Extension du domaine jihadiste de la lutteSURLERING.COM - LES PAGES ROUGES - par Alexandre Del Valle - le 31/01/2006 - 0 réactions -
Par Alexandre Del Valle
A plusieurs reprises, le Président de la République islamique iranienne, Mahmoud Ahmadinejad, a suscité l'effroi par des propos négationnistes, anti-occidentaux et judéophobes que l'on avait plus entendus depuis les heures noires du Troisième Reich. Non mécontent de l'effet médiatique qu'il a produit en appelant à la « destruction de l'Etat d'Israël », Ahmadinejad définissait, en décembre 2005, sur la télévision iranienne, la Shoah comme ''un mythe sur le massacre de Juifs'' et proposait tout simplement aux Juifs de fonder un Etat ''en Europe, au Canada ou en Alaska'' ». Lançant habilement un message de soutien aux antisémites-révisionnistes d'Europe condamnés par les lois, le zélé Pasdaran iranien déplorait le fait que « les pays européens affirment qu'Hitler a tué et brûlé des millions de Juifs ». [et que dans ces pays], « on peut être jeté en prison pour affirmer le contraire. [...]. Il n'y a pas de raison que les Palestiniens payent le prix de l'oppression des Juifs par Hitler''. Inutile de préciser que ces propos néo-négationnistes et viscéralement judéophobes ont comme objectif, dans le cadre d'une concurrence chiito-salafiste sur le marché du Jihad anti-juif et anti-occidental, de remettre le feu aux poudres du conflit israélo-palestinien et de galvaniser, dans les Territoires, la branche locale des Frères musulmans, le mouvement islamo-terroriste Hamas, vainqueur des élections législatives de l'Autorité palestinienne le 26 janvier 2006, mouvement directement soutenu et financé par l'Iran tout en étant lié à la fois au Hezbollah, à l'Arabie saoudite et à la Syrie. Maîtres de la « guerre des représentations » Avant même d'analyser le contexte international et régional de ces déclarations, deux observations doivent être formulées : premièrement, le caractère redoutablement efficace et démagogique de l'argumentaire révisionniste-pro-palestinien d'Ahmadinejad qui repose sur une véritable « guerre des représentations », c'est-à-dire sur un retournement des responsabilités et des mémoires : car dans le monde arabe, l'argument le plus puissant et le plus populaire repose justement sur l'idée selon laquelle les Palestiniens, en payant « injustement » le prix de la faute des « Croisés européens » (Salibiyoun), auteurs présumés de la Shoah, sont les nouvelles victimes par essence, l'équivalent actuel des « Juifs sans Terre » d'hier spoliés de leur Etat et victimes de pogroms et brimades en tout genre. Une fois admis ce postulat, il apparaît tout naturel que les Palestiniens, « génocidés par les Juifs sionistes » avec la complicité des « Croisés occidentaux », sont les « vraies » victimes d'une Shoah d'autant plus contestable que la « vraie Shoah » serait celle commise par les « nazis sionistes », responsables du « génocide véritable » : « la Naqbah », nom que les nationalistes et islamistes palestiniens ont donné depuis 1948 au jour de la Naissance d'Israël (commémoré le même jour que le Yad Vashem des Juifs) et que l'on peut traduire de l'arabe par « Catastrophe », exactement la même signification que l'hébreux « Shoah ». D'où l'argumentaire assassin mais, hélas, si mobilisateur des Palestiniens et des antisionistes radicaux de tout poils qui se plaisent à dépeindre les Palestiniens comme l'équivalent des rescapés des Camps nazis (ici ce sont « aussi » des « camps » Palestiniens) et Israël comme un « Etat fasciste », « raciste », « génocidaire » et dont la Maguen David (l'étoile) est constamment accompagnée d'une Svastika sur les affiches de propagande palestinienne... Toute la force de la Subversion et de la Guerre des Représentations réside dans le phénomène du détournement de Mémoire et d'Inversion sémantique. Deuxième observation : le monde entier s'est plus ou moins indigné des propos anti-juifs et antisionistes des dirigeants de Téhéran en oubliant que le Président iranien et l'aile la plus radicale des Mollahs khomeynistes ont toujours accompagné leurs appels à la destruction d'Israël d'un appel corrélatif, étrangement moins souligné, celui-là, à combattre l'Occident dans son ensemble, invoquant à propos une sourate du Coran rappelant que « les Juifs et les Chrétiens sont amis les uns les autres, ne les prenez pas pour patrons ». A l'aune de ce constat, il est à craindre que la politique étrangère occidentale, qui a privilégié pendant des années l'ennemi baassiste irakien au détriment des deux poumons du jihadisme anti-occidental, l'Iran et l'Arabie saoudite, ait contribué à abaisser la garde des démocraties et ait permis aux grands pôles rivaux de la conquête islamo-totalitaire de gagner du temps, de s'armer et de profiter de leur statut toujours revalorisé de détenteurs des plus grandes réserves de pétrole de bonne qualité. Ceci dans un contexte de raréfaction des énergies fossiles et de surconsommation chinoise et indienne annonçant une pénurie prochaine.
Concurrence chiito-salafiste sur le marché de la haine anti-juive Un constat doit être fait, même s'il contredit les visions béates et les postulats de base des politiques de l'Autruche ou néo-munichoises : les nations musulmanes du monde entier sont de plus en plus gagnées par l'idéologie revancharde et haineuse de l'islamisme anti-juif et radicalement anti-sioniste, pour lequel la totalité des maux dont souffrent les « ploutocraties » du Dar al Islam sont dus tant aux « croisés-colonisateurs » qu'aux « américano-sionistes », d'où l'expression chère à Ben Laden : « les Juifs et les Croisés ».
Aussi, par la réactivation d'un discours obsessionnellement antisémite et anti-israélien, l'Iran d'Ahmadinejad ambitionne tout simplement de redorer son blason au sein d'un monde arabo-musulman majoritairement sunnite, trop souvent demeuré anti-chiite ou méfiant, et de plus en plus investi par les Sunnites salafistes, qu'il s'agisse de la branche « Canal historique » des Frères Musulmans égyptiens (tendance « modérée »), entrés ces dernières semaines en force au Parlement du Caire avec 88 sièges, ou de celle d'Al Qaïda (tendance jihadiste-terroriste) ou du Hamas, sorti victorieux des élections législatives palestiniennes de janvier 2006. Parallèlement, il convient de rappeler qu'après la guerre de 2003 contre le régime de Saddam Hussein, et après de longues années de stratégies de la « tranquilisation » (à travers la figure « sympa » de Khatami le « modéré »), période qui permit à l'Iran de gagner un temps précieux et de relancer ainsi son programme nucléaire (réel) pendant que l'Administration Bush se focalisait sur le programme coréen (réel aussi et achevé) et irakien (beaucoup plus fantasmatique), le Guide Suprême avait décidé de se débarrasser des Mollah « modérés » afin que les choses commencent à changer dans le sens du passage de l'Iran du statut de puissance de troisième plan à celui de puissance de second plan (armements nucléaires et balistiques). La reprise en main totale du régime (menacé de l'intérieur comme de l'extérieur), était d'autant plus vitale que l'Iran chiite ne pouvait laisser passer une opportunité unique d'élargir sa « profondeur stratégique dans le berceau arabe irakien du Chiisme puis, à terme, de contrôler la partie chiite de l'Irak en voie de dislocation en raison des particularismes kurdes et chiites. Pour mener à bien ce projet, Khamenei a utilisé le Corps fidèle des Gardiens de la révolution iranienne (CGRI), dont la mission allait être de prendre le contrôle de toutes les institutions gouvernementales et stratégiques (y compris complexe pétrolier). D'où la « nomination » d'Ahmadinejad comme candidat officieux du pouvoir central. On peut dire qu'aujourd'hui, quelques mois seulement après les élections présidentielles de juin 2005, l'opération Khamenei-Ahmadinejad a été un succès quasi-total : les « ennemis internes » islamistes « modérés » sont vaincus et marginalisés (Khatami comme Rafsandjani), et les officiers du CGRI occupent à présent non seulement la présidence, mais aussi douze postes au sein même du Cabinet iranien, des centaines de Pasdarans promus au sein de l'Exécutif, dans les médias audiovisuels d'Etat, le Parlement (des dizaines de députés), sans oublier 75 % des postes les plus importants, notamment deux vice-ministres, des gouverneurs, la Direction de la Sécurité interne, la plupart des Banques nationales et même le secteur énergétique et la téléphonie mobile. Plusieurs changements clés dans la structure du pouvoir ont par ailleurs été effectués : le plus important concerne le Conseil National Suprême de la Sécurité, qui est devenu l'une des pièces maîtresses de la prise de décision stratégique. Khamenei a en effet donné au CNSS de très larges pouvoirs exécutifs, véritable gouvernement officieux en matière d'élaboration de la politique générale. Les anciens « groupes de réflexion » du CNSS ont ainsi été transformés en sept « Directorats ». Cinq de ces Directorats sont d'ailleurs placés directement sous la direction du CGRI et d'Ahmadinejad, qui préside également le CNSS. Par ailleurs, le nouveau ministre de l'intérieur, Hajjatoleslam Mostafa Pour-Mohammadi, qui s'est illustré dans le massacre de prisonniers politiques en 1988 puis dans l'assassinat d'Iraniens à l'étranger, est devenu l'un des hommes les plus puissants de l'Iran. Khamenei est surtout parvenu à mettre à l'écart des personnalités jadis aussi importantes et incontournables que Rafsandjani, ex numéro-2 du régime. Avec lui, la plupart des fonctionnaires qui lui étaient fidèles ont été marginalisés. Plus précisément, Rafsandjani a perdu tout pouvoir sur l'industrie pétrolière qu'il contrôlait jusqu'alors. Une chose est certaine : les durs et les ultra-conservateurs n'ont jamais été aussi puissants depuis l'avènement de la Révolution islamique, en dépit même des différences relatives qui opposent les conservateurs au sein du Parlement iranien (7ème Majlis) autour des partisans d'Ahmadinejad et de Ahmad Tavakkoli qui se disputent le contrôle des postes clés du pouvoir. Sur le plan international, la " force de frappe " islamiste iranienne et pro-iranienne demeure considérable. L'objectif d'Ahmadinejad consiste en partie à montrer à la face du monde que bien qu'étant non-arabes et non-sunnites, les Chiites perses révolutionnaires demeurent les meilleurs « amis » des déshérités palestiniens et d'aussi bons combattants du Jihad anti-occidental qu'Al Qaïda. Malgré l'arrivée au pouvoir à Téhéran, en 1997, d'un Président réputé " modéré ", Mohamed Khatami, qui déclarait vouloir dialoguer avec l'Occident, et a fortiori depuis l'élection de Mahmoud Ahmadinejad en 2005, le pays des Pasdarans n'a aucunement cessé de financer les nombreuses structures islamo-terroristes qu'il a mis en place aux quatre coins du monde: principalement au Liban, en Palestine, au Soudan, en Asie Centrale, dans les Balkans et en Amérique du Sud. Les activités secrètes et terroristes financées et contrôlées par Téhéran sont centralisées au sein du Conseil Suprême des Affaires du Renseignement, la Vavak, héritière de la toute puissante Savak, les services de sécurité iraniens. Créée en février 1980, la plus importante des structures d'aide à la révolution islamique dans le monde est le Bureau d'aide à la révolution islamique, ou Cercle des mouvements de libération, ou encore Fondation des opprimés (Mostadhafin). Directement reliés à la République islamique iranienne, le GIA algérien, le Hamas palestinien, comme le Hezbollah libanais, sont en lien permanent avec le Bureau des mouvements révolutionnaires, qui assure depuis Téhéran le financement, l'assistance logistique et la coordination des différents groupes islamistes armés. Parmi les organes de propagation de la révolution islamique iranienne, deux structures internationales ont joué - et continuent encore de jouer, pour la seconde - un rôle considérable dans le monde : le Hezbollah et les commandos Al Qods. Créés en 1987 et dirigés par Ahmad Wahidi, les commandos Al Qods, qui intègrent en un seul corps les forces iraniennes travaillant à l'étranger, sont répartis en huit sections : Irak ; Palestine-Liban-Jordanie ; Turquie ; Afghanistan-Pakistan-Inde ; Europe-Amériques ; Afrique du Nord ; Pays du Golfe ; Asie centrale. Ils disposent de camps d'entraînements propres à Imam Ali (Nord de Téhéran). Quant au Hezbollah, plus « belle »; réussite de Téhéran en dehors de l'espace persophone, il permet à Téhéran et au "pôle islamiste chiite" en général, à travers ses ramifications terroristes, politico-religieuses et financières internationales, de disposer d'une puissante structure régionale et internationale de diffusion des idées révolutionnaires islamistes et d'appui logistique aux actions terroristes des différents groupes islamistes, d'ailleurs indifféremment chiites et sunnites, sans pour autant paraître officiellement impliqué... Du Hezbollah au Hamas... ou l'islamisation annoncée du nationalisme palestinien La nébuleuse chiite-libanaise et iranienne est étroitement liée aux milieux palestiniens depuis les années 70, avant même l'avènement de la révolution khomeyniste. Les forces islamo-terroristes comme le Hamas ou le Jihad islamique prennent depuis des années comme référence suprême le Hezbollah libanais, dont la stratégie est considérée comme seule susceptible de vaincre les "Judéo-Croisés". Jadis incarnée par le Groupe Amal de l'Imam Sadr, cette connexion libano-irano-palestinienne est aujourd'hui chapotée en grande partie par le réseau tentaculaire de l'Organisation de la Justice révolutionnaire d'Imad Mughnyeh et le Jihad Islamique de Hussein Moussaoui.
Le Hezbollah libanais est plus présent que jamais en Palestine, où ses drapeaux sont exhibés autour de la Coupole du Rocher et de la Mosquée Al-Aqsa, phénomène quasi inexistant jusqu'en septembre 2000. Ainsi, outre les Shebab, nombre d'étudiants, d'intellectuels et de militants politiques, y compris ceux qui n'ont jamais eu de sympathie pour l'islamisme politique, exhortent désormais les dirigeants palestiniens à imiter le Hezbollah, vainqueur du "Goliath israélien ». Indépendamment des responsabilités israéliennes, la situation de chaos actuel en Palestine est largement due à ce phénomène de "hezbollahization " de l'opposition palestinienne. Mouvement historiquement issu du salafisme des Frères musulmans égyptien et fortement influencé par le nazisme, notamment via le co-fondateur de la Ligue arabe et ancien créateur des Waffen SS musulman des Balkans, le Grand Mufti de Jérusalem al Hajj al Husseini, le Hamas a fondé depuis ses origines toute son action sur la lutte à mort contre les Juifs. Loin de se cantonner à « réagir » face à une « injustice » israélienne et contre la « répression » ou le « néo-colonialisme sioniste », comme le disent nombre d'analystes occidentaux complaisants, le Hamas et ses inspirateurs islamo-nationalistes emportés par le Grand Mufti de Jérusalem commencèrent leur guerre totale contres les Juifs vingt ans au moins avant la création même de l'Etat hébreu (massacres de Juifs de la Nabi Moussa, de Hebron entre 1929 et 1935), à une époque où les sionistes ne cherchaient qu'à vivre en harmonie avec les Palestiniens. L'organisation des Frères Musulmans, qui revendique la création du Hamas actuel, déclara le jihad total contre les Juifs, jihad ne pouvant prendre fin qu'avec le rétablissement d'un Etat islamique palestinien où ils seraient soumis au statut humiliant de dhimmis. Dans le cadre d'une collaboration étroite entre le Troisième Reich et les nationalistes et islamistes arabes, une nouvelle judéophobie radicale et à prétention exterminatrice se développa progressivement alors dans tout le monde arabo-musulman, en plein processus de « libération nationale ». Un mélange explosif « rouge-brun-vert » à l'origine de l'islamisme totalitaire moderne d'Al Qaïda comme d'Ahmadinejad fut élaboré à partir de matrices aussi paradoxales que détonantes et porteuses de haine : l'idéologie subversive et planétaire des Frères musulmans et des Wahhabites saoudiens (« Vert »), l'extrême-gauche révolutionnaire antisioniste et anti-occidentale (« Rouge »), puis la propagande antisémite des anciens dignitaires et cadres nazis (Aloïs Bruner, Johannes Von Leers, François genoud, etc) recyclés dans le monde arabe (« Brun »). On ne rappelle jamais assez que dans les camps palestiniens du Liban (Tall el Zaatar, Bir Hassan), l'OLP, puis le FPLP recrutèrent des militants néo-nazis allemands, comme le Groupe Wehrsportsgruppe de Karl Heinz Hoffman. Après la conférence pro-nazie de Barcelone, organisée par Léon Degrelle (bras droit d'Hitler pour la Belgique et créateur du « Rexisme ») en avril 1969, des instructeurs nazis comme Erich Altern, alias "Ali Bella", ancien dirigeant régional des Affaires Juives de la Gestapo pour la région de la Galicie, furent chargés de former les Palestiniens. Parallèlement, l'islamisation de l'Intifada et du nationalisme arabe puis la récente victoire des Frères Musulmans en Egypte et de leur branche locale dans les territoires palestiniens ne sont en fait que la conséquence d'un long travail de fanatisation imputable non seulement aux milieux islamistes mais également aux instances officielles de l'islam mondial, à commencer par Al Azhar en Egypte, Médine, en Arabie saoudite, centre du Salafisme, puis le Pakistan et l'Iran, qui finance directement le Jihad islamique, le Hezbollah et le Hamas.
De la fanatisation islamo-nazie à la Charte du Hamas Adepte d'un antisémitisme obsessionnel directement inspiré de la vulgate pré-nazie ou nazie, la Charte du Hamas adhère à l'idée meurtrière du « complot judéo-maçonnique » développée de triste mémoire dans le pseudo célèbre Les Protocoles des Sages de Sion, document qui inspira Hitler: « Leur projet a été énoncé dans les Protocoles des Sages de Sion [...], les ennemis juifs complotent depuis longtemps [...] ils ont été à l'origine de la révolution française, de la révolution communiste et de la plupart des révolutions [...], de la première guerre mondiale et de la seconde, au cours de laquelle ils ont réalisé d'immenses bénéfices [...]. Ils ont fait usage de leur argent pour créer des organisations secrètes qui se répandent partout dans le monde afin de détruire les sociétés et de satisfaire les intérêts sionistes. Parmi ces organisations : les francs-maçons, les clubs Rotary, les clubs Lions, le B'nai B'rith [...]. Vers un nouveau Munich ? Parce Téhéran, en dépit des graves querelles chiito-sunnites qui divisent la Oumma, en Irak principalement (ce que déplorait d'ailleurs récemment Al Zawahiri, numéro deux d'Al Qaïda), entend réactiver la Révolution islamique mondiale, notamment à la faveur d'une récupération de la haine anti-juive planétaire montante et au nom du « droit à la bombe islamique islamique », toute faiblesse de l'Occident et toute division entre Occidentaux risquent d'être à terme graves de conséquences voire suicidaires. A échelle réduite, la tentative de respectabilisation-institutionnalisation du Hezbollah et du Hamas, pièces maîtresses de la stratégie chiito-iranienne au Proche Orient, participe de la même tentation obscurantiste et munichoise, même s'il est également vrai que le réalisme impose parfois de composer avec ceux qui occupent le terrain. Mais tout dépend de la façon dont on « dialogue » et des arrières-pensées plus ou moins capitulatrices qui animent le « réalisme »... Face au Totalitarisme islamiste de type Frères musulmans égyptiens et Palestiniens (Hamas), désormais associés au pouvoir, tout comme face à sa variante révolutionnaire islamo-gauchiste ou rouge-verte incarnée par le Pasdaran Mahmoud Ahmadinejad, il convient de garder à l'esprit que toute compromission sur les valeurs au nom du dialogue ou du réalisme, sera analysée comme une victoire islamiste et une faiblesse occidentale. Parce qu'elle semble avoir renoncé à l'Histoire et à la maîtrise de son destin en renonçant à une politique de défense et de sécurité autonome puis en répugnant à définir son identité et ses limites géopolitiques (élargissement à la Turquie), la plus grande épine dans le flanc de l'Unité pan-occidentale demeure la Vieille Europe social-démocrate engluée dans une spirale infernale étatisation-paupérisation-tiersmondisation. Embourbée qu'elle est dans son impuissance stratégique volontaire, la Vieille Europe frappée par un processus vicieux d'involution ou de progrès à rebours, si bien analysé par Maurice Danteq, s'enracine dans son nouveau statut de dhimmitude avancée, version pro-islamique du syndrome de Stokholm ou de servitude volontaire décrit par La Boétie. Phénomène essentiellement psychologico-identitaire accentué par des considérations géostratégiques et énergétiques à court terme qui poussent les compagnies pétrolières françaises et britanniques à courtiser un Iran néo-khomeyniste qui possède la seconde plus grande réserve d'hydrocarbures de la région et qui constitue une zone de transit énergétique de rechange cruciale face au Caucase instable et à l'Asie centrale chaotique. Aussi la Troïka européenne composée de l'Allemagne, de la Grande Bretagne et de la France - chargée de gérer le délicat dossier nucléaire iranien conjointement avec la Russie et les Etats-Unis - devrait-t-elle de toute urgence cesser d'exercer des pressions au sein des instances internationales visant à exclure l'option des sanctions contre Téhéran. L'idée de « relancer le dialogue » avec le Gouvernement négationniste et anti-occidental de Téhéran - qui entend reprendre ses activités nucléaires civiles et même militaires - est l'une des dernières manifestations de l'esprit néo-munichois qui caractérise de plus en plus l'Europe. Alors qu'il aurait fallu exclure momentanément ce pays de l'ONU et exercer d'impitoyables pressions diplomatico-économiques, tous les pays du monde semblent désormais rivaliser dans leur soutien indirect au régime totalitaire des Mollahs. Parallèlement, et cela vaut à la fois pour l'Irak, ou le Hamas, les Etats-Unis et Israël sont une fois de plus accusés d'être des « vat-en-guerre », des « ennemis de la Paix e du dialogue » et sont de plus en plus isolés et critiqués dans leur volonté de réduire la menace chiito-khomeyniste et ses émules que sont le Hamas et le Hezbollah. Israël devra-t-elle une fois de plus supporter tout l'effort de guerre et le poids extrêmement lourd d'éventuelles actions préventives visant à la protéger mais aussi contribuant à assurer la sécurité internationale et occidentale ? Rien n'est sûr cette fois-ci, étant données les difficultés stratégiques et tactiques qui rendent extrêmement difficiles une intervention israélienne ou même américaine sur les sites nucléaires et balistiques iraniens, à la fois nombreux et disséminés un peu partout et en grande profondeur sur tout le territoire de l'Iran. Nous ne sommes donc plus dans les années 80. Mais plutôt dans les années 30... Il ne faudrait pourtant pas s'y méprendre : exonérer l'Iran d'Ahmadinejad, refuser de sanctionner la République des Mollahs au nom de la « diplomatie européenne » et du rejet de « l'unilatéralisme américain », « lâcher » Israël, voire désinscrire le Hamas de la liste européenne des organisations terroristes (proposition en cours), ou encore se désolidariser des Etats-Unis, comme le préconisent certains représentants occidentaux de mouvances pro-arabes et tiersmondistes, ne calmera pas plus l'hydre islamiste des Ahmadinejad et consoeurs que les accords de Munich ne dissuadèrent Hitler de poursuivre ses forfaits. Alexandre del Valle, géopolitologue, est notamment l'auteur de l'essai « Le totalitarisme islamiste à l'assaut des démocraties », et du « Dilemme turc, les Vrais enjeux de la candidature d'Ankara», paru aux éditions des Syrtes. Soyez le premier à réagirréagissez, commentez, publiez, vous êtes sur le ring |
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