Faces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rockSURLERING.COM - SOUNDTRACKS - par Gaël Giovannelli - le 28/02/2011 - 23 réactions -
Foi profonde, révélation, référence culturelle inévitable, sujet de plaisanterie, de provocation, démarche commerciale, la figure, ou plutôt Les figures du Christ sont une source d’inspiration sans fin chez les musiciens. Que ce soit l’image du crucifié ou la lecture des Saintes Ecritures, Jésus-Christ et le Rock’n’roll, c’est une histoire vieille comme Hérode. Malgré eux ou en conscience, les groupes de rock et les auteurs singuliers se sont faits les porteurs de la parole du Christ. Que celui qui a des oreilles entende.Me And The Devil. Bien longtemps le Blues, puis le rock’n’roll ont été dénoncés par les Pharisiens et les puritains comme la musique du Diable. Robert Johnson se vantait, ce qui alimenta la légende, d’avoir contracté un pacte avec Satan. Tom Allen décrit le rock comme étant un mouvement secret du Diable. Des Stones et Led Zeppelin au metal et au hardcore, nombre d’artistes se sont engouffrés dans la faille sulfureuse des fréquentations faustiennes entre rock et forces maléfiques, lectures de Crowley et magie noire. Simple démarche commerciale visant à choquer sans risque ou réelle sujétion aux forces du Malin, quoi qu’il en soit, Satan fait recette. Or, la bataille pour le Royaume des Cieux est engagée, même dans le Rock’n’roll, depuis le début. Si le Diable se cache dans le détail, Dieu lui, est partout. Nous verrons par la suite à quel point l’image de Jésus-Christ a été, et reste omniprésente dans la création et l’inspiration de nombres d’artistes de musique populaire. Oui, c’est l’évidence même me direz-vous. Qu’au pays du Rock’n’roll, du dollar et des télévangélistes, tout cela se mélange, s’entrechoque pour ne former qu’un cirque risible. Sauf que…non. Avec 95% d’Américains croyants, que les artistes échappent à la parole du Christ et à la lecture de la Bible, c’est presque impossible. La culture biblique fait réellement, intégralement partie de la culture américaine, au même titre que le Rock’n’roll. Sans compter les chansons traditionnelles du folklore des pionniers, les standards de blues et du gospel et les groupes de rock chrétien, nous avons relevé pas loin de 900 morceaux de rock, pop et folk avec le nom de Jésus dans le seul titre, 300 avec Christ. On ne compte que 59 « Jesus-Christ ». Impossible en revanche de donner le nombre de références au Christ dans les textes, et ce sous ses divers noms : Le Chemin, Le Berger, L’Agneau, la Lumière, le Messie, Le Juste, La Vérité, Le Fils, Le Rocher (Rock en anglais !), Le Sauveur, Le Seigneur (Lord, qu’il s’agisse de Dieu ou du Christ)…Un tel épluchage est un voyage sans fin dans les racines profondes du Rock et l’influence de la religion chrétienne sur l’acte créateur. Le mot « Jesus » est extrêmement utilisé voire banalisé. Jésus n’est qu’un homme, l’aspect terrestre de Christ. Démystifié, il peut être traité à égal avec soi-même, avec les autres. Un reflet de soi, métaphore idéale de la souffrance. Il peut tout autant être considéré comme le Messie qu’il est dans les Ecritures : Jesus Gonna Be Here (Tom Waits), Jesus Died For Me (Hank Williams), Jesus Was Right (Franck Black&…The Catholics), Sweet Jesus (Jackson Brown), Jesus Walking On The Water (Violent Femmes)…que comme un escroc : Jesus Wrote A Blank Check (Cake), Jesus Christ Pose (Soundgarden), le sujet d’une plaisanterie : Jesus Thinks You’re A Jerk (Frank Zappa), Plastic Jesus (Billy Idol), un type peu recommandable : Jesus Of Suburbia (Green Day), Jesus Built My Hotrod (Ministry), Jesus Shootin’ Heroïn (Flaming Lips), Jesus Was A terrorist (Dead Kennedys). Jésus, et ce qu’il englobe comme signifiant, c’est-à-dire autant le dogme religieux que la culture occidentale contemporaine d’héritage judéo-chrétien et son corolaire politico-économique-le capitalisme, le libéralisme- sert d’exutoire et de repoussoir à toute la cohorte des métalos-métalleux, rebelles en mal d’ados et vice-versa. Du cirque cabaret-trash de Marilyn Manson (Antichrist Superstar, Inauguration Of The Mechanical Christ) au metal ouvertement antichristique, et même sataniste (Deicide, Atheist, Shutter Messiah, God Deathroned, Lord Belial, Impaled Nazarene, Christ Agony), Jésus reste le Bouc émissaire. Les titres des morceaux ne laissent aucun doute quant au sort qui lui est destiné : : The Christhunt, Anti-god Anti-christ, Australian And Anti-Christ, Antichrist Phenomenon, et le meilleur, Rape Of The Bastard Nazarene ! I’m Not Jesus Si les Rolling Stones ont de la Sympathie pour le Diable, on ne peut enlever à Jagger le talent lors d’une chanson de se glisser dans la peau du Malin et de conter se méfaits. En premier lieu d’avoir été la dernière tentation du Christ : « I was around when Jesus Christ/Had his moment of doubt and pain /Made damn sure that Pilate/Washed his hands and sealed his fate ». Sur Exile on main Street, quatre ans plus tard, il enregistre ce gospel hallucinatoire et poisseux aux textes aussi simples que cela : « I don’t wanna talk about Jesus/I just want to see his face ». Iggy Pop lui s’adresse directement au Christ sur Turn Blue. Récit post-mortem d’un suicidé, qui, entre angoisse, rejet et prière, le supplie aux derniers instants : «I know there’s nothing to you/And I don’t know why I treat you so kind/Oh accept me, don’t reject me, don’t forget me ». Au seuil de la mort, Il est le dernier. Recherche de la présence réelle du Christ, par défi ou par peur de la mort, c’est le besoin d’une preuve matérielle qui prime sur le spirituel, la nécessité de voir pour croire. Hommes de peu de foi…Les actes et les miracles de Jésus, les imitations du Christ, les stigmates sont aussi sujets de morceaux pop : Jesus walking on the water (Violent Femmes), Bleeding hands of Jesus (Tiger lillies), Dishes (Pulp : « I’d like to make this water wine »), Imitation of Christ (Psychedelic Furs). Ces exemples illustrent surtout l’approche toute post-chrétienne et postmoderne que l’on se fait de la figure du Christ en terme de « sujet » d’inspiration, qui en vaut un autre-car tout se vaut. Cependant, pour quelques autres, la frontière du visible se trouble ou s’efface totalement, laissant apparaitre la Face du Christ et s’exprimer le Verbe. Reach Out And Touch Faith Qui aurait cru au début des années 80 qu’un groupe tel que Depeche Mode, qualifié groupe à minettes, allait à sa façon être traversé par la figure rédemptrice du Christ et la force purificatrice de la foi. Depuis Music For The Masses, Martin Gore laisse à loisir le choix de l’interprétation, de l’identification du récipiendaire ou de l’émetteur des paroles. Il en est de même quant à la double lecture de l’amour spirituel, christique et sexuel. Gore dit vouloir sexualiser le religieux et sanctifier le sexe. La présence, l’incarnation du Christ par le verbe de M.Gore font de Depeche Mode, malgré l’auteur (n’étant pas particulièrement croyant, il ne renie pas pour autant la présence du religieux dans ses textes et ses interrogations personnelles), un chant glorieux où souffrance (Passion) Foi et Amour sont abordés sur des thèmes et par des paroles sans concession. La trilogie religieuse et droguée que forme Music For The Masses/Violator/Songs Of faith And Devotion est sans précédent dans l’histoire du rock post-Elvis. Le titre Sacred fait office de confession «Sacred, holly… I’m a firm Believer/And a warm receiver », sur Never Let Me Down Again, qui est ce meilleur ami qui semble ne pas toucher le sol : « I’m taking a ride with my best friend/I hope He never let me down again »et qui peut être la cause ou l’ « occasion d’une chute » (Mt 13.21 ; Luc, 17) ? Quant à Violator, il enfonce un peu plus le…clou. Comment, avec cette bombe techno-rock qu’est Personal Jesus, résister au fervent appel de la foi et à la confession qui jaillit des lyrics : « Someone to hear your prayers/someone who cares […]Things on your chest/You need to confess/I will deliver/You know I’m a forgiver…I’ll make you a believer…Reach out and touch faith » ? Nous savons que le Personal Jesus n’est autre que le rocker de mari de Priscillia Presley. Au-delà de la formule affectueuse, cette « trouvaille » illustre fort à-propos la dimension personnelle de la quête de l’amour universel du Christ. L’Un et le Multiple. Que penser de l’interlude « Crucified » ? Chez Depeche Mode, c’est la figure du martyr et du rédempteur qui est présente. Dans Songs Of Faith… tout, de la pourpre cardinal de la pochette à l’allure de Christ sous héroïne de Dave Gahan, tient dans la liberté et l’ambiguïté des paroles. Gospel techno-pop où chaque strophe invite à la lecture des signes. L’amour et le rapport au corps, celui d’une femme ou du Christ, peuvent être perçus comme charnels et/ou spirituels sur Condemnetion « Truth on my side », I Feel You « You take me where/The Kingdom comes/This is the morning of our love/It’s just the dawning of our love », tel un Alpha et un Omega. La figure du Bouc émissaire est clairement utilisée sur Walking in my shoes « The scapegoat’s fate made of me » et The love Thieves « Love needs its martyrs/Needs it’s sacrifices ». Enfin le pardon, la purification sont des thèmes majeurs, récurrents : « I’m down on my knees/and I need forgivness[…]I have to be cleansed »(To Have And To Hold), « The cleanest I’ve been[…]I’ve broken my fall/Put an end to it all »(Clean). Sur Ultra en 1997, Insight, décrit sans pareil l’opération du Saint Esprit, ce qui se produit en soi lorsque Le Verbe touche au plus profond, que la présence du Christ est révélée et qu’elle bouleverse irrémédiablement : « enlighten me/Lead me on/Eternally[…]Guided by the light/and the spirit of love/Is rising within me/Talking to you now/Telling it clearly/The fire still burns ». Oui, il y a une flamme chez Depeche Mode, un feu intérieur, qui n’ose dire son nom qu’à moitié voilé. The Firstborn Is Dead/Walk On Pour Nick Cave, la foi en Christ est la preuve par excellence de la plus haute liberté créatrice donnée à l’homme. Le Christ permet de voir au-delà du monde ici-bas. Le Christ n’est cependant pas vraiment, « réellement » présent. Pour Cave, la Passion du Christ dans les Écritures est la force profonde où l’on peut trouver l’inspiration. Et sa meilleure source d’inspiration est la tragédie de l’homme. Pour l’album Dig ! Lazarus Dig !, Nick Cave avoue que la résurrection de Lazare l’a toujours obsédé « Le plus grand des miracles du Christ, faire se lever un mort ». Jésus-Christ n’est qu’un matériau d’écriture pour Cave, un sujet inépuisable : Messiah ward, Nobody’s Baby Now « I’ve searched the holy books/I tried to unravel the mystery of Jesus Christ, The Savior », into My Arms « To Make bright an clear your path/And to walk, Like Christ/In grace and love and Guide You/Into my arms », Darker With The Day : « I found a wooly lamb in an issue of blood/And a gilled Jesus shivering on a fisherman’s hook » ; l’Agneau, le Sang, la métaphore du Poisson…les signes du Christ en deux vers. Pour Bono et U2, c’est une toute autre histoire. Profondément croyant, catholique, et Irlandais, la religion fait identité. Bono n’a publiquement parlé de sa foi qu’en 2000, s’étant méfié des médias jusque là. Mais les textes eux sont oints de la présence du Christ et du Nouveau Testament depuis le début, et de façon croissante. Simples références ou allusions, U2 cite aussi très précisément les Evangiles. De la reprise de Jesus Christ de Woody Guthrie à Pride « One man betrayed with a Kiss[…]Free at last, they took your life/They could not take your pride », de Elevation « Been living like a mole/Now going down excavation »-(mole, la taupe, ici référence aux Aveugles) à I still Haven’t Found What I’m Looking For « You broke the bonds and you/Loosed the chains/Carried the cross/Of my shame »( les vers renvoient ici au calvaire). Dans Stranger In A Strange Land, Bono cite Luc et l’Emmaüs, où le Christ est déguisé en étranger et ne peut être reconnu par deux de ses disciples. Dans le tube One, les vers « Have you come here for forgiveness/Have you come to raise the dead/Have you come here to play Jesus/with the lepers in your head », au-delà de la chanson classique d’amour rompu, appellent au pouvoir surnaturel de l’amour du Christ, capable de guérir et de ramener à la vie. Mais allons plus loin. Bono n’est pas un simple auteur-interprète. C’est un grand illuminé, par Dieu et la parole du Christ. La presse s’est moquée de lui, l’a pris pour un candide voulant sauver le monde, disant qu’il ne prêchait que pour une seule paroisse, à savoir U2. C’est faire peu de cas de sa foi et de sa connaissance de la Bible. Un grand nombre de ses vers sont directement tirés du Nouveau Testament. Sunday bloody Sunday, dont on connait le sujet, la sale guerre en Irlande du Nord et ce jour de 1972, puise dans Matthieu ces lignes : « The trench is dug within our hearts/And mothers, children, brothers, sisters torn apart » ; « car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère…l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison » (Mt, 10.35). Quelle meilleure parabole de la guerre fratricide ? Et ce n’est qu’un début : The Fly : « Love, we shine like a burning star/We’re falling from the sky tonight » ; «Il (Jesus) leur dit : « je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair » » (Luc, 10.18). Until The End Of The World : « We ate the food, we drank the wine[…]I took the money, I spiked your drink[…]in the garden I was playing the tart/I kissed your lips and broke your heart ». Nous voici entre la Cène et la trahison de Judas dans le jardin de Gethsémané (Mt, 14-15, 20-29, 47-49). Walk On : « A plan that has to be believed to be seen » ; « Jésus lui (Marthe) dit : « ne t’ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » » (Jean, 11.40). Enfin The Wanderer, écrite pour Johnny Cash (Bono et The Edge ahuris de savoir que leur idole enregistrait dans le studio d’à-côté) cite encore Matthieu : « Who would sit his father’s right hand » ; « Jésus : « vous verrez désormais le fils de l’homme assit à la droite du Tout-Puissant ». »(Mt, 26.64). A la question posée à Nick cave pour savoir si Dieu l’aidait à écrire, celui-ci répondit : « Oh, non ! Il est trop occupé à aider Bono ! ». La blague reste bonne mais elle démontre bien l’approche différente que les deux hommes ont de Dieu, et du Christ. Cette résignation de Cave est symptomatique, il est trop « terrestre ». Bono lève les yeux et regarde au-delà de la croix, Nick Cave reste à ses pieds. Pour lui, la croix est la victoire de la Mort, la chute finale et la fin de l’homme. Pour Bono, elle est le début de quelque chose d’éternel. Cave écrit. Bono prêche. Saved Tucson, 1978. Bob Dylan est en pleine tournée, shooté et éreinté. Quelqu’un lui a balancé une croix sur scène. D’habitude peu attentif aux signes du public, il la ramasse. Quelques jours plus tard, sa chambre d’hôtel est le lieu d’une expérience mystique : « Jésus m’était apparu comme le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs…Il y avait une présence dans la pièce, et ça ne pouvait être personne d’autre que Jésus…il a posé sa main sur moi, c’était une expérience physique. Je l’ai senti, sur chaque partie de mon corps, j’ai senti mon corps trembler. La gloire du Seigneur m’a ébranlé et élevé ». God! La révélation et la Grâce ne laissent pas indifférents ; Dylan embrasse intensément la confession catholique et se met immédiatement à chanter les louanges du Seigneur. Il enchaîne quatre albums aux forts accents gospel, dont les textes ne sont que citations de la Bible et gratitude envers la Sainte Trinité : Slow Train Coming, Saved, Shot Of Love, et dans une moindre mesure Infidels. C’est avec Precious Angel que Bob Dylan affirme sa nouvelle foi : « Now there’s a spiritual warfare and flesh and blood breaking down/ya either got faith or ya got unbelief and there’s ain’t no neutral ground/The enemy is subtile, how be it we so deceived/When the truth’s in our heart and we still don’t believe ». C’est clair, pour Bobby, sa conversion est aussi un combat, et Dieu vomit les tièdes. « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi, disperse » (Mt, 12.30). Dylan déborde littéralement d’amour et de reconnaissance pour le Christ : I Believe In You, Saved « I’ve been saved/By the blood of the lamb », Ain’t No Righteous, No Not One « Just say that I trusted in God and that Christ was in me/Say He defeated the devil, He was God’s chosen Son ». Change My Way Of Thinking est une réécriture non déguisée de la crucifixion du Christ (référence à la lance de Longinus et aux stigmates): « Stripes on your shoulders/Stripes on your back and your hands/Swords piercing your side/Blood and water flowing through the land » ; puis il cite littéralement le Christ « Jesus Said « Be ready/For you know not the hour in which I come »/He said « He who is not for Me is against Me » »(Mt, 25.13 ; 12.30). Dylan prêche, à la manière des baptistes, l’appel au réveil des consciences ( When You Gonna Wake Up ?) en rappelant le martyr du Christ « There’s a man up on a cross and He’s been crucified », « For me He was chastied/For me He was hated » (Solid Rock). Son public est désappointé par les titres et leur contenu : In The Garden (« when they came for Him in the garden/Did they know He was the Son Of God »), Ready (« Are you ready to meet Jesus »), Property Of Jesus, Every Grain Of Sand (« In the fury of the moment, I can see the Master’s hand ») , You Changed My Life (« My Lord and my Savior, my companion, my friend »), Saving Grace. Dylan, apôtre du Christ…pour un temps. Une autre expérience mystique au pied du Mur des Lamentations à Jérusalem le fera se retourner vers le Judaïsme, ses origines. The Man Comes Around John R. Cash. The man in black. Le solitaire du country trash. Grand survivant, mille fois mort spirituellement. Marqué par la mort de son frère alors qu’il se destinait à être pasteur, Johnny Cash, à coup de dexédrine en quantités gargantuesques, essaya pendant sa première vie de se suicider, lentement mais sûrement. Avec la douce et pieuse June et Dieu à ses côtés, il se releva de ses chutes. Sa renaissance artistique dans les années 90, son succès jusqu'à sa mort auprès d’un public qui pouvait avoir l’âge des ses petits-enfants, en dit long sur la force de ses chansons et l’aura de sage qui était sienne. Tous les artistes cités plus haut ont à voir avec lui. Bono a écrit pour lui, Dylan a enregistré un album de country avec lui. Johnny Cash a repris de manière inattendue The Mercy Seat de Nick Cave, Personal Jesus, One…Tous ces recoupements, ces chemins croisés ne sont point le fait du hasard. Cash est comme le pionnier, et le pilier de ces apôtres malgré eux : Jesus ne l’a jamais quitté, « même dans le plus grand abattement, il était là »(1). Johnny Cash connaissait la Bible par cœur, il avait fait des études de théologie avancées. Ayant peu écrit de textes de chansons, c’est dans les traditionnels de la country que se trouve son répertoire. Lesquels s’appuient avant tout sur la foi des pères fondateurs, le protestantisme. Il est donc surtout question de l’Ancien Testament. Cependant Jésus-Christ est bien la source de chansons telles que He Turned The Water Into Wine, It Was Jesus, Where Were You When They Crucified The Lord, I Talk To Jesus Every Day, Man In Black…dans l’album posthume Ain’t No Grave, enregistrées au seuil de la mort, des titres comme I Corinthians 15 :55 (Mort, où est ta victoire ?) ou Ain’t No Grave revêtent une lourde signification, les derniers mots d’un homme qui appelle la délivrance par le Christ : « Oh I’m going down to Jordan/I’m going to bury my knees in the sand…So now meet me Jesus, meet me » (Ain’t No Grave), « Oh Death, where is thy sting/Oh grave, where is thy victory ». Reach Out To Jesus Ainsi la preuve est faite, les rockeurs, ces rejetons analphabètes, incultes, se trouvent être les garants, les dépositaires de ce qui a fait la culture occidentale, issue des Grecs : la parole du Prophète Jésus-Christ. Sous les strass et les strates du show-business, les sunlights de tungstène et la pyrotechnie de l’épate, il subsiste la conviction que la rock-music n’est pas une fuite en avant sans but, ni signification. Foi et rock’n’roll ne sont pas incompatibles, au contraire. Les opposés sont faits pour se rencontrer, c’est même dans leur nature. Et ils ont beaucoup à (se) dire. Laissons la conclusion à Mauro Zanchi, qui sans le nommer, invoque la puissance du Verbe divin, le langage des Anges : « Conjoins en toi tous les opposés qui se complètent en sacrifiant ton moi sur la pierre cubique du tout. C’est ainsi seulement que tu réussiras à connaître et à prononcer le vrai nom de l’ange qui s’élève, en même temps que le son du feu, vers l’ineffable de la musique céleste.»(2). Gaël Giovannelli (1) Johnny Cash, Cash l’autobiographie ; Le Castor Astral (2) cité par Timothy Radcliffe, in Pourquoi donc être chrétien ?, Champs-Flammarion Toutes les réactions (23)1. 28/02/2011 09:33 - Roméo Joan
2. 28/02/2011 15:55 - Erwan
3. 28/02/2011 16:18 - Quentin
4. 28/02/2011 16:26 - TERRAFORMER
5. 28/02/2011 18:50 - olivierD
6. 28/02/2011 18:52 - Romeo Joan
7. 28/02/2011 20:17 - Nicolas
8. 01/03/2011 09:09 - Nach Mavidou
9. 01/03/2011 12:03 - Polochon
10. 01/03/2011 12:41 - Nejma
11. 01/03/2011 19:37 - Gaël Giovannelli
12. 01/03/2011 19:50 - Tristan
13. 01/03/2011 20:00 - Tristan
14. 03/03/2011 13:59 - Maurice C.
15. 03/03/2011 19:08 - pschitt
16. 04/03/2011 10:37 - Polochon
17. 04/03/2011 10:39 - Polochon
18. 04/03/2011 16:52 - Alciator
19. 04/03/2011 17:03 - alciator
20. 17/04/2011 21:51 - Nebo
21. 25/04/2011 21:22 - Nebo
22. 18/06/2011 16:30 - Diabolo Menthe
23. 22/12/2011 23:51 - Padre Bob
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