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Culture de masses

SURLERING.COM - THE BOOKMAKER - par Umi Szucs - le 29/11/2010 - 6 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

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[tuning : interlude n°2]
par Szucs Umi - Tokyo, novembre 2010



Le décompte restait comme fiché dans son cerveau.

10 secondes ; il prit la pose : relaxation de dos.

La séance de shooting avant cela avait juste été un enfer…

CLACLACLA ! Les flashs crépitaient par rafales intermittentes autour de lui. Clac ! Clac clac ! Son sourire était dopé. Les lèvres en lames de rasoir pour un sourire mi-figue, mi-radium. Le photographe tournoyait, courbé, masqué derrière son objectif, captant les subtils jeux d’ombres. Il mitraillait sans cesse en donnant des ordres. « Bras gauche tendu… Clac ! Jambe droite un peu plus fléchie… Clac ! Les dorsaux ClacClac ! Les pectoraux, biens durs en haut s’il te plait ! Clac, Clac, Clac ! Bras écartés, le regard dans l’axe… Claclaclaclacla ! Fais sortir tes trapèzes, nom d’un chien ! Le sourire en plus et ce sera parfait…. Claclaclaclacla ! Celle-là était parfaite, on en reprend une et on fait une pause ! Et repassez-lui un peu d’huile s’il vous plait… allez, on s’active là. Et le sourire. Perd pas le sourire nom d’un putain de chien… Claclaclaclaclaclacla cla clac ! Biiieeeeeennnn ! Une pause pour tout le monde. » Il scrutait déjà les premiers tirages en posant soigneusement ses lunettes aux verres oblongs sur son crâne un rien dégarni.

Cette question de sourire tracassait Lex. Alexis, Alex, ou Lex, comme l’appelaient ses potes. Était-ce la forme de sa bouche, de ses lèvres ou l’inclinaison de ses dents ? Le sourire n’avait jamais compté parmi ses facultés naturelles, mais depuis quelques mois déjà, c’était pire encore que d’habitude. Il avait, lui semblait-il, dilapidé son capital sourire au gré de tous les vents. Les flashs avaient eu raison de ses zygomatiques. Il y remédierait. Peut-être des cours de sourires, se demandait-il. Ou l’hypnothérapie... Bref, quelque chose devait pouvoir arranger ça. Il trouvait ses lèvres trop ciselées, à la manière dont il pensait que ses bras étaient maigrelets avant tous ces entraînements. Un manque d’esthétique, quelque part. La solution s’appelait peut-être Botox…

9 secondes…

Alors qu’il n’était encore qu’un enfant, la certitude s’était gravée en Lex que seule la mort ne trouvait aucun remède. Pour le reste, il existait les médicaments et les médecins spécialisés. Les médicaments, surtout, étaient importants. Peut-être cela venait-il de cette manie qu’avait sa mère de se réfugier dans la salle de bain pour avaler des cachets dès que quelque chose allait de travers.

La salle de bain, quoiqu’étroite, offrait cette sensation d’espace infini. Il n’y avait pourtant à l’intérieur qu’une veille baignoire rongée par le calcaire, un bidet triste obsolète, quelques rangements eux-mêmes assez vieillots et un lavabo dont les robinets couinaient à chaque fois que l’on s’en servait. Les abords du lavabo étaient, bien sûr, encombrés de ces innombrables accessoires de toilette tous rangés en bon ordre et dégageant ces senteurs propres, qui réveillent : menthe pour le dentifrice, musc : le parfum de sa mère, rose : le savon liquide, tulipe du Sahara pour le déodorant et toute cette cosmétique chargée de fragrances puissantes et si douces à la fois. Il y avait aussi, au dessus de tout cela, le miroir. Et derrière ce miroir, se trouvait la fenêtre de tous les possibles. Une simple pression au milieu suffisait à en libérer les aimants pour que les portes battantes s’ouvrent en un petit « clic » si discret. Et c’était comme de plonger dans un univers. Les galaxies Dalvon, Les myriades Xantalax, les comètes Subutox, les plages Lexokil, les cascades Alodinc, les champs Profalc et les océans Ciprofix... Les médicaments donnaient à voir une sorte de bonheur qui se dérobait à ses yeux. Lex avait conscience que sa mère engouffrait toutes ces pilules à l’excès mais il ne pouvait l’en empêcher. Il faut dire qu’à la maison, ce n’était jamais vraiment la joie. Papa rentrait souvent tard le soir. Il rentrait l’haleine chargée par la tournée des bars en compagnie de son équipe. Papa était flic. Quand il rentrait, il exigeait de l’ordre. La vaisselle : lavée. La cuisine : récurée. Les chambres : immaculées. Cela commençait souvent par une remarque juste en deçà du sarcasme agressif. Les tons enflaient, puis les cris, les coups, les rires d’une ironie hystérique. Maman en était morte. Les médocs n’avaient plus rien soigné.

C’est à cette époque qu’il avait commencé à squatter chez son cousin, big D. Tout le monde le surnommait big D parce qu’il avait un big Derche. Il travaillait dans un club de gym dans le même quartier que papa flic. Sa turne se trouvait juste au-dessus de la salle de sport. Chez big D, c’était la grande vie : posters de nanas à poil à côté de tous ces muscles pris de face, de trois quart et de profil. Des véritables montagnes de putains de muscles. Sur l’un d’eux, le type arborait un tatouage : Daisy Duck taillait une plume à Donald Trump en judoka. Véridique ! Elle en bavait des liiiiiiitres de salive !

La piaule était minable en soi, mais un trou dans le mur des chiottes lui permettait de voir son cousin baiser. Il ramenait là tout un échantillon de l’espèce féminine. Rousse électriques, brunes psychédéliques ou blondes langoureuses. Auburn, certaines fois. Pétillantes, graciles ou dodues selon les saisons… Une fois, l’une d’entre elles l’avait surpris la main dans le caleçon. Elle avait esquissé un large sourire avant de le chasser à coups de bottes dans le train. « Dégage, voyeur ! » La fille s’était retournée vers big D, « il est complètement malade ton cousin ! J’vois vraiment pas pourquoi tu dois le garder ici… ! » Il avait éclaté de rire et avait courtoisement invité la fille à battre la campagne  vite fait.

Lex s’était promis que la prochaine fois c’était lui qui ramènerait une fille à la turne. Il rêvait d’une blonde… mais peut-être qu’une brune irait aussi bien ? Contre toute attente, ce ne fut pas le cas. Il dut prendre son mal en patience jusqu’au soir de son dix-neuvième anniversaire.

8 secondes encore et autant d’éternités…

Il faut dire que jusque là, Lex semblait plutôt maigrelet dans ses survêtements trop grands et aux teintes trop ternes, gris souris, jaune fauve ou bleu calvaire. Son visage non plus n’évoquait rien, avec ses binocles fumées et son air son pâle. « Une vraie face de toast ! Son père l’a chié par la pine on dirait! » : l’expression préférée de big D. La salle de sport représentait juste l’occasion rêvée de changer. Pourquoi avait-il, en réalité, commencé la musculation ? Les raisons n’en était pas si précises. C’était, d’abord, tout son corps qui le lui ordonnait, lui qui était en pleine puberté, en pleine croissance. Son métabolisme manifestait ce désir par tous les pores de sa peau. Son visage ne pouvait changer qu’à minima, mais son corps, il pourrait le sculpter. Les gens dans la rue porteraient un autre regard sur lui. Ils cesseraient de ne lui accorder que cet air de condescendance vague qu’il détestait tant. Et surtout, cela lui permettrait peut-être de coucher avec des filles…

7 secondes.

« C’est toujours au début qu’on en bave le plus ! » Il regardait les athlètes s’exercer. « Comment arrivent-ils à soulever ces masses énormes ? » Lorsqu’il posait des questions, les pros insistaient sur le régime alimentaire en se faisant des clins d’œil entendus. Il fallait, bien sûr, observer une hygiène de vie sportive et ne rien laisser au hasard. « J’avale beaucoup d’œufs et de blanc de poulet en ce moment, pour les protéines, les glucides et les acides aminés » lui avait confié un bodybuilder d’une quarantaine d’années. « Un régime pour prendre de la masse musculaire », avait-il dit. « Enfin, pour en regagner… » Il avait ajouté en lorgnant sur le compteur de la balance. Franck, comme il s’appelait, avait perdu de la masse musculaire pendant l’hiver car il venait de prendre deux années de repos. Il participait à des compétitions avant cela. Il s’était fait choper pour dopage et avait décidé de prendre le large pendant quelques temps. Il regrettait maintenant ces deux années d’excès. Elles n’avaient fait que précipiter la chute. La décadence des chairs en trop. Plus jamais il ne pourrait participer aux compétitions, ses muscles fessiers s’affaissaient lamentablement quand il se mettait en string, ses tablettes de chocolat coulaient sur son slip vert vulgaire et il matait les autres, plus jeunes, d’un air envieux. Rien n’y ferait. La culture de masses était sa dope. Et comme toute dope, elle rendait accro, elle vous travaillait au corps et marquait les chairs : à vie et sans rémission possible. 

Pour Lex, l’idée même de renoncement face à l’échec était inconsistante. Son nom, il le graverait dans les pages de l’histoire de ce sport. Dusse-t-il y aller de la manière forte. Qui étaient-ils pour l’en empêcher ?

6 secondes…

La musculation, ou bodybuilding en américain, peut se résumer en très peu de choses si l’on y porte un regard extérieur. De simples séries de répétitions de mouvements basiques destinés à actionner un ou plusieurs groupes de muscles afin de faire fructifier sa masse musculaire. Or, cette définition ne restitue qu’une faible partie de la réalité. Il y avait l’indice de masse musculaire, le calcul des apports caloriques, les taux de protides, de lipides, de protéines et d’acides aminés. Il y avait la fonte des graisses, la prise de masse et le séchage et le fitness et le cardio-training et les sessions intensives avant concours et les étirements et le morphotype idéal. « Celui qui fait rêver la ménagère de moins de 40 ans, celui qui fout la trique aux sponsors ! » disait big D. Pour Lex, ç’avait été  l’immersion immédiate. Toutes ces notions constituaient maintenant l’environnement dans lequel il se mouvait. Un programme de mise en forme, à l'époque, c'était: course sur place (20 minutes) et pompes (10x5 répétitions) et élévation frontale avec haltère (10x5 répétitions) et élévation latérale courte (10x5 répétitions) et abdominaux (10x5 répétitions) et on recommençait. Une à deux fois par mois on ajoutait un exercice supplémentaire à la session ou bien on incrémentait le nombre de séries ou de répétitions. Les pros finissaient toujours par une série d'étirements. Ils prononçaient « stretching » comme autant de pâles versions de Chuck Norris. La seule fois où il n'avait pas suivi cet exemple, son squelette en était resté noué, toutes ses fibres musculaires écorchées vives. « Le corps apprend vite tout de même », s’était-il dit. Son profil épaississait à vue d’œil.

5 secondes. Le supplice montait crescendo. Avance rapide, encore :

Alors, le voilà, en boîte de nuit le soir de son dix-neuvième anniversaire. Le jour même il venait de participer à sa première compétition de bodybuilding. C’était un contest entre plusieurs petits clubs de la région. Les participants étaient au nombre d’une quarantaine. L’audience, en grande partie constituée des amis de Lex, de ceux de son cousin et des familles des autres compétiteurs, assistait effarée à cette débauche de corps huilés. Tout était tout simplement minable. La salle était tellement exigüe, qu’avec les portes d’entrée grandes ouvertes, les relents de testostérone repoussaient les passants à cinquante mètres à la ronde. Lex n’avait fini que quatrième de sa catégorie. C’était une place de consolation, il n’en avait pas moins éprouvé une satisfaction intense lorsque son prénom avait jailli du speaker pour lui attribuer cette place. Surtout, il avait admiré les nœuds de muscles bandés à mort des vainqueurs. Il avait emmagasiné assez d’images pour retenter l’expérience. « Un jour, je serai à leur place » pensée fugace, alors que cette brune qui faisait le délice de ses rêves les plus enchantés l’envoie paître avec une moue de dédain. Ses amies, à sa droite, à sa gauche, rient de lui et c’est un concert d’émotions qui se déchaîne en dedans, perplexe, incrédule puis finalement blessé. Nous le retrouvons donc accoudé au bar. Il est assis las, assis là. Il boit beaucoup pour faire passer le temps, ses amis à lui s’éclatent et ne lui prêtent finalement que peu d’attention. Ils l’ignorent juste assez pour que puisse s’installer à sa droite cette fille, blonde, un peu boulotte, une amie à son cousin à laquelle il n’avait que peu de fois adressé la parole, du reste. Ils commencent à parler et celle-ci voit bien que Lex est peiné. Elle passe derrière lui et commence lentement à dénouer ses muscles. Ses mains sont agiles. Et soudain, c’est comme l’éclatement de la banquise. Il entrevoit encore l’espace de quelques centièmes le système solaire comme un sex toy géant s’insérant dans le vagin intersidéral quand il écarte son string pour la pénétrer brutalement dans les chiottes de la boîte. Ses yeux sont révulsés et il s’éclate l’arcade contre un coin de la chasse d’eau en vacillant, essoufflé. Son sang ruisselle rouge frais sur la faïence blanche. Plus tard, Melbroke, c’est son nom, dessinera un petit cœur à côté de son prénom dans son journal intime. Elle le raturera finalement : « pas assez d’expérience…». Ils ne s’étaient plus jamais revus. Le contrat était tacite, non-reconductible.

Tout cela, c’était comme le bodybuilding. Son corps avait emmagasiné assez d’images et d’impressions pour vouloir recommencer.

4 secondes…

Il repensait à cette époque avec nostalgie. Dans le fond, le photographe était occupé, de son côté, entièrement absorbé par d’ultimes réglages. Il réajustait l’éclairage avant la dernière session de photos. Il monterait sur scène juste après. Pour la cinquième année consécutive, Lex était le grand favori de cette prestigieuse compétition internationale. S’il obtenait de nouveau l’or du Pumping Iron, il annoncerait, à 36 ans, sa retraite. Il avait décidé consciencieusement. Une sorte de lassitude s’était immiscée insidieusement dans son tempérament ces derniers mois. Qu’est-ce qui avait tant changé ?  Il se recoiffa à la hâte. L’objectif pointait déjà dans sa direction. Le rayonnement abrupt des lampes halogènes lui faisait mal à la gueule. Des fois il en avait des hauts le cœur. Les ordres fusaient de derrière l’obturateur.

 « Le sourire s’il te plait ! Je veux la joie… Clac !

-    Fais-moi ça : Insolence…………………… CLAC !
-    Fais-moi ça : Insouciance………………. CLAC !
-    Fais-moi ça : le tigre qui vient de se taper toute une meute de tigresses… CLACLACLA!
-    On en reprend une, celle-là était merdique ! Et déplacez le projo un peu vers la droite s’il vous plait, j’ai affaire à une putain de bande de nazes ou quoi ! »

Lex aurait bien éclaté la mâchoire du créa, cette espèce de caniche survitaminé à la coke. Il lui aurait bien pulvérisé le crâne… Juste pour voir… histoire de tester la résistance de ce corps flasque et dépourvu de richesse athlétique aux chocs que sa force brute était à même d’infliger. Deux doigts auraient suffi à lui rompre le cou.

À ce moment, il sut. Il ne pouvait tout simplement pas.

Le problème n’était pas tant de décevoir ses proches, bien que. Aussi, il fallait donner satisfaction aux sponsors. Tous ces gens de la pub qui venaient à lui avec des mallettes pleines de promesses, eux qui l’habillaient de prestige, qui lui avaient permis de grandir sur la scène internationale pendant ces dernières années. Mais, par-dessus tout, il y avait également ces obscures histoires de finances qu’il ne comprenait pas entièrement et avec elles cette lointaine nébuleuse qui se dessinait en creux sous la forme d’une avalanche de désastre. Voilà pourquoi le restant de ses jours dépendait bien trop de cette victoire. Et il lui fallait s’exécuter une dernière fois encore. Il allait redoubler d’efforts. Pour le sourire surtout. Le sourire était noté.

3 secondes…

Le culturisme c’était la jouissance du corps pour lui et pour les autres, à ses débuts. Constat peu amène après presque deux décennies de pratique intensive : pour les autres, surtout. « Ton bien-être, c’est tout ce qui compte, tu sais ! » : lui disaient les pros en caressant leurs calvities naissantes dopées aux stéroïdes. Il lui fallait bien se rendre à l’évidence : passé un certain niveau de compétition, le public exigeait de voir des musculatures défiant toutes les lois morphotypiques humaines. Les gens payaient pour se repaître du spectacle de ces physiques dénaturés.

À présent, quand il montait sur scène, c’était toujours plus. Plus, plus, plus, plus ! Plus de tonnerre d’applaudissements, plus d’expressions béates devant sa carrure surdimensionnée, plus de projecteurs braqués sur lui qui l’éblouissaient. Il voyait d’ici toutes ces paires de dents se tourner vers lui… « Combien de personnes compte, déjà, ce hall bondé de spectateurs ? 3000 au moins ! » C’était des centaines de flashs à la seconde qui violaient son corps, qui en scrutaient la moindre parcelle, qui le voulaient. Lui, rien que lui. Lui, lui et encore lui. La chorégraphie durait au maximum 60 secondes. Rien que 60 minuscules secondes. Mais, savez-vous seulement ce qu’il en coûte de poser pendant 60 secondes, de devoir faire saillir ses muscles selon un rythme lent, harmonieux et consenti pleinement ? La musique techno crachait des haut-parleurs placés tout autour de l’arène. Il pouvait sentir la moindre des basses se heurter à ses chairs gonflées. Elles le transcendaient, elles le comprimaient. Et il sentait le sang refluer violemment dans son cerveau pendant que des geysers de fumée opaque venaient l’accueillir de concert avec tous ces lasers verts, rouges, bleus qui balayaient le plateau et que le présentateur clamait son nom devant une foule au bord de l’émeute. À ses débuts, lorsqu’il montait sur l’estrade, le déclenchement hormonal était tel qu’il devait s’empêcher d’éjaculer sur place, de tout lâcher, comme ça, sur scène. Oui ! Tout était bien. Tout était parfait, finalement. Tous ces entraînements n’avaient pas été vains. Il prit la pose : genou droit fléchi légèrement et l’autre à terre, le poing appuyé contre son front. Cette saison allait encore être un franc succès. C’était certain. Toute cette magie allait recommencer. Pourvu qu’il sache garder le sourire… Encore 2 secondes…

D’où venait alors cette sensation ingrate ? Tout se déroulait pourtant pour le mieux. Or, parfois, cette sensation le prenait. Elle glissait sur lui, le happait par vagues ravageuses. Il prit la pose : relaxation flanc gauche. Son sourire peu à peu se distendait et cette douleur persistant derrière l’œil gauche… Et non de Dieu ! Est-ce que tout pouvait vraiment s’effondrer du jour au lendemain comme ça ?

Les histoires de paperasserie n’intéressaient Lex que très rarement au mieux de sa forme. Il signait sans trop rechigner toute une masse de documents dont il prenait tout juste le temps de lire les titres. Son mode de vie s’était juste transformé si vite. Il n’avait que 19 ans lors de sa première compétition. Sa carrure lui avait valu l’admiration des sponsors. Il possédait un potentiel immense. Un potentiel qu’il se devait de porter à maturité. Bien sûr, au début, il y avait eu les castings et les séances photos à vendre son sourire pour des slips de sous-marque d’on ne sait où, des frigos américains de fabrication russe, des boîtes de cubes de bœuf lyophilisés et les petits rôles dans les téléfilms bidons. Or tout cela appartenait au passé. Une bonne dizaine d’années le séparait de cette époque ingrate. Son nom avait su faire route vers la cour des grands grâce à de précieux alliés. Avait-il vraiment désiré tout cela ? Le lycée, c’était la barbe à l’époque mais ce n’était pas sans préoccupations qu’il avait quitté le système scolaire. Les gars de la pub lui avaient bien fait comprendre que tout ce travail intellectuel était juste incompatible avec ses objectifs de carrière. S’il voulait réussir dans ce milieu, il fallait bosser dur et croire en ses partenaires. Que connaissait-il à toutes ces histoires de contrats après tout ?

La confiance était la clé de voute des empires les plus solides. La confiance vous faisait aller de l’avant, elle vous permettait de remporter d’innombrables succès, elle vous faisait prendre des risques et vous liait aux gens de manière si complexe… Peut-être que la confiance avait savamment pris le dessus. Le regrettait-il maintenant ? Lui même n’aurait su dire en vérité. Il fallait ouvrir une chaîne de restauration et des salles de sport de luxe. Bien sûr, il fallait aussi rénover le complexe sportif du quartier de papa flic. En bref, il fallait investir pour ses vieux jours. Et pour investir, il fallait signer.

Mais comprenait-il seulement ce que signifiait l’expression « crédit à taux variable »? Certaines menaces appartiennent tellement au domaine de l’inconscient collectif que les voir se réaliser en devient tout simplement chose intolérable. Les banquiers avaient bien insisté en expliquant avec force détails que de tels scénarios avaient autant de chances de se produire que… que… qu’un crash d’avion sur un immeuble de cent-dix étages par un matin ensoleillé dans la ville de New York ?

Et un jour, le téléphone avait sonné. 

La crise était partout à la télévision, à la radio et dans les journaux. Des commentateurs partout sur la planète déblatéraient sans fin sur les raisons qui avaient pu provoquer une telle catastrophe. Les sièges de banques étaient assaillis par des hordes de clients mécontents attendant de pouvoir retirer leurs fonds. Les banques faisaient faillite les unes après les autres dans les pires des trous perdus comme dans les plus grosses mégalopoles mondiales. Toutes ces personnes qui un jour sans doute l’avaient adulé à la télévision, au cinéma, dans les magazines, ces mêmes personnes attendaient patiemment en ligne devant leurs banques pour pouvoir retirer tout leur argent. Ils vidaient leurs comptes. Ils le vidaient, lui ! Ils allaient l’étriper jusqu’au moindre muscle, jusqu’au moindre organe. Les taux d’intérêt de remboursement de ses crédits avaient déjà triplé depuis qu’il avait décroché et ses conseillers financiers restaient introuvables, évanouis dans la nature, aussi simplement que l’eau s’évapore sous l’action des rayons solaires.

1 seconde…

À présent quand il se regardait dans un miroir en pied, il ne voyait qu’un vaste revers de médaille. Un revers de médaille fait de sacrifices à sa chair prisée. Un revers de médaille qui dégoulinait de sang. Son sang. Sa chair. Ses sueurs. Ses victoires, il les devait à plus de  six repas par jour, à plus d’heures d’entraînement, plus de répétitions par minutes, plus de séances d’UV. Ça ne suffisait évidemment pas. Il fallait aussi ingurgiter des compléments alimentaires. Par dizaines de gélules par jour. Leurs formes et leurs couleurs se confondaient : Panabol, Oxywhey, Stérodoc, Pulsacore, Modoflex, Boltonerv et tant d’autres. Il y avait aussi, en période de séchage, les amphétamines à peine au dessus du seuil légal. De simples coupe-faim. Les papillons verts en guise de petit déjeuner, les mitsubishi blancs pour le midi, les écrevisses roses pour le dîner. Parfois, il fallait se les injecter. Des festins entiers en intramusculaires. Maintenant ses cuisses hypertrophiées lui faisaient l’effet de protubérances à peine humaines. Au milieu, ses couilles prenaient l’allure de vulgaires noisettes plantées de traviole. Arrêt sur image : relaxation flanc droit, léger fléchissement de la jambe et les poings de part et d’autre de sa tête. Ses avant-bras avaient l’air de melons. Ses veines étaient énormes au point qu’on aurait pu lui faire des prises de sang à la paille. Ses mains peinaient à se joindre dans son dos à cause de ses biceps déformés.

« Assez ! ». Sa tolérance, comme un caprice du sort, s’était émoussée. Il aurait voulu, ne serait-ce que trois secondes que les projecteurs s’éteignent. Il aurait voulu que tout le monde quitte la salle bien gentiment, que les exhortations à peines compréhensibles venant de bouches goulues cessent une bonne fois pour toutes. Son corps était devenu l’ultime prison d’un cirque sans fin. Avait-il vraiment désiré tout cela ? La question le hantait.

50 centièmes encore…  Des mondes auraient eu le temps de naître, prospérer et mourir.

La musique allait s’arrêter d’un instant à l’autre, les spots allaient s’éteindre. Il pourrait descendre de scène et relâcher cette pression énorme. Sa prestation avait été parfaite tout compte fait. Il pourrait récupérer une partie de ses gains, peut-être !

 Du moins c’est ce qu’il pensait avant que son estomac ne convulse.

Les jets de vomi avaient arrosé large. Le jury, au premier rang avait été entièrement éclaboussé. Des morceaux encore intacts de blanc de dinde avaient dégouliné sur leurs feuilles de notation. Un comprimé qu’il venait juste d’avaler faillit crever un œil au troisième rang. Il avait gerbé, gerbé et gerbé encore jusqu’à ce que son estomac n’ait plus rien eu à régurgiter qu’un flot de bile âcre. Il sentit alors sa peau se tendre au maximum, tous les muscles proches de leur point de rupture. Son souffle se transformait en un halètement rauque pendant qu’il fixait le sol d’un air ahuri entendant les essaims de flashs redoubler de virulence et les cris de surprise et de dégout surgissant de toutes parts dans l’assistance. Dans sa vision, le dôme s’était mit à gonfler puis à s’étrécir tour à tour comme s’il s’était agi d’un cœur humain. La tachycardie guettait le dôme-organe. Les reliefs s’estompaient légèrement à la périphérie de son champ visuel et la chair de poule et les sueurs froides qui le lançaient sans relâche avaient comme décuplé d’intensité. Les fluctuations d’air moite s’infiltraient à travers chacun des pores de sa peau en train de se crevasser révélant un magma de muscles en fusion. L’espace d’un instant un voile blanc vint envelopper son regard. Il tomba à genoux, rompu de courbatures. Comme si la pression accumulée après tant d’années d’efforts acharnés étaient venus l’assaillir, là, en pleine montée extatique et lorsqu’il s’était relevé pour déployer ses bras et hurler sur la foule, ce n’est qu’à ce moment précis qu’il remarqua que son sexe dur comme une trique pointait en direction de la foule. Seulement, celui-ci ressemblait maintenant à un canon scié. Était-il vraiment en train d’éjaculer du calibre 12 par-dessus les têtes décomposées des spectateurs, ou n’était-ce qu’un rêve ? Trois des juges étaient morts sur le coup, criblés de balles alors que les chairs de ses abdos distendus étaient en train d’éclater en squames fébriles, révélant une batterie de mortiers. Des roquettes tactiques partirent en travers du dôme, l’ébréchant dans un fracas assourdissant. Des pans entiers de murs s’écroulèrent et les alarmes incendies commencèrent à inonder la salle pendant que la stupéfaction cédait place à la panique la plus totale. Les spectateurs décampaient en chevauchant les rangées de sièges. Ils n’hésitaient à se marcher les uns sur les autres pour se hisser vers la sortie au plus vite. Ses bras maintenant transformés en fusils d’assaut balayaient la masse grouillante et il voyait les crânes exploser. Les morceaux de cervelle voltigeaient gaiement de toutes parts. Il avait encore eu le temps d’apercevoir par la brèche béante du dôme un ballet d’avions de chasse aux traînées psychédéliques et derrière, les étoiles scintillant dans la voute céleste d’une pureté étouffante. Il aurait voulu, de tout son cœur, les rejoindre, dernière pensée par-delà sa vision d’apocalypse.

La distance qui le séparait d’elles était tout simplement trop importante. Il tomba, raide mort les yeux fixés sur une incertaine destination.

Plus tard, lors de l’autopsie, les légistes avaient tout d’abord été impressionnés par les qualités que présentait le sang de Lex. Ils en étaient arrivés à cette conclusion navrante : son plasma n’avait plus rien d’humain. Quiconque aurait été transfusé avec le sang de Lex en serait probablement mort d’intoxication sur le champ. Il luisait d’une lueur malsaine dans les tubes de prélèvement. Ce qu’ils découvrirent ensuite n’avait rien d’encourageant non plus à vrai dire. Tous les organes de Lex avaient comme subrepticement changé de place en plus de subir de multiples déformations. La vessie avait comme directement fusionné avec le foie et les poumons étaient en phase pour ne faire qu’un. Le côlon avait doublé de volume. Était-ce la conséquence de huit repas quotidiens ou de toutes les pharmacopées ingérées en quantités outrageuses ? Certains des médecins conclurent que les réactions médicamenteuses acides avaient creusé des caves tout le long de l’appendice. Ils avaient retrouvé près d’une centaine de cachets encore intacts, venus se loger dans ces excroissances en se mélangeant avec la matière en putréfaction. Les poches ressemblaient à des sachets de smarties remplis de merde. Comme s’il se baladait en permanence avec sa propre boutique de confiserie. Plus impressionnant encore : les hormones de croissance avaient généré un virus de type inconnu. Sans que Lex en ait conscience, ce dernier s’était lentement diffusé dans son organisme prenant le contrôle des terminaisons nerveuses pour remonter jusqu’au cerveau. Sa moelle épinière ressemblait à une passoire : le virus avait foré des centaines de micro-trous sur toute sa longueur cause du délire aigu de stade terminal selon toute vraisemblance.

Comment avait-il pu résister ?

La mort jette ses ombrages sur le tas amorphe et apporte sur l’œuvre de nouvelles perspectives. Une musique sirupeuse digne d’un ascenseur climatisé dans un hôtel quatre étoiles vient emplir vos oreilles, et vous vous demandez : est-ce que Lex n’avait jamais désiré autre chose qu’une affection sincère ? Pour cela il était devenu quelqu’un aux yeux du monde. Fondu, avance rapide. La caméra effectue un léger panoramique : nous sommes à l’enterrement. Une foule se masse au cimetière par un matin pluvieux, le gratin est habillé très chic. Le fabricant de cercueils s’est planté dans les mensurations, le macchabée dépasse de la boîte. Les flashs triplent d’intensité pour capter Lex dans son dernier rictus moqueur. Fondu au noir. Tout ce qu’il restait de lui à présent, c’étaient ces centaines de présentoirs à brochures taille réelle à son effigie et cette énorme enseigne néon de quatre mètres de haut, moulée à partir de l’empreinte 3D de sa cuisse et qui surplombait la salle de sport du quartier de papa flic. L’idée était de big D. Elle paraissait géniale sur le papier. En réalité, c’était tout bonnement minable. De loin, on pouvait la confondre avec une cuisse de poulet géante prête à bondir sur la route. Il n’était pas rare que les gens de l’extérieur de la ville se dirigent droit vers l’enseigne pour se grailler un bon vieux poulet frit. Ils repartaient invariablement avec des brochures « fitness et cardio-training » sous le coude. Sur la couverture, Lex arborait un sourire radieux. Une détermination farouche se lisait dans leurs yeux. Comme si eux aussi aspiraient dès lors à devenir de vraies bêtes de muscles.
Quelque part le processus était autophage, ultime supercherie du sort…

Szucs Umi
Tokyo, novembre 2010



Toutes les réactions (6)

1. 29/11/2010 20:41 - Crashtest

CrashtestLe bal est ouvert messieurs-dames! Envoyez vos critiques!

2. 30/11/2010 01:19 - FX

FXEncore un super texte, cher Szucs Umi.

3. 01/12/2010 08:23 - Crashtest

CrashtestMerci!

4. 03/12/2010 22:26 - poussin.

poussin.Apparemment, Palahniuk est (lui aussi) en licence creative commons.

5. 08/12/2010 02:28 - Crashtest

Crashtest@poussin, vous êtes la deuxième personnes à me faire ce commentaire!! J'ai beaucoup de trucs à dire mais je vais essayer d'être bref! On m'a demandé d'écrire un texte sur le culturisme à l'origine pour un fanzine, donc je me suis renseigné de plusieurs manières sur ce qu'était ce phénomène pour essayer d'en dégager une ambiance... je dirais que ce texte est surtout un texte d'ambiance! Ensuite> pour la trame,
Je ne vais pas dire que j'ai jamais lu Mr. P, mais à vrai dire c'est pas vraiment à lui que je pensais quand j'ai écrit cette nouvelle... enfin bien sûr, certaines choses sont empruntées à lui, à d'autres aussi! Et en y réfléchissant, je crois bien ne pas forcément vouloir faire des choses originales... De toutes façons, j'ai parfois l'impression que chaque phrase que j'écris a déjà été écrite par quelqu'un d'autre donc tant qu'à faire... En fait, le plus important, pour moi, c'est juste d'écrire ce qui me plait de la manière qui me plaît! (N'en déplaise, HAHA!)

6. 08/12/2010 18:47 - poussin.

poussin.En fait, votre texte est très bon. Disons que ces thèmes ont été traités par Mr P. et que la greffe (monstres invisibles/festival de la couille) se voit beaucoup. Mais enfin, comme vous le dites si bien, le plaisir...

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