L’épicentre du carnage
SURLERING.COM - THE BOOKMAKER - par Pierre Schneider - le 07/02/2011 - 17 réactions -
Ce livre parti sur les traces des survivants des massacres de l’Est en 40-43 en dit plus que son sujet. Un million de juifs liquidés, la culture yiddish disparue, des ghettos entiers rasés. Qui, dans le grand public, le savait ? Personne. Qui veut en parler ? Personne. Oubliez la banalité du mal, oubliez Auschwitz super-star. This is not Auschwitz, this is genocide. Faisant suite à un documentaire en deux parties diffusé sur France 2 il y a quelques mois, « Einsatzgruppen » approfondit les opérations de tuerie menées par les nazis dans l’Est de l’Europe durant la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit essentiellement des prodromes de la liquidation industrielle qui aura lieu à Auschwitz, Belzec, Sobibor, Treblinka à partir de la fin 41, ce qui est connu dans le public sous le nom de «Shoah par balles» et qui a connu une notoriété et un regain d’intérêt inégalés depuis le roman de Jonathan Littell, Les Bienveillantes et son prix Goncourt. Les faits étant ce qu’ils sont (plus d’un million de massacrés, juifs, communistes et autres), l’intérêt du livre provient aussi du contexte et des enseignements annexes qu’on peut en tirer. Je n’insiste donc pas sur la forme de l’ouvrage, récit historique entrecoupé de récits de témoins et de mises en contexte, qui en facilite la lecture. Enseignement 1 : Le génocide, c’est pour faire joli.La première chose qui frappe, c’est le coté esthétique de la conception du génocide. Les atrocités qui ensanglantèrent l’Est de l’Europe naissent du cerveau malade d’architectes qui souhaitent jouer de la carte des populations comme des plans d’une maison. On ajoute, on déplace ou on supprime tel peuple parce que cela obéit à une rationalité nazie. Tout comme on veut rebâtir Berlin en Germania, supprimer les allées courbes et les remplacer par des boulevards droits, bref réparer ce qui n’est pas cassé, ainsi on veut allonger les peuples d’Europe sur le lit de Procuste d’un territoire déjuivé. Plus d’un million de morts pour avoir une carte qui fait joli : voilà le prix à payer pour tordre la réalité à l’image de ses fantasmes. Mais la réalité se courbe mal et toutes les fois qu’on veut forcer l’avènement de l’homme nouveau (affranchi de classes sociales, fidèle de la déesse Raison, démarxisé), le sang coule. Méfiez-vous des architectes. Enseignement 2 : Le génocide tue les âmes.Second enseignement, déjà connu, c’est l’avilissement des bourreaux. Un ou deux chapitres de l’ouvrage mettent crûment en lumière l’alcoolisme généralisé qui sévissait chez les tueurs, les rations doublées les jours de massacre, les excuses pour raisons de santé. Et, finalement, la délégation large des massacres aux supplétifs ukrainiens, lituaniens et autres – quand ce n’était pas les Roumains qui s’en chargeaient eux-mêmes chez eux sans que personne ne le leur demande. Seule exception notable, les Polonais : se cantonnant dans le pire des cas à un antisémitisme à la papa, ils n’ont donné ni « légion Charlemage » ni « division Viking » aux SS, ni supplétifs policiers aux unités de tuerie. Phénomène corollaire : l’absence absolue de remords. Toutes les fois que Michael Prazan réussit à rencontrer un SS ou un auxiliaire survivant de cette époque, s’il constate un certain refoulement sur les sujets qui ne sont pas couverts par l’obéissance militaire (les viols, par exemple), il ne réussit en revanche aucunement à tirer la moindre parole de remords, phénomène observé déjà au procès de Nuremberg. Enseignement 3 : Le génocide ? Quel génocide ?Le troisième enseignement et sans doute le plus marquant, c’est la disproportion entre l’énormité du fait et son contexte (le massacre de millions de juifs, la Seconde Guerre mondiale) et la transcription qui en a été faite dans la mémoire collective : manuels d’histoire, monographies, émissions télévisées. Autant la mémoire de la guerre a-t-elle suivi immédiatement l’événement, autant l’on peut être frappé que des aspects capitaux de celle-ci, la Shoah en premier lieu, n’aient émergé et n’aient été connus dans l’opinion qu’avec énormément de retard. On parle de camps de concentration, puis d’Auschwitz, puis de chambres à gaz. Auschwitz reste durablement la star de la mémoire du massacre. Le terme «Shoah» apparaît, si je ne me trompe, avec le documentaire de Claude Lanzman dans les années 80. On connaît le massacre de Babi Yar si l’on écoute Chostakovitch – mais pas son contexte. On connaît Oradour-sur-Glane, commis par l’une des divisions SS en opération à l’Est – mais seulement parce que ça s’est passé en France. Qui pourrait nommer les autres Oradour qui ont eu lieu en Europe ? Les camps d’extermination démantelés, Sobibor, Treblinka sont aujourd’hui connus d’une minorité éclairée, pas plus. Et la «Shoah par balles», qui a été un phénomène d’une ampleur considérable, par les juifs tués, par le nombre de bourreaux, par la multiplicité des lieux de tuerie dont la Biélorussie, fut, paraît-il, l’épicentre. La «Shoah par balles» n’est sortie du cercle de la recherche historique qu’il y a moins de cinq ans. Les survivants se souviennent, se font prier pour parler, ne veulent plus y penser. Les bourreaux ne regrettent rien. Les politiques préfèrent jeter un voile sur un phénomène honteux où ils en ont fait soit trop, soit pas assez et qu’ils ont souvent récupéré pour leur propre programme (en URSS stalinienne, pas de victimes juives officiellement, tout le monde a été tué parce que soviétique). Et les historiens peinent à en parler. Bref, rien vu, rien dit, rien appris. Circulez, il n’y a rien à voir. P.Schneider
Toutes les réactions (17)
1. 07/02/2011 10:37 - deathlikesilence
La "shoah par balles" comme vous dites, je l'ai apprise au lycée 1995-1996.
2. 07/02/2011 11:49 - oldMan
Je suis toujours extraordinairement surpris quand je lis des choses comme ceci :
« on peut être frappé que des aspects capitaux de celle-ci, la Shoah en premier lieu, n’aient émergé et n’aient été connus dans l’opinion qu’avec énormément de retard. »
Témoignage personnel peut-être limité : je suis né en 1948, dans ma famille, qui n'était ni juive ni spécialement militante, on m'a parlé des persécutions contre les juifs et des camps de concentration dès mon plus jeune âge, aussi loin que je me souvienne j'en ai été informé, mes camarades de classe me semblaient bien l'être aussi, on en parlait au lycée (on y a d'ailleurs donné le film Nuit et brouillard), bref j'ai l'impression que cette occultation présumée des persécutions anti-juives dans les années qui ont suivi la guerre est une sorte de mythe étrange, destiné à accroître l'auto-satisfaction permanente et la bonne conscience caractéristique de l'époque actuelle. Certes, tout cela n'était pas "médiatisé", dans les années 60, non, mais connu, oui...
3. 07/02/2011 12:17 - Kaolina
Pour prolonger ce sujet: il y a un documentaire exceptionnel de 6 heures sur Auschwitz qui a été diffusé sur la BBC il y a quelques temps dèja. Beaucoup d'infos que je ne connaissais pas dans ce document.
4. 07/02/2011 12:59 - Nejma
@Oldman, il a fallu attendre les années 1970, pour qu'il y ait un réveil d'une mémoire juive attachée à faire reconnaître la spécificité du génocide. Personnellement je l'ai appris parce que j'étais intime avec une enseignante victime des conséquences de cette boucherie complice Il a fallu dans l'Éducation Nationale un appel de Jack Lang aux professeur d'histoire leur demandant de rappeler aux élèves ce qu'avait été le gouvernement de Vichy, la collaboration et le génocide des juifs. J'ai eu une prof de terminale en Histoire qui a décidé de faire l'impasse de cet aspect parce qu"'elle en avait marre du pleur juif"!
Si cela est si évident pourquoi a-t-il été si difficile en France de faire sanctionner par les tribunaux la responsabilité des hauts fonctionnaires de Vichy inculpés de complicité de crimes contre l'humanité?
François Mitterand a été contraint de reconnaître officiellement cette réalité (qui je vous le rappelle déposait une gerbe sur la tombe de Pétain, il n'a cessé qu'en 1993!)
C'est avec Jacques CHIRAC que l'ambiguïté a été levée, cela fait un peu long vous ne trouvez pas?
Des adeptes de la négation du génocide, il y en a encore plein.
Bien sur il y a eu d'autres horreurs au siècle dernier, le goulag,Hiroshima, Nagasaki,las arméniens,les rawandais;mais celle perpétrée par les nazis un à savoir « génocide racial », « une extermination conçue sur des bases idéologiques, planifiée, gérée bureaucratique-ment et mise en oeuvre par des méthodes industrielles », dont les victimes étaient désignées « selon leur appartenance à un groupe qualifié de " races inférieures ", dans le cadre d'un projet de remodelage biologique de l'humanité », il n'y en a eu qu'un.
Cette éradication est je le concède à l'auteur de cet article a été niée et mal traitée sinon pourquoi un tel retour en force de l'antisémitisme de nos jours?
5. 07/02/2011 13:31 - Kaolina
Sur la France de Vichy, il y a ce livre sur Darquier de Pellepoix: Darquier ou la France trahie.Je le conseille vivement: proprement fascinant. Le récit d'une jeune fille qui découvre que son père n'est autre que Darquier de Pellepoix, parasite des années Vichy, qui se refugiera en Espagne à la fin de la guerre protégé par Franco. Sa fille se suicidera en 1970.
6. 07/02/2011 17:25 - Pierre Schneider
Deathlikesilence: en 89-90, pas un mot sur les Einsatzgruppen...
Oldman: au lycée, on avait bien entendu parlé de la Shoah. Au collège, on avait rencontré deux déportées a Dachau qui nous avaient raconté leur histoire (travail forcé chez Siemens, puis un début de gangrène dans une marche de la mort qui les avait laissées sur le bord de la route et, paradoxalement, sauvées). De camps de *concentration*, il était très souvent question. Mais de camp d'extermination, non. D'ou l'idée que j'ai eu, longtemps, que tous les camps étaient un peu la même chose, ce qui est loin d'être le cas.
7. 07/02/2011 23:17 - berdol
à Nejma : Ce que vous écrivez est faux : Il suffit de voir les dates de parution des différents livres sur le génocide, qui était déjà et du plus loin appelé génocide pour savoir que la tentative d'extermination des juifs par les nazis était largement connue et commentée par les historiens et journalistes dès l'immédiat après guerre. Prétendre qu'on vient juste d'oser en parler est un mensonge tout à fait dans la droite ligne du politiquement correct de gauche. Ces commentaires sont toujours décevants, nuls, mal informés, affirmatifs, à peine écrits en français et tout cela pour cracher sur ce bon vieux pays coupable de toutes les turpitudes. Les einzagruppen sont connus depuis Nuremberg avec les premières tentatives de gazage des juifs dans des camions dont les gazs d'échappement étaient dirigés vers la caisse hermétiquement fermée. On connaît tout ces détails horribles depuis la fin de la guerre et si personne n'en faisait business, c'est parce que la guerre venait de se terminer et que tous voulaient passer A AUTRE CHOSE , car tous avaient le même sentiment de l'horreur et tous devinaient que tout est possible pour tous (Katyn, la kolyma, Auschwitz, Dachau, l'arménie, les améridiens, les mayas, les vendéens , la horde d'or, les pyramides de cranes de Gengis khan, l'impératrice Tseu hi et j'en passe et sous toutes les lattitudes, à toutes les époques !) Il ne s'agit pas de sombrer dans le relativisme, mais ne vous drappez pas dans votre dignité et réfléchissez à ce que vous pouvez faire. Ce ne sont ni ceux-ci, ni ceux-là qu'il faut stigmatiser, c' est chacun de nous. Qui veut faire l'ange fait la Bête....
8. 08/02/2011 09:16 - Nejma
@Berdol suis pas d'humeur à guerroyer ce matin, j'ai très mal dormi. Aussi pardonnez mon mauvais français.
D'ordinaire ce que j'écris est historiquement vérifiable, donc tout ce que j'ai cité l'est.
Toutefois dites-mois à quel moment ai-je évoqué les livres d'histoire et les journalistes?
D'une mes parents ne sont jamais allés à l'école comme bon nombre de personnes d'origine algérienne nées en 1925 et 1939 âge de naissance de mes parents. L'accession au collège unique a été vraie avec la réforme Habby en 1981, je suis née en 1968 quelque part dans le nord de la France que j'aime et chérie. Possible qu'entre 1968 et 1981, il y ait eu des ventes records de livres d''histoire mais je l'ignorais.
Je n'ai, je persiste et signe jamais eu d'enseignement sur cet aspect glorieux de l'histoire de ma douce France à l' école primaire ou au collège. En revanche j'en ai mangé à toutes les sauces du poilu et des tranchées. Au lycée j'ai étudié en terminale "le problème juif", j'ai encore mes classeurs.
Rien pas de terme lowcost ni Shoah. Les officiels, au pouvoir pas vous, les français traumatisés ou votre mère-grand ont eu du mal à se souvenir...Chacun sait que MITTERAND n'avait aucun ami qui aurait pu éventuellement avoir quelques remords à ce sujet.
Ma nièce Salomé, âgée de 9 ans est en classe de CM2. Ce week-end je la faisais réviser ses leçons d'histoire car elle a une grande évaluation qui compte pour le bulletin!
Nous sommes en février, elle en est à sa H6; à savoir sa sixième leçon d'histoire dont l'enjeu est le pouvoir absolu de droit divin. Avant cela il y a 5 leçons sur le siècle des lumières avec lecture de pages entière de l'Encyclopédie.
Si je fais mes calculs, elle verra la deuxième guerre mondiale le 30 juin 2011. Et encore c'est quand même peut-être.
Je souhaitais faire le parallèle avec le génocide de ceux de l'Europe de l'est, dont l'article en l'espèce est l'enjeu. Possible que je maîtrise mal le français au point de donner une impression de confusion à ce moment ce n'est par manque de vérité historique.
Bonne journée et sans rancune.
9. 09/02/2011 14:14 - Kim
J'ai le souvenir qu'en France dans les annees 70 on evoquaient encore a voix basse l'Occupation et les camps, ce n'etait apres tout que moins de 30 ans aupravant. Certains parents gardaient encore des tickets de rationnement et des vieilles photos, parfois exhibes pendant des exposes scolaires par leurs gamins.
A Berlin, si vous voulez connaitre a peu pres tout sur les camps, il y a le musee Juif et le Memoriale a la deportation juive avec sa bibliotheque et son musee en sous sol construit par Peter Eisenman.
Il y un peu plus de 500 camps d'extermination a travers l'Europe, du plus rudimentaire au plus sophostique, Birknau, AuschwitzII.
En Pologne, les gamins, depuis la guerre, ont des visites scolaires obligatoires dans les camps de concentrations...peut etre qu'en France on en fait pas autant...mais c'est plutot recent, j'ai l'impression...
10. 09/02/2011 14:30 - Ichbinrodolphe
@ Nejma La barbarie nazie "officielle " à l'encontre des juifs semble en effet indépassable dans l'horreur surtout que des individus y ajoutèrent à titre personnel leur propres inventions ignominieuses .Que rajouter de plus dans la cruauté absolue ,on reste muet ,et on a alors la réponse sur le niveau atteint .Le problème est que l'Histoire est utilisée depuis quelques décennies par des gens dont la shoah ne semble pas être la vraie préoccupation,le problème c'est qu'elle à servi à déconnecter des barbaries trop amies comme le soviétisme et le Maoïsme, indépassable pour le coup en nombre de gens visés et liquidés non pour appartenance à un groupe racial mais à une classe (ou supposée classe, ennemie ) D'ailleurs la nomenclature soviétique ressemble étrangement (comme pour bien d'autres ) a celle des nazis dans son découpage des groupes méritants et des parias ,et le mot liquidé physiquement utilisé par Lénine vient ajouter à la ressemblance (enfants compris comme l'avait prouvé Soljénytsyne en son temps ). Ceci dit né avant vous j'ai tout de suite était au courant dès mon enfance du génocide (les films passaient déja à la télé dont Nuit et Brouillard et les livres dont les Mannequins nus par exemple fut un "best " et le procès de Nuremberg avec toutes ses archives et tant d'autres )C'est vrai par contre l'impact avait moins de force ,les consciences moins enflammées dans une France qui se reconstruisait avec peine bouleversée par la guerre (nul ne peut imaginer ce qu'il dut être aujourd'hui ) et tendait à oublier les horreurs si proches: :recommencer à vivre.
@ Berdol :entièrement d'accord avec ce que vous écrivez ,notamment sur le chaud et froid de la culpabilisation :Vichy - les Justes , et le vouloir passer à autre chose ,avant que Hiroschima ne se produise en Europe ,la grande peur de cette époque,qu'on a oubliée : finir vitrifié ,alors encore une minute monsieur le Bourreau ...
11. 09/02/2011 14:44 - Nejma
Oui Ichbinrodolphe je partage entièrement tout ce que vous pensez, mais je parle d'officialisation étatique et scolaire. Bien sûr que de mon côté je me suis énormément documentée, j'adore l'histoire c'était une de mes matières préférées. Mais le vouloir passer à autre chose se fera quand on aura indemnisé tous les rescapés (et leur descendants) de la Shoah en leur restituant leurs biens. Ce qui n'est guère évident.
12. 09/02/2011 23:18 - Solune
J'ai 22 ans autant dire que le lycée n'est pas si loin. La shoah j'en ai bouffé comme personne, que ce soit en collège privé catholique ou dans le publique, de plus j'ai des origines limousine donc Oradour-sur-Glane on m'en parle depuis que j'ai 9 ans. Ma grand mère vivait Vichy durant l'occupation et m'a raconté ses souvenirs d'enfance. Le ghetto de Varsovie j'en ai lu des pages, que ce soit dans des manuels scolaire ou les journaux. Des films il y en a beaucoup et des bon en plus. Je suis en faculté d'histoire, et dès la première année on s'est attelé à la barbarie nazi.
On n'enseigne pas la manière dont un système à industrialisé la mort à un enfant, je me souviens du choc que Oradour-sur-Glane avait produit sur moi, je n'imagine même pas si l'on m'avait parlé des Eisatzgruppen ...
En histoire on attend généralment que les protagnistes soit tous mort pour en parler.
Bref je pense que sur la shoah tout le monde est informé et de la barbarie des nazis personne n'en doute.
13. 10/02/2011 11:15 - Nejma
Solune, tout à fait ce qui était hier n'est plus vrai aujourd'hui et heureusement.
14. 10/02/2011 23:53 - Maïmonide
L'antisémitisme est obsolète. Il avait partie liée au problème juif, tel que l'Europe d'avant 1945 se le posait. Or, ce problème a été résolu ; on sait de quelle manière et pourquoi il faut agir en tout point comme si rien n'avait eu lieu. Il est vrai que ce qui est obsolète, subsiste et prolifère ; rien de
plus permanent qu'un grenier de vieilleries. L'antisémitisme suit la règle. Il prolifère. Mais il n'a pas d'avenir. L'antijudaïsme a de l'avenir. Tout ce qu'il y a à comprendre, c'est que les juifs n'intéressent plus personne en Europe. L'antijudaïsme moderne est devenu la forme naturelle de l'indifférence ; la persécution, la forme naturelle du désoeuvrement; le déni de l'antijudaïsme et de la persécution, la forme naturelle de l'opinion raisonnable. Le premier devoir des Juifs, ce n'est pas, comme l'imaginait Herzl, de délivrer l'Europe des Juifs. Le premier devoir des Juifs, c'est de se
délivrer de l'Europe. Non pas en l'ignorant , mais en la connaissant complètement, telle qu'elle a été - criminelle par commission -et telle qu'elle est devenue: criminelle par omission.
15. 16/02/2011 05:58 - zao
Mimonide, la voix de la sagesse :)
16. 26/08/2011 17:20 - un homme sans nom...
+"L'antijudaïsme a de l'avenir."
L'antijudaïsme sera l'antisémitisme de demain.
Dabar...Israël est le peuple du Dabar. Le peuple de la Parole.
"Parole. Hébr., dabar, parole, et aussi acte ; Le mot vient d’une racine qui signifie : être derrière (le debîr du Temple = sa partie de derrière, le Saint des Saints), avec la nuance de quelque chose de caché, qui va être poussé en avant." .
CONGAR Yves, La Foi et la Théologie, Ed. Desclée and Co, Tournai, 1963, page 4.
"L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu." dit l'Ecriture.
Protégeons donc ceux qui protègent la Parole contre ceux qui la détruisent (et qui invitent à la détruire)...
17. 26/08/2011 17:28 - un homme sans nom...
+Bref je pense que sur la shoah tout le monde est informé et de la barbarie des nazis personne n'en doute.
"les nazis ont perdu la guerre mais le nazisme à gagner le monde (ou les esprits ?)" dit Dantec.
Je pense qu'il a raison...malheuresement.
|
Dernière réaction La "shoah par balles" comme vous dites, je l'ai apprise au lycée 1995-1996.  07/02/2011 10:37 deathlikesilence
 Articles les plus lus Pour Sarkozy, avec ferveurNB : Cette tribune libre n'engage pas l'ensemble des chroniqueurs de Surlering.com.Aux « déçus » du sarkozysme.En France, nous avons toujours eu la gauche la plus nulle et la plus fourbe du monde... Satellite Sisters : suite de la sirène rouge, des racines du mal et de Babylon babiesLe manuscrit Satellite Sisters, suite de la Sirène rouge, des racines du mal et de Babylon Babies, est dans les airs entre Cape York et Paris, direction les éditions Ring. Le site officiel des... Qu’est-ce que la Résurrection ?« Mais si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre
message, vide aussi votre foi. » (1 Co 15, 14)
Encore une fois, Benoît XVI a tout dit.
Sans... Richard Wagner, un antisémite maître spirituel de Hitler ?À propos du livre de Pierre-André TAGUIEFF, Wagner contre les Juifs (Berg International, 2012)Définir aussi précisément que possible l’antisémitisme de Wagner, sans tomber dans... Réflexions sur la tuerie antijuive de Toulouse(propos recueillis par Christophe Ono-dit-Biot) pour Le Point, 22 mars 2012, pp. 54-57 ; texte publié avec quelques coupes sous le titre : « Israël joue le rôle du diable ». Cet entretien a... "Finance pousse-au-crime" : la preuve, enfinCela devait arriver. Car de longue date, toute loyauté raillée, toute fidélité abolie, les requins de Wall Street ne nagent plus que « dans les eaux glacées du calcul égoïste » (dixit Karl... Qui ? Assassinats. Militaires. Petits enfants. Montauban et Toulouse. Ecole juive. 11,43 et 9mm. Indignation, compassion, consensus. Campagne suspendue par le PS. Une minute de silence dans les écoles... Carnets de campagneLes campagnes électorales sont des périodes d'extrême saturation des ondes et des conversations, un peu comme aux César ou aux Victoires de la musique, où les animateurs-fonctionnaires s'agitent... A l’école de l’antimodernitéPuisque nous sommes en début d’année, puisque cette année sera politique ô combien, puisque, on me permettra cette très vaniteuse remarque, ma troisième saison au Ring commence aujourd’hui,... Les étoiles 2011 de Dantec"Il vaut mieux attraper la peste que rencontrer certaines personnes ; à l'inverse, on ne pourrait vivre en passant à côté de certaines rencontres" ("Manuel de survie en territoire zéro").Maurice... Le superbe top 50 des FrançaisPuisqu'on
vous dit que vous les aimez.
"TOP 50 :
contre la crise, rire, métissage et proximité", voilà comment on nous
présente le "sondage-événement" du JDD, censé établir la liste... Rachida Dati creuse son FillonQue le Premier ministre me pardonne ce jeu de mots sur son nom pour le titre de ce billet mais il est vrai qu'il convient de ramener à sa juste mesure la guerre que depuis quelque temps Rachida Dati... Sécurité routière : l'arnaque extra-largePuisque dans ce domaine, la répression règne sans partage sur la prévention, sans que ça n'indigne personne, pas même Stéphane Hessel. Rééquilibrons les choses en faisant un peu de... Poudlard for ever A Raphaël Juldé, dernier arrivé à Poudlard mais premier reçu aux buses et aux aspics (maison Poufsouffle), et qui, d’après le professeur Trelawney rencontrera plus tôt qu’il ne le croit... Rokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumain« Non seulement les races n’existent pas, mais en plus, elles sont toutes égales » (proverbe de Jalons)Je viens de finir Racisme : mode d’emploi de Rokhaya Diallo, et je sais désormais que je... Séduction du conspirationnisme : Umberto EcoEntretien avec Pierre-André Taguieff (propos recueillis par Paul-François Paoli)Philosophe, politologue en historien des idées, Pierre-André Taguieff, qui prépare un nouveau livre sur les... Les révoltes arabes, les intellectuels français et la pensée "complexe"Voici deux mois, le jeune Mohamed El-Bouazizi décédait l’hôpital de Ben Arous, et la Tunisie s’embrasait, entraînant à sa suite nombre de pays arabes. Voilà un mois, un étrange débat... Faces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rockFoi profonde, révélation, référence culturelle inévitable, sujet de plaisanterie, de provocation, démarche commerciale, la figure, ou plutôt Les figures du Christ sont une source... In Xto Rege : à la recherche du Jésus historiqueLe premier thema Ring 2011 se déploiera sur neuf textes articulés autour des questions centrales posées par la matérialité de Jésus de Nazareth, la Passion, les reliques, leurs valeurs... Le suaire de Manoppello révèle le visage du ChristOn connaît le linceul de Turin, ce grand morceau de lin sur lequel l’image du corps entier du Christ mort est incrustée. On connaît l’histoire de la photographie de 1898 révélant que... Ainsi parlait ZaraDebbouztraPresque par bonheur, on l'avait oublié. Le revoilà. Jamel Debbouze a choisi l'Express (c'est de circonstance, il y a vraiment quelque chose de ferroviaire dans cet entretien) pour exercer son... Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?Le texte qui prévoyait de légaliser l'euthanasie, examiné mardi au sénat, a été supprimé par deux amendements. S'il y avait bien quelque chose à supprimer, c'était ce texte, n’importe... Céline rattrapé par la mémoireSors d'ici, Louis-Ferdinand ! La République a choisi : l'ignoble sera au dessus du grand, pour l'éternité. Il ne faut pas célébrer le génie, parce qu'il est parfois antisémite. Oui, Céline... Broadcast : the dream is overChanteuse et icône du groupe, Trish Keenan n’est plus. La grande sœur idéale s’en est allée planer au dessus des nimbus qui plombent Birmingham. Avant que de sombrer dans l’oubli, laissons... Benoît XVI - Un cœur intelligentLecture de Lumière du monde, un entretien de Benoît XVI avec Peter Seewald : Lumière des siècles contre siècle des lumières.Les communistes avaient tenté de se débarrasser de Jean-Paul II... Robert Brasillach : le procès expédiéIl en va de certains écrivains comme des maladies vénériennes. Tout le monde les connaît mais personne n'en parle. Ainsi de Robert Brasillach dont il suffit de prononcer le nom au beau milieu... Du bon et du mauvais usage de l’indignationIl est sympathique ce Stéphane Hessel avec sa gueule du vieux qui sait et son histoire héroïque de grand résistant, grand bourgeois, grand lettré, grand amoureux des femmes (il en a eu cinq... Terreur et martyre : il était minuit à AlexandrieIl était minuit à Alexandrie.« Le martyre est l’expression absolue de notre amour » Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk Alexandrie, Egypte. 2010 vit ses derniers instants, tels ces... Assises islamisation : c'est la lutte prime-timeLa jurisprudence Marine Le Pen est passée par là : se demander si
les musulmans peuvent être "trop", sous des latitudes où il faut bien
reconnaitre qu'ils se sont séculairement contentés... Chemins de travers« Voici un étrange monstre », aurait (re)dit Corneille. La pièce que nous donne à lire Ariane Chemin dans son article sur le souper Houellebecq-Sarkozy du 14 novembre, pour être somme toute... PS : les intermittents de la réalité en tournéeMême si Benoît Hamon doit en être à sa quarantième boite de Valium, il faut reconnaitre qu'il n'y a que le PS pour égayer ainsi nos froides soirées d'hiver. Tout d'abord, l'ineffable... "Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe."Biographe de Bashung, chroniqueur historique des Inrockuptibles, l'écrivain Marc Besse est aussi l'un des rares spécialistes de Noir Désir. Proche du groupe, cet écorché vif ne pouvait rester... Blondeincendiaire.com : the murder chat room(reportage vidéo à ne pas louper en fin de chronique)Au moment où Wikileaks relance le débat sur la place de la transparence dans la vie démocratique avec ses soit-disantes « révélations »... Cantona : quand wall street veut casser la banqueCantona, qui envisage désormais la lucarne de l'Elysée, avait créé la polémique en 2011 avec sa première tentative de "révolution". Retour, avec Laurent Obertone, sur le premier coup de poker... Quelques traces de rouge à lèvres…Et si Alain Bashung avait trouvé dans l’art de la reprise, un sens pour sa propre musique ? Voilà la relecture de l’œuvre que propose « Osez Bashung », un double album compilatoire qui met... Teresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent GallaireAncien bras droit d'Antoine Gallimard, Teresa Cremisi est depuis 2005 PDG de Flammarion. Éditrice de Michel Houellebecq, la numéro 2 du groupe Corriere Della Sera répond aux questions soulevées... Exil(s) ExpressGéraldine Woessner a été reçue au domicile de Maurice G. Dantec à Montréal. Une conversation autour de l'exil, du Québec, de l'hexagone et ses écrivains, du roman qu'il prépare pour 2011 et... Et si les chômeurs ne chômaient plus ?Faire travailler les chômeurs, voilà "une joyeuse bonne idée", comme dirait Jolitorax, dans Astérix chez les Bretons. Bon, dans l'absolu, c'est n'est pas nouveau. Parait que François Mitterrand... Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"Précisions : sur qui s’appuyer pour faire la révolution ?Comme dernier avatar après bien d’autres (on le verra plus bas), le bas clergé académique, tendance « sociologie critique », nous...
 |