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Crime : la science mène l'enquête

SURLERING.COM - MURDER BALLADS - par Sami Biasoni - le 29/11/2004 - 1 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

En l'espace d'un siècle, le leitmotiv holmésien « Elémentaire, mon cher Watson » s'est vu relégué au rang d'apophtegme suranné, contraint de céder sa place aux briques élémentaires d'ADN de Crick & Watson ; la physiognomonie ancestrale a dû s'incliner devant les technologies biométriques ; le private detective à gabardine élimée et moustache de circonstance a quitté la scène pour s'installer derrière un PC connecté à Internet. Avec l'établissement de la loi sur la présomption d'innocence en 2000, marquée en autres par la disparition de l'aveu, la justice n'a jamais autant accordé de valeur à la preuve matérielle, officialisant de fait l'ère des spécialistes et des savants. Sami Biasoni, chef de service Sciences de Ring, vous explique tout.

 

 

Il existe un flou définitionnel autour de la criminologie, communément admise en tant que « science du phénomène criminel », conception qui autorise de nombreuses acceptions du terme, si bien que la discipline n'en est en finalement pas vraiment une. On lui préfèrera la criminalistique qui est l'ensemble des sciences et des techniques utilisées par la police et la justice pour établir la preuve d'un crime et identifier son auteur. Ainsi définie, la criminalistique comprend : les polices technique et scientifique, la psychologie judiciaire et la médecine légale. Il s'agit d'une activité postérieure au crime, a contrario de la criminologie, située plutôt en amont du phénomène criminel. La criminalistique semble trouver ses origines dans la Chine dynastique Qin (221 - 206 av. JC). Sur des tablettes du tombeau de Shui Hu Di, ont été portées des inscriptions ayant trait aux inspections et examens scientifiques de preuves matérielles concernant certaines affaires graves. La criminalistique moderne est pour sa part née à la fin du XIXe siècle et a été terminologiquement consacrée en France, en 1937, à la préfecture de police de Paris. Déjà, un demi-siècle auparavant, c'est Alphonse Bertillon (cf. encadré) qui, avec l'anthropométrie criminelle, fait entrer la police dans l'ère scientifique. Si sous la dénomination de forensic sciences la criminalistique a très tôt conquis ses lettres de noblesse dans la plupart des pays anglo-saxons, la situation est autre en France où l'académisme de la discipline peine encore à être reconnu.

Dans son ouvrage intitulé La criminalistique , J. Fombonne affirme que « si Sherlock Holmes savait observer, prélever et faire parler l'indice, il appartient d'une part à l'exceptionnel par la nature de ses enquêtes, mais d'autre part au banal par l'extrême rusticité des moyens techniques qu'il emploie » avant de conclure de manière péremptoire : « seul le raisonnement du personnage permet d'établir une vérité dont la portée prospective de l'indice, pourtant fulgurante, n'est que le corollaire ». Si l'on considère chronologiquement les méthodes du pensionnaire du 221b Baker Street, force est de constater que la conclusion susdite n'est pas tout à fait exacte. Est-il seulement besoin de rappeler que Sherlock Holmes a réalisé l'essentiel de sa brillante carrière de détective privé à la fin du XIXe siècle, le temps de noces d'argent avec le crime, c'est-à-dire à une époque où la science au service des affaires criminelles n'en était qu'à ses linéaments ? C'est pourquoi malgré l'apparente rusticité technique dont il faisait preuve, sa méthode rationnelle, ses connaissances en "sciences dures" (chimie, biologie entre autres) ont fait du détective anglais le précurseur de l'investigation policière scientifique et technique. Cette criminalistique dite moderne a connu un véritable essor avec la révolution informatique, véritable troisième révolution industrielle, qui a très rapidement considérablement élargi le champ d'enquête grâce à un traitement de l'information optimisé. C'est la police montée royale du Canada qui a réalisé le premier archivage numérique de fichiers d'empreintes digitales en 1973, puis dès les années 80, Scotland Yard et le FBI ont disposé d'ordinateurs centraux concentrant la somme considérable de données rassemblées au cours de différentes enquêtes. Clin d'oeil de l'histoire et hommage mérité, en 1987, le gouvernement britannique se dote d'un nouveau système informatique nommé HOLMES (pour Home Office Large/Major Enquiry System). A cette époque, une limite existe cependant à leur utilisation : seuls les criminels déjà arrêtés peuvent être identifiés par concordance avec les fichiers numérisés. Limite rapidement outrepassée, en vertu de la loi de Moore, par une augmentation rapide et régulière de puissance des ordinateurs ; ceux-ci de plus en plus polyvalents ont vu leur domaine d'utilisation sans cesse étendu. Sans compter l'outil Internet qui en a démultiplié les possibilités grâce à la mise à disposition instantanée de ressource à l'échelle internationale.

Physique du signal et identification vocale

L'informatique et les télécommunication ont non seulement permis d'optimiser la circulation de l'information, mais aussi de savoir comment mieux la manipuler et la traiter. Ainsi, les connaissances acquises dans le domaine du traitement du signal ont donné aux investigateurs les clés d'analyse des indices sonores et vocaux en particulier. En avril 2004, une femme placée en garde à vue dans le cadre des suites de l'affaire AZF a finalement été mise hors de cause grâce à un procédé récent d'analyse vocale. La suspecte était soupçonnée d'être l'égérie du groupe de maîtres chanteurs qui s'est joué de l'Etat pendant près de cinq mois en ce début d'année 2004, menaçant de faire sauter des tronçons de chemins de fer français, faute d'obtenir le versement d'une rançon d'un montant de plusieurs millions d'euros.

Des échantillons de voix de la suspecte ont été comparés numériquement avec ceux de l'inconnue qui a fait part de la rançon par téléphone ;  non concordantes, les empreintes vocales ont ainsi servi à la disculpation de l'accusée. Techniquement, une empreinte vocale se matérialise par un graphe correspondant à la fréquence du signal sonore enregistré (porté sur l'axe des ordonnées - axe vertical) en fonction du temps (en abscisse - axe horizontal). A cela vient s'ajouter un troisième paramètre qui est l'intensité du son. Il se traduit sur le graphe par la densité de l'empreinte tracée. Le postulat est que la voix est une marque propre à un individu, dont certaines caractéristiques intrinsèques ne varient plus une fois atteint l'âge adulte. De telle sorte que si un même mot est prononcé par deux personnes différentes, le graphe présentera deux signaux différents. Si une même personne change déguise sa voix le signal sera le même, simplement translaté, mais conserve ses caractéristiques et sa forme. Ces dernières années, plusieurs centaines d'enregistrements ont été traités de la sorte, à la demande des magistrats, au laboratoire audio d'Ecully près de Lyon, créé il y a dix ans pour répondre à ce nouveau besoin de la part de la justice. Aux Etats-Unis, la fiabilité du procédé a été prouvée à 99 % par les chercheurs de l'US Air Force, même face à des imposteurs professionnels, le système n'a pas failli. D'aucuns expriment des réticences face à ses chiffres, c'est le cas de l'Association francophone de la communication parlée. Ce groupe de scientifiques, mené par le chercheur Louis-Jean Boë, dénonce le « mythe de l'empreinte vocale ». Leurs arguments se fondent sur la variabilité de la voix, notamment lorsque le locuteur est soumis à certaines émotions. A l'heure actuelle les tribunaux continuent de faire confiance à l'expertise audio... les yeux fermés !

Mathématiques combinatoires : mille milliards de portraits robots

La question épineuse de l'identification d'un individu par certaines empreintes (vocales, digitales,...) a récemment rejoint le domaine plus général de la biométrie qui connaît depuis quelques années un essor considérable. Ceci du fait d'attentes sécuritaires qui ne cessent de croître, que ce soit au niveau de la propriété privée, des biens ou des réseaux informatiques, parallèlement aux avancées technologiques majeures réalisées grâce au perfectionnement des outils numériques et informatiques. Plus fiable qu'un mot de passe, plus sûr que des clés matérielles (type carte à puce ou token USB), les caractéristiques biométriques d'un individu sont en passe de supplanter les procédés d'identification classiques. Ceci par le seul jeu des mathématiques combinatoires et probabilistes. C'est ainsi que l'ADN, la dactyloscopie (étude des empreintes digitales) fournissent des signatures qui ne trompent pas et qui, à elles seules, suffisent à incriminer ou disculper un individu.

La foi probabiliste de la justice a de quoi en effrayer certains, dubitatifs devant une telle absoluité de confiance. A tort ou à raison ? Pour saisir les enjeux de la toute-puissance de la combinatoire, autorisons-nous un détour instructif du côté de la littérature, chez R. Queneau, G. Perec, M. Saporta ou S. Beckett même qui se sont tous adonnés avec plaisir et succès à des activités d'écriture expérimentale, au sens scientifique du terme. L'édifice de littérature combinatoire repose sur un axiome évident : il n'y a de littérature que combinatoire. En effet, un mot n'est autre qu'un assemblage de syllabes, elles-mêmes groupements de lettres, le tout combiné selon certaines règles linguistiques au sein d'une phrase. Phrase pour finir constitutive d'un texte. Ainsi va la littérature, naturellement pourrait-on dire, mathématiquement précisera-t-on. C'est ce que confirme G. Perec dans Un homme qui dort : « Tu peux encore t'étonner que la combinaison, selon des règles finalement très simples, d'une trentaine de signes typographiques soit capable de créer, chaque jour, ces milliers de messages. ». Mais avec ces considérations, nous n'en sommes qu'à une première échelle, loin de la véritable littérature combinatoire avec ses variantes factorielles, exponentielles, discrètes,... tout un vocabulaire emprunté aux mathématiques pour caractériser des jeux littéraires aux règles diverses. Le principe étant à chaque fois de redistribuer tout ou une partie des éléments syntaxiques d'un texte pour aboutir à une production nouvelle ; soit un même matériau pour une construction différente. Un des exemples canoniques de ces manipulations est donné par R. Queneau, chef de file oulipien, dans son célèbre Cent mille milliards de poèmes, dont le principe est le suivant : pour chacun des quatorze vers constitutifs d'un sonnet, R. Queneau a imaginé 10 variantes, si bien qu'en combinant toutes les possibilités ont obtient le nombre effrayant de 10 puissance 14 soit 100 000 000 000 000 de poèmes tous différents !

Autrement dit, deux lecteurs entreprenant séparément la démarche de composer un sonnet à partir de cette base, en utilisant les vers qu'ils souhaitent, auront une probabilité presque nulle d'obtenir la même production. Dans un raisonnement identique réside la force du portrait-robot ; avec un nombre fini d'éléments, une infinité de possibilités peut être obtenue par combinaison. Le premier système de portraits-robots baptisé "identikit", développé par la société californienne Townsend comprenait en autres 32 nez, 33 lèvres, 102 paires yeux, 52 mentons, ainsi que 25 barbes et moustaches pour un total de 62 milliards de portraits. Il en va de même quant à la pertinence de l'identification par ADN, ce dernier n'étant qu'une combinaison de gènes, eux-mêmes assemblages spécifiques de bases azotées complémentaires (Adénine, Thymine, Guanine, Cytosine) sur les deux brins de forme hélicoïdale montés en regard.

Nos amis les bêtes à la rescousse

S'il est une empreinte dont on parle peu mais qui pourtant a permis de résoudre plusieurs affaires criminelles, c'est bien l'empreinte olfactive. Lors de ses activités quotidiennes, chacun dissémine un certain nombre d'empreintes olfactives dans l'environnement au sein duquel il évolue et laisse ainsi une trace identificatoire de son passage. Une discipline existe et traite de ce sujet : l'odorologie. Développée il y a une trentaine d'années en Hongrie, elle a été adoptée par la plupart des polices du monde, dont la nôtre. Chez l'homme le processus d'olfaction est connu et se décompose en trois phases. D'abord les molécules chimiques odorantes pénètrent les narines jusqu'au fond de la cavité nasale où elles se déposent ; elles sont ensuite captées par environ un millier de capteurs différents qui transmettent l'information recueillie au bulbe olfactif. Enfin cet organe minuscule communique l'information neuronale aux différents centres du cerveau qui l'interprètent. Avec une membrane olfactive nasale de 130 cm² contre 3 cm² chez l'homme et vingt à quarante fois plus (soit 100 à 200 millions) de cellules réceptrices, le chien possède un sens de l'odorat autrement plus développé que son maître, c'est pourquoi il est le maillon nécessaire entre le relevé olfactif et l'investigateur. La méthodologie utilisée en odorologie est simple et s'apparente à celle de la dactyloscopie à la différence près que les empreintes sont des odeurs. Grâce à des bandelettes de tissus en coton stérile appliquées pendant une heure - durée de l'imprégnation - à différents endroits du lieu du délit, que l'on stocke dans des flacons hermétiques, la conservation de ces indices peut aller jusqu'à dix ans. Le chien intervient au moment de l'identification où il se voit présenté ces flacons après qu'il a préalablement reniflé le suspect.

Plus étonnant encore que l'odorologie en matière d'intervention animale, l'entomologie forensique, qui est une analyse post-mortem permettant d'obtenir des détails sur un cadavre par l'étude des insectes qui y pullulent.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Baudelaire, les Fleurs du Mal

Cette discipline dérivée de l'entomologie traditionnelle a vraisemblablement été utilisée pour la première au XIIIe siècle déjà ; elle a récemment été intégrée aux méthodes d'investigation du FBI et de la Gendarmerie Nationale. Pour estimer les caractéristiques d'un décès (causes, date, etc.), un médecin légiste dispose de nombreuses méthodes toutes éprouvées dont l'estimation suivant la température du corps, la rigidité et les lividités cadavériques ainsi que des méthodes histologiques, chimiques, ou bactériologiques. Mais dès que les rigidités cadavériques sont dépassées et que la température corporelle est alignée à la température ambiante, toute datation devient difficile, voire impossible. Les insectes nécrophages récoltés sur et autour du cadavre sont dans ces cas les seuls indicateurs à disposition. Actuellement la grande majorité des entomologistes forensiques se fondent sur la méthode créée par le Dr Pierre Mégnin à la fin du XIXe siècle pour calculer l'intervalle post-mortem. La base de cette méthode réside sur une succession établie de huit escouades d'insectes, dont l'activité est soumise aux variations environnementales, mais qui se répartissent invariablement selon les phases suivantes : décès récent ; début de la putréfaction ; modification des graisses ; transformation des produits caséeux ; putréfaction ammoniacale, noircissement ; début de la dessiccation ; dessiccation avancée ; attaque du squelette. Les mouches interviennent les premières grâce à leurs organes chimiorécepteurs sensibles à la présence d'un cadavre à plusieurs dizaines de mètres. Elles viennent pondre leurs ½ufs sur ce substrat de premier choix dans les orifices naturels ; après incubation les larves se nourrissent dudit substrat jusqu'à leur maturité avant de quitter le cadavre et de passer à l'état de pupes (nymphes des insectes diptères dans leur ultime état larvaire) puis de mouches. Ensuite surviennent coléoptères et hyménoptères (parasites des ½ufs et larves de mouches), des mouches plus petites que les premières, des acariens et finalement de nouveaux coléoptères. Le ballet mortuaire comptant ainsi de la mort jusqu'à la complète disparition du cadavre, plus d'une centaine d'espèces de protagonistes.

Ironie de l'histoire, les insectes rejoignent les canidés dans une lutte commune, qui est celle de la détection de stupéfiants. Si l'intervention de chiens est entrée dans les m½urs, celle d'insecte a de quoi surprendre. Pourtant aux Etats-Unis, l'utilisation des insectes dans des affaires de drogues, en particulier pour détecter leur présence dans le corps des victimes, date des années 70. Dans une de ces affaires, un squelette de femme entièrement ravagé par les insectes nécrophages fut retrouvé, sans autre indice. Quant aux circonstances du décès, impossible de les déterminer en l'état. Un seul élément à disposition des enquêteurs : le dernier jour où la victime avait été aperçue, la pharmacien de son quartier lui avait délivré un somnifère particulier. Cette substance fut retrouvée en grande quantité dans les larves de mouches qui environnaient le squelette, ce qui permit de conclure logiquement au suicide.
Entomologie forensique, théorie du signal, génétique appliquée,... la science du crime est un empirisme et ne s'en cache pas. Seulement, les techniques ont évolué à un degré tel que l'investigateur se doit aujourd'hui d'être un spécialiste ; le temps de la pure spéculation est bel et bien révolu. La conclusion à Sir Arthur Conan Doyle, dans une réplique fameuse des Hommes dansants :

« - Comment avez-vous vu cela, Holmes ?
   - Parce que je le cherchais. »

Les méthodes prohibées en France

Pour obtenir des aveux, démêler le vrai du faux des imbroglios déclaratoires, un machiavélisme primaire consisterait à faire primer la vérité in fine par tous les moyens. Si le temps de l'extorsion est légalement révolu, du moins en théorie dans tous les pays qui se revendiquent des droits de l'homme, nul ne peut cependant ignorer certaines pratiques, interdites en France mais courantes ailleurs. C'est le cas des examens polygraphiques, de la thermographie infrarouge et de la narco-analyse. Toutes ces dénominations abstruses ne désignent que des procédés familiers au lecteur de polars sauce US, ou même au (télé)spectateur lambda,  tant elles sont montrées dans ces médias. Il en est particulièrement ainsi du « polygraphe », plus connu sous le nom de « détecteur de mensonge ». L'appareil en fait mesure les réactions psychosomatiques de l'individu, sur la base du postulat : « mentir provoque un stress ». C'est ce stress qui est mesuré par la prise en compte de la respiration (rythme et amplitude), le rythme cardiaque (idem) et le réflexe dit « galvanique » (réactions nerveuse et musculaires). La méthode est contestée pour des raisons de fiabilité, ce que récusent les Etats-Unis, qui y ont notamment eu recours lors de la tentative d'implication du général Noriega dans un trafic de drogue à l'échelle internationale ou pour identifier un informateur dans le scandale du Watergate. Comment cautionner une pratique qui selon un document interne du département de la Santé du Pentagone a un taux d'échec de 50 % ? La réponse est simple et donnée par les faucons des Etats-majors US pour qui la marge d'erreur, après « étude approfondie », n'excèderait en aucun cas les 5 % ! La thermographie infrarouge, moins spectaculaire, fonctionne sur un postulat identique et consiste à mesurer les variations de température à la surface de certains endroits du corps humains (grâce à une caméra thermique par exemple) et de les interpréter comme des manifestations émotionnelles. La narco-analyse joue sur un autre ressort, « c'est  une méthode d'investigation consistant à provoquer un état hypnagogique par injection intraveineuse lente d'un hypnotique. La substance utilisée est généralement le Penthotal ou « sérum de vérité ». L'état obtenu vise à faciliter l'expression de l'individu en outrepassant ses réticences conscientes. Pour des raisons éthiques évidentes, cette méthode a été pratiquement abandonnée. Il en va de même pour toute autre type d'interrogatoire sous hypnose somnambulique que la loi interdit. Or celle-ci est par définition faite pour être transgressée ; point besoin de le rappeler à certains qui n'hésitent pas à user de procédés répréhensibles pour soutirer des vérités. A tout prix.

Bertillon, identificateur précoce
Un cliché de face, un autre de profil : voilà de quoi pouvoir identifier le faciès d'un infracteur en cas de récidive. La technique n'est pas récente, elle est préconisée par un criminologue français, chef du service photographique de la préfecture de Police de Paris, du nom d'A. Bertillon, dès la fin du XIXe siècle. Elle s'inscrit dans une démarche plus globale : « l'anthropométrie criminelle », technique qui consiste à recenser certains caractères anatomiques particuliers et à les consigner sur des fiches signalétiques, afin de saisir « l'expression naturelle de la physionomie ». Aujourd'hui les données sont informatisées mais le procédé reste identique, on lui donne le nom de « bertillonage », en hommage à son initiateur.

Sami Biasoni



Toutes les réactions (1)

1. 04/12/2010 21:07 - Erns1

Erns1Un article complet et littéraire. Une référence !
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Erns104/12/2010 21:07 Erns1
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