Sur le RING

John Wayne Gacy - Partie 2

SURLERING.COM - MURDER BALLADS - par Emily Tibbatts - le 10/07/2006 - 0 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

John Wayne Gacy était un homme d'affaires respecté et affable. De nombreuses personnes le considéraient comme un homme gentil et généreux, un fêtard accueillant, un Démocrate convaincu, qui se déguisait en clown pour amuser les enfants des hôpitaux et permettait à des jeunes gens de se faire un peu d'argent. Presque personne n'aurait pu imaginer qu'il aimait torturer et violer des adolescents, et encore moins qu'il en assassinerait trente-trois entre 1972 et 1978, et dormirait tranquillement au-dessus de leurs cadavres.  Voici l'ultime Murder Ballads d'Emily Tibbats.

 

  Seconde partie.

 

Le 25 septembre 1977, John Mowery, 19 ans, rentrait chez lui, sous la pluie, après avoir rendu visite à sa mère. Il pleuvait à verse et Gacy était justement sorti, avec l'intention de proposer à un jeune homme de le conduire où il le voudrait, bien au sec... John Mowery tentait sans succès de se protéger de la pluie et lorsque Gacy lui proposa de monter, le jeune homme n'hésita pas un instant. Gacy était connu dans le quartier : on le voyait souvent dans les petits chantiers où travaillaient ses jeunes employés et il était un membre actif de la communauté.

Mais, comme à son habitude, Gacy conduisit le jeune homme chez lui sous un faux prétexte. Il l'attacha, le viola et le tortura. Son corps se retrouva sous la maison.

Le 17 octobre 1977, Russel Nelson, 21 ans, rentrait chez lui après une nuit passée dans une discothèque. Gacy lui proposa de monter dans sa voiture.

Il le ramena chez lui et lui réserva le sort de toutes ses autres victimes : la mort.
La fiancée et la famille de Russel déclarèrent sa disparition le lendemain. Des posters arborant sa photo furent collés sur les murs, avec ceux des autres victimes disparues. La police considéra qu'il avait simplement quitté la ville, ce que sa famille contesta vigoureusement.

Robert Winch, 16 ans, avait fugué de chez ses parents, à Kalamazoo, dans le Michigan. Il y étouffait. Il voulait vivre dans une grande ville, être libre. Il avait fait du stop et était parvenu jusqu'à Chicago.
Le 11 novembre, il rencontra un « gentil monsieur » qui lui proposa de l'aider. Gacy le ramena chez lui pour l'étrangler et le violer jusqu'à ce qu'il en meurt.

Il fut enterré dans le vide sanitaire, déjà rempli de cadavres et où l'espace commençait à manquer.

A peine une semaine plus tard, le 18 novembre 1977, Tommy Baling, 22 ans, devint la 17ème victime de Gacy. Après avoir bu quelques verres après le travail, il téléphona à sa jeune épouse pour lui indiquer qu'il rentrait. Il faisait froid et, lorsque Gacy arrêta sa voiture à côté de lui pour lui proposer de le ramener, Tommy accepta.
Il se retrouva chez Gacy, où il fut violé et torturé durant des heures avant d'être garrotté.

Le 9 décembre 1977, David Talsma, 19 ans, se rendait à un concert. Lorsqu'il le vit à la sortie de la salle, Gacy l'accosta et lui proposa d'aller boire quelques verres chez lui. Il le viola, le tortura et l'étrangla.
Il enterra son corps dans le vide sanitaire fétide et suintant.

Peu de temps après, Gacy appris qu'il avait la syphilis. (« La syphilis est une infection bactérienne responsable de lésions de la peau et des muqueuses pouvant toucher de nombreux organes. La transmission de l'infection est strictement inter-humaine et se fait par voie sexuelle »).

En janvier 1978, Gacy fut arrêté et emmené au commissariat de police de Chicago. Un prostitué de 19 ans nommé Robert Donnell avait déposé une plainte contre lui. Donell s'était rendu chez Gacy après avoir accepté d'être payé pour des rapports sexuels. Mais ce qui était réellement arrivé dépassait l'accord conclu. Gacy l'avait menotté puis avait passé la nuit à l'étrangler au point de lui faire perdre conscience plusieurs fois, à le violer, à le frapper avec des chaînes, à lui uriner dessus et à lui maintenir la tête sous l'eau dans une baignoire jusqu'à ce qu'il s'évanouisse. Il avait même joué à la roulette russe.
L'horreur avait duré 8 heures.

Mais, pour une raison inconnue, Gacy avait décidé de ne pas tuer Robert. Il l'avait reconduit dans la rue et l'avait jeté sur le trottoir, sanguinolent, ne tenant plus sur ses jambes.
Gacy expliqua qu'ils avaient simplement eu des rapports « consentis » et que le jeune homme, un prostitué, essayait sûrement de le faire chanter, lui, un homme d'affaire respectable... La police de Chicago le crut et décida de ne pas donner suite à cette affaire.

Billy Kindred, 20 ans, devait se marier dans un avenir proche et passa la journée du 16 février avec sa fiancée, à planifier la cérémonie. Le soir, il rencontra Gacy et accepta de monter dans sa voiture. Il fut violé et tabassé par Gacy avant d'être étranglé.


En 1978, Gacy rencontra Rosalynn Carter, femme du Président Jimmy Carter, et fut photographié lui serrant la main. Elle dédicaça ensuite l'une des photos et Gacy l'accrocha bien en évidence dans son bureau. Il la garda comme son plus précieux trésor...
La rencontre eut lieu à l'occasion d'un défilé organisé, comme chaque année à Chicago, pour commémorer les débuts du gouvernement démocratique en Pologne (de nombreux émigrés Polonais, Allemands et Hollandais vivent dans l'Illinois). Gacy, dont le père était d'origine polonaise, était responsable du défilé depuis trois ans.

Les services secrets avaient mené une enquête sur lui, pour s'assurer que la femme du Président rencontrerait « un homme bien ». Le casier judicaire de Gacy mentionnant son incarcération pour sodomie avait été transmis à la police de Chicago. Pourtant, les services secrets n'en eurent pas connaissance...

Le 22 mai 1978, Jeffrey Ringall, qui s'était disputé avec sa petite-amie, voulait faire un tour à New Town, un quartier populaire de Chicago, pour se changer les idées. Alors qu'il marchait, une Oldsmobile noire s'arrêta devant lui. Un homme enrobé se pencha à la fenêtre et le complimenta sur son bronzage. Il discuta un moment avec lui puis demanda à Ringall s'il voulait partager un joint avec lui en se promenant en ville. Tout heureux de cette rencontre providentielle, Ringall monta dans la voiture et accepta la marijuana que lui tendait son nouvel ami. Quelques minutes plus tard, alors qu'ils discutaient tranquillement, l'homme se jeta sur Ringall et plaqua un chiffon imbibé de chloroforme sur le visage du jeune homme. Ce dernier perdit rapidement conscience et n'ouvrit les yeux que brièvement, un peu plus tard, alors que la voiture roulait le long des rues. Hagard, Jeffrey ne parvint pas à comprendre où il allait, ni ce qui lui arrivait. L'homme remarqua qu'il était réveillé et l'endormit de nouveau avec le chloroforme.
Lorsque Jeffrey Ringall reprit conscience, il réalisa qu'il était à l'intérieur d'une maison, dans une chambre où était accrochée la photo d'un clown. Sa tête et ses mains étaient attachées à une sorte de pilori. Son agresseur était nu devant lui. Il pointa vers lui l'un des godemichés de tailles différentes étalés sur le sol, et expliqua qu'il allait les utiliser sur lui.

Ce soir-là, Ringall fut brutalement violé, torturé et chloroformé par son kidnappeur, des heures durant.
Le lendemain, en fin de matinée, Jeff Ringall se réveilla, habillé, sous une statue du Lincoln Park, à Chicago. Son corps le faisait souffrir de partout et il était surpris d'être encore en vie. Il se traîna jusqu'à l'appartement de sa petite amie, qui le conduisit à l'hôpital, où il resta six jours entiers. Il était dans un état effroyable : sa peau était lacérée et brûlée en plusieurs endroits, son visage était tuméfié et boursouflé, son anus était déchiré, et son foie était gravement et définitivement endommagé par le chloroforme que son violeur avait massivement utilisé sur lui. Mais cela n'était rien comparé au traumatisme émotionnel subit par le jeune homme.

Il porta plainte auprès de la police, qui le crut. Comment douter en voyant le visage boursouflé de Jeffrey Ringall ? Mais les enquêteurs pensèrent qu'ils ne trouveraient pas son violeur car Ringall n'avait que très peu d'informations à leur fournir.
Déterminé à trouver son violeur, Jeffrey passa des jours et des jours près d'une sortie d'autoroute : au moment où il s'était vaguement réveillé, avant que son agresseur ne l'endorme à nouveau avec son chloroforme, il avait reconnu cette sortie. Après des heures d'attente, Ringall reconnu finalement l'Oldsmobile noire et la suivi jusqu'au domicile du conducteur. Lorsqu'il appris que la maison appartenait à un certain John Wayne Gacy, il porta immédiatement plainte contre lui pour viol.
La police de Chicago décida toutefois qu'il n'y avait pas assez de preuves pour faire condamner Gacy et n'enquêta pas plus loin.

Outré, Jeff Ringall s'adressa alors à un avocat et, en juillet 1978, attaqua Gacy selon une procédure privée. Gacy réagit rapidement, affirmant que c'était Ringall qui avait tenté de l'endormir avec de la drogue.

Gacy se croyait intouchable.

Lorsqu'on lui demandait pourquoi ses employés changeaient si souvent, il répondait que les garçons étaient rentrés chez eux, qu'ils étaient partis « vers le sud », ou qu'ils avaient été licenciés. Comme il employait beaucoup d'adolescent sur des contrats de courte durée, peu de gens remarquaient la disparition de ses victimes.
En plus de ses victimes connues, il avait emmené chez lui de jeunes sans-abri, que personne ne chercha jamais.

Le 14 juin 1978, un adolescent nommé Timothy O'Rourke suivit John Wayne Gacy chez lui pour y fumer de la marijuana. Il y fut violé et frappé, puis étranglé.

Mais Gacy n'avait plus de place dans son vide sanitaire, dont l'odeur de putréfaction devenait proprement insoutenable. Gacy mit le corps du jeune homme dans un drap, puis le transporta jusqu'à un pont enjambant la rivière Des Plaines, où il le jeta.

Le 4 novembre, Frank Wayne « Dale » Landingin, un jeune homme de 19 ans, disparut à son tour. Prostitué occasionnel, il s'était disputé toute la nuit avec sa petite amie et était sorti de chez lui en trombes, fou de rage. Il avait rencontré Gacy et avait accepté de le suivre chez lui.
Gacy jeta également son corps dans la rivière Des Plaines.

Fin novembre 1978, James Mazzara, 20 ans, cherchait un nouveau logement à louer. Il avait entendu dire que Gacy logeait parfois les adolescents qui travaillaient pour lui. Gacy le fit entrer et lui montra la « chambre d'amis » à l'étage. Détendu, James accepta le verre que lui proposa aimablement Gacy. Mais très rapidement, il se retrouva attaché et incapable de se défendre. Gacy le viola et le tortura durant des heures. Puis, il lui enfonça son caleçon dans la gorge et le jeune homme suffoqua.
Gacy conduisit à nouveau, de nuit, jusqu'à un pont enjambant la rivière Des Plaines.

La police de Chicago était incapable d'arrêter un tueur qui avait déjà fait plus de 30 victimes. Mais les policiers d'une petite ville voisinne allaient enfin mettre un terme à ses agissements monstrueux.

Le 11 décembre 1978, Robert Piest, 15 ans, disparut à son tour devant la pharmacie où il travaillait, à Des Plaines. Il était le cadet d'une famille de 3 enfants. Fils modèle, gymnaste d'exception et très bon lycéen, il travaillait dans une pharmacie après les cours pour gagner de quoi s'acheter une voiture.
Sa mère, qui était venue le chercher pour fêter son anniversaire en famille, attendait à l'intérieur de la pharmacie car son fils lui avait dit qu'il reviendrait dès qu'il aurait fini de discuter avec un homme qui allait lui offrir un autre travail, mieux rémunéré. Mais il ne revint pas et sa mère commença à s'inquiéter. Avec son époux et ses deux autres enfants, Mme Piest chercha son fils dans le quartier mais ne le trouva pas. Trois heures plus tard, elle appela la police de Des Plaines. Le lieutenant Joseph Kozenczak, qui comprit rapidement que Robert Piest n'avait pas fait une fugue, commença son enquête.

Il apprit que l'homme à qui Robert Piest devait parler s'appelait John Wayne Gacy, entrepreneur à Chicago, 36 ans. Kozenczak décida de vérifier son casier judiciaire, par simple routine, et fut effaré lorsqu'il découvrit les raisons pour laquelle Gacy avait été incarcéré dans l'Iowa en 1968... et de nouveaux soupçonné depuis. Il semblait incroyable que Gacy soit en liberté, sans aucune surveillance.
 
Kozenczak se rendit chez lui mais Gacy lui expliqua qu'il ne savait rien de la disparition de Robert Piest, qu'il ne le connaissait pas et ne l'avait jamais vu. Kozenczak fut surpris par le fait que Gacy niait connaître le garçon alors que plusieurs personnes savaient qu'ils avaient rendez-vous. Il demanda à Gacy de le suivre au commissariat pour y être interrogé. Mais Gacy répondit qu'il ne pouvait quitter sa maison : il y avait récemment eut un décès dans sa famille et il attendait plusieurs coups de téléphone importants. Gacy ne se présenta au commissariat qu'à 3h30 du matin, couvert de boue. Il s'excusa en affirmant que sa voiture s'était embourbée... et fut surpris (sic) lorsqu'on lui annonça que Kozenczak ne lui avait pas fait la grâce de l'attendre.

Gacy revint le lendemain, 13 décembre 1978, et nia de nouveau connaître Robert Piest. Lorsque les policiers lui expliquèrent que des témoins l'avaient vu avait l'adolescent, il répondit simplement «Ah... Oui... Ce Robert là... ».
Il se montra chaleureux et discuta un bon moment avec les enquêteurs présents. Il se vanta d'être un homme d'affaires prospère, un bénévole du parti démocrate qui se déguisait en clown pour les enfants des hôpitaux... et qui avait « des amis haut placés ».
Pendant qu'il badinait, Kozenczak obtint un mandat de perquisition qui lui permettait de fouiller la maison de Gacy. Il pensait qu'il y trouverait le jeune Robert.
Seul.

Le pavillon, très propre et ordonné, était rempli de plantes vertes. Des images de clowns, peintes par Gacy, étaient accrochées aux murs. Les enquêteurs pensèrent immédiatement qu'ils tenaient leur coupable : un tapis, dans le salon, était maculé par ce qui semblait être du sang.
Un inspecteur fit l'inventaire de tous les éléments incriminant découvertes dans la maison :
- une boîte à bijoux contenant deux permis de conduire appartenant à des hommes jeunes, et plusieurs anneaux, dont une chevalière du Maine West High School, classe 1975, sur laquelle étaient gravés les initiales J.A.S.
- une petite boîte contenant de la marijuana et du papier à rouler
- plusieurs films érotiques hétéro et homosexuels
- des médicaments, dont du Valium et du nitrite d'amyle (ou « poppers », un médicament contre les angines de poitrine qui peut être utilisé comme aphrodisiaque sous forme intraveineuse).
- un couteau à cran d'arrêt
- un morceau de couverture taché (de sang ?)
- un carnet d'adresses bien rempli
- des livres aux noms évocateurs (« Les garçons à moto », « Adolescents étroits », « La pédérastie : le sexe entre hommes et garçons », « 21 affaires sexuelles anormales »...)
- une paire de menotte et ses clés
- une longue planche de bois présentant deux trous aux extrémités (un genre de pilori)
- un pistolet Italien de calibre 6mm
- des badges de policiers
- un grand godemiché en caoutchouc (qui était caché dans le grenier)
- une seringue hypodermique et une petite bouteille de chloroforme
- des vêtements bien trop petits pour Gacy
- une corde en nylon

Les enquêteurs trouvèrent également un reçu pour le développement d'une pellicule photo. La petite amie de Robert Piest expliqua que ce reçu lui appartenait et qu'elle l'avait donné à Robert le jour de sa disparition. L'adolescent s'était donc bien rendu chez Gacy.

Trois véhicules appartenant à Gacy furent également saisis, dont un pickup Chevrolet 1978 présentant le nom de son entreprise sur les portières, une Oldsmobile noire de 1979 et un van présentant également le nom de son entreprise.
Les enquêteurs ne trouvèrent rien d'autres et retournèrent au commissariat pour demander que des analyses soient menées sur les preuves.

Les enquêteurs expliquèrent à Gacy qu'ils avaient saisi des objets chez lui. Il entra dans une colère noire et appela immédiatement son avocat. Mais la police n'avait encore rien d'assez sérieux pour le faire inculper de meurtre et dut le relâcher. Les policiers décidèrent toutefois de placer Gacy sous surveillance, jour et nuit. Ils ne le lâchèrent pas d'une semelle.

Certains amis de Gacy furent convoqués et interrogés par les enquêteurs. Gacy leur avait affirmé auparavant que la police voulait l'accuser d'un meurtre qu'il n'avait pas commis. Les policiers n'obtinrent donc que peu de renseignements utiles. Les amis de Gacy ne pouvaient pas croire qu'il fut capable de tuer quelqu'un.

Les enquêteurs surveillèrent Gacy de manière étroite. Au départ, il voulut défier les policiers, en assurant à ceux qui le suivaient que leurs supérieurs étaient des idiots et en les invitant à déjeuner. Il leur indiquait où il se rendait lorsqu'il prenait sa voiture et accrocha les décorations de Noël sur sa maison comme à son habitude. Il invita même les policiers au restaurant et leur affirma « Vous savez, les clowns peuvent s'en tirer avec des meurtres ».
Mais, à mesure que les jours passaient, Gacy commença à perdre son sang-froid. Il se mit à boire énormément, cessa de se raser, et hurla sur ses employés. Il embaucha deux avocats et porta plainte contre la police de Chicago pour harcèlement.
Une semaine après la disparition de Robert Piest, Gacy était à bout de nerfs. Mal rasé, insomniaque, il épiait les deux policiers qui le suivaient constamment. Et, un jour, il les invita à boire un café chez lui. Peut-être voulait-il encore jouer « au plus fort », les amadouer, les interroger pour en savoir où en était l'enquête, ou les persuader de son innocence...

Mal lui en prit, car l'un des policiers, l'agent Schulz, était un homme d'expérience qui reconnut immédiatement l'odeur nauséabonde qui imprégnait l'atmosphère chauffée du petit pavillon de Gacy : une odeur de cadavre. Lorsque ces collègues avaient perquisitionné une semaine auparavant, il faisait froid et l'odeur ne les avait pas frappés.

Schulz en fit part à l'inspecteur Kozenczak.
Celui-ci venait d'apprendre que l'anneau aux initiales J.A.S. découvert chez Gacy appartenait à John Szyc.
Trois anciens employés de Gacy avaient mystérieusement disparu après avoir eu rendez-vous avec lui.
La télévision de Gacy - les policiers avaient vérifié le numéro de série - appartenait à également à John Szyc.
Dans le coffre de l'Oldsmobile avaient été découverts des cheveux et, d'après les analyses, il semblait bien qu'ils appartenaient Robert Piest.
Gacy pouvait avoir fait plus qu'une seule victime.

Le 21 décembre, Kozenczak décida d'arrêter Gacy pour possession de marijuana et de Valium : alors que les policiers le suivaient comme à leur habitude, il avait été surpris alors qu'il fournissait de la marijuana à un pompiste dans un garage.  
Les voisins de Gacy furent abasourdis en apprenant la nouvelle. Seul l'un des amis de Gacy se doutait qu'il était soupçonné d'un délit bien plus grave que la détention de marijuana. La veille, presque hystérique, Gacy avait avoué à Donald Czarna qu'il avait bien tué un adolescent. Gacy avait ensuite admis à son ami qu'il avait tué une trentaine de garçons, parce qu'ils étaient « mauvais » et qu'ils tentaient de le faire chanter. Puis, il s'était mis à pleurer à gros sanglots.

Les policiers ramenèrent Gacy chez lui et lui annoncèrent qu'ils allaient tout fouiller jusqu'à ce qu'ils trouvent un cadavre, sous le plancher s'il le fallait. Gacy s'effondra et avoua avoir enterré un homme, « un ancien amant », sous le sol de son garage. Il ajouta toutefois qu'il l'avait tué en état de légitime défense.
Les policiers ne le crurent pas. Ils commencèrent à enlever le tapis maculé d'une tache, dans le salon, et remarquèrent une trappe au fond d'un placard. Ils l'ouvrirent et découvrirent, dans le vide sanitaire, une marre d'eau sombre à l'odeur répugnante, qu'ils prirent d'abord pour des relents d'égouts.
L'un des policiers discerna une fiche électrique et la brancha dans une prise murale toute proche. Une pompe électrique se mit en marche dans le sous-sol. Un quart d'heure plus tard, la marre avait disparue et un technicien des services de police descendit dans le vide sanitaire rempli de boue. L'odeur de putréfaction y était écoeurante. Il plongea une pelle dans la boue et, en voyant des asticots bouger à la surface, il comprit que la substance graisseuse n'était pas de la terre humide mais de l'adipocire, une matière produite par la décomposition de la chair. Le technicien fouilla un petit moment et découvrit rapidement l'os d'un bras humain, puis celui d'un pied. L'adipocire ne se forme que 12 mois après le décès : ce cadavre ne pouvait pas être celui de Robert Piest.
En état de choc, le technicien des services de police lâcha : « Je crois que cet endroit est rempli de gamins ».

Les voisins et les curieux commencèrent à s'agglutiner devant le domicile de Gacy. Tout le monde le considérait comme un homme sympathique et sans problème. Il avait neigé quelques jours plus tôt et il s'était proposé pour déblayer les allés de ses voisins les plus âgés. Il buvait rarement, ne consommait aucune drogue et détestait les homosexuels...

Les enquêteurs, eux, avaient commencé à creuser dans le vide sanitaire et réalisaient que Gacy était l'un des pires tueurs en série de l'histoire américaine.
Le Docteur Robert Stein, médecin légiste du comté de Cook, fut appelé pour aider les enquêteurs. Il leur demanda de revêtir des combinaisons et des masques, et de prendre des bains désinfectant après leur travail. Il organisa les fouilles en délimitant les parcelles des terres par section, comme un site archéologique. Il savait que l'excavation d'un corps décomposé doit être menée avec de grandes précautions afin d'en préserver l'intégrité. Durant les jours et les nuits qui suivirent, les enquêteurs creusèrent sans s'arrêter.

Pendant ce temps, John Wayne Gacy était interrogé au quartier général de la police de Des Plaines. Confronté aux preuves, il avoua finalement aux policiers les meurtres d'au moins trente adolescents en sept ans. Il avait enterré la plupart des corps sous sa maison.
Mais il expliqua qu'il n'avait commis lui-même aucun des meurtres. Le véritable coupable était un « alter ego » nommé « Jack Hanley » ou « Bad Jack », qui détestait les homosexuels. (Il s'avéra que Jack Hanley était le nom d'un véritable policier avec qui Gacy avait discuté plusieurs fois dans un bar de Chicago...)

Il ne put expliquer pourquoi il avait tué Robert Piest, qui n'était pas homosexuel. Il raconta qu'il avait emmené Robert chez lui pour discuter d'un éventuel emploi. Il lui avait fait comprendre qu'il pourrait gagner de l'argent en vendant son corps mais l'adolescent avait refusé tout net. Gacy l'avait alors convaincu de jouer avec lui... et ses menottes. Robert s'était laissé convaincre.
(Il s'avéra en fait que Robert Piest avait accepté de monter dans le véhicule de Gacy, près de la pharmacie, mais uniquement pour y discuter un instant, car sa mère l'attendait. Gacy avait prestement plaqué un tissu imbibé de chloroforme sur le visage de l'adolescent).
Selon Gacy, à partir de là, « Jack » avait pris le contrôle de son esprit et de ses actes, et il ne se souvenait que vaguement des événements. Robert Piest avait semblé bouleversé lorsqu'il lui avait annoncé qu'il allait le violer, alors il l'avait laissé partir.

Puis, Gacy avait sombré dans une sorte de torpeur ou d'inconscience. Le téléphone l'avait réveillé. C'était un ami qui lui demandait la raison de son retard à une réunion (cet ami déclara par la suite que Gacy parlait tout à fait normalement et qu'il se dominait parfaitement). Après s'être excusé, Gacy était retourné dans sa chambre. Robert Piest était étendu sur le lit. Il avait été étranglé à l'aide d'un garrot fait d'une corde et d'un marteau.

Gacy avait transporté le corps dans son grenier. Il y était encore lorsque le lieutenant Kozenczak était passé, le lendemain matin. Comme il n'y avait plus de place dans le vide sanitaire et qu'il s'était fait mal au dos à force de creuser, Gacy s'était décidé à jeter le corps de l'adolescent dans la rivière Des Plaines, comme il l'avait déjà fait pour ses 4 dernières victimes.
A la nuit tombée, il avait emballé le corps dans une couverture et l'avait porté jusqu'à sa voiture. Il l'avait jeté du haut du pont Kankakee mais, en se pressant de regagner Des Plaines pour se rendre à son entretien avec la police, il avait dérapé sur la route verglacé et sa voiture avait finit sa course dans la boue épaisse de la berge.
C'était pour cette raison qu'il ne s'était présenté au commissariat qu'à 3h30 du matin, couvert de boue.

Gacy discuta ensuite avec l'adjoint du procureur de l'Illinois, Larry Finder, et lui décrivit où la plupart des corps avaient été enterrés. Lorsque Finder lui dit qu'il avait du mal à situer les tombes dans son esprit, Gacy prit une feuille et un crayon, dessina un rectangle, puis le remplit avec d'autres petits rectangles qui représentaient « les tranchées », c'est-à-dire les tombes. Il y en avait presque trente.
La carte s'avéra très précise et tout à fait exacte. Certains corps avaient été enterrés parallèlement aux fondations de la maison, d'autres perpendiculairement... Le Docteur Robert Stein réalisa que Gacy, perfectionniste dans tout ce qu'il faisait, avait disposé les corps de manière à utiliser efficacement tout l'espace disponible dans le vide sanitaire...

Gacy avait versé de la chaux ou de l'acide chlorhydrique à plusieurs reprises sur les corps, dans le but de diminuer l'odeur de putréfaction et d'accélérer la décomposition.

Le premier jour de fouilles, la police découvrit deux corps. L'un était celui de John Butkovich, enterré dans le garage. L'autre corps, celui de Jon Prestige, était enterré sous la maison et enveloppé dans du plastique. Le lendemain, trois nouveaux corps furent découverts.
Jours après jours, les enquêteurs déterraient de nouveaux cadavres. Certaines des victimes furent découvertes avec leurs sous-vêtements enfoncés dans leur gorge. D'autres étaient enterrées si proches les uns des autres et leur état de décomposition était si semblable que les policiers pensèrent qu'ils avaient été tués et enterrés le même jour.

Les médias nationaux campaient devant l'habitation de Gacy, suivant heure par heure les macabres excavations. La maison de Gacy était en permanence cernée de caméras et de journalistes. La maison de Gacy, qui devint aussi célèbre aux yeux des spectateurs que la Maison Blanche, fut peu à peu réduite en morceaux, alors que les policiers creusaient, cherchaient et découvraient d'autres corps.
Les voisins de Gacy étaient harcelés tant par les médias que par une partie de la population, qui ne comprenait pas qu'ils n'aient « rien vu », qu'ils ne se soient douté de rien, qu'ils n'aient pas su discerner, derrière le sympathique entrepreneur qui se déguisait en clown pour les enfants, un abominable assassin.

Le 28 décembre 1978, la police annonça qu'elle avait retrouvé 26 corps sous la maison de Gacy et un dans son garage.
En novembre, le corps nu de Frank "Dale" Landingin avait été découvert dans la rivière Des Plaines. Les enquêteurs découvrirent le permis de conduire du jeune homme dans la maison de Gacy et comprirent qu'il était également responsable de ce meurtre.
Et Gacy avait jeté d'autres victimes dans la rivière : le 28, le corps de James Mazzara fut repêché dans la rivière Des Plaines, ses sous-vêtements enfoncés dans sa gorge.

En février 1979, la police creusait toujours dans la propriété de Gacy. Il leur avait fallu plus de temps que prévu pour terminer les fouilles sous la maison, à cause du froid de l'hiver qui avait gelé le sol en profondeur. Ils pensaient qu'ils pouvaient encore trouver des corps ailleurs que dans le vide sanitaire. Des ouvriers du bâtiment furent appelés pour démolir le béton du patio de Gacy. Ils découvrirent le corps d'un jeune homme, bien préservé dans le ciment. Il portait un short en jeans et une alliance.

La semaine suivante, un 31ème corps fut découvert dans la rivière Illinois. Les enquêteurs identifièrent le jeune homme grâce au tatouage qu'il portait au bras et dont une photo fut reproduite dans la presse. Un ami du père de la victime reconnu le tatouage de « Tim Lee », alias Timothy O'Rourke, fan de Bruce Lee qui l'admirait au point d'avoir prit son nom et de se l'être fait tatouer.
Peu après, le dernier corps fut découvert chez Gacy, sous la salle de jeux.

La maison fut ensuite détruite et réduite en poussière.

Robert Piest ne figurait pas parmi les corps retrouvés chez Gacy et l'on ne savait toujours pas ce qu'il était advenu de lui.
Il fut finalement retrouvé dans la rivière Illinois en avril 1979. Il était resté coincé le long de la rivière, dans un endroit peu accessible ou visible, mais des vents violents avaient pu le déloger et le pousser jusqu'au barrage de Dresden, où on l'avait découvert. L'autopsie détermina qu'il était mort par suffocation : des serviettes en papier avaient été enfoncées dans sa gorge.
Sa famille porta immédiatement plainte contre Gacy pour meurtre, mais aussi contre le  conseil de libération sur parole de l'Iowa et le département des prisons, pour avoir libéré Gacy trop tôt en 1970, et la police de Chicago, pour négligence. La police de Des Plaines, elle, fut louée pour sa rapidité d'action...

Les policiers comparèrent des radios dentaires et d'autres indices afin d'identifier les victimes. Neuf ne furent malheureusement jamais identifiées.

Gacy fut transféré à la prison du comté de Cook. Puis, des psychiatres l'examinèrent à l'hôpital psychiatrique Cermak, à Chicago, pour déterminer s'il était ou non sain d'esprit.
Dès le début, Gacy affirma être la victime de son alter ego malfaisant nommé « Jack ». C'était « Jack » qui commettait les meurtres. Gacy concéda néanmoins plus tard que lui, John Gacy, en avait aussi commis quelques uns. « Jack » s'emparait de l'esprit de Gacy tard dans la nuit, quand celui-ci avait bu, et le forçait à se mettre en quête de victimes.

« Jack » était soi disant l'une des quatre personnalités qui dominaient tour à tour Gacy. Mais ses récits variaient si souvent qu'il devenait difficile de croire quoi que ce fût. L'un des psychiatres menaça même de ne plus s'occuper de lui s'il ne cessait pas de mentir.
Gacy soutenait également qu'il avait commis la plupart des meurtres en état de légitime défense, y compris le premier, celui du garçon qu'il avait ramassé à la gare routière. Les autres avaient eu lieu à la suite d'altercations : celle qui avait précédé le meurtre de Butkovich concernait le salaire de celui-ci ; la dispute avec Godzik portait sur la drogue ; celle qui l'avait opposée à Szyc avait éclaté au sujet d'une voiture...
Gacy donna ensuite une autre explication pour certains des décès. Les adolescents avaient accepté les rapports sexuels de leur plein gré, et avait été d'accord pour qu'une corde les étrangle afin de provoquer érection et orgasme.
Les avocats, considérant que la plupart de ces explications ne serviraient qu'à lui attirer l'antipathie du jury, décidèrent de plaider la folie.

Le 6 février 1980, le procès de John Wayne Gacy commença devant le tribunal du comté de Cook, à Chicago.
Dans sa plaidoirie d'ouverture, le procureur Robert Egan expliqua aux jurés que Gacy avait assassiné 33 jeunes hommes en quelques années. L'enquête avait permis de déterminer que les actions de Gacy étaient préméditées et rationnelles.
L'un des avocats de Gacy, Robert Motta, affirma quant à lui que les actes de Gacy avaient été irrationnels et impulsifs : Gacy était mentalement aliéné et ne pouvait contrôler ses actes.
Si Gacy était déclaré « fou », il pouvait échapper à la peine de mort et être libéré quelques années plus tard. Dans l'Illinois, il n'existe aucune limite à l'incarcération d'une personne déclarée aliénée et, dans de nombreux cas, elle est libérée lorsqu'il est décidé qu'elle était mentalement assez stable pour « revenir dans la société ». Mais la folie est très difficile à prouver au tribunal...

Gacy, comme on l'apprit plus tard, s'indigna de voir que ses propres avocats étaient incapables d'inventer une histoire qui pu le faire acquitter. Comme les examens psychiatriques l'avaient révélé, Gacy n'éprouvait aucun remords vis-à-vis de ses crimes. Pour chacun d'eux, il avait toujours une bonne excuse pour se justifier.

L'accusation demanda aux familles et aux amis des victimes de témoigner à la barre. Certains des témoins fondirent en larmes devant Gacy. L'air irrité, il les regardait en ricanant, convaincu que tout cela n'était qu'une comédie.
Ensuite vinrent les témoignages des garçons qui avaient travaillé avec Gacy, avait été violés mais avaient survécu. Ils parlèrent de son caractère changeant et de la manière dont il les avait presque tous persuadés de se laisser menotter. D'autres expliquèrent qu'il passait constamment les voir lorsqu'ils travaillaient, pour leur parler ou les surveiller.
Durant les semaines qui suivirent, les amis et les voisins de Gacy furent également appelés à témoigner, ainsi que des policiers impliqués dans l'enquête et des psychologues qui assuraient que Gacy était soit sain d'esprit, soit mentalement aliéné.

Les deux adolescents qui avaient vécu chez Gacy, David Cram et Michael Rossi, expliquèrent comment, sur les instructions de Gacy, ils avaient creusé dans le vide sanitaire - avec Gregory Godzik - des « tranchées » qui devaient soi disant servir à faire passer des tuyaux.
L'un des policiers qui avaient interrogé Gacy raconta comment le tueur lui avait assuré que l'une de ses victimes était un masochiste et quand l'étranglant, il lui avait fait « une faveur ». Gacy avait également fait la démonstration de la manière dont il avait tué la plupart des adolescents, avec un garrot, alors qu'il avait expliqué qu'au moment où il tuait, c'était Jack qui agissait et qu'il ne se souvenait de rien !

Le 24 février, la défense appela - à la surprise générale - Jeffrey Ringall. Tout le monde pensait que Ringall témoignerait plutôt pour l'accusation mais le procureur pensait que son témoignage serait plus utile durant un contre-interrogatoire.
L'autre avocat de Gacy, M. Amirante, demanda à Ringall s'il pensait que Gacy était capable de se contrôler. Ringall pensait que Gacy était un animal sauvage et qu'il ne pouvait pas dominer ses pulsions. Son témoignage ne dura pas bien longtemps car Jeffrey Ringall s'effondra lorsqu'il raconta à la cour ce que Gacy lui avait fait subir. Il était tellement traumatisé, face à son violeur, qu'il commença à vomir et fondit en larmes. Gacy ne montra pas la moindre émotion lorsqu'on dut soutenir Ringall pour l'aider à sortir du tribunal.

Pour prouver la folie de Gacy, Amirante et Motta appelèrent à la barre les amis et la famille de l'accusé. Sa mère expliqua que le père de Gacy l'avait maltraité à plusieurs occasions. Un jour, alors qu'il n'était qu'un petit garçon, son père l'avait fouetté avec une courroie en cuir. La s½ur de Gacy raconta que leur père passait son temps à insulter et rabaisser son frère.

Les amis témoignèrent du fait que Gacy était un homme bon et généreux, qui aidait les gens dans le besoin et souriait toujours. Lillie Grexa assura qu'il était un voisin merveilleux. Toutefois, elle refusa d'admettre que Gacy était fou, affirmant au contraire que Gacy était « un homme très brillant ». Cette affirmation entrait en conflit avec l'opinion de la défense selon laquelle Gacy était fou et ne pouvait contrôler ses actes.

La défense appela ensuite le Dr. Thomas Eliseo, un psychologue qui avait interviewé Gacy avant le procès. Il pensait que Gacy était très intelligent mais qu'il souffrait d'une schizophrénie paranoïde. Il dut cependant admettre que Gacy n'avait pas pu commettre 33 meurtres sans se rendre compte qu'il faisait quelque chose de mal.

D'autres experts de la défense donnèrent des avis similaires, affirmant que Gacy était schizophrène ou souffrait d'un désordre de personnalités multiples. Ils expliquèrent que le désordre mental de Gacy altérait sa capacité à comprendre la portée de ses actes. Tous le déclarèrent fou au moment des crimes.

Le Dr Freedman souligna l'absence totale de sentiments dont faisait preuve Gacy quand il décrivait ses meurtres. Selon lui, Gacy détestait véritablement les homosexuels et ne se considérait pas lui-même comme un homosexuel mais plutôt comme un bisexuel. Il avait déclaré aux enquêteurs que ces victimes méritaient de mourir. Gacy projetait sa propre homosexualité sur ses victimes. En les tuant, il se débarrassait symboliquement de cette homosexualité.

Arthur Hartman, l'un des psychiatres appelés par l'accusation, soutint que, bien qu'atteint d'un désordre de la personnalité, Gacy n'était absolument pas dément. « Il est très égocentrique et narcissique, et possède une orientation typiquement antisociale. Il a une personnalité psychopathe, avec une déviance sexuelle et une personnalité hystérique, ainsi que des éléments mineurs de personnalités compulsives et paranoïaques. »
Le Dr Robert Reifman déclara que Gacy avait « un type de personnalité particulièrement narcissique ». Il était tellement amoureux de sa propre image qu'à ses yeux, les autres existaient à peine. « Je ne crois pas qu'on puisse avoir 33 accès de folie temporaire », ajouta Reifman. Le fait même d'avoir demandé à David Cram, Gregory Godzik et Mike Rossi de creuser les tombes dans le vide sanitaire indiquait que Gacy avait prémédité ses meurtres. Gacy, argumenta Reifman, simulait la folie.
Le professeur Frank Osanka ajouta : « l'explication des meurtres par des états psychotiques épisodiques ne peut pas expliquer une série de plusieurs meurtres, commis ou même endroit, de la même manière méthodique, et le fait d'avoir caché des corps également de manière méthodique, sur une période de sept ans, par un homme que ses voisins considéraient comme sympathique et plein de réussite. Gacy ne souffrait ni d'une maladie mentale, ni même d'un défaut mental qui l'aurait empêché de considérer la criminalité de son comportement ou de conformer sa conduite aux exigences de la loi.»

Enfin, les psychiatres du centre médical saint Luc de Chicago, qui avait examiné Gacy, conclurent : « Durant les 15 dernières années, Gacy a démontré un désordre de la personnalité mixte qui inclut des caractéristiques obsessives compulsives, antisocial, narcissique, et maniaque... Ses conquêtes homosexuelles, envers lesquels il se montrait sadique, étaient bien plus des gratifications pour lui à travers l'exercice du pouvoir, que des expériences érotiques motivées par des besoins sexuels. Le meurtre est devenu l'expression ultime de ce pouvoir obtenu sur ses victimes impuissantes... Il a fini par justifier ses meurtres comme socialement acceptables à cause de la nature 'dégradée' de ses victimes (« des déchets humains », selon lui) et sa conviction de plus en plus égocentrique qu'il ne serait jamais appréhendé grâce à son intelligence, au fait qu'il avait caché les corps, et à sa certitude que son comportement meurtrier était une faveur accordée à la société ».

Dans les plaidoiries de clôture, l'accusation et la défense opposèrent à nouveau leurs opinions : Gacy était un schizophrène irresponsable... ou un manipulateur qui avait violé et torturé ses jeunes victimes facilement man½uvrables, de manière préméditée et planifiée. Les opinions des psychiatres étaient diverses mais des points négatifs étaient apparus à son encontre.
Si Gacy avait eu 33 « pulsions incontrôlables » qui l'avaient poussées à tuer, alors pourquoi avait-il creusé certaines tombes à l'avance ? Et si les souvenirs de ses actes étaient si dissipés, comment Gacy avait-il pu mimer comment il étranglait ses victimes ou dessiner des cartes aussi détaillées de son sous-sol, se rappelant parfaitement où il avait enterré chaque victime ? Comment avait-il pu répondre calmement à un collègue, alors qu'il venait de tuer Robert Piest ? Pourquoi n'avait-il pas cherché de l'aide ?

Après 5 semaines de procès, les jurés se retirèrent pour délibérer. Il ne leur fallut que deux heures pour revenir avec un verdict. John Wayne Gay n'était pas mentalement aliéné. Il était donc coupable sur tous les points.
Le 13 mars 1980, il fut condamné à la peine capitale.

Lors d'une interview téléphonique menée quelques heures avant son exécution, Gacy se vanta au journaliste qui l'interrogeait que plus de 30 livres avaient été écrits sur lui, deux téléfilms avaient été diffusés, un film au cinéma, une pièce de théâtre, cinq chansons et plus de 5000 articles... Il était évident qu'il en était extrêmement fier.
Il adorait l'attention qu'on lui portrait et aimait particulièrement correspondre avec des agents du FBI et des étudiants en criminologie.
Il recevait quotidiennement des lettres, en majorité écrites par des femmes. Selon ses propres dires, plus de 40 personnes figuraient sur sa liste de visite, des femmes pour la plupart.

En 1986, Gacy se maria pour la troisième fois, à l'une des nombreuses femmes qui lui avaient écrit et lui avaient rendu visite en prison.

Durant les 14 années qu'il passa dans le couloir de la mort, Gacy peignit de nombreux tableaux à la peinture à l'huile. Son sujet préféré était... les portraits de clowns. Après son décès, certaines de ses peintures se vendirent pour 20.000$ lors d'une enchère, provoquant l'indignation des familles des victimes et des autorités. Mais l'acheteur brûla toutes les ½uvres de Gacy peu après la avoir acquises.


Gacy fut exécuté par injection le 10 mai 1994, après des années d'appels. Répugnant et médiocre jusqu'au bout, ses derniers mots furent : « Kiss my ass ».

___________________________________________________________________________

Modus operandi

Les victimes de Gacy étaient des adolescents ou de jeunes adultes blancs.
Plusieurs des victimes de Gacy étaient de jeunes prostitués que l'entrepreneur sollicitait dans le quartier de Bughouse Square. Cinq avaient été ses employés à PDM Contracting.

Gacy parvenaient souvent à convaincre les garçons qu'il faisait monter dans sa voiture qu'il était un policier ou qu'il allait leur offrir un emploi.

Très souvent, Gacy utilisait le « truc des menottes » en faisant croire à ses jeunes victimes qu'il allait leur montrer un tour de magie. Une fois attachées, il les violait puis les étranglait.

Il a souvent été impossible de déterminer la cause de la mort, mais tous ont dû être étranglés. Des sous-vêtements étaient parfois découverts dans la gorge des victimes, indiquant qu'ils avaient suffoqué. Toutefois, Gacy a expliqué qu'il avait appris qu'il fallait enfoncer un chiffon dans la bouche des cadavres pour éviter que les fluides nauséabonds de la putréfaction ne s'en échappent...

Gacy a assuré qu'aucune de ses victimes n'avait été torturée, ce dont on peut douter lorsque l'on connaît les témoignages des jeunes gens qui ont survécu à ses agressions.
La manière dont il étranglait ses victimes, avec un garrot qu'il serrait lentement, est particulièrement sadique en elle-même.

Les meurtres de Gacy ont été planifiés et pensés à l'avance. Il cachait ou se débarrassait des corps de ses victimes de manière méthodique.

Lorsque son épouse était absente, Gacy versait de la chaux ou du ciment sur les corps cachés dans son vide sanitaire dans le but d'en cacher l'odeur.

___________________________________________________________________________

MOTIVATION

John Wayne Gacy était admiré et apprécié de la plupart des gens qui le connaissaient. C'était un excellent homme d'affaires qui organisait souvent des fêtes pour ses amis et ses voisins, qui amusait les enfants des hôpitaux déguisé en clown, et qui s'immergeait dans des organisations telles que les Jaycees, qui faisait en fait tout ce qu'il pouvait pour que son quartier soit un endroit agréable à vivre.
Les gens qui connaissaient Gacy pensaient qu'il était généreux, amical et travailleur, dévoué à sa famille et à sa communauté.
Mais un autre côté de Gacy n'était connu que de lui-même...


Certaines personnes ont affirmé que les actes horribles de Gacy avaient été provoqués par la relation malsaine qu'il avait eu avec son père, et par son coup à la tête et les évanouissements qu'il avait ensuite subi, durant l'enfance. Après son exécution, le cerveau de Gacy fut prélevé et examiné, notamment par le Dr. Helen Morrison, qui avait interrogé Gacy et d'autres tueurs en série dans le but d'isoler un trait commun de personnalité qui pourrait expliquer leurs actes. Mais l'examen du cerveau de Gacy n'a pas révélé la moindre anormalité.


En fait, il est certain que l'attitude méprisante de son père a fait naître chez Gacy des grands doutes sur sa masculinité et sa valeur personnelle, démolissant son amour-propre.
Gacy n'était pas sportif et, pour éviter que son père ne le force à faire de l'exercice, il s'inventait toutes sortes de maladies et d'affections, notamment un imaginaire problème cardiaque. Ce qui, au contraire, provoquait plus de railleries encore de son père.
Toutefois, Gacy n'a jamais admit l'animosité dont son père avait fait preuve à son égard. Il alla régulièrement se recueillir sur sa tombe.


Gacy était convaincu qu'il n'était PAS homosexuel. Reconnaître son homosexualité aurait été admettre que son père avait eu raison de la traiter de « tapette ».
Il se persuadait que tout ce qu'il voulait obtenir des garçons qu'il ramenait chez lui était des rapports sexuels oraux. Il nourrissait à l'égard des gays une haine d'autant plus vive qu'elle était attisée par ses contradictions et ses doutes. Il pensait que les homosexuels méritaient la mort.
Gacy a affirmé au profiler du FBI Robert Ressler que toutes ces victimes étaient « des petites pédés et des asociaux sans valeur ». Lorsque Ressler lui fit remarquer qu'il était lui-même homosexuel, Gacy répondit que c'était totalement faux et que ses victimes étaient des fugueurs alors que lui était un homme d'affaires qui avaient réussi. Il ajouta qu'il n'avait pas eu le temps de séduire les femmes et qu'il avait dû se contenter de rapports sexuels rapides avec des hommes...


Dans un premier temps, Gacy sembla rechercher surtout des rapports sexuels oraux. Il ne se considérait pas comme un homosexuel car pour lui, les homosexuels « aiment les hommes » et Gacy ne les « aimait » pas : il voulait seulement s'en servir pour satisfaire ses besoins sexuels.
Sans doute disait-il la vérité en affirmant que bon nombre de ces meurtres avaient été commis à la suite de disputes. Gacy était un individu très autoritaire. Son éducation lui avait laissé le besoin d'imposer sa volonté aux autres. Quand il se querellait avec quelqu'un, il était toujours persuadé d'avoir raison, et tuait donc sans aucun remords.
Mais tuer satisfaisait aussi son besoin maladif de domination, de sorte que le sadisme devint une part importante des meurtres.
Pourtant, sur un autre plan, il demeurait effectivement quelqu'un de convenable, et désireux de plaire, d'être admiré et respecté.


Gacy avait un autre point commun avec la majorité des tueurs dans la motivation est d'ordre sexuel : c'était un menteur pathologique, et ils volaient depuis son plus jeune âge. Il mentait, par exemple en s'inventant une carrière dans les Marines, pour impressionner les gens. Gacy était un beau parleur. C'était d'ailleurs un bavard intarissable qui ne cessait jamais de parler. Et ils volaient parce qu'ainsi il se sentait intelligent et supérieur aux autres.


Gacy rationalisait tout ce qu'il faisait. Après les faits, il exagérait toujours ses actes lorsqu'il les décrivait aux autres. Ou, si ses actes pouvaient être considérés de manière négative, il tournait la vérité à son bénéfice afin que l'on ne considère pas qu'il ait commis le moindre acte déplaisant. Il avait une excuse et une explication pour tout. Après son arrestation, il expliqua ainsi à sa famille qu'il était mentalement aliéné.


Il semble qu'il se voyait lui-même tel qu'il se décrivait aux autres : une personne importante et un homme d'affaires à succès. Il décrivait toujours son expérience de la vente et du management dans l'Iowa en termes glorieux. Il exagérait fréquemment son expérience dans le commerce.


Gacy a tout d'abord admis ses meurtres mais s'est rapidement rétracté. Entre autres mensonges, il affirmait qu'une autre personne avait la clef de sa maison et avait caché les corps dans son vide sanitaire pour le faire accuser ! Il expliqua que son seul crime était d'avoir possédé un cimetière sans autorisation !
Il dirigeait sa propre société et le mentionnait très souvent dans les conversations. Des amis et des connaissances le caractérisaient comme une personne qui manipulait les situations et les gens à son avantage et tentait de les dominer.

Il voulait également être considéré comme une célébrité. Dès que cela lui semblait approprié, il affirmait faire partie de la mafia de Chicago. Dans l'Iowa, il parlait beaucoup de son argent et de ses relations. Il était très fier de ses activités politiques.
Chez lui, il affichait ses trophées, dont, évidemment, la photographie de la femme du président Carter.
Même après avoir été arrêté et incarcéré pour meurtre, il continua d'agir comme quelqu'un d'important. Il demanda à l'aumônier de la prison d'expliquer à l'archevêque qu'il devait absolument lui rendre visite. Il mentit en affirmant avoir reçu la visite du shérif du comté de Cook.


Gacy semblait croire à ses propres mensonges.


Après son arrestation, Gacy ne montra pas le moindre remord ni même un intérêt pour ses victimes. Durant son interrogatoire, il ne fit preuve d'aucune émotion alors qu'il décrivait ses actes. Il discutait de ses victimes avec la police d'une manière presque clinique. Il affirma qu'il avait tué ses victimes « parce que les garçons vendaient leur corps pour 20 $. » Gacy pensait qu'il débarrassait le monde de « mauvais garçons ».


Ses victimes étaient coupables, pas lui.
Après son arrestation, Gacy découpa tous les articles de presse qui le concernait. Il se plaignait du fait que ses anciens amis le menaçaient ou que la presse le diffamait. Toutefois, il semblait beaucoup apprécier toute cette attention.
Durant les années qu'il passa dans le couloir de la mort, Gacy maintenu son innocence. Il se considérait comme une victime, de la justice, de ses avocats, de sa famille, de sa santé mentale... Il ne reconnut jamais la moindre responsabilité.
___________________________________________________________________________

CITATIONS

''Il y a eu 11 livres écrits sur moi, 31 livres de poches, deux scénarios, un film, une comédie musciale à Broadway, cinq chansons et plus de 5000 articles... Que peux-je en dire ? ... Mais... Je n'ai pas d'égo pour ces saletés" : John Wayne Gacy ment, comme à son habitude.

"La seule chose dont je sois coupable, c'est d'avoir possédé un cimetière sans autorisation" : John Wayne Gacy, aux policiers qui l'ont arrêté.

"Hey, le couloir de la mort, c'est génial. Le couloir de la mort, c'est une putain de fête. J'ai la télé par câble. Je peux utiliser le téléphone quand je le veux. Je peinds, j'ai tout ces privilèges et personne ne m'emmerde. D'un autre côté, la population générale de la prison, c'est des idiots et des animaux. C'est la jungle là-bas, alors tu es suspeptible d'être tué à n'importe quel moment pour n'importe quoi. Et certaines personnes ont justement tout le temps de tuer..." : Gacy, dans une lettre adressée à Charles Nemo, auteur.

Emily Tibbats

Lire la première partie



Soyez le premier à réagir

réagissez, commentez, publiez, vous êtes sur le ring



Veuillez saisir le code Anti-Robot, ce code sert à vérifier que vous n'êtes pas un Robot.
Ring 2012 MgDantec
Articles les plus lus
  • Pour Sarkozy, avec ferveurPour Sarkozy, avec ferveur

    NB : Cette tribune libre n'engage pas l'ensemble des chroniqueurs de Surlering.com.Aux « déçus » du sarkozysme.En France, nous avons toujours eu la gauche la plus nulle et la plus fourbe du monde...

  • Satellite Sisters : suite de la sirène rouge, des racines du mal et de Babylon babiesSatellite Sisters : suite de la sirène rouge, des racines du mal et de Babylon babies

    Le manuscrit Satellite Sisters, suite de la Sirène rouge, des racines du mal et de Babylon Babies, est dans les airs entre Cape York et Paris, direction les éditions Ring. Le site officiel des...

  • Qu’est-ce que la Résurrection ?Qu’est-ce que la Résurrection ?

    « Mais si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi. » (1 Co 15, 14)  Encore une fois, Benoît XVI a tout dit. Sans...

  • Richard Wagner, un antisémite maître spirituel de Hitler ?Richard Wagner, un antisémite maître spirituel de Hitler ?

    À propos du livre de Pierre-André TAGUIEFF, Wagner contre les Juifs (Berg International, 2012)Définir aussi précisément que possible l’antisémitisme de Wagner, sans tomber dans...

  • Réflexions sur la tuerie antijuive de ToulouseRéflexions sur la tuerie antijuive de Toulouse

    (propos recueillis par Christophe Ono-dit-Biot) pour Le Point, 22 mars 2012, pp. 54-57 ; texte publié avec quelques coupes sous le titre : « Israël joue le rôle du diable ». Cet entretien a...

  • "Finance pousse-au-crime" : la preuve, enfin"Finance pousse-au-crime" : la preuve, enfin

    Cela devait arriver. Car de longue date, toute loyauté raillée, toute fidélité abolie, les requins de Wall Street ne nagent plus que « dans les eaux glacées du calcul égoïste » (dixit Karl...

  • Qui ?Qui ?

     Assassinats. Militaires. Petits enfants. Montauban et Toulouse. Ecole juive. 11,43 et 9mm. Indignation, compassion, consensus. Campagne suspendue par le PS. Une minute de silence dans les écoles...

  • Carnets de campagneCarnets de campagne

    Les campagnes électorales sont des périodes d'extrême saturation des ondes et des conversations, un peu comme aux César ou aux Victoires de la musique, où les animateurs-fonctionnaires s'agitent...

  • A l’école de l’antimodernitéA l’école de l’antimodernité

    Puisque nous sommes en début d’année, puisque cette année sera politique ô combien, puisque, on me permettra cette très vaniteuse remarque, ma troisième saison au Ring commence aujourd’hui,...

  • Les étoiles 2011 de DantecLes étoiles 2011 de Dantec

    "Il vaut mieux attraper la peste que rencontrer certaines personnes ; à l'inverse, on ne pourrait vivre en passant à côté de certaines rencontres" ("Manuel de survie en territoire zéro").Maurice...

  • Le superbe top 50 des FrançaisLe superbe top 50 des Français

    Puisqu'on vous dit que vous les aimez. "TOP 50 : contre la crise, rire, métissage et proximité", voilà comment on nous présente le "sondage-événement" du JDD, censé établir la liste...

  • Rachida Dati creuse son FillonRachida Dati creuse son Fillon

    Que le Premier ministre me pardonne ce jeu de mots sur son nom pour le titre de ce billet mais il est vrai qu'il convient de ramener à sa juste mesure la guerre que depuis quelque temps Rachida Dati...

  • Sécurité routière : l'arnaque extra-largeSécurité routière : l'arnaque extra-large

    Puisque dans ce domaine, la répression règne sans partage sur la prévention, sans que ça n'indigne personne, pas même Stéphane Hessel. Rééquilibrons les choses en faisant un peu de...

  • Poudlard for everPoudlard for ever

     A Raphaël Juldé, dernier arrivé à Poudlard mais premier reçu aux buses et aux aspics (maison Poufsouffle), et qui, d’après le professeur Trelawney rencontrera plus tôt qu’il ne le croit...

  • Rokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumainRokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumain

    « Non seulement les races n’existent pas, mais en plus, elles sont toutes égales » (proverbe de Jalons)Je viens de finir Racisme : mode d’emploi de Rokhaya Diallo, et je sais désormais que je...

  • Séduction du conspirationnisme : Umberto EcoSéduction du conspirationnisme : Umberto Eco

    Entretien avec Pierre-André Taguieff (propos recueillis par Paul-François Paoli)Philosophe, politologue en historien des idées, Pierre-André Taguieff, qui prépare un nouveau livre sur les...

  • Les révoltes arabes, les intellectuels français et la pensée "complexe"Les révoltes arabes, les intellectuels français et la pensée "complexe"

    Voici deux mois, le jeune Mohamed El-Bouazizi décédait l’hôpital de Ben Arous, et la Tunisie s’embrasait, entraînant à sa suite nombre de pays arabes. Voilà un mois, un étrange débat...

  • Faces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rockFaces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rock

    Foi profonde, révélation, référence culturelle inévitable, sujet de plaisanterie, de provocation, démarche commerciale, la figure, ou plutôt Les figures du Christ sont une source...

  • In Xto Rege : à la recherche du Jésus historiqueIn Xto Rege : à la recherche du Jésus historique

    Le premier thema Ring 2011 se déploiera sur neuf textes articulés autour des questions centrales posées par la matérialité de Jésus de Nazareth, la Passion, les reliques, leurs valeurs...

  • Le suaire de Manoppello révèle le visage du ChristLe suaire de Manoppello révèle le visage du Christ

    On connaît le linceul de Turin, ce grand morceau de lin sur lequel l’image du corps entier du Christ mort est incrustée. On connaît l’histoire de la photographie de 1898 révélant que...

  • Ainsi parlait ZaraDebbouztraAinsi parlait ZaraDebbouztra

    Presque par bonheur, on l'avait oublié. Le revoilà. Jamel Debbouze a choisi l'Express (c'est de circonstance, il y a vraiment quelque chose de ferroviaire dans cet entretien) pour exercer son...

  • Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?

    Le texte qui prévoyait de légaliser l'euthanasie, examiné mardi au sénat, a été supprimé par deux amendements. S'il y avait bien quelque chose à supprimer, c'était ce texte, n’importe...

  • Céline rattrapé par la mémoireCéline rattrapé par la mémoire

    Sors d'ici, Louis-Ferdinand ! La République a choisi : l'ignoble sera au dessus du grand, pour l'éternité. Il ne faut pas célébrer le génie, parce qu'il est parfois antisémite. Oui, Céline...

  • Broadcast : the dream is overBroadcast : the dream is over

    Chanteuse et icône du groupe, Trish Keenan n’est plus. La grande sœur idéale s’en est allée planer au dessus des nimbus qui plombent Birmingham. Avant que de sombrer dans l’oubli, laissons...

  • Benoît XVI - Un cœur intelligentBenoît XVI - Un cœur intelligent

    Lecture de Lumière du monde, un entretien de Benoît XVI avec Peter Seewald :  Lumière des siècles contre siècle des lumières.Les communistes avaient tenté de se débarrasser de Jean-Paul II...

  • Robert Brasillach : le procès expédiéRobert Brasillach : le procès expédié

    Il en va de certains écrivains comme des maladies vénériennes. Tout le monde les connaît mais personne n'en parle. Ainsi de Robert Brasillach dont il suffit de prononcer le nom au beau milieu...

  • Du bon et du mauvais usage de l’indignationDu bon et du mauvais usage de l’indignation

    Il est sympathique ce Stéphane Hessel avec sa gueule du vieux qui sait et son histoire héroïque de grand résistant,  grand bourgeois, grand lettré,  grand amoureux des femmes (il en a eu cinq...

  • Terreur et martyre : il était minuit à AlexandrieTerreur et martyre : il était minuit à Alexandrie

    Il était minuit à Alexandrie.« Le martyre est l’expression absolue de notre amour » Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk Alexandrie, Egypte. 2010 vit ses derniers instants, tels ces...

  • Assises islamisation : c'est la lutte prime-timeAssises islamisation : c'est la lutte prime-time

    La jurisprudence Marine Le Pen est passée par là : se demander si les musulmans peuvent être "trop", sous des latitudes où il faut bien reconnaitre qu'ils se sont séculairement contentés...

  • Chemins de traversChemins de travers

    « Voici un étrange monstre », aurait (re)dit Corneille. La pièce que nous donne à lire Ariane Chemin dans son article sur le souper Houellebecq-Sarkozy du 14 novembre, pour être somme toute...

  • PS : les intermittents de la réalité en tournéePS : les intermittents de la réalité en tournée

    Même si Benoît Hamon doit en être à sa quarantième boite de Valium, il faut reconnaitre qu'il n'y a que le PS pour égayer ainsi nos froides soirées d'hiver. Tout d'abord, l'ineffable...

  • "Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe.""Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe."

    Biographe de Bashung, chroniqueur historique des Inrockuptibles, l'écrivain Marc Besse est aussi l'un des rares spécialistes de Noir Désir. Proche du groupe, cet écorché vif ne pouvait rester...

  • Blondeincendiaire.com : the murder chat roomBlondeincendiaire.com : the murder chat room

    (reportage vidéo à ne pas louper en fin de chronique)Au moment où Wikileaks relance le débat sur la place de la transparence dans la vie démocratique avec ses soit-disantes « révélations »...

  • Cantona : quand wall street veut casser la banqueCantona : quand wall street veut casser la banque

    Cantona, qui envisage désormais la lucarne de l'Elysée, avait créé la polémique en 2011 avec sa première tentative de "révolution". Retour, avec Laurent Obertone, sur le premier coup de poker...

  • Quelques traces de rouge à lèvres…Quelques traces de rouge à lèvres…

    Et si Alain Bashung avait trouvé dans l’art de la reprise, un sens pour sa propre musique ? Voilà la relecture de l’œuvre que propose « Osez Bashung », un double album compilatoire qui met...

  • Teresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent GallaireTeresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent Gallaire

    Ancien bras droit d'Antoine Gallimard, Teresa Cremisi est depuis 2005 PDG de Flammarion. Éditrice de Michel Houellebecq, la numéro 2 du groupe Corriere Della Sera répond aux questions soulevées...

  • Exil(s) ExpressExil(s) Express

    Géraldine Woessner a été reçue au domicile de Maurice G. Dantec à Montréal. Une conversation autour de l'exil, du Québec, de l'hexagone et ses écrivains, du roman qu'il prépare pour 2011 et...

  • Et si les chômeurs ne chômaient plus ?Et si les chômeurs ne chômaient plus ?

    Faire travailler les chômeurs, voilà "une joyeuse bonne idée", comme dirait Jolitorax, dans Astérix chez les Bretons. Bon, dans l'absolu, c'est n'est pas nouveau. Parait que François Mitterrand...

  • Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"

    Précisions : sur qui s’appuyer pour faire la révolution ?Comme dernier avatar après bien d’autres (on le verra plus bas), le bas clergé académique, tendance « sociologie critique », nous...

Offrez-vous le dernier Taguieff