Cogner c'est tromper
SURLERING.COM - LES PAGES ROUGES - par Marin de Viry - le 15/10/2010 - 28 réactions -
Dans l'antiquité, un petit peuple était si sottement jaloux, les Méthymnéens, qu'une de ses lois portait : "si quelqu'un veut exceller parmi nous, qu'il aille exceller ailleurs." Petit retour vers le futur.

La « part de voix » d’Eric Naulleau dans mon cerveau est d’environ deux minutes par mois. C’est considérable, ça le met à peu près au niveau de l’URSSAF dans mon esprit. La différence, c’est que dans le cas de l’URSSAF, je comprends mal ce qu’ils me disent, mais je sais ce qu’ils font sur terre. Tandis que pour Naulleau c’est le contraire : je comprends vite quand il parle mais je ne connais pas exactement sa profession. Il émet des signaux sans que je saisisse ses finalités ni son champ d’intervention, et ça m’énerve, je le confesse. Je crois que ça m’énerve parce que c’est dans l’espace littéraire qu’il déclare agir. C’est ça qu’il faudrait que je trouve : la cause de mon léger énervement.
Je m’appuie sur un matériau plutôt large : l’émission chez Laurent Ruquier où Naulleau faisait face à Charles Dantzig, puis celle avec Lolita Pille, avec Alain Minc, avec Jean-François Kahn, avec Patrick Besson, à quoi s’ajoutent quelques brefs morceaux d’autres émissions où il définit sa mission sur terre, et enfin la vision récente d’un éditorial oral à propos des prix littéraires, sur Paris Première. Dans cet éditorial, Naulleau dénonçait classiquement les collusions entres les membres du jury et les maisons d’édition, bref, démontait courageusement le système. J’ajoute à ce matériau télévisuel la lecture d’un essai sur Michel Houellebecq qu’on lui doit, « Au secours, Houellebecq revient », que j’avais critiqué dans « la revue des deux mondes », et trouvé mauvais, car il utilisait la technique louche consistant à faire passer ses préjugés pour autre chose que ses préjugés en enfumant le lecteur, et en s’enfumant lui-même, au moyen de toutes sortes de sophismes tentateurs. Il y fréquentait à chaque instant la limite entre le jugement sur l’auteur et celui sur l’œuvre ; en un mot, c’était un livre vulgaire qui passait son temps à dénoncer la vulgarité supposée de l’auteur des Particules élémentaires ; le tout étant d’autant plus agaçant qu’à lire certains passages, Naulleau n’avait pas l’air complètement cuit pour la cause de la littérature, il avait même l’air de l’aimer vraiment, ou en tout cas de l’avoir aimée. « Naulleau, qu’as-tu fait des promesses de ton amour pour la littérature ? » : après l’avoir lu, voilà ce que j’avais envie de lui dire, en style Jean-Paul II, car la charité n’exclut pas l’exigence, l’exigence est même une mesure de charité. Il faut une certaine rudesse charbonneuse à la Saint-Dominique, de nos jours, sinon c’est le règne du sympa ; là-dessus, nous sommes d’accord. Mais passons, soyons large (sinon sympa), disons qu’il a composé un médiocre mais pardonnable minestrone dans lequel flottent son dégoût inexpliqué pour Houellebecq, des bouts de grilles de lecture, et quelques morceaux de culture littéraire. Le pire, c’est l’impression qui me reste que ce livre était honnêtement malhonnête : tordu, quoi. Le mauvais souvenir laissé par cet ouvrage m’a toutefois empêché de lire le « Jourde et Naulleau », qui est, paraît-il, viril et comique. Je ne l’ai pas lu, donc, mais je crois que le moment est venu, en France, où même le sinistre devient moins sinistre que cette sorte de comique consistant à diminuer son voisin en s’appuyant sur la bêtise et l’appétit obscène de distraction du public qui vous lit. « Rire de », c’est diminuer. Diminuer plus grand que soi, c’est petit, et plus petit que soi, c’est lâche. Il n’y a que se diminuer soi-même qui ait de l’intérêt moral. Depuis « Au secours etc. », je suspecte que la gaieté télévisuelle de Naulleau soit la fille cachée d’une passion triste. Je vais essayer de mettre cette suspicion de côté pendant que j’examinerai … Examinons. J’appuie sur le bouton et Naulleau déclare sur mon écran d’ordinateur qu’un des aspects de sa vocation consiste à éliminer les livres médiocres. Là, il marque incontestablement un point dans mon esprit. C’est à ce genre d’appel que je saute sur mon canasson pour une belle croisade. J’y reviens tout de suite. Mais d’abord je scroll down (ça me fait du bien d’écrire « scroll down » dans un article sur Naulleau, je vois son gourdin de guignol me menacer, et ça me fait rire ; je sais, c’est enfantin comme jouissance, mais quand même…) et notre critique me déclare qu’il veut briser la logique du discours promotionnel. Cette logique consiste - je le précise pour les gens dans mon genre qui regardent peu la télévision – à inviter des auteurs pour donner à voir que leur livre est génial, et à offrir en retour aux caméras du plateau une face extatique d’auteur comblé, tandis qu’en coulisses son éditeur heureux trinque au champagne avec son agent vénal (avec lequel il partage la même maîtresse, par ailleurs mariée à un critique littéraire favorable à l’auteur en raison d’obscurs intérêts croisés datant de leur période mao, sinon ce ne serait pas drôle). Dans ces cas-là, nous dit Naulleau, il ne se passe rien. Muscade donc zéro. Complaisance égale nullité. Préjugé favorable donc désarmement intellectuel. Là aussi, le bougre, en pointant ces égalités, marque un point dans mon esprit. Donc je résume le concept (car qui dit télévision dit « concept ») dans son entièreté et dans sa séduction : une croisade contre la médiocrité à base de polémique féconde. D’où vient alors qu’en moi, tout à coup, au moment où j’allais adhérer avec enthousiasme au programme d’Eric Naulleau, se forme l’image (distincte, donc, de la personne d’Eric Naulleau, hein, nous sommes ici dans mon imaginaire) d’un pithécanthrope armé d’une batte de base-ball, errant l’œil hagard dans les couloirs d’Antenne 2, poussant les portes des bureaux en prononçant d’une voix blanche « auteurs … manger… », tandis qu’un mince filet de bave coule de la commissure droite de ses lèvres, témoignant d’un appétit insatiable et cruel, à la terreur des salariés du service public ? Cette vision, qui relève du registre de la délicieuse terreur enfantine, est d’autant plus surprenante que j’étais sur le point de faire le portrait d’un humaniste rigoureux, mon frère. Je crois comprendre ce qui cloche, en me retournant un peu sur moi-même : j’aime bien quand Naulleau cogne. Et je crois simultanément que c’est la part la plus stupide de moi-même qui aime bien quand Naulleau cogne. La plus abrutie, la plus déculturée, la plus sacrificielle, la plus tentée par le vice, cette part qui n’a pas été nettoyée par mon éducation chrétienne. Au fond, toute mon existence consiste à lutter contre la part de moi-même qui jouit au spectacle de Naulleau cognant. Et là où je trouve que les choses sont drôles et étranges, c’est que mon amour de la littérature procède de cette même lutte. Quand je lis, au fond, je me débarrasse de la tentation de trouver Naulleau drôle, utile, plaisant, c’est-à-dire que je me débarrasse de la tentation de la méchanceté qui se prétend jugement. Et c’est pour ça que je m’énervais, j’ai compris : Naulleau pense que la critique littéraire consiste à juger, c’est-à-dire dire quelque chose de définitif, de réducteur et d’idiot, alors que je crois qu’elle n’existe qu’en tant que texte d’écho, qui étend l’intelligence du récit. Merci, mon cher collègue, de si bien synthétiser ma connerie intérieure, et de relancer ma lutte contre elle. Marin de Viry
Toutes les réactions (28)
1. 15/10/2010 20:44 - lionel
Très bon papier.
Il m'arrive de consulter un peu de ces extraits de Zeimour et Naulleau sur le net car il n'est pas nécessaire de regarder "on est pas couché" pour prendre la mesure de la turpitude qui y règne.
Ce qui me vient à l'esprit est le mot de "parasite", attitude que l'on peut également résumer par l'absence de production valable, associée à cette volonté de détruire ou réduire à peu de choses les œuvres des artistes de qualité qui prennent ce risque inconscient de s'offrir en proie à ces deux personnes. Comme disait Houellebecq dans son entretien vidéo avec surlering : "à la fin, l'intelligence doit perdre". Ceci est très vrai, et est même devenu l'intention générale de ces "concepts" de chroniqueurs qui ne font qu’exacerber et exploiter la médiocrité des auditeurs, comme si l'époque dans laquelle nous vivions n'était déjà pas en train de glisser toujours un peu plus vers le plus bas. Et au lieu de "donner envie" (envie de lire, envie de découvrir, envie de se cultiver) naulleau et Zeimour ne font qu'enterrer les cendres d'un feu fragile - car l'art et sa divulgation sont fragiles quoi qu'on en dise et encore plus demain - sous un amas de jugements réducteurs, hâtifs, et surtout, obscures.
Et puisqu'il faut lutter tous les jours contre cette bêtise, en même temps se surveiller pour ne pas s'y complaire, lutter contre ces parasites qui n'ont rien d'autre à offrir que de la méchanceté, alors il est certain que nous ne sommes pas près d'aller nous reposer.
2. 15/10/2010 22:43 - Snow
Influence des masses tentant de penser a travers un thube cathodique ou un ecran Hd hors de prix.
Naulleau avec son allure de benêt bien pensant n'exprime qu'une autre forme pathétique de violence et de mauvaise prétention intellectuelle.
3. 15/10/2010 22:53 - Gaspar
Marin de Viry, publiez à nouveau et passez chez Ruquier. L'émission devrait être historique.
4. 16/10/2010 07:36 - LUCHAVERDAD
Naulleau est juste mauvais.c'est-à-dire méchant.
5. 16/10/2010 08:24 - Lepol
J’attends avec une certaine impatience la venue de ces nouveaux phraseurs tout auréolé de leur égocentrisme narcissiques et emprunt de la certitude du bien fondé de leur mission et qui sous l’égide de cette religion renaissante, nouvelle autant que propice, (mais aussi perfide !) vont ainsi sauver le monde.
6. 16/10/2010 08:46 - chandler
c'est amusant : prendre le temps d'écrire autant de lignes sur un cas aussi dérisoire... on s'en fout de ce type et cette émission !
7. 16/10/2010 11:32 - J.
Antenne 2 ?
8. 16/10/2010 12:36 - Nyarlathotep
"Si les critiques se critiquent entre eux maintenant..."
J'ai pas pu m'empêcher.
9. 16/10/2010 16:03 - ChaosTeknik
"Diminuer plus grand que soi, c’est petit, et plus petit que soi, c’est lâche."
Ne touchons surtout pas à plus grand que soi...? En rire...surtout pas...; un peu extrême...?
10. 17/10/2010 11:54 - Lepol
Précision, mon message (n° 5) est adressé à Marin de Viry !
11. 17/10/2010 13:14 - Margaux Leridon
Cet article porte la plus belle définition de la critique littéraire qu'il m'ait été donné de lire; merci.
12. 17/10/2010 21:01 - Enée
@ Lionel. Naulleau un socialo qui joue à l'intelligent rebelle, c'est un peu ennuyeux. Quant à Zemmour, ses livres sont bons, et ses critiques pertinentes.
@ Marin de Viry. J'aime bcp Houellebecq. Mais svp cessez de lui lecher les bottes à chaque papier, ça en devient ridicule.
13. 17/10/2010 21:12 - Paris Appareil
Il dit la vérité sur un mauvais livre, nuance.
14. 18/10/2010 12:52 - polo
nolo et zamour son nul
15. 18/10/2010 17:16 - Vincent
@ Enée : non, Zemmour est rarement pertinent dans ses critiques artistiques, et ce même quand il a raison. Son analyse est presque exclusivement idéologique, or cela ne devrait être qu'un élément. Il n'est ni musicien ni mélomane et semble incapable de parler d'un film en termes de mise en scène, de montage ou de direction d'acteur. Ses "analyses" dans ces domaines sont donc mondaines ("je n'aime pas le rap et je préfère les Stones", bravo c'est argumenté) ou strictement idéologiques ("votre film c'est pour les gauchistes"). Et ne parlons pas de littérature, domaine dans lequel il se contente d'évoquer quelques grands noms pour prouver à ses interlocuteurs que leurs livres sont mauvais en comparaison (et ça ne veut pas pour autant dire que les livres en question sont bons).
Il n'est pas pire que la plupart des journaleux, mais certainement pas plus pertinent quand il s'agit de parler d'art. Enfin, on parle de France 2 et pas du Collège de France...Chose que les zemmourolâtres feraient bien de comprendre.
16. 18/10/2010 19:35 - commequidirait
Effectivement les jugements (ou "verdicts" parce qu'ils s'apparentent trop souvent à des mises à mort) de Nauleau concernant la littérature ne sont pas argumentés (ou trop peu). Cela dit, les jugements littéraires du Ring sont tout aussi partiaux : Houellebecq et Dantec sont portés aux nues sans qu'on donne à aucun moment la parole à des contradicteurs. Et si l'on s'avise d'émettre un avis un tant soi peu critique, malheur à vous...
17. 18/10/2010 20:51 - Nicolas
Critique d'un critique de bas étage... Beau gâchis de talent car effectivement bien écrit, mais pour aller ou? Ecrans de fumée... Abordons les réels problèmes!
18. 18/10/2010 20:51 - Orchid
@Vincent:
On a pas besoin d'etre musicien ou melomane pour donner un avis sur une ou plusieurs chanson, et c'est simplement ce qu'il fait parce qu'on lui demande. Son avis ne m'interesse pas outre mesure donc je ne l'ecoute pas, c'est tout. C'est un point de vue de simple consomateur, si cela ne vous plait pas, ecrivez au responsable de l'emission pour qu'il change...
19. 18/10/2010 21:53 - Enée
@ Vincent. Dire que le rap ne vaut pas les Stones, c'est du bon sens, inutile d'argumenter sur des évidences. A partir du moment où l'on doit se justifier de ce que devrait aller de soi, c'est que c'est déjà trop tard. Vous avez aussi l'air de dire que pour parler d'art, il faut être d'un milieu "autorisé"... L'argument classique de l'expert. Mais si l'avis de Zemmour m'intéresse justement, c'est que ce n'est pas un expert focalisé sur un domaine particulier sans conscience du reste. Et qu'il ne s'adresse pas à un parterre de collègues prompts à se quereller pour des détails qui n'intéresseraient pas. Ses critiques sont peut-être idéologiques, mais alors tant mieux, il a au moins le mérite de disséquer un phénomène comme composante d'un système, de faire des analogies et d'en tirer des conclusions. L'esthétique, c'est idéologique : l'oeuvre d'art n'est pas un noumène mais un phénomène que l'on appréhende par des considérations éthiques. En cela, Zemmour va à la source de l'oeuvre quand il critique, parce que son critique est "idéologique" comme vous le dites.
Bref, il est bon parce qu'il lutte encore pour sauver une certaine esthétique alors que tout semble déjà foutu.
20. 19/10/2010 01:23 - Vincent
@ Enée : ce n'est pas ce que je considère comme l'incompétence flagrante de Zemmour dans certains domaines qui est à mettre en cause, mais l'approbation aveugle du moindre de ses jugements (voir les commentaires des vidéos publiées sur le Ring et sur Dailymotion), qui tend à faire de lui une sommité en matière de critique artistique, alors qu'il n'est dans ce domaine qu'un épigone de Muray. Il a souvent raison pourtant, mais souvent pour des raisons insuffisantes ou insuffisamment explicitées (pardonnez moi cette formulation affreuse).
Quand à affirmer la supériorité d'un groupe sur un genre musical entier, à ce petit jeu le rap vaut bien mieux que Téléphone...Mais c'est un autre débat.
21. 19/10/2010 01:44 - Vincent
" (...) qui tend à faire de lui une sommité en matière de critique artistique chez ses "fans" aurais-je dû préciser (parce que c'est bien de cela qu'il s'agit).
22. 19/10/2010 03:01 - Paul
Bel éclairage sur mes propres vices à regarder ce type qui semble être plus un imposteur qu'un critique de choc.
23. 19/10/2010 06:43 - abitbol
@ Vincent : "Il n'est ni musicien ni mélomane et semble incapable de parler d'un film en termes de mise en scène, de montage ou de direction d'acteur. Ses "analyses" dans ces domaines sont donc [...] strictement idéologiques ("votre film c'est pour les gauchistes")."
D'un autre côté, on parle là de cinéma français. Un cinéma sans mise en scène, sans direction d'acteur et à l'humanisme puant.
24. 19/10/2010 16:06 - Nach Mavidou
M. Naulleau est un bon exemple de figure qui se dit anti-système et qui, pour cela, est complètement prise dedans. Resterait à savoir s'il en est conscient, ce en quoi j'aurai tendance à croire que oui mais je veux bien laisser le bénéfice du doute... dans un élan de grande générosité quand même. Mais peu importe, en fait.
Je suis bien évidemment d'accord avec la conception de la critique comme extension de l'intelligence du récit. Ceci étant il ne faut pas oublier d'émettre ici ou là dans sa prose une indication claire du jugement de valeur donné, car ceux qui lisent une critique veulent aussi savoir tout simplement s'ils doivent lire l'œuvre abordée. Une longue glose qui ne tranche pas finit par perdre son lecteur, et doublement parce qu'il perdra aussi le lecteur potentiel de l'œuvre longuement glosée. Ce serait d'autant plus dommage que le plus souvent, ces critiques interminables veulent marquer l'intérêt du livre mis sous la lorgnette.
Le media "chaud" comme le media télévisé favorise néanmoins la critique express qui se contente d'asséner sans se fonder, et le glissement vers la personne invitée au détriment de son œuvre. Sainte-Beuve, finalement, a hélas gagné les esprits.
25. 19/10/2010 16:36 - Vincent
Je ne peux rien pour vous si vous estimez que l'ensemble historique du cinéma français est "sans mise en scène, sans direction direction d'acteur" et fait preuve d'un "humanisme puant". Par contre, si vous parlez du cinéma français actuel je crois que nous tenons une des clefs du succès de Zemmour auprès de ses suce-glands qui sont légion sur Internet. Effectivement les films présentés chez Ruquier le samedi soir sont souvent de belles bouses qui rentrent parfaitement dans la description que vous venez de faire.
La France compte pourtant actuellement quelques noms peu négligeables dans le paysage cinématograhique mondial : Bruno Dumont, Arnaud Desplechin, Gaspar Noé, Xavier Beauvois, etc. (liste quelque peu arbitraire, rayez des noms ou rajoutez-en à votre guise). Des réalisateurs difficiles et rarement rois du box-office (même si le dernier Xavier Beauvois s'en sort bien en ce moment). Pas vraiment de quoi faire de l'audience. Or, c'est une banalité que de le dire, ONPC reste une émission de divertissement. Et on fait beaucoup plus d'audience avec la dernière chiasse de Florence Foresti ou de Gérard Gugnot qu'avec un des réalisateurs susmentionnés (nouvelle banalité).
Et c'est aussi beaucoup plus facile de briller face à eux que face à un véritable auteur. De diriger le débat vers la seule idéologie. Celle ne doit pas être proscrite du débat artistique, mais à ne se focaliser que sur elle Zemmour perd toute chance d'obtenir un résultat : arguer qu'un film est mauvais, c'est AUSSI arguer que ce qui compose ledit film, c'est à dire des images et sons, est mauvais, sans ambition, pas maîtrisé, etc. Le petit jeu qui consiste à s'envoyer dans la figure des "fascistes !" et des "gauchistes !" ne mène pas à grand chose s'il n'est supporté par un argumentaire artistique réel, parce que le débat est déjà biaisé. L'invité sait que Zemmour va reprocher à son film son "humanisme puant" et ne jamais discuter du film en lui-même. Zemmour n'est peut-être pas responsable de cette masquarade, mais il en est sûrement complice.
(on transposera facilement ce que je viens du dire du cinéma aux autres arts)
Zemmour est devenu le supermarché de la réaction en ce qui concerne la culture (il en est aussi une vitrine pour la politique, mais il est plus compétent dans ce domaine). On ne peut pas lui pardonner des insuffisances graves juste parce qu'il est plus ou moins "de notre côté".
26. 19/10/2010 22:45 - abitbol
Je vous rejoint sur votre argumentaire mais... Comment dire... Comment peut-on, à la base, attendre un débat artistique dans l'émission de Ruquier ?
L'art en France ne veut plus dire grand chose puisque, depuis trente ans, tout est art. C'est précisément cet "art" dont Ruquier fait la promotion, et non l'art au sens esthétique. C'est bien pourquoi on peut y voir la promo du dernier film de Mergault, et non celle de Gaspar Noé.
De même, un artiste n'est désormais plus j(a)ugé sur son talent mais sur ses "actes citoyens", l'argent qu'il donne à des associations de sans-papiers et à ses prises de positions risquées (anti-guerre, anti-racisme, anti-sida, anti-mort...). Et c'est dans ce contexte précis que Zemmour frappe finalement juste. Pasqu'il ne s'agit pas d'un critique d'art, mais de la vision qu'on s'en fait et de sa récupération par les idéologies de gauche.
Et malgré ses insuffisances graves, force est de constater que dans un univers médiatique où la pensée unique est reine, lui n'hésite pas à monter sur le ring.
27. 20/10/2010 04:54 - Vincent
Oui, je vois où vous voulez en venir. Sans doute ne suis-je pas assez pragmatique (nulle condescendance dans ces propos, c'est plus par tristesse que par orgueil que les je tiens). Oui, il ne faut pas attendre plus de ONPC que ce qui nous est proposé. Mais allez le dire aux zemmouriens...J'ai l'impression qu'il se produit avec lui la même chose qu'avec Dantec (les deux étant des figures de proue évidentes du Ring) : une "fan attitude" dénuée d'argumentation sérieuse qui en viendrait presque à discréditer l'individu (notez que jamais je n'ai critiqué les analyses politiques de Zemmour, parce que je suis parfois/souvent plus ou moins en accord avec lui).
PS : Je n'ai pas le temps d'argumenter sur ce sujet, mais un commentaire m'a fait bondir :
"Naulleau un socialo qui joue à l'intelligent rebelle, c'est un peu ennuyeux" (numéro 12)
Et si ce qu'on ne pardonnait pas à Naulleau c'est qu'il se dise de gauche ? Et si on ne lui pardonnait pas ce qu'on peut pardonner à Zemmour pour ce
tte simple raison ? Si oui, j'en attends un peu plus des commentateurs du Ring.
28. 14/07/2011 13:59 - patrice
Naulleau est obligé de "taper" sur tout ce qu'on lui propose dans ONPC car on lui propose que des bouses culturelles
Zemmour est obligé d'allumer tout ce qu'on lui propose dans cette émission car on ne lui expose que des idées bien pensantes et insipides
d'où un sentiment général qu'ils n'ont aucun argument pertinent et qu'ils ne font que "taper", alors que ce sont plutôt les œuvres qu'on leur propose et le pseudo "art" d'aujourd'hui (comme le dit bien Abitbol dans le comm. 26) qui a oublié de taper là où ça fait mal
ces deux gars ne sont juste pas du tout à leur place dans cette émission, ce qui créé un contraste qui ressemble en effet à un concept comme quelqu'un l'a exposé plus haut...concept savamment orchestré par la mise en scène télévisuelle...
mais concept qui ne devrait pas entraîner, à mon humble avis, des remises en cause de la "vrai" personnalité de Z&N telles qu'on peut les lire dans cet article et ses commentaires
|
Dernière réaction Très bon papier.
Il m'arrive de consulter un peu de ces extraits de Zeimour et Naulleau sur le net car il n'est pas nécessaire de regarder "on est pas couché" pour prendre la mesure de la...  15/10/2010 20:44 lionel
 Articles les plus lus Pour Sarkozy, avec ferveurNB : Cette tribune libre n'engage pas l'ensemble des chroniqueurs de Surlering.com.Aux « déçus » du sarkozysme.En France, nous avons toujours eu la gauche la plus nulle et la plus fourbe du monde... Satellite Sisters : suite de la sirène rouge, des racines du mal et de Babylon babiesLe manuscrit Satellite Sisters, suite de la Sirène rouge, des racines du mal et de Babylon Babies, est dans les airs entre Cape York et Paris, direction les éditions Ring. Le site officiel des... Qu’est-ce que la Résurrection ?« Mais si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre
message, vide aussi votre foi. » (1 Co 15, 14)
Encore une fois, Benoît XVI a tout dit.
Sans... Richard Wagner, un antisémite maître spirituel de Hitler ?À propos du livre de Pierre-André TAGUIEFF, Wagner contre les Juifs (Berg International, 2012)Définir aussi précisément que possible l’antisémitisme de Wagner, sans tomber dans... Réflexions sur la tuerie antijuive de Toulouse(propos recueillis par Christophe Ono-dit-Biot) pour Le Point, 22 mars 2012, pp. 54-57 ; texte publié avec quelques coupes sous le titre : « Israël joue le rôle du diable ». Cet entretien a... "Finance pousse-au-crime" : la preuve, enfinCela devait arriver. Car de longue date, toute loyauté raillée, toute fidélité abolie, les requins de Wall Street ne nagent plus que « dans les eaux glacées du calcul égoïste » (dixit Karl... Qui ? Assassinats. Militaires. Petits enfants. Montauban et Toulouse. Ecole juive. 11,43 et 9mm. Indignation, compassion, consensus. Campagne suspendue par le PS. Une minute de silence dans les écoles... Carnets de campagneLes campagnes électorales sont des périodes d'extrême saturation des ondes et des conversations, un peu comme aux César ou aux Victoires de la musique, où les animateurs-fonctionnaires s'agitent... A l’école de l’antimodernitéPuisque nous sommes en début d’année, puisque cette année sera politique ô combien, puisque, on me permettra cette très vaniteuse remarque, ma troisième saison au Ring commence aujourd’hui,... Les étoiles 2011 de Dantec"Il vaut mieux attraper la peste que rencontrer certaines personnes ; à l'inverse, on ne pourrait vivre en passant à côté de certaines rencontres" ("Manuel de survie en territoire zéro").Maurice... Le superbe top 50 des FrançaisPuisqu'on
vous dit que vous les aimez.
"TOP 50 :
contre la crise, rire, métissage et proximité", voilà comment on nous
présente le "sondage-événement" du JDD, censé établir la liste... Rachida Dati creuse son FillonQue le Premier ministre me pardonne ce jeu de mots sur son nom pour le titre de ce billet mais il est vrai qu'il convient de ramener à sa juste mesure la guerre que depuis quelque temps Rachida Dati... Sécurité routière : l'arnaque extra-largePuisque dans ce domaine, la répression règne sans partage sur la prévention, sans que ça n'indigne personne, pas même Stéphane Hessel. Rééquilibrons les choses en faisant un peu de... Poudlard for ever A Raphaël Juldé, dernier arrivé à Poudlard mais premier reçu aux buses et aux aspics (maison Poufsouffle), et qui, d’après le professeur Trelawney rencontrera plus tôt qu’il ne le croit... Rokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumain« Non seulement les races n’existent pas, mais en plus, elles sont toutes égales » (proverbe de Jalons)Je viens de finir Racisme : mode d’emploi de Rokhaya Diallo, et je sais désormais que je... Séduction du conspirationnisme : Umberto EcoEntretien avec Pierre-André Taguieff (propos recueillis par Paul-François Paoli)Philosophe, politologue en historien des idées, Pierre-André Taguieff, qui prépare un nouveau livre sur les... Les révoltes arabes, les intellectuels français et la pensée "complexe"Voici deux mois, le jeune Mohamed El-Bouazizi décédait l’hôpital de Ben Arous, et la Tunisie s’embrasait, entraînant à sa suite nombre de pays arabes. Voilà un mois, un étrange débat... Faces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rockFoi profonde, révélation, référence culturelle inévitable, sujet de plaisanterie, de provocation, démarche commerciale, la figure, ou plutôt Les figures du Christ sont une source... In Xto Rege : à la recherche du Jésus historiqueLe premier thema Ring 2011 se déploiera sur neuf textes articulés autour des questions centrales posées par la matérialité de Jésus de Nazareth, la Passion, les reliques, leurs valeurs... Le suaire de Manoppello révèle le visage du ChristOn connaît le linceul de Turin, ce grand morceau de lin sur lequel l’image du corps entier du Christ mort est incrustée. On connaît l’histoire de la photographie de 1898 révélant que... Ainsi parlait ZaraDebbouztraPresque par bonheur, on l'avait oublié. Le revoilà. Jamel Debbouze a choisi l'Express (c'est de circonstance, il y a vraiment quelque chose de ferroviaire dans cet entretien) pour exercer son... Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?Le texte qui prévoyait de légaliser l'euthanasie, examiné mardi au sénat, a été supprimé par deux amendements. S'il y avait bien quelque chose à supprimer, c'était ce texte, n’importe... Céline rattrapé par la mémoireSors d'ici, Louis-Ferdinand ! La République a choisi : l'ignoble sera au dessus du grand, pour l'éternité. Il ne faut pas célébrer le génie, parce qu'il est parfois antisémite. Oui, Céline... Broadcast : the dream is overChanteuse et icône du groupe, Trish Keenan n’est plus. La grande sœur idéale s’en est allée planer au dessus des nimbus qui plombent Birmingham. Avant que de sombrer dans l’oubli, laissons... Benoît XVI - Un cœur intelligentLecture de Lumière du monde, un entretien de Benoît XVI avec Peter Seewald : Lumière des siècles contre siècle des lumières.Les communistes avaient tenté de se débarrasser de Jean-Paul II... Robert Brasillach : le procès expédiéIl en va de certains écrivains comme des maladies vénériennes. Tout le monde les connaît mais personne n'en parle. Ainsi de Robert Brasillach dont il suffit de prononcer le nom au beau milieu... Du bon et du mauvais usage de l’indignationIl est sympathique ce Stéphane Hessel avec sa gueule du vieux qui sait et son histoire héroïque de grand résistant, grand bourgeois, grand lettré, grand amoureux des femmes (il en a eu cinq... Terreur et martyre : il était minuit à AlexandrieIl était minuit à Alexandrie.« Le martyre est l’expression absolue de notre amour » Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk Alexandrie, Egypte. 2010 vit ses derniers instants, tels ces... Assises islamisation : c'est la lutte prime-timeLa jurisprudence Marine Le Pen est passée par là : se demander si
les musulmans peuvent être "trop", sous des latitudes où il faut bien
reconnaitre qu'ils se sont séculairement contentés... Chemins de travers« Voici un étrange monstre », aurait (re)dit Corneille. La pièce que nous donne à lire Ariane Chemin dans son article sur le souper Houellebecq-Sarkozy du 14 novembre, pour être somme toute... PS : les intermittents de la réalité en tournéeMême si Benoît Hamon doit en être à sa quarantième boite de Valium, il faut reconnaitre qu'il n'y a que le PS pour égayer ainsi nos froides soirées d'hiver. Tout d'abord, l'ineffable... "Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe."Biographe de Bashung, chroniqueur historique des Inrockuptibles, l'écrivain Marc Besse est aussi l'un des rares spécialistes de Noir Désir. Proche du groupe, cet écorché vif ne pouvait rester... Blondeincendiaire.com : the murder chat room(reportage vidéo à ne pas louper en fin de chronique)Au moment où Wikileaks relance le débat sur la place de la transparence dans la vie démocratique avec ses soit-disantes « révélations »... Cantona : quand wall street veut casser la banqueCantona, qui envisage désormais la lucarne de l'Elysée, avait créé la polémique en 2011 avec sa première tentative de "révolution". Retour, avec Laurent Obertone, sur le premier coup de poker... Quelques traces de rouge à lèvres…Et si Alain Bashung avait trouvé dans l’art de la reprise, un sens pour sa propre musique ? Voilà la relecture de l’œuvre que propose « Osez Bashung », un double album compilatoire qui met... Teresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent GallaireAncien bras droit d'Antoine Gallimard, Teresa Cremisi est depuis 2005 PDG de Flammarion. Éditrice de Michel Houellebecq, la numéro 2 du groupe Corriere Della Sera répond aux questions soulevées... Exil(s) ExpressGéraldine Woessner a été reçue au domicile de Maurice G. Dantec à Montréal. Une conversation autour de l'exil, du Québec, de l'hexagone et ses écrivains, du roman qu'il prépare pour 2011 et... Et si les chômeurs ne chômaient plus ?Faire travailler les chômeurs, voilà "une joyeuse bonne idée", comme dirait Jolitorax, dans Astérix chez les Bretons. Bon, dans l'absolu, c'est n'est pas nouveau. Parait que François Mitterrand... Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"Précisions : sur qui s’appuyer pour faire la révolution ?Comme dernier avatar après bien d’autres (on le verra plus bas), le bas clergé académique, tendance « sociologie critique », nous...
 |