Sur le RING

Francis Heaulme dans la Place

SURLERING.COM - MURDER BALLADS - par Etienne Lhomond - le 15/03/2007 - 0 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

Le routard-playboy du crime est peut-être le vrai tueur de Montigny-lès-Metz, ce double crime qui a vu Patrick Dills enfermé à tort 15 ans derrière les barreaux. Avant le procès qui en décidera, C'est au tour de Evan Ard de vous enfermer 15 bonnes minutes tout au fond du crâne de Francis.

En février dernier, de nouveaux indices susceptibles d'impliquer Francis Heaulme ont été découverts par la gendarmerie dans l'enquête sur le meurtre de deux enfants commis en 1986 à Montigny-lès-Metz en Moselle. En effet, les gendarmes de la section de recherches de Metz ont découvert à Vaux, chez la grand-mère de Francis Heaulme, des vieux vêtements dont un pantalon de jogging appartenant au tueur en série et présentant des taches de ce qui pourrait être du sang. Des relevés bancaires ont été retrouvés dans ces mêmes effets. Des traces d'ADN ont été détectées sur le pantalon, lesquelles doivent être comparées avec celles des deux victimes, Alexandre Bekrich et Cyril Beining, tous deux âgés de huit ans, qui avaient eu le crâne fracassé à coups de pierre le 28 septembre 1986 alors qu'ils jouaient sur une voie ferrée. Si la culpabilité de Francis Heaulme dans cette affaire venait à être démontrée, cela permettrait de disculper définitivement Patrick Dils. Condamné à perpétuité pour ce meurtre en 1989 alors qu'il n'avait que seize ans, ce dernier fut finalement acquitté en appel par la cour d'assises de Lyon en 2002 suite à la révision de son procès non sans avoir passé quinze années en prison. L'occasion pour Ring de revenir sur la road-story morbide de celui que l'on a surnommé le "routard du crime" en raison de sa grande mobilité qui lui permit notamment d'échapper à la justice pendant de longues années.

Bienvenue dans la cité radieuse.

Le 25 février 1959 à Metz, la vie de Francis Heaulme commence comme un mauvais rêve. Nicole Houillon a 18 ans lorsqu'elle fait la rencontre de Marcel Heaulme, électricien industriel. Ils se complètent horriblement. Rejeté par sa famille, il est obsédé par l'argent et aime l'alcool, les jeux, les courses de chevaux et les femmes. On le surnomme « Le boche » à cause de son fort accent alsacien. Il collectionne les petits soldats de plombs, ceux avec des croix gammées dessus. Il déteste les contrariétés. Quand à elle, blonde, fragile, délicate, elle est doté d'un solide instinct de survie malgré sa passivité et sa faiblesse. Elle est très possessive et tombe souvent malade. Lorsque l'alcool l'a totalement désinhibé, il la bat. Il va sans dire qu'il boit beaucoup. Pour cacher les bleus, elle porte des lunettes noires et dépense son argent en fond de teint. Dans leurs misères, ils sont fait l'un pour l'autre. C'est pourquoi il se marient très tôt. A la fin des années 60, ils s'installent à Briey, dans la « Cité Radieuse » du quartier Corbusier. C'est une barre HLM enfoncée dans la forêt de Moyeuvre-Grande. Ils habitent la chambre 639. Francis a environ 10 ans. Les coups de ceinturons et de pieds s'abattent régulièrement sur son petit corps frêle.

Come to daddy

Face à ce père brutal et insensible, Francis vouera un amour sans bornes à sa mère. Plus tard, il dira d'elle qu'elle était une sainte. Lorsqu'il s'interpose pour la protéger, les coups redoublent. Quand son père est ivre-mort et qu'il réclame une bouteille, Francis n'est jamais assez rapide. C'est pourquoi il se retrouve régulièrement pendu à un crochet dans la cave, les poignets attachés avec du fil de fer. Cela durera jusqu'à ses 17 ans. Lorsque Marcel n'est pas d'humeur trop fracassante, c'est verbalement que les coups les plus durs sont portés. Francis devient alors le « bâtard, » le « retardé, » le « fou. » Sans doute le physique androgyne du fiston ne correspond pas aux canons virils du père. Il faut dire que Francis est atteint du syndrome de Klinefelter. [1] A cause de cette anomalie génétique il se voit affublé d'un sexe minuscule recouvrant deux testicules atrophiées. Sa sexualité est en mode veille. Il est impuissant et développe une tendance à la féminité. Il n'apprendra la vérité sur son pénis qu'en 1994.

Alcool, sang et animaux de compagnie.

La crise d'adolescence est difficile chez les Heaulme. Francis se met à boire et sombre rapidement dans le stade alcoolique terminal. Ses oncles racontent qu'il est capable de boire six bouteilles de blanc d'affilée sans broncher. Après plusieurs redoublements au primaire, les résultats scolaires sont proches du zéro. Francis vole des photos de famille qu'il revend pour se faire un peu d'argent. Il adore les animaux. Il s'amuse avec eux. Son plaisir consiste à les enterrer vivants. Insensible au mal, il se ronge les ongles jusqu'au sang. Il faut dire que Francis aime singulièrement la douleur, son amie de toujours. Lorsqu'il ne se perce pas la peau avec des ciseaux, il se scarifie les bras, le torse et les jambes avec des tessons de bouteille tout en déclarant : « Au lieu de faire du mal à quelqu'un, je préfère me faire du mal à moi... » Un traitement psychiatrique semble s'imposer, mais pour Marcel, il n'y a pas de fou dans la famille. En fait, la folie ne faisait que commencer.

Christine

Durant cette période pour le moins difficile, Heaulme n'aura qu'une seule alliée, Christine, sa s½ur aîné. Aujourd'hui encore, elle le soutient. Consciente des problèmes de Francis, elle dira souvent : « Il faut le soigner, mon frère. » Elle cherchera toujours à le valoriser alors que celui-ci se faisait tabasser par son père qui le rabaissait aux yeux de tous. Avec son frère, Christine joue aux petits soldats. Elle l'emploie pour de menus services moyennant quelques sous. Elle cherche à l'occuper alors que lui demeure prostré dans l'escalier, le visage tordu par les coups, ne sachant que faire de ses longs bras. Lorsque l'argent dilapidé en alcool vient à manquer, elle mange de la nourriture pour chien avec lui. Francis est exempté de service militaire en raison de complications psychiatriques.  Il sera rapidement renvoyé de son job de maçon à cause de son alcoolisme. Pour ses vingt ans, Christine l'inscrit à un club de cyclotourisme. La bicyclette devient sa passion. Le dimanche, il pédale sur des dizaines de kilomètre entre Thionville et Pont-à-Mousson, il se défoule. Sa mère, son unique amour, vient le chercher à chaque fois. Francis est aux anges.

Dans le trou, avec maman.

Pourtant ces fragiles moments de joie n'allaient pas tarder à se déchirer. Le cancer de Nicole se déclara en 1982. La maladie fit son ½uvre comme il se doit, rapide, douloureuse, mortelle. Le 16 octobre 1984,  Francis est accueilli par Marcel, qui semble énervé. Francis reconnaît dans l' attitude de son père celle dont il fait les frais depuis des années, mais il y a quelque chose de plus, quelque chose qui ne va pas. Il repère la montre de Nicole, au poignet de son père. « Ta mère est morte... » Francis a à peine le temps d'assimiler l'information quand la sentence tombe. « C'est de ta faute si elle est morte. » Francis dira : « Ca a fait boum dans ma tête. » La psychose secouait déjà son cortex de spasmes verbaux élémentaires. Quelques jours plus tard, il observe la boîte où repose sa mère, au fond du trou. Il craque. Il saute dans la fosse en hurlant et s'agrippe au cercueil. Il voulait « partir avec elle ». Ses proches l'arrachent du coffret de bois. Il enchaîne alors plusieurs tentatives de suicides, se suspend à une grue, tente de se tirer une balle dans la tête. Mais rien y fait: Il reste en vie. Il « fait son cirque » selon l'expression de son père. Même la mort ne veut pas de Francis Heaulme. C'est alors qu'il se dit : « Je vais en éliminer, je vais en liquider ».

Let's kill

Le décès de Nicole va précipiter les choses. Marcel oublie Francis et se trouve une nouvelle compagne. Christine fuit le foyer et se marie. Elle culpabilise au sujet de son frère : « J'avais promis à ma mère de m'en occuper. Je savais qu'il était pas normal. » Francis se retrouve tout à fait seul. Sans attaches, il part sur un coup de tête. La ballade meurtrière de Francis va pouvoir commencer. Adieu la cité radieuse, bienvenue dans le désert du réel Francis. Fin 1984, quelques semaines après l'enterrement de sa mère, Heaulme est sur la route. Il a vingt cinq ans. Son voyage erratique devait durer sept ans. Se déplaçant aléatoirement sur de longues distances à pied, en auto-stop ou encore en train, il erre dans l'hexagone, dépensant son RMI en boissons alcoolisées, ne payant jamais son billet de train. Il traverse parfois plusieurs départements dans la même journée. Il traîne avec les clochards. Parfois, il travaille comme maçon ou ferrailleur. Dans ses rares moments de sobriété, il bricole des installations électriques à partir de débris métalliques récoltées ici ou là. Francis est un élément en marge de la société, en marge des marginaux, détaché de tout lien social. Il est absolument libre. Cela ne l'empêche pas de signer à chaque fois le registre des foyers où il se rend. Sa route est ponctuée de rencontres improbables. Il se dirige souvent vers la côte pour voir la mer. Voulait-il voir sa mère?

Il passe par 37 départements. Il dort dans les centres Emmaüs [2] qu'il connaît tous. Il se précipite parfois dans les commissariats, couvert de plaies et d'hématomes, se plaignant d'agressions imaginaires. Il assure être témoin de meurtres, mais ses airs de pauvre type un peu paumé lui valent peu d'attention. Surtout depuis qu'il développe une tendance à la mythomanie.  Il fera très régulièrement des séjours en hôpital psychiatrique, la plupart du temps à sa demande. Mais il jure ne vouloir de mal à personne. Il veut juste « tuer pour la France » et rentrer chez lui, dans l'Est. On le diagnostique psychopathe et on lui refile du Mogadon, du Droleptan, du Neuluptil ou du Lysanxia, histoire de le faire planer un peu. On le laisse partir, défoncé aux neuroleptiques, couvert par le sacro-saint secret médical. Des alcooliques au cerveau déglingué, on en voit tout les jours à l'Hôpital Psychiatrique. D'autant que Francis aime mélanger les plaisirs, la bière mêlée au Tranxène 50 est son cocktail préféré. [3] Parfois il délire, il voit alors ses mains recouvertes de sang et il a très peur. Il a peur de tout.

Heaulme, sweet Heaulme.

 En 1991 Francis a fini par poser son sac chez l'accueillante Georgette S. Entre eux, c'est le coup de foudre. Petite, légèrement handicapée, bientôt la quarantaine, Georgette voit l'arrivée dans sa vie du grand dadais édenté comme un cadeau du ciel. Souriante, généreuse, elle s'occupe de lui. Elle l'incite à entamer une cure de désintoxication. Parfois, elle l'enferme dans la maison pour l'empêcher de boire. Elle qui ne souhaite pas avoir de relations sexuelles hors mariage s'entend parfaitement avec Francis. Il dira ; « Oui [j'ai eu des rapports avec Georgette] comme tout le monde. Simplement je ne peux pas éjaculer. D'ailleurs, elle ne voulait pas que je la pénètre. Entre nous, il n'y avait que des caresses. » Tout les dimanches ils vont ensemble à la messe où ils participent à la chorale. Francis dira de lui même : « Je ne suis pas violent, pas dangereux. Je suis timide, sentimental et calme. » Plus tard, durant le procès concernant le double meurtre de Montigny-lès-Metz, il déclara : « Je ne peux pas être l'auteur de ce double crime, car je suis croyant. En plus, quand je tue, j'embrasse mes victimes sur le front. » Le baiser mortel du dragon. Francis Heaulme n'a pas de casier judiciaire. Apparemment, le tueur s'est sédentarisé et mène une vie sans histoire. Apparemment...

C'est là que le gendarme Jean-François Abgrall va le retrouver le 17 décembre 1991, après une traque qui aura duré plus de deux ans et demi. Deux ans et demi de liberté totale que Francis Heaulme su mettre à profit. Il fallait à présent remonter la piste sanglante que le serial killer avait laissé sur son chemin. « Partout où je passe, il y a des meurtres », déclara t'il plus tard.

Premier acte

Francis est hospitalisé du 10 octobre au 14 novembre 1984. Le lundi 5 novembre, il croise Joseph Molins, un ouvrier athlétique et moustachu de 25 ans qui à fait faillite après avoir dilapidé un million de francs gagné au loto. Un paumé, fragile et influençable. Francis et Joseph se connaissent depuis qu'ils ont travaillé ensemble sur un chantier. Ils boivent un verre puis décident de faire un peu de route ensemble, en voiture. Joseph prend le volant car Francis n'a pas le permis. Ils s'engagent vers 20 heures sur la départementale reliant Limey à Pont-à-Mousson. Il fait nuit lorsqu'ils prennent une jolie blonde en auto-stop. Lyonnelle Gineste a 17 ans. Elle est apprentie-pâtissière. Francis trouve que ses collants noirs lui donnent l'air d'une pute. Quelques centaines de mètres plus loin, la voiture s'engage dans le forêt de Puvenelle.

Francis raconte : « En fait, c'est vrai qu'il m'a demandé de lui passer le couteau. C'est pas moi qui ai tué la gosse. C'est l'autre cinglé. J'ai paniqué, je lui ai lancé le couteau. Je lui ai donné dans la main. Mais ce n'est pas moi qui l'ai tué... »

Le lendemain, un agent des eaux et forêts découvre le cadavre sous un tapis de feuille. Le corps entièrement dénudé de le jeune femme est placé face contre terre. Elle n'a subit aucune violence sexuelle. Une expertise démontrera que le sperme trouvé dans son vagin n'appartient à aucun des agresseurs.  Elle est morte étranglée et égorgée. Lors de son audition, Joseph Molins inversera les rôles distribués par Heaulme. Le schéma de ce meurtre trouvera un écho frappant dans celui de Laurence Guillaume, sept ans plus tard.

Deuxième acte

Annick Maurice a vingt six ans. Elle est manutentionnaire au Mammouth de Metz. Sérieuse et positive, elle vit chez sa mère où elle brode des napperons en attendant l'homme de sa vie. Le 30 décembre 1986, elle va croiser la route de Francis Heaulme. Vers 4 h 45, elle quitte son domicile pour se rendre à son travail. Elle décide de faire du stop pour arriver plus vite.

Le 29 décembre 1986, Francis buvait des bières dans un café avec deux compagnons rencontrés au centre de désintoxication alcoolique de Maizeroy : Michel Magniac et Philippe Elivon, un homme timide, faible et influençable. Le lendemain, vers 5 h du matin, complètement saouls, ils prennent la route dans la voiture de Magniac. Heaulme et Elison forcent Annick à entrer dans la voiture.

Le corps est retrouvé le 27 avril 1987 dissimulé dans un taillis à 10 kilomètres de Metz, non loin du centre de désintoxication. Aucune violence sexuelle. Elle est morte étranglée, le jour de sa disparition.

Tears of children.

Le 5 avril 1989, au camping « Les prairies de la mer » à Port-Grimaud, toute la famille Viville est réunie devant le mobile home loué pour les vacances. Le petit Joris, qui est parti faire du vélo, manque à l'appel.

Le 22 avril deux touristes anglais découvrent son corps nu dans les fougères, à quelques mètres de la route. Horriblement mutilé il est étendu sur le dos, les jambes serrées, le bras droit tendu. Il a été étranglé et poignardé en de nombreux points. La mort remonte au jour de sa disparition. Joris avait dix ans. Le jour de l'enlèvement, Heaulme séjourne au centre psychiatrique de la Fontonnes à Antibes, à 80 kilomètres du camping.

Pourtant vers 17 h 30 Joris a croisé Heaulme, des paroles auraient été échangées mais Joris ne parle que le flamand. Voici le souvenir que Francis garde des faits : « Je me souviens que l'arbre était devenu mou. J'ai étranglé quelque chose qui est devenu quelqu'un, mais je ne me souviens plus où. Je ne me rappelle plus. Je sais seulement que c'était en 1989. Je ne me rappelle plus, mais je vais m'expliquer. J'ai eu une crise, j'ai serré un arbre, et je voyais une ombre, une personne devant moi, j'ai vu rouge, mais je ne sais pas quelle personne j'ai tuée. Mais la personne était devant moi, je ne sais pas si c'était un homme ou une femme, je sais que je voyais la mer. (...) Quand je me suis réveillé, je serrais un arbre dans mes mains. J'ai eu ma crise, c'était silencieux et l'arbre est tombé. Quand l'arbre est tombé, il est devenu un humain. Je ne l'ai pas touché, je suis parti. »

En soirée, Francis Heaulme rentre au centre psychiatrique. L'infirmière rapporte dans le registre : « Le patient est arrivé seul, en état d'angoisse. Il refuse d'aller voir la télé et dit avoir tué quelqu'un à Port-Antibes. » Personne ne prête attention à cette déclaration, même lorsque le meurtre de Joris est révélé dans la presse, 18 jours plus tard. On offre à Francis un billet de train pour qu'il puisse rentrer à Metz.

Voir la mer...

L'après-midi du 14 mai 1989, Aline Peres, 49 ans, une aide-soignante sans histoires, se prélasse sur la plage des Sables Rouges, au Moulin Blanc, près de Brest. Elle ne se doute pas que quelques mètres au dessus, dans les rochers, une curieuse silhouette l'observe. Aux alentours de 17 heures, un homme de grande taille approche, les mains dans le dos. Aline se redresse. Le jeune trentenaire la domine de toute sa hauteur. Il se présente : « Je m'appelle Francis Heaulme, j'ai un problème, je veut vous parler. J'ai rêvé que vous alliez être poignardée. » Aline se sent menacée : « Tu sens l'alcool, va-t'en ! », « Pars ! Je vais crier. » Prise de panique, elle commence à hurler, mais trop tard. Francis brandit l'opinel qu'il cachait derrière son dos, il la saisit à la gorge. La lame pénètre la chair en trois points, à la carotide, au c½ur et au rein. Elle meurt sur le coup. Au même moment, un homme prend des photos de la plage. Décalé d'un millimètre, son objectif aurait saisi l'instant du meurtre. A cent mètres de là, allongé sur le sable, un Brestois robuste et sportif écoute tranquillement la radio. Il n'a rien vu ni entendu. Philippe Delorme, dit « le gaulois », un marginal qui accompagnait Francis a assisté à toute la scène. Pris de panique, il s'est enfui. Il ne parlera jamais de ce qu'il a vu avant son interpellation en 1991.

La veille du crime, Francis avait rêvé d'une femme tuée sur une plage. Le 14 mai, après avoir bu, il s'était rendu aux Sables Rouges pour vérifier si ce meurtre avait bien eu lieu. C'est là qu'il désigna Aline comme sa prochaine victime. Il explique son geste par le flash : « J'ai eu ma crise. J'ai vu rouge. J'ai saisi la femme par le cou. » « J'ai pris mon couteau et je lui ai ouvert la gorge, puis je lui ai enfoncé la lame dans les côtes. Elle avait l'air gentille. » Avant de s'enfuir, Francis lui demanda pardon. Le corps fut découvert quelques heures plus tard par des promeneurs. Le problème étant que le 14 mai 1989, Francis se trouvait officiellement à quatre-vingts kilomètres de là, au centre hospitalier Laënnec de Quimper où il était hospitalisé en cardiologie. Le registre montre que sa température a été prise à 17 heure. Le temps de comprendre que l'aide soignante avait noté la température de Heaulme en l'absence du premier concerné et celui-ci était déjà loin. Abgrall, qui est chargé de l'enquête, pense, à raison, que le meurtrier n'en est pas à son premier crime.

Entre-deux

Le 7 mai 1991, la foire de Metz bat son plein. Michel Guillaume, un jeune homme de 19 ans perdu et influençable, profite de la fête en compagnie de sa cousine, Laurence Guillaume, âgé de 14 ans. Alors qu'ils traversent la foule, un grand type bouscule Michel, par mégarde. Michel entame la conversation et fait la connaissance de Francis Heaulme. Les deux hommes ont  passablement bu. Se retrouvant seul, Michel se confie. Il parle de sa vie, de ses problèmes, de sa petite amie qui l'a quitté. Heaulme l'écoute et finit par gagner sa confiance. Michel a le sentiment de ne jamais avoir été si bien compris. Vers 22 h 35, Laurence rejoint Michel et l'avertit qu'elle rentre chez elle en cyclomoteur. Heaulme lit dans le regard de Michel qu'il désire secrètement sa cousine. Ils décident de suivre Laurence en voiture « pour lui éclairer la route avec les phares ».

Le lendemain matin, à 6 h, monsieur Guillaume retrouve le cyclo de sa fille sur le bord de la route. L'engin a été pillé par des jeunes de passage. A 20 heures, on retrouve le blouson de cuir et le portefeuille de la jeune fille sur une aire de repos de l'autoroute A31, à 40 kilomètres de son domicile. Le 9 mai, un garçon découvre le corps de la victime totalement dénudé, à l'exception des chaussettes, face contre terre, dans un champ de maïs. Elle a été égorgée. Le 10 mai, les sous-vêtements sont découverts sur une aire de repos de l'autoroute A6.

Dans la voiture, Heaulme dit à Michel que sa cousine est belle et qu'il « se la ferait bien ». Michel avoue qu'il aimerait « la sauter ». Il était vierge. A moins de deux kilomètres de la fête, il percute le deux roues de sa cousine. Elle se relève et peste contre lui, mais Heaulme se rue sur elle et la gifle « pour la calmer » avant de l'entraîner dans la voiture. Ils l'emmènent à une dizaine de kilomètre de là, dans un champ. Sur place, Heaulme « pique » Laurence au cou, avec son opinel, pour la tenir en respect et intime à Michel l'ordre de la violer. Celui-ci, horrifié, s'en trouve incapable. Heaulme emporte alors sa victime plus loin et l'achève avant de repartir en compagnie de Michel.

...et mourir.

Le vendredi 4 janvier 1992, Jean Rémy est à bout. Retraité âgé de 65 ans, il souffre de dépression. Sa femme est décédé il y a peu, des suites d'un cancer du sein. La maladie de Parkinson n'arrange rien à sa peine. Ce jour là, Jean décide de se rendre à Marquenterre, une jolie ville côtière où il connu autrefois le bonheur en compagnie de sa femme, lorsqu'elle ne se savait pas encore condamné. Quittant son domicile de Taverny, dans le Val-d'Oise, il prend le train pour se rendre sur la côte de ses souvenirs, mais il s'endort durant le trajet et se retrouve au terminus, sur le quai de Boulogne-sur-Mer. Il n'y a pas de train avant le lendemain. Abattu, il s'assied sur un banc et fond en larmes. Il décide d'en finir avec la vie. Une grande silhouette s'approche et l'observe. Jean Rémy relève la tête et voit l'homme, immobile, qui le regarde fixement, comme s'il compatissait à sa douleur. « J'ai envie de mourir », dit Jean à l'inconnu. « Ne faites pas ça », répond Francis Heaulme.

Les deux hommes se promènent et discutent en bord de mer. Heaulme raconte : « On a descendu un escalier aux marches raides et glissantes, on s'est assis pour parler. Il voulait toujours se tuer. Moi, j'essayais de le dissuader, mais il ne répondait pas, il tremblait. Au bout d'un long moment, je suis reparti vers l'hôtel. Mais chemin faisant, j'ai eu des remords. J'ai rebroussé chemin. Seulement, quand je suis revenu à l'endroit où nous étions, il n'y avait plus personne. J'ai crié « Monsieur Jean ! » Rien. Pas de réponse. Au moment où je remontais l'escalier, une main m'a agrippé l'épaule. J'ai pris mon opinel, par réflexe, et j'ai piqué, parce que j'avais peur.... » La « piqûre » correspond aux cinq coups de couteau que Jean Rémy a reçu dans la poitrine et l'abdomen. Heaulme traîne ensuite Jean sur 150 mètres, jusqu'à des  rochers où il le dénude à moitié. Selon le médecin légiste le décès aurait été causé par un coma dû au froid. Sans compter les contusions à la tête, conséquence soit d'une chute dans l'escalier, soit de coups de pierres. En rentrant de Boulogne-sur-Mer, Francis offre à Georgette des coquillages qu'il à prie sur la plage. Il venait d'accomplir son dernier meurtre.

Francis se trouvait là car il avait eu une soudaine envie de voir la mer.

Une longue liste

Durant le procès pour le meurtre d' Annick Maurice, Heaulme et Elison se renvoient le mauvais rôle. Magniac est décédé en 1995. Finalement, le 8 décembre 2001, la cour d'assise condamne Francis Heaulme à 30 ans de réclusion criminelle. Philippe Elison est condamné à 15 ans de prison.
 Heaulme déclara au sujet de sa victime : « C'est tout, ça va rien changer, elle est morte, elle est morte, c'est tout ».

Le 27 octobre 1994, la cour d'assises de Quimper condamne Heaulme à vingt ans de réclusion criminelle pour le meurtre d' Aline Peres.

Le 19 septembre 1995, la cour d'assises de la Moselle condamne Francis Heaulme à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meutre de Laurence Guillaume. Michel Guillaume est condamné à 18 ans de prison.

En mai 1997, Francis Heaulme est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises de Draguignan pour le meurtre du petit Joris. Durant le procès Heaulme révèle la présence d'un complice. Il parle d'abord d'un patient puis d'un infirmier. De toute évidence, il n'a pas pu se rendre seul jusqu'au camping où le centre psychiatrique réserve parfois des mobile homes pour des séjours thérapeutiques. Heaulme accuse son complice d'être l'auteur des nombreux coups qui ont été portés à la victime au moyen d'un tournevis. Durant le procès il désigne plusieurs infirmiers mais aucun n'est le véritable coupable. Mais Francis va se trahir lorsqu'il reprendra la déposition d'un gendarme en affirmant que le nombre de coups de tournevis portés à la victime étaient de 83 et non de 84. A ce jour, le complice de Heaulme est toujours recherché. Le gendarme Abgrall est persuadé que le jour du procès, celui-ci se trouvait dans la salle.

Heaulme avouera le crime de Jean Rémy avant de se rétracter. La cour d'assise de Saint-Omer le condamne à quinze ans de réclusion criminelle le 9 septembre 1999.

Le 26 novembre 1999 Francis Heaulme est condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Lyonnelle Gineste. Joseph Molins écope de 10 ans pour complicité de meurtre.

Francis Heaulme a également été reconnu coupable des meurtres suivants :

Sylvie Rossi, 31 ans. Le 19 juillet 1989 elle prend Francis Heaulme en stop aux environs de 2 h 30. Francis est pris d'une violente crise, parlant du fameux flash. Il l'oblige à s'arrêter. Son corps est retrouvé le matin même, recouvert d'ecchymoses, totalement dénudé, face contre terre, à un kilomètre de sa voiture. Le foie de la victime à éclaté. Heaulme l'a tabassé à mort avant de l'étrangler. Il avoue son crime le 12 décembre 1992.

Georgette Manesse (86 ans) et Ghislaine Ponsard (61 ans) sont toutes deux retrouvées poignardées au domicile de la première en juin 1988 à Charleville-Mézières. Heaulme à été jugé pour ce double meurtre en même temps que celui de Sylvie Rossi durant le mois de décembre 2004. Il est condamné à 30 ans de réclusion.

Francis Heaulme a aussi été inculpé puis acquitté faute de preuves pour les meurtres de Laurent Bureau en 1986 et de Jean-Joseph Clément en 1989. On le soupçonne d'avoir commis une dizaine d'autres meurtres, notamment en Belgique. Il avoue avoir tué plus d'hommes que de femmes, or, jusqu'à présent, ce sont principalement des femmes que l'on a retrouvé parmi ses victimes. Affaires à suivre...

Au coeur de l'actualité : le double meurtre des petits Cyril Beining et Alexandre Beckrich, tous deux âgés de huit ans, tué le 28 septembre 1986 à Montigny-lès-Metz à coups de pierres. Les aveux de Patrick Dils, 16 ans au moment des faits, l'ont désigné comme coupable. Mais après 15 ans d'emprisonnement, il est définitivement blanchi le 24 avril 2002 lors de son troisième procès. Francis Heaulme est mis en examen en juin 2006. A l'époque des faits, deux pécheurs racontent avoir raccompagné à son domicile un Heaulme en état de choc, le visage recouvert de sang. Francis venait de quitter son lieu de travail, à 400 mètres de la scène du crime. Il a déclaré avoir vu le corps des enfants mais ne pas être l'auteur du crime. Bien des points ne concordent pas dans ses déclarations concernant son activité le jour du meurtre. Fin octobre 2006, un nouvel indice a été découvert dans le domicile de sa grand mère où il logeait alors. Il s'agit d'un pantalon contenant des traces ADN, retrouvé dissimulé derrière une cloison avec des relevés bancaires au nom de Heaulme. Les analyses son actuellement en cours, l'ADN n'est pas celui de Heaulme. Saurons nous bientôt le nom du véritable coupable du double meurtre de Montigny-lès-Metz ? Réponse d'ici quelques semaines...

Le cas Abgrall.

Impossible de parler de Heaulme sans évoquer le gendarme Jean-François Abgrall. Lors du meurtre d'Aline Peres, il fut chargé de l'enquête, celle-ci devait durer plus de 2 ans. Il dut se battre contre sa hiérarchie et le système judiciaire pour arriver à obtenir l'arrestation du tueur en série. Cherchant des témoins du meurtre d'Aline, il rencontra un certain Francis Heaulme le 19 juin 1989. « Un drôle de type » selon un collègue. Il lui parla calmement, lui offrit à manger, lui retira ses menottes. Il le laissa parler. Abgrall est le premier qui prit vraiment la peine de l'écouter. Il semblerait que cela convenu à Heaulme qui en vint à lui livrer certains indices. Abgrall fut aussitôt persuadé de tenir son coupable, mais il dut le laisser partir, faute de preuves. Lorsqu'il retrouva Heaulme en 1991, il ira plus loin dans la dissection de l'esprit tortueux du serial killer. Profiler dans l'âme, il décrypte son langage, réalise un profil psychologique, noue avec l'assassin un rapport fondé sur une forme de complicité et en retire certaines vérités. A ce jour, Jean-François Abgrall reste celui qui a su aller au plus profond de l'esprit de Francis Heaulme.

Fiche d'identité du tueur

Francis Heaulme n'a pas de mode opératoire au sens où on l'entend habituellement. Il s'attaque sans distinction à des hommes, des femmes, des vieillards ou des enfants. Il a tué aussi bien aux moyens de pierres, de lacets, de coups de poings et de pieds, d'étranglements ou de son fameux Opinel. A ce sujet Heaulme déclara lors du procès Dils en 2002 : « Là c'est pas moi, mon style, c'est l'Opinel et j'étrangle à mains nues ». Il n'en possède pas moins une signature psychologique.

Si l'on est en droit de penser que Heaulme agit de manière pulsionnelle, il n'en demeure pas moins prudent. Heaulme est habité par une vision du meurtre qu'il se prépare à commettre. Attendant le moment opportun, il est capable de retarder le passage à l'acte en attendant la situation idéale. Sa nature psychotique ne le prive pas de tendances psychotiques plus organisées.

Fait très rare chez les tueurs en série, Heaulme tue à plusieurs reprises en compagnie d'une personne de passage qu'il ne reverra plus par la suite. Il sait repérer un complice facilement manipulable qu'il pourra ensuite incriminer au moment opportun. Selon un expert judiciaire : « Pour Heaulme, l'acte pervers requiert le concours d'un complice chargé de la partie sexuelle du scénario. Séducteur, voyeur, il exploite la perversité latente de son compagnon du moment. Ce faisant, il met en place des stratégies de communication et de manipulation d'autrui analogues à celle d'un hypnotisant ». Fait plus étonnant encore, ces « complices d'un crime » n'ont jamais parlé avant leurs procès et étaient terrorisés à l'idée de comparaître aux cotés de Heaulme.

Lors des interrogatoires, Heaulme se place toujours dans un rapport de domination et de manipulation. C'est un véritable jeu de piste qu'il met en place. Mélangeant la réalité avec la fiction, il multiplie les versions des faits, se contredit, se ferme, avoue puis se rétracte. Manipulateur, affabulateur et mythomane il paraît parfois noyé dans son délire. Pourtant chaque parole, même anecdotique, peut être capitale pour le suivi d'une enquête. Il est lucide dans ses incohérences. Il sait sonder son adversaire qu'il est capable de fixer un quart d'heure durant sans cligner des yeux. Même emprisonné, il cherche à mener la partie. Il continue à se jouer des personnes qui l'approchent. En fait, il n'est jamais plus lucide que lorsqu'il semble délirer.

Ainsi a t'il déclaré un jour à Jean-François Abgrall : « Quand j'ai envie de quelque chose, je le veux, je le prends. C'est dans ma tête. » « A n'importe quel prix ? » lui avait-il demandé, ce à quoi il avait retorqué: « Ouais, quand je veux quelque chose, je l'ai. » C'est un prédateur sans limite. Cependant, Heaulme n'est pas sans failles. Aimant se vanter, parfois flatté de l'intérêt que l'on peut lui porter, ila un jour déclaré: « Je suis passé à la télé et dans France soir. Tout le monde me connaît. » C'est ce filon qu'Abgrall su exploiter. Mais désormais, Heaulme est devenu un habitué des interrogatoires et cours d'assises.

Malgré les nombreuses analyses psychiatriques, Francis Heaulme reste une forme d'énigme. Débile léger ou dans la norme, il est clair que son discernement n'est pas aboli. Au mieux se trouva-t-il altéré par l'alcool. On trouve chez lui des éléments obsessionnels et mégalomaniaques, une personnalité dysharmonique ou composite. Evidemment mythomane, Heaulme reste cependant redoutable en termes d'intelligence sociale. Le syndrome de Klinefelter dont il est atteint ne rentre pas en compte dans son profil criminel, mais l'impuissance qui en est la conséquence peut entraîner un enchaînement meurtrier.

Soumis au test des taches d'encres, la réaction de Heaulme fut la suivante : « Je vois deux personnes qui discutent... Non, qui se bagarrent... Il y a des tâches rouges... C'est du sang... Là, je le serre avec mes mains, il crie comme un animal, il y a du sang partout... Je serre, c'est plus fort que moi... »

Francis a conscience de ses actes. Il n'est pas dément. Il ne souffre pas de maladie pathologique et n'a jamais exprimé le moindre remord.

Lors du tout premier procès de Francis, sa première prise de parole fut une question. Cette question était la suivante : « Est-ce que je suis fou ? Est ce que je suis dangereux ? »


EL

 

Notes:

(1) Le syndrome de Klinefelter résulte de la présence chez l'homme d'un ou plusieurs chromosomes féminin X en plus des chromosomes habituels XY. A ne pas confondre avec le gène du type XYY, porteur d'un chromosome masculin Y en plus, que l'on retrouve en milieu carcéral chez 1 personne sur 30.

(2) Les compagnons d'Emmaüs sont un ensemble d'associations fondées par l'abbé Pierre ayant pour objectif de venir en aide aux exclus dont les SDF.


(3) Le Tranxène est un anxiolytique utilisé notamment en cas de sevrage alcoolique.



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