Sur le RING

Faut-il brûler Sigmund Freud ?

SURLERING.COM - LES PAGES ROUGES - par Anthony Ballenato - le 11/05/2010 - 57 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

 débats & opinions

par Anthony Ballenato, doctorant de recherche en Histoire à l'Université Paris-Diderot, spécialiste d'histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse aux États-Unis où il termine une thèse sur l'histoire de la psychanalyse à New York au XXe siècle.



Quand Freud serait "menteur, affabulateur, destructeur des traces de ses forfaits, cocaïnomane dépressif errant doctrinalement pendant plus d'une décennie, à l'origine de la mort de son ami Fleischl-Marxow, destructeur du visage d'Emma Eckstein avec l'aide de son ami Fliess, onaniste, obsédé par le sexe de sa mère, extrapolant sa pathologie œdipienne à la planète entière, incestueux, couchant avec sa belle-sœur (…) sacrifiant à l'occultisme et au spiritisme, pratiquant des rites de conjuration contre le mauvais sort, croyant à la télépathie, féru de numérologie"

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Alain de Mijolla admet volontiers fuir les polémiques. Malheureusement, il s’est retrouvé servi comme jamais avec la sortie quasi concomitante de son almanach Freud et la France et du brûlot de Michel Onfray – Le Crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne (Grasset). Lancée telle une formidable machine de guerre par Grasset et Le Point, on redoutait que notre bon Alain ne finisse sous les roues de la bête du fast-food à penser…


A la soupe des débats de qualité

Mijolla offrait pourtant les garanties d’un débat de qualité : bienheureux et par-dessus tout mémorialiste affable du mouvement freudien ne maîtrisant ni les débats historiques, ni historiographiques, il n’en fallait pas plus pour noyer le poisson de la polémique. Une bien bonne solution de remplacement donc pour le valeureux bougon qui refusait de débattre avec la «stalinienne des beaux quartiers parisiens» (CQFD : Élisabeth Roudinesco) dont la confrontation risquait d’être autrement plus périlleuse. Et à quel débat n’avons-nous pas dû assister !

Se définissant lui-même dans son ouvrage Freud et la France, paru aux P.U.F., comme « un montreur de marionnettes » (p.1), notre psychanalyste-chroniqueur s’est retrouvé assigné à la place du guignol. Après une réplique tiède et passablement argumentée offerte à Onfray dans Lire, s’en est suivie la grandiose émission de François Busnel qui demeurera longtemps dans les mémoires comme un échange intellectuel à l’état de congélation.

Aux côtés d’Alain de Mijolla, une consœur discrète quoiqu’assez gentiment pugnace,  Anne Millet, dont les attaques les plus féroces visent Lacan. Et les trois auteurs affabulateurs – comment ça ils ne sont pas trois ? – Mais oui, ils sont bien trois : les cerveaux de l’affaire, « Cervelet et Cervelas », duo le plus comique de l’histoire des Freud Wars alias Jacques Van Rillaer et Mikkel Borch-Jacobsen (suivi de pas très loin par Esteve Freixa i Baqué) – qui n’avaient déjà pas pu sauver, à l’époque, le soldat Bénesteau et ont assisté impuissants au naufrage du Livre Noir – et bien sûr, leur scribe et porte-voix, Michel Onfray. Ce trio magique aura réussi le tour de force de battre les critiques américains à plate couture et toutes catégories confondues (puritains, scientistes, etc.) par leurs outrances et leurs insanités.

Vociférant tour à tour inepties après inepties devant un Mijolla quasi impassible, le téléspectateur a pu légitimement se demander s’il n’était devant un spectacle de cirque comique ou devant la représentation d’un drame absurde écrit par un auteur raté.

Un des angles d’attaques favoris de nos auteurs-acolytes est de systématiquement remettre en cause la scientificité de la psychanalyse pour mieux faire plébisciter, par l’opinion publique, les séances de dressage inspirées de l’éthologie et du réapprentissage cognitif et surtout, de reléguer de façon définitive la psychanalyse au rang d’épiphénomène de la modernité littéraire et son organisation rationnelle à un ésotérisme macabre.

L’accouplement de l’hédonisme solaire (Onfray) et des sciences du comportement (Van Rillaer et Borch-Jacobsen) en a surpris plus d’un. Pourtant, on aura maintenant bien compris, tous deux constituent le fondement le plus effroyable de ce paradigme culturel et mental de nos sociétés libérales-marchandes contemporaines : vivre, consommer et jouir dans le contrôle absolu et l’asservissement volontaire. Comment, devant cette orthopédie du corps et des âmes, ne pas songer au propos magistral de Georges Canguilhem – divo, s’il en est – et de leur formidable résonance aujourd’hui : "philosophie sans rigueur, éthique sans exigence, médecine sans contrôle". [1]

Bref, autant dire que si Mijolla va servir la soupe, on va y aller gaiement… Mais comment ? Vous ne saviez pas que la psychanalyse s’implantait exclusivement par la voie littéraire grâce « aux gens de fiction» ? Et bien maintenant vous êtes un téléspectateur des plus avertis.
Dommage que notre « historien de service » - ce qu’il n’est pas - également médecin-psychiatre, n’ait pas songé qu’une implantation de la psychanalyse reposait tout autant sur sa propagation à l’intérieur de l’univers littéraire que médical et que ce n’est qu’à l’aune de cet équilibre que la psychanalyse peut exister, en tant que pratique thérapeutique et humanité, au risque de refluer. On ne saurait oublier que pour nombre de médecins, notamment aux États-Unis, la psychanalyse a servi à refonder une psychiatrie organiciste moribonde, et que par la suite seuls les docteurs en  médecine étaient autorisés à pratiquer les cures.

De l’Histoire faite le dimanche

Et qu’en est-il précisément de l’homme Freud ? « Mystificateur, avare, menteur, pervers, cocaïnomane». Le nihiliste en guenilles de la pensée nous fait maintenant œuvre de morale. Amen. Et quel gai savoir ! Après la confession, donnera-t-il l’absolution ?  A bien des égards cette façon de faire rappelle l’horrible psychobiographie de Michel Foucault par James Miller, grand spécialiste des vies examinées – si chères aux évangélistes.
Qu’à cela ne tienne, et même si « chez Freud, il y a pleins d’incestes, symboliques, métaphoriques, allégoriques ou réels » comme dit Onfray, « y’a pas de grand homme pour ses valets de chambre » pour Mijolla ! Le téléspectateur a pu croire, l’espace d’un instant, manquer d’oxygène.

Mais il y a mieux encore. Incapable de mettre bon ordre à cette rumeur incestueuse, Mijolla se félicite que Freud ait pu avoir des relations sexuelles, quand bien même eussent-elles été avec sa belle-sœur. L’ennui est qu’il oubli qu’il s’agit d’une rumeur propagée par Jung, reprise par l’école révisionniste américaine, et remise au goût du jour par Onfray, Van Rillaer et Borch-Jacobsen. On attend toujours patiemment les preuves crédibles du forfait… (lire le billet d'Elisabeth Roudinesco pour Ring, à ce sujet)

Transi d’effroi, le téléspectateur qui a depuis longtemps acheté le Freud et la France et se décide, à l’issue de l’émission, à enlever la cellophane pour feuilleter l’ouvrage, aurait été bien plus inspiré de prendre un benzodiazépine et d’aller se coucher.
Si l’éphéméride a des qualités, son auteur perpétue la tradition des médecins-historiens : le plus souvent correct mais n’apportant aucune information nouvelle et ne reposant sur aucune archive de première main [2], il brille surtout par une absence totale d’analyses structurées sur le mouvement de l’Histoire racontée et son appareillage critique est des plus dépouillés. Sous la plume de Mijolla, l’Hstoire devient donc une compilation d’anecdotes circonstanciées.

En outre, le postulat de Mijolla, qui est de laisser au lecteur le soin de « se faire une idée personnelle en dehors des jugements ou des impressions dont [il] l’entoure ou qu’[il] adjoint» (p.3), est une véritable aberration méthodologique et intellectuelle. A moins de faire jouer l’opinion contre le savoir, comment Mijolla peut-il sérieusement imaginer que le lecteur puisse se faire le moindre avis décent devant un tel empilement relativiste?
Évidemment, le bât blesse cruellement à mesure qu’on se rapproche des moments critiques de cette Histoire et notamment de la période nazie et de la Seconde Guerre mondiale : rien sur les relations entre Jones, Freud et Eitingon et rien non plus sur le conflit qui les oppose à propos des rapports avec le nazisme dans les années 1930. Concernant la France, la période se résume à un moment de souffrance pour les Français, privés de charbon et de nourriture. On n’est pourtant pas arrivé au bout de nos peines… voilà qu’arrive le cas Georges Mauco (1899-1988).

Mauco ou le « mauvais coin » de l’Histoire

Dans le superbe dictionnaire toponymique des communes des Landes et du Bas-Adour dirigé par la linguiste Bénédicte Boyre-Fénie, on apprend que le mau còrn désigne un "mauvais coin, un mauvais endroit ».  Autrement dit, le « mauco » est toujours un lieu à défricher… [3]

Docteur en géographie, démographe des flux migratoires et pédagogue, fervent raciste et antisémite, Georges Mauco aura été le seul psychanalyste français à avoir collaboré de façon active par des textes d’inspiration nazie et à témoigner du « péril juif ». Il est également collaborateur de la revue L’Ethnie française dirigé par Georges Montandon – à propos de qui Mijolla ne nous dit pas un seul mot (p.845). Africaniste, rejeton intellectuel de Vacher de Lapouge, Montandon est l’un des grands animateurs du racisme scientifique à la française : « expert ethnoracial auprès de Xavier Vallat en 1941 au Commissariat aux affaires juives puis à partir de 1943 directeur de l'Institut d'études des questions juives et ethnoraciales (IEQJER) » [4] 

Échappant à l’épuration de l’Après-guerre, Mauco réussit encore à passer entre les mailles du filet lorsqu’il se fait nommer en 1945 à la tête du Haut Comité de la population et de la famille par le Général de Gaulle. A partir de cette date, Mauco enterre son passé collaborationniste et, tout en continuant ses études démographiques « normalisées », embrasse comme jamais la cause des enfants handicapés et des carencés affectifs. Quand il publie son autobiographie apologétique en 1982, c’est à Françoise Dolto qu’il demande de rédiger la préface dans laquelle on peut lire, entre autres choses, que Mauco avait résisté aux nazis et qu’il était le chantre de la dignité humaine. En somme, on n’avait pas pu faire homme plus honnête [5]. Dolto, qui ne connaît aucune haine, était passée à coté…

En adoptant sa méthode de présentation des faits, Mijolla obtient des résultats des plus stupéfiants. Ainsi, en vient-on à lire sous sa plume « De fait, et nous le remarquerons encore davantage durant les années d’occupation, c’est presque un acte de bonne volonté à l’égard des Juifs (sic), que cette organisation de  « camps » est promue, mais on ignore encore le sens que ce mot prendra. Leur bénéfice est double : éviter que les étrangers - car ce n’est que des « étrangers », qu’il s’agit -, viennent illégalement en France et se retrouvent dans des situations très précaires (ayant fui les campagnes et les villes en n’emportant que le minimum d’affaires), et dans le même souffle préserver les Juifs qui sont déjà installés en France de cet afflux abusif. Il ne faut pas oublier que cette période est caractérisée par une relative fermeture du milieu juif à l’arrivé des émigrés » (p.720). Voilà donc comment la question de la crise des réfugiés Juifs, fuyant les pogroms et les régimes d’extrême-droite d’Europe centrale, en France pendant les années trente, se voit traitée et résumée.
En outre, Mijolla laisse penser qu’on pourrait prendre l’autobiographie de Mauco comme une source entièrement valable – ce qu’elle n’est évidemment pas puisque Mauco se reconstruit un passé de résistant alors qu’il n’a rejoint le groupe FFI Foch-Liautey qu’en janvier 1944 et participé plus tard à la libération du quartier d’Auteuil.[6] Le problème du traitement de cette source autobiographique est tel que Mijolla se laisse guider par les propos de Mauco  au point de remettre en cause les analyses de Roudinesco et de Weil sur la paternité du fameux texte de 1942 et de se demander « Est-ce de la plume de Georges Mauco ou de celle de Georges Montandon ? » (p.845). [7] Patrick Weil est pourtant formel: « il [Mauco] ne fut corrigé par Montandon que sur un point : il substitua à Israélite le mot “Juif’’». [8]

Le postulat historiographique d’Alain de Mijolla est caractéristique des errements des psychanalystes face à leur histoire : une absence d’analyses critiques, raisonnées et cohérentes. Car aujourd’hui, avec la publication du brûlot d’Onfray, les psychanalystes en sont venus à considérer qu’il vaut mieux défendre la psychanalyse que Freud, et ce au détriment de toute vérité historique, comme l’ont encore récemment démontré Pierre-Henri Castel et Philippe Grimbert. [9]

Reste à savoir, au demeurant, si ces psychanalystes, sous couvert de pseudo considérations épistémologiques et historiques, estiment que Freud est bien le « menteur, affabulateur, destructeur des traces de ses forfaits, cocaïnomane dépressif errant doctrinalement pendant plus d'une décennie, à l'origine de la mort de son ami Fleischl-Marxow, destructeur du visage d'Emma Eckstein avec l'aide de son ami Fliess, onaniste, obsédé par le sexe de sa mère, extrapolant sa pathologie œdipienne à la planète entière, incestueux, couchant avec sa belle-sœur (…) sacrifiant à l'occultisme et au spiritisme, pratiquant des rites de conjuration contre le mauvais sort, croyant à la télépathie, féru de numérologie » qu’affabulent Onfray, Borch-Jacobsen et Van Rillaer. [10] A ce jour, ils n’ont toujours pas répondu à la question, et on se demande surtout ce que Mijolla peut bien en penser.
Quoi qu’il en soit, on ne pourrait leur tenir trop grief de ce manque de conscience historique puisque ce phénomène est relativement endémique dans les corporations, sociétés, écoles, etc.  Encore que contrairement à d’autres organisations, on pourra peut-être s’interroger sur cette attitude qui consiste à sacrifier sur l’autel du populisme intellectuel le plus désinvolte, la figure historique de leur mouvement au détriment de toute raison et de toute rationalité.
Michel Onfray a dit à quel point il trouvait l’ouvrage Freud et la France excellent. Comme on le comprend. Mijolla peut donc se rassurer. Selon son souhait, il aura effectivement évité l’écueil d’écrire un  « pamphlet polémique »… tout autant qu’un « écrit historique ». Car il semble bien que pour Mijolla les aspérités de l’Histoire soient comme les caravanes qui passent. Il faut laisser les chiens aboyer.

                                        Anthony Ballenato

[1] Conférence prononcée le 18 décembre 1958 au Collège philosophique à Paris. Georges Canguilhem,   « Qu’est ce que la  psychologie? », Revue de Métaphysique et de Morale, n°1, 1958. Disponible en ligne : http://www.psychanalyse.lu/articles/CanguilhemPsychologie.htm
[2] A l’exception de quelques fragments dont les références ne sont pas même indiquées.
[3] Bénédicte Boyrie-Fénié, Dictionnaire toponymique des communes des Landes et du Bas-Adour, éd. CAIRN, Pau, 2005, p.50.
[4] «Mauco, expert en immigration : ethnoracisme pratique et antisémitisme fielleux », note 17, p.7, http://bit.ly/ajuKsq , site de Patrick Weil – historien, Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Yale Law School, Yale University – ou in L’antisémitisme de plume 1940-1944, études et documents, dir. Pierre-André Taguieff, Paris, Berg International Editeurs, 1999, p. 267-276.
[5] Georges Mauco, Vécu, Paris, Emile-Paul, 1982.
[6] Patrick Weil, op.cit, p.7
[7] «L’immigration étrangère en France et le problème des réfugiés », L’ethnie française, Mars 1942 – Mauco accuse Montandon d’en avoir fait un article « raciste » dans son autobiographie.
[8] P.Weil, op.cit, p.7 et Elisabeth Roudinesco, « Georges Mauco (1899-1988) : un psychanalyste au service de Vichy. De l’antisémitisme  à la psychopédagogie», L’Infini, 51, automne 1995.
[9] Emission « Le téléphone sonne », France Inter du mardi 4 mai 2005.
[10] « Onfray répond à BHL » in Le Point, 6 mai 2010.



Toutes les réactions (57)

1. 10/05/2010 08:20 - Elisabeth Roudinesco

Elisabeth RoudinescoSuperbe article : vive la jeunesse ! Vous n’imaginez à quel point ce vrai débat a eu lieu déjà aux USA : l’invention des rumeurs.

2. 10/05/2010 08:25 - Spacesheap

SpacesheapBillet complet, il ne manque plus que la réponse d'Onfray sur Ring.

3. 10/05/2010 09:12 - La femme concept

La femme conceptJ'aime beaucoup cet article car il montre que, une fois de plus, que Freud est l'affaire des spécialistes, des chercheurs et rien d'autre. Je suis lassée de toutes ces polémiques autour de lui, mièvres, triviales. Ici, sont livrées des pistes de réflexions très intéressantes, au lecteur de les suivre et de se les approprier ou non...

4. 10/05/2010 10:12 - Floria Tosca

Floria ToscaQue l'on soit spécialiste ou non, "pour ou contre", les articles (ou les commentaires) doivent être soutenus par une argumentation, et là: BRAVO. C'est le top: des références et une ligne argumentaire solide.
Et quelle importance que ce débat ait déjà eu lieu !! Le propre d'un débat, un vrai, est de ne jamais avoir trouvé sa conclusion puisque de nouvelles idées, des arguments nouveaux surgissent comme l'auteur de ce superbe article le démontre !

5. 10/05/2010 12:09 - Mimiche

MimicheLe livre de Onfray est une lecture nietzschéenne de Freud. Que cela veut-il dire? Cela veut dire que Onfray, ayant eu l'habitude jusque là de considérer Freud, qu'il appréciait fort - sans pour autant en connaître davantage sur lui que la moyenne des mortels cultivés de France, c'est-à-dire à peu près autant que les croquants du Moyen-Age ne connaissaient la Bible -, comme un "philosophe vitaliste", entreprend justement d'étudier sa biographie (=sa vie) à l'aune de sa doctrine. Il s'agit pour lui de faire la psychanalyse du psychanalyste - à priori, la démarche s'annonçait plus respectueuse qu'iconoclaste ! Onfray, donc, dont on peut dire beaucoup de chose, mais dont il faut savoir que c'est un bourreau de travail, une nature exceptionnelle, capable de lire énormément, d'écrire encore plus, de dormir peu, de ne sortir pour ainsi dire pas de chez lui et de vivre une vie frugale tout en se réclamant hédoniste - non pas parce qu'il "satisfait tous ses désirs" comme la société marchande le désirerait de lui, mais parce qu'il aime passionnément la vie - Michel Onfray, donc, se coltine une bibliographie monstrueuse, lit tout ce qu'il trouve concernant son sujet, en particulier la correspondance intégrale du grand homme (y compris les lettres que Freud a tenté de faire disparaître, mais dont ses correspondants possédaient un double), et, surprise, s'aperçoit que contrairement à ce qu'il croyait jusque là, c'était les détracteurs de Freud (notamment les rédacteurs du tant décrié "Livre Noir de la Psychanalyse") qui étaient dans le vrai.

Alors oui, le livre est devenu une sorte de procès. Onfray est parti sur les traces de Freud à la façon dont l'Oedipe Roi de Sophocle est revenu sur les siennes. C'est chemin faisant qu'il s'est avisé, à sa plus grande honte, de la profonde nature criminelle du "grand-homme" au service duquel il s'était d'abord mis. Il a découvert une sorte de psychopathe fasciné de romans policiers, et qui nous donnait en vérité dans la façon qu'il avait de juger l'humanité entière depuis un piédestal, les clés qui ouvraient son propre "cagibi secret" monstrueux.

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6. 10/05/2010 12:10 - Mimiche

Mimiche"Reste à savoir, au demeurant, si [Freud] est bien le « menteur, affabulateur, destructeur des traces de ses forfaits, cocaïnomane dépressif errant doctrinalement pendant plus d'une décennie, à l'origine de la mort de son ami Fleischl-Marxow, destructeur du visage d'Emma Eckstein avec l'aide de son ami Fliess, onaniste, obsédé par le sexe de sa mère, extrapolant sa pathologie œdipienne à la planète entière, incestueux, couchant avec sa belle-sœur (…) sacrifiant à l'occultisme et au spiritisme, pratiquant des rites de conjuration contre le mauvais sort, croyant à la télépathie, féru de numérologie » qu’affabulent[sic] Onfray, Borch-Jacobsen et Van Rillaer."

Non, cela ne "reste pas à savoir", cela se sait, et se peut vérifier. Et voilà tout le sujet du livre que cherche à critiquer cet article. Onfray le dit lui-même : il n'est pas contre la psychanalyse, il voudrait au contraire que le débat suscité par son livre [devienne l’occasion, en France, de réfléchir à l’édification d’une néo-psychanalyse : une psychanalyse post-Freudienne] – ce sont, à peu de chose près, de mémoire, ses propres mots, vérifiables dans l’émission du samedi soir 8 mai 2010 de Ruquier sur France2 où il a été invité.

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7. 10/05/2010 12:11 - Mimiche

Mimiche[...]

« Transi d’effroi, le téléspectateur qui a depuis longtemps acheté le Freud et la France et se décide, à l’issue de l’émission, à enlever la cellophane pour feuilleter l’ouvrage, aurait été bien plus inspiré de prendre un benzodiazépine et d’aller se coucher. »

Personnellement, c’est cette phrase qui m’effraie en diable ! Voilà, en la personne du rédacteur de cet article, une sorte de docteur Knock qui nous parle du « téléspectateur » (n’en est-il pas un, lui ?) comme d’un être qu’une sorte de fragilité (due j’imagine à sa bêtise ou à son inculture congénitale) rend inapte à supporter les mêmes lectures que son psychanalyste. Il s’agit d’un malade (tout le monde, à peu de chose près, est donc malade sauf le psychanalyste) que son praticien doit protéger de la fréquentation de auteurs qui critiquent sa propre pratique par la prescription de somnifères… Quand la psychanalyse devient une façon de guérir ses contestataires de leurs propres idées, elle entre légitimement dans la catégorie secte/système totalitaire/office de rééducation du peuple.


P.S : Contrairement à ce que disent certains lecteurs dévots, il n’y a dans cet article que peu ou pas d’arguments qui remettent en cause ceux de M. Onfray. D’ailleurs cet article ne parle pas vraiment dudit philosophe. Il s’intéresse bien davantage à ce « Mijolla » qui m’est personnellement complètement inconnu. De sorte que l’image rattachée au texte est presque inappropriée, et qu’il est une fois de plus, hélas, loisible de se demander si les détracteurs de Onfray l’ont véritablement lu…

8. 10/05/2010 12:46 - Tristan

TristanY'a pas à dire cet article c'est de la BOMBE !!!!

9. 10/05/2010 12:46 - Floria Tosca

Floria Tosca@ Mimiche: voilà un commentaire fontaine dont l'argumentation est aussi solide que celle de l'article auquel il se réfère. Pas du tout lectrice dévote de l'un ou de l'autre, cela me donne encore plus à réfléchir!!

10. 10/05/2010 13:18 - Mimiche

MimicheMerci Floria.

11. 10/05/2010 16:10 - Massilia Ragazzo

Massilia Ragazzo@ Mimiche: "Non, cela ne "reste pas à savoir", cela se sait, et se peut vérifier". Il faudrait dire ça à Michel Onfray pour que la prochaine fois, il mette des notes de bas de pages dans son ouvrage, histoire qu'on puisse vérifier ses affirmations ! Car quand on est un philosophe ou un intellectuel digne de ce nom, on ne se contente pas d'une bibliographie fourre-tout en fin de livre. C'est ça aussi l'honnêteté.

12. 10/05/2010 17:06 - Mimiche

Mimiche@ Massilia : Pas faux. Ceci dit, je ne pense pas que M. Onfray manque d'honnêteté (sa bibliographie, toute brouillonne qu'elle soit, n'est pas un fake). Je crois juste que c'est quelqu'un qui travaille très vite, parfois même sans prendre de notes, juste avec son excellente mémoire et son intelligence synthétique. En cela consiste à mon avis la seule faiblesse réelle de son travail : M. Onfray ne fait pas suffisamment "sérieux" parce que l'anarchiste anti-éduc'nat' qu'il est ne maîtrise pas suffisamment les codes du monde universitaire, qui sont parfois, comme dans le cas présent, bien utiles.

13. 10/05/2010 18:52 - Orchid

Orchid"Un des angles d’attaques favoris de nos auteurs-acolytes est de systématiquement remettre en cause la scientificité de la psychanalyse pour mieux faire plébisciter, par l’opinion publique, les séances de dressage inspirées de l’éthologie et du réapprentissage cognitif et surtout,[...]"

Mon dieu qu'il est triste a l'heure actuelle de voir encore ce genre de pensee... LA science, posee en tant qu'entite, pleine de vilains pas beaux en blouse blanche qui veulent traiter les gens (dont les scientifiques eux-memes ne semblent pas faire parti) comme des cobayes...Pathetique...
Cet argumentaire est fort joli, mais souffre de ses references. J'ai beau lire et relire, je ne vois aucun e citation d'un quelconque article de recherche publie dans une revue a comite de lecture international, gage d'un minimum de serieux scientifique (non ce n'est pas un gros mot).

J'ai regarde l'emission en question et l'argumentaire de "l'artiste" qui repondait a Onfray m'a laisse un gout bizarre... Je cite, "oui mais sur moi, la psychanalyse que j'ai effectue a marche".
Bravo! Cela coupe court a tout argumentaire serieux... On se croirait revenu au moyen-age ou on vendait des potions miraculeuses avec pour preuve, un gentil volontaire qui retrouvait l'usage de ses jambes suite a l'ingestion de la dite potion.

Oui, attaquer la psychanalyse sur sa scientificite est completement legitime, car cela previent de tomber dans l'analyse des resultats par le biais de la coincidence et du hasard statistique...

14. 10/05/2010 20:18 - Surya

SuryaOrchid : La réaction de l'"artiste" avait l'air déplacée car, au-delà de la théorie psychanalytique qui n'a pas plus de rationalité qu'un système philosophique (et même moins, car elle embrasse la conscience irrationnelle de l'expérience humaine), il y a l'art vivant de la cure psychanalytique (une cure peut se passer de tout discours psychanalytique), ignoré comme tel de certains polémistes à la mode, et si étranger aux livres, si différent ! Oui, la psychanalyse est trop souvent présentée dans une perspective mièvre, une idéologie à bon compte dans les radios, à la télévision, dans les revues. La psychanalyse nous est inaccessible : trop de référents complexes, trop de nuances, trop onéreuse, en bref trop absconse et élitiste. Nous préférons les recettes efficaces, l'instantanéité, le grand air. Oui, oublions, oublions tout ça et laissons chacun à ce qu'il "croit" ou ne croit pas. Si nous devions vérifier par nous-mêmes les explications des uns et les négations des autres, deux méthodes s'imposeraient une fois le doute établi. Une longue recherche de type universitaire, avec une solide formation en logique et en épistémologie pour faire la part des choses, ce qui est fastidieux et irréaliste. Une cure psychanalytique suffisamment longue pour révoquer en doute la théorie ou la confirmer dans la mesure du possible.
Je ne sais pas s'il y a de nos jours beaucoup d'analysants qui ne soient pas d'emblée sceptiques !
Quant à prétendre que la psychanalyse serait scientifique, cela n'a guère plus de sens que de soutenir qu'elle est une philosophie ou une littérature, même si elle existe peut-être, avec son être au monde vague et bancal, sous ces trois formes.

15. 10/05/2010 20:39 - Anna

Anna
Aprés Dieu,Aprés Freud,je pense que sa prochaine "proie"sera Marx je ne vois que lui pour assouvir le désir mégalomaniaque qui l'anime.
C'est un maniaque.
Ensuite il rencontrera le Réel (Plus dur sera le choc)
Un jour ou l'autre.
Il ne vaut pas une polémique

16. 10/05/2010 21:40 - Mammuth

MammuthSauf que la polémique a lieu, Ann(esse) et c'est quoi le réel qu'Onfray va rencontrer pour toi ?

17. 10/05/2010 22:42 - Surya

SuryaCe n'est pas là une polémique importante dans la mesure où les arguments d'Onfray ne sont pas, comme le suggère Anna, ancrés dans la méthodologie psychanalytique (Onfray n'a pas l'expérience de l'analyse). La plupart reposent (malheureusement) sur des faux bruits et une culture people déjà ancienne. Autrement plus acérés et sérieux furent les arguments de Reich et d'Adorno...
Marx ?
Mais tournez-vous plutôt vers Claude Allègre... Et lisez la présentation du dernier numéro de Ciel & Espace écrite par Alain Cirrou : la prochaine polémique télé explosive concernerait plutôt les théories de l'astronomie moderne, parce la réalité de certains de ses objets les plus importants est soit critiquable, soit impossible à confirmer par l'observation...

18. 11/05/2010 12:03 - Pierre Poucet

Pierre PoucetExcellent, partner. Bien vu. Je ne pense pas n"anmoins qu'il faille considérer la psychanalyse comme une idéologie; elle le devient si elle est instrumentalisée par, etc. Et je ne suis pas sûr que les psychanalystes en soient les usagers les plus dangereux.

19. 11/05/2010 12:24 - quick

quickonfray thuriferaire de nietszche. onfray veut juger l'oeuvre de freud a l'aune de l'homme freud car dit-il, l'homme doit se conformer a l'oeuvre sans quoi son propos est caduc. nietzche vieillard souffreteux qui souffre des nerfs, bien loin de son oeuvre de Seigneur de la guerre - surhomme des temps futurs. onfray se tire une balle dans le pied. la logique chez lui a des raisons chez lui que la raison ignore

20. 11/05/2010 13:15 - Mimiche

Mimiche"[Onfray] ne vaut pas une polémique"

Mais qui a donc suscité cette polémique, si ce n'est les Roudinesco & Co, c'est-à-dire ceux qui ont des intérêts dans le business mis à mal par Onfray? Ce qui « vaut » une polémique, ce n'est en effet ni Onfray (le pauvre homme!), ni la psychanalyse en tant que telle (en effet, si Freud n'avait pas été avant tout un entrepreneur, on s’intéresserait à lui pour ce qu’il est vraiment, c’est-à-dire grosso-modo un mix entre Dali – pour l’avidité – et Breton – pour la capacité à s’approprier le génie des fous et à les laisser en miettes sur le bord du chemin – et leur précurseur). Non ce qui vaut une polémique c’est bien le business que cette « médecine non scientifique » – Même les médecins de Molière n’auraient pas osé ! Comment renoncer à tout vernis scientifique sans se dénoncer comme charlatan ? – représente encore. Et aussi la façon dont cette discipline hybride – mal définie ! Ce qui est un comble, non ? –, ayant coupé tous les ponts avec ce qu’il y avait avant elle – y compris les auteurs, tels Nietzsche et Shopenhauer, à qui elle a volé l’essentiel de ses concepts-clés, les a renommés (Freud est un romantique allemand 19e qui aime les néologismes), et s’en est attribué la paternité –, ayant tiré en quelque sorte la conclusion de l’Histoire et de la philosophie, phagocyte aujourd’hui tous les domaines de la vie privée [travail, famille, identité] et publique [sociologie, politique, embauche, marketing, managing, coaching, justice préventive et punitive, divertissement… etc etc] de l’homme « moderne », c’est-à-dire du consommateur.

Extrait du livre de Onfray :
- Freud [ou votre praticien – NDLAuteur de ce billet] passe pour incarner la permanence de la rationalité critique emblématique de la philosophie des lumières.
- [En vérité], Freud incarne ce qui, à l’époque des Lumières historiques, se nommait l’antiphilosophie – une formule philosophique de la négation de la philosophie rationaliste.

21. 11/05/2010 13:16 - Mimiche

Mimiche"Ce n'est pas là une polémique importante dans la mesure où les arguments d'Onfray ne sont pas, comme le suggère Anna, ancrés dans la méthodologie psychanalytique (Onfray n'a pas l'expérience de l'analyse)"

Toujours ce même vieil argument mangé aux mites : "Qui n'a pas fait de psychanalyse n'est pas habilité à en parler". Sachant qu'entrer en "analyse" implique un acte de subordination à un analyste, et que le "travail d’analyse" en question revient en quelque sorte à "reconfigurer" le rapport au monde d'un individu et sa façon de se percevoir lui-même, on peut traduire : qui n'a jamais fait acte, du moins le temps nécessaire à sa rééducation mentale, de subordination à un psychanalyste, n'est pas habilité à parler de psychanalyse. – Cela ne pose aucun problème à personne, ici ?

Extrait du « Crépuscule d’une idole » :
- [Selon Freud – et les siens] la « résistance » à la psychanalyse prouve l’existence d’une « névrose » chez le patient rétif.
- [Onfray répond à cela :] « Le refus de la pensée magique n’oblige nullement à remettre son destin entre les mains du sorcier. »

Comment toute cette escroquerie n'a-t-elle donc pas davantage éveillé les soupçons des gens cultivés jusqu’ici ? Faut-il que – précisément – nous vivions une époque bien peu philosophique ! Personnellement, m'ayant été donné de vérifier la terrible capacité de nuisance de cette véritable religion de la postmodernité qu'est la psychanalyse (et ses dérivés), je partage un rêve avec Onfray : réintroduire Socrate dans ce jeu pipé, tel un chien dans un jeu de quilles.

22. 11/05/2010 13:18 - Mimiche

MimicheRépondons enfin à cette belle parole (d’)illuminée, rédigée dans le plus pur style évangélique :

« Ensuite [Onfray] rencontrera le Réel (Plus dur sera le choc)
Un jour ou l'autre. »

Eux sont donc dans le « Réel », les clients du bon docteur Freud, ces "petits choses" désormais fragiles comme le verre, ces gâteux avant l'heure, retournés, en quête de la fameuse « Norme » inaccessible, sous la tutelle de leur "maître en normalité", s’enfermer, se recroqueviller dans la vaporeuse moite intimité gastrique de leur (vrais et faux) souvenirs d’enfance? Ils sont donc dans le réels ces pauvres gens ridicules qui ont désappris à commencer une phrase sans dire : « Moi je », et cela toujours en guise d’excuse ?

Savez-vous comment font les pervers manipulateurs pour isoler leurs victimes du reste du monde, et en particulier de ceux qui pourraient leur donner un point de vue extérieur sur la torture mentale à laquelle elles sont sujettes ? Le pervers dit à la victime : « L’expérience que tu vis avec moi, n’en parle à personne, car personne d’autre que toi et moi ne peut la comprendre. Cette expérience est unique, complexe, secrète : tu ne trouveras rien là-dessus qui puisse t’aider à en sortir dans toute la philosophie, ni dans l’histoire naturellement, pour en sortir il te faudra obligatoirement en passer par moi. Tout juste ce que nous vivons pourrait-il être de la littérature – car ce que tu vis actuellement est si subjectif que ce n’est susceptible d’être exprimé que sous la forme fictionnelle : avec des métaphores, des symboles… Avec MES métaphores, MES symboles ! Mais ce livre que tu vis tu ne le liras jamais : seul toi pourrait l’écrire, car il t’appartient ; il n’a donc jamais été écrit avant toi. Nous sommes tous les deux seuls avec notre secret, seuls dans l’histoire, seuls dans le monde. Tu n’as pas d’amis, de famille, qui te comprenne vraiment, qui te comprenne aussi bien que moi. Quand, une fois guéri de ton anormalité, tu retourneras à la société, tu peux compter sur moi pour refermer ton cagibi secret monstrueux et pour en jeter la clef dans les limbes.»

Le pervers, ce n’est donc pas le patient, comme son geôlier voudrait tellement le lui faire croire, mais c’est bel et bien le docteur ! Notre bon docteur Freud !

[Aparté]C’est à cause du bon docteur Freud, en particulier, qu’aujourd’hui plus personne n’aime lire, mais que tout le monde estime absolument nécessaire de raconter sa vie. Et cela est à mon sens son méfait le plus impardonnable. ;)[Aparté]

[...]

23. 11/05/2010 13:19 - Mimiche

MimicheOn me rétorquera : « Comment le malade n’est pas le patient ? Et dans le cas où celui-ci est venu voir un psy justement parce qu’il était malade ? » A cela je répondrait cette dernière citation de Onfray :

« Qui peut être analysé [selon Freud] ? La psychanalyse est déconseillée à un certain nombre de personnes : le personnage confus, le dépressif mélancolique, le caractère mal formé, la constitution dégénérée, le patient dépourvu de sens moral, celui auquel l’intelligence manque, l’individu au-delà de cinquante ans, alors qu’il n’y a pas d’âge minimum, la personne qui n’a pas fait la démarche personnelle d’entamer une analyse et se retrouve sur le divan conduite par un tiers, l’anorexique hystérique. Dans « L’Intérêt que représente la psychanalyse », Freud signale que « dans les formes les plus graves des troubles mentaux proprement dits, la psychanalyse n’arrive à rien sur le plan thérapeutique » (XII. 99) [cela étant, on apprend aussi dans le même livre que le plan thérapeutique n’est pas celui qui intéresse le plus le docteur Freud : « La connaissance théorique est pour chacun de nous incomparablement plus importante que le succès thérapeutique. », dit-il lui-même (Un enfant est battu, Contribution à la connaissance de la genèse des perversions sexuelles, 1919. XV.124), NDLAuteur de ce billet]. Convenons que, prudent, Freud écarte beaucoup de monde, ce qui donnera lieu à cette boutade pas forcément fausse : la psychanalyse ne guérit que les gens bien portants. »

Et cette dernière citation du maître :

« On appelle la cure psychanalytique « un blanchiment de nègre ». Pas tout à fait à tort si nous nous élevons au-dessus du niveau reconnu de la médecine interne. Je me console souvent en me disant que si nous sommes si peu performants ai niveau thérapeutique, nous apprenons au moins pourquoi on ne peut pas l’être davantage. » (Freud, lettre à Binswanger, 28 mai 1911).

24. 11/05/2010 13:40 - Mimiche

Mimiche@ Quick : "nietzche vieillard souffreteux qui souffre des nerfs, bien loin de son oeuvre de Seigneur de la guerre"

Quoi qu'on en dise, Nietzsche (qui n'a pas toujours été un vieillard, et qui, somme toute, si l'on excepte ce fameux horrible portrait aux moustaches hirsutes fait, avec la complicité de sa sœur, sur son lit de mort, était un assez bel homme), tout malade des nerfs qu'il était (Syphilis), fut décrit par ceux qui l'ont côtoyé, non certes comme un surhomme, mais comme un individu affable, d'une gentillesse, d'une sensibilité et d'une délicatesse de mœurs rares - une sorte de Prince Mychkine, en somme, ce qui n'est pas peu.
Freud en revanche était un cynique, un avide, mal intentionné, pervers incestueux manipulateur en quête d'un moyen de satisfaire à l'abri des regards, des quolibets et de la justice, un certain nombre de penchants de nature criminelle, un mauvais médecin, un vrai surréaliste mégalomane, et son dernier souci était de guérir les gens.

25. 11/05/2010 14:01 - Anna

Anna@Madame" mimiche"
Je perçois chez vous une haine bien rance
Vous pourriez être une adepte de la scientologie :votre" argumentaire"ressemble étrangement a celui qu'ils utilisent.
Car finalement si il y a des gens qui ont la capacité de sortir les victimes des griffes des sectes et de la scientologie en particulier, ce sont les psychanalystes.
La scientologie redoute les psychanalyses.
Ils haissent la psychanalyse.
Comme vous chére madame.
Je vous laisse a vos problémes de con c'est a dire a votre hystérie.
Du grec d'abord,hystéricon-d'ou nous viennent "hystérie" et" utérus"(désignant les organes de la gestation féminine)-dont l'usage et l'usure n'ont gardé que le con de la derniére syllabe.

26. 11/05/2010 14:05 - Anna

Anna@Madame" mimiche"
Je perçois chez vous une haine bien rance
Vous pourriez être une adepte de la scientologie :votre" argumentaire"ressemble étrangement a celui qu'ils utilisent.
Car finalement si il y a des gens qui ont la capacité de sortir les victimes des griffes des sectes et de la scientologie en particulier, ce sont les psychanalystes.
La scientologie redoute les psychanalyses.
Ils haissent la psychanalyse.
Comme vous chére madame.
Je vous laisse a vos problémes de con c'est a dire a votre hystérie.
Du grec d'abord,hystéricon-d'ou nous viennent "hystérie" et" utérus"(désignant les organes de la gestation féminine)-dont l'usage et l'usure n'ont gardé que le con de la derniére syllabe.

27. 11/05/2010 14:17 - Mimiche

Mimiche@ Anna
Psychologisation, quand tu nous tiens... Avant Freud, du temps des Lumières par exemple, le psychologisme était considéré comme une bassesse intellectuelle, une façon d'éviter de répondre sur les arguments. Mais, comme je le disais, nous vivons des temps bien peu philosophiques.

"Sous couvert d'émancipation, la psychanalyse a déplacé les interdits constitutifs du psychologisme, cette religion séculaire d'après la religion."
M. Onfray (Le crépuscule d'une idole)

***

Non, évidemment, je ne suis pas scientologue - un tel reproche est honteux, quelle bassesse de votre part! Comment me soupçonner d'appartenir à une secte alors que je viens justement de dénoncer comme équivalent à un crime - et de décrypter - tout ce qui s'apparente à une démarche sectaire dans la psychanalyse?

Il se trouve que j'ai été élevée dans un milieu athée, ce qui explique ma prévenance instinctive à l'égard des dévots de toute sorte, comme le sont par exemple ceux qui idolâtrent Freud au point de ne pouvoir lire ses contradicteurs dans prendre de Benzodiazépine.
- Ceci dit, le fait que j'aie été élevée dans l'athéisme importe peu, au fond, dans le fait que je n'aime pas les idolâtres. Je crois que c'est en tant que chrétienne que j'ai appris à m'en méfier le plus.

28. 11/05/2010 14:34 - Surya

Surya"les arguments d'Onfray ne sont pas ancrés dans la méthodologie psychanalytique - il n'a pas l'expérience de l'analyse"...

...ne signifie pas, bien sûr, que le discours de la psychanalyse puisse être confisqué par les rares personnes ayant l'expérience de la cure. Au contraire, et ce forum de discussion le montre, le besoin de parler de la psychanalyse préoccupe plutôt ceux qui se trouvent en position d'observateurs externes et pour qui les extraits de l'œuvre freudienne, utilisés hors de leur contexte, ne sont rien d'autres que des billes éparses qu'il convient d'éviter pour ne pas rouler au sol, ou, dans le cas contraire, de belles étoiles filantes à observer religieusement, comme une source innocente de plaisir, une libre fantaisie parmi d'autres, un artefacts surréaliste...

La douleur qui se dessine dans quelques-unes de ces interventions interpelle une posture intime devant le savoir. Une posture vide pour le moins car, pour appréhender honnêtement la méthode de Freud, encore faudrait-il regarder du côté de l'expérience. Qu'il s'agisse de Freud, de Binswanger ou de Lacan, mais de Freud le premier dans cette forme d'art, on observe l'emprise du doute, de la mise à l'épreuve et de la correction ou de l'élimination de conclusions antérieures. Néanmoins, la dispute freudienne ne porte pas sur un embrouillamini d'idées préconçues et gratuites, mais elle s'appuie sur des remises en question constantes de la pratique, qui seule confirme ou infirme la rationalité de la méthode (à distinguer parfois de la théorie...). D'où l'importance de la cure : attention, donc, aux jalousies (légitimes) que cet accès au savoir génère.

A propos d'un prétendu "acte de subordination de l'analysant" vis-à-vis de l'analyste, cette très ancienne critique usée jusqu'à la corde, et qui remonte aux débuts de la psychanalyse, ne devrait pas vous affoler : si vous courriez le risque d'entrer en analyse dans cette modalité sceptique, que vous arriverait-il ? Vous seriez le bienvenu, et vous pourriez d'ailleurs constater à quel point vous restez tel que vous êtes, de plus en plus conforme, le cas échéant, à votre style si insubordonné !

Dans tous les cas, il me paraît essentiel d'en revenir au questionnement dans une visée pragmatique : toutes les freudian wars ont été confrontées à trois obstacles. La théorie, qui a toujours subi un feu nourri, pour son plus grand bien (refontes). La pratique : un rempart justement, qui a protégé l'édifice freudien. Et le troisième aspect, imperceptible et pourtant d'une grande importance tactique : le lien entre pratique et théorie.

29. 11/05/2010 15:07 - Bernard B.

Bernard B.Freud a été un génie, un précurseur, il a ouvert des portes pour l'exploration de l'inconscient et a eu des intuitions qui se sont révélées très pertinentes.
Mais sa théorie a vite trouvé ses limites et il a enfermé la psyché humaine dans un cadre beaucoup trop restrictif et matérialiste, ce qu'a réalisé son disciple préféré, Carl Gustav Jung et qui l'a conduit à prendre ses distances avec son maître et à poursuivre sa voie propre, bien plus riche à mon avis.
Le problème n'est pas Freud, mais le freudisme, et cette véritable religion qu'en ont fait ses suiveurs, et les cris d'orfraie qu'on peut entendre ces jours-ci de la part de ses sectateurs, Mme Roudinesco en tête, ne font que l'illustrer davantage s'il en était encore besoin.

30. 11/05/2010 16:21 - Mimiche

Mimiche"La douleur qui se dessine dans quelques-unes de ces interventions interpelle une posture intime devant le savoir."(Surya)

Psychologisation quand tu nous tiens! (Bis repetita : cf plus haut)

"Une posture vide pour le moins car, pour appréhender honnêtement la méthode de Freud, encore faudrait-il regarder du côté de l'expérience."(Surya)

Mais cela non plus "...ne signifie pas, bien sûr, que le discours de la psychanalyse puisse être confisqué par les rares personnes ayant l'expérience de la cure."(Surya)

Non, bien sûr!

Si c'est de l'expérience de Freud dont vous dites qu'il faut se soucier pour le comprendre, c'est justement, je crois, ce dont parle le livre de M. Onfray. Lisez-le et on en reparle! :)

"A propos d'un prétendu "acte de subordination de l'analysant" vis-à-vis de l'analyste, cette très ancienne critique usée jusqu'à la corde, et qui remonte aux débuts de la psychanalyse, ne devrait pas vous affoler : si vous courriez le risque d'entrer en analyse dans cette modalité sceptique, que vous arriverait-il ?"

Ca je le sais mieux que vous.

"Vous seriez le bienvenu"

Ca oui, tout le monde est bienvenu... Tant qu'on paie. :)

"vous pourriez d'ailleurs constater à quel point vous restez tel que vous êtes, de plus en plus conforme, le cas échéant, à votre style si insubordonné !"

Ca c'est bien vrai! Je suis encore plus fidèle à moi-même et insubordonnée à la psychanalyse depuis! Comment l'avez-vous deviné? Lol!

Ah! Mais suis-je bête! Quelle bourde! A présent que j'ai révélé avoir déjà fait une psychanalyse on va me dire : "Eurêka! Voilà d'où vient votre haine!" - "Haine", le mot est pratique, n'est-ce pas? il salit automatiquement toute colère légitime - Quoi? De la colère légitime? Voyons c'est impossible, prenez un Trangsène immédiatement! - "Voilà donc d'où vient votre haine : le docteur a découvert chez vous une grave névrose, et vous êtes pleine de refoulement et de rancoeur!" - Ironique, non?

Récapitulons :

1) Celui qui n'a pas fait de psychanalyse ne peut pas en parler (du moins de façon aussi exhaustive et judicieuse de Surya).
2) Mais celui qui en a fait une et qui n'en est pas content est une sorte de psychopathe : il nourrit contre son praticien et sa pratique une rancœur sans borne qu'il ferait mieux de soigner.
3) Quelle alternative me reste-t-il donc si je veux "honnêtement appréhender la démarche de Freud"? Il ne me reste que a) Avoir fait une psychanalyse b) Avoir trouvé cela fructueux et fantastique.

31. 15/05/2010 14:24 - François-R. Dupond Muzart | frdm

François-R. Dupond Muzart | frdmÀ propos de l’affaire Onfreud
http://www.facebook.com/notes/psychanalogie/en-realite-michel-onfray-veut-sauver-la-psychanalyse-contre-freud-et-les-psychan/391038327884
= http://goo.gl/srst
Où l’on découvre dans les propos de M. Onfray dans la presse et à la télévision qu’il cherche à substituer à la psychanalyse dite « freudienne » une « psychothérapie pour aujourd’hui », « psychanalyse post-freudienne », consistant en… la « méditation philosophique », substituée par supersessionisme. Et que pour cela, il cherche à ridiculiser la règle fondamentale, la « loi » de la psychanalyse, qui consiste du côté du patient à dire tout ce qui vient à l’esprit (« association libre »). Et que dans ces conditions, le livre de M. Onfray cherchant à ridiculiser Freud n’est qu’un moyen de parvenir à ses fins qu’il révèle par ailleurs : « je souhaite dire que j’aimerais que ce livre soit aussi et surtout l’occasion de penser une psychothérapie pour aujourd’hui », in article de M. Onfray publié sur le site du Monde le 7 mai 2010. Où l’on découvre que tout ceci est motivé par la phobie de la notion “freudienne” selon laquelle la « normalité » n’existe pas, et qu’il n’y a qu’une différence de degré, et non de nature, entre les « normaux » et « ceux qui ne le sont pas », et que M. Onfray estime cela scandaleux et tient à une frontière nette entre les deux, afin de pouvoir se placer… devinez dans quelle catégorie : voilà toute l’affaire. Voilà ce qu’y trouvent ceux qui soutiennent M. Onfray dans son ambition.
Sommaire
— des extraits de l’article de M. Onfray paru sur le site du Monde le 7 mai 2010 (mais non paru dans l’édition papier)
— un premier commentaire de l’article de M. Onfray paru sur le site du Monde le 7 mai 2010
— des extraits du Dossier publié par Le Monde, sur site le 7 mai 2010 et dans l’édition papier le 8 mai 2010 : deux articles parmi ceux du dossier
— les liens vers les enregistrements vidéo de la prestation de M. Onfray lors de l’émission télévisée de Laurent Ruquier le samedi 8 mai 2010
— la transcription et le bref commentaire des passages estimés essentiels de la prestation télévisée précitée de M. Onfray le 8 mai 2010
— le lien vers le blog de M. Onfray qu’il consacre à son livre et les suites de celui-ci notamment dans les médias : essentiel pour mieux apprécier la “mentalité” de M. Onfray
— addition sur la notion de science et si la psychanalyse est une science
— le lien vers le blog d’Emmanuel Fleury qu’il consacre à l’affaire Onfray et notamment liste la plus complète des liens vers les articles relatifs à cette affaire.
Voir http://www.facebook.com/notes/psychanalogie/en-realite-michel-onfray-veut-sauver-la-psychanalyse-contre-freud-et-les-psychan/391038327884
= http://goo.gl/srst
---
http://psychanalogie.fr
(raccourci vers Page Facebook thématique)

32. 15/05/2010 16:26 - Mimiche

MimicheHa ha ha... Ils sont comme le Paic Citron, ces freudiens, quant'yen a pu y'en a encore. :D
Voici à présent la théorie de la "supersession", qui en vaut bien une autre - mais qui, au moins, celle-là, a le mérite d'être drôle - Nietzsche n'a-t-il pas dit : "Que toute vérité qui ne vous a pas fait rire au moins une fois soit tenue par vous comme fausse !" ?

Petit rappel Wikipedia : "La théologie de la substitution, ou théorie de la substitution, ou supersessionisme est une doctrine selon laquelle le christianisme aurait été substitué au judaïsme dans le dessein de Dieu."

CQFD

33. 15/05/2010 19:31 - Clark Gabeul

Clark GabeulOui, attaquer la psychanalyse sur sa scientificite est completement legitime, car cela previent de tomber dans l'analyse des resultats par le biais de la coincidence et du hasard statistique

Parfaitement. Certainement pas pour les raisons accolées. La pensée associative n’a que faire du hasard, parce que « ça » coïncide, précisément. La psychanalyse au même titre que la philosophie n’est pas une science dite exacte, c’est bien plus. Ce n’est pas tant une religion comme le dit Onfray qui confond texte fondateur et clergé, œuvre et auteur, mais il est certain que la notion de foi n’y est pas étrangère. C’est sans doute ce qui dérange le matérialiste.

On a donc bien compris ; de Sophocle a Freud, bref du passé, de l’Histoire, il faut faire table rase. Tous sont des imbéciles sauf Saint Onfray, le pieux païen. C’est comique.

L’esprit bondissant de Nietzsche n’a rien a voir avec la critique d’Onfray, qui criminalisant un auteur ne dit rien de la pensée ou la détourne comme la sœur de Nietzsche fit de celle de son propre frère, et cède au désir pénaliste qui sied à n’importe quel festif certes plus austère qu’à roulette. Les jubilations du philosophe en plateau sur le zizi le montre tout aussi infantile.

34. 15/05/2010 19:31 - Clark Gabeul

Clark GabeulAu wikipédiatre : Extrait du livre de Pierre Perret :
- Freud [ou votre praticien – NDLAuteur de ce billet] passe pour incarner la permanence de la rationalité critique emblématique de la philosophie des lumières.
- [En vérité], Freud incarne ce qui, à l’époque des Lumières historiques, se nommait l’antiphilosophie – une formule philosophique de la négation de la philosophie rationaliste.

La permanence de la rationalité critique ? Avec l’inconscient ? Nul ! Il a pas free il n’a rien compris.
Freud est un dépassement de Descartes ? Nan ?! Sans blague ? Whaou, mais comment qu’on y avait pas pensé ! Merci saint Michel des vos pansées… plus que de vos provinciales.

Mais qui a donc suscité cette polémique, si ce n'est les Roudinesco & Co, c'est-à-dire ceux qui ont des intérêts dans le business mis à mal par Onfray?

Mais non, qui a écrit le livre polémique ? Et le business du médiatique Onfray dont les ventes caracolent comme il dit ? Inversion des rôles. Et ça parle de manipulation perverse ! Il voudrait pas qu’on lui réponde ? Voudrait la place d’un Freud. Pas de bol. Prise par Muray.

Non, cela ne "reste pas à savoir", cela se sait, et se peut vérifier. Onfray le dit lui-même : il n'est pas contre la psychanalyse, il voudrait au contraire que le débat suscité par son livre [devienne l’occasion, en France, de réfléchir à l’édification d’une néo-psychanalyse : une psychanalyse post-Freudienne

Ce qui est vérifiable c’est comment Dolto par exemple a sorti, par la parole, des autistes de leur mutisme pathologique.
Onfray déclare ! Mais le débat a déjà eu lieu. Et Freud n’est pas l’unique école de la psychanalyse. Et la psychanalyse n’est pas un dogme, bien qu’elle propose des modèles comme chaque science humaine descriptive et effectivement pas comme une science dite exacte ou dure (qualificatif mensonger qui se démonte, cela se sait et se peut vérifier aussi, voir Einstein… d’ailleurs remarquons que tous, puisqu’on le disait autiste aussi, celui-ci, n’ont pas nécessairement besoin de la psychanalyse.), la psychanalyse est évolutive et adaptative. Elle est depuis longtemps post post Freudienne, post Lacanienne, les adeptes de Young et autres, aussi, pour preuve.

35. 15/05/2010 20:28 - Paul Brown

Paul Brown@Clark : good shot, man.

36. 16/05/2010 14:34 - Bacchos

Bacchoshttp://www.oedipe.org/fr/actualites/onfray/accueil

37. 16/05/2010 17:08 - Amaury Watremez

Amaury WatremezJe ne suis pas freudien, je ne suis même pas athée militant comme Onfray mais là il faut reconnaître qu'il a touché juste, en touchant au portefeuille. Il y a des business qui sont chasse gardée. Et des grands naïfs pour défendre ce qu'il croit être une grande cause et de bonnes personnes.
Quant aux lieux communs sur la psychanalyse et la psychologie, boffff...
Une remarque simplement là-dessus, Freud a fait avancer la psychologie, qui est encore largement balbutiante en 2010 (il faut voir l'état des HP, ou celui des malades psys que l'on colle en prison pour complaire au bon peuple), et comme tout théoricien moderne il a cru en tirer une idéologie globalisante.

38. 16/05/2010 18:57 - Mimiche

Mimiche"Sérieusement, QUI peut prendre ça au sérieux? QUI prends la psychanalyse pour une science?"

Malheureusement beaucoup de monde. Un médecin généraliste me l'avait proposé à une époque ou j'avais bobo à l'âme, alors que mon mal était de l'ordre de mes échecs personnels récurrents, dus à une certaine socioculture (décalage réalité/idéalisme), dont vous vous doutez bien du courant idéologique.
La psychanalyse « tente » de limiter les dégâts psychiques sur les individus du même système idéologique qui porte aux nues cette pseudoscience. C’est un peu comme une bande de deux abrutis, un grand et gras gaillard et un petit maigrichon à lunette double-foyer, qui se pointe vers toi. Le grand et gras mastard te tartine le carafon de marrons chauds, ensuite le maigrichon te panse avec du mercurochrome, puis te dit : « Retourne voir mon pote ».

Signé Paracelse (du CulturalGangBang), ici :

http://www.culturalgangbang.com/2010/05/onfray-tort-la-preuve.html

39. 16/05/2010 19:11 - Anna

AnnaA propos de la création.
"C'est une constante de la vie psychique que nul ne tient à se priver de sa névrose.Elle apporte trop d'avantages secondaires pour être bradée au contact du premier analyste venu.Malgré le désir qu'elles sous-tend toutes les ruses seront bonnes pour y échapper."J'avais averti,avait dit Lacan,que la pychanalyse est un reméde contre l'ignorance;elle est sans effet sur la connerie."
Par définition ,la connerie ne crée rien sinon de la connerie.Par conséquent,soit le supposé créateur,avec ou sans analyse,continuera à créer ou non ses conneries habituelles -ce qui laissera chacun indifférent -soit ,étant réellement créateur ,il créera toujours,mais autre chose,plus loin,dans un autre champ qu'aura défriché la trouée du langage en ce qu'elle se féconde du "délire"-le mot vient d'une métaphore de laboureur de la Rome antique.
Lira,le sillon.Quand un paysan,rêvant derrière sa charrue,sortait par inadvertance du sillon,les autres,pour le prévenir,lui criaient:De lira!-tu sors du sillon.
Lorsqu'elle irradie sa propre énergie,toute création se situe nécessairement hors du sillon,car la création ne peut procéder que du dé-lire.En quoi, par ce biais qui raméne infatigablement sur le versant du logos,l'analyse,au lieu de le chatrer,ouvre au contraire l'imaginaire à de nouveaux registres inimaginables ou la création prendra place.
"Une saison chez Lacan"Pierre Rey.
Un livre rare.

40. 16/05/2010 19:43 - Clark Gabeul

Clark GabeulEt qui prend les scientifiques au sérieux ? Qui ne prend le business du GIEC au sérieux ? Qui prétend que l'homme n'est qu'une machine biochimique ?
Malheureusement beaucoup de monde. Effectivement.
On se demande dès lors pourquoi l'on tiendrait les travaux de ravalement du philosophe au sérieux. Une science la philosophie?

41. 16/05/2010 21:36 - Mimiche

Mimiche"Une science la philosophie?"

Non, mais la philosophie (et en particulier sa branche nommé "épistémologie") a vocation a départager ce qui est science et ce qui ne l'est pas, et ainsi à demander à ce qu'on rende au vrai médecin le respect qu'on lui doit pour la guérison qu'il nous doit, et à refuser celui-ci au grand chamane du monde moderne, j'ai nommé Freud, qui non seulement ne guérit personne, mais ne nous doit même pas la guérison.

42. 17/05/2010 00:12 - Bacchos

BacchosLa psychanalyse n'est ni une idéologie, ni un chamanisme, ni une philosophie, ni une science, à moins de revisiter ces notions. Mais soutenir que la cause d'un trouble vient du corps, des gènes, de la biochimie, permet de remettre à plus tard le questionnement sur une cause qui serait liée à la responsabilité ou à l'oubli du locuteur. Cette croyance simpliste au corps a un nom : la superstition somatique (École de Francfort). Beaucoup de médecins en sont les premières victimes. La médecine et la psychanalyse peuvent être mises en rapport, mais elles sont externes l'une à l'autre, de même que la musique est externe à la médecine.

Qu'est-ce que l'opposition ? C'est ce qui nous permet d'observer l'existence d'un phénomène.

Le monde moderne a l'air tellement désespéré... de ne pas se suffire à lui-même. Pire : il doute de sa capacité à faire de tous des robots et hurle en vain contre les penseurs des époques précédentes, plus grands que lui.

PAUVRE OCCIDENT TOUT PETIT DEVANT SON HISTOIRE ET SA PROPRE PENSÉE.

43. 17/05/2010 00:53 - Clark Gabeul

Clark GabeulAh voilà, l'epistémo! Donc vous trouvez légitime que la philo qui ne serait pas une science propose un outil pour construire une théorie de la connaissance des dites sciences naturelles ou sociales mais pas que la psychanalyse propose un modèle pour construire une théorie de la psyché.
Y'a le bon médecin et le mauvais médecin quoi ! Celui qui drogue et l'autre qui ne vous guérit pas. C'est très savant. Trop sans doute. Qui évoquait Molière?
Le médecin doit la guérison? D'autres pensent qu'il devrait vous empêcher de tomber malade. Qu'importe. Le respect qu'on lui doit pour ce qu'elle nous doit, la médecine?! Ou pour le résultat qui serait, est parfois, la guérison? Quand elle réussit à atteindre ce but. En attendant le vaccin contre l'arrogance ou contre la dépression du neurologue qui peine sur ses connections synaptiques, une bonne vieille lobotomie s'impose pour le psychotique et le schizophrène... ou alors une bonne décharge après une piquouse de cyanure, ou encore une camisole chimique, les entraves invisibles c'est tellement moderne, précisément. Et puis un petit lexomil pour tous les névrosés que nous ne sommes donc pas. Que voulez-vous, un homme non averti n'en vaut qu'un demi.
D'autre chamanes en leur temps refusés: Galilée, Copernic.

44. 17/05/2010 01:05 - Clark Gabeul

Clark GabeulPas devant son histoire ou sa propre pensée, Bacchos, mais au fond du charnier, toujours. Le JT de la 3 il y a juste deux ans évoquait de la recherche, celle d'un gène homo... un exemple parmi d'autres.
(merci pour le lien de la rue Mizon, et les articles attachés)

45. 17/05/2010 09:18 - Amaury Watremez

Amaury WatremezJ'aime bien la note 43 de Clark, le médecin doit avoir de nos jours l'obligation de guérison, c'est totalement dans l'esprit actuel de machinisation des corps. Or, parfois la maladie est trop forte.
On dit beaucoup de conneries sur la psychanalyse et la psychologie car tout le monde se croit psychologue finalement, c'est un peu comme la littérature, tout le monde croit que coucher trois mots sur papier ça suffit.
http://mesterressaintes.hautetfort.com/

46. 17/05/2010 22:48 - Clark Gabeul

Clark Gabeul@45 votre "j'aime bien" antiphrase ou sympathie? L'obligation de résultat? Amaury, c'est Mimiche qui dit ça en post 41. Pour ma part je n'y crois pas et lui réponds. Quant à la psy je suis, sans en être, pas mal renseigné comme pour la littérature, croyez le ou pas.
"La maladie est trop forte"? c'est ce que je dis. Et j'interroge sur le résultat, pose le principe chinois de prévention de la maladie plutôt que l'échec occidental de traitement.

Y'en a aussi qui se prétendent lecteurs mais qui ont bien du mal, semble-t-il à savoir qui dit quoi!
Sur le machinique, je ne vous ai pas attendu, je suis bien entendu d'accord sur ce point évoqué.
A mauvais entendeur, salut.

47. 17/05/2010 22:50 - Clark Gabeul

Clark Gabeuldonc mis à part mon 44 qui s'adresse à Bacchos, mes posts sur ce fil répondent à Mimiche.
Merci.

48. 18/05/2010 13:22 - Bacchos

Bacchos@ Clark Gabeul : J'avais pensé à quelque chose de l'ordre du charnier en écrivant le mot "histoire", mais pas en écrivant le mot "pensée" : je vous suis reconnaissant d'avoir indiqué, à votre manière, que la pensée aussi est parfois mortifère, ce que nous éludons si facilement.

Un flot continu d'absurdités sur les posts : affirmer que Freud ne guérit pas est idiot, car il guérit parfois. Il est aisé d'affirmer de façon tout aussi péremptoire que la médecine ne guérit pas, que les T.C.C. ne guérissent pas, ni la psychiatrie, etc. Il est aisé d'affirmer qu'une chose est fausse ou in-efficiente. Mais pour le prouver, encore faudrait-il maîtriser la morphologie critiquée...

Rions un instant de bon cœur !

Le discours le plus convaincant dans les lignes qui précèdent est celui d'Anthony Ballenato, et de loin. Mais il semble comme oublié...

49. 19/05/2010 18:07 - Clark Gabeul

Clark Gabeul@48
d'abord morbide, de facto mortifère, la pensée contemporaine, sous l'emprise de la pulsion de mort si vous préférez mais ça ne dit rien d'autre que ce que l'Illustre a déjà dit.
La guérison? Revisiter la notion aussi. La psychiatrie? Là encore faut voir, visiter, revisiter.
La science? Rien d'aisé à affirmer qu'elle puisse ne pas être comme l'on dit exacte.
Pas trop le temps, désolé. Vous êtes de la rue Mizon ou déposiez-vous un lien? (curiosité)

50. 19/05/2010 21:48 - Bacchos

Bacchos@ un lien !

51. 04/06/2010 11:32 - thierry bruno

thierry bruno"fast-food à penser", tout est dit. Onfray, c'est le McDO, la pâté "ron-ron", le "premier prix" du rayon surgelé des supermarchés Discount de la "philosophie". Si on est optimiste, on peut espérer qu'après avoir lu ce livre, de nombreux lecteurs iront se documenter sur le sujet à de multiples pour se faire une opinion argumentée; si on est pessimiste, on désespère de l'humanité et on rêve de botter les fesses à cet imposteur et à son éditeur. Car le problème n'est pas d'avoir dette opinion sur Freund mais de la prétendre comme la vérité historique, d'où l'imposture.

52. 01/07/2010 00:08 - Judex

JudexThierry tu sembles connaître la "vérité historique" de Freud mieux qu'Onfray la meilleure façon de lui botter le cul serait donc de lui balancer ta "vérité historique" puisée dans la "vérité historique" des biographes et témoins contemporains de Freud. Quand à Grasset, il ne peut que se féliciter des polémiques suscitées par son auteur et se fout royalement de tes coups de pied au cul virtuels. Onfray n'est pas le premier à dégommer le Freudisme en France mais c'est le premier qui à su déclencher un débat d'une telle ampleur, preuve qu'il à su frapper haut et fort avec un langage direct et concis. Ce n'est pas la confidentialité d'un ouvrage qui lui confère une valeur. Qui connaît Jacques Bénesteau: "Mensonges Freudiens" ? ouvrage remarquable et aussi richement documenté que le bouquin d'Onfray mais pourtant passé sous silence dans la presse francophone il y'a de cela quelques années. Probablement que Bénesteau n'avait pas d'agent littéraire pour le traîner chez Ruquier... entre un interview de Lady Gaga et la confession d'un ancien footballer converti au boudhisme. Soit dit en passant je félicite tout le monde pour l'excellente niveau de ces débats, je viens de découvrir RING.

53. 01/07/2010 00:53 - Judex

JudexJ'ajoute que Bénesteau à été traîné en justice en 2004 par E. Roudinesco flanquée de l'incontournable Me Kiejman. La chienne de garde du freudisme accusait évidemment l'historien d'antisémitisme (il avait le mauvais goût d'appartenir au club de l'horloge) " « Je n'attaque pas personnellement Jacques Bénesteau, insiste-t-elle, je critique son discours qui part du postulat que Freud et tous ses héritiers sont des escrocs. Selon moi, cela sort de la simple histoire - même critique - du freudisme. » « cette démarche scientiste à la pire rhétorique d'inspiration antisémite et négationniste » Bénesteau à heureusement été relaxé et on peut se féliciter que la justice ait débouté ces attaques dignes des pires procés de l'inquisition contre les chercheurs. Quand on veut noyer son chien on dit qu'il est antisémite. Vieille histoire.

54. 01/07/2010 18:38 - Bacchos

BacchosVous désignez les faiblesses, toujours attristantes, d’une frange de l’intelligentsia. Faiblesses qui font fi, comme l’illustra Balzac dans les Illusions perdues, de l’honnêteté intellectuelle. Il y a peu disparaissait, au fond discrètement, Claude Lévi-Strauss dont l’œuvre majeure pour notre temps aborda avec subtilité certaines insuffisances et, tout aussi bien, quelques qualités, des découvertes freudiennes. La recherche des nuances parcourt la réflexion psychanalytique depuis le début. La nuance n’est cependant guère de mise dans les freudian wars. La haine s’y mêle à l’amour, l’admiration à la jalousie, pour longtemps encore – il suffit de considérer un instant la voix de celle, ou de celui, qui se tourne vers une pensée qui le tenaille.

55. 22/08/2010 10:11 - Pierre

PierreIl suffit de lire Freud pour comprendre que le livre d'Onfrey ne tient pas la route. Le jugement moraliste bon teint contre le mode de vie de Freud est étrange. Si l'oeuvre est bien sur liée à l'auteur, il n'en reste pas moins que l'oeuvre reste et l'humain disparait. Condamné Freud parce qu'il prenait de la coke est risible. Freud a ouvert des voies, il ne se pose pas comme science infuse et définitive. Son travail a, qu'on le veuille ou non, bouleversé les rapports humains. Certains ont visiblement peur d'eux même et crache sur Freud. Libre à eux. Freud est bien loin de son crépuscule.

56. 16/11/2010 14:54 - valentini

valentiniLes casse-couilles en briseurs d'idoles

Toute activité intellectuelle, suivie, qui, par son existence même, menace, non pas, selon le cliché habituel, « tous les conformismes », mais le conformisme autrement pesant des classes dirigeantes de la société française, plus spécifiquement défendues par certaines couches qui font assaut d'idéologie, sous des dehors réalistes, mâtinés de cynisme, s'offrant ainsi le luxe d'une mèche rebelle, toute activité intellectuelle donc qui ne se cantonne pas à n'être que symbolique, s'attire immanquablement les foudres de l'idiot médiatique qui a pour elle la passion que le four crématoire a pour les corps: tout doit disparaître! La politique de la boutique ouverte au sphinx financier. En voici un exemple qui combine Freud et Marx. La pertinence de cette association pourrait entrer dans la galerie du surréalisme, quelque peu trafiquant d'art et expert en analogie, si l'idiot en question avait au moins la fantaisie d'imaginer la chose comme amour de sirène à l'égard du vélocipède. Mais l'idiot médiatique, embarqué à bord du rouleau-compresseur du prosaïsme, rabote tout ce qui est bosse. Sa passion anthropologique dernière est: ni homme ni femme, actionnaire!
 
Et fatalement, lorsqu'il fait des découvertes, quelque part, soufflées, sur une terre rendue aussi plate qu'un portefeuille d'actions, soit ça tombe pile poil, à plat, soit ça fait une énorme bulle, destinée à éclater entre les mains du dictateur du jour. Et justement, en voilà un qui a découvert l'esprit prophétique, propre aux juifs dé-judaïsés. On admirera au passage cette dé-judaïsation des esprits qui sans doute attend minuit pour fleurir plus commodément. Sa nudité, étant in vitro, elle craint les lumières naturelles. Freud et Marx donc, abstraction faite des hommes réels que ces noms désignent, quelle importance, c'est pas le moment de « tortiller du cul » tout de même, avaient en commun cette illusion: être des savants! Là, l'idiot étend son domaine propre et se fait peuple pour noyer dans la masse une pensée d'un bon mètre et moulée fraîche. L'emploi du mot savant à une époque fière d'arborer une volonté millénariste libérale de sortie définitive de l'archaïsme politique ne manque pas de saveur! On sent comme un pétillement annonciateur de lancer de bouchon, agrémenté d'un petit discours sulfureux, du genre: autruches! Relevez la tête! Ôtez vos verres idéologiques! Et buvez et mangez, l'heure est venue de la communion.
 
Cette messe est évidement donnée en mémoire des pauvres diables aspirés par une forme ou une autre de messianisme. Désincarnés, il ne sont plus qu'ombres errantes, acharnées à se survivre, en vain. Pas de foi tranquille, sans cliché qui torche! La scène ici est à la manière de la nuit du chasseur. A main droite, l'esprit scientifique, à main gauche, l'esprit prophétique. Du catch attrape-coeur! Cette opposition qui fleure bon le synthétique repose sur un postulat implicite, laissé dans l'ombre: l'idiot qui parle, étant en mesure de déterminer ce qui est scientifique et ce qui ne l'est pas, est, par cette définition même, un scientifique. Freud et Marx sont ainsi ramenés à l'état de bruit et de fureur, objets d'une contemplation réservée aux seuls esprits dotés d'un calme olympien. Sans ça, les pires conséquences ne peuvent qu'advenir! Le corollaire d'une telle antinomie, soluble à l'origine, avant d'être tirée du pot cassé de la philosophie, par quelque membre viril de la confrérie médiatique, est que, et là, prolétaires, entrons dans la danse, réjouissons-nous, c'est son dieu que l'idiot assassine, le noyau de toute religion est proprement irrationnelle, because le prophétisme! Autrement dit la forme première de tout individualisme.
 
D'un buisson ardent dont on ne sait aujourd'hui, s'il figure l'en-deçà brûlant ou l'au-delà palpitant de la vérité qui sépare le haut et le bas, comme ceinture de pantalon, se dégage, après refroidissement, le bouclier des religions naturelles. Si l'on mollit sur l'impôt du culte, la volonté de confiscation reste intacte. Marx et Freud sont donc au même titre que Moïse, des allumés! Et donc des pyromanes. Mais les deux premiers le sont de manière totalement anachronique, en tant que grands irrationnalistes européens, autrement dit suppôts du totalitarisme. Voilà une leçon de vie aussi renversante qu'avertissante de brutale détermination. Ce qui nous ramène ipso facto à l'idiot médiatique dont la figure logique ressortit au deux-en-un du fameux paquet Bonux. Car la question en l'air, lestée d'un certain sérieux, c'est-à-dire pasteurisé préalablement à sa mise sur le marché, revient inévitablement, du moins si l'on a un certain esprit de suite, à l'envoyeur. Quelle chose cachée, cette enveloppe rationnelle médiatique abrite-t-elle, à son corps défendant?

Eh bien déjà, le même matériel que feux-Marx et Freud! Qui englobe ensuite, il va de soi, le monde, l'homme et la société. Ce bel ensemble naturellement affecte aussi, et comment non, notre briseur médiatique d'idoles. Mais s'il semble, chez lui, plus présent et massif, jusqu'à crever l'écran et inonder kiosques et librairies, il n'en est pas moins éteint au vu des productions respectives. C'est que le cerveau éruptif-intrusif de l'idiot médiatique, en tant que matière futuriste, ne tolère pas les choses mortes . Il est d'un autre siècle et d'une autre nature, plus ruminante, qui, un jour, un jour, peut-être, se révèlera comme nature d'un bloc, tiré de l'abîme, mastoc: ça pousse, ça gronde, ça explose vite, mais au final, rien! Disons trois fois rien, car, n'en doutons pas, en tant qu'être rationnel, ce bébé-krakatoa est né pour se renier. C'est même sa seule réalité.

 

57. 26/12/2010 10:22 - dubitatif

dubitatifLisez donc Wittgenstein : infiniment plus dévasteur pour le freudisme. L'inculture générale contemporaine fait bien souvent paraître « nouveau » ce qui ne l'est guère. Voir de Jacques Bouveresse « Philosophie, mythologie et pseudo-science - Witgenstein lecteur de Freud » : passionnant.

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Superbe article : vive la jeunesse ! Vous n’imaginez à quel point ce vrai débat a eu lieu déjà aux USA : l’invention des rumeurs.

Elisabeth Roudinesco10/05/2010 08:20 Elisabeth Roudinesco
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