Entretien Provoc© avec Pierre Mérot
SURLERING.COM - THE BOOKMAKER - par Pierre Poucet - le 01/07/2010 - 21 réactions -
Dernier papier de Pierre Poucet, l'Homme Concept, avant la coupure Ring de l'été et face à l'auteur de Kennedy Junior (Robert Laffont, 2010). Sa plume est tout à tour pathétique, drôle, touchante et acide. Un sucré salé. On aime ou on aime. Au menu, la critique sociale est reine, et c’est peut-être comme satiriste que Pierre Mérot se définit le mieux. Dans Mammifères (Flammarion, 2003), il dresse le portrait comique et absurde d’un personnage, L’oncle, alcoolique cinquantenaire dépressif mû par une « gastrite érosive » qui l’entraîne de boîtes de nuit en séances de psy délirantes. La confrontation au non-sens, la bêtise de ses contemporains, l’absurdité du système éducatif et de ses « triangles pédagogiques » improbables, la connerie humaine, et celle, immense, des psychiatres, tel est l’univers mental du narrateur (de l’auteur ?), livré dans une prose acerbe et hilarante. Pierre Mérot est passé par Science-Po. Il a donc rencontré beaucoup de cons. Pierre Mérot est prof au lycée. Il a donc goûté aux joies de la dépression. Je présume. Impossible d’imiter ce que Houellebecq appelait la « traditionnelle lucidité du dépressif » sans être passé par la case Tranxen. Avec Houellebecq, d’ailleurs, Pierre Mérot n’est pas sans liens. Dans le style, d’abord, qui réussit à nous arracher des larmes de rire par de froides descriptions d’entomologiste. Et dans le fond, car chez lui, la littérature parle du réel, part du réel. On pourrait aussi penser à Céline, ou Bukowski. Le premier pour l’acidité de la critique ; le second pour l’acidité du picrate. Dans tous les cas, Pierre Mérot semble avoir du mal à accepter le monde tel qu’il va. Il se console comme il peut. « Boire aimer ou vivre, quelle différence? » Son dernier livre, Kennedy Junior (Robert Laffont), est une souffrance et un soulagement jubilatoire. Comme un ado qui viendrait de se crever un bouton d’acné. Kennedy Junior est l’histoire d’un jeune garçon de treize ans qui nous livre sa vision du monde depuis son blog. Sûr de son omnipotence, de son omniscience, révolté, impulsif, l’adolescent avoue sa détestation de ses parents, de son entourage - MDR Lol troo bien –, du monde entier. Il joue avec les tabous, piétine les convenances en cynique boutonneux affranchi. Kennedy joue au mec de droite pour emmerder la gauche tout en fomentant une révolution ; Kennedy défend le sionisme pour le plaisir de faire la nique aux pro-palestiniens ; Kennedy méprise ses parents,« Boboland » ; et Kennedy théorise en toute partialité. Kennedy est un rebelle, même si un peu con. Enfin Kennedy Junior est adolescent. Ce personnage permet à Mérot de régler quelques comptes. Avec la sotte naïveté des gamins d’une part. Et avec tout, et tout le monde. On trouve des caricatures véritablement désopilantes de l’adolescent, du bobo de gauche saturé de bouffe bio, du bon bourgeois avachi, du prof, du mari adultère, des objets absurdes, produits d'une époque qui l'est tout autant – tels les préservatifs issus d’une filière équitable (« Moi, personnellement, baiser avec une ONG sur la bite, plus quinze paysans cambodgiens, j’aurais du mal… »). J’avoue avoir une préférence absolue pour la caricature du musulman intégriste, mise en scène dans un dialogue que je relis encore aujourd'hui pour le plaisir… et surtout, on trouve dans Kennedy Junior une charge antisarkozyste rarement égalée dans cette veine satirique de la littérature blanche. L’Insupportable Majesté, aurait écrit Patrick Rambaud, y est dépeint sous les traits d’une chauve-souris, le Chiroptera sarkozya, vampire sanglant effrayant In-Vitro, la petite sœur de Kennedy Junior… Le livre se termine sur une tentative de révolution foireuse par un groupuscule acnéico-trotskyste, limitée au saccage d’une résidence secondaire familiale, et sur un constat sans appel : le monde est une merde. Tout cela invite évidemment à chercher à en savoir davantage. Pierre Mérot est-il un comique, un révolté, un provocateur ? Je penchais sensiblement vers la dernière réponse, avant de le considérer, finalement, comme un brillant satiriste. D’où : Entretien provoc© avec Pierre Mérot. Qu’est-ce qui cloche chez toi, Pierre ?L’amour. Tu viens de te faire plaquer ? Non. C'est de naissance. Un cas très banal qui se résume à cette question, docteur Freud : qu'est-ce que je désire vraiment ? Dans mon roman Kennedy Junior, le personnage dit en gros que les humains ont souvent le  cœur à gauche et le sexe à droite. Ce n'est pas un problème politique. Juste un clivage anatomique ou psychologique. Kennedy Junior est un roman satirique à la fois tendre, cru et léger. Le livre est d’un certain point de vue assez virulent, mais monstrueusement drôle. Est-ce que ça te soulage de la « gastrite érosive » que tu évoquais dans Mammifères ? Peux-tu également revenir sur ce concept, j’aime ça, les concepts.Oui, c'est « monstrueusement drôle » et moqueur. Enfin, je l'espère. En ces temps sombres, faire rire le lecteur est un acte réellement charitable, presque sanitaire. Et puis, c'est bien pratique pour porter des coups. Je n'invente rien, évidemment. Tout a été dit sur l'efficacité du comique dans la critique et sur le soulagement que procure le rire. Le concept de « gastrite érosive » ? Malheureusement, c'est tout bêtement une inflammation de la paroi de l'estomac, je crois, pas trop grave, due à un certain nombre de facteurs, dont l'alcool et le stress, par exemple. Mais si c'est le stress, là on entre presque dans le concept : ce serait une maladie moderne, en somme. La maladie d'un nombre croissant d'individus qui trouvent le monde de plus en plus inquiétant et invivable. Ou une forme de révolte, qui sait ? Dans Mammifères, j'ai transformé mon compte-rendu de fibroscopie en une sorte de texte poétique et souriant qui désamorce la glaçante solennité du diagnostic : mieux vaut en rire, oui. Quelque chose comme : au fond, on s'en fout. Sympa la fibro, au moins on apprend à te connaître de l’intérieur… Pourquoi adopter le point de vue d’un narrateur de treize ans, dans Kennedy Junior ? Vois-tu ce narrateur comme le reflet de nos sociétés parfois puériles, adolescentes, en un mot un peu connes ? En général, le système narratif de mes livres me vient instinctivement, sans réfléchir. Dans Arkansas, la double narration (Traum, le vieil écrivain, et Baragouin, son espèce de secrétaire) s'est imposée dès la première page. Pour Kennedy Junior, si je cherche a posteriori des raisons d'avoir choisi un narrateur de treize ans, eh bien, je dirais qu'il y a d'abord celle-ci : ça permet à la fois l'insolence et la naïveté dans la rébellion. Kennedy Junior tient des propos sur sa famille et sur la société certes simplificateurs mais sans doute efficaces. Ensuite, ce choix autorise l'usage d'une langue relâchée, parfois orale et crue, avec des emprunts au langage des « jeunes d'aujourd'hui » comme celui qu'on peut lire sur Facebook, par exemple. Enfin, le milieu adolescent, je le connais un peu à travers mes élèves, même s'ils sont légèrement plus âgés que mon personnage et d'un milieu social moins aisé. Autant travailler un matériau familier... Quant à l'idée que cet adolescent serait plus largement la métaphore d'une société qui devient infantile, immature, voire irréaliste, pourquoi pas ? J'ai l'impression que Kennedy Junior est parfois plus mûr que les adultes qu'il côtoie - ses parents, notamment -, lesquels paraissent du coup passablement puérils. Ce personnage est-il réaliste ou représentatif de la jeunesse que tu côtoies en tant qu’enseignant (je sais que tu as fait passer le bac ces temps-ci, tu dois te marrer) ? J’entends : les propos qu’il émet sur le sexe, notamment, me semblent assez irréalistes pour un gamin de treize ans. Ou alors je suis complètement has been. On s'en fiche un peu du réalisme, non ? Carrément, en fait. Je peux avoir une réponse quand même ou on va se taper des mojitos comme deux connasses de Desperate housewives ?Bon, je vais tout de même essayer de répondre à ta question sur un plan littéraire, d'abord. Le roman commence par la présentation des personnages – la famille – par Kennedy Junior. Et, immédiatement, c'est de sexe qu'il 'agit. Tout de suite, les gens, enfin sa famille – sa mère, son père et ses deux sœurs (ce n'est pas pour rien que ce sont des filles, sans doute) -, tout de suite, donc, les gens, il les perçoit comme des objets sexuels à observer. Même sa petite sœur de sept ans, il la relie à lui par le sexe : elle s'appelle Pénélope et il s'étonne que lui, Kennedy Junior, ses parents l'aient appelé Ulysse (c'est son vrai prénom). Et quitte à coucher avec quelqu'un, il dit qu'il préférerait sa grande sœur, un « morceau » sexuel beaucoup plus appétissant, beaucoup plus réaliste. Bref, tout est sexe pour lui, le monde est d'abord une chose sexuelle qu'il observe. Du moins, au début. Tu vois, je voudrais t'emmener vers de simples analyses littéraires ! Merci Prof’...Enfin, je voudrais juste te ramener à cette chose : d'abord le texte, ensuite l'extérieur du texte. Alors, l'extérieur du texte, c'est ce que tu me demandes : est-ce qu'un « vrai » gamin de treize ans fonctionne comme ça ? Est-ce que Kennedy Junior est représentatif des jeunes ou des moins jeunes d'aujourd'hui ? A la limite, ce n'est pas mon boulot. La réponse est à chercher dans le texte. Mais si tu veux mon opinion de simple citoyen, je répondrai oui. Merci, citoyen…Tout est sexe pour nous et nous donnons à nos « gamins », grâce à des moyens technologiques formidablement développés et à nos propres vies, le spectacle du sexe, c'est-à-dire le spectacle de l'amour, c'est-à-dire encore le spectacle du « Qu'est-ce qui cloche ? » Nous leur donnons à voir notre déroute, en somme. Bon, je préférerais parler de littérature. Et moi de politique. Tu penses vraiment que le monde est gouverné par une paire de seins (je crois que c’est du Beauvoir)?Plutôt une paire de couilles ornée d'une cravate. Et c'est là le problème. Franchement, j'espère que le monde se portera un peu mieux quand toutes les femmes auront vraiment voix au chapitre. Bordel, t’es militant P.S. ou quoi ? Bon, parlons d’autre chose. J’ai ma petite idée sur la question, mais quelles sont tes influences majeures? Quels sont tes maîtres? Tu vois qu’on cause littérature ? J'aime beaucoup de choses, tu sais. Et elles se sont accumulées au fil du temps. Chaque influence a joué son rôle. Elles sont toujours là, certainement. J'ai commencé très classiquement. J'ai adoré Chateaubriand quand j'avais quinze ou seize ans. Mon premier essai de livre – il y a si longtemps ! - s'est nourri du Roi des Aulnes de Tournier et de La Place de l'étoile de Modiano. C'étaient les romans dont on parlait à mon époque. Ensuite, ç'a été Gracq, Faulkner et puis Bataille et Sade. Bon, je ne vais pas faire toute la généalogie. A la fin de L'Irréaliste – ça, c'est de moi ! -, il y a une espèce d'hommage à toute une série de textes ou de détails qui, pour moi, les résument. Mais si je devais faire une synthèse, je dirais que mes influences se trouvent dans des œuvres qui ont vraiment une voix ou un style, qui peuvent être soit « cérébrales », soit franchement « tripales » : Kafka, Pessoa, Céline, Kerouac, Malcolm Lowry, Isaac Babel, Boulgakov, Garcia Lorca, etc. La liste est longue et je l'arrête ici parce que sinon je vais en oublier beaucoup. Et puis, la question, pardonne-moi, est un peu idiote ou bourgeoisement indécente : c'est un peu comme si tu demandais à un écrivain « Qu'est-ce que tu manges au petit déjeuner ? » ou « A quelle heure fais-tu caca ? » A quelle heure fais-tu caca ? Oui, c’est intéressant. Mais j’aimerais davantage que tu me causes de Houellebecq. Tu crois qu'il y a un rapport entre la... (je ne trouve plus le mot) et Houellebecq ? Pourquoi pas ? Y a bien une métaphysique de la merde, non ?Quant à Houellebecq, tu sais bien que nous avons été camarades, il y a longtemps. Il n'a pas digéré Arkansas. Alors que mon roman, finalement, parle de beaucoup d'autres choses que de sa gentille personne, Dieu merci ! Dans son espèce de truc avec BHL, il m'a rajouté en catastrophe dans son panthéon eczémateux, aux côtés d'individus plutôt insipides. Mais bon... On a été amis, vraiment. J'ai eu la chance d'observer le virage du personnage au moment d' Extension du domaine de la lutte. Il était aux éditions de La Différence où je travaillais, à l'époque. Un jour, je te causerai du patron de La Différence, si tu veux. Joaquim Vital. C'était un grand bonhomme invivable. J'ai appris sa mort récemment et ça m'a fichu un choc. Enfin bref... C'était après la publication de La Poursuite du bonheur. J'ai eu le manuscrit d' Extension... entre les mains. Michel voulait mon avis. J'ai passé le texte à Brigitte Massot, chez Albin Michel. J'ai même organisé un dîner chez moi pour ça. Elle était enthousiaste. Mais, au-dessus d'elle, ça a coincé. Ils ont fait une grosse connerie, ce jour-là, chez Albin Michel. Voilà pour l'anecdote. Et pour me mettre en valeur, peut-être. Enfin, c'est plutôt tout bêtement la vérité. Je n'en parlerais sans doute pas s'il n'était pas devenu aussi médiatisé. Quoi qu'il en soit, vois-tu, j'ai l'impression d'être malgré moi une sorte d'exégète de Houellebecq, simplement parce que j'ai suivi professionnellement et amicalement son parcours grâce aux éditions de La Différence. Mais je ne vais pas t'en parler pendant des heures. Ce serait aussi inutile que d'apporter de l'eau à la source, comme l'écrit Pessoa – enfin, en gros. C'est une rencontre, voilà. Et si tu veux mon avis sur ce qu'il fait, je vais dire que c'est un écrivain qui ne m'ennuie pas, ce qui est déjà énorme. OK. Tu évoquais tout à l’heure la rébellion dans tes ouvrages... C’est discutable. Question : est-ce que, en tant qu’écrivain, tu revendiques cette posture de rebelle, finalement? Ou pas.Là encore, je vais commencer par ce qui m'intéresse. En tant qu'écrivain, c'est-à-dire en tant que technicien relativement compétent et informé, je me révolte contre les livres mauvais, niais et dangereux, c'est-à-dire, pour simplifier, l'essentiel de ce qu'on écrit actuellement. Non pas contre la littérature qu'on appelle « populaire » - quoi que... -, mais contre de prétendus écrivains qui se la pètent, pour parler familièrement, qui écrivent des livres minables, gris, morts, bourgeois ou faussement révoltés, sans voix, à l'esthétique convenue, et qui, hélas, occupent la scène et servent, finalement, à maintenir le public dans l'ignorance et la soumission. Et donc, évidemment, je peux espérer qu'à travers cette révolte primordiale et, hélas, assez imperceptible, je me révolte contre un système dont les livres ne sont que le symptôme. Malgré tout, c'est assez optimiste. Alors, pour résumer, et parlons plutôt de lui, Kennedy Junior se révolte contre une chose très simple et malheureusement durable : pourquoi le monde est-il une merde insupportable ? Pourquoi une poignée de pourris et leurs innombrables collaborateurs non moins pourris ne sont-ils pas détrônés ? Pourquoi les gens ne se révoltent-ils pas sérieusement ? Ils vont mal, la plupart, ils vont très mal, oui. Mais pourquoi ça dure, tout ça ? Pourquoi ils veulent juste dormir, les gens ? Cet après-midi, je suis allé faire passer des oraux dans un lycée privé catholique du Vésinet. Y avait des verdures, des chapelles, des gamins riches en polo, des mères de famille, des pondeuses sereines et stupides qui débarquent avec de grosses bagnoles familiales et qui ne veulent absolument pas que la pauvreté triomphe, un jour ou l'autre. Regarde un documentaire animalier : le monde, il est pareil. Des prédateurs, débiles ou calculateurs, ne veulent que préserver leurs privilèges, leurs richesses, et pour ça, ils sont prêts à tuer, ils ne sont mêmes nés que pour ça : tuer pour se maintenir. Voilà ce que pense Kennedy Junior. Il simplifie, certes. Mais la question du bonheur, elle est simple, souvent. Bon, si tu veux de l'abstraction, laisse-moi te citer une phrase dans Arkansas, une phrase plus mûre : « Qu'est-ce que la réalité, sinon une fiction qui a réussi, à laquelle on nous force à croire comme à un dogme étouffant ? » Ouais, c’est la lutte finale… Pierre Mérot a-t-il envie de faire chier le monde ou préfère-t-il l'envoyer chier? La colère l’emporte-t-elle sur l’envie de rire?Tu sais bien que c'est la colère qui domine. Encore une fois, il y a des moments de franche rigolade : un journaliste suisse a observé à juste titre qu'on éclatait de rire à peu près à chaque page de mon roman. Moi-même, je me suis souvent amusé en l'écrivant. Mais derrière ce rire, ce rire parfois grossier, évidemment, il y a la colère. Beaucoup de gens en prennent pour leur grade : les bobos de gauche, certes, mais aussi et surtout la catégorie large et floue du pouvoir et de la bourgeoisie de droite. Je le répète, se mettre dans la peau d'un adolescent de treize ans autorise beaucoup de provocations et de simplifications. A ce sujet, j'aimerais faire part d'une anecdote assez symptomatique : on m'a dit que des journalistes du Figaro Magazine ont vraiment aimé le livre mais n'ont pas voulu le chroniquer par crainte de réactions de leur lectorat. Je ne sais pas si c'est une bonne nouvelle... Pour résumer, donc, la colère, d'abord la colère. Et un peu d'amertume : les trois derniers chapitres montrent l'évolution du personnage, sa maturité naissante, c'est-à-dire peut-être l'échec de sa révolte. Du reste, la fin de Kennedy Junior est sans doute à rapprocher de la dernière phrase de Mammifères qui, elle aussi, laissait les choses en suspend : « L'éclatement est proche ». De quel éclatement parles-tu, prophète ?Une révolution, Sire... Un écrivain révolutionnaire ? Bordel, je croyais la chose éradiquée. Vive la révolution d’octobre ! Pourquoi ces caricatures acides du musulman dans Kennedy Junior ? Je te vois venir... Moi pas.On va remettre les choses dans le contexte du livre. A un moment, Loïc, alias Bob, le père de Kennedy Junior, une espèce de niais adorable et immature, fait une fugue avec une de ses élèves, la fameuse Soraya. Soraya est une musulmane sans aucun complexe. Bob, en tant que prof de lettres un peu caricatural, anime un atelier-théâtre dans un lycée de banlieue, à « Gronesse ». Il a mis en scène le Dom Juan de Molière de façon « olé olé » ou ridiculement avant-gardiste : Soraya y joue le rôle d'Elvire, elle porte une burqa, un porte-jarretelles et elle est assise sur les genoux de Bob qui, lui, est en caleçon. Tu vois le tableau absurde ! Enfin bref, Kennedy Junior a vu les photos sur Facebook - il a piraté le compte de son père, évidemment. Alors, il imagine une espèce de dialogue entre Bob, Soraya et l'imam de Gronesse. Et l'imam de Gronesse, il n'est pas vraiment d'accord avec ça, comme tu t'en doutes ! Alors, il y a une petite scène qui me fait rire dans laquelle s'affrontent finalement une caricature d'imam et cette Soraya qui, elle, en gros, est dans la mouvance de « Ni putes, ni soumises», le tout dans une langue mêlant le style de Molière et le langage facebookien. Si j’étais imam, je contacterais la LICRA ou la HALDE et je t’enverrais en prison, mécréant. C’est quoi la religion pour Pierre Mérot ? Je veux dire : tes livres s’attaquent tous d’une certaine manière à une religion – pédagogique ou psychanalytique dans Mammifères par exemple ; dans Kennedy Junior la religion du politiquement correct si l’on veut –, ou à un dogme. Tu serais pas, en plus d’être révolutionnaire, un poil anar ?Si tu peux m'obtenir un procès, je t'en serai très reconnaissant. Mais j'aimerais mieux passer en justice – quelle belle expression ! - pour crime de lèse-Sarkozy. C'est quand même l'une des cibles essentielles du livre. Bon, je vais répondre à ta question, n'aie crainte. D'abord, tu devrais ajouter que dans Mammifères je me suis aussi attaqué à la religion de la famille et de la mère. Je veux dire que, compte tenu de mon parcours personnel et de ce que j'observe autour de moi, la sacralisation de la famille et de la mère me révulse et me semble très hypocrite. J'ai écrit que c'était le premier étage de la domination, ce par quoi l'organisation sociale exerçait son pouvoir de contrainte. Ce n'est pas nouveau, mais je tiens à le re-préciser. Quand j'entends une personne vanter son amour de la mère – mais ça pourrait être aussi du père -, je pense que soit elle a eu beaucoup de chance, soit c'est une personne dangereusement stupide. Et c'est peut-être à partir de cet échelon de base que je juge (et me révolte contre) tout ce qui ressemble à ce que tu appelles au sens large « religion », c'est-à-dire une entreprise de pouvoir visant d'abord à contraindre les gens et à disqualifier ceux qui émettent un doute sur la sanctification aveugle de la vie et de la reproduction. Si par « anar » tu entends remettre en cause cette croyance sacrée sur laquelle repose toute domination, cette correcte opinion concernant la vie, alors, oui, je suis « anar ». Comment un anar accepte-t-il de donner une interview à la revue des grandes fortunes Balthazar ? … et distribuée aux « meilleurs » abonnés du Figaro, en plus ! « Meilleurs », ça doit vouloir dire « les plus riches ». C'est sûrement une contradiction du système. Oui, ça fait drôle de se retrouver là-dedans. Mais bon, le journaliste savait ce qu'il faisait, je l'espère. Et je lui en suis reconnaissant. Quant à moi, je ne connaissais pas cette revue, alors : « Allons-y ! » Finalement, c'est plutôt drôle, non ? Et puis, dans le numéro de Balthazar dont tu parles, il y a Pierre Gagnaire en couverture, l'un des plus grands chefs de la Terre. Et comme j'adore la cuisine de haute voltige... Ne serait-ce, déjà, que verbalement : l'intitulé des plats, quand tu lis une carte, c'est de la littérature. Je me permets de préciser que c'est même une des gourmandises qu'on trouve dans Arkansas. Bon, cela dit, je me vois mal débarquer chez Gagnaire avec Balthazar sous le bras et lui taper sur l'épaule : « Camarade, on est dans la même revue, prends soin de moi ! » Il ne faudrait surtout pas oublier qu'un cuisinier est socialement plus important qu'un écrivain... Tu viendrais sur le Ring ? A quel prix ? Propos recueillis par Pierre Poucet
Toutes les réactions (21)
1. 01/07/2010 15:54 - AppAS
Le recyclage de la culture facebookienne des adolescents n'est pas le moindre des mérites de ce roman que j'ai trouvé, pour ma part, assez optimiste.
2. 01/07/2010 19:36 - Bernard B.
Mouais, son bouquin est peut-être pas mal, mais je n'ai pas vu dans cette itw l'ombre de la trace d'une pensée originale ou intéressante. Juste le ramassis des lieux communs habituels qu'on peut entendre chez le premier gauchiste haineux et plein de ressentiment venu. Ou anar c'est pareil. Même pas drôle en plus alors que son livre est censé l'être. Provoc ? bof. Enfin si quelqu'un a vu quelque chose de plus que moi, qu'il ne manque pas de nous en faire profiter.
3. 01/07/2010 20:07 - Quentin
Oui, heureusement qu'il y a Poucet car on s'ennuie.
4. 01/07/2010 21:35 - Murielle Lucie Clément
De ma résidence estivale, j'ai adoré rencontrer la « paire de couilles ornée d'une cravate” ! Ici, elles sont en short ! Personnellement, je n'ai pas de préférence.
@ Pierre Mérot: Bravo cher Pierre, c'est envoyé!
@ Bernard B. Votre commentaire n'est qu'un ramassis haineux etc. Depuis quand un écrivain, un vrai, est-il obligé de faire rire dans ses entretiens ou d'énoncer des nouveautés, de proclamer du jamais entendu? En outre, lisez entre les lignes et vous arriverez peut-être, je dis bien peut-être, à une autre conclusion que de penser avoir affaire à un gauchiste "haineux et plein de ressentiment". Il faudrait tout de même apprendre à lire, diantre! Je suis vraiment heureuse et satisfaite de voir tellement de choses de plus que vous, qu'il me serait impossible de les énumérer. Relisez avec un autre état d'esprit et, si vous en êtes capables, vous trouverez quelques perles, à moins que votre érudition ne vous porte bien au-delà de nos sphères.
5. 01/07/2010 23:13 - Bernard B.
"un écrivain, un vrai, est-il obligé de faire rire dans ses entretiens ou d'énoncer des nouveautés, de proclamer du jamais entendu ?"
peut-être pas en effet, mais j'apprécie qu'il me fasse réfléchir, qu'il ouvre des voies... et là, désolé, j'ai beau faire un effort, essayer d'avoir un "autre état d'esprit", je ne vois là que des banalités, être anti-sarko, détester les bourgeois cathos, enjoindre aux gens de se révolter, etc... j'entends ça tous les jours, et ça ne me parle pas, tant mieux pour vous si ça vous met en joie !
6. 02/07/2010 01:43 - Pauline Grouintch
Bernard Bernard a raison : il es inutile de lire les livres. Franchement, mieux vaut parcourir les commentaires et itw, ça évite de perdre du temps. Cette itw en dit assez long sur les trupitudes d'un type qui traite plus bas que terre les mères ! J'ai lu Mamifères : une honte ! Je regrete cet achat. Madame Murielle Clement, vous avez des enfants ??? Pas besoin d'être érudite pour considérer que Mérot veut juste cracher sa haine et faire croire à une révolte qui ne tourne autour que de sa petite personne. Bravo Bernard Bernard ! Entièrement d'accord !
7. 02/07/2010 07:49 - Mehdi Kahal
je commençais à trouver vos derniers articles intéressants, monsieur Poucet. Meilleurs que les premiers que j'ai lu. Le style semblait s'affiner. Le "attention concept" n'en est pas une réelle signature; n'avez-vous pas piquer le truc à un zonard par hasard? C'est marrant comme les acteurs aiment prendre la pose. L'homme concept? Rien que ça! Glaneur tout au plus. Je vais aller lire votre Taguieff pour voir, ça m'a l'air plus enlevé.
Mérot ne serait pas de la Matrice lui, mais "la réalité comme dogme étouffant" ne dit pas que le dormeur s'est réveillé. Drôle de crabe. Je crois que Bernard a bien résumé le propos.
8. 02/07/2010 12:07 - Murielle Lucie Clément
@ Bernard: Votre commentaire est appréciable car il laisse entrevoir votre intégrité. Dommage cependant que vous n'ayez pas lu le livre car c'est tout de même l'écriture qui fait un livre.
@Pauline: Quelle question de savoir si j'ai des enfants!! En quoi ma vie privée changerait-elle votre commentaire qui, soit dit en passant, est effarant si vous considérez qu'"il est inutile de lire les livres"!!? Pour ma part, j'estime que c'est une condition primordiale, je dirais même plus: PRIMORDIALE, pour être en mesure de se faire une opinion personnelle et de donner son avis sans être ridicule.
D'autre part, pour revenir à votre question, je suis très capable de faire la différence entre ma vie personnelles et ne me sens nullement attaquée lorsqu'un auteur écrit ce que certains estiment "désobligeant sur les femmes ou les mères car il y en a de toutes envergure et sans envergure, soyons franches.
Ne nous méprenons pas. Mérot est un grand bonhomme, il suffit de lire ses bouquins. Pas besoin à ce sujet de tourner autour du pot. Bravo Mérot.
9. 02/07/2010 12:10 - Floria Tosca
Tout à fait d'accord avec Murielle Lucie Clément.
Qu'attendre de commentateurs qui sont incapables d'écrire les noms de personnes de façon correcte?
10. 02/07/2010 12:34 - Pauline Grouintch
Grouintch ! Je me demande qui se cache derrière ce nom...
@ Mumu : merci... Vous êtes la guerrière honnête dont l'auteur a besoin.
Votre bien dévouée Pauline.
11. 02/07/2010 13:36 - Pierre Poucet
Bien.
Le premier commentaire de Bernard² est assez drôle et convenu. Mais l'homme, oui, semble intègre. Je me permets juste de rappeler un point essentiel de la philosophie de Ring: la confrontation, avec intelligence et finesse si possible. Pour qu'il y ait confrontation, il faut contradiction, n'est-ce pas? Ou différence. Je ne voudrais pas d'un journal où la même opinion de droite serait ressassée en boucle comme une doxa prépubère. Un écrivain de gauche? Très bien, qu'il vienne sur le Ring exposer sa pensée, et discutons. C'est ce qu'a fait Pierre Mérot en ayant conscience du "danger" de s'exposer à l'Autre. Je salue ici sa démarche. La prochaine étape idéale dans une vraie démarche ringuienne serait de faire venir un vrai coco, pur et dur, un stal', un vrai de vrai 100% rouge. Là ce serait du Ring.
Ensuite il y a Pauline Grouintch (???), pour laquelle je ne peux rien. Je jette donc mon bonnet par dessus le moulin.
Puis Mehdi Kahal (ou Hospi Tsahal), et son vil commentaire, que je remercie. Plusieurs choses, très cher. Le "attention concept" est effectivement une sorte de signature, si vous voulez. Mais il l'est aussi devenu grâce aux lecteurs. J'ai glissé ce "tic" dans quelques uns de mes premiers papiers, il fut repris par d'autres, puis le lecteur s'est mit à traquer le bidule dans mes articles. J'ai trouvé cela amusant, et, pour des raisons qui vous échappent, vrai. Mais on s'en fout...
12. 02/07/2010 13:39 - Pierre Poucet
... Toujours sur ce haut sujet, non, je n'ai pas piqué ce truc à un zonard (et qu'appelez-vous un zonard, dans votre langue?). Le concept, c'est mon boulot, je travaille dessus, avec, dedans, je les forge, je les pénètre, je les craque, les piétine, je les enfonce, les crée, et bien d'autres choses encore que la morale me commande de taire. Mais je n'aurai pas non plus la prétention de dire que je suis l'inventeur génial de l'expression "attention concept" sur la planète. En fait si. Tout au plus me la suis-je réappropriée. Rien ne se perd, rien ne se crée. Et tout se transforme. La prochaine fois, j'écrirai un article uniquement avec des néologismes, je forgerai une langue inconnue. Oui, je la jouerai surréaliste. J'annonce un grand moment de communion avec le lecteur.
Votre commentaire verse ensuite dans la petite mesquinerie prétentieuse, sèche et pauvre. Je ne suis pas acteur, mais comédien, entre autres. La nuance est sensible, mais ne semble pas votre fort. Enfin, ce chapeau d'article, "l'homme concept", n'est pas de mon fait mais celui du rédacteur en chef, que vous connaissez je présume. C'est mal me connaître, m'avoir mal lu, mal vu, n'avoir rien compris que de croire une chose pareille. M'auto-déclarer "homme concept"... quelle blague. Ensuite, pour le glaneur que je serais, je n'ai rien à répondre, si ce n'est de vous inviter à relire la définition de ce terme, et à vous enjoindre à la politesse. C'est marrant comme les cuistres aiment prendre des poses. Mais je vous remercie pour ces commentaires. Celui-là seul est l'égal d'un autre, qui le prouve
13. 02/07/2010 18:22 - Pierre Mérot
Ah Bernard Bernard, votre commentaire est à la fois trop sérieux et pas assez... Trop, parce que vous demandez à un écrivain qui se prête à l'exercice d'une interview (si vous avez, une fois dans votre vie, répondu à autre chose que "Comment allez-vous ?" - question qui peut nous mettre déjà dans l'embarras comme, au fond, toute question qui nous est adressée -, alors vous comprendrez que celle-ci n'est pas la pire), vous lui demandez donc d'avoir sur le monde le point de vue d'un penseur subtil et informé. Ce n'est le cas ni dans ma vie, ni dans mes livres, lesquels seraient alors vraisemblablement très ennuyeux et plus que superficiels. Mais vos propos manquent également de sérieux, ou alors vous avez survolé cet entretien. Combien de fois y ai-je précisé que, finalement, je ne me sentais d'autres compétences "techniques" que celle propres à la littérature, quand bien même communiquerait-elle avec notre réalité. Combien de fois y ai-je rappelé qu'il me fallait retourner dans cet élément qui est le mien où je peux nager au lieu de tituber tel un désaccordé sur la Terre. Combien de fois, aussi, ai-je averti que ce Kennedy Junior s'autorisait des jugements à l'emporte-pièce et ne prétendait nullement à un formidable commentaire du monde "more geometrico". Vous jugez donc ce fameux "extérieur" du texte, ce qui, sans doute, vous fait faire l'économie d'une lecture. Bon, je m'arrête là, je vais devenir horriblement sérieux, à mon tour. Et je ne crois pas que mon rôle soit d'entrer dans cette espèce d'échange généralisé, masqué, froidement informatisé, coupeur des têtes qui dépassent - au point que l'écrivain se commet avec le plus obscur de ses commentateurs, ou plutôt consommateurs, fût-il son semblable, pour ne plus former avec lui qu'une seule bouillie indéterminée et passablement stupide. Pauline Grouintch et moi-même, cher Bernard Bernard, vous envoyons nos très raffinées salutations.
14. 02/07/2010 21:57 - Louis-Philippe
Rarement je commente quoi que ce soit bien que je sois un fidèle lecteur du RING mais aussi de nombreux auteurs, mais là je mets les pieds dans le plat!! Pierre Mérot est bien trop bon de perdre son temps en commentaire. Il a déjà, non seulement, répondu à un entretien ou plus exactement participer à un entretien et tous les commentaires il les a déjà en grande partie exprimés dans "Kennedy junior" justement sans parler de ses autres bouquins tout aussi extra. Je reprendrais ici, si vous le permettez, l'expression désopilante de Madame PG: pas besoin d'être érudit pour le savoir, bien que j'ai l'impression qu'entre ses lèvres ce terme soit presque une insulte. Personnellement, je préfère: "ya pas besoin de sortir de polytechnique pour…" Enfin, Monsieur Mérot est bien assez grand pour se défendre tout seul. Ici c'est juste mon opinion personnelle.
Quant à Pierre Poucet, il fait des trucs époustouflant et il laisse toujours parler son interlocuteur librement. Classe!!
Je salue Madame Murielle Lucie Clément qui a bien raison: il faut lire, lire et lire. Enfin elle ne le dit pas comme ça, mais c'est comme cela que je l'entends.
15. 03/07/2010 00:14 - Mehdi
Ce n'est pas convenu peut-être d'être anti sarko anti catho etc, comme le pointe Bernard. La nuance entre acteur et comédien non plus. Allez allez.
Hospi Tsahal c'est pas mal. Et sur Taguieff très bien, je trouve. Ma petite crotte sèche parfaitement insipide il est vrai, a le mérite, pour moi seul peut-être, de m'aider à mieux vous découvrir. Parce que je ne vous connais pas, ça c'est vrai. Mal lu? Bof. On vous a pas attendu pour lire Taguieff non plus. Et d'autres. Ma petite provocation du "glaneur"? Qu'est-ce qu'un glaneur? Quel répondant!
Par contre enjoindre à la politesse le cuistre que vous dites que je serais... Mesquin conviendrait mieux à mon dernier post, ce que vous avez noté, assez justement. Me connaissez-vous pour autant? Pas le moins du monde.
Forgez mon cher, forgez, c'est en forgeant qu'on devient forgeron.
Sans rancune.
16. 03/07/2010 10:22 - liberthym19
Pierre Mérot est un authentique artiste, un être sensible qui arrive à mettre des phrases en forme à partir de sa résonance au monde. Il a écrit : "Il faut aimer les hommes et croire en leur liberté" (in "l'irréaliste"). Sa plume est trempée dans la vie, dans son angoisse, dans ses amours, dans ses faiblesses et dans ses luttes. Il est dans la veine de Blaise Cendrars, Henry Miller, Malcom Lowry par exemple. Liste non exhaustive et à chaque lecteur sa propre liste : on ramène toujours ce que l'on aime à ce que l'on connait. Pas un sociologue, pas un théoricien mais un écrivain. Qui a pour fonction d'éclairer, à sa façon, l'époque et de procurer de la Joie à qui voudra bien se pencher sur son travail. Il y réussit parfaitement.
Voir en lui un homme de ressentiment montre que l'on est à côté de la plaque. Bernard Bernard, l' écholalique : écoutez bien Marie-Lucie Clément. Lisez réellement ou relisez Pierre Mérot. Vous risquez de passer à côté de quelque chose.
17. 05/07/2010 10:03 - Guit'z
J'ai lu cette année le roman de M. Mérot intitulé Mammifère : une merveille d'humour noir et du lucidité !
Je vais donc me faire une joie de lire son nouvel opus dès cet été.
A la bonne votre, M. Mérot.
18. 06/07/2010 20:26 - Pierre Mérot
Merci !
19. 10/07/2010 17:06 - Nicolas Sarkozy
Au boulot, vous tous, allez-y donc voir, au boulot.
20. 21/08/2010 15:42 - Alan M.
Je n'ai pas encore lu le dernier en date de Mérot, mais, avant-hier, j'ai dégusté "Mammifères" ...Quelle expérience! Voilà quelques années que le vertébré languissait dans ma bibliothèque, attendant longanime que je taite son lait amer... Que ne l'ai-je fait plus tôt! Une vraie révélation!
Depuis hier, je m'ébaude dans le drolatique et iréel, réaliste et multiple, et génial, et cynique Arkansas... Je vous laisse, il faut que j'y retourne...
Chapeau bas monsieur Mérot!
21. 21/08/2010 16:55 - Alan M.
désolé pour le "taite"... Décidément mon aurtaugrafe ne s'arenge pa....
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Dernière réaction Le recyclage de la culture facebookienne des adolescents n'est pas le moindre des mérites de ce roman que j'ai trouvé, pour ma part, assez optimiste.  01/07/2010 15:54 AppAS
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