ont tjrs pas adoptés leur petite joie à deux neuros.
Ce n’est pas qu’on demande du Wagner non plus. On y est. La grosse bertha, le Machin comme disait l’autre, ça suffit. Faut un peu plus d’ambition quoi.
En Pologne on apprend l’anglais et bientôt le chinois comme dans tout pays anciennement francophone qui se respectait (je mets ça au passé, le respect, la tolérance l’a remplacé). Ici le breton bretonne, d’autres en ont ras les basques ou se corsent. Super programme. Mais touristes quand même hein. Avec job à touristes en rentrant dans ses pénates. Muséification globale, c’est sûr.

3. 24/05/2010 04:00 - Clark Gabeul

Clark GabeulParce que quitte à parler d’Europe, faut dire quelque chose de son unification et là l’histoire justement… je veux dire Garibaldi aussi hein, l’Italie ? Petit rappel. Une langue un pays. Les dialectes ne meurent pas ils transpirent dans la langue qui est bourrelée de régionalismes.
Ah mais attention. Suis totalement pour le bilinguisme, trilinguisme et plus, avec du dialecte pourquoi pas. Mais que se soit le plus petit diviseur le plus commun qui soit qui devienne l’idéologie la plus chère à nos compatriotes, là je me marre. Y’en a du blogger réac mauvais lecteur de Muray qui se moque de la Halde (à raison) mais sont pareils les vaches, toujours à se plaindre des discriminations de l’Histoire, à demander réparation ; c’est à se tordre de rire
On ira tous au Puy du Fol pour revisiter l’histoire du servage et faire la part belle aux chouans. Applaudissez ! Progrès on ne peut plus régressif que l’imbécile nomme résistance. Ah ça pour résister ça résiste, je ne vous le fais pas dire, je l’ai compris tout autant. Y’a de quoi en même temps.
Alors la battle là, entre la diaspora et la diatribe… permettez que je joue le trouble-fête (personnage cher à Muray justement) franchouille complet parce que vous n’avez rien à me proposez l’un ou l’autre que je ne connaisse déjà, qui dépasse le truc, qui inspire. Le constat le constat, ok ; ça expire mais c’est éternel. Et puis ? Le dernier jacobin ne sera pas même papiste, un gauchiste tout au plus et encore pas sûr. Ah ça joue les mohicans à tour de bras ! Sauf que les bourgeois qu’on habille en corsaires c’est pas nouveau. Va falloir faire gendarme ! Allez. Qui veut faire l’apache ? Eurabie tout de suite, qu’on en finisse. Europe exsangue. Inch’ halal, pardon Inch’ Hallelujah, attention anglicisme de 2 cm carré, globish dominant. Langue du tourisme mondialiste. Parc d’attraction. Demain l’Affrance de Stefan Wull. L’idiot préfère Pierre Perret à Pierre Pairault. Qui puis-je ?
Inventons mon cher inventons. Y serait temps.

4. 24/05/2010 10:49 - Aide-Calfat

Aide-Calfat La source n'est pas tarie, M. Gabeul, mais enterrée sous des monceaux de paresse, d'indifférence, de ressentiment. Prêtons l'oreille. Ouvrons les livres. Méprisons le siècle. Vale.
("Dei" reste, en bon français, le génitif de "Deus", au Singulier, si je ne m'abuse.)

5. 24/05/2010 18:25 - blue velvet

blue velvetDasvidania!

6. 25/05/2010 01:11 - Clark Gabeul

Clark Gabeul@ A-C
je ne dis pas autre chose.

@ Modo: je me permets de répondre, étant donné que Jamot ne le fait pas... dois-je me sentir navré du squat? Peut-être pas. Des excuses en tout cas pour mes nombreuses fautes d'accord et d'éventuelle mauvaise orthographe, la légerté dans la ponctuation.
Ciao

7. 25/05/2010 09:48 - MotaOne

MotaOne"[...] sans doute un jour la Turquie" : nous ne parlons pas de la même Europe.

Il ne faut effectivement pas tomber dans le déclinisme, mais les choses s'arrangent rarement d'elle-même. Bien plus encore, les civilisations et les empires doivent être régulièrement revus, repensés, adaptés (au risque de dépérir). On voit bien que c'est là qu'on ne suit plus : envasés dans la bureaucratie molasse, les fades idées de conquête. Alors qu'agir/résister implique une force, une autorité, une cohérence. Il faut donc fédérer les européens : tout reprendre.

8. 25/05/2010 14:40 - Nach Mavidou

Nach MavidouLe problème est qu'on ne sait pas toujours à propos de quoi on débat. S'agit-il de l'avenir d'une civilisation ou d'un continent dont, dans les deux cas, les contours sont imprécis et diversement définis selon les débatteurs ? Ou s'agit-il plus simplement de la Communauté et de l'Union Européenne née du Traité de Rome ? Ce n'est pas celle que vous défendez, et c'est plus facile car on pourra toujours y trouver un motif, valable ou ténu, pour espérer. C'est peu ou prou cette Europe par les peuples à laquelle les europhiles se raccrochent quand leur position sur l'Europe de Bruxelles devient intenable.

Chacun choisira ses exemples favoris de grands projets européens ayant échoué. Pour ma part, je n'ai aucune sympathie pour l'Europe napoléonienne.

Le dualisme entre l'Europe du Nord et du Sud n'est pas franchement une nouveauté. Il est bien connu des juristes car c'est sous cet angle que le clivage est le plus net, et le plus ancien. Et il est un peu plus intéressant, tout de même, que la rengaine habituelle sur l'Europe qui bosse et l'Europe qui glande.

Il est vrai que l'espace européen a vécu plusieurs catastrophes et quelque chose d'autre en est sorti des cendres... Reste que nous avons le droit de préférer tel modèle ou tel autre dans l'infinité des possibles, qu'il s'agisse du passé ou de l'avenir.

9. 25/05/2010 16:47 - Kardaillac

KardaillacLe poison dans la construction européenne est l'indécision. Sauf dans un cercle d'initiés, personne ne connaît la vraie queue de trajectoire, et l'élargissement continue à des zones sous-développées est compris comme un appauvrissement.

C'est la faute aux dirigeants des nations qui ont feinté leurs peuples par la politique du fait accompli, voire du texte illisible par le commun des mortels quand on le consulte. Il eut été honnête de la part des Giscard, Delors, Kohl voire Chirac, de présenter un projet cohérent, et fini géographiquement, et de poser la question préalable dont l'absence pourrit tout le débat : confédération ou fédération.

La politique des petits pas, les tâtonnements, étaient bienvenus au sortir de la guerre, pour créer ex-nihilo une communauté d'intérêts, mais la méthode fut poursuivie jusqu'à aujourd'hui. La Commission tâtonne, observe jalousement ses concurrents de proximité, le Conseil et le Parlement, et chacun élargit son pré carré parce que le sentiment dominant est que dans la crise tout est possible.
Le pronostic d'une fracture Nord-Sud n'est pas vain.

10. 27/05/2010 12:11 - J.

J.Etes-vous beaucoup plus optimiste que M. Millière, au fond ? Comme lui, vous voyez au moins une partie de l'Europe sombrer, dont la France. L'Europe du Nord est plus stable, sérieuse, c'est le cas depuis un moment ; sur la foi dans l'avenir, notamment à l'Est, on le savait aussi.

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