J’ai vu le dôme électrique s’effondrer sur Paris
SURLERING.COM - LES PAGES ROUGES - par Evan Ard - le 19/04/2010 - 7 réactions -
débats et opinions 
Premier d'une série de
portraits de villes au Tokarev et au masque à gaz, par Evan ARD.
Puisque l’on m’offre une carte
rouge et noire pour Paris, destination carnage de masse, je ne vais pas me
priver du plaisir de vous dire tout ce que je pense de cette ignoble cité. Je
n’échangerais pour rien au monde la possibilité d’écrire cet article contre un
forfait d’abonnement annuel aux transports d’Île-de-France. Parce que Paris,
c’est un peu la ZUP de camembert-land, c’est sa banlieue centrale, une ville, un
quartier pourri, insalubre et mal fréquenté, où personne n’a véritablement envie
de vivre mais que l’on ne cesse de nous présenter comme un modèle de diversité,
d’écocitoyenneté, de solidarité et autres concepts moribonds de neutralisation
de la langue française, issus tout droit des laboratoires du marketing
républicain. Pour commencer, j’ai cherché la métaphore susceptible d’exprimer au
mieux le sentiment de répugnance viscérale que m’inspire la capitale de notre
beau pays de racistes fromagers. Quelques métaphores scato-médicales y sont
passées : anus de France, avaloire du Moloch babylonien, tumeur de l’hexagone… Ô
Mister Heinrich Marx, laborieuse pornstar prolétaire, j’ai toujours été frappé –
béni sois ton nom – par le fait que la domination symbolique des métropoles soit
au prix de la plus grande infertilité. Ce sont des espaces en négatif, qui ne
produisent rien que les mécaniques virtuelles de leur propre subsistance,
essentiellement théorique. C’est-à-dire que la ville est un hold-up, sa face
cachée est la théorie de ce complot organisé contre la périphérie, et cette
théorie n’est vouée qu’à perpétuer sans cesse sa propre abstraction. Ces
territoires de pouvoir sont en réalité d’une fragilité extrême, métastases
urbaines parasites, s’affirmant seigneurs d’une province reléguée au second
plan, ils ne font en vérité qu’engouffrer massivement les productions concrètes
de l’extérieur dans leurs gueules béantes d’entités incorporelles. Ils
n’exhiberont en retour que des valeurs spéculatives. La ville a pour ultime
fonction d’organiser le traitement des déchets qu’elle engendre, c’est le centre
de son activité, sa raison d’être : agglomérer des excréments. De la merde et
des ordures. Pour neutraliser une capitale, la tactique est simple, il suffit de
bloquer un point d’entrée/sortie. Paris ville-intestins. Détruisez les axes
routiers essentiels, faites sauter quelques voies ferrées, vitrifiez les
aéroports, et vous verrez que Paris, n’ayant plus de fange à brasser, deviendra
famélique, abandonnée, vide… A l’inverse, peut-être plus simple encore, retirez
à la capitale ses égouts, stoppez l’ébouage, et Paris, dévoilant ainsi son
organe central, ne sera bientôt plus qu’un immense tas d’immondices et de
matières fécales, une fosse pathétique dont les habitants s’entretueront bien
vite, rendus fous par l’odeur de leurs propres émanations corporelles. Au final,
le but de la ville, c’est de torcher les étrons des individus de pouvoir, de
placer rapidement hors de vue le caca des présidents, des ministres, des
évêques, des patrons, des arti$te$ et de tous leurs esclaves… Paris, c’est le
business des fosses septiques. Au royaume de l’orgie boulimique de substance,
les vidangeurs sont rois, et ils le savent fort bien. Il existe d’ailleurs une
dimension de mon cerveau malade dans laquelle la grande conspiration millénaire
des éboueurs est un fait historique encore méconnu, mais bien réel. Il faut
savoir que cette race d’individus d’une bassesse morale sans précédent se
préparerait depuis des siècles à accomplir le rituel sacré de l’Apocalypse
Stercoraire, le grand lavage par l’impureté, un rite secret immémorial qui
consiste à anéantir toutes les capitales du monde simultanément, en les noyant
sous des flots de gadoue digestive à forte valeur olfactive ajoutée.
Certes, Paris a bien quelque
chose de l’anus métastatique parasitaire, mais n’est-ce pas le cas de toutes les
villes importantes ? Bon, peut-être que cet anus-là, comparé à d’autres, est un
peu mal torché, il reste quelques traces de fion dans les plis, des boulettes
fécales séchées qui grelottent au bout de trois vieux poils dépigmentés, mais,
malgré la pertinence, prodigieuse, de la comparaison, il me fallait trouver
autre chose. C’est là que la sainte haine que je voue à la capitale rance s’est
soudain cristallisée en une divine révélation. Sur un autre plan, Paris, c’est
l’ego de la France. Un ego particulier, unique, avec son caractère, sa
personnalité, le petit moi braillard et mécontent de l’hexagone, une plainte
frustrée de vieille catin, en pleine régression infantile, après que la sodomie
de l’Histoire a mal tourné. C’est toujours un peu crade quand une pute
magnifique commence sa carrière déflorée par Baudelaire lors d’un coït
sanguinaire, furieux et magistral, et fini par se faire enculer net par
Guillaume Musso et sa bande de skinheads tous les samedis soir. Elle a tellement
mal aux fesses qu’elle ne peut même plus se caller sur la selle du Vélib’ avec
lequel elle rentre chez elle, seule, le soir, dans une ultime provocation
écocitoyenne lancée avec orgueil, comme un défi, à la face de tous ces écrivains
en grosses berlines teintées qu’elle pompe du bout des badigoinces. Pourtant
elle en a fait des efforts, la vieille salope, vraiment, pourquoi tant de
haine ? Terminons-en avec l’allégorie tapineuse éculée quoique originalement
menée (bruit de pet) et parlons justement de ce fameux Vélib’ – car ce
« concept » à la mercatique fasciste, totalitaire et terroriste, est tout à fait
représentatif de la manière dont Paris est l’ego de la France. Oui, mes
amis !
Un adorateur me disait souvent qu’il avait cessé de
regarder la télévision depuis qu’il avait compris que les médias français ne
parlaient à longueur de temps que de problèmes concernant la seule ville de
Paris. Je crois qu’il avait raison. La parisianocentrisme centralitaire
autocentré est réellement symptomatique de cette vieille vanité narcissique de
la capitale. Je n’ai rien contre l’orgueil, l’orgueil est une vérité salvatrice,
mais encore faut-il disposer de moyens proportionnés à son orgueil, si ce n’est
pas le cas, on entre dans la vanité, qui est mensonge. La possibilité de louer
des vélos pour se déplacer en ville, je n’ai rien contre non plus. Quand on est
totalement bourré, trois heures le matin, que le métro est fermé, c’est une
joyeuse façon de tenter un suicide classieux impliquant la destruction d’un bien
de la collectivité – je vous emmerde tous, voilà ! Crac ! Le vélo des impôts
locaux sous la benne à ordures, tripes et boyaux mêlés aux pneus increvables
déchirés, terminé ce #@%! de Vélib’ de ?€#* !
Donc, à présent, qui se
souvient que 2007 fut l’année où le général David Petraeus fut nommé à la tête
des troupes américaines engagées en Irak ? Je ne pense pas pour autant que l’on
se souvienne que 2007 fut l’année de lancement du Vélib’, mais je crois
cependant que « Vélib’ » sera plus évocateur que « Petraeus » pour beaucoup de
français. En effet, qui a pu oublier les discours enflammés, les polémiques
brûlantes, les débats passionnés qui ont accompagné la mise en place du
vélopartage dans la capitale ? Toute la France devait alors s’extasier
devant la modernité de la ville-lumière, sa conscience citoyenne, son engagement
écologique. Paris ville d’avenir, Paris ville-du-futur, après l’échec de
l’insurrection ratée des motocrottes, Paris redevenait une « ville propre » dans
laquelle des foules de cyclistes aux zygomatiques figés dans l’extase de la
révélation découvraient la mobilité douce avec les yeux de l’homme
nouveau, révolutionnaire. Comme souvent dans ce genre de procédé discursif,
l’emballement de propos positifs correspond à une volonté de nier une
réalité dégradée, tel le sénior colgate pratiquant la capoeira qu cache la forêt
de vieux solitaires mourant de sécheresse, le Vélib’ tente de cacher la misère
d’une ville où la circulation est devenue infernale, le stationnement
impossible, la pollution suffocante, le civisme routier élémentaire piétiné par
la somme de stress accumulé… Cependant, toute la France devait être au courant
que Paris disposait à présent de son système de vélos en libre-service. La
France, ce qu’elle en pense ? En vérité la France en a un peu rien à foutre. Si
vous êtes Parisiens et que vous lisez cet article, préparez-vous à un choc
psychologique sans précédent : la France s’en fout parce que les vélos en
libre-service, cela fait longtemps que ça existe dans de nombreuses villes de
province, depuis 1974 à La Rochelle, 1998 à Rennes, 2005 à Lyon… Donc bon, Paris
et son Vélib’, on s’en ballote les gonades, surtout que nous, nous ne sommes pas
assez cons pour vandaliser 80% du matériel mis à disposition en quelques
mois.
Ainsi, voilà un exemple de
déréalisation édifiant comme seul Paris sait en produire à la chaîne. Parce que
Paris est le lieu où les choses se passent, tout ce qui se passe à Paris doit
concerner l’ensemble du pays. Cas typique, les immondes cités-dortoirs de
banlieue parisienne et leurs bandes de racailles incultes s’imposent comme un
sujet national depuis plus de vingt ans. Tout le monde sait que ces quartiers
insalubres abritent des analphabètes brutaux, de pauvres loqueteux sans
formation, des déracinés en proie aux pires confusions… Tout le monde sait qu’il
est préférable d’habiter n’importe quelle autre région de France, mais non ! –
on va encore nous expliquer qui si ces gens connaissent des taux de chômage
record, c’est parce que nous ne les aimons pas assez, c’est notre faute. Comme
si l’amour allait métamorphoser ces marginaux, victimes devenues délinquants, en
individus adaptés aux exigences cruelles de la société de consommation. Le
capitalisme, tu l’aimes ou tu le quittes. Ils ont fait leur choix… alors
respectez-le, bon dieu ! Pour une fois, accordez-leur au moins cela. Mais non,
toute la France doit se coltiner les émanations toxiques de la mauvaise
conscience parisienne. Ils ont voulu expulser la misère à la bordure, garder un
centre bien clean, pas trop d’arabes, non, pas arabe, ça fait trop… arabe,
disons personnes issues de l’immigration, c’est ça. Un Paris intra-muros
sans trop d’autochtones pittoresques, rapport au tourisme. Mais voilà que la
racaille débarque sur les Champs-Élysées et fout le chaos, attirée par les
vitrines dorées comme des mouches succombant aux reflets brillants du soleil sur
la viande exposée d’une charogne, et vas-y que ça tire à balles réelles sur la
plus belle avenue du monde, devant les grappes de japonais, clic-clac, une photo
de France, ça le fait pas, drame ! Alors vous allez en bouffer des banlieues,
oui, même toi, l’agriculteur du Cantal qui n’as jamais vu un basané de ta vie,
tu es sûrement coupable, toi, l’homme de la terre, tu es sûrement raciste,
hein ! Ordure ! Des étrangers, il y en a partout en France, et pas que des
rebeuh, mais je n’ai jamais vu une ville aussi raciste que Paris. Le citadin de
province, il a aussi ses métèques, et généralement ça se passe très bien. Bon,
ça chambre lourdingue sur la mélanine du monsieur, ou l’accent de madame, c’est
lourd quoi, mais ça passe, on fait avec, l’étranger reste minoritaire en nombre,
il s’écrase, et c’est souvent comme ça qu’il s’intègre. Le bizutage à la
française : à force de supporter les railleries avec le sourire, on finit par
gagner le respect. Tout le monde y passe, même le français de souche, c’est
l’usage. A Paris, c’est le nombre qui change la donne. J’ai toujours pensé que
le nombre, entraînant la concentration, était le vrai problème, sans cela, les
choses se font naturellement. Tant qu’il est minoritaire, un étranger s’intègre,
quand, dans un espace donné, il devient un collectif, il résiste. Rapport au
besoin naturel d’établir des relations sans trop se bouger. C’est ce qui se
passe à Paris, et c’est pour cela que Paris est la ville la plus raciste de
France. La diaspora forcée des pauvres en province est la seule solution qu’il
nous reste. Mais, comme aucun politique ne sera jamais assez couillu pour
proposer une solution aussi radicale, parce que, déjà, la province n’a pas
vraiment envie de se taper les parisiens d’une part, et les
parisiens-issus-de-la-discrimination encore moins, alors on ingurgite ces
conneries d’antiracisme à longueur de temps. Il faut bien que les parigots
s’achètent une conscience, et c’est reparti pour des kilomètres de spots
publicitaires ventant la qualité du sperme métis, le mélange racial,
l’indifférenciation devenant toute différenciation, la non-discrimination des
races qui devient discrimination, positive jusqu’à l’absurde, jusqu’à
l’acte sexuel citoyen, capote équitable en peau d’oursin polynésien (en option),
endoctrinement racial des rapports singuliers, plein la gueule, jusqu’à
l’écœurement.
Quand il ne s’agit pas des
loubards périphériques, le parisien moyen est généralement un branleur né. C’est
l’essence de Paris. Parce que Paris est le centre où tout se passe, il faut
absolument être parisien. Le problème, quand on vit dans l’ego de la France,
c’est que l’on se sent obligé, pour des raisons d’amour-propre, autant dire pour
cause de mendicité existentielle, de refuser de disparaître dans l’anonymat de
masse, dans l’indifférence générale. Parce qu’il n’est rien qu’une cellule
infiniment assimilée à la supercolonie hyprasociale, parce que son comportement
n’est plus déterminé que par les lois de la distribution gaussienne, le parisien
se DOIT d’être singulier, donc il doit devenir : un branleur-né. C’est ça, la
vraie tragédie parisienne. Dans l’ego des egos, la surtension des moi à fleur de
peau rend la situation explosive, l’ego ne peut pas se permettre de se limiter à
être, il faut qu’il existe, à tous prix. Alors vous comprendrez aisément combien
il n’est pas aisé d’être singulier au milieu de 2 millions de personnes. Mon
Dieu, ayez pitié des parisiens et pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils
sont. Il faut saisir la nuance, car il y en a une, entre être une
singularité et être singulier. D’ordinaire, je suis plutôt partisan de la
singularité, c’est même le seul domaine dans lequel je suis encore capable de
reconnaître une moindre vertu au fait d’être partisan. Mais lorsque l’on est
plus de 2 millions à tenter de se singulariser, dans un espace aussi restreint
que Paris, cela tourne à la catastrophe égotique, et je crains fort que
l’écologie ne devienne alors qu’une préoccupation d’arrière-garde. De la
singularité, qui est l’aristocratie de l’être, on passe alors à l’obsession du
singulier, qui est l’équivalent populaire de « l’univers » du haut
fonctionnariat artistique des médiocraties. Alors il faut tout tenter pour
devenir ce petit être unique, chaud, moite, autour duquel la terrible métropole
déploie des milliers de possibilités interchangeables de consommer des
simulacres de singularisation. En l’occurrence, je vous épargnerai l’exemple,
pourtant très profitable, de la panoplie de perversions sexuelles auxquelles le
parisien moyen est capable de s’adonner sans conviction, vite fait. Triste
espoir de se procurer la moindre micro-miette d’une sensation existentielle,
exclusivement motivée par ces données sociales compilées avec passion dans
l’ensemble des facultés de psychologie de comptoir pour adulescents névrosés. De
même, je ne commettrai pas l’offense qui consisterait à énumérer la suite sans
fin des allers et retours masturbatoires de la mode, auxquels les parisiens
succombent en feignant la passion. En vérité, ils sont fatigués, ils sont las de
cette mécanique entêtante et réclament des poisons toujours plus forts, des
fantasmes toujours plus corrosifs, mais qui demeureront toutefois des fantasmes,
des fuites en avant, des façons de concevoir un ailleurs désiré mais jamais
atteint… L’hallucination d’un danger véritable, quelque part, pour une
authentique liberté, à jamais inaccessible. Il vous suffira donc de comprendre
que le parisien aime se faire enfiler et enfiler en retour les simulacres, comme
autant de ces étudiantes alcoolisées dans lesquelles certains germanopratins
aiment à s’émasculer. Le parisien aime sa servitude de consommé-consommable
éternellement revenu de tout. Car voilà, c’est un point central, et je termine
par celui-ci, le parisien a le sentiment d’être là où il FAUT être, je le
répète, where the thing’s going on, il a le sentiment que tout est à sa
portée, que tout est accessible, il a tout essayé, tout expérimenté, il connaît
tout, c’est un postmoderne. Par conséquence, sa dernière source d’émerveillement
ne peut être que sa propre satisfaction de ne plus être émerveillé de rien. Il
s’émerveille de ne plus être vivant depuis longtemps, là où la vie est supposée
lui offrir toutes les opportunités.
Parfois, il arrive qu’un
parisien moyen exilé hors de Paris depuis quelques temps se réveille. Il
découvre alors combien les années passées dans la ville des lumières étaient des
années de sommeil, un douloureux endormissement des sens, une léthargie, car,
ayant épuisé sa vie à consumer son obsession d’être singulier dans la masse,
d’être unique dans le grand tout aux mille formes, il se rend compte combien
cela ne correspondait qu’à inverser des proportions, qu’à jouer avec des
statistiques. Il a traversé les vagues de réversibilité des lois gaussiennes,
redéfinissant les contours de probabilités marécageuses, rien de plus, rien de
moins. Voilà pourquoi, quand je parcours Paris, à la recherche d’un hôtel perdu
au milieu de milliers d’hôtels, que je croise un activiste de plus distribuant
des tracts pour une cause de moins, que je passe mon chemin, musique à fond dans
les oreilles, fatigué par le voyage en train, déjà écœuré du bruit et de l’odeur
du métro, visage fermé pour m’épargner la profusion navrante d’informations dont
je suis déjà bombardé depuis quelques minutes, dans cette ville de merde, déjà
parisien dans l’âme, voilà pourquoi, une fois de plus, je rêve, porté par la
musique, d’être un corps en chute libre, une simple masse fondant vers le sol,
exalté par l’air des hautes atmosphères, inerte et pourtant en mouvement, je
chute, je chute, je sombre vers Paris… Paris que je suis venu détruire, je le
découvre alors. Car je suis une bombe. Une bombe thermonucléaire, sur le point
de commettre un massacre irréparable, une plaie béante sur le visage de la
vieille catin. Je suis le chirurgien accomplissant son œuvre, je suis venu
éradiquer la tumeur, je rêve et je chute, je chute en rêve, et soudain, je me
réveille, je suis à Paris, perdu dans ses artères débordantes d’ordures, je
déambule dans le grand business scatologique, je fantasme une vie autre, je
tente de fuir, ailleurs, dans ma tête, écrasé par le dôme électrique des egos en
surtension. Je suis ici depuis quelques minutes, et je suis déjà un parisien.
J’ai vu le dôme électrique s’effondrer sur Paris. Ma vie se termine là.
Evan Ard
Toutes les réactions (7)
1. 19/04/2010 13:55 - Line
Oui, vous êtes une bombe, Evan Ard.
2. 20/04/2010 01:29 - Jacky Brown
Etonnant ce tabou sur Paname et l'infection qui émane de cette ville. Jamais le moindre documentaire pour tenter de percer à jour le vrai mystère de cette putréfaction humaine.
3. 20/04/2010 09:11 - Aide-Calfat
Le tableau est ressemblant et il peut être tentant de se griser de dégoût... mais où est, en fin de compte, la différence avec le "je nique la France" de nos amis suburbains ? Un peu plus de sociologie, de psychologie ? Quelques livres lus ? Il faudrait être plus hautain. Merci pour vos textes, cela étant.
4. 20/04/2010 19:57 - Gaël
Quelle justesse dans votre recit Evan. Je ressens tout a fait cela depuis que je suis arrivé à Paris ( je viens de Bretagne) il y a 4 ans . Je ne me faisait pas d'illusion avant, mais rien n'est venu rectifier mes préjugés sur cette ville. Paris c'est la ville du Grand Sommeil, de la Grande Arnaque, de la Grande Baise ;c'est l'anti-cité, apauvrie par son opulence, hypermatérialiste et vidée de ses gens -les vrais, les vivants.
Paris est sous Prozac et sous benzedrine, trop molle quand il faut aller vite, et surexcitée, comme par angoisse, a chaque moment de répit et de calme. Paris, qui ne donne rien, mais qui vous prend tout. Paris nous épuise mais Paris est épuisée, vieille dame qui fuit de partout, qui pue et ne se lave plus, on ne la regarde plus que par inadvertance. Paris est un clodo sur une grille de métro, elle n'en peut plus de crever.
Je crois que Paris a besoin d'etre détruite, littéralement. Purification par le feu. Pour renaitre un jour qui sait. Et dans ses râles d'agonie, je crois même l'entendre qui nous supplie.
5. 24/04/2010 19:44 - Violator
Superbe, je viens de découvrir votre revue et cet article est l'un des meilleurs, plein de sensibilité de lucidité, magnifique!
6. 25/04/2010 19:23 - Greg môk
Evan Ard,
Vous me rappelez M.G. Dantec.
7. 27/04/2010 12:00 - Greg môk
"Un adorateur me disait souvent qu’il avait cessé de regarder la télévision depuis qu’il avait compris que les médias français ne parlaient à longueur de temps que de problèmes concernant la seule ville de Paris. Je crois qu’il avait raison"
C'est exactement le même constat que je me suis fais.
"Mais non, toute la France doit se coltiner les émanations toxiques de la mauvaise conscience parisienne."
Implacable !
"C’est ce qui se passe à Paris, et c’est pour cela que Paris est la ville la plus raciste de France."
Déduction logique d'une hypothèse au sujet de laquelle les intellectuels parisiens antiracistes sont largués en plein milieu de nulle part.
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Dernière réaction Oui, vous êtes une bombe, Evan Ard.  19/04/2010 13:55 Line
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