Entretien avec Raphaël Sorin
SURLERING.COM - THE BOOKMAKER - par Pierre Poucet - le 29/03/2010 - 11 réactions -
Depuis son domicile parisien, l'éditeur culte Raphaël Sorin a reçu Ring pour lui montrer l'éternelle jeunesse de son fusil à lunettes. Mercenaire et chercheur d'or, bienvenue dans le cerveau du dernier génie de l'édition française. Entretien cinq étoiles réalisé par Pierre Poucet.David Kersan

copyright Pierre Poucet
Raphaël, commençons par une question impertinente : qui êtes-vous ?
Le même et chaque fois différent. Non… Je suis un homme qui devient vieux et qui en même temps s’amuse comme un gamin.
Vous vous amusez avec quoi ?
Avec le monde, avec ceux de ma génération qui ont soif d’honneurs. Et puis les plus jeunes qui aimeraient bien en faire autant mais qui rament un peu. Mais c’est amusant à observer cette chose, j’ai pas mal de recul maintenant par rapport et au monde littéraire et au monde des médias que j’ai quand même traversés pendant 40 ans. Quand je vois mes camarades en académicien français ou ceux qui acceptent la Légion d’Honneur, je pouffe. Donc voilà, ça maintient en vie de pouffer.
Votre activité principale : l’édition. Je la joue à la Sergio Leone : dans la vie, y a deux genres de mecs – d’éditeurs – les marchands, et les autres. Qui sont les autres ?
Un peu des gens comme moi. Je dirais des aventuriers mais franchement on ne risque pas sa vie. Mais disons quelqu’un qui n’hésite pas à publier des choses très diverses, et éventuellement offensantes, délirantes, déroutantes. Si je pense au palmarès des auteurs que j’ai publiés, c’est un méli-mélo invraisemblable. Je suis l’anti-Lindon, ou l’anti-P.O.L. ou l’anti-Verticales, ou l’anti tout ce que vous voulez. Je suis allé vers des choses très différentes. Parfois par provocation, souvent par curiosité. Quand on est à la fois l’éditeur de Bukowski, d’Astruc, de la biographie de Nimier ou celle de celle de Dominique de Roux, ou encore des textes d’Erik Satie, de Malevitch, du livre de Costes, Eudeline, le livre d’Ovidie (Porno Manifesto), de Pacadis, de Béatrix Beck… Entre Pacadis et Béatrice Beck, il n’y a aucun lien esthétique, ni même moral, seulement l’envie de s’amuser et de faire des choses différentes. Et aujourd’hui je continue à publier des livres.
Ça vous vient d’où, tout ça ?
Ça doit venir de ma formation de jeune homme curieux. J'ai passé ma vie à la Cinémathèque. J’ai habité sur les quais de Paris, en face des bouquinistes. Tout ça en suivant des études universitaires sérieuses – ou dites sérieuses, puisque j’ai été deux ans au séminaire de Roland Barthes, ce qui était tout sauf léger. Sur les quais de la Seine, chez les bouquinistes, c’est là que j’ai acheté des tas de trucs, et que j’ai notamment découvert la littérature maudite dite « de droite ». Et puis comme toujours – on n’est jamais tout à fait seul dans la vie – mon meilleur ami (qui est malheureusement mort à 30 ans) me confortait dans l’idée qu’il fallait lire plutôt Drieu la Rochelle plutôt qu’Hervé Bazin ou Michel Butor. En outre j’ai eu la chance de naître dans une famille à la fois cosmopolite et cultivée. Ma mère était cousine avec l’écrivain Elias Canetti que j’ai bien connu. Dans nos réunions de famille, on parlait facilement quatre ou cinq langues différentes – c'était la Tour de Babel. Je suis allé dans de bons lycées, Michelet, Louis-le-Grand. Evidemment on rencontre des gens intéressants, surtout en hypokhâgne et khâgne. J'ai copiné avec ceux qui allaient devenir le noyau central de la Gauche Prolétarienne, Linhart et Miller, tout en étant réticent au maoïsme et hostile à la psychanalyse. Ma mère était amie avec Mary Meerson et Henri Langlois. Très jeune j'étais chez moi à la Cinémathèque de la rue d'Ulm. J’ai même été volontaire pour classer une partie de ses archives photo. Paris était une ville formidable. J'allais dans les cinémas d’art et d’essai, à la Pagode, au studio Parnasse, au studio Bertrand. Je voyais des films soviétiques puisqu’il y avait un cinéma qui s’appelait le Pax – fréquenté à la même époque par Patrick Modiano – qui s’était spécialisé dans les films staliniens. De quoi vous dégoûter du cinéma. Je lisais la presse, je lisais les revues. Dans ces années 50, on avait un choix énorme : on pouvait lire 4 ou 5 journaux hebdomadaires, de droite comme Arts, ou liées au P.C.F comme Les Lettres françaises. Et dans Les Lettres françaises, je me souviens d'avoir lu des articles sur Kerouac et le fameux article d’Aragon sur Godard… Et je suis un contemporain des débuts de la Nouvelle Vague. J’ai vu A bout de souffle quasiment le jour de sa sortie ; les Truffaut, les Rouch, les Chabrol. J'ai fréquenté Jean Ferry, un ancien du groupe surréaliste, un très bon scénariste-dialoguiste, l'auteur des dialogues de Quai des Orfèvres de Clouzot. Il était le premier spécialiste de Raymond Roussel, un membre du Collège de Pataphysique. C’était mon voisin. J’allais souvent le voir quand j’étais gamin. L'ensemble, vous en conviendrez, donne une culture aussi complète que bizarre. En Khâgne, Miller faisait un exposé sur Sade. Au Champollion, je découvrais les Marx Brother et Laurel et Hardy. Rue d'Ulm, je délirais sur L'Homme à la caméra. Sans compter que je vivais à 300 mètres de Saint-Germain-des-Prés, pas encore tout à fait mort. La librairie Le Hune ou, rue du dragon, le Centre Culturel américain, c'étaient des lieux magiques et... gratuits.
L’Homme à la caméra... un chef-d’œuvre. Quant aux manifestes de Vertov…
Mgnifiques, non ? Esthétiquement un sommet. Ces manifestes, oui, ressemblent à des poèmes. Ça rejoint le poète préféré de mon adolescence, Blaise Cendrars. C'est le cubisme, le futurisme, Apollinaire. A Champ Libre, j'ai publié non seulement Malevitch mais aussi des textes moins connus comme Le Dernier tableau de Taraboukine, un texte fondamental sur l'art russe qui était en train de s’éclater avec tous ces ismes qui annoncaient un foisonnement extraordinaire mis en cause par Lénine et écrasé par Staline.
Ce foisonnement, ça ressemble à ce que voulait être l’expérience Champ Libre. C’était quoi, cette période Champ Libre ?
Ça s’est fait d’une manière amusante. J’avais commencé dans l’édition assez tôt comme lecteur au Seuil, pour Jean Cayrol, qui a publié mon premier roman quand j’avais 20 ans dans sa collection qui s’appelait « Ecrire ». Cayrol avait découvert Sollers, Denis Roche, Claude Durand et pas mal d’autres. J’ai vécu ensuite une expérience assez intéressante puisque Claude Durand a créé à l’époque une collection qui s’appelait « Combat ». J’y ai apporté un des premiers titres, les écrits d’un prêtre guérillero colombien, Camilo Torrès, mort les armes à la main. Arrive Mai 68 qui nous a tous un peu surpris quand même. Au Seuil, on a vu arriver à peu près tous les gauchistes qui voulaient écrire, dont Cohn-Bendit. C’était alors un poste d’observation assez étonnant parce qu’on voyait passer les trotskystes, les maoïstes, les anars, enfin tout ce qu’on peut imaginer… Je me souviens du détachement que j’avais par rapport à tout ça, toutes ces paroles confuses, avec tous ces gens qui voulaient écrire des livres presque à chaud. J’allais me promener le soir dans Paris. C’était amusant d’aller à la Sorbonne occupée. Le hasard a fait que je me suis retrouvé à la Bourse le jour où la Bourse a failli cramer. Il y avait quand même un climat d’émeute, des tas d’ordures qui cramaient. Ça me rappelait mes études d’histoire, les grands moments de 1830 ou 1848… ça pouvait tourner au vinaigre. Et par un ami de Louis-le-Grand qui s’appelle Jean-Pierre Gorin, j’ai rencontré Gérald Lebovici. De fil en aiguille, je me suis retrouvé embarqué. Lebo était l’agent de Montand. Godard et Gorin avaient le projet d’un film, Tout va bien, avec Jane Fonda. Au cours d’un déjeuner, j’ai dit beaucoup de bien de Gorin, alors un total inconnu, pour rassurer l’impresario. Il avait crée Champ Libre avec Gérard Guégan, un ancien gauchiste aux Cahiers du cinéma. Je venais de passer du temps avec le « Groupe Dziga Vertov » (Godard-Gorin) et étais libre. Donc Champ Libre promit de m’accueillir. J’y suis entré pour y reprendre des textes oubliés ou méconnus de diverses avant-gardes. On a donc publié Malevitch, Satie, Pessoa, Ribemont, Dessaignes, et j’étais très branché sur la littérature américaine. Jean-Patrick Manchette, un autre ami de lycée, a été recruté pour créer une collection de S.F. Il a trouvé le titre de la collection « Chute Libre ». Par la suite il est parti et je suis resté pour m’en occuper avec Jean-Claude Zylberstein. On a publié Spinrad, Farmer, Philip K. Dick, Zelazny, etc. et la maison petit à petit a pris une orientation qui n’était pas seulement politique et gauchiste, avec d’autres ambitions comme de publier Debord. Par la suite il y a eu un conflit souterrain avec Debord. Guégan et moi sommes partis de Champ Libre et on nous a proposé de reprendre le Sagittaire. On a essayé de refaire l’expérience au Sagittaire. Ça a duré quatre ans mais on avait contre nous les responsables de Hachette et de Grasset. J’ai vécu deux expériences successives dans des petites maisons qui n’ont pas vécu assez longtemps pour s’accomplir. Je connais peu de maisons d’édition où, dans la même journée, on recevait à la fois William Burroughs et Alphonse Boudard ! Tant pis pour la prétendue « pureté » d’un catalogue.
Comment jugez-vous cette période là aujourd’hui ? Vous en êtes « revenu » ?
Non, je n’en suis pas revenu, j’en suis sorti. Ça a été rendu possible par le caprice de deux hommes, Gérald Lebovici qui en a eu envie alors qu’il était en train de devenir le patron du cinéma français, et Guégan. Aujourd’hui encore je me demande si ce serait possible avec cette liberté. Quand on publiait le manifeste contre le féminisme d’Annie Le Brun, ça faisait du bruit. Quand on publiait Bukowski, on le faisait venir à Paris, et c’était un évènement. Maintenant, il faudrait être maître de sa production pour arriver à ce qu’elle soit contre tout ce qui est de l’ordre des idées dominantes. Je continue discrètement dans mon blog d’être à rebours. Je ne trouverai dans aucun journal la liberté de me foutre de Le Clézio ou de Modiano, de refuser de pleurnicher sur Camus ou de m’extasier à propos d’Edgar Morin. Écrire dans Le Monde sur le polar et la poésie ne serait plus possible aujourd’hui !
L’idée de provocation, de bousculade, la volonté d’être contre… Tout cela revient souvent dans votre discours. Être contre. Mais contre quoi ?
Contre les idées dominantes. Quand le féminisme était en train de s’imposer, c’était nécessaire de publier une femme qui avait un discours radicalement anti-féministe, contre le féminisme à la Beauvoir, ou de lancer L’Homme au magnétophone dans les pattes des psychanalystes. Aujourd’hui les débats sont confus et presque inaudibles. Généralement ils passent par la télé, sont oubliés le lendemain. Il n’y a pas de traces. Au moment où on publiait nos livres, il n’y avait pas encore toute cette récupération. On provoquait de vraies indignations. On a fait cette revue qui s’appelait Subjectif, qui était un petit brûlot. Quand on la relit aujourd’hui, on s’aperçoit que déjà ça allait contre Modiano, Le Clézio, ces gens-là que je ne supporte pas. Ni Guégan ni moi ne forcions notre nature. On était comme ça. C’est pour ça qu’on s’est entendus d’ailleurs. Même chose pour le cinéma français. Je le trouve insupportable et détestable. Je peux difficilement voir un film français. Quand je vois quelques images de La Rafle, je sais qu’il y a un consensus nul. Alors évidemment, vu le sujet, personne n’osera contester. Quand je vois que le film est produit par celui qui a commis cette horreur sur Piaf – c’est le même mec – faut vraiment lui conseiller d’arrêter les frais.
Le pire ennemi de la littérature ou de l’édition aujourd’hui, c’est quoi ? Le « système » ? Le « capitalisme » ?
C’est d’abord l’inculture. Je suis frappé par le fait que le gens n’ont plus du tout de culture historique, politique ou littéraire. Ce qui est arrivé à Bernard-Henri Levy est tout de même assez confondant. Les gens qui s’intéressent tout de même un peu à la philo – il est vrai que j’étais chez Fayard à l’époque où « Botul » a commencé à sévir – n’en reviennent pas. Et le fait qu’il soit aujourd’hui englué dans cette histoire, c’est un signe de l’époque. D’ailleurs, on peut être cultivé et néfaste, avec une chaire au Collège de France…
Je suis sûr que vous pensez à Antoine Compagnon. Qu’est-ce que vous avez contre lui ?
J’ai connu son père et j’ai même publié un livre de lui, une bonne bio du Maréchal Leclerc. Mais cet Antoine Compagnon représente pour moi le type même de l’universitaire ramollo.
Son livre sur les « antimodernes », vous le mettez dans le même panier ?
Oui. Il écrit beaucoup pour pas grand-chose. C’est un prof, quoi. Je les ai toujours détestés, en particulier les profs de français. Sauf un, en quatrième, un alcoolique, et j’étais particulièrement détesté par mon prof de littérature en khâgne. On l’appelait « le clebs », un mec totalement idiot.
Quelle était la nature de la relation que vous entreteniez avec Barthes ?
Une relation curieuse. Là encore j’avais rejoint un petit gang. On était trois rebelles. C’était Michel Giroud, qui est devenu le grand spécialiste de Dada, et un fanatique de Pessoa, Seabra, que j’aimais beaucoup, qui était un réfugié politique portugais. Il vivait misérablement et après la Révolution des Œillets il s’est retrouvé quelques temps ministre de la culture et représentant du Portugal à l’UNESCO. Je travaillais sur Roussel. Les stars du séminaire, c’étaient Genette et Todorov. J’avais de bonnes relations avec Barthes, mais au bout de deux ans j’en ai eu marre. On sentait que lui-même s’emmerdait horriblement. Il m’avait donné à faire un exposé sur Hemslev, ce qui est quand même très coton, et visiblement ça le barbait. La preuve, c’est qu’il a écrit son livre le plus chiant, le plus inopérant qui est Le Système de la mode. Alors que c’était un jouisseur, un beau parleur. J’avais aimé les Mythologies, un livre qui reste formidable, et son Michelet aussi qui est très bien. Les gens allaient écouter Lacan, d’autres c’était Althusser. Ou Foucault. Moi ce fut Barthes parce que c’était la littérature qui m’intéressait mais j’ai pas été tout à fait illuminé par son discours. Ses pseudo-théories, je crois qu’il n’y croyait pas lui-même. D’ailleurs depuis, Genette et Todorov ont jeté ce bébé avec l’eau du bain.
On fait comment pour passer de la lecture des structuralistes à celle des Mémoires d’un fasciste ?
Tout cela n’est pas contradictoire. A partir du moment où on s’intéresse. Rebatet, je l’ai lu très tôt. Les Décombres, j’ai trouvé ça hideux et fascinant. Ma mère m’avait raconté beaucoup de choses sur la guerre et l’Occupation, elle avait failli y passer. Elle a été dénoncée par un passeur comme juive. Elle m’a raconté le jour de l’exode – elle habitait rue du Cherche-Midi – elle était avec ma grand-mère – et tous les habitants de l’immeuble s’étaient barrés sans les prévenir. On les avait laissées à l’abandon – c’est aussi intéressant que La Rafle, ça. Elles on trouvé leur immeuble vide parce que les gens avaient la trouille, ils chiaient sans doute dans leur culotte. C’est pour ça que cette période m’intéresse autant. Et j’ai connu des résistants, André Thirion, Roger Pannequin… Si on veut comprendre cette période, il faut tout lire, tout comprendre. Et il y a quand même des témoins.
« Rebatet impubliable », disiez-vous sur votre blog. Aujourd’hui, qu’est-ce qui est impubliable ?
Tout est publiable, à condition de le présenter comme il faut. On va sans doute – c’est tombé dans le domaine public – rééditer Mein kampf. Je suis pour. J’ai toujours milité pour la réédition des pamphlets de Céline. Parce que quand on se démerde, quand on est malin (ou quand on a de l’argent) on achète les éditions originales ou les éditions pirates.
Sur quoi porte la censure aujourd’hui ?
L’antisémitisme, le racisme… mais pas seulement. Tenez le cas de Bürckel, j’ai pris sa défense quand pour son livre Pogrom il a été attaqué et poursuivi en justice. Je suis allé témoigner au tribunal en disant que – c’est un problème classique du romancier – le romancier fait parler ses personnages… Alors est-ce qu’il faut lui prêter leurs propos ? C’est le même problème qu’a eu Houellebecq avec Plateforme. Il est évident que dans Plateforme il y a plusieurs points de vue scandaleux et de l’humour noir. C’est un roman. Le rôle des éditeurs, c’est d’être solidaires. J’ai quand même connu la période de la guerre d’Algérie… La Question d’Henri Alleg était interdit. Mais on pouvait, si on avait les moyens, se procurer des exemplaires et se les refiler sous le manteau. J’ai même diffusé des brochures de Témoignage chrétien !
Finalement c’est ça la littérature pour Raphaël Sorin, un contre-pouvoir.
Oui, absolument. C’est un pouvoir énorme qu’ont les écrivains – qu’avaient les écrivains – et qu’ils sont en train de perdre. Ils vont en ordre dispersé, avalés par les médias…Il faut se souvenir de ce qui est arrivé à Nicolas Genka, l’auteur de L’Epi monstre, détruit par la censure.
Scutenaire disait : « J’écris pour des raisons qui poussent les autres à dévaliser un bureau de poste, à abattre le gendarme ou son maître, à détruire un ordre social » ? Vous, pourquoi éditez-vous ?
Oui, c’est pour ça ! Je vois ma carrière avortée à Champ Libre, à Sagittaire… J’ai été plusieurs fois mêlé à des émissions de télé qui finalement ont été interdites. Au Monde, d’une certaine manière, j’ai été poussé dehors parce que je dérangeais. Au Masque et la plume aussi j’ai fini par être éjecté en douceur parce que des éditeurs se plaignaient de ce qu’un éditeur dise ce qu’il pensait des bouquins qu’ils publiaient.
Vous avouez avoir baissé les armes.
Au Masque et la plume, j’étais souvent en contradiction avec les autres journalistes, surtout avant Garcin. Ma dernière expérience de télévision, à iTélé, Postface, là on peut dire que j’ai été viré par la directrice de la chaîne, qui d’ailleurs a été virée peu de temps après sans explication. J’ai participé à l’émission de Polac, on peut dire que la même chose est arrivée à Michel Polac. Chaque fois que j’arrive quelque part je me fais virer. L’émission de Garcin, La Boîte aux lettres, elle aussi a été supprimée de manière violente, à cause de Desproges. La troisième chaîne l’a supprimée brutalement du jour au lendemain. La censure existe encore. Ce n’est plus de la censure d’état, c’est à l’intérieur de l’entreprise. Il y des types qui vous disent « Allez, hop, vous nous avez assez fait chier comme ça, allez vous faire voir ailleurs ». Je l’ai vécu assez souvent. C’est pas dramatique. Alors maintenant mon dernier bastion, c’est le blog.
Sur votre blog, il y beaucoup de choses. Parmi les posts plus récents « Que lirons-nous en 2068 ? », très drôle, très houellebecquien. Ou encore « Lettre ouverte à Denis Tillinac »…
Oui, il a pas trop apprécié.
… Justement, dans cette lettre, j’ai trouvé une assez belle définition de la littérature que vous donniez, une définition que vous avait inspirée la lecture de Jacques Perret.
En voilà un grand refoulé…
Vous dites, à propos des nouvelles d’Enfantillages (que Le Dilettante a republié fin 2009), qu’elles ont « un goût exquis de mélisse et de rhubarbe. Il suffit d’en lire quatre ou cinq lignes pour constater que, on se tue à le répéter, la littérature tourne le dos au monde pour mieux le feinter ».
C’est ça et d’autres choses. Il se trouve que j’aime la France. Mon grand père, qui était né en Turquie, a hésité entre Londres et Paris. Donc j’aurais pu me retrouver Anglais. Après il a hésité entre Marseille et Paris, et j’aurais pu devenir Marseillais. Il se trouve que je suis français, et parisien. Quand on vit quelque part, on s’intéresse à l’endroit où l’on vit. J’ai eu la grande chance d’habiter la langue française. C’est pour ça que j’aime Raymond Dumay par exemple, ou Alexandre Vialatte. Ce sont des gens qui ne peuvent être que français. Moi je suis pour le cosmopolitisme dans la circulation des idées. Mais un écrivain doit être ancré quelque part. Faulkner est ancré dans son Sud, Giono dans sa Provence. Joyce est irlandais malgré tout, même s’il s’est exilé un peu partout. Canetti, il trimballe avec lui la Bulgarie, Vienne, Londres et Zurich, la langue allemande qui le définit et qui est son vrai territoire, qu’il a refusé de quitter. Un écrivain qui réussit à faire passer à l’universel sa particularité, c’est un écrivain intéressant. Peu y arrivent vraiment.
Parlez-moi de vos écrivains. Houellebecq ?
Houellebecq, il y avait d’abord son personnage. Maintenant il est à peu près normal… mais c’était quand même un personnage tout à fait unique. Quand j’ai lu Rester vivant j’ai été saisi. J’ai beaucoup aimé ses poèmes, contrairement à Nadeau. Nadeau est allé raconter que j’avais publié ses poèmes pour publier ses romans alors que c’est presque l’inverse. Je pense que certains de ses poèmes resteront des classiques. Le personnage était assez remarquable par son côté anti-star absolu. J’ai vu de près des gens qui sont assez comparables, Warhol ou Burroughs. Ils sont tellement à part que c’est de la graine de star anti-star. Warhol il payait pas mine. Il avait vraiment un air de débris avec sa moumoute blanche et son nez rouge. C’était clownesque. Mais il existait. Et Houellebecq a existé tout de suite avec Les particules élémentaires.
Et l’homme ?
Il est indéchiffrable, Houellebecq. Je ne veux pas rentrer dans les détails parce que je ne suis pas psychanalyste. C’est un homme très intelligent qui se trompe rarement. Son livre avec Bernard-Henri Levy c’était peut-être une erreur de parcours. Je ne lui aurais pas conseillé de le faire. En revanche le disque avec Iggy Pop c’est très bien, tout à fait dans la nostalgie. En revanche il a eu raison de s’obstiner à faire son film même s’il s’est planté. Il avait envie de le faire.
Le pessimisme, l’échec, la noirceur – que vous évoquez à la lecture de La Cendre aux yeux de Jean Forton par exemple – tout ça vous travaille. Vous dites aussi quelque part que vous aimez les écrits foireux…
Oui, Martinet aussi. Vous avez lu Jérôme ? Pour moi Jérôme c’est le modèle même de ce qui m’attire. Parce qu’on ne peut pas rater et foirer sa vie aussi bien. Le type qui a réussi, on s’en fout. Mais se rater à ce point et arriver à faire des livres, c’est assez admirable. Le succès, même relatif, de Martinet, d’un auteur qui avait tout contre lui, ça prouve qu’il y avait quelque chose de fort. Les livres bien propres sur eux, bien nettoyés…. Je pense à Jauffret, j’ai lu les premières pages de Sévère, qui a l’air de beaucoup plaire, ça ne m’intéresse pas, parce que c’est truqué. Jauffret a commencé par des livres plus intéressants, tordus, mais il a trouvé la manière. Et même dans la façon ridicule dont il se fait photographier avec son chapeau. C’est plus le même homme. Il est devenu écrivain. Un écrivain pour Télérama.
L’homme, finalement, en dit plus long que l’écrivain ?
Non. Les écrits comptent, évidemment. Et le chemin. Burroughs n’a pas arrêté de détruire ce qu’il avait réussi. Dans le livre d’après il faisait la même chose en pire. Et Bukowski pareil. Bukowski était intéressant pour ça. A la dernière période de sa vie il a fait des expériences littéraires étonnantes, un peu folles, mais qui prouvent qu’il ne s’est pas contenté d’être un alcoolo qui raconte ses petites coucheries avec des putes moches. Il a même essayé de mettre en scène Céline.
Vous prisez l’homme qui se définit en négatif ?
Oui, parce que c’est quelque chose en moi qui me correspond et me fascine. Les exemples célèbres de vies inachevées sont plus intéressants. Drieu la Rochelle, même s’il a foiré beaucoup de ses livres, foiré sa vie, il est plus intéressant qu’André Maurois dont il ne reste rien, rien du tout. Pas une ligne. Montherlant m’intéresse plus que Malraux. Et Camus me gonfle à mort. Pas Sartre.
Pourtant vous le détestez.
Oui, parce qu’il le mérite. Il a écrit un livre idiot sur les juifs, d’une imbécillité scandaleuse, et pas mal de conneries. Mais je lui dois d’avoir lu Dos Passos.
Que pensez-vous de Maurice G. Dantec ?
Dantec a en lui une force qui est unique en France. Quand il décrit la chute des Twin Towers, il le fait avec une puissance qu’on trouve seulement chez les Américains. Et à côté de ça il est embringué dans un méli-mélo idéologique, religieux, qui me dépasse totalement. Mais on a l’impression qu’il a besoin de ça pour fonctionner. C’est une sorte de carburant. Je viens de lire le hors-série des Inrockuptibles sur les « Nouvelles littératures françaises »… On y retrouve tous ceux que je ne supporte pas, Marie N’Diaye, Mathias Enard, Eric Reinhardt… et il y a un absent, Dantec ! Rien que pour ça, il faut l’applaudir et le lire. Vive le maudit !
Que pensez-vous de ces auteurs dits de la « nouvelle génération » comme Florian Zeller ?
Zeller, j’ai publié son premier livre et je ne le regrette pas. Ils sont jeunes encore, ils n’ont pas vécu grand-chose, c’est leur problème. Ils ont vécu des petites déprimes, ou des grandes, comme Nicolas Rey. Mais ça manque quand même de dignité, d’allure. Étaler ainsi ses misères comme si ça concernait le monde entier, ça m’a toujours profondément emmerdé. Sinon dans les jeunes qui arrivent, il y en a quelques-uns dont j’ai publié les premiers livres mais je n’ai pas eu le choc. Quand j’ai lu le manuscrit de Jérôme de Martinet, quoi. Là j’ai été vraiment saisi.
On a ressuscité le fantôme des Hussards à leur propos…
Oui, on a remis ça avec Beigbeder, Lambron, Besson ou Neuhoff…
Plutôt douteux pour Beigbeder ?
Pour tous. Les Hussards c’était une invention de Bernard Frank, écrivain que j’ai beaucoup pratiqué puisque je me suis occupé de ses rééditions. J’ai interrogé Nourissier qui aurait bien voulu en être, Jacques Laurent qui n’avait aucune envie d’y figurer, Déon qui refusait. Donc les Hussards, c’est très bien pour Marc Dambre. Ça lui a fait sa carrière universitaire. Il y a eu un colloque autour de ça à la Sorbonne avec Fasquelle comme témoin. Frank aussi était là, et tout le monde s’est étonné du succès de son article des Temps Modernes parce que quand on regarde de près les Hussards, aucun n’est de gauche c’est sûr, mais ils n’ont aucune esthétique commune.
Avec Perpendiculaire, vous avez lancé un mouvement littéraire…
Perpendiculaire a été lancé avec pas grand-chose quand même, et s’est retrouvé avec des pages entières dans le Monde, L’Obs, etc. C’était un lancement de nains réussi.
Oui, enfin ça s’est tout de même assez mal terminé.
Oui, ils ont viré Houellebecq assez méchamment, et Flammarion a arrêté la revue. On m’a alors accusé d’être un horrible censeur, mais en fait ils étaient totalement explosés par le succès de Houellebecq. Aujourd’hui on n’en parle plus de Perpendiculaire, tout le monde est reparti vivre sa vie. Il y aura des thèses dessus et un prof fera son beurre avec. Point final.
Si vous deviez ne garder qu’un écrivain ?
De quel siècle ? Français ? Difficile. On cite Céline, Proust… mais il y a aussi Bernanos, parfois Morand…
Ils sont majoritairement « de droite » ?
Dans les écrivains dits « de gauche », il y a des gens qui réussissent un livre. Roger Vailland il a réussi un livre, Drôle de jeu, mais le reste est pas terrible terrible. Romain Gary, pour moi, c’est pas formidable. Pire encore : ses films Kill ! et Les Oiseaux vont mourir au Pérou. C’est au-delà de tout ce qu’on peut imaginer. Le navet absolu. C’est terrifiant. En voilà, un écrivain surévalué. Beaucoup sont sous-évalués. Par exemple, Julien Green, que j’ai un peu connu. Un grand technicien du roman, pas si à l’ancienne que ça. Cendrars… Voyez, il y en a quand même quelques-uns. Giono souvent. La Bataille de Pavie, c’est magnifique, avec un portrait parallèle de François Ier et de Charles Quint extraordinairement vivant. Il m’est difficile après ça de dire ce que je pense de Nothomb, Angot ou Beigbeder. Je relis plutôt mes classiques. Saint Evremont, par exemple, c’est excellent.
Même BHL ne vous énerve pas ?
Ah ! C’est un vieux camarade. On se croise depuis longtemps. Je l’ai connu alors qu’il n’avait quasiment rien écrit et j’ai toujours eu de bonnes relations avec lui. Je ne l’ai jamais attaqué violemment, ni défendu violemment. Après tout à quoi bon ? Tout le monde lui tombe dessus en ce moment. Je n’aime pas les lynchages. J’aime bien être tout seul à défier un puissant. Je m’en suis pris à Michel Tournier, il me l’a fait payer puisqu’il me voue une haine solide depuis.
C’est quoi pour vous la posture de BHL, celle de « l’intellectuel » ?
J’apprends dans Le Journal du dimanche qu’il est allé au Brésil acheter du savon pour Battisti… Comment dire ? Pourquoi pas… Mais est-ce que Malraux serait allé acheter du savon pour un type en taule ? Ça m’a paru tellement bizarre, tellement incongru. C’est touchant quoi… j’ai pas dit affligeant, j’ai dit touchant.
Et Sollers ?
Sollers, pareil. On se connaît depuis 1960. Je lui ai fait pas mal de chatouilles, mais on se retrouve tous les ans à l’île de Ré. On a une maison là-bas, dans une zone pacifiée et inondée. Ça tient à ça aussi, les relations. J’ai une vieille tendresse pour lui. C’est comme une vieille maîtresse. Mais il me navre aussi. Il se donne tellement de mal pour trouver des lecteurs que je trouve qu’il devrait s’en foutre. Il a assez lu Saint-Jean de la Croix pour espérer dans « l’autre côté ».
Revenons un peu au cinéma. Vous parlez beaucoup des « gueules » du cinéma. Si vous aviez pu en être une, vous auriez incarné qui ?
Si je vous dis Bogart vous allez rire. Disons alors Garfield, un sous-Bogart...
Pas Gabin ?
Non, Gabin il était trop beau. Gabin, j’aime sa voix, j’aime sa gouaille, son allure, sa démarche, tout ça, mais j’aime pas trop sa gueule. Heureusement il s’est abîmé avec le temps. Non, moi ce serait Garfield et Bogart. Sinon l’idéal masculin c’est Gary Cooper. Et j’aime l’élégance de Fred Astaire. Voilà, moi j’aurais aimé danser comme Fred Astaire, chanter comme Sinatra et faire rire comme Groucho.
Qu’est-ce qui vous fait rire, Raphaël ? Vous parlez souvent de Laurel et Hardy.
Groucho me fait rire quand il tortille du cul en mâchant son cigare. Et j’adore Laurel et Hardy parce qu’ils ne me font pas seulement rire, ils me font réfléchir. A Rome, en 1969, j’ai expliqué à Godard que le vrai cinéma marxiste, dialectique et matérialiste, c’était Laurel et Hardy. La cinémathèque vient de leur rendre un juste hommage, et personne n’a souligné ce côté-là. Pourtant, c’était un cinéma sans illusions, avec ce rapport subtil entre le gros et le maigre, le faible et le fort. Tout était en finesse, c’est magnifique.
Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ?
Le nuit où j’ai lu le manuscrit des Particules élémentaires. Je suis allé voir Charles-Henri Flammarion et je lui ai dit : « Je crois qu’on tient un chef d’œuvre ». On n’était pas nombreux dans la maison à penser ça à part lui. Donc ça, ça reste un bon souvenir. J’en ai d’autres, mais celui-là il est marquant…
Le pire souvenir ?
La fin du Sagittaire. Parce que c’était totalement injuste.
Ma dernière question – de jeune con : comment aimeriez-vous mourir, Raphaël
En douceur !
Propos recueillis par Pierre Poucet, pour Ring Retrouvez le blog de Raphaël Sorin
Toutes les réactions (11)
1. 29/03/2010 15:30 - Amaury Watremez
J'adore tout les livres du Sagittaire, splendide aventure d'éditions (excellent livre de Guégan sur la question), et puis tous ces noms qui font rêver : Bernanos, Morand, Pacadis...
Monsieur Raphaël est un grand.
2. 29/03/2010 22:11 - Nach Mavidou
Un grand témoin des dernières décennies littéraires en France. Un homme libre, aussi. Merci, cette longue interview était passionnante.
3. 30/03/2010 09:09 - Amaury Watremez
Je ne savais pas qu'il avait publié également K. Dick et Norman Spinrad, ou qu'il a travaillé avec Manchette. C'est formidable. On a envie de comparer avec certains auteurs français hors Dantec, qui rivalise avec des américains comme Don DeLillo...
http://mesterressaintes.hautetfort.com/
4. 30/03/2010 10:27 - Denis
Ah le phénomène Dantec...
Un homme libre et donc incontrôlable est une menace pour le monde de l’édition, et, au milieu de tous ces livres/marchandises qui envahissent les rayons de nos librairies, les authentiques sont noyés dans la jungle scripturale.
Le problème de beaucoup d’auteurs est qu’ils font de la littérature avec leur « moi », comme le précisait Dantec dans une émission d’un magazine littéraire d’il y a quelques années.
Dantec, lui, se veut l’héritier de l’Histoire de la civilisation occidentale, qui tente, au milieu des dithyrambes progressistes et des discours démocratico-consensuels qui n’en finissent plus de se répéter pour masquer l’état de décomposition avancée du cadavre du système politico-juridico-socialo-religieux de l’Europe, de rallier une Histoire arrêtée il y a plus de deux cent ans, et de re-légitimer un De Maistre, qui, de son temps déjà, montrait du doigt la Révolution Française, les dérives idéologiques égotistes attenantes et la décadence du Christianisme dans le fondement de la Culture…
Dantec est un homme seul face à la meute, et la meilleure façon de faire taire un homme qui con-nait, c’est de le traiter avec la plus grande indifférence qui soit…
5. 31/03/2010 22:52 - Roméo Joan
Denis a tout dit.
6. 16/08/2010 15:50 - martine
Très belle interview qui me transporte à travers le temps avec tous les écrivains que j'aime depuis Céline, Drieu la Rochelle, Dantec ou Houellebecq...
7. 18/08/2010 09:50 - Denis
L'autre jour, on m'a insulté parce que j'ai osé prétendre que Maxime Chattam était un scribouillard au style pauvre et dénué d'intérêt.
Il parait que c'est "un des plus grands génies de tous les temps"...
8. 18/08/2010 10:09 - zanosty
Chattam est le Marc Levy du polar, si tu préfères. Mais un excellent homme d'affaire.
9. 22/08/2010 11:30 - olivier bailly
Superbe interview
10. 01/09/2010 00:55 - Pierre-André Taguieff
Voilà un homme avec qui j'aimerais prendre un verre. J'ajoute que cette envie me vient rarement, après expérience
11. 07/01/2011 17:32 - Marc
Excellent entretien! Merci :)
|
Dernière réaction J'adore tout les livres du Sagittaire, splendide aventure d'éditions (excellent livre de Guégan sur la question), et puis tous ces noms qui font rêver : Bernanos, Morand, Pacadis...
Monsieur...  29/03/2010 15:30 Amaury Watremez
 Articles les plus lus Pour Sarkozy, avec ferveurNB : Cette tribune libre n'engage pas l'ensemble des chroniqueurs de Surlering.com.Aux « déçus » du sarkozysme.En France, nous avons toujours eu la gauche la plus nulle et la plus fourbe du monde... Satellite Sisters : suite de la sirène rouge, des racines du mal et de Babylon babiesLe manuscrit Satellite Sisters, suite de la Sirène rouge, des racines du mal et de Babylon Babies, est dans les airs entre Cape York et Paris, direction les éditions Ring. Le site officiel des... Qu’est-ce que la Résurrection ?« Mais si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre
message, vide aussi votre foi. » (1 Co 15, 14)
Encore une fois, Benoît XVI a tout dit.
Sans... Richard Wagner, un antisémite maître spirituel de Hitler ?À propos du livre de Pierre-André TAGUIEFF, Wagner contre les Juifs (Berg International, 2012)Définir aussi précisément que possible l’antisémitisme de Wagner, sans tomber dans... Réflexions sur la tuerie antijuive de Toulouse(propos recueillis par Christophe Ono-dit-Biot) pour Le Point, 22 mars 2012, pp. 54-57 ; texte publié avec quelques coupes sous le titre : « Israël joue le rôle du diable ». Cet entretien a... "Finance pousse-au-crime" : la preuve, enfinCela devait arriver. Car de longue date, toute loyauté raillée, toute fidélité abolie, les requins de Wall Street ne nagent plus que « dans les eaux glacées du calcul égoïste » (dixit Karl... Qui ? Assassinats. Militaires. Petits enfants. Montauban et Toulouse. Ecole juive. 11,43 et 9mm. Indignation, compassion, consensus. Campagne suspendue par le PS. Une minute de silence dans les écoles... Carnets de campagneLes campagnes électorales sont des périodes d'extrême saturation des ondes et des conversations, un peu comme aux César ou aux Victoires de la musique, où les animateurs-fonctionnaires s'agitent... A l’école de l’antimodernitéPuisque nous sommes en début d’année, puisque cette année sera politique ô combien, puisque, on me permettra cette très vaniteuse remarque, ma troisième saison au Ring commence aujourd’hui,... Les étoiles 2011 de Dantec"Il vaut mieux attraper la peste que rencontrer certaines personnes ; à l'inverse, on ne pourrait vivre en passant à côté de certaines rencontres" ("Manuel de survie en territoire zéro").Maurice... Le superbe top 50 des FrançaisPuisqu'on
vous dit que vous les aimez.
"TOP 50 :
contre la crise, rire, métissage et proximité", voilà comment on nous
présente le "sondage-événement" du JDD, censé établir la liste... Rachida Dati creuse son FillonQue le Premier ministre me pardonne ce jeu de mots sur son nom pour le titre de ce billet mais il est vrai qu'il convient de ramener à sa juste mesure la guerre que depuis quelque temps Rachida Dati... Sécurité routière : l'arnaque extra-largePuisque dans ce domaine, la répression règne sans partage sur la prévention, sans que ça n'indigne personne, pas même Stéphane Hessel. Rééquilibrons les choses en faisant un peu de... Poudlard for ever A Raphaël Juldé, dernier arrivé à Poudlard mais premier reçu aux buses et aux aspics (maison Poufsouffle), et qui, d’après le professeur Trelawney rencontrera plus tôt qu’il ne le croit... Rokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumain« Non seulement les races n’existent pas, mais en plus, elles sont toutes égales » (proverbe de Jalons)Je viens de finir Racisme : mode d’emploi de Rokhaya Diallo, et je sais désormais que je... Séduction du conspirationnisme : Umberto EcoEntretien avec Pierre-André Taguieff (propos recueillis par Paul-François Paoli)Philosophe, politologue en historien des idées, Pierre-André Taguieff, qui prépare un nouveau livre sur les... Les révoltes arabes, les intellectuels français et la pensée "complexe"Voici deux mois, le jeune Mohamed El-Bouazizi décédait l’hôpital de Ben Arous, et la Tunisie s’embrasait, entraînant à sa suite nombre de pays arabes. Voilà un mois, un étrange débat... Faces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rockFoi profonde, révélation, référence culturelle inévitable, sujet de plaisanterie, de provocation, démarche commerciale, la figure, ou plutôt Les figures du Christ sont une source... In Xto Rege : à la recherche du Jésus historiqueLe premier thema Ring 2011 se déploiera sur neuf textes articulés autour des questions centrales posées par la matérialité de Jésus de Nazareth, la Passion, les reliques, leurs valeurs... Le suaire de Manoppello révèle le visage du ChristOn connaît le linceul de Turin, ce grand morceau de lin sur lequel l’image du corps entier du Christ mort est incrustée. On connaît l’histoire de la photographie de 1898 révélant que... Ainsi parlait ZaraDebbouztraPresque par bonheur, on l'avait oublié. Le revoilà. Jamel Debbouze a choisi l'Express (c'est de circonstance, il y a vraiment quelque chose de ferroviaire dans cet entretien) pour exercer son... Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?Le texte qui prévoyait de légaliser l'euthanasie, examiné mardi au sénat, a été supprimé par deux amendements. S'il y avait bien quelque chose à supprimer, c'était ce texte, n’importe... Céline rattrapé par la mémoireSors d'ici, Louis-Ferdinand ! La République a choisi : l'ignoble sera au dessus du grand, pour l'éternité. Il ne faut pas célébrer le génie, parce qu'il est parfois antisémite. Oui, Céline... Broadcast : the dream is overChanteuse et icône du groupe, Trish Keenan n’est plus. La grande sœur idéale s’en est allée planer au dessus des nimbus qui plombent Birmingham. Avant que de sombrer dans l’oubli, laissons... Benoît XVI - Un cœur intelligentLecture de Lumière du monde, un entretien de Benoît XVI avec Peter Seewald : Lumière des siècles contre siècle des lumières.Les communistes avaient tenté de se débarrasser de Jean-Paul II... Robert Brasillach : le procès expédiéIl en va de certains écrivains comme des maladies vénériennes. Tout le monde les connaît mais personne n'en parle. Ainsi de Robert Brasillach dont il suffit de prononcer le nom au beau milieu... Du bon et du mauvais usage de l’indignationIl est sympathique ce Stéphane Hessel avec sa gueule du vieux qui sait et son histoire héroïque de grand résistant, grand bourgeois, grand lettré, grand amoureux des femmes (il en a eu cinq... Terreur et martyre : il était minuit à AlexandrieIl était minuit à Alexandrie.« Le martyre est l’expression absolue de notre amour » Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk Alexandrie, Egypte. 2010 vit ses derniers instants, tels ces... Assises islamisation : c'est la lutte prime-timeLa jurisprudence Marine Le Pen est passée par là : se demander si
les musulmans peuvent être "trop", sous des latitudes où il faut bien
reconnaitre qu'ils se sont séculairement contentés... Chemins de travers« Voici un étrange monstre », aurait (re)dit Corneille. La pièce que nous donne à lire Ariane Chemin dans son article sur le souper Houellebecq-Sarkozy du 14 novembre, pour être somme toute... PS : les intermittents de la réalité en tournéeMême si Benoît Hamon doit en être à sa quarantième boite de Valium, il faut reconnaitre qu'il n'y a que le PS pour égayer ainsi nos froides soirées d'hiver. Tout d'abord, l'ineffable... "Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe."Biographe de Bashung, chroniqueur historique des Inrockuptibles, l'écrivain Marc Besse est aussi l'un des rares spécialistes de Noir Désir. Proche du groupe, cet écorché vif ne pouvait rester... Blondeincendiaire.com : the murder chat room(reportage vidéo à ne pas louper en fin de chronique)Au moment où Wikileaks relance le débat sur la place de la transparence dans la vie démocratique avec ses soit-disantes « révélations »... Cantona : quand wall street veut casser la banqueCantona, qui envisage désormais la lucarne de l'Elysée, avait créé la polémique en 2011 avec sa première tentative de "révolution". Retour, avec Laurent Obertone, sur le premier coup de poker... Quelques traces de rouge à lèvres…Et si Alain Bashung avait trouvé dans l’art de la reprise, un sens pour sa propre musique ? Voilà la relecture de l’œuvre que propose « Osez Bashung », un double album compilatoire qui met... Teresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent GallaireAncien bras droit d'Antoine Gallimard, Teresa Cremisi est depuis 2005 PDG de Flammarion. Éditrice de Michel Houellebecq, la numéro 2 du groupe Corriere Della Sera répond aux questions soulevées... Exil(s) ExpressGéraldine Woessner a été reçue au domicile de Maurice G. Dantec à Montréal. Une conversation autour de l'exil, du Québec, de l'hexagone et ses écrivains, du roman qu'il prépare pour 2011 et... Et si les chômeurs ne chômaient plus ?Faire travailler les chômeurs, voilà "une joyeuse bonne idée", comme dirait Jolitorax, dans Astérix chez les Bretons. Bon, dans l'absolu, c'est n'est pas nouveau. Parait que François Mitterrand... Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"Précisions : sur qui s’appuyer pour faire la révolution ?Comme dernier avatar après bien d’autres (on le verra plus bas), le bas clergé académique, tendance « sociologie critique », nous...
 |