SURLERING.COM - MURDER BALLADS - par Mathieu Bollon - le 21/11/2010 - 2 réactions -
Un vrai génie du crime, au palmarès impressionnant. Bien qu'il n'ait
avoué que 27 meurtres, on pense qu'il a perpétré plus de 200 crimes.
Bien moins connu que son contemporain Jack l'éventreur, le Dr Holmes, à
côté duquel Landru passe pour un humaniste, fut au crime ce que Kafka
est à la littérature. A la fois petit escroc et tueur en série de la
pire espèce, le Dr Holmes déploya une ingéniosité à couper le souffle
pour assouvir sa soif de sang. Ring vous propose de découvrir son
histoire. Bienvenue dans le monde fascinant et morbide du Dr Holmes.
Bientôt incarné à l'écran par Leonardo Di Caprio qui a racheté les droits sur le livre « The devil in the white house » d'Erik Larsson, le Dr H.H. Holmes est le premier serial killer de l'histoire des Etats Unis. D'autre part, en 2004, le cinéaste John Borowski réalisa le premier film documentaire consacré entièrement à celui qui est surnommé le « torture doctor », intitulé « H. H. Holmes: America's first serial killer ».
Initiales H.H.H.
C'est le 16 mai 1860 à Gilmanton dans le New Hampshire que naît l'enfant du mal. Herman Webster Mudgett, plus connu sous son pseudonyme de Dr Henry Howard Holmes, reçoit alors une éducation rigoriste, son père Levi Horton Mudgett lui distribuant des coups au passage pour lui apprendre la discipline. Selon son propre témoignage, alors qu'il était enfant, des camarades de classe décidèrent de l'emmener jusqu'au cabinet d'un médecin pour lui montrer un squelette humain et le forcer à le toucher. Loin de le terroriser, cet événement suscitera la fascination du jeune homme pour la mort et sera un élément déclencheur de ses pulsions meurtières. Devenu un jeune homme, le Dr Holmes avait tout pour lui : beauté, intelligence, talent. Entré à l'université de médecine du Michigan, son attrait pour la mort ainsi que ses talents d'escroc ne tardèrent pas à se manifester dès ses premières années de formation. En effet, celui-ci avait pris l'habitude de voler des corps dans le laboratoire de l'école pour les défigurer et ainsi faire croire à un terrible accident. De cette manière, il empochait l'argent des assurances vie qu'il avait lui-même souscrit. Une fois son diplôme obtenu en 1884, il partit s'installer à Chicago pour y devenir pharmacien. C'est à ce moment qu'il commença à s'investir dans diverses affaires plus ou moins louches sous le pseudonyme de Dr H.H. Holmes. Par ailleurs, usant de son charme, le jeune homme multiplie les conquêtes, contractant même un deuxième mariage avant d'avoir divorcé de la première !
Le Dr Holmes avait alors le champ libre pour transformer le drugstore en château de l'horreur.
Le château des horreurs
Pour pratiquer ses activités criminelles en toute liberté, il manquait au Dr Holmes un endroit dans lequel il puisse attirer ses proies. Alors qu'il passe devant le drugstore du Dr E.S. Holton dans le quartier d'Englewood à Chicago, une idée lui vient à l'esprit. Ayant appris que le propriétaire souffre d'un cancer, il décide de proposer ses services et se fait embaucher. Il conclut alors un marché avec la femme du Dr Holton qui lui promet de le laisser gérer le drugstore seul après la mort de ce dernier. En contrepartie, elle pourra continuer à habiter les appartements du premier étage. Une fois le Dr Holton décédé, il assassina la femme de ce dernier et hérita alors seul du drugstore, prétendant que Mrs Holton était partie vivre en Californie. Le Dr Holmes avait alors le champ libre pour transformer le drugstore en château de l'horreur de façon à assouvir ses pulsions meurtrières ainsi que son avidité. En 1893, l'exposition universelle de Chicago, qui doit durer six mois, va être l'occasion pour le « torture doctor » de pratiquer des soins très particuliers sur un grand nombre de victimes. Gardant le drugstore au premier étage, il transforme alors les étages en hôtel et s'associe avec un autre escroc, Benjamin Pitezel. L'hôtel est construit par plusieurs équipes d'ouvriers. En effet, chaque fois qu'une équipe réclame son salaire, il la renvoie. Ainsi, personne n'en connaît entièrement le plan et la construction ne coûte pas un centime. Contenant plus de 100 chambres, équipé d'un sous sol et de nombeuses caves, le bâtiment mérite pleinement son qualificatif de « château ». Dans ce dernier, il n'existe pas une seule pièce sans une trappe ou une porte secrète menant à des ecaliers ou des passages secrets. Les chambres sont équpées de miroirs sans tain, permettant au Dr Holmes d'observer ce qui se passe à l'intérieur depuis des couloirs secrets courant derrière les murs. Des lames de parquet recouvrent des contacts électriques branchés à un tableau indicateur installé dans le bureau de Holmes, qui est ainsi informé du moindre déplacement dans son hôtel. Il y a même des chambres sans fenêtres, d'autres dont les murs sont recouverts d'amiante. Dans le bureau de Holmes, les détectives trouvent des manettes commandant des robinets de gaz dans un certain nombre de chambres. Le docteur peut donc asphyxier les clients de l'hôtel à sa guise tout en restant confortablement installé dans son bureau. Un gros monte-charge et deux chutes à déchets descendent directement des étages supérieurs au sous-sol. Holmes peut ainsi tuer puis expédier le cadavre au sous-sol sans aucun problème. Dans la cave, il y des instruments de torture, une table de dissection, un four crématoire assez grand pour brûler un cadavre ainsi qu'une cuve d'acide sulfurique dont se sert Holmes pour dissoudre les corps de ses victimes.
La chute de l'ange de la mort
Pendant toute la durée de l'exposition universelle de Chicago, l'usine de mort d'Holmes va fonctionner à plein régime. En effet, au cours de cette période, la ville de Chicago va recevoir 26 millions de visiteurs, ce qui offre à Holmes un vivier conséquent. Tous les soirs, l'hôtel qui porte le doux nom de « Holmes Castle » est plein. Holmes préfère sélectionne ses clients, offrant de préférence ses chambres à des jeunes et jolies femmes fortunées, habitant loin de Chicago et qui n'ont pas de proches parents et amis. Après la fin de l'exposition universelle, poursuivi par ses créanciers, le Dr Holmes quitte Chicago pour se réfugier au Texas, à Fort Worth. Il tente alors de se faire construire un nouveau « château » mais n'y parvient pas et décide alors de quitter le Texas, trouvant la législation texane trop sévère. Entre temps, en septembre 1894, la police a découvert le corps de son associé Benjamin Pitezel à Philadelphie. Ce dernier avait accepté de se faire passer pour mort pour que sa femme puisse empocher l'argent de l'assurance-vie. Ayant pris le nom d'emprunt de B.F. Perry, il avait ouvert un bureau d'achat et de vente de brevets d'inventions en se faisant passer pour un inventeur. Le plan supposait de placer dans le laboratoire un cadavre défiguré suite à une explosion pour faire croire à un accident survenu lors d'une expérience. Mais c'était compter sans la perversité du Dr Holmes qui se débarassa de son associé en le tuant afin de toucher lui même les indemnités prévues par la police d'assurance. Ce n'est donc pas le cadavre d'un inconnu que la police découvrit ce jour là mais celui de son associé. Pour que l'entourloupe soit parfaite, il ne lui restait alors plus qu'à manipuler la femme de Pitezel, lui faisant croire que son mari se cachait en Amérique du Sud. Des 10 000 dollars qu'il reçut, le Dr Holmes n'en donnera à Mrs Pitezel que 500. Finalement inculpé du meurtre de son associé, il se lance alors dans une cavale folle pour échapper à la police, accompagné de trois des fils de Pitezel qu'il assassinera les uns après les autres à des endroits différents. Le 17 novembre 1894, le détective Franck Geyer de la police de Philadelphie retrouve sa trace à Boston, où il est arrêté en compagnie de la femme de son associé. Au moment de son arrestation, il s'apprêtait à se débarasser de cette dernière et de ses deux enfants survivants. Alors que la police perquisitionne le château d'Holmes à Chicago, le détective Franck Geyer découvre qu'il vient d'arrêter un monstre, probablement le tueur le plus pervers de l'histoire des Etats Unis. Lors de son procès, Holmes avouera 27 meurtres sur les 200 dont il est certainement l'auteur. Dans ses confessions publiées par la presse et pour lesquelles il reçut 7 500 dollars, il se défend en prétendant être possédé par Satan ! Condamné à mort, Holmes est pendu le 7 mai 1896 à la prison du comté de Philadelphie à l'âge de 35 ans. Parce que la corde était mal placée, le cou ne se rompt pas instantanément, provoquant une agonie douloureuse pendant plus de quinze minutes. Ses avocats refusèrent une offre d'un institut médical désireux de se procurer le cerveau de celui qui fut le premier serial killer américain. Pour éviter que son corps soit volé ou mutilé, Holmes avait demandé à être enterré dans un cercueil rempli de ciment, ce qui lui fut accordé. Sa tombe ne sera ni marquée ni identifiée.
Mathieu Bollon
Toutes les réactions (2)
1. 22/11/2010 11:57 - Nach Mavidou
Je ne le connaissais pas, je croyais que le premier était Albert Fish. Mais il me semble largement battu.
2. 23/11/2010 15:22 - heidi
Une vie bien remplie.
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Dernière réaction
Je ne le connaissais pas, je croyais que le premier était Albert Fish. Mais il me semble largement battu.
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