Fin décembre : déjeuné Sushi-snuff-movie entre Jean-Louis Costes et David Kersan. Tout se passait merveilleusement bien jusqu'au moment où le sushi se transforma en chair humaine et que le SANG coula dans leurs assiettes et qu'un CRI ATROCE s'éleva dans l'appartement et que.
Costes vous raconte tout.

On mangeait des sushi... Et puis, je sais pas pourquoi, d'un coup David m'a montré cette vidéo des otages égorgés par les irakiens fous.
http://www.ogrish.com/archives/execution/beheading/index.html
Mais pourquoi tu m'as montré ça pendant que j'étais en train de bouffer, David ?! Pour me faire peur ? Pour me dégoûter ? Pour m'impressionner ? Pour m'instruire ? Pour me prouver combien qu'ils sont des salops ? Pour me montrer comment c'est la mort égorgé ? En tout cas, j'ai vu la chair crier en mangeant de la chair crue. Miam miam les sushis face aux blancs égorgés. C'est vrai que ça fait bizarre.
On a pas envie d'être à leur place, les mains attachées, les yeux bandés. Et puis couic! Le bargeot psalmodiant se jette sur toi et t'égorges comme un mouton de l'Aïd! Le blanc gigote et braille comme le porc qu'on l'accuse d'être. Ca me fait peur à mes couilles de blanc. Putain un jour ils vont me choper et me faire le coup du sacrifice pour la télé! Ma bite se cache dans mes couilles. Waaa !!! Pas moi ! Pitié !
Ma bite s'est planquée dans mes couilles et je ricane en regardant le placard au dessus de la télé. A-a-a... Je ricanette frimette mais mes couillettes flippettent. O-o-o... A-a-a... "Ah ouais, c'est intéressant" que je crache à travers le sushi au steak de blanc. "C'est intéressant de voir comment ça fait de mourir égorgé"... Hum... Ben quoi ?! Tu voulais que je dise quoi David ?! Mort aux Arabes ?
Bof... Il y a des millions de bourreaux et des milliards de victimes. Et les bourreaux finissent par trouver leur bourreau. Sauf que d'habitude, ça se passe en lousdé. On passe pas le pédophile égorgeant le cul de fillette à la télé. Les vidéos, ils se les regardent entre flics et juges. Mais là, boum! Le snuff, il le balancent en plein sushi de midi !
Comme quoi les snuffs, c'est pas un mythe. Ca existe ! La preuve, la vidéo du mec égorgé par quatre malades masqués.
Quatre malades masqués debout devant une banderole en arabe. Ils ont les cagoules à deux balles et les kalashs à dix balles des gros frimeurs. On sent que là ils font les malins parce qu'ils sont à quatre contre un à genoux attaché. Mais face à quatre Marines, ça fait longtemps qu'ils marcheraient cul nu à quatre pattes en chialant dans la prison d'Abou-Graïb.
Là, le blanc est seul attaché. Alors ils friment comme des corses qui font joujou à la guerre. Ils psalmodient fièrement devant la caméra de leur pote comme les palestiniens qui crient victoire à la télé mais flippent leur race aux checks-points.
Bon David, première remarque.
Ces mecs là ont zéro chance de gagner une guerre. Si chaque fois qu'ils tuent un blanc, ils passent trois mois avant à se faire prendre en vidéo avec lui pour frimer avec les potes, ils ont pas fini ! Un américain, ils se déguise pas en Zorro pour tuer un arabe. Il fait pas trois millions de salamalecs avant. Il appuie sur la gâchette. Toum-toum-toum... Et le tank repart. Il sait même pas combien il a fait de morts. Il tue vite fait bien fait, c'est tout. Si en face, les autres mabouls font tout un sketch pour égorger un yankee comme à la préhistoire, t'imagines le temps qu'il va leur falloir pour éliminer tous les blancs ! Pendant que le mongol masqué scie besogneusement une tête, les américains envoient une bombe sans se salir et boum, dix mille arabes morts. Si ils veulent vraiment gagner, les mongols masqués, faut qu'ils passent à la bombe atomique après la prière!

C'est clair, le blanc pris au piège flippe comme un rat, et moi, le blanc bouffi, je mange des sushis. Avant il mangeait des sushis et maintenant il supplie. Un jour moi aussi, je vomirai mes sushis et je supplierai...
Et puis un autre truc, David :
C'est dingue, regarde, la vidéo est toute floue! T'imagines les mongols que c'est. L'apprenti snuffeur s'est acheté une caméra DV à Barbès. Ses potes ont chopé un blanc et vont faire joujou avec. Et lui il va filmer pour la postérité. Après ils enverront la cassette à la télé, et leur film de snuff il va passer dans le monde entier.
Putain, quand tu tiens un scoop pareil, faut pas le rater ! Un américain, ça s'égorge pas deux fois! Et ben eux, ces connards cagoulés, ils ratent la vidéo !
Ils égorgent fièrement devant la caméra l'homme à genoux attaché, mais leur pote ils sait même pas filmer! A peine le gros Zorro a planté son poignard dans le cou du blanc que déjà le crime sort du cadre. On entend des cris de cochons égorgé mais on voit rien! Le mec à la caméra panique pire que la victime.
Il zoome dans tous les sens. Il filme le sol et le plafond, tout sauf le couteau dans la plaie. C'est le genre de mec qui oublie de mettre la cassette, qui oublie de charger la batterie, qui oublie d'enlever le cache sur l'objectif. Le nul intégral! Il est déguisé en Zorro, mais il a vraiment l'air d'un gros con quand, après le meurtre, ils matent la vidéo sur la télé et qu'il y a rien dessus qu'un plafond flou qui gigote! Ses potes barbus le regardent bizarrement. Il va se prendre une fatwa, le réalisateur ! Waouh les bouffons de banlieue! Ils filment l'égorgement rituel d'un blanc, le trip de leur vie, et ils sont même pas capables de foutre la caméra sur un pied et d'appuyer sur "record" ! Alors imagines les faire vraiment la guerre : ils oublient de charger le fusil et ils se descendent les uns les autres tellement qu'ils visent mal!
Putain la voix du mec à genoux yeux bandés est trop flippante! Supplier plus que ses piaillements, tu meures. Si il jouait dans un film, on dirait qu'il en fait trop ! Mais c'est clair, quand tu sens le couteau
sur ta gorge, t'en fais jamais assez.
Mongol Momo lui plante le couteau dans la carotide et j'entends le cri désespéré de la bite planquée tout au fond des couilles. J'entend l'animal dans l'homme.
Enfin, un truc qui est bien, c'est que c'est instructif. Je sais, ça fait con salop à dire, mais c'est vrai. J'ai jamais fait de guerre, j'ai jamais vu de mort sanglant. Quand la femme s'est jetée sous le métro, les flics voulaient pas qu'on regarde. Et là, d'un coup, je vois tout de a à z : comment le couteau rentre, comment le cou cède, comment le corps tressaute, comment le sang gicle. Comment la voix se perd en pet. Comment la mort finit par calmer le corps. Comment les soubresauts s'espacent et s'affaiblissent. Comment le silence et l'immobilité... Et ça fait drôle de voir mort inanimé tranquille ce qui était si vivant souffrant sous le couteau. Mais où est passée la vie? Ah c'est juste ça la mort ? Un cadavre con... Ca me fait penser quand ma souris blanche est morte. Avant elle bougeait, et maintenant elle bougeait plus... Merci les Arabes ! Grâce aux arabes, je vois qu'un homme qui meure c'est comme ma souris blanche qui meure. Ma souris blanche que je torturais pour m'amuser et puis d'un coup, elle a plus bougé.
La seul différence c'est que la souris blanche, comme le poulet, comme le porc, comme tous les animaux suppliciés par les hommes, ne supplie pas. Peut-être qu'ils savent que ça sert à rien de supplier l'homme quand on est un sous-homme? Peut-être qu'ils supplient avec les yeux ? En tout cas, ce qui est sur, c'est que la souris blanche meurt en silence alors que l'homme hurle.
Je vois l'homme blanc supplier à genou comme un enfant qui aurait retrouvé la foi des ancêtres. Il nous supplie en vain, nous qui le regardons mourir à la télé en mangeant des sushis. Mais nous ne sommes par la Vierge Marie qui exauce les pauvres pêcheurs à l'heure du Jugement. Nous sommes des moutons parqués devant la télé qui regardent leur frère mouton mourir sans l'aider. Nous grognons, nous flippons bien un peu. Nous grommelons "Ah les salops!", mais nous ne partons pas en Irak traquer les mongols masqués. Non. Nous continuons à brouter nos suhsis à Paris en attendant notre tour. Bientôt ils viendront nous chercher, avec les cagoules, le couteau et la caméra. Bientôt je serai égorgé, et bientôt David sera égorgé. Nous supplierons devant la télé pour d'autres moutons révoltés. C'est comme un jeu-vidéo notre vie !
Alors là, je dis : David, j'ai un flash d'un coup ! Chaque fois qu'on nous montre un truc à la télé, c'est pas par hasard. Ils traquent sur le net les pornocrates et les pédophiles soi-disant... Et là d'un coup, tu cliques, et avec la bénédiction du Dieu de la Guerre, tu vois snuff à gogo : des dizaines de vidéos de blancs égorgés par des arabes ! Si c'était vraiment le scandale qu'ils disent, les vidéos on les verrait pas. On saurait même pas que de tels trucs existent. Si les maîtres du monde laissent circuler la mise en scène rituelle de la mort des blancs, c'est qu'ils pensent que c'est bon pour eux que nous contemplions notre malheur et notre mort.
Les bergers montrent aux moutons ce qu'ils veulent bien leur montrer. Pourquoi les bergers montrent-ils aux moutons les moutons à l'abattoir ? Pourquoi ne montrent-ils pas aux moutons les moutons heureux insouciants dans les prés ? Pourquoi les bergers font-ils peur aux moutons avec leurs films de moutons égorgés ? Pourquoi, sur le fronton de la cathédrale de Dieu, voyons nous l'Enfer ? Pourquoi voyons nous nos corps éternellement suppliciés entre les anges éternellement glorieux ? La chair crie sans cesse et les âmes ne s'envolent jamais. Les bergers terrorisent nos corps pour soumettre nos âmes.
Il y a un mensonge de la vidéo comme il y a un mensonge de la pierre. L'image de la souffrance est un mensonge. La souffrance n'est qu'une image. En vrai, dès que le couteau pénètre, tu es délivré de la souffrance. Tu fonces vers la mort libératrice et tu fuis la vie. Tous les survivants de la torture le disent. Après le premier coup, tu pars, tu vogues voluptueusement au-dessus du corps atrocement mutilé.
Ton seul désir c'est de mourir, surtout pas de revenir à la vie ! Ce n'est pas le supplicié qui souffre, mais nous qui contemplons son supplice. Ce n'est pas le supplicié qui a peur, c'est nous les voyeurs. Ce n'est pas le supplicié qui est puni, c'est toi et moi David.
Je t'assure David. Nous dégueulons nos sushis mais le blanc égorgé est heureux. Il est enfin libre, sans corps, sans angoisse et sans douleur. Il s'échappe dans un dernier feu d'artifice de la chair, une explosion de pets, des gerbes de sang et de merde. C'est apocalyptique pour nous coincés dans nos corps. C'est merveilleux pour lui, saint martyr chrétien montant au Ciel. Le bourreau frappe et l'ame lui dit "Merci mon ami d'ouvrir la cage du corps". Le sadique connard à cagoule se rend même pas compte qu'il est la main de Dieu éventrant les corps pour délivrer les âmes prisonnières !
Et nous restons seuls dans nos corps avec le cadavre. Il s'est cassé, mais nous ont est toujours coincés. C'est flippant pour nous. Le corps égorgé à l'écran est un terrifiant résumé de la vie. Cris, douleur, sang, merde. Meurtre rituel, maësltrom de la vie. En regardant passivement le corps blanc sacrifié, nous plongeons dans notre futur de mutilations. Toute notre vie de cris de douleur de sang de merde concentrée en quinze secondes d'égorgement.
Le blanc à l'écran est mort... Nous nous regardons, atterrés... Lui il est enfin libéré. Nous, il nous reste encore cinquante ans de corps à subir, cinquante ans de cris douleur sang merde. Cinquante ans de martyr... Allez courage! Encore un sushi, David ?
Non merci.
Jean-Louis Costes