Sur le RING

Avatar DVD/Bluray, de James Cameron

SURLERING.COM - CULTURISME - par Pierre Schneider - le 03/05/2010 - 11 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

Sous la bluette écologique, comment ne pas reconnaître un film techniquement  précurseur où James Cameron, à force de trop embrasser, étreint mal un sujet encore trop grand pour lui ? C’est très beau, un peu tape-à-l’œil. Et ensuite ?



Avatar vient de sortir en Blueray/DVD. Bonne occasion pour moi de découvrir une œuvre qui a fait couler beaucoup d’encre, y compris celui du Ring. Oui, le seul Français qui n’a pas vu ce film, en aucune dimension, avec ou sans lunettes, c’est moi. Grâces soient donc rendues à tous ceux qui m’ont fraternellement prévenu, comme on corrige fraternellement, qu’Avatar n’était qu’une fable écologique tant niaise que les séries de Yann Arthus-Bertrand passeraient à côté pour un chapitre inédit de Sein und Zeit. Je savais au moins à quoi m’attendre.

Je dois pour commencer me montrer consensuel et reconnaître que les images que l’on se prend dans la rétine sont d’une surprenante finesse. Elles sont aussi largement flashy et procèdent souvent d’une esthétique de la carte postale violette et orangée, vous savez, celle qui représente un coucher de soleil sur Rio avec les lumières de la ville qui s’allument. Leur qualité synthétique, fabriquée, est surtout mise en avant dans les scènes de forêt : c’est une débauche de bleus, de mauves, de turquoise, une nature psychédélique où tout le règne végétal s’illumine quand on le touche et où quelques trouvailles visuelles d’une rare poésie charment à juste titre le spectateur. Que l’on pense par exemple au moment où l’avatar de Jake Sully est environné de ces semences mi-animées, gracieuses comme des méduses et légères comme des graines de pissenlit. Les paysages de montagnes en lévitation, montrés à satiété lorsque les héros partent dompter quelque animal sauvage, semblent sortis de Myazaki ou de la scène d’ouverture d’un Aguirre qui se passerait en apesanteur. A des degrés divers, l’imagerie synthétique du film ne cherche pas à être plausible, réelle. Elle est volontairement la copie de ce qu’on pouvait trouver dans quelques jeux vidéo contemplatifs de ces dernières années, tels les suites récentes de Myst (je pense surtout à Exile).
    Est-ce pour autant la plus grande révolution depuis le parlant ? Sans doute pas. Mais c’est un grand pas technique de plus depuis Gollum, le premier personnage principal d’un film dont on oubliait par moment qu’il était un effet spécial. Dans Avatar, tout le film est un effet spécial, un effet spécial qui ne se cache pas – et pourtant, ça marche.

Parcours d’un scénario faussement débile.


Alors le scénario. Il faut, je crois, raconter l’histoire en plus de détail que d’habitude : elle recèle plus qu’elle ne révèle. Jake Sully, marine en chaise roulante ayant perdu l’usage de ses deux jambes, débarque sur la planète Pandora où se trouve un gisement de minerai d’une valeur inouïe. Les méthodes brutales d’exploitation ont dressé contre les Terriens (comprenez : les Américains) une peuplade indigène de Pandora : les Navi. Peut-être, comme le dit un personnage, n’aurait-il pas fallu les accueillir à la mitrailleuse. Ils sont bleus, hauts de trois mètres et vivent en symbiose avec leur nature. Pour faire court, leur Internet, c’est la forêt et ses rhizomes. Voyez-y une référence à qui vous voudrez.

Les scientifiques de Pandora disposent de deux ou trois avatars, des corps de Navis susceptibles d’être animés par des humains en hypnose. Ils comptent ainsi, grâce à ce travestissement de haut vol, approcher les Navis et rétablir le dialogue. Mission ambigüe s’il en est car aucun scientifique n’ignore que la finalité de tout cela est la prospection et l’exploitation du précieux minerai et donc la destruction des populations indigènes : de leur immense arbre-refuge, de leur arbre sacré, de leur forêt. James Cameron en dit plus sur cette exploitation en quelques plans qu’en de longs discours. Après avoir survolé une planète uniformément verte de forêts, la navette qui amène Jake descend au-dessus d’une mine à ciel ouvert et se pose sur un fond de gigantesque raffinerie fumante. Les machines qui creusent le minerai sont comme d’énormes engins de chantier sans conducteur, hauts comme plusieurs dizaines d’hommes, images jaunes à chenilles et godets devenues folles. Des pelleteuses gigantesques qui auraient muté et imposé leur volonté à l’homme.



Brûle ce que tu as adoré, brûle ce que tu as brûlé.


De là, le film suit un plan connu. Dans Titanic, on lançait le bateau sur les flots, et dans une deuxième partie, on le coulait. Ici, Jake Sully découvre avec les yeux de son avatar la culture Navi ; et dans une seconde partie, c’est la destruction d’icelle à l’échelle cameronienne, celle qui réussit même à tuer des terminators.

Comment ne pas aimer Jake Sully ? Un ancien ami me disait un jour d’un neveu parachutiste : « il n’est pas très intelligent, d’autres sont plus sportifs que lui, mais il a du cœur ». Ainsi de Jake Sully : il a du cœur. Il n’a pas forcément lu grand-chose, il n’a peut-être pas l’intelligence sociale ou l’entregent qu’il faudrait mais il a l’instinct du bien, ou du moins il en est resté capax. Quoique marine, sa vie passée et le combat n’ont pas eu tant de prise sur son âme. Et au lieu de se prélasser en charentaises du futur, le voilà parti pour un voyage de cinq ans sur une chaise roulante où son esprit s’assouplira à mesure que ses cheveux pousseront.

Le scénario, de là, semble très prévisible : découverte progressive de la jungle (belle mais dangereuse), des Navi (beaux mais sauvages), de leur communion avec les animaux (beaux mais farouches) – et finalement découverte de la richesse de cette vie en communion avec une nature psychédélique (plus besoin d’air conditionné quand on a découvert le sens de la vie). « Oh mon Dieu », soupirent les lecteurs accablés qui se souviennent de scènes de prière et de transe collective hésitant entre le village des Schtroumpfs et un ridicule que seul, croyais-je, George Lucas était capable de délivrer sans cligner de l’œil.

Ca ne s’arrange pas dans la suite : le principal gisement de minerai se trouve sous un arbre gigantesque où vivent les Navi. La nature est vraiment mal fichue, pas vrai ? Comme les Ricains sont ricains, ils ont tôt fait d’envoyer, sous les ordres du colonel Tête-Brûlée, une armada d’hélicoptères qui donne aux indigènes leur première avant-goût du 11 septembre. L’arbre gigantesque s’effondre sous un orage de feu et d’acier et, o James Cameron, que vous êtes bon quand vous montrez des trucs pareils ! Nous sommes au milieu du film.

Ensuite, c’est la revanche à l’américaine. L’avatar de Jake Sully, bravant divers dangers, devient, pour faire court, le sauveur que les prophéties annonçaient et organise son nouveau peuple pour guerroyer. Les Navis, armés et entraînés, battent alors les Américains avec leurs méthodes : individualisme bersekr et armes surpuissantes. Ca ressemble à Alien 2 du même auteur : on dégomme les grosses bêtes avec des gros flingues, Sigourney Weaver et les exo-squelettes en métal sont de la fête, c’est un festival de cameronismes avec des robots qui ressuscitent dans les flammes (Terminator, ca vous dit quelque chose ?) et quelques plans superbes tels celui d’un cheval comme une ombre enflammée qui traverse un paysage d’incendie. Du grand spectacle bien cool.

En fin de compte, on échappe à la fête des Ewoks mais pas à Jake Sully qui devient un vrai Navi. A nous deux, Paris ! Et, Ô James Cameron, que vous savez bien choisir vos chefs monteurs pour cette superbe dernière minute qui se finit sur deux yeux dorés en gros plan !

On dirait qu’il veut nous dire quelque chose…


Il fallait ce long résumé pour faire sentir tout ce qu’il y a d’étrange dans Avatar, que je ne saurais réduire à l’union adultère d’images superbes et d’un scénario débile. Il y a trop de bizarreries pour ne pas voir que certaines sont probablement voulues et que l’hypothèse du caprice de réalisateur millionnaire écolo n’est pas la meilleure.

C’est en effet James Cameron, réalisateur à la patte reconnaissable et aux thèmes constants, qui œuvre ici. La nocivité maléfique de la technologie est un de ses thèmes favoris : pensez au Terminator pratiquement indestructible ; à la scène, dans Terminator 2, de l’explosion de la bombe atomique ; au déluge de mitraille dans Alien 2 ; et j’en passe. D’autre part, quand Cameron fume la moquette (Abyss), cela ne ressemble pas à Avatar. Et si notre auteur avait tellement foiré, il ne mènerait pas la narration tambour battant, il ne montrerait pas dès la quinzième minute l’avatar de Jake pressé de se perdre dans la jungle, et le réalisateur pressé de parler de cela.

De quoi parle-t-on dans Avatar au demeurant ? Que voit-on avec insistance ? Qu’est-ce qui est, ne serait-ce qu’en durée, le plus important ? Ce n’est bien entendu pas l’histoire écologique mais la planète elle-même. Ce qu’on voit à l’écran, c’est Pandora, sa jungle, ses Navi, leur culture, leur façon de vivre, le Toruk, ce grand et terrible oiseau qui ne fait pas très peur et se tient, au repos, sur ses ailes comme sur deux poings. Cameron veut avant tout nous montrer un monde imaginaire et nous faire partager son enthousiasme pour ce qu’il faut bien appeler un paradis perdu.

La nostalgie du paradis est visible partout, absolument partout dans Avatar et il est impossible, une fois qu’on l’a aperçue, qu’elle ne soit pas le sujet principal du film. Elle imprègne bien entendu la narration, mais pas seulement elle. Les premières scènes dans la forêt ne sont pas le faire-valoir : elles sont l’objet du film, celui d’un monde de beauté, d’immanence et d’équilibre. La poursuite par une bête féroce s’achève en un saut dans une cascade… paradisiaque. Le combat nocturne contre une horde de belettes indigènes sous amphétamines débouche sur la proclamation que leur mort n’était pas souhaitable. Pas de besoin de feu ou de torches, la nature de Pandora donne la lumière à qui en a besoin, et elle la donne bellement. Il n’est plus besoin alors, une fois que Jake a accepté de se faire pénétrer de toute cette beauté, que de s’en rassasier : courir dans la forêt, crier de joie, dompter toutes sortes de créatures, chevaucher nu durant des heures. C’est Saint-John Perse, c’est le Camus des Noces. C’est l’Elévation de Baudelaire. (C’est Eric et Christian sur un voilier avant la guerre !) C’est l’Eden.



Cameron aussi a la nostalgie du paradis.


Le réalisateur n’a pas fait pour rien de son personnage un marine en fauteuil roulant : créature faite pour l’exercice, jouissant dans l’effort physique, et jouissant doublement des jambes de son avatar retrouvées par procuration. Par l’avatar, Jake quitte l’exil de son fauteuil roulant. Le film est un conte, un beau rêve : l’éclopé remarche, court, saute ! Il est entier à nouveau. Mais – et c’est là que la nostalgie du paradis inonde le film à un autre niveau – nous comprenons bien que ce n’est pas réel.

L’avatar qui rend le bonheur à Jake Sully est une chose artificielle ; et c’est pour cela que Pandora a l’air de sortir du cerveau d’un graphiste qui se serait fait plaisir, c’est pour cela aussi que la narration, qui sait être rapide, s’appesantit tant sur les paysages, les plans descriptifs. Et si Avatar, c’était tout simplement Cameron en train de soupirer après le paradis ? Si c’était le récit de Cameron créant Pandora pour assouvir cette soif ? Et si c’était finalement le constat amer de l’échec de cette tentative, dont la cohérence reste introuvable?

Il est facile pour un créateur de donner corps à ses rêves. On pourra dessiner la femme idéale ; mais elle restera de papier. On pourra mobiliser des millions de dollars et Weta Digital pour donner un visage à Pandora mais celui-ci restera un décor de jeu vidéo de luxe qui finira dans les flammes. Et ce qui sera le plus raté dans le visage de Pandora, ce sera Dieu : une caricature de caricature de cliché de « sacré » à la sauce hollywoodienne, avec prêtresse en transe levant les mains (et une danse collective des fidèles accroupis assez cool, je dois le dire). Aucun étonnement : Celui-là seul Qui peut créer véritablement est volontairement le grand absent de la création du démiurge Cameron.

Il serait trop simple de penser aussi que les Américains du film sont les responsables de la destruction de Pandora, le beau rêve de Cameron. Lorsque Jake prépare les Navi à la revanche puis qu’on le voit sauter de falaise en hélicoptère avec un super M16 à la main, il ne faut pas croire que ce dernier se sert des armes de l’ennemi parce que c’est le seul moyen de combattre équitablement. Jake fait ainsi des Navi des Américains grands et très bleus : le peuple auquel il voulait s’agréger, le peuple qu’il voulait sauver, il l’a rendu petit à petit semblable aux siens qu’il a reniés. Il en a fait un peuple de guerriers, maîtres de la technologie pour détruire et se venger, il a introduit le germe de la corruption dans la race qui ne devait pas être corrompue.

Le Pyrrhus est toujours certain.


Ainsi, l’ouverture finale des yeux peut revêtir un sens ambivalent. D’un côté, c’est la victoire, l’assimilation de Jake à la race qu’il a élue – mais, de l’autre côté, c’est une race qui vient de chuter et de tuer, flingue à la main. La qualité des Navi la plus souvent mise en avant n’est pas leur courage ou leur ignorance du bien moral : c’est leur capacité à s’unir avec la nature, à se maintenir dans leur jardin d’Eden. Qualité tellement étrangère aux humains que Cameron choisit de l’exprimer étrangement : là où on attendrait un « je te sens, je suis en communion avec toi », les Navi disent seulement « je te vois ». Il est tragique que Jake ouvre à la fin du film des yeux dont on peut s’attendre à ce qu’ils perdent bientôt la vision après laquelle il soupirait.

Voilà en fin de compte pourquoi il faut adresser des reproches au scénario de Cameron : non parce qu’il est une bluette écolo mais parce qu’il présente nombre d’éléments dignes d’attention et mal digérés. Le film est assez complexe pour raconter la nostalgie du paradis à deux niveaux, celui de son objet et celui de sa propre narration ; et il est assez intelligent pour laisser comprendre, sur les deux plans, que la création démiurgique d’un Eden (dans l’esprit et pour l’avatar de Jake ; mais aussi sur la pellicule de Cameron) est vouée à l’échec. Il faut hélas faire du spectacle et force m’est d’avouer que la maîtrise de toute cette complexité échappe parfois au réalisateur pour verser dans un schématisme ou un infantilisme qui ne sont là que pour donner une cohérence, boucher les trous du scénario, permettre que le spectateur suive et en aie pour son argent. Peut-être le manque de transcendance est-il de tous ceux-là le défaut le plus criant.

Il est trop tôt pour juger l’impact qu’Avatar aura sur le cinéma futur. Sans doute faudra-t-il attendre que d’autres productions d’une pareille exigence technique fassent surface pour comparer avec pertinence. Avatar est sans doute le prototype d’une lignée d’œuvres visuellement audacieuses, tout comme Monteverdi avant 1600 pouvait faire du baroque à sa façon, n’ayant pas encore inventé le genre. Le film de Cameron sera sans doute perçu plus comme un précurseur maladroit sacrifiant le scénario à l’image que comme l’accomplissement de décennies de savoir-faire. L’alliance d’une énorme ambition scénaristique, des exigences d’un blockbuster et d’une innovation visuelle a pu faire perdre de vue à de nombreux spectateurs l’intérêt essentiel du film : celui de rappeler que le paradis perdu ne se retrouve pas.

Pierre Schneider

Avatar, de James Cameron, Sortie en DVD et Blu-ray le 21 avril 2010



Toutes les réactions (11)

1. 03/05/2010 10:07 - Chris

ChrisTrès bonne critique de ce film.
Que l'on aime ou non ce film, Cameron est incontestablement un réalisateur qui aura marqué le cinéma. Terminator 1 et 2, Titanic, Alien 2 et maintenant Avatar.




2. 03/05/2010 12:06 - Evan Ard

Evan ArdOui, très bonne critique. Le problème, à mon sens, c'est que l'essentiel du public n'a pas la capacité de percevoir tant de nuances dans Avatar, moi le premier. En attendant, la nostalgie de l'Eden est une trouvaille très juste, en témoigne la dépression post-Pandora.

3. 03/05/2010 12:51 - La femme concept

La femme conceptC'est une bonne critique, oui, il y a beaucoup de choses à deviner dans ce film, une dimension quasi ésotérique, qui a pu m'échapper à certains moments. Le film m'a guère touchée cependant je reconnais que Cameron nous ballade bien, nous perd...et que ce n'est pas toujours désagréable

4. 03/05/2010 17:28 - Ronan Muel

Ronan MuelL'Eden de Cameron, avec ses couleurs de salle de bain high-tech, ne m'a pas paru très bandant. Mais il est vrai que je bande de moins en moins. Tout ça pour dire que Camerone, pour un légionnaire, ce fut certes l'Enfer. Mais quelle gloire !

5. 03/05/2010 18:29 - Thierr L.

Thierr L.Réflexion pertinente.
Mais pourquoi faire encore référence au 11 septembre 2001, quand Cameron dit que le script a été ecrit en 1995 ?
Bon... ok. Ils ont pu ajouter des choses avec le temps... mais bon. Je m'interroge.

6. 03/05/2010 22:14 - Cédric

CédricLes allusions au 11 septembre d'Avatar ne tiennent pas tant au scénario qu'au traitement des images.

7. 03/05/2010 22:58 - Thierry L.

Thierry L.@ Cédric. Effectivement, C'est très vrai.
Mais on peut aussi imaginer les critiques "chroniquer" le film qu'ils auraient aimé voir et non le film qu'ils ont vu. Je veux juste dire que je suis très prudent avec l'analyse sur le 11 septembre. Cameron invoque constament les grands récits "bibliques" dans ses films. Avec Titanic, il avait fait encore un film apocalyptique (Après Terminator donc). Le monde était un bateau avec toutes ses classes. L'enfer en bas (les hommes travaillant sans cesses aux côtés des machines). Le paradis en haut (les bras en croix avec sa douce, le "I am the King of the world"). Les morts étendus dans l'eau... et enfin la résurrection pour conclure.

Avec Avatar, peut être que Cameron a juste voulu créer une histoire avec des humains et des E.T. Et qu'il ne s'est même pas rendu compte du potentiel de son film. Notamment sur le virtuel : Jack Sully, n'est il pas un "nolife" derriere son écran entrain de jouer à un mmorpg ?
Je doute que James Cameron en est conscience. Car, lors d'une plainte pour le tabac (le perso de Sigourney Weaver fume dans le film), il s'en est pris directement au joueur de jeux videos. Pourtant Jack Sully priviligie son "avatar" à sa vraie vie et la fin du film pourrait être perçu comme une incitation à faire de même.

Mais peut être que là encore, je juge le film que j'aurai aimé voir et non celui de Cameron.

8. 06/05/2010 08:16 - Eymerich

EymerichC'est vraiment dans les critiques de films que je vous trouve le plus doué ! Celle-ci m'a presque convaincu de revoir ce que j'ai considéré la première fois comme un navet intégral...
Même l'action m'a emmerdé car tirer des roquettes sur l'arbre magique de Playskool j'appelle pas ça de l'action...
Quand à la beauté, il faudrait pouvoir en donner une définition objective et je ne suis pas saint Thomas d'Aquin : j'ai tout trouvé absolument hideux, en particulier la forêt et les créatures qui la peuplent. Qui n'a pas pensé aux Snorkies en voyant les hippomontures écorchées des navis ? Quelle laideur !!

Si j'ai le temps, je reviendrai plus longuement sur votre très bonne critique (bonne car intelligente, je me sens en désaccord avec pas mal de points). Seulement, je doute d'avoir le temps... Bonne continuation sur le Ring en tout cas !

Ey.

9. 07/05/2010 12:19 - Marlon Bronco

Marlon BroncoTout à fait d'accord avec la volonté de recréer un paradis perdu pour Cameron. Mais cette notion de "monde perdu" je l'ai nettement plus ressentie dans Jurassic Park en 93. Avec pour le coup une végétation bien réelle et magnifique, et des effets spéciaux totalement révolutionnaires. (les jeux vidéos de l'époque étaient loin d'atteindre ce degrés de réalisme dans la modélisation de créatures).
Et le mélange de la 3D avec le réel s'y accordait bcp mieux je trouve.

10. 07/05/2010 21:20 - Eve

EveJe viens de le louer ce soir, c'est ravissant, raffraichissant mais même en lisant vos arguments, j'ai bien peur de l'avoir oublié d'ici quelques semaines...

11. 09/06/2010 21:14 - thierry bruno

thierry brunoexcellente critique, M. Pierre Schneider qui peut-être correspond plus au film qui aurait pu être fait qu'à celui qui nous est montré. Car je partage l'avis d'eymerich, ce film est un colossal navet. Film d'images faites pour exploiter la 3D mais avec une texture moche (moins bien que la plupart des jeux vidéos), des couleurs criardes sans nuance; tout cela frise le ridicule . Le scénario tient sur une demi-feuille de papier à cigarettes -d'où l'impression de votre critique d'un film probable mais non réalisé- et ce avec des personnages caricaturaux. L'image du soldat par exemple. Si l'extraordinaire prérogative du soldat est de pouvoir donner la mort, il ne peut le faire qu'en son âme et conscience, et s'il est chrétien, en sachant que peut-être ainsi il se damne. Mais en tous cas, s'il devient un robot -le colonel du film-, il n'est plus un soldat mais un vulgaire assassin. De plus, la philosophie "new age" du film est d'une platitude et je pensais en m'affligeant devant cette mauvaise guimauve que Cameron aurait gagné à se plonger sérieusement dans la lecture de Saint Augustin, Blaise Pascal ou des grands romanciers catholiques, plutôt que de nous servir ce brouet infâme bien pensant, digne des recettes pour être bien dans sa peau d'un magazine féminin.
Et pourtant, je suis plutôt admiratif du cinéma de Cameron, remarquable réalisateur qui a été brillant avec Abyss ou Terminator mais qui si sur coup, a été d'une fainéantise crasse. Mais je dois me sentir bien seul à penser cela devant le succès monstrueux du film, film que je ne me suis donné la peine de voir qu'en DVD.

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Ring 2012
Pierre Schneider par Pierre Schneider

Chroniqueur, éditorialiste Ring.

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Très bonne critique de ce film. Que l'on aime ou non ce film, Cameron est incontestablement un réalisateur qui aura marqué le cinéma. Terminator 1 et 2, Titanic, Alien 2 et maintenant...

Chris03/05/2010 10:07 Chris
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