John Wayne Gacy - Partie 2SURLERING.COM - MURDER BALLADS - par Emily Tibbatts - le 10/07/2006 - 0 réactions -
John Wayne Gacy était un homme d'affaires respecté et affable. De nombreuses personnes le considéraient comme un homme gentil et généreux, un fêtard accueillant, un Démocrate convaincu, qui se déguisait en clown pour amuser les enfants des hôpitaux et permettait à des jeunes gens de se faire un peu d'argent. Presque personne n'aurait pu imaginer qu'il aimait torturer et violer des adolescents, et encore moins qu'il en assassinerait trente-trois entre 1972 et 1978, et dormirait tranquillement au-dessus de leurs cadavres. Voici l'ultime Murder Ballads d'Emily Tibbats.
Le 25 septembre 1977, John Mowery, 19 ans, rentrait chez lui, sous la pluie, après avoir rendu visite à sa mère. Il pleuvait à verse et Gacy était justement sorti, avec l'intention de proposer à un jeune homme de le conduire où il le voudrait, bien au sec... John Mowery tentait sans succès de se protéger de la pluie et lorsque Gacy lui proposa de monter, le jeune homme n'hésita pas un instant. Gacy était connu dans le quartier : on le voyait souvent dans les petits chantiers où travaillaient ses jeunes employés et il était un membre actif de la communauté. Mais, comme à son habitude, Gacy conduisit le jeune homme chez lui sous un faux prétexte. Il l'attacha, le viola et le tortura. Son corps se retrouva sous la maison. Le 17 octobre 1977, Russel Nelson, 21 ans, rentrait chez lui après une nuit passée dans une discothèque. Gacy lui proposa de monter dans sa voiture.
Il le ramena chez lui et lui réserva le sort de toutes ses autres victimes : la mort.
Robert Winch, 16 ans, avait fugué de chez ses parents, à Kalamazoo, dans le Michigan. Il y étouffait. Il voulait vivre dans une grande ville, être libre. Il avait fait du stop et était parvenu jusqu'à Chicago. Il fut enterré dans le vide sanitaire, déjà rempli de cadavres et où l'espace commençait à manquer.
A peine une semaine plus tard, le 18 novembre 1977, Tommy Baling, 22 ans, devint la 17ème victime de Gacy. Après avoir bu quelques verres après le travail, il téléphona à sa jeune épouse pour lui indiquer qu'il rentrait. Il faisait froid et, lorsque Gacy arrêta sa voiture à côté de lui pour lui proposer de le ramener, Tommy accepta.
Le 9 décembre 1977, David Talsma, 19 ans, se rendait à un concert. Lorsqu'il le vit à la sortie de la salle, Gacy l'accosta et lui proposa d'aller boire quelques verres chez lui. Il le viola, le tortura et l'étrangla. Peu de temps après, Gacy appris qu'il avait la syphilis. (« La syphilis est une infection bactérienne responsable de lésions de la peau et des muqueuses pouvant toucher de nombreux organes. La transmission de l'infection est strictement inter-humaine et se fait par voie sexuelle »).
En janvier 1978, Gacy fut arrêté et emmené au commissariat de police de Chicago. Un prostitué de 19 ans nommé Robert Donnell avait déposé une plainte contre lui. Donell s'était rendu chez Gacy après avoir accepté d'être payé pour des rapports sexuels. Mais ce qui était réellement arrivé dépassait l'accord conclu. Gacy l'avait menotté puis avait passé la nuit à l'étrangler au point de lui faire perdre conscience plusieurs fois, à le violer, à le frapper avec des chaînes, à lui uriner dessus et à lui maintenir la tête sous l'eau dans une baignoire jusqu'à ce qu'il s'évanouisse. Il avait même joué à la roulette russe.
Mais, pour une raison inconnue, Gacy avait décidé de ne pas tuer Robert. Il l'avait reconduit dans la rue et l'avait jeté sur le trottoir, sanguinolent, ne tenant plus sur ses jambes. Billy Kindred, 20 ans, devait se marier dans un avenir proche et passa la journée du 16 février avec sa fiancée, à planifier la cérémonie. Le soir, il rencontra Gacy et accepta de monter dans sa voiture. Il fut violé et tabassé par Gacy avant d'être étranglé.
Les services secrets avaient mené une enquête sur lui, pour s'assurer que la femme du Président rencontrerait « un homme bien ». Le casier judicaire de Gacy mentionnant son incarcération pour sodomie avait été transmis à la police de Chicago. Pourtant, les services secrets n'en eurent pas connaissance...
Le 22 mai 1978, Jeffrey Ringall, qui s'était disputé avec sa petite-amie, voulait faire un tour à New Town, un quartier populaire de Chicago, pour se changer les idées. Alors qu'il marchait, une Oldsmobile noire s'arrêta devant lui. Un homme enrobé se pencha à la fenêtre et le complimenta sur son bronzage. Il discuta un moment avec lui puis demanda à Ringall s'il voulait partager un joint avec lui en se promenant en ville. Tout heureux de cette rencontre providentielle, Ringall monta dans la voiture et accepta la marijuana que lui tendait son nouvel ami. Quelques minutes plus tard, alors qu'ils discutaient tranquillement, l'homme se jeta sur Ringall et plaqua un chiffon imbibé de chloroforme sur le visage du jeune homme. Ce dernier perdit rapidement conscience et n'ouvrit les yeux que brièvement, un peu plus tard, alors que la voiture roulait le long des rues. Hagard, Jeffrey ne parvint pas à comprendre où il allait, ni ce qui lui arrivait. L'homme remarqua qu'il était réveillé et l'endormit de nouveau avec le chloroforme.
Ce soir-là, Ringall fut brutalement violé, torturé et chloroformé par son kidnappeur, des heures durant.
Il porta plainte auprès de la police, qui le crut. Comment douter en voyant le visage boursouflé de Jeffrey Ringall ? Mais les enquêteurs pensèrent qu'ils ne trouveraient pas son violeur car Ringall n'avait que très peu d'informations à leur fournir. Outré, Jeff Ringall s'adressa alors à un avocat et, en juillet 1978, attaqua Gacy selon une procédure privée. Gacy réagit rapidement, affirmant que c'était Ringall qui avait tenté de l'endormir avec de la drogue. Gacy se croyait intouchable.
Lorsqu'on lui demandait pourquoi ses employés changeaient si souvent, il répondait que les garçons étaient rentrés chez eux, qu'ils étaient partis « vers le sud », ou qu'ils avaient été licenciés. Comme il employait beaucoup d'adolescent sur des contrats de courte durée, peu de gens remarquaient la disparition de ses victimes. Le 14 juin 1978, un adolescent nommé Timothy O'Rourke suivit John Wayne Gacy chez lui pour y fumer de la marijuana. Il y fut violé et frappé, puis étranglé. Mais Gacy n'avait plus de place dans son vide sanitaire, dont l'odeur de putréfaction devenait proprement insoutenable. Gacy mit le corps du jeune homme dans un drap, puis le transporta jusqu'à un pont enjambant la rivière Des Plaines, où il le jeta.
Le 4 novembre, Frank Wayne « Dale » Landingin, un jeune homme de 19 ans, disparut à son tour. Prostitué occasionnel, il s'était disputé toute la nuit avec sa petite amie et était sorti de chez lui en trombes, fou de rage. Il avait rencontré Gacy et avait accepté de le suivre chez lui.
Fin novembre 1978, James Mazzara, 20 ans, cherchait un nouveau logement à louer. Il avait entendu dire que Gacy logeait parfois les adolescents qui travaillaient pour lui. Gacy le fit entrer et lui montra la « chambre d'amis » à l'étage. Détendu, James accepta le verre que lui proposa aimablement Gacy. Mais très rapidement, il se retrouva attaché et incapable de se défendre. Gacy le viola et le tortura durant des heures. Puis, il lui enfonça son caleçon dans la gorge et le jeune homme suffoqua. La police de Chicago était incapable d'arrêter un tueur qui avait déjà fait plus de 30 victimes. Mais les policiers d'une petite ville voisinne allaient enfin mettre un terme à ses agissements monstrueux.
Le 11 décembre 1978, Robert Piest, 15 ans, disparut à son tour devant la pharmacie où il travaillait, à Des Plaines. Il était le cadet d'une famille de 3 enfants. Fils modèle, gymnaste d'exception et très bon lycéen, il travaillait dans une pharmacie après les cours pour gagner de quoi s'acheter une voiture.
Il apprit que l'homme à qui Robert Piest devait parler s'appelait John Wayne Gacy, entrepreneur à Chicago, 36 ans. Kozenczak décida de vérifier son casier judiciaire, par simple routine, et fut effaré lorsqu'il découvrit les raisons pour laquelle Gacy avait été incarcéré dans l'Iowa en 1968... et de nouveaux soupçonné depuis. Il semblait incroyable que Gacy soit en liberté, sans aucune surveillance.
Gacy revint le lendemain, 13 décembre 1978, et nia de nouveau connaître Robert Piest. Lorsque les policiers lui expliquèrent que des témoins l'avaient vu avait l'adolescent, il répondit simplement «Ah... Oui... Ce Robert là... ».
Le pavillon, très propre et ordonné, était rempli de plantes vertes. Des images de clowns, peintes par Gacy, étaient accrochées aux murs. Les enquêteurs pensèrent immédiatement qu'ils tenaient leur coupable : un tapis, dans le salon, était maculé par ce qui semblait être du sang. Les enquêteurs trouvèrent également un reçu pour le développement d'une pellicule photo. La petite amie de Robert Piest expliqua que ce reçu lui appartenait et qu'elle l'avait donné à Robert le jour de sa disparition. L'adolescent s'était donc bien rendu chez Gacy.
Trois véhicules appartenant à Gacy furent également saisis, dont un pickup Chevrolet 1978 présentant le nom de son entreprise sur les portières, une Oldsmobile noire de 1979 et un van présentant également le nom de son entreprise. Les enquêteurs expliquèrent à Gacy qu'ils avaient saisi des objets chez lui. Il entra dans une colère noire et appela immédiatement son avocat. Mais la police n'avait encore rien d'assez sérieux pour le faire inculper de meurtre et dut le relâcher. Les policiers décidèrent toutefois de placer Gacy sous surveillance, jour et nuit. Ils ne le lâchèrent pas d'une semelle. Certains amis de Gacy furent convoqués et interrogés par les enquêteurs. Gacy leur avait affirmé auparavant que la police voulait l'accuser d'un meurtre qu'il n'avait pas commis. Les policiers n'obtinrent donc que peu de renseignements utiles. Les amis de Gacy ne pouvaient pas croire qu'il fut capable de tuer quelqu'un.
Les enquêteurs surveillèrent Gacy de manière étroite. Au départ, il voulut défier les policiers, en assurant à ceux qui le suivaient que leurs supérieurs étaient des idiots et en les invitant à déjeuner. Il leur indiquait où il se rendait lorsqu'il prenait sa voiture et accrocha les décorations de Noël sur sa maison comme à son habitude. Il invita même les policiers au restaurant et leur affirma « Vous savez, les clowns peuvent s'en tirer avec des meurtres ». Mal lui en prit, car l'un des policiers, l'agent Schulz, était un homme d'expérience qui reconnut immédiatement l'odeur nauséabonde qui imprégnait l'atmosphère chauffée du petit pavillon de Gacy : une odeur de cadavre. Lorsque ces collègues avaient perquisitionné une semaine auparavant, il faisait froid et l'odeur ne les avait pas frappés.
Schulz en fit part à l'inspecteur Kozenczak.
Le 21 décembre, Kozenczak décida d'arrêter Gacy pour possession de marijuana et de Valium : alors que les policiers le suivaient comme à leur habitude, il avait été surpris alors qu'il fournissait de la marijuana à un pompiste dans un garage.
Les policiers ramenèrent Gacy chez lui et lui annoncèrent qu'ils allaient tout fouiller jusqu'à ce qu'ils trouvent un cadavre, sous le plancher s'il le fallait. Gacy s'effondra et avoua avoir enterré un homme, « un ancien amant », sous le sol de son garage. Il ajouta toutefois qu'il l'avait tué en état de légitime défense. Les voisins et les curieux commencèrent à s'agglutiner devant le domicile de Gacy. Tout le monde le considérait comme un homme sympathique et sans problème. Il avait neigé quelques jours plus tôt et il s'était proposé pour déblayer les allés de ses voisins les plus âgés. Il buvait rarement, ne consommait aucune drogue et détestait les homosexuels...
Les enquêteurs, eux, avaient commencé à creuser dans le vide sanitaire et réalisaient que Gacy était l'un des pires tueurs en série de l'histoire américaine.
Pendant ce temps, John Wayne Gacy était interrogé au quartier général de la police de Des Plaines. Confronté aux preuves, il avoua finalement aux policiers les meurtres d'au moins trente adolescents en sept ans. Il avait enterré la plupart des corps sous sa maison.
Il ne put expliquer pourquoi il avait tué Robert Piest, qui n'était pas homosexuel. Il raconta qu'il avait emmené Robert chez lui pour discuter d'un éventuel emploi. Il lui avait fait comprendre qu'il pourrait gagner de l'argent en vendant son corps mais l'adolescent avait refusé tout net. Gacy l'avait alors convaincu de jouer avec lui... et ses menottes. Robert s'était laissé convaincre. Puis, Gacy avait sombré dans une sorte de torpeur ou d'inconscience. Le téléphone l'avait réveillé. C'était un ami qui lui demandait la raison de son retard à une réunion (cet ami déclara par la suite que Gacy parlait tout à fait normalement et qu'il se dominait parfaitement). Après s'être excusé, Gacy était retourné dans sa chambre. Robert Piest était étendu sur le lit. Il avait été étranglé à l'aide d'un garrot fait d'une corde et d'un marteau.
Gacy avait transporté le corps dans son grenier. Il y était encore lorsque le lieutenant Kozenczak était passé, le lendemain matin. Comme il n'y avait plus de place dans le vide sanitaire et qu'il s'était fait mal au dos à force de creuser, Gacy s'était décidé à jeter le corps de l'adolescent dans la rivière Des Plaines, comme il l'avait déjà fait pour ses 4 dernières victimes.
Gacy discuta ensuite avec l'adjoint du procureur de l'Illinois, Larry Finder, et lui décrivit où la plupart des corps avaient été enterrés. Lorsque Finder lui dit qu'il avait du mal à situer les tombes dans son esprit, Gacy prit une feuille et un crayon, dessina un rectangle, puis le remplit avec d'autres petits rectangles qui représentaient « les tranchées », c'est-à-dire les tombes. Il y en avait presque trente. Gacy avait versé de la chaux ou de l'acide chlorhydrique à plusieurs reprises sur les corps, dans le but de diminuer l'odeur de putréfaction et d'accélérer la décomposition.
Le premier jour de fouilles, la police découvrit deux corps. L'un était celui de John Butkovich, enterré dans le garage. L'autre corps, celui de Jon Prestige, était enterré sous la maison et enveloppé dans du plastique. Le lendemain, trois nouveaux corps furent découverts.
Les médias nationaux campaient devant l'habitation de Gacy, suivant heure par heure les macabres excavations. La maison de Gacy était en permanence cernée de caméras et de journalistes. La maison de Gacy, qui devint aussi célèbre aux yeux des spectateurs que la Maison Blanche, fut peu à peu réduite en morceaux, alors que les policiers creusaient, cherchaient et découvraient d'autres corps.
Le 28 décembre 1978, la police annonça qu'elle avait retrouvé 26 corps sous la maison de Gacy et un dans son garage. En février 1979, la police creusait toujours dans la propriété de Gacy. Il leur avait fallu plus de temps que prévu pour terminer les fouilles sous la maison, à cause du froid de l'hiver qui avait gelé le sol en profondeur. Ils pensaient qu'ils pouvaient encore trouver des corps ailleurs que dans le vide sanitaire. Des ouvriers du bâtiment furent appelés pour démolir le béton du patio de Gacy. Ils découvrirent le corps d'un jeune homme, bien préservé dans le ciment. Il portait un short en jeans et une alliance.
La semaine suivante, un 31ème corps fut découvert dans la rivière Illinois. Les enquêteurs identifièrent le jeune homme grâce au tatouage qu'il portait au bras et dont une photo fut reproduite dans la presse. Un ami du père de la victime reconnu le tatouage de « Tim Lee », alias Timothy O'Rourke, fan de Bruce Lee qui l'admirait au point d'avoir prit son nom et de se l'être fait tatouer. La maison fut ensuite détruite et réduite en poussière.
Robert Piest ne figurait pas parmi les corps retrouvés chez Gacy et l'on ne savait toujours pas ce qu'il était advenu de lui. Les policiers comparèrent des radios dentaires et d'autres indices afin d'identifier les victimes. Neuf ne furent malheureusement jamais identifiées.
Gacy fut transféré à la prison du comté de Cook. Puis, des psychiatres l'examinèrent à l'hôpital psychiatrique Cermak, à Chicago, pour déterminer s'il était ou non sain d'esprit.
« Jack » était soi disant l'une des quatre personnalités qui dominaient tour à tour Gacy. Mais ses récits variaient si souvent qu'il devenait difficile de croire quoi que ce fût. L'un des psychiatres menaça même de ne plus s'occuper de lui s'il ne cessait pas de mentir.
Le 6 février 1980, le procès de John Wayne Gacy commença devant le tribunal du comté de Cook, à Chicago. Gacy, comme on l'apprit plus tard, s'indigna de voir que ses propres avocats étaient incapables d'inventer une histoire qui pu le faire acquitter. Comme les examens psychiatriques l'avaient révélé, Gacy n'éprouvait aucun remords vis-à-vis de ses crimes. Pour chacun d'eux, il avait toujours une bonne excuse pour se justifier.
L'accusation demanda aux familles et aux amis des victimes de témoigner à la barre. Certains des témoins fondirent en larmes devant Gacy. L'air irrité, il les regardait en ricanant, convaincu que tout cela n'était qu'une comédie.
Les deux adolescents qui avaient vécu chez Gacy, David Cram et Michael Rossi, expliquèrent comment, sur les instructions de Gacy, ils avaient creusé dans le vide sanitaire - avec Gregory Godzik - des « tranchées » qui devaient soi disant servir à faire passer des tuyaux.
Le 24 février, la défense appela - à la surprise générale - Jeffrey Ringall. Tout le monde pensait que Ringall témoignerait plutôt pour l'accusation mais le procureur pensait que son témoignage serait plus utile durant un contre-interrogatoire. Pour prouver la folie de Gacy, Amirante et Motta appelèrent à la barre les amis et la famille de l'accusé. Sa mère expliqua que le père de Gacy l'avait maltraité à plusieurs occasions. Un jour, alors qu'il n'était qu'un petit garçon, son père l'avait fouetté avec une courroie en cuir. La s½ur de Gacy raconta que leur père passait son temps à insulter et rabaisser son frère. Les amis témoignèrent du fait que Gacy était un homme bon et généreux, qui aidait les gens dans le besoin et souriait toujours. Lillie Grexa assura qu'il était un voisin merveilleux. Toutefois, elle refusa d'admettre que Gacy était fou, affirmant au contraire que Gacy était « un homme très brillant ». Cette affirmation entrait en conflit avec l'opinion de la défense selon laquelle Gacy était fou et ne pouvait contrôler ses actes. La défense appela ensuite le Dr. Thomas Eliseo, un psychologue qui avait interviewé Gacy avant le procès. Il pensait que Gacy était très intelligent mais qu'il souffrait d'une schizophrénie paranoïde. Il dut cependant admettre que Gacy n'avait pas pu commettre 33 meurtres sans se rendre compte qu'il faisait quelque chose de mal. D'autres experts de la défense donnèrent des avis similaires, affirmant que Gacy était schizophrène ou souffrait d'un désordre de personnalités multiples. Ils expliquèrent que le désordre mental de Gacy altérait sa capacité à comprendre la portée de ses actes. Tous le déclarèrent fou au moment des crimes. Le Dr Freedman souligna l'absence totale de sentiments dont faisait preuve Gacy quand il décrivait ses meurtres. Selon lui, Gacy détestait véritablement les homosexuels et ne se considérait pas lui-même comme un homosexuel mais plutôt comme un bisexuel. Il avait déclaré aux enquêteurs que ces victimes méritaient de mourir. Gacy projetait sa propre homosexualité sur ses victimes. En les tuant, il se débarrassait symboliquement de cette homosexualité.
Arthur Hartman, l'un des psychiatres appelés par l'accusation, soutint que, bien qu'atteint d'un désordre de la personnalité, Gacy n'était absolument pas dément. « Il est très égocentrique et narcissique, et possède une orientation typiquement antisociale. Il a une personnalité psychopathe, avec une déviance sexuelle et une personnalité hystérique, ainsi que des éléments mineurs de personnalités compulsives et paranoïaques. » Enfin, les psychiatres du centre médical saint Luc de Chicago, qui avait examiné Gacy, conclurent : « Durant les 15 dernières années, Gacy a démontré un désordre de la personnalité mixte qui inclut des caractéristiques obsessives compulsives, antisocial, narcissique, et maniaque... Ses conquêtes homosexuelles, envers lesquels il se montrait sadique, étaient bien plus des gratifications pour lui à travers l'exercice du pouvoir, que des expériences érotiques motivées par des besoins sexuels. Le meurtre est devenu l'expression ultime de ce pouvoir obtenu sur ses victimes impuissantes... Il a fini par justifier ses meurtres comme socialement acceptables à cause de la nature 'dégradée' de ses victimes (« des déchets humains », selon lui) et sa conviction de plus en plus égocentrique qu'il ne serait jamais appréhendé grâce à son intelligence, au fait qu'il avait caché les corps, et à sa certitude que son comportement meurtrier était une faveur accordée à la société ».
Dans les plaidoiries de clôture, l'accusation et la défense opposèrent à nouveau leurs opinions : Gacy était un schizophrène irresponsable... ou un manipulateur qui avait violé et torturé ses jeunes victimes facilement man½uvrables, de manière préméditée et planifiée. Les opinions des psychiatres étaient diverses mais des points négatifs étaient apparus à son encontre.
Après 5 semaines de procès, les jurés se retirèrent pour délibérer. Il ne leur fallut que deux heures pour revenir avec un verdict. John Wayne Gay n'était pas mentalement aliéné. Il était donc coupable sur tous les points.
Lors d'une interview téléphonique menée quelques heures avant son exécution, Gacy se vanta au journaliste qui l'interrogeait que plus de 30 livres avaient été écrits sur lui, deux téléfilms avaient été diffusés, un film au cinéma, une pièce de théâtre, cinq chansons et plus de 5000 articles... Il était évident qu'il en était extrêmement fier. En 1986, Gacy se maria pour la troisième fois, à l'une des nombreuses femmes qui lui avaient écrit et lui avaient rendu visite en prison. Durant les 14 années qu'il passa dans le couloir de la mort, Gacy peignit de nombreux tableaux à la peinture à l'huile. Son sujet préféré était... les portraits de clowns. Après son décès, certaines de ses peintures se vendirent pour 20.000$ lors d'une enchère, provoquant l'indignation des familles des victimes et des autorités. Mais l'acheteur brûla toutes les ½uvres de Gacy peu après la avoir acquises.
___________________________________________________________________________ Modus operandi
Les victimes de Gacy étaient des adolescents ou de jeunes adultes blancs. Gacy parvenaient souvent à convaincre les garçons qu'il faisait monter dans sa voiture qu'il était un policier ou qu'il allait leur offrir un emploi. Très souvent, Gacy utilisait le « truc des menottes » en faisant croire à ses jeunes victimes qu'il allait leur montrer un tour de magie. Une fois attachées, il les violait puis les étranglait. Il a souvent été impossible de déterminer la cause de la mort, mais tous ont dû être étranglés. Des sous-vêtements étaient parfois découverts dans la gorge des victimes, indiquant qu'ils avaient suffoqué. Toutefois, Gacy a expliqué qu'il avait appris qu'il fallait enfoncer un chiffon dans la bouche des cadavres pour éviter que les fluides nauséabonds de la putréfaction ne s'en échappent...
Gacy a assuré qu'aucune de ses victimes n'avait été torturée, ce dont on peut douter lorsque l'on connaît les témoignages des jeunes gens qui ont survécu à ses agressions. Les meurtres de Gacy ont été planifiés et pensés à l'avance. Il cachait ou se débarrassait des corps de ses victimes de manière méthodique. Lorsque son épouse était absente, Gacy versait de la chaux ou du ciment sur les corps cachés dans son vide sanitaire dans le but d'en cacher l'odeur. ___________________________________________________________________________ MOTIVATION
John Wayne Gacy était admiré et apprécié de la plupart des gens qui le connaissaient. C'était un excellent homme d'affaires qui organisait souvent des fêtes pour ses amis et ses voisins, qui amusait les enfants des hôpitaux déguisé en clown, et qui s'immergeait dans des organisations telles que les Jaycees, qui faisait en fait tout ce qu'il pouvait pour que son quartier soit un endroit agréable à vivre.
Il voulait également être considéré comme une célébrité. Dès que cela lui semblait approprié, il affirmait faire partie de la mafia de Chicago. Dans l'Iowa, il parlait beaucoup de son argent et de ses relations. Il était très fier de ses activités politiques.
CITATIONS ''Il y a eu 11 livres écrits sur moi, 31 livres de poches, deux scénarios, un film, une comédie musciale à Broadway, cinq chansons et plus de 5000 articles... Que peux-je en dire ? ... Mais... Je n'ai pas d'égo pour ces saletés" : John Wayne Gacy ment, comme à son habitude. "La seule chose dont je sois coupable, c'est d'avoir possédé un cimetière sans autorisation" : John Wayne Gacy, aux policiers qui l'ont arrêté. "Hey, le couloir de la mort, c'est génial. Le couloir de la mort, c'est une putain de fête. J'ai la télé par câble. Je peux utiliser le téléphone quand je le veux. Je peinds, j'ai tout ces privilèges et personne ne m'emmerde. D'un autre côté, la population générale de la prison, c'est des idiots et des animaux. C'est la jungle là-bas, alors tu es suspeptible d'être tué à n'importe quel moment pour n'importe quoi. Et certaines personnes ont justement tout le temps de tuer..." : Gacy, dans une lettre adressée à Charles Nemo, auteur. Emily Tibbats Soyez le premier à réagirréagissez, commentez, publiez, vous êtes sur le ring |
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