Did you ever wonder about an aircrash cult ?SURLERING.COM - LES PAGES ROUGES - par David Kersan - le 19/04/2008 - 0 réactions -
Premières notes du blog de David Kersan, aircrash cult
Nous sommes désormais partie intégrante du code. Grâce à quelques virtuoses, le blog a dépassé le désert de l'exploration narcissique pour devenir la nouvelle et fragile vertèbre de l'émotion industrielle. La victoire écrasante de l'intime a une nouvelle fois été le choix de la foule. Mais je constate aujourd'hui qu'une telle page peut aussi devenir, au milieu du temps et des milliards de lignes de code, une tentative de tracabilité de la ville que je suis en puissance. Dans l'axe de nos vertiges éléctriques, internet est devenu Design normatif et codant de nos sociétés, générant perpétuellement sa propre mise à jour donc mutant les caractéristiques même de son ADN, ouvrant cette nouvelle humanité à des flux que la vie, dîtes réelle, épuise dans son incommunicabilité naturelle. Je commence cette page à une semaine exactement de mon départ d'Europe, à 7 jours du vol qui me fera entrer de plein fouet dans la cage thoracique américaine, à un mois de voir le musicien venir aussi par le ciel. Je n'ai pas encore la moindre idée du process qui générera ce blog - anarchique, discipliné - et seulement une vague idée du contenu. Je sais juste que c'est ici que je vais glisser à votre doigt l'anneau flambant neuf qui succédera au Ring & son hall of fame, ici que je dévoilerai semaines après semaines ce que Maurice G. Dantec et moi-même présenterons au public au cours de l'année 2011. Did you ever wonder about an aircrash cult ? Encore aujourd'hui, certaines tribus vouent un culte unique aux aéronefs. Leurs membres restent parfois des heures entières les yeux rivés au ciel pour attendre le passage d'un avion, considéré comme l'apparition d'un Dieu, au gré du trafic aérien. Sa rareté le plaçant toujours plus haut dans la hiérarchie divine. Ils attendent tous le moment où ce Dieu d'acier tentera la trajectoire fatale, l'instant crucial du crash à ciel ouvert, l'instant où la tribu s'uniera dans la célébration du culte des crash aériens par le téléscopage du cockpit et du désert. L'aircrash cult, huit secondes de kérosène solitaire dévoré par le sable où tous les déserts du monde sont des 11 septembre, où toutes les villes du monde sont des Las vegas. Mes billets sont encore sur la moquette, déposés sur La Route, de Cormac McCarthy. J'entrevois l'accès du Terminal. J'entends déjà l'avion, son silence, ses centaines de tonnes glissant dans l'oxygène, comme un secret sur l'Atlantique. I kiss the souls inside my heart Prochain contact dans quelques semaines - David Kersan, le 5 mars 2008
quitter l'hôtel Quitter l'hôtel est un délice toujours plus réel, raffinement vécu contre la foule qui à son tour glisse, hypnotique, vers son guichet.
La route du Terminal fut brêve et heureuse... Endroit parfait. Je pense aux joies pures que ce pays m'a offert, aux chances inestimables depuis l'insondable disparition, aux âmes pour qui je brûle malgré l'Atlantique, malgré la route.
Je pense à ma mère, au bleu unique de son dernier regard, à Genève. Je pense à S, furtivement imaginée dans son sommeil, à D me fixant pour toujours à la Contrescarpe. Je m'engouffre dans le Terminal, vibrant comme ce portable qui tremble encore sur ma cuisse. Je ne peux plus dire au revoir à personne. Des larmes neuves flottent sous mes yeux, je suis ainsi tout à fait allongé sur la plage. Je pense même quelques secondes à la raclure habillée de sursis, à Paris, que je croiserai un jour malgré lui. Il traversera alors un tunnel de pure violence industrielle. Ces minutes satureront tout ce qu'il a pu imaginer de sa rencontre avec moi. Elles déstructureront directement son rapport à l'existence.
Je m'offre un cadeau ignoré de mon compte en banque, plus rare qu'un diamant rouge, ne plus dire au revoir à personne, me concentrer sur celui que je vais rencontrer, l'inconnu, ce typhon qui m'a rayé de la carte une soirée heureuse de juin 2007. Le vol fut sublime, la nuit et le jour mélangés. Vitesse de croisière 700 km/h à 10000 mètres au dessus du niveau de la mer. Maurice Dantec et sa femme m'accueillent à l'aéroport. Déjà vu. Sensation de revivre une situation, mais cette fois-ci verrouillé sur un dragster. Je suis sur le sol du Nouveau Monde. Des flics de deux mètres en rayban ont l'air de porter un sourire éternel sur les nouveaux arrivants. Un sourire d'homme libre. Le mien est blanc comme le ciel. J'ai rencontré trop de parisiens, je ne les regardais plus, hormis quelques authentiques singularités ils se ressemblaient tous, cadres ou subversifs branchés, autant de promesses que d'heures perdues dans un cimetière qui ne brille que la nuit. J'observe le grand artifice Américain, j'intègre chaque information. Maurice Dantec sourit, ouvre sa vitre et démarre son pick-up. "Welcome to America, David"
Le vol fut sublime, la nuit et le jour mélangés.
pourquoi le château ? 1 heure du matin, heure américaine - Maurice Dantec et moi parlons depuis bientôt deux heures du groupe sous toutes ses coutures, de l'arrivée (dimanche) de Charles-Antoine Menanteau au château. Je décroche mon attention quelques secondes. Le ciel me semble singulièrement éclairé, le jour mélangé à la nuit. Je scrute la croix du Mont-Royal, nette et contrastée dans le ciel blancgris qui éclaire désormais toute la ville. Splendeur lumineuse des petits matins de Saint-Petersbourg en pleine nuit Nord Américaine. J'ai longtemps contemplé d'Alain Bashung sur la platine. Ce titre s'étire sur toutes mes nuits depuis mon arrivée face à l'Atlantique. Mon visage parisien a disparu. Au contact du Nouveau Monde, j'attrape au vol sa jeunesse, sa joyeuse barbarie et ressens les qualités d'une nation non achevée. N'a-t-elle pas encore eu le temps de s'avilir ? L'Amérique est-elle un nouvel universalisme ? Aucun aéroport ne mène en Amérique puisqu'elle est LE Terminal ; the flight plan is inside. Ne jamais mourir à Paris, trancher la tête de cette ville avant de l'investir. Ne pas sombrer dans ses simulacres. Vivre Paris dans l'attente d'un évènement est la meilleure façon de ne jamais y succomber. Aimer ces lumières, ses avenues, ses monuments, c'est à dire vivre avec et pour la nuit, sortir sans retour, ne jamais quitter cette nuit, vous séparer de l'idée que dans cette ville l'artifice peut rejoindre une forme vivante de vérité. Tout être humain est un champ magnétique. Paris surpeuplé, saturation des champs magnétiques / des egos / ressentiments de tout ordre, champ magnétique contre champs magnétiques. Ici plus un seul tremblement, le volt ne poursuit sa course que dans les guitares et les circuits éléctriques. Les rues ne sont chargées que d'asphalte, énergies avec énergies, les yeux se croisent, abandonnés ou captés par un flegme magnifique. Parenthèse ouverte - Je viens de créer la première prise de contact entre Éric Zemmour et Maurice Dantec. L'échange a duré quelques minutes. Il confirme une idée que j'ai derrière la tête depuis ma première rencontre avec Éric il y a quelques mois. Il pourrait y avoir une nouvelle "Cigale" comme en 2005 mais avec un face à face Dantec/Zemmour. La soirée Dantec à la Cigale fut un évènement marquant mais plus qu'éprouvant pour tout le monde. Maurice traversait une journée extrêmement difficile, tout fut sur le point d'être annulé une heure avant le début de la soirée. Mais dans un état presque critique, Maurice a tenu à honorer sa promesse, malgré l'astronomique épuisement qui le frappait. Donc oui évidemment il y aura une seconde Cigale dont tous les grand-huit restent à dessiner. Parenthèse fermée - Maurice est en plongée fulgurante d'écriture sur son prochain roman. Je vois enfin l'animal littéraire véritablement en action. L'atmosphère du loft est indicible, séparée et agglomérée. Ci-gît Babylon Babies, Théâtres des Opérations I, II & III, la cellule où fut écrit Villa Vortex, Périphériques, Cosmos Incorporated, Grande Jonction, Artefact. Il frappe en mode mitrailleuse sur son clavier argenté, entouré de 6000 livres et autant d'albums que j'entends ceinturer à toute heure l'éléctricité monastique du château. Je le regarde écrire, observer le superbe globe terrestre face à lui, arrêter le monde net en expulsant la première bouffée, puis disparaître. Il baisse les yeux vers le clavier, seule une vitre entre son image et le balcon nous sépare. Ça y est, il est dans la tour, dernier étage sans aucun plan d'accès, aucun escalier, aucun ascenceur. Désormais inaccessible, enfermé à double tour dans un sas pyrotechnique dont il garde chacun des secrets. La vérité est dans la page. Toute page a sa vérité. Dans sa présence et ses absences, une page suffit souvent pour photographier un écrivain. Comme il y a une vérité du lieu. Quelques heures, parfois quelques minutes suffisent pour tracer la vérité d'un endroit. Ici, au château, l'air que j'y respire ne fait pas que perforer ma cage thoracique. Une énergie nouvelle déferle cette fois dans mes veines. Elle m'a déjà rendu muet.
Elle va enfin pouvoir me faire chanter.
l'enlèvement de Guillermo Habacuc Vargas Je viens d'apprendre qu'en août dernier, une raclure se faisant appeler "artiste" du nom de Guillermo Habacuc Vargas a pris un chien dans la rue pour l'utiliser dans une oeuvre d'art appelée "Eres lo que lees" (tu es ce que tu lis). Le chien était attaché à un mur de la galerie, et ne recevait ni eau ni nourriture. Dans la pièce, il y avait une chaîne hi-fi qui passait l'hymne sandiniste à l'envers, quelques photos et un encensoir faisant brûler du crack. Sur le mur en face, il était écrit 'eres lo que lees' en lettres composées de croquettes pour chien. Des visiteurs de la galerie ont demandé à Vargas de nourrir le chien, mais il refusait catégoriquement pour ne pas dénaturer son "oeuvre", et finalement le chien est mort de faim. D'autres sont demeurés impassibles devant cette horreur. Mais personne n'a eu l'idée de lui donner à boire ou à manger. Vargas avait payé des gosses pour lui ramener un chien de la rue. Il a dit que son "oeuvre" était un hommage à Natividad Canda, une nicaraguéenne tuée par 2 rotweillers. Il a d'ailleurs appelé le chien Natividad. Cette expo a eu lieu à la galerie Códice à Manama au Nicaragua.
La prestigieuse "Bienale Centroamericana de Arte" a décidé que cette putréfaction était une oeuvre d'art et a invité Guillermo Vargas Habacuc a répété cette saleté pendant l'édition 2008 de la Biennale. Vidéos :
http://www.youtube.com/watch?v=O6vP8CgTonQ Il serait intéressant de savoir où cette célèbre ordure, Guillermo Habacuc Vargas, expose prochainement. J'ai justement un livre à lui offrir.
comme le fantôme d'un jazzman dans la station mir en déroute De nombreux journalistes ont une nouvelle fois alimenté une polémique gratuite autour de Maurice G. Dantec. Cette nouvelle de 240 pages, ce roman en fait, sortira en octobre aux éditions Albin Michel. Le reste est hors sujet. Maurice Dantec m'a demandé de préfacer cette oeuvre, écrite entre Les Racines du Mal et Babylon Babies en 1996, et pure merveille cyberpunk. La version finale aura été nettement mise à jour et aura ébranlé la maison Albin Michel. Les passionnés comme le grand public pourront découvrir les traces du destin qu'est en train d'écrire le plus grand auteur français vivant de notre époque. Bleu arctique dans un ciel devenu Loft, mon Harley Davidson vient d'arriver au port. Fabriquée à Milwaukee, elle revient sur les terres de sa naissance. Nous avons quitté mon loft depuis une heure et demi. Je vous écris depuis le château, j'entends Maurice rire aux éclats avec Charles-Antoine, il est dans une forme digne d'un vrai boycott des JO de Pékin. Mille rayons traversent le château entre quelques nappes de fumées et un excellent Jazz des 70′. Des centaines de milliers de Babylon Babies sont sous les impressions américaines à cette heure précise. La couverture vous sera présentée sur le futur site officiel de Dantec. Soyez patients car cette fois-ci, je ne vous raterai pas. dk
american angel Libérée du Cargo. Nous sommes restés comme accrochés aux atomes d'oxygène qui entourait ma déesse du milwaukee. Les Harley Davidson sont les enfants rebelles d'Hiroshima et de Nagazaki, seconde tentative de contact, de dialogue, nouvelle déclaration de l'acier, du génie américain à la grâce du Cosmos tout entier. Bitume américain, oxygène maximum ; je suis un amoureux des routes du nouveau monde, faîtes pour la gosse de Milwaukee, droites comme une nuque avec laquelle vos lèvres engageraient un dialogue silencieux. Je pense de plus en plus qu'on devrait interdire les Harley en Europe. Oui, l'Europe est définitivement le Guillermo Vargas Habacuc des Harley Davidson. Charles-Antoine est en phase deux de son processus d'immigration, le loft semble flotter juste au-dessus de nos vies. Je retrouve les sensations singulières de l'enfance. Ici, tous les rêves sont permis.
And here it comes
guillermo habacuc vargas n'est pas un hoax Reprenez votre respiration. Certaines sont sur les rails d'une ligne pro-Meyssan (aucun avion n'aurait frappé le Pentagone malgré les témoins occulaires et les résultats de l'enquête publique), d'autres favorisent l'idée devenue par l'enchantement du hoax, véritable information, véritable dépêche, que des mouvements de fonds financiers ont été réalisés dans les heures précédants les attentats du WTC. Précisons rapidement qu'il n'y a eu strictement aucun flux financier suspect avant le onze septembre, sauf de la part d'islamistes proches d'Al-Qaeda qui EUX, évidemment, savaient quelque chose et obéissaient à des ordres. Cet exemple parmi mille autres participe d'une passion(aria) pour la rumeur et de la haine des thèses officielles. Faîtes à l'origine pour dénoncer les hoax, les vrais, la contestation de l'officiel s'est globalisée à tout type d'évènement jusqu'aux faits divers sordides, terrain fertile aux hoax véhiculés sur le net. Une rumeur de hoax s'amuse aujourd'hui à reconstruire l'histoire du drame animal orchestré par le sadique Guillermo Habacuc Vargas, histoire devenue nettement moins séduisante qu'à ses débuts car désormais célèbre et propriété de la foule, donc insupportable et forcément altérée ou montée de toute pièce pour l'addict infernal du complot. Je me contenterai de dates de déclarations officielles pour dire que le hoax est devenu ici, par réversibilité, l'alibi d'un Guillermo Habacuc Vargas acculé. Saviez vous que Michaël Moore a placé une partie des recettes de son film "The Big One" (film dénoncant l'actionnariat capitaliste) en bourse ? Et qu'une des entreprises qu'il montrait du doigt dans le film a publié son nom figurant dans ses petits actionnaires ? Saviez vous qu'il a fait de même avec les recettes de Fahrenheit 9/11 mais cette fois-ci avec des sommes considérables ? Poursuivi en justice par des dizaines d'employés l'accusant de salaires impayés, par un GI qui l'accuse d'avoir détourné son témoignage dans fahrenheit /11, lui, le réalisateur du complot, parle désormais de complot contre lui et ses idées. Je vous recommande l'excellente enquête de Guy Millière sur Moore publiée il y a peu aux éditions du rocher. Pour clôre le sujet Guillermo Habacuc Vargas, je vous laisserai conclure votre opinion sur ces déclarations : * 4 septembre 2007, Guillermo Habacuc Vargas : "Le chien est mort de faim dans la gallerie, je le redis une nouvelle fois. Cette oeuvre était un hommage à Natividad Canda, une nicaraguéenne tuée par 2 rotweillers. J'ai d'ailleurs appelé le chien Natividad. Des internautes me disent souffrir des images, je préfère avoir vu souffrir un chien". 14 septembre 2007, lancement d'une pétition internationale dénoncant Guillermo Habacuc Vargas. * 20 novembre 2007, Guilldermo Habacuc Vargas : "Je présente mes excuses publiques, je ne ne reproduirais plus jamais un tel acte et ne parlerai plus de la mort de ce chien sous le terme d'art". * janvier 2008, Guillermo Habacuc Vargas dit recevoir de multiples menaces de mort. Explosion des relais vers une des pétitions qui atteint plus de 2 millions de signataires. * Février 2008, Guillermo Habacuc Vargas change étrangement de communication : "Je ne sais plus ce qu'est devenu le chien sachant que j'ai entrepris toute cette «démarche artistique » dans le seul but de montrer les conditions de vie des chiens errants. * Avril 2008, le directeur de la gallerie, menacée aussi par la pétition et plusieurs associations : "Je pense que le chien était nourri et hydraté régulièrement et relâché tous les soirs après l'exposition, je ne sais pas ce qu'il est devenu". Devant l'ampleur du désastre médiatique et huit mois après les faits, le hoax devient le dernier alibi pour Guillermo Vargas et son galleriste, tous deux menacés individuellement et économiquement. Cette fausse rumeur de hoax aura au moins ravi quelques heures tous les sceptiques à la petite semaine et les amateurs de Lose Change, documentaire pro-complot du 11/09, cent fois pillonné par les plus éminents spécialistes américains et européens mais connaissant toujours le même succès sur le net. Malgré l'amour qu'ils portent au complot, il doivent admettre que ce chien est bel et bien mort affamé dans cette galerie remplie de petits fours et de pouffiasses amatrices d'art moderne, comme nous devons tous admettre que Marion Cotillard - notre hoax addicted - a bel et bien été oscarisée malgré son interprétation catastrophique d'Edith Piaf. Ce sujet est désormais clos.
antoine chainas plagie-t-il maurice dantec ?
21 grammes Charles semble être pris par la chimie qui m'emporte, celle qui est en train de m'envahir et de tout détacher, de tout mettre au monde. Un truc physique se passe, et qui ne m'est jamais arrivé en France. Un truc incompréhensible pour tout parisien ou parisienne dôté d'un appareil sensoriel fonctionnant même à minima, disons de type homo sapiens sapiens. Je ne sens plus le poids des âmes. Combien pèse votre âme ?
voyage en ted bundy "Il était beau et charmeur et les femmes le trouvaient irrésistible.Il a massacré 28 d'entre elles." Je viens de relire l'excellent Un tueur si proche d'Ann Rule, amie intime de Bundy, passée à côté du vrai Ted pendant 18 ans. L'écrivain qu'elle est devenue creuse la dramaturgie d'une des plus fascinantes dérives criminelles, celle du tueur de série. Ted surintégré, désintégré, évadé deux fois sous les yeux de la police, fait face à plusieurs chasses à l'homme, vole pour se nourrir, flirte avec son abime, s'en amuse, loue une chambre, se fait passer pour un jeune étudiant et continue de frapper dans un Grand Huit Psychiatrique défiant toutes les lois de la gravité judiciaire. Qu'y a-t-il d'intelligible dans l'acte d'un homme traversant jusqu'au bout la membrane ? Ted est bien réel, ses actes sont ceux d'un homme. Il rajouterait peut-être "e;ceux d'un homme libre"e;. Ted était un Homo Sapiens Sapiens. Pourquoi n'êtes vous pas devenu Ted Bundy ?
open space Les guitares, les amplis, les basses, les sitars, les tours, tout ce cuir respire actuellement au centre du loft. ils semblent attendre Link de Nova comme on désirerait le Brésil après plusieurs mois d'Alaska. Tout ce cuir, cet acier, ces cordes, cette joie, ce passé, ce futur ont traversé l'Atlantique à quelques centimètres de la gosse du Milwaukee. Cette interface va devenir le plus puissant gunshot que j'aurais porté dans ma vie. Ce genre d'arme ne tue pas. Elle ouvre, détache, sépare, agglomère. Elle est l'open space.
flying kicks turning upside down Comment ai-je pu à ce point retarder mon arrivée en Amérique ? J'ai encore des raisons de revenir en France, des belles et des terribles. Comment ai-je pu noyer les voluptés dans le coma français tant d'années ? Dans quelques semaines, je ne vivrais plus que pour le son. Aircrash cult est né sur le berceau de la créature. Aircrash cult est né pour vous faire assister en direct à la naissance de la véritable créature, jonction et reboot de nos festins nus. Nude, like all the creatures.
un artiste est toujours un être porté disparu
Un écrivain n'est saisissable qu'en film négatif. Un livre, corps de l'écrivain, flambe toujours à rebours. Comme l'écrivait Bukowski, le lecteur arrive souvent trop tard, l'oeuvre ne livrera que le ghost de l'homme derrière la page, c'est à dire l'homme d'avant la disparition, d'avant ses premières lignes. Le ghost est l'être enterré vivant à l'intérieur de la narration et schizophréniquement sa forme terminatrice. L'histoire et l'oeuvre de Maurice G. Dantec témoigneront de la verticalité bouleversante de la créature que le XXème siècle lâcha dans la littérature. Penser pouvoir établir une carte de l'homme et de l'oeuvre ne pourrait livrer que quelques pistes mais jamais, dans son cas, celle qui serait en mesure de traverser le labyrinthe.
Aucun intelligible n'imprime l'origine d'une force.
one trillion stars La sortie du dernier théâtre des opérations fut un étonnant exercice de contrôle. Albin Michel décida de ne pas envoyer le livre aux journalistes, de ne pas vendre d'extraits, polémique inutile, de telle sorte qu'il passe médiatiquement presque inaperçu. Mais du côté des guichets, le lecteur n'a pas attendu la critique de Jérôme Béglé pour s'offrir le volume rouge et blanc. Ce TdO dépasse en dix jours les ventes des deux opus précédents. Il me faut désormais trouver un musicien capable de traverser American Black Box de sa guitare éléctrique. Renverser la torche littéraire sur partition, lui opposer un riff vertical, une batterie épurée et une voix capable de porter la vague des poésies atlantiques qui hantent l'ultime journal de Maurice G. Dantec. Emmanuel Hubaut, le guitariste de Dead Sexy Inc. me lâchait quelques noms de guitaristes mais personne ne semblait être fait pour ce projet. Il flottait dans ma tête jusqu'à un soir d'avril 2007. Le genre de soirées où votre vie bascule à cause d'un événement à priori anodin, le genre de soirées où le micro et le macro se lie en silence, un soir où d'indicibles croisements aboutissent à ce qu'une musique d'un parfait inconnu se retrouve sur ma boîte email. Je me souviens du minutage de l'évènement. J'étais au téléphone avec quelqu'un, je reçois un premier email me recommandant d'écouter la pièce jointe. Cela fait maintenant bientôt 5 ans qu'on me recommande de lire ou d'écouter ce qu'il y a en pièce jointe, censé à chaque fois être l'oeuvre du millénaire.
Je reste en ligne tout en cliquant sur le fichier. Le son naît, péniblement, je sais que je n'écoute pas, j'entends à peine, la conversation continue, le mp3 disparait dans l'air de l'appartement. J'appelle le musicien, lecteur de Dantec. Il cherche un chanteur depuis plusieurs mois sans succès. J'ai fait un peu de scène à 20 ans, ma voix avaient été remarquée par une petite production Grenobloise qui était venu me voir après un concert, mais j'ai vite reciblé mon attention sur mon droit. J'ignorais ainsi, en mai 2007, ce qu'était devenu mes cordes vocales. Maurice Dantec me propose d'écrire lui-même les lyrics et que je devienne le chanteur du groupe. Il est visiblement certain de ce qu'il avance. Des micros et du matériel s'agglomèrent dans mon appartement, moins de vingt-quatre heures après, je chante une nuit durant le premier titre qui figurera sur l'album. Le titre One Trillion Stars a été écrit en deux heures par Maurice au lendemain de l'arrivée de la musique. Je lui glisse par email la bande son de ma voix, tôt le matin. Je le sens aussi surpris que moi et il me demande un second titre ; il veut savoir si je peux refaire ça une nouvelle fois. Neon Fire sera ce second titre et celui qui enclenchera véritablement le process du groupe. Moins de quarante-huit heures après, je réalisais que j'étais revenu sur Paris pour lui. Sans ce retour sur la capitale, jamais je n'aurais échangé d'emails avec celui qui m'a fait connaître ce musicien. Ce contact s'appelle David C., précieux membre de la communauté des lecteurs de Maurice Dantec et passionné de rock'n'roll. Le projet de mettre en musique American Black Box est ainsi repoussé vers un futur indéfini. Suivront des jours-nuits d'écriture et de composition des 18 titres du premier album. Des nuits blanches et des centaines d'heures de travail. Maurice G. Dantec nous livrant 18 textes, 18 lois américaines de rock'n'roll. Un dialogue permanent entre Maurice et moi s'instaure sur le chant. Le groupe est né. Nous serons réunis tous les trois pour la première fois lors d'une soirée que j'organisais dans une villa du sud de la France. Avec mes proches, nous sommes une vingtaine autour de l'eau. Il fait nuit, l'air est chaud quand les enceintes extérieures ouvrent leurs watts sur les premiers sons du groupe. Nous entendons le ghost d'un nouveau monde, la ligne est tracée, la phase 2 doit définir l'endroit, l'espace et le continent pour faire grandir la créature. Ce rendez-vous a lieu aujourd'hui, à Montréal. Le compte à rebours va commencer le 10 mai, jour d'arrivée du guitariste en Amérique du Nord. Le vol sera sublime pour lui aussi, la nuit et le jour mélangés. Nos exils réuniront nos vies, nos ghost, nos mondes et paradoxes. Nos exils comme autant de dancefloors, de fauves lâchés dans la ville. David Kersan
la lumière d'ethan & joël cohen
No Country for old men projeté sur un mur du loft. Les frères Cohen livrent un fantôme sans prise, dissout dans le règne éternel de l'Ouest et de la droite lumière Mc Carthyenne. Cette page va entrer en silence quelques jours, quelques semaines. Je n'ai aucune idée de ce qui va se produire, ni au fond, de ce qui s'est déjà passé. Je sais juste que je suis en train de vivre ma vie. Ces événements sont bien réels. Comme l'inconnu qui vibre encore dans mon clavier. dk Soyez le premier à réagirréagissez, commentez, publiez, vous êtes sur le ring |
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